Oh mon dieu! Mais qu'est-ce que c'est que ça? ... Un nouveau chapitre? \o/
Ça fait un mois et demi. Je suis vraiment désolée, je n'ai pas d'excuse, je suis juste une flemmarde monstrueuse. En vérité, ça fait un moment que ce chapitre était dans les tiroirs, mais je ne savais pas comment le clore. Heureusement que j'ai un plan pour cette fic, sinon je pense que je serais un peu (beaucoup) dans le caca... Bref, voilà le chapitre 8, je vais essayer de bosser plus régulièrement, oui je sais je dis ça à chaque fois, donc on va voir comment ça se passe. Faut juste que j'arrive à me motiver.

Enjoy, bande de gens!

8)

Quelques siècles avaient passés, inutiles : l'Europe était toujours plongée dans une époque d'obscurantisme et de crainte. Chasse aux sorcières, croisades, Inquisition : tout les prétextes étaient bons pour taper sur son voisin, et les démons s'en donnaient à cœur joie. Il n'avait pas été difficile de convaincre les humains de faire l'œuvre du Malin, tout en croyant servir leur Dieu. Et ces crétins étaient persuadés de faire le bien !

Au grand dam des anges résidant sur Terre, qui s'échinaient à apporter la bonne nouvelles aux populations effrayées. Même les églises construites pour le Seigneur l'étaient au prix de la sueur et du sang des ouvriers. Ce n'était pas une époque pour les anges.

Rampa, néanmoins, commençait à trouver les méthodes de son camp peu efficaces. A part certaines

grandes idées comme l'Inquisition, la plupart des horreurs perpétrées par les humains avaient été inventées par ces derniers, sans le concours des Enfers. Les démons se contentaient généralement de petites tentations par-çi par-là, et étaient capables de s'acharner sur une seule personne tout au long de sa vie, jusqu'à ce qu'elle finisse par céder son âme au Malin. Rampa, quant à lui, préférait s'inspirer des méthodes typiquement humaines : il suffisait de choisir la bonne personne et le bon moment, souffler une idée à quelqu'un de haut placé, et il entraînerait tout un cheptel d'âmes à sa suite dans les profondeurs de la corruption. Jusqu'à présent il n'avait eu que peu de résultats, ainsi que des regards désabusés et moqueurs de la part de certains de ses collègues, mais il tenait bon : prenez exemple sur les humains, disait-il. Bientôt, si ils continuent, ils nous prendront notre boulot !

Aziraphale, de son côté, déprimait sévère. Quoi qu'il fasse, il avait l'impression que toutes les âmes étaient condamnées. A part quelques curés dévoués et quelques bonnes sœurs désintéressées, le peuple était trop pauvre ou désespéré pour s'intéresser à la religion et à son prochain, et n'hésitaient pas à commettre nombre d'actions jugées répréhensibles pour pouvoir améliorer un tant soit peu leur quotidien – au risque, d'après le clergé, de vouer leurs âmes aux feux éternels de l'Enfer. Les nobles, quant à eux, étaient persuadé du bien-fondé de leurs pouvoirs et se considéraient donc comme naturellement supérieurs au bas peuple, qu'ils n'hésitaient pas à tyranniser et exploiter sans vergogne. L'ange tentait, dans une petite mesure, de rendre le monde meilleur, mais peu de résultats sortaient de ses actions. Il avait donc fini par s'enfuir de l'Angleterre, où il était resté durant les siècles précédant, pour rallier l'Italie, le pays qui semblait le moins touché par l'obscurité du Moyen-Age – et accessoirement, le lieu où se trouvait le Pape, et le centre du monde catholique. Même s'il ne pouvait rien faire pour le moment, une époque viendrait où le monde évoluerait vers une société plus juste, une époque de lumière, dont Aziraphale comptait bien planter les graines dès aujourd'hui.

A Rome, Aziraphale avait commencé à rassembler des artistes, des écrivains, des scientifiques, des philosophes, et les aidaient secrètement dans leurs travaux. L'ange se faisait passer pour un noble, et travaillait discrètement à donner des idées à des hommes de lettres, à financer des peintres, à insuffler de grandes idées à des gens qui, plus tard, pourraient changer leur société. Le travail devait être lent s'il voulait ne pas se faire remarquer, mais Aziraphale savait qu'il avait l'éternité devant lui. Enfin, tant qu'à faire, ce serait mieux que son travail porte ses fruits avant la fin des temps.

Il travaillait actuellement à rassembler des livres pour former une grande bibliothèque dans le centre de Rome : des écrits religieux, d'autres philosophiques, des textes de fiction, tout était bon tant qu'ils prônaient les valeurs angéliques. Ce n'était donc pas le genre d'endroit où il s'attendait à trouver un démon.

Aziraphale était en train de se promener au hasard entre les rayonnages, qui s'étendaient de plus en plus au fil des mois, en vérifiant régulièrement l'emplacement de certains des volumes, quand il ressentit une sensation déplaisante et étrangement familière. Il y avait un intrus dans les parages, assez près pour qu'il ressente fortement son aura. Et ce n'était pas un humain. Silencieusement, l'ange se glissa dans les allées en direction de la source de son malaise, effaçant graduellement sa présence, de manière à ce que les humains soient incapables de le remarquer même s'il se tenait juste sous leur nez. Il doutait que cela fasse effet avec une créature non-humaine, mais il ne coûtait rien d'essayer.

« Tient tient. J'aurais dû me douter que ccc'était toi qui était derrière çççça » fit une voix moqueuse derrière lui.

Il sursauta. Comment le démon avait-il fait pour se déplacer ? Il ressentait pourtant toujours sa présence quelque-part devant lui ! A moins que...

Non, c'était un leurre. Il aurait dû s'en douter. Si lui pouvait sentir la présence de l'intrus, l'autre pouvait aussi savoir qu'il était là, et deviner sa nature. La présence sombre quelque-part devant lui s'effaçait déjà, laissant la place à celle qui se trouvait dans son dos... et qu'il reconnu instantanément.

« C'est encore toi... » soupira-t-il en se retournant.

Un grand homme vêtu d'un costume noir de grande qualité, à la peau mat et aux cheveux noirs se tenait très droit, juste devant lui. Il aurait eu l'air d'un simple marchand, bien qu'étrangement sombre et charismatique, n'eut été pour ses yeux : ils étaient d'un jaune doré fendu d'une pupille verticale d'une noirceur effrayante, comme un abîme au fond de l'océan.

« Pourquoi est-ccce qu'on se dit la même chose à chaque fois qu'on se rencontre, mon ange ? » fit Rampa d'une voix douce. « A chaque fois, c'est ''oh, c'est toi'', comme si c'était sssssi étrange qu'on tombe l'un sûr l'autre. Suis-je vraiment le seul démon que tu ai jamais rencontré ? »

Aziraphale ne put s'empêcher de sourire.

« Non, pas vraiment. Mais tu es le seul démon qui ai l'air de s'intéresser particulièrement à mon cas. Cette fois-ci, c'est à ton tour de me suivre, on dirait ?

-Non, pas vraiment, sourit Rampa en réponse. Disons que je suis plus ou moins en... vacances, et que j'ai voulu aller voir ce qui se passait du côté de Rome. On ne sait jamais, des fois que ça me donne des idées... Mais je ne m'attendais pas à tomber sur toi. Quoique... à la réflexion, j'aurais peut-être dû m'en douter. »

Aziraphale se remit à marcher parmi les étagères remplies de livres, bientôt suivi par le démon. Lorsqu'il avait reconnu son vieil ennemi, une idée avait germé dans son esprit... une idée en forme de rébellion, une idée qui n'était peut-être pas très bonne, mais qui pourrait marcher. Si un démon pouvait passer un marché avec quelqu'un, pourquoi un ange ne le pourrait-il pas ? Et puis... c'était pour la bonne cause, non ?

« Puisque tu es dans ma ville, je suppose qu'il serait poli que je t'invite à manger ou boire quelque-chose, non ? fit l'ange d'une voix enjouée.

-Ne te donne pas cette peine, répondit l'autre. Et puis... toi, tu bois ? Un ange ?

-Disons que... l'Italie produit de très bons vins. Et puis, ce n'est pas comme si l'alcool m'affectait. Enfin, pas autant que les humains, en tout cas. »

Rampa fronça légèrement les sourcils. Quelque-chose clochait. Aziraphale n'était pas dans son état normal, lui d'habitude si froid et haineux envers les démons. Qu'est-ce qui lui prenait, d'un coup, à se montrer aussi amical envers lui, alors qu'il lui avait bien rappelé, lors de leur dernière entrevue, leur statut d'ennemis ? Bah, le meilleur moyen de le savoir était de le suivre. Il devrait juste rester sur ses gardes.

Ils sortirent de la bibliothèque pour se rendre sur la grand-place de la ville, à quelques minutes de marche. Il faisait beau, et de nombreux badauds étaient dans les rues, à visiter les marchés. Aziraphale les conduisit vers une taverne dans une rue adjacente, un établissement qui ne semblait pas se distinguer des autres, mais que l'ange avait choisi pour sa tranquillité et la qualité de son service. A leur entrée, tous les regards se tournèrent vers Rampa, qui balaya rapidement la salle des yeux en souriant légèrement. Certaines personnes rougir et détournèrent prestement les yeux, incertains de l'origine de certaines des pensées qui leur étaient venues. Aziraphale soupira sans même se retourner vers son invité.

« Évite de faire des vagues, tu sera bien aimable » souffla-t-il.

Le démon ricana mais ne pipa mot.

« Bon, dis moi. Que fais-tu en Italie ? demanda Aziraphale une fois qu'ils furent tous deux installés. Je te vois mal en... ''vacances'', comme tu dis.

-J'ai peu de travail ces temps-ci, répondit le démon, j'en ai profité pour prendre un peu de bon temps. Nous sommes tellement nombreux, ils peuvent bien se passer de moi un moment.

-Dans le royaume du Pape ? Sérieusement ? J'aurais cru que les démons ne pouvaient pas approcher à moins de cent kilomètres du Vatican et de Rome. »

Rampa eut un petit sourire amusé teinté de mépris.

« Les démons de bas étage, oui. Mais la présence de hauts dignitaires de l'Église ne me gêne pas plus que ça. La preuve, j'arrive à me tenir à quelques mètres d'un ange.

-Dois-je te rappeler que tu en a été un à une époque ? » répliqua Aziraphale.

Ils furent interrompus par un serveur qui posa sur leur table une large bouteille d'hypocras et deux verres. Rampa se retint de justesse de lui faire de l'œil (au serveur, pas à la bouteille).

Ils continuèrent à discuter de tout et de rien, chacun étant sur la réserve et tentant d'en dire le moins possible sur leurs activités respectives, tout en vidant progressivement la bouteille. Quand elle fût vide, Rampa en commanda une autre.

« Bon, mon ange, je ne suis pas dupe, dit-il au bout d'un moment, sifflant un peu plus que d'habitude. Je vois bien que tout çççça est une masssquarade. Pourquoi m'inviter ici, au lieu d'esssssayer de me taper dessssus comme tu le faisais avant ?

-Il vaut mieux frapper l'esprit que le corps. Tu n'as pas l'air de tenir très bien l'alcool, on dirait, mmmh ? » fit Aziraphale avec un petit sourire amusé.

Un léger hoquet lui répondit.

« Toi n-non plus, il me ssssemble... tu resssste sobre, d'habitude, répondit finalement Rampa.

-Je n'ai pas bu autant que toi, mon cher.

-Je n'ssssuis pas.. ton cher.

-Et moi, je ne suis pas ton ange. Alors, on est quitte. »

Rampa sourit.

« Bon, d'ac-cord. Alors, pourquoi me faire boire ?

-Tu ne m'écouterais probablement pas, sinon.

-Vas-y. Je ssssuis toute ouïe. »

L'ange ne dit rien pendant quelques instants, et se resservit un verre de vin. Rampa le fixait d'une manière un peu trop vive pour quelqu'un de bourré.

« On s'évite depuis des siècles, fit l'ange, et pourtant on tombe toujours l'un sur l'autre. Trop souvent pour que ça soit un hasard. J'appellerais bien ça le destin, mais je n'y ai jamais vraiment cru. Alors... autant tirer parti des choses, et cesser d'être ennemis.

-Qui a dit qu'on était ennemis ? demanda Rampa.

-Eh bien... le Père, je suppose. Et le Malin. Ainsi que tous les anges et tous les démons. Notre nature même nous dit que nous sommes ennemis.

-Et pourtant, tu viens de me rappeler que j'ai moi ausssssi une part d'angélique. »

Aziraphale fixa Rampa dans les yeux, tentant de déchiffrer son expression – sans succès.

« J'ai rarement vu un démon sauver la vie de quelqu'un, dit-il, à plus forte raison un ange, et ce deux fois dans la même décennie. Un démon capable de ressentir de l'empathie ne peut pas être foncièrement mauvais.

-Nous ne ssssommes pas foncièrement mauvais, répondit Rampa, nous le sommes devenu après notre Chute. Bon, qu'est-ce que tu proposssse ? Qu'on devienne les meilleurs amis du monde du jour au lendemain ?

-Qu'on arrête de chercher à faire du mal à l'autre, ça serait déjà un bon début.

-Te rappelles-tu de fois où j'ai réellement cherché à te faire du mal ?

-Eh bien... je disais surtout ça pour moi, en fait. »

Rampa ricana.

« Très drôle, grogna l'ange, faisant semblant de bouder. Bon, que dirais-tu... qu'on s'entraide ? »

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Quelques heures et bouteilles d'alcool plus tard, Rampa se releva de sa chaise et héla un serveur. Aziraphale le regarda faire, avachi sur la table, l'air hagard.

« Je vais devoir payer moi-même, on dirait... soupira le démon.

-T'es pas... bourré ? demanda l'ange à mi-voix. T'as bu deux fois plus que moi... »

Nouveau soupir exaspéré.

« Tu croyais sssérieusement que j'allais tomber dans ton piège, essspèce de chérubin pathétique ? Cet alcool, je l'ai fait disparaître. Et à cccce que je vois, tu aurais du en faire autant. Tu ne tient pas aussssi bien l'alcool que tu te plaît à le dire...

-Je -hic !- je comprend pas, répondit Aziraphale. Si t'es pas... bourré... pourquoi t'as -hic!- accepté ? »

Rampa sourit et se retourna vers son nouveau compagnon de beuverie.

« Parccce que c'est amusant de changer les règles du jeu jussste sous le nez de nos patrons. Et puis, rappelle-toi : cette entraide est réciproque. »

Il versa quelques pièces d'or au serveur – le double du prix de leurs consommations, mais peu importait : tout l'argent aurait disparu le lendemain matin. Puis il tendit la main à Aziraphale pour l'aider à se relever. L'ange la prit avec reconnaissance.

« Et n'oublie pas : en tant qu' ''associés'', on n'est pas censés sssse taper dessus.

-Et si... les ordres viennent de là-haut ? »

Rampa réfléchit un instant.

« Bah, on avisera. »

Ils ressortirent tous deux de la taverne dans le fort soleil de l'après-midi, qui les ébloui après la pénombre fraîche du bâtiment. Aziraphale se redirigea vers la bibliothèque, où il avait établi ses quartiers, tandis que Rampa disparaissait dans la foule.

Peu après, en repensant à cet événement, l'ange se demanda pourquoi l'aura de son collègue lui avait parue différente de d'habitude. Il avait beau être ivre, ses capacités angéliques restaient sur-développées, et il n'avait pas ressenti le malaise que provoquait habituellement une présence démoniaque dans les parages. Au contraire, Rampa dégageait un sentiment de chaleur et d'amitié, qui lui rappelait une aura angélique. Comme s'il était en train de changer.

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Review? :)
Et encore désolée pour le retard. Je vais essayer de bosser. Je vais vraiment essayer. A bientôt j'espère!