Hello people ! Merci pour toutes vos reviews fantastiques ! Je ne sais même plus quoi dire tellement elle me font plaisir ! Merci à tous !
Pepe chérie x3
It only takes a spark...
Il y a eu un moment où j'ai eu conscience que c'était une mauvaise idée. Le problème est que deux joints plus tard, cela ne me semblait plus si grave. Au troisième, une petite pensée réprobatrice m'a vivement traversé l'esprit. Cependant, comme toutes les choses vives, elle a fini par s'éteindre.
_Oh je vais le chercher, sourit la mère Watson alors qu'elle se retourne et disparait comme par enchantement du pas de la porte.
Sa voix étouffée ne tarde pourtant pas à s'élever, adoucie par un je ne sais quoi relatif aux pondeuses ménopausées : « Mon chéri ! Un ami est venu te rendre visite ! » Je tamponne légèrement mon visage à l'aide d'un mouchoir qui doit sûrement venir de ma poche et essaie de récupérer la sensibilité de mon cerveau gauche.
_Sherlock ?
Je retiens le « Où ça ? » qui danse sur le bout de ma langue et marmonne :
_Elle est charmante ta mère. Un brave bout de petite femme.
_Ouais…je sais, répond le blond avec un air que je suis dans l'incapacité d'analyser.
Nous restons silencieux. J'ai bien conscience du fait que je devrais annoncer le pourquoi de ma venue mais je suis comme qui dirait obsédé par les battements de mon cœur, anormalement élevés. Il cogne à m'en rompre les côtes. Je pose une main sur ma poitrine.
_Mec t'es sûr que ça va ? S'inquiète Watson en avançant de quelques pas.
_Je crois que je devrais arrêter la margarine, je blague.
Le co-capitaine n'esquisse même pas l'ombre d'un sourire alors que je suis personnellement à deux doigts de me fendre la malle. J'étouffe un éclat de rire sous une quinte de toux et lance :
_Dis, y'a moyen que tu sortes un coup, là ?
_Non, j'ai invité mes potes, tu te souviens ? Et puis, je sais que je me répète mais t'es sûr que ça va ?
_Ouais, bien sûr que je vais bien, je m'écrie.
Enfin, dans ma tête cela a sonné comme si j'avais hurlé à pleins poumons. En réalité, je n'ai fait que parler d'une voix neutre.
_Dommage que tu ne puisses pas venir… Bon, je vais y aller alors, fais-je en me décalant stratégiquement sur la droite afin de révéler au regard du blond, la superbe Mercedes garée dans l'allée.
Sa réaction ne se fait pas attendre.
_Gars, cette caisse, elle est à toi ?
_Mycroft me l'a prêtée, dis-je sur un ton nonchalant.
La bouche de John s'entrouvre comme il porte ses mains à sa tête, ahuri.
_Putain mais elle est terrible !
Il s'empresse de rejoindre l'auto en quelques foulées de co-capitaine sportif, musclé, etcetera, etcetera.
_Moteur à injection directe, trois virgule huit la seconde, jantes dix-neuf et vingt. Le must est sous le capot, je psalmodie.
Même diminué, je reste un boss. Un manipulateur de génie. Voilà ce que je suis. Sérieusement, il est où mon prix Nobel ? Parce que si les gens avaient un peu de jugeote, ils prendraient exemple sur moi et bon Dieu, cela rendrait un fier service à l'humanité.
_Sous le capot ? Il y a quoi sous le capot ? Demande le blond, incrédule.
J'ouvre ledit capot et laisse place au blond.
_Par tous les saints du paradis…Souffle-t-il. Mais ce sont des diamants ! Des putains de bordel à queue de diamants ! Seigneur !
Je finis par éclater de rire, n'en pouvant plus de me retenir. Watson coule sur moi un regard moitié choqué, moitié abasourdi alors je m'explique entre deux fous rires :
_Je n'avais encore jamais vu personne jurer comme ça ! C'est dingue !
_Dit le type qui avait des diamants incrustés sur le logo de son moteur...
C'est avec beaucoup de peine que je récupère mon souffle et rétorque :
_Ils sont encore assez petits je trouve.
Le blond lève les yeux au ciel. Il se gratte l'arrière de la tête et souffle un dernier « Putain mais quand même hein. C'est abusé. »
_Tu veux la conduire ? Je tente derechef, sachant pertinemment que John ne répondra pas par la négative.
_J'ai pas mon permis.
_Moi non plus, souris-je.
XXX
Le soleil se couche lentement, le vent faisant danser nos cheveux ainsi que les brins d'herbe jaunâtre alentours. Finalement, le blond a abandonné l'idée de boire un verre avec ses coéquipiers. Après un arrêt à la supérette, nous avons emprunté toutes les routes de campagne imaginables et lorsque l'excitation automobile du co-capitaine est retombée, nous avons fait une pause dans un champ afin de pouvoir enfin descendre l'alcool acheté à la supérette.
_Mec, ce truc est vachement dégueulasse, grimace le blond en regardant sa bouteille de thé froid, écœuré.
_Tu trouves ? Je m'étonne.
Etant tous deux novices en préparation de boissons alcoolisées, nous sommes partis du principe que si quelque chose est bon à la base, il ne peut être que meilleur avec de l'alcool. Nul besoin de préciser qu'on a eu tort.
_Me dis pas que tu penses le contraire…Souffle le co-capitaine toujours aussi dégoûté.
_Le thé froid est bon, le Martini aussi, dis-je lentement.
_Oui mais les deux ensemble, c'est vomitif, continue le blond.
J'essaye d'avaler une gorgée du mélange mais suis vite interrompu par son goût plus que mauvais. J'éprouve une peine non-dissimulable à avaler le liquide et bien entendu, le fils Watson ne rate pas une miette du spectacle. Reprenant contenance, je lance :
_Quand on ferme les yeux sur le petit goût de jus de pied…ça a son charme.
John lève les yeux au ciel et lorsque son regard se pose à nouveau sur moi, il éclate d'un grand rire, pas moqueur, juste joyeux. J'ai un sourire paresseux, le cerveau toujours engourdi par les effets de la marijuana.
Le silence reprend ses droits comme je ferme les yeux, somnolant. J'allais sombrer pour de bon quand le blond s'allonge à mes côtés et déclare :
_C'était une après-midi vraiment cool.
_Grâce à la Mercedes ou à ma personnalité extraordinaire ? Je demande nonchalamment, les yeux toujours clos.
_Grâce à la Mercedes bien sûr !
Je souris franchement. Mon crâne me fait affreusement souffrir. La dernière fois que j'ai eu aussi mal à la tête, c'était… Non, je n'ai jamais eu une migraine pareille. En même temps, ça m'apprendra à me poser au soleil comme si ma peau était aussi résistante que celle d'un Sénégalais de trente ans.
_Sérieusement, reprend le basketteur, Je me suis bien marré et si j'avais été une gonzesse, je t'aurais remercié, là tout de suite, à même le sol.
_Si tu avais été une fille, tu aurais eu des MST, dis-je tranquillement.
_Yeurk ! Non ! S'exclame le co-capitaine, réfrénant un frisson de pur dégoût.
_Bien sûr que si. Logiquement, tu aurais été co-capitaine des Pom Pom girls et c'est bien connu, toutes ces chieuses ont, ont eu ou vont avoir des maladies sexuellement transmissibles.
Le blond s'agite à mes côtés. Les yeux toujours clos, j'attends qu'il se calme. De ce fait, il pourra revenir à la charge car, Watson n'abandonne jamais, il est trop têtu pour cela.
_Elles ne sont pas toutes comme ça ! Relance le joueur.
_Prouve-le, souris-je en prenant la peine d'ouvrir un œil.
Le blond soutient mon semi-regard avec détermination. Ses lèvres se mettent à bouger sans pour autant émettre un son alors qu'il cherche dans sa mémoire le nom d'une jeune sportive à pompons qui n'aura pas couché sans raison apparente, son cerveau ne lui permettant pas d'émettre l'hypothèse qu'elle devrait peut-être se protéger.
_Emily Mayers, finit-il par dire avec un petit sourire.
_En plus d'avoir eu une MST il y a deux ans, l'année passée pendant les vacances d'été, elle a avorté.
_Tu n'es pas sérieux…
_Le père était ce type ennuyeux, tu sais, Anderson.
_Non, pas Anderson ! S'exclame-t-il semblant encore plus écœuré.
Je passe une main sur mon visage afin de cacher mon énième sourire. Mes zygomatiques ne vont pas survivre à cette journée si ça continue.
_Ces filles sont vraiment toutes fracassées. Dire que j'ai hésité à en inviter une au bal…Capitule le blond.
_Tu n'as pas de cavalière ? Je m'étonne.
J'étais convaincu que Watson allait accompagner la fille Sawyer au bal d'hiver. Pour une fois dans ma vie, ça ne me gêne aucunement d'avoir eu tort. Enfin, j'espère sincèrement me tromper.
_Evidemment que j'en ai une ! Tu me vois débarquer demain dans la grande salle du lycée, sans cavalière au bras ? Tout le monde risquerait de penser que je suis homo ou un truc dans le genre.
Mon sourire s'efface aussi rapidement qu'il est apparu. Avoir une carence en cavalière ne me gêne absolument pas. La terre entière peut bien douter de mon orientation sexuelle, je n'en ai strictement rien à secouer. Je referme l'œil que j'avais précédemment pris la peine d'ouvrir alors que je lance mollement :
_Qui t'accompagnera ?
_Sarah Sawyer, tu la connais ?
Voilà. En même temps, je le savais. N'empêche, j'ai juste envie de me lever, de regarder le ciel et de montrer mon plus beau doigt à l'hypothétique Dieu qui s'y cache. Il est hors de question que j'aille voir la dégringolade que sera le bal de demain pour le blond. Jim est le cavalier de Sawyer. Et à moins que cette horripilante abrutie ait un clone de sa personne, elle est incapable d'accompagner les deux.
Quelle chieuse. Elle n'aurait pas pu choisir? Si le blond arrive demain, tout bien vêtu, les chaussures cirées et patati et tralala pour voir sa fichue Sarah pendue au bras de Moriarty…
_Hey, t'es toujours là ? Sourit John.
_Oui, Sarah Sawyer. Elle est cool, dis-je d'une traite en me redressant.
Yeah hoo ! J'espère que ça vous a plu !
Bisous
H.
