Bonjour à toutes et à tous.
Pour ce chapitre contient : violence physique-moral/scarification (oui, j'exploite pas mal le côté drama...)
Bonne lecture malgré tout :).
Pour ceux qui prennent le temps de lire : Haaaa, si vous saviez comme j'ai été triste de voir que personne n'avait posé la moindre review sur mon chapitre précédent, je me suis pourtant donnée du mal ;). J'espère que vous appréciez quand même ce que vous êtes en train de lire. Je m'excuse pour le côté Drama, je voyais mal comment exploiter différemment la mentalité du Sirius traumatisé que j'utilise. J'espère malgré tout que vous appréciez la lecture.
Tic tac. Tic tac.
Mes yeux sont rivés sur les aiguilles dorées de ma montre. La bouche sèche, j'écoute les commentaires du présentateur. Nous ne sommes qu'à la douzième minutes du match mais j'ai l'impression que le temps s'écoule plus lentement. Mes paupières se ferment un moment pour chasser le brouillard qui a investi la périphérie de ma vision. Mon coeur bat à vive allure dans ma poitrine et malgré une profonde inspiration, je ne parviens pas à faire disparaître l'état d'anxiété dans lequel je suis plongé.
Dans vingt minutes, Manuel Duruisseau a intérêt à faire des miracles et sauver l'équipe de Serdaigle face à l'imbattable Poufsouffle. La suite de ma vie repose uniquement sur son action.
A mes côtés, James paraît également agité mais pour des raisons différentes. Son sourire est immense tandis qu'il bat un rythme rapide de ses jambes. Les bras croisés, ses pupilles ne décrochent pas du match. Il a sûrement repérer le vif et admire les agiles jumelles poufsouffles qui barrent la route à la poursuiveuse de Serdaigle.
J'ai réussi à obtenir de leur part que notre petite blague sur Severus ne soit effectuée qu'après les trente premières minutes du match, en utilisant simplement pour excuse mon plaisir de spectateur. Ce qui a remarquablement marché, une chance pour moi qu'il ne s'agisse là que la première partie de la saison.
Peter s'est déjà faufilé sous les gradins des Serpentards, il attend notre signal. De nous tous, il est le plus apte à fuir une fois le sort lancé, sans être remarqué. Un chien ou un cerf aurait bien trop attiré l'attention.
Rien qu'un petit sort. Pas méchant. Juste une teinture de poufsouffle. J'essaye de me rassurer en me disant que cette blague ne possède pas la méchanceté de toutes les autres que l'on a pu faire.
Mais la honte ne cesse d'augmenter à l'idée de me venger si bêtement d'un gamin de 16 ans.
On s'en fiche, c'est un mangemort.
Mon coeur manque un battement alors que je me retourne. Pendant un instant, j'ai cru que James me parlait mais cette voix provient bien de mon crâne car il a toujours les yeux rivés sur le jeu. Elle était étrange, sans méchanceté, une simple remarque. Bien différentes des voix grinçantes et acides de ma folie. Ou peut-être est-ce un nouveau pan de celle-ci ?
Je reporte de nouveau mon attention sur ma montre.
Tic tac, tic tac.
Vingt-trois minutes et quinze secondes. Ça se rapproche.
Lors des matchs poufsouffle-serdaigle, il n'existe pas la même animosité que pour ceux qui départagent gryffondor-serpentard. Difficile de choisir un camp à encourager. Une faible majorité de notre tribune porte les couleurs de Poufsouffle, mais un groupe de fille se tient à l'avant pour hurler leur enthousiasme pour les bleus et bronzes. Manuel s'amuse d'ailleurs à passer volontairement à proximité pour leur lancer des sourires charmeurs, récupérant à l'occasion quelques hurlements stridents.
Je sens un regard sur moi. Pas besoin de tourner la tête vers les tribunes des professeurs pour savoir qu'il s'agit du professeur Leonel. Je l'ai vu juste avant le lancement du jeu avec en main une petite montre à gousset. Elle doit attendre avec autant d'impatience que moi la trente-deuxième minutes. Sûrement pas pour les mêmes raisons. C'est l'épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de ma tête, je risque mon indépendance dans ce match. Pour elle, il n'y a que deux possibilités : si Manuel ne joue pas comme prévu, elle aura simplement prouvé qu'un autre Black est fou. Si jamais j'ai eu raison : cela lui ouvrira de nouveaux horizons pour ses recherches sur le temps. Peut-être que la deuxième possibilité est la moins agréable pour elle, puisqu'elle démontrera les limites de ses précédentes études.
Tic tac, tic tac.
Les aiguilles ont encore ralenti je crois. Vingt-quatre minutes et trente-cinq secondes.
Mes boyaux se tordent et mes doigts si étroitement serrés en poings sont parcourus de fourmillements. J'ai l'impression que ma langue s'est desséchée dans ma bouche et je suis incapable de parler.
Mon attention se perd parmi toutes mes pensées. Je me demande ce que je vais devenir, ce qu'il va se passer pour moi qu'importe l'issue fatidique. Je m'imagine de nouveau enfermer, pieds et poings liés, soumi face à ma mère. Si bien que lorsque je regarde ma montre, mon coeur manque un battement.
Cette fois nous y sommes.
Trente-minutes et dix secondes.
Je n'ai pas tout suivi du jeu, je remarque juste que Manuel donne plus d'ordre. Les jumelles sont terribles, on dirait qu'elles sont liées tant elles sont capables de jouer en synchrone. L'une descend quand l'autre montre, elles se croisent et frappent avec force, à une vingtaine de seconde d'écart.
James se redresse et hurle, bras dressés au ciel.
Les deux cognards fusent en direction de Manuel comme deux boulets de canons.
Trente-une minute et quarante secondes.
Un mouvement dans les tribunes des verts et argents attire mon attention. Rogue s'est redressé et cri. Sa cape est jaune poussin. Comme ses cheveux d'ailleurs.
Mon incompréhension se transforme en horreur quand je me tourne vers le match.
Non ! Peter a prit l'enthousiasme de James pour le signal et c'est trop tard.
Manuel est déconcentré, ses yeux rivés sur la scène du Serpentard hurlant. Il frappe par chance le premier cognard l'envoie au hasard mais le second l'atteint brutalement dans les côtés. Son visage rougit brutalement alors que ses yeux sont écarquillés.
Je me suis redressé comme le professeur Leonel.
Dans un premier temps le Serdaigle tient bon sur son balais mais ses pupilles disparaissent sous ses paupières et il bascule dans le vide.
Ma baguette est déjà dans ma main et le sort fuse vers le gamin ralentissant sa chute.
Apparemment, je ne suis pas le seul à avoir cessé de respirer car un soupir de soulagement envahi la tribune lorsqu'il touche en douceur le sol. Contrairement aux autres qui se sont levés d'un commun vers la rambarde pour voir si le garçon allait bien, je reste en retrait.
Que suis-je censé faire ? Partir en courant ? En prenant la fuite maintenant avais-je une chance d'échapper à Poudlard et ma mère ? C'était une possibilité… Retrouver James et les autres plus tard, une fois leur scolarité terminée ?
Ma salive se bloque dans ma gorge lorsque je tente de déglutir. Leonel a son regard rivé sur moi, un rictus sur les lèvres. Au départ il me semble cruel mais l'interrogation dans son regard laisse sous-entendre autre chose… De la peur ?
- Impressionnant.
Je sursaute quand le murmure atteint mon oreille, accompagné d'un souffle chaud et terriblement proche ! Je me tourne vers Marlène qui vient de me chuchoter à l'oreille. C'est avec un sourire mutin sur les lèvres qu'elle ajoute :
- L'informulé que tu as lancé ! C'était impressionnant, tu t'es montré très réactif. Plus encore que les profs.
Les profs. Ceux qui ne vont pas tarder à venir me chercher.
Je suis bon pour Saint-Mangouste.
- Qu'est-ce que tu fais ? Demande-t-elle surprise lorsque je dévale les marches vers la sortie.
Je ne réponds pas, je n'en ai pas le temps. Je ne pense plus qu'à mon sac glissé sous mon lit, mes affaires dans mon coffre, l'argent dans la chaussette que j'ai glissé dans ma table de chevet.
Ça ne sera jamais assez pour fuir. Il me faudrait plus.
J'ai atteins l'entrée du bâtiment et commence l'ascension des escaliers en direction de la salle commune.
James était riche, je devrais pouvoir trouver de l'argent dans ses affaires. Je connais bien sa cachette, il a prit la même que la mienne. Il doit avoir de quitter le continent ? Il me suffisait de gagner un port par transplanage… Ce corps pourrait-il transplaner ? Au pire, qu'est-ce que je risquais ? Me déboiter quelque chose était bien moins effrayant que d'être à la merci de Mère.
James ne m'en voudrait pas pour quelques gallions, non ?
Il ne te pardonnera jamais.
Mes jambes se bloquent. Je reste immobile en essayant de me concentrer. Cette voix, je suis sûr, me dit quelque chose. Je l'ai forcément entendu quelque part mais je n'arrive pas à l'associer à un nom ou visage.
Elle m'inquiète bien plus que celle de ma folie car elle n'agit pas de la même manière. Les autres, elles ne sont que l'échos de mes propres pensées. Elle… Elle semble libre.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Monsieur Black.
Mon sang se glace.
Cette fois c'est trop tard, mes espoirs de fuite sont définitivement gâchés. Je me retourne lentement pour faire face au professeur Leonel. Les yeux plissés, elle croise ses bras sur sa poitrine. C'est étrange, je pensais lire dans ses yeux une moindre satisfaction mais sa mine est trop sérieuse. Elle me dépasse sans même s'arrêter, continue de monter les marches devant moi.
- Suivez-moi dans mon bureau.
Je reste prudent, je pourrais toujours essayer de la piéger lorsque l'on sera seul, un oubliette bien placé me permettrait de gagner du temps. Mais je ne suis pas sûr de l'atteindre. L'informulé que j'ai lancé à fonctionné, Manuel ne s'est pas écraser par terre, ce qui veut dire que mes réflexes et ma techniques ne sont pas trop endommager. Mais ça ne veut pas dire que je serais capable de faire face à un professeur de Poudlard. Je n'ai jamais eu la technique des Prewett, et mes années d'enfermements n'ont pas aidé à ma formation. Même si je ne suis plus le sorcier médiocre de mon adolescence, je ne pense pas être plus qu'un combattant moyen. Surtout en duel.
Lorsque la porte se ferme derrière moi, mes doigts sont crispés sur ma baguette. Je me tiens prêt. Je suis persuadé de ne pas lui faire confiance. Elle se tient dos à moi, ses longs cheveux nattés glissent jusqu'à ses omoplates, se balancent lentement au rythme de l'oscillation de sa tête. Elle semble énervée…
Je suis tant sur mes gardes que lorsqu'elle se retourne, baguette dans ma direction, je ne sursaute même pas. Je glisse simplement sur le côté d'une roulade, et me planque légèrement en retrait derrière l'un des poufs, mon arme sortie.
Son sort heurte la porte sans faire de dégats.
Qu'a-t-elle lancé ? Je n'en ai pas reconnu la couleur.
- Vos réflexes sont bons, Black, siffle-t-elle.
Elle fait donc parti des Blablateurs, ce groupe de personne stupides qui se croient si supérieures aux autres lors d'un combat qu'ils n'hésitent pas à entamer une discussion. Souvent c'est pour railler, histoire de faire peur à l'ennemi.
Je me redresse, le stupéfix informulé qui jaillit de ma baguette aurait pu l'atteindre si jamais elle n'avait pas dressé un bouclier au dernier moment. Un éclat brille dans ses yeux, comme de l'enthousiasme et j'aperçois l'ombre d'un sourire sur ses lèvres.
Elle est bonne, bien meilleure que moi. En duel, face à face, je n'aurais aucun chance.
Heureusement que nous ne sommes pas en duel. Jambe fléchie, j'utilise toutes mes forces pour abattre mon pied dans le pouf et le faire voler jusqu'à elle. Surprise, elle ne prend pas le temps de redresser ses défenses, s'écarte pour éviter mon arme de fortune et n'évite qu'avec justesse mon second sort.
Lorsqu'elle redresse sa baguette une nouvelle fois, je suis à sa merci. Je n'ai plus aucune cachette vers laquelle me rabattre et je n'imagine pas être capable d'un nouvel éclat d'intelligence stratégique, les objets aux alentours ne m'en laissent pas la possibilité.
Il me suffit d'abandonner l'idée de l'affronter de face. Je pourrais toujours m'échapper. J'en ai les moyens. Un sortilège de brouillard, un autre d'éclat si le précédent ne fonctionne pas. De quoi gagner du temps. Mais je suis curieux de savoir pourquoi elle affiche une telle expression. Pourquoi elle ne s'est pas encore auto-congratulée d'avoir eu raison de moi, et surtout si elle me pense si fou que ça, pourquoi se contente-t-elle de me tenir en joue plutôt que de m'imposer un sortilège de saucissonnage ?
Un éclat jaillit de sa baguette, j'aurais pu l'éviter mais je reste persuadé qu'elle ne me veut plus de mal. Il m'atteint sans rien me faire.
Qu'est-ce que c'était ?
- Très déstabilisant, lance-t-elle de nouveau.
Elle ne baisse pas son arme mais se rapproche. Ses yeux brillants ne veulent pas se détacher des miens, je suis incapable de bouger lorsque la pointe de bois se pose sur ma gorge.
- Ses yeux….
Sa voix n'est plus qu'un souffle qui vient frôler ma peau.
- Ce n'est pas le regard d'un adolescent face à son professeur, dit-elle simplement, un sourire en coin tordant ses lèvres épaisses.
Je ne suis pas capable de parler mais ça ne semble pas la déranger, elle donne l'impression de vouloir continuer à entretenir la conversation seule.
- Il s'est passé quelque chose de formidable durant ce match, dit-elle finalement en s'écartant.
Si abruptement que je reste encore figé un instant, avec la sensation que son arme est toujours posée sur moi.
- Votre prédiction s'est avérée…
- Inexacte, parvins-je à dire avec amertume.
- Au contraire. Elle a prouvé que vous ne mentiez pas.
Je reste silencieux, un peu surpris par ce qu'elle me dit. Comment en est-elle venue à cette conclusion ?
- Je vais devoir contact un collègue, il sera sûrement plus à même de me venir en aide puisqu'il travaille depuis de longue année sur le Voile, continue-t-elle en tapotant son menton de ses longs doigts.
Quand elle se tourne vers moi, elle remarque enfin ma surprise. Son sourire s'élargit.
- Les souaffes ont atteint Manuel Duruisseau à vingt secondes d'écart à la trente-deuxième minutes du match. Il aurait pu être capable de les frapper comme vous nous en aviez parlé mais ça n'a pas été le cas, à cause d'un événement inattendu.
- Continuez, murmuré-je incertain.
- Severus Rogue. A la vue de la satisfaction de vos compagnons, j'imagine que vous y êtes pour quelque chose. Vous avez prédit le futur et vous l'avez changé. Juste suffisamment finement pour me prouver que vous en étiez capable comme vous nous l'aviez dit sans pour autant rendre votre prophétie fausse.
Prophétie ? N'était-ce pas un peu exagéré puisqu'il s'agissait uniquement d'un match entre élèves de Poudlard ?
- Et le combat ? Demandé-je.
- Je voulais vérifier que vous n'étiez pas sous Polynectar ou autre fantaisie. Et ça me permettait également d'essayer de vous analyser.
A vraiment ? Je me demande à quoi elle en est venue.
- C'était de la folie de tenter de changer le futur que vous nous aviez prédit. Vous avez risqué votre tête car je n'aurais pas hésité une seule seconde à vous déclarer fou. Vous vous êtes éloigné des conventions, de ce à quoi on se serait attendu de la part d'une personne normale. Et ça a fonctionné. Comme lors de notre combat, continue-t-elle en fixant le pouf à ses pieds. Très étonnant comme manœuvre, original même ! Sachez tout de même que vous seriez déjà mort trois fois au moins si je l'avais vraiment voulu. Offrir une telle ouverture à votre adversaire n'est pas une bonne idée, même si la surprise aurait raison des combattants moins expérimentés.
- Que voulez-vous dire.
- Vous venez du futur et vous avez la capacité de le changer. Quelque chose de parfaitement impossible dans un cas de manipulation temporelle… Classique, ajoute-t-elle en levant les yeux au ciel.
- Alors ? Pourquoi suis-je ici et pour combien de temps ? Lancé-je.
Ses sourcils se froncent et son sourire disparaît dans un souffle.
- Si j'avais les réponses je voudrais bien vous les donner Monsieur Black. Mais je suis incapable d'expliquer ce miracle. Rien ne justifie que votre esprit âgé se soit retrouvé dans votre corps d'adolescent et encore moins par quel miracle vous êtes capable de changer le futur. Plus intéressant encore qu'est-ce qu'il pourrait bien se passer pour le Temps que vous avez quitté ?
Ma gorge se noue alors que je repense au visage paniqué de Harry, aux hurlements qu'il a poussé lorsque j'ai sombré dans le voile. Le rire de Bellatrix s'élève.
- Comment ça ?
Ma voix s'est transformée en croassement.
- Le futur duquel vous venez, je me demande s'il change en même temps que chaque action différente que vous effectué ici, explique-t-elle en se tapotant le front. Ce qui paraît hautement improbable. Il y aurait un trop grand déséquilibre.
- Que pensez-vous ?
- Beaucoup de chose mais mes hypothèses ne nécessitent pas d'être donné à l'oral, pas encore.
Pourtant je crois voir où elle veut en venir. Ma discussion avec Marlène hier soir vient de me lancer sur une des voies.
- Pensez-vous qu'il soit possible qu'en revenant ici, j'ai créé une distorsion temporelle ?
Quand elle tourne les yeux vers moi, la surprise est évidente dans son regard.
- Que le futur dont je viens continue sans moi ?
Cette fois-ci c'est un sourire qu'elle a sur les lèvres.
- Vous connaissez beaucoup de chose, Monsieur Black. Auriez-vous par hasard été chercheur ? Est-ce pour ça que vous avez franchi le Voile ? Un accident lors d'une expérience ?
Non. Je n'ai jamais été quoi que ce soit. Je crois que l'étiquette du prisonnier me convient mieux encore que celle du combattant de l'Ordre du phénix. Après tout, n'ai-je pas passé plus d'année enfermé dans cette tour plutôt qu'à me rendre utile pour les miens ? Tout ça pour quoi ? Passer à travers ce fichu voile ?
J'avais espoir de changer le futur mais si notre hypothèse était la bonne : alors Harry était seul, je n'étais plus là pour l'aider.
Qu'importe que Dumbledore et Remus soient présents, je devais l'être également ! Bon sang ! Je suis son parrain ! Je n'avais pas le droit de disparaître comme ça à un tel moment. Pas alors que Voldemort était de retour.
Ce n'était qu'un gamin. A peine plus âgé que ce corps.
Mes poings se serrent et la nausée me bloque la gorge.
Qu'est-ce que j'avais espéré ? Pouvoir faire quelque chose de bien ? Pour une fois ? Et puis quoi ? Changer le monde ? Sauver Harry, James et Lily ? Empêcher Voldemort de tuer mes amis ?
Un rire nerveux m'échappe.
Je crois que Leonel essaye de me retenir mais je prend déjà la n'en lui laisse pas la temps et je la remercie silencieusement de ne pas m'avoir lancé de sort pour me retenir alors qu'elle en aurait été capable. Réalise-t-elle l'ampleur qu'à cette révélation pour moi?
Je n'ai pas beaucoup d'escaliers à monter pour atteindre la salle commune. Sur place, il n'y a que peu d'élève, tous les autres sont au match. Quelques regards se redressent dans ma direction mais je ne rends aucun des sourires qui s'affichent. Je monte jusqu'en courant au dortoir pour m'enfermer dans la salle de bain.
J'ai besoin de calme. Ou d'eau fraîche. Ou de courir.
Je ne sais même plus de quoi j'ai besoin.
Mes bras me soutiennent en s'accrochant au lavabo lorsque mes jambes manquent de m'abandonner. Les yeux rivés face à moi, je fixe le reflet qui me fait face. Ce visage juvénile qui ne m'appartient pas, cette peau si blanche sans la moindre imperfection, ses épaules larges et ses bras lisses. Mes jointures blanchissent quand je resserre mon emprise contre la porcelaine blanche de la vasque.
Ce corps est parfait. Jeune et sans défaut. Mais il ne représente absolument pas l'étendue de ma tristesse de mon désespoirs. Au moins dans mon vieux corps mon calvaire se lit dans chaque cicatrice boursouflées, à travers ses tendons saillants et cette peau à la teinte si maladive que chaque vaisseau forme un sillon bleuté.
Il n'y a que ces yeux qui m'appartiennent. Ces terribles fenêtres qui donnent droit sur mon âme abîmée.
Je déteste cette sensation.
La pureté et l'innocence de ce corps me répugne.
Je n'ai pas le droit à une telle chance. Je n'ai pas le droit de revoir mes amis quand Harry doit continuer d'avancer seul sans ses parents ! Je n'ai pas le droit de retrouver cette jeunesse et cette naïveté, reprendre mes activités comme n'importe quel adolescent normal tandis que mon filleul se bat avec acharnement contre les Forces du Mal !
Ce n'est qu'un gamin !
Comme ce foutu corps !
Pourtant je suis sûr qu'Harry compte bien plus de cicatrice que moi.
Mes mains tremblent et mes dents s'entrechoquent, je suis incapable de détourner le regard du rasoir moldu qui repose sur le bord de ce lavabo.
La lame est brillante, parfaitement aiguisée.
Je ferme les paupières, peut-être avec espoir de faire disparaître l'idée qui vient de germer dans mon esprit.
Qu'attends-tu….
Ma folie. Les voix normales sont de retour.
L'adrénaline et le désir pulsent à travers mes artères. Lorsque j'ouvre les yeux mes pupilles sont déjà fixées sur le coupe-choux.
J'ai besoin de punir ce corps. J'ai besoin de le voir saigner, qu'il affiche des stigmates au moins aussi affreux que ceux de mon âme. Il faut extérioriser toute cette douleur. C'est impossible de souffrir autant, que ce ne soit qu'à l'intérieur. J'ai besoin de quelque chose physique auquel me rattacher.
Ma main a saisit le rasoir. La lame portée devant mes yeux, reflète mon regard fou. Je la pose en douceur contre la peau de mon avant-bras. Elle est si aiguisée qu'une ligne rouge apparaît immédiatement sur cette peau blanche, le sang y bourgeonne, petites perles rouges bien ordonnées.
Ce qui me paraissait n'être qu'un désir pervers devient un besoin vital.
Il faut que ce corps souffre ! J'ai besoin de le marquer !
Je pose le rasoir un peu plus loin et je le fait glisser contre cette surface tendre. Les pans de ma peau s'écartent presque si facilement. La morsure du fer est plus forte, entraînant une douleur vive qui me soulage étrangement, tandis que la plaie déverse un ruisseau timide de sang mais continue.
Arrête !
Non, je ne peux pas. J'en ai besoin. Je dois extérioriser toute cette horreur ! Je ne peux pas avoir ce passé, je ne peux pas avoir toutes cette souffrance et que mon corps soit indemne ! Il faut qu'il souffre ! Il a besoin de blessures semblables à celle qui couvrent mon âme ! Aussi violentes et terribles qu'elles !
Ma main se fige alors que je me préparai à m'infliger une troisième blessure. Elle ne m'obéit plus. J'essaye de l'abattre avec plus de force mais j'en suis incapable.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Arrête immédiatement ce que tu es en train de faire.
Je ferme les paupières un instant pour chasser le malaise qui m'a envahit mais quand je les ouvre, je ne suis plus dans la salle de bain. Je me tiens debout dans le vide, un garçon me fait face.
Ce n'est pas qu'un garçon, c'est moi.
Plus jeune.
Il porte un uniforme à la cravate défait, donc les manches sont roulées sur ses bras. Il fixe sur moi un regard accusateur et répugné.
Il est moi.
- Pas vraiment, dit-il avec un sourire.
Lorsque je tends les mains devant moi, ce sont les miennes, les vraies. Caleuses, maigres et couvertes de cicatrices. Je passe mes doigts sur mon visage, presque rassuré d'y retrouver mes rides et ma barbe drue.
Je porte mon costume de velours noir, celui que j'avais lorsque je suis tombé à travers le voile. Mon veston s'est ouvert et un peu de poussière couvre le bas de mon pantalon. Exactement comme lorsque je suis tombé.
- Qu'est-ce que ça veut dire, soufflé-je.
- Bonne question.
Cette voix. C'est la voix étrange, celle que je reconnaissais sans être capable de la nommer. Alors en fait c'est la mienne ?
- Non, la mienne, corrige mon double plus jeune en fourrant ses mains dans ses poches.
- Qu'est-ce que tu fais dans ma tête ?
- Mauvaise question, se moque-t-il avec un rictus.
Je reste silencieux, le regard toujours dans sa direction. J'attends qu'il parle. Il réalise que je ne parlerai pas, ses yeux se plissent et il me demande avec amertume :
- Qu'est-ce que tu fais dans mon corps ?
Voilà, j'espère que ça vous plait. J'essaye d'exploiter toutes mes connaissances sur le sujet, je m'excuse si le sujet en heurte et blesse certain.e.s j'espère que vous avez bien fait attention à TW et que vous ne vous êtes pas retrouvés avec de mauvaises surprises. C'est la dernière fois qu'une telle violence personnelle sera décrite. Les prochains chapitres c'est paillettes et licornes ;).
Donnez-moi votre avis, aidez-moi à m'améliorer. D'avance merci.
