6. Don't speak

Dans ma vie, j'ai pratiquement toujours été sûre de tout. Je ne sais pas tout, bien sûr, nuance... Mais je n'ai jamais eu d'incertitudes, et tellement peu d'hésitations. Je suis du genre à me jeter dans la gueule du loup. Je fonce tête baissée, et c'est de mes erreurs que j'apprends. J'imagine que c'est assez fréquent. De cette façon, on n'est pas toujours heureux, c'est évident. Souvent, on se prend de grandes gifles de la part de la vie, et on ne s'en remet pas toujours aussi vite qu'on souhaiterait. Mais on sait d'où on vient, et, plus important encore, on sait où on va.

Cette période de ma vie, cette ligne de conduite qui me caractérisait, s'est un peu effacée. Il y a exactement vingt-quatre semaines. C'est le moment où j'ai appris que j'attendais un enfant. À ce moment-là, dans ma tête, que tout s'est dilué. Toutes ces petites choses auxquelles je croyais (mon avenir creux et mon manque d'ambition), tout cela s'est dilapidé. sous la pression que cette grossesse mettait sur mes épaules. Mais, malgré les apparences, je suis une personne forte, et je me savais (et sais toujours) capable de m'en sortir. J'en étais sûre.

En fait, cela fait à peu près deux mois que cette confiance en moi –incluant mes jugements–, a complètement disparue. Quelque chose qui aurait pu paraître anodin, voire même ridicule –d'un point de vue extérieur. Une simple caresse, en fait. Cependant, elle n'était pas comme une caresse banale. Qu'est-ce qui pouvait paraître banal venant de la part de quelqu'un comme Alex Knight ? Rien, justement. En me touchant, il a glacé mon sang, et même mon âme. Jamais, je n'avais senti quelque chose d'aussi affreux –comme si mon bébé, lui-même, encore un fœtus inconscient, m'avait prévenu du danger que cet homme pouvait représenter pour lui. Et pour moi.

Et le doute s'est installé. Je n'avais jamais douté de quoi que ce soit, avant cela. Pas à ce point. Un sentiment de malaise, de mal être qui s'infiltrait doucement au plus profond de moi, une angoisse permanente qui se muant en une paranoïa ridicule. Je ne le savais pas, mais je sentais qu'Alex et sa famille n'étaient pas comme moi. Qu'ils n'étaient pas comme nous, plutôt. Ce que je trouvais beau et fascinant, quelques semaines plus tôt, je le trouvais maintenant anormal et terrifiant.

Sa peau, d'une douceur et d'une blancheur parfaite, ses deux grands cernes qui lui moulaient un regard d'anti-héro au lieu de gâcher son visage d'archange, ses sourcils finement tracés, ses iris d'une couleur dorée si irréelle, ses cils épais et aussi séduisants que sa crinière châtaine, sa bouche pâle et mieux dessinée que celle d'une femme, sa carrure à la fois trop puissante et trop douce, sa grâce de lynx, ses gestes mesurés, ses sourires aguicheurs et ses regards perçants l'âme...Tout cela était beau, mais bien trop.

Il n'y aurait eu que lui, j'aurais peut-être pu croire à un ange mis sur ma route par je ne sais quel dieu miséricordieux. Mais non, ils sont quatre. Et même sa belle-sœur, qui ne fait aucunement partie de la famille, était soumise aux mêmes règles de perfection étranges. J'ai longtemps cherché des adjectifs qui auraient pu espérer qualifier leur beauté. Somptueux, gracieux, merveilleux, sublime, étrange, incroyable, émouvant...Mais celui sur lequel je me suis arrêtée, celui qui leur convenait le mieux, n'avait rien de rassurant. Inhumain.

- Alors?

Il me fixe de ce regard d'enfant. Il a ces grands yeux d'un bleu brillant qui ont l'air d'arriver tout droit d'un dessin animé. Il attend que je parle aussi impatiemment qu'un cadeau de Noël. Et je souris. Intérieurement, je me meurs de ces doutes qui me rongent, et que je vais devoir élucider avant que mon cerveau ne délire encore plus sur des hypothèses ridicules et loufoques d'espèce inhumaine. Il faut que je sourisse, que je paraisse heureuse. Pour lui, je n'ai aucune raison de me sentir mal. Je suis enceinte, nous nous aimons, tout va bien. Est-ce qu'il peut vraiment croire que tout est aussi simple?

- Garçon!

Il me serre dans ses bras. Son torse est musclé, je le sens, mais n'a rien à voir avec l'étendue de marbre que je devine sous les vêtements d'Alex. Il me serre fort, toujours plus fort, parfois même jusqu'à écraser mon ventre et le rendre douloureux. Son visage, comme celui d'un enfant, vient se loger contre mon cou, inspirant profondément les parfums qui s'en échappent. Cette étreinte ne ressemble pas à ce dont j'ai besoin. Je veux être rassurée, me sentir en sécurité...Là, c'est mon rôle de consoler Spencer.

Tout le temps du repas, nous avons parlé de « ça »… enfin, du bébé. J'aime ce bébé, parce que même si je ne l'ai pas désiré, le sentir grandir en moi est une expérience émouvante, qui me rend fière. Mais la place envahissante qu'il commence à prendre dans ma vie me fait peur. Même une fois accouché, je ne veux pas que cet enfant me transforme en une mère poule incapable de faire autre chose que s'en occuper. Je veux avoir une vie intéressante, excitante!

Mais Spencer ne voit pas les choses sous cet œil, lui. Un mariage post-bébé, des prénoms potentiels à gogo, une jolie chambre peinte en bleu dans un sympathique pavillon banlieusard, une douce mère au foyer et un papa travaillant dur chaque jour pour subvenir aux besoins de sa petite tribu. Sans compter les petites sœurs et petits frères à venir, pour tenir compagnie à maman... À l'écouter, on est en train de vivre un mauvais remake de "La petite maison dans la prairie". Pitié...

Je le laisse parler. Je n'ai pas envie de briser ses rêves de famille exemplaire en réclamant ma liberté, mon indépendance et le droit de flirter avec un type aussi dangereux et bizarre qu'Alex. Ce serait idiot et irresponsable. Et je suis presque certaine que ces lubies sont dues à la grossesse et la folie des hormones qu'elle entraine. Je ne vais tout de même pas faire imploser ma future famille pour une histoire d'attirance irrésistible pour un inhumain!

D'ailleurs, puisqu'on en revient à parler de lui, je dois le voir aujourd'hui. Mes sentiments sont toujours mitigés, quand il s'agit d'Alex. J'ai toujours terriblement envie de le voir, de sentir son odeur divine, d'admirer ses traits de dieu grec, d'entendre sa voix douce et virile... Mais il y a cette once de peur, naissant dans mon estomac à chaque fois que je me rappelle de notre dernière rencontre, m'empêche d'en profiter pleinement.

Je débarrasse la table. En arrière plan, j'entends la voix si familière et attendue de Spencer, se mêlant au brouhaha de la télévision. Je n'écoute pas ce qu'il me dit, je n'en comprends pas un mot. En réalité, je suis à des années lumières de cette cuisine et de cette discussion. Tout ce qui me préoccupe tourne autour des Knight et de ces mystères, qui n'en seront bientôt plus.

Je n'ai pas besoin de beaucoup réfléchir pour me choisir une tenue. Si avant, c'était un vrai dilemme, aujourd'hui, le choix est plutôt restreint, avec ce ventre énorme. Je choisis une robe dans des tons vieux rose, légère. Elle est assez décolletée et resserrée sous la poitrine, puis ample et longue jusqu'aux genoux. Le meilleur rapport sexy-confortable des vêtements de grossesse, si vous voulez mon avis. Avec ça, les cheveux en chignon et une paire de spartiates dorées feront l'affaire.

Depuis que je suis enceinte, voir Alex en cachette de Spencer est devenu beaucoup moins compliqué. Le bougre, il s'imagine que ce beau ventre bien tendu est une armure contre tous les prétendants. Il n'a pas tord : en général, personne n'ose draguer une femme enceinte. Cependant, étrangement, Alex s'échappe à cette règle. Encore une fois, il se démarque du genre humain. Je commence à voir des indices partout...

- Où tu vas? Aucun soupçon dans sa voix, aucune inquiétude. Je souris.

- Rose m'a invitée à prendre un café en ville, et puis je passerais faire quelques courses...

Il acquiesce simplement. La mort du couple, voilà ce qui l'attend. Il est trop sûr de moi, trop sûr de nous, comme s'il n'attendait plus rien de cette relation, que seule la mort pourrait nous séparer. Il ferait mieux de se méfier : il y a autres choses, que la mort, qui peuvent être tentante quand on a vingt ans. Je m'approche du sofa, où il est étalé, l'embrasse sur la joue, et ne m'attarde pas plus ici.

Conduire est devenu une tâche difficile, tout comme faire les courses ou simplement ramasser mes clés. Le ventre m'éloigne de mon volant, des pédales, et me donne l'impression que ma ceinture va transpercer ma chair. Si seulement je pouvais m'en débarrasser. Pas forcément du bébé, mais au moins de ces rondeurs disgracieuses et gênantes. Je démarre en trombe, comme je le faisais avant, et me rend le plus vite possible à notre point de rendez-vous.

Rien de très secret en fait, ni de réellement inquiétant. Il m'avait demandé un endroit en dehors de la ville, et j'avais demandé du public. Il avait simplement rit sous cape, mais pas refusé. Après m'être retrouvée seule avec lui au restaurant, à la laverie et dans sa propre voiture, je ne peux pas concevoir que ce garçon veuille ma mort. Ou alors il est long à la détente, et ça n'a pas l'air d'être son cas.

Plus je m'approche du dit lieu, plus je deviens nerveuse. Je suis de plus en plus brusque, mes doigts tapotent le volant au moindre feu rouge, je râle après quiconque qui ralentit mon voyage. J'espère seulement qu'il sera là avant moi, qu'il ne m'oblige pas à l'attendre, à me demander si oui ou non il viendra, s'il n'a pas trouvé entre temps une créature aussi fascinante et belle que lui pour l'inviter à ma place.

Je soupire de soulagement. Alex est bien là. Je ne le regarde pas directement, mais je reconnais ce corps qui se reflète dans la vitrine d'une petite épicerie. Il ne faut surtout pas que je le regarde, ou bien je suis certaine de rater le créneau que je suis en train d'entamer. Avec méthode et le plus de concentration dont je suis capable en ce moment, je braque et contre-braque mes roues jusqu'à me placer dignement au bord du trottoir. Je coupe le contact et sors de la voiture, un peu tendue.

- Bonjour...

- Salut.

Pourquoi dire bonjour quand la plupart des jeunes d'aujourd'hui disent salut? Pourquoi ce sourire en coin si séduisant, si électrisant? Pourquoi être si sûr de soi? Pourquoi froncer le nez quand je m'approche alors que mon parfum sent extrêmement bon? Pourquoi ce doute dans le regard lorsqu'il croise le mien? Il s'approche de moi et embrasse ma joue, même s'il voit que j'en suis gênée. Pourquoi sa peau est-elle si dure, si froide? On dirait qu'il est...mort?

- Comment vas-tu? demande-t-il en regardant indécemment mon ventre.

- Bien, merci. Inconsciemment, je pose la main sur mon ventre en lui répondant.

- On va se promener?

Il me tend sa main. Je la regarde sans bouger, terriblement hésitante. Ce n'est pas de la main que j'ai peur, bien sûr, mais des conséquences que ce geste pourrait avoir. Quand je touche cette peau glacée et inanimée, je me sens transportée, je perds tout mon bon sens, et c'est la dernière chose que je veux aujourd'hui. Néanmoins, ses yeux arrivent à capter les miens, et ne me laissent pas le choix. À peine les prunelles de miel agissent de leur charme que déjà, nous partons main dans la main.

L'endroit où il m'emmène est assez agréable. C'est une sorte de sentier pédestre, bordé par une forêt claire. Il y a peu de gens, seulement quelques couples romantiques. Exactement ce dont on a l'air, Alex et moi. Les oiseaux chantent, la brise soulève nos cheveux et le parfum des fleurs...Un vrai Walt Disney! L'odeur de ses vêtements et de sa peau est tout de même plus puissante que toutes celles de la nature. Un mélange indescriptible, boisé, fruité...Quelque chose d'exotique et de rassurant, d'irrésistible. Je me sens comme un chat qui flaire du thon, honteuse de me réduire à mes instincts animaux.

- Quelque chose ne va pas? Sa voix tendre, douce et trop attirante ne me fait pas émerger, mais me plonge dans une léthargie inquiétante.

- J'ai...La tête qui tourne...

- On va s'assoir, Betty.

Je ne le repousse pas quand il me prend dans ses bras, même si j'aimerais me débattre. J'ai réellement la tête qui tourne, mais cela n'a strictement rien à voir avec les efforts de marche que je viens de faire. Je ne reprends pas mes esprits. Par contre, dans mes délires, je réalise tout de même ce qui m'arrive. Par ses simples regards, son odeurs, ses gestes, il arrive à me rendre nauséeuse tellement j'en suis émue. Ce n'est pas humain.

Je le sens me lâcher lentement, m'allonger sur ce qui semble être aussi confortable que du bois, sûrement un banc. Je pousse un soupire d'inconfort en sentant les lattes strier mon dos, mais il n'y prête pas attention. Mes yeux sont fermés, mes sourcils froncés, et j'essaye simplement de revenir à moi-même sans me laisser distraire par un de ses traits trop parfaits.

- Bethany?

C'est peine perdue : quand j'ouvre les yeux, je le trouve assis près de moi, le visage trop proche du mien. Il parait réellement inquiet, comme s'il n'avait jamais vu personne réagir de cette façon. Je préfère ne pas regarder ses pupilles, mais je ne peux lutter contre son souffle froid et son haleine délicieusement parfumée qui vient mourir sur mes lèvres. Pourquoi une torture pareille, pourquoi?

- Arrêtes de faire ça Alex, s'il te plait...

- De faire quoi?

J'hoquète un petit rire involontaire et ironique. Comme s'il ne se doutait pas que c'était lui qui avait provoqué ce malaise. Comme s'il n'avait jamais remarqué cet effet incroyable qu'il avait sur moi, et sur bons nombres d'autres femmes de n'importe quel âge! Comme s'il n'avait jamais profité de ses dons d'hypnotiseur pour me faire accepter quelque chose, ou me convaincre qu'il avait raison...

- De me manipuler comme un pantin! J'essaye de me relever, un peu trop vite, et il me retient.

- Tu devrais te reposer, t'as l'air un peu à bout de nerfs.

Je me rassois. Pas parce que j'en ai besoin, mais simplement parce qu'il me l'a demandé. Je n'arrive pas à lui mentir, comme je n'arrive pas à ne pas suivre ses conseils, à ne pas respecter ses ordres, à refuser ses invitations...J'ai l'impression d'être entièrement sous son pouvoir. Il faut que je le lui dise, il faut que j'en parle. Mais d'abord, il m'interrompt.

- Embrasse-moi, Beth.

Je n'imagine même pas la tête que je dois avoir à ce moment précis. Bouche entrouverte, yeux écarquillés et cerveau en pause. Je ne sais pas pourquoi il me demande cela maintenant, surtout pile au moment où je veux avoir une discussion sérieuse avec lui. Quand j'arrive enfin à reprendre contrôle sur mon corps, je secoue faiblement la tête, évitant de le regarder en face.

- Non.

Mais, comme prévu, il ne se laisse pas refuser quoi que ce soit. Étrangement rapide, même sur une distance si courte que cinquante centimètres, il s'approche de moi et prend mon visage en coupe entre ses mains. Elles sont froides, alors comment peuvent-elles me brûler la peau comme deux braises incandescentes? Mon corps et parcourut de frissons à la fois agaçants et délicieux dès que mes yeux sont forcés de regarder dans les siens. L'or liquide, les cils épais, la bouche tendre et proche, tout y est pour que je perde la tête une nouvelle fois.

- Spencer...

-Shhh...Embrasse-moi Beth.

La tentation est trop forte, trop accessible, je n'y résiste plus. J'aurais préféré que ce soit lui qui m'embrasse mais peu importe, obéir est un plaisir, aujourd'hui. Je ne ferme pas les yeux, profitant de ce contact qui est maintenant un rayon bouillonnant de sa pupille à la mienne. Je me hisse sur la pointe des pieds, tant bien que mal, et après une ultime seconde d'hésitation, nos lèvres se touchent.

La décharge électrique a traversé ma colonne vertébrale, ma nuque, avant de redescendre en dizaines de frissons glacés dans chacun de mes membres, bras, jambes, pour finir par une explosion de fourmis au bout de chaque extrémité. Mon cerveau a complètement arrêté de fonctionner, cette fois. Mon estomac est devenu un volcan, bouillonnant de je ne sais quelles sensations étranges et fascinantes. Son odeur, son goût, la sensation de sa peau puissante contre la mienne, tout ça était trop puissant pour moi.

Échappant totalement à mon propre contrôle, j'ai encerclé sa nuque de mes mains. Je l'ai serré du plus fort que j'ai pu, même si je ne sentais même pas son cou plier sous le poids. Ses mains sont venues se poser sur mes reins, plus douces, moins emportées. Pourtant, je ne désirais qu'une seule chose maintenant, que lui aussi me serre fort, que je sente la pression de ses bras sur mes côtes, son buste écrasé contre le mien.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'approfondir ce baiser. Les lèvres ouvertes, les paupières maintenant closes, j'ai vraiment cru imploser lorsque nos langues se sont touchées. La sienne était fraîche et à peine humide. Quand je l'ai caressée, il a laissé échappr un soupir de plaisir très étrange, comme un grognement. J'ai voulu rendre ce baiser encore plus langoureux, mais il m'a doucement repoussée. Si je me laissais complètement allée à mes désirs, lui était encore plein de retenue, comme s'il avait peur de me blesser...

- Dis-moi la vérité, Alex. Est-ce que tu es normal?

Les yeux embués d'un désir qui les avait bizarrement noircis, il se fixa sur moi, avant de ricaner sous cape, comme il avait l'habitude de le faire. Les cheveux à peine décoiffés par mes caresses incessantes, son teint n'avait même pas rosi sous l'excitation, sa bouche n'était pas gonflée, il ne haletait même pas. Comme si rien ne venait de se passer.

- Ca dépend de ce que tu entends par "normal", tout est relatif, tu sais...

C'était le moment d'être franche et courageuse. Ce baiser, dont j'étais encore envoutée et étourdie, était la cerise sur le gâteau, la preuve par excellence de la supériorité d'Alex sur mon espèce. Aucun homme sur terre n'était capable de procurer de telles sensations en un seul baiser. Je n'avais même jamais ressentit cela de toute ma vie, sans même parler de baiser! Il fallait que je sache, et tant pis si je me trompais. Je me sens ridicule.

- Alex, est-ce que tu es un être humain?