Chapitre 7 : La Première Mission
Je courais dans la nuit, suivi de près par Kyovo, mon coéquipier de la section DUO. Il avait été admis le même jour que moi, et venait d'une grande et riche famille. Il avait subi un entrainement spécial depuis qu'il était tout petit pour être conditionné et pris par les forces spéciales de Konoha. Malgré cela, je ne pouvais cesser de nous comparer, et de remarquer que nous n'avions rien en commun. J'avais ce regard purement et simplement froid craint par les autres membres, lui n'avait que des lentilles de contact. De mon kunai perlait le sang de mes ennemis, de la peinture rouge jouait le rôle de ce liquide vital à tout organisme vivant sur le sien. Lui était distant et éprouvait une certaine répulsion à mon égard, moi qui n'avait jamais connu le luxe. Il avait 16 ans, et ne maitrisait que le doton et le katon, mais faisait preuve, je dois l'admettre, d'une ingéniosité à toute épreuve. Il avait même inventé un jutsu qui ne nécessitait pas de perdre une main pour être utilisé, le "katon - Bakuhatsu-tekina tōki", l'amphore à explosion. En y pensant, je regardais mon bras encore enroulé dans des bandages.
Son masque de corbeau luisait au clair de lune, alors que nous rejoignons le lieu de l'embuscade. La mission était simple, arrêter un groupe de ninja d'Iwa transportant des informations ultra-sensibles vers leur village depuis Kiri. Nous devions les arrêter et voler ces informations, ou, du moins, les détruire.
D'un simple regard, il m'indiqua mon lieu d'embuscade pendant qu'il préparait son piège en rassemblant du chakra. "Kushiyose no jutsu - Shadôookami" murmurais-je alors que les ombres prennaient la forme de loups sauvages qui plongèrent dans les fourrés. Accroupie sur une branche, je sentais une masse de chakra approchée. Malgré nos différents, moi et mon partenaire étions fait pour nous entendre ; nous nous comprenions d'un seul regard. Les ninjas d'Iwa arrivaient vers nous à toute allure, sur leur garde. Les plus expérimentés sentirent le piège de Kyovo, néanmoins trop tard pour avertir les plus jeunes. Sous leurs yeux agrandis par la terreur, la terre se referma en un cube creux de plusieurs mètres d'épaisseur. Alors que les aînés tentaient de secourir leurs élèves, Kyovo effectua le mudrâ du serpent, du chien, du coque et de la chèvre : du chakra pure sortit du sol dans le cube. Devinant la suite grâce à mes pupilles, mon compagnon il transforma le mudrâ de la chèvre en tigre, symbole du katon, et le cube explosa, propulsant les jônins d'Iwa au sol. Intimant à mes loups de se jeter sur eux, sautant de ma branche et hurlant "Kage bunshin no Shadôookami !", dupliquant ma meute en plusieurs entités distinctes. Après avoir mis à mort le plus gros de leur troupe, katana au clair, je m'approchais des shinobis restants, tremblant de peur. Mon chemin fut coupé par une boule de lave qui s'écrasa en travers de ma route. Levant les yeux pour esquiver une salve de kunai, j'observais les nouveaux arrivants : une équipe de 3 ninjas masqués, possédant une aura de puissance, rassurant les leur. Alors que ma meute se refondait dans les ombres, ils engagèrent la conversation :
-Qui est-tu ?
-Je suis le Vent aux milles Aiguilles.
-Tu as quoi, 9 ans ? Et tu te donne déjà un surnom ?
-Je ne l'ai pas choisis.
Je leur avait répondu froidement, et alors qu'ils allaient ajouter un mot, je leur ordonnais de me donner le parchemin en question. Après avoir essuyé un refus, je fit ce qui s'imposa : ré-invoquant la meute, je les encerclais afin que mon allié utilise son jutsu sur leur petit groupe. Alors qu'ils se tenaient en position de combat, je criais "maintenant !", m'attendant à une réponse immédiate de la part de mon coéquipier. Rien. Alors une voix railleuse me lança : "C'est ça que tu cherches ?" en même tant qu'un masque de corbeau taché de sang. En un éclair je compris, et ma surprise dissipa le sort d'invocation.
-Pas trop tôt, Karoi !
-Désolé, il était pas facile à repérer !
ils discutaient sans même faire attention à moi. Alors que j'envisageais un repli tactique, celui qui s'appelait Karoi me dit d'un air nonchalant "J'ai piégé le périmètre, ne pense pas à t'enfuir", ce à quoi je lui répondis par un regard méprisant. Alors que lui et ses compagnons se préparaient, je me dit que l'heure était peut-être venue, et que si jamais je m'en sortais vivant, je profiterais de la vie comme il se doit. Faisant lentement glisser mon katana hors de mon fourreau, je leur dit calmement "je me battrai jusqu'au bout, même si cela signifie mourir à petit feu !" Dans un flash, sous la lune sanglante, je me lançai dans un carnage sans merci, évitant les ninjas masqués, et éliminant les jônins un par un au fil de mon katana de vent. Un d'entre eux réussi à arrêter ma lame entre ses mains. "Et si..." pensai-je, insufflant mes épines dans mon katana, et, de toute mes forces, le dirigeai vers le bas, brisant la lame et coupant en deux mon opposant, sur le quel j'invoquais deux loups ténébreux. Je me battis à leurs côtés, permutant nos places respectives pour créer un champ de bataille sans nom. Après une énième roulade, je me retournai d'un coup de pied circulaire, en enchainant avec mon éternelle technique signature, "Katon - Kasai no burêdo !", découpant-brûlant mon adversaire au niveau de la taille, et, après une rotation à 90 degrés, calcinant l'arbre sur lequel les ninjas masqués se tenaient. Ces derniers se réceptionnèrent au pied du brasier.
-On l'a bien laissé s'amuser, je pense.
-Oui, répondirent les autres.
-Maintenant, il est l'heure...
-Vous auriez peu arrêter ça... murmurais-je
-Comment ?
-J'AI DIT QUE VOUS AURIEZ PU ARRÊTER ÇA ! hurlai-je, en regardant mes mains tremblantes, souillées de sang.
-Tu avais l'air de t'amuser, on a pas voulu gâcher les dernières minutes de ta vie.
Une larme coula sur ma joue. J'avais tué tous ces gens sous les yeux amusés de ces malades. Le parchemin... Il ne devait pas atteindre Iwa. A tout prix. Grâce à mes pupilles, je le repérais sur le cadavre du chef jônin. En me redressant, haletant, je leur envoyais une salve de kunai, qui devait passer pour une attaque désespérée. Alors que je les bombardaient de kunai et shurikens, je fit semblant de faire tomber un parchemin d'invocation, sur lequel je faisait tomber quelques gouttes de mon sang d'une des innombrables blessures que j'avais au poignet. Alors que je leur lançais mon dernier projectile, je tombai à genou, enlevant mon masque, et le posai à côté de celui de Kyovo. J'allais mourir. Mais quitte à mourir, je laisserais un amère souvenir à mes ennemis, et entrerais quand même dans la légende, au nom de tout ces héros mort pour Konoha, pour un village qui ne les reconnaitra jamais. "T'as finis ?" me lança Karoi. Le regardant d'un regard plein de reconnaissance, je le laissai s'avancer vers moi, sabre au clair, alors que l'aube se levait, se reflétant dans son katana et mes yeux noisettes, pendant que les veines de mes tempes se résorbaient. "Merci." répondis-je à celui qui allait être mon bourreau. Il leva sa lame. Je m'arrêtais de respirer. Il l'abaissa. Je hurlais, et avec l'énergie du désespoir prononça ces mots, qui rentrèrent gravés dans la mémoire de mes adversaire : "KUSHIYOSE NO JUTSU - SASHISHIMESU, LA LOUVE DE L'AUBE !" Une vieille légende, mais je souhaitais mourir devant les yeux de la princesse des lueur de mon animal attitré. Je tombai alors au sol, le corps lacéré de part en part, mon masque écrasé sous la botte de ce soldat au cœur de pierre.
Des hurlements. Des cris. Des pleurs. Des rires. Pourquoi eut-il fallu que je ne vive que les premiers mots ? Alors que je tombais au sol, la lumière matinale se fit insistante. Un éclair. Bleu. 3 morts. Un point rouge, flamboyant dans la lumière naissante. Mon adversaire ne put subir les assauts rageur de l'homme au sharingan. Un second éclair. Jaune, cette fois. Mon père qui tombe au sol. Une voix de femme mature. Je ne comprend rien à ce qu'elle raconte. Une violente douleur dans mon estomac, un flux d'énergie orangé, brûlante comme le soleil, qui s'engouffre dans un enfant qui n'est pas assez fort. La vie qui reprend possession en moi. Je me lève, entouré d'une cape d'aiguille, qui m'arrive aux genoux. Je me lève. Je ne suis plus moi-même. Je prend cet homme qui est mon père, et nous ramène au Q.G., après avoir brûlé le parchemin. L'aube se lève toujours. Ma cape s'estompe. On est arrivé. L'aube a fait place au jour, et la dernière épine s'est envolée, sous les yeux ébahit des gardes. Je leur remets mon père, avant de retomber dans les limbes de la mort, flottant dans le vide qui sépare les vivants des macabés, ce vide que l'on franchit d'un bond, mais dont on ne revient pas.
Still looking for more ? Si j'ai assez de détermination, je vous poste la suite, qui est... chaude. ;)
