Chapitre 7

Jack

« Rompez ! » aboya Landry.

Je fis un pas en arrière du bureau qui se trouvait dans mon bureau… bon sang ! dans le bureau de HANK… et hochai la tête au Général. « Bien, monsieur, » dis-je. J'étais Brigadier Général, mais Hank était Major Général – cette étoile supplémentaire avait bien plus de poids.

Je sortis de la pièce et décidai d'aller voir Carter. Une pénalité venait d'être sifflée et nous venions d'être envoyés sur le banc de touche. Ouais, un peu d'analogies sportives, mais qui s'en soucie ?

Je me sentis un peu mal à l'idée de la remontée de bretelles que Carter avait dû se prendre de la part de Hank. Je le connaissais depuis longtemps, et j'avais un long passé de… d'attitude, dirions nous, et même moi, j'avais été interloqué par le savon qu'il venait de me passer d'avoir amené notre petite vendetta sur la base.

Hank était un homme bien, et un sacré bon officier, mais il n'était pas aussi désinvolte que moi. Je me demandais encore parfois comment j'avais réussi à devenir Brigadier Général. Mais je l'étais. Et bientôt, j'allais prendre le commandement du Homeworld Security – coordonnant les affaires du SGC, de la Zone 51, du Prométhée, du Dédale, du Site Alpha et de l'expédition d'Atlantis. Vu que je ne suis Brigadier Général que depuis un an, il n'y aurait pas encore de Major Général O'Neill, mais c'était une belle promotion. J'eus un petit reniflement à la pensée de mes anciens supérieurs en train de chier des pendules quand ils apprendraient ça.

J'ai flâné jusqu'au labo de Carter et me suis appuyé – oh, si nonchalamment – contre le montant de la porte, les bras croisés. « Salut, » dis-je.

« Mon Général, » répondit-elle d'un ton très approprié.

« Ah… désolé de vous avoir causé des problèmes, Carter, » offris-je. Piètre, certes, mais je n'avais jamais été très doué dans les excuses.

Elle sourit, semblant apprécier l'effort. « Ce n'est rien, monsieur, » dit-elle. « Il fallait que ça arrive – j'aurais dû le voir arriver. »

« Alors… trêve ? » Je m'avançai jusqu'à elle et je tendis ma main.

Elle mit ses mains sur ses hanches, attirant mon attention sur les courbes, malheureusement dissimulées par la veste de son treillis. Hé, je ne suis qu'un homme ! « Quand on est sur la base… ? D'accord, monsieur. » Elle me fit un sourire narquois très O'Neillien. « Mais en dehors ? Le jeu continue… MONSIEUR. »

Elle donna au mot 'monsieur' l'impression d'être une malédiction, et je refoulai un sourire. Je devais avouer que de la voir se précipiter dans les couloirs, vérifier les portes ouvertes pour des pièges et garder son portable continuellement sur elle avait été… amusant. « Devrais-je être inquiet, Colonel ? » demandai-je d'une voix douce.

A présent, le sourire narquois s'était transformé en un sourire éblouissant à la Carter. « Oui, monsieur, » répondit-elle.

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Je tournai la poignée de la porte et fis un pas en avant, par habitude, et je faillis me cogner le nez dessus quand elle ne s'ouvrit pas. Ah, la clé. Etant donné le déplacement du lieu de notre petite 'guerre', j'avais finalement appliqué le conseil de Joe Spencer, et fermé ma porte d'entrée avant d'aller au SGC hier matin.

Je fouillai ma poche pour sortir la clé et entrai dans la maison, verrouillant la porte derrière moi. Non pas que ça garderait dehors une certaine Colonel blonde aux longues jambes, mais je me sentais mieux ainsi.

Peut-être que j'étais paranoïaque – après tout, ladite Colonel blonde aux longues jambes était en ce moment même off world sur une planète sans nom au fin fond de nulle part. Mais la paranoïa m'avait gardé en vie.

Et Carter avait beaucoup d'amis.

Après avoir vérifié chaque pièce, je lâchai un soupir de soulagement et je me rendis à ma chambre pour me désaper et prendre une douche, laissant l'eau éliminer le stress de la journée. Oui, il y avait des douches à la base, mais rien ne valait le fait de pourvoir s'y prélasser vraiment.

Un étrange bruit aigu me parvint de l'extérieur de la fenêtre, et je fronçai les sourcils en fermant l'eau. Je sortis de la douche et mis un peignoir, puis marchai à pas de loup vers la fenêtre, prêt à l'action.

J'ouvris la fenêtre et passai la tête à l'extérieur. « Coucou ? » dis-je, puis rentrai vivement la tête avant qu'une boule de peinture ou quelque chose de tout aussi juvénile ne m'atteigne.

Rien.

Puis un autre étrange petit cri aigu.

Je regardai une nouvelle fois, plissant légèrement les yeux – dans l'intimité de mon esprit, je pouvais avouer que peut-être, PEUT-ETRE, j'avais besoin de lunettes. Et puis je vis la source du petit cri aigu.

Un minuscule chaton couleur marmelade, pas plus grand que ma main, tituba vers moi, tombant presque dans son effort pour arriver jusqu'à moi. Il ouvrit sa bouche et miaula d'un air pitoyable.

Au début, je songeai que c'était, peut-être, l'idée de Carter pour une plaisanterie, mais je rejetai cette pensée aussitôt qu'elle me vint. Carter adorait les chats et n'en laisserait jamais un dans cette condition. Je pressai mon menton sur le rebord de la fenêtre et tendis doucement une main à l'extérieur. « Viens, mon bébé, » dis-je d'une voix douce, espérant que personne ne pouvait voir un Général de l'USAF, dur et rude, en train de parler à une boule de poils.

Le chaton s'avança vers moi en vacillant et renifla avec circonspection mon nez. J'éternuai à cause de sa moustache et il sauta en arrière, surpris par le bruit soudain dans l'air tranquille de la nuit. Puis il inclina sa tête d'un côté et revint à petits pas vers moi.

Il renifla ma main tendue, puis miaula à nouveau. Je tendis mon autre main et soulevai doucement le minuscule animal jusque dans ma salle de bain. Il poussa un petit cri aigu au mouvement soudain, mais se blottit ensuite avec confiance dans le tissu éponge de mon peignoir.

Je caressai la fourrure orange trempée avec un doigt, surpris lorsque le chaton ronronna joyeusement. Je n'avais jamais été un grand fan de chats, préférant les chiens, et les chats me le rendaient bien. Carter avait dit une fois que c'était parce que j'étais trop grand, trop vif et trop brusque dans mes mouvements.

Mais ce petit bébé ne semblait pas se rendre compte que ses semblables ne me faisaient pas confiance.

« Qu'en sait Carter, hein ? » murmurai-je au chaton. Il – je soulevai sa queue – ELLE miaula une fois de plus, comme si elle était d'accord, puis ferma ses yeux.

Enveloppant le chaton trempé dans les plis de mon peignoir, je me rendis dans la cuisine et sortis le lait du réfrigérateur. J'en versai dans une soucoupe et ajoutai un peu d'eau. Le chaton protesta en poussant un cri aigu quand je l'enlevai de son nid chaud, mais fit une bonne tentative pour engloutir le lait et l'eau avant de bâiller largement.

Je la repris et allai dans le salon, faisant un feu et installant le petit chaton sur le tapis devant le feu. Puis je m'affalai sur mon grand fauteuil et allumai la télé. Juste à temps pour ma série PREFEREE.

Le chaton regarda autour de lui avec curiosité, puis s'avança doucement vers moi. Elle miaula en me regardant. Je baissai la tête. « Quoi ? » Et, merde – me voilà maintenant devenu une de ces personnes qui parlent à leur animal familier comme s'il était humain ! 'La sénilité vient tôt, pas vrai, O'Neill ?'

Le chaton miaula à nouveau et me fixa. « Oh, pour l'amour du ciel, » marmonnai-je. Je me penchai et soulevai la petite boule de poils, la plaçant doucement sur mon giron. Elle miaula, moins exigeante, cette fois, et se pelotonna en une boule sur ma cuisse.

Je caressai doucement la minuscule tête avec un doigt, surpris de trouver combien ce petit bout fragile était mignon. Après toute la merde que j'avais vécue, l'horreur, la torture, le… l'étrangeté, ce petit chaton représentait un fragment de normalité.

« Bon, » marmonnai-je, « on dirait que je me retrouve avec un chaton. »

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