Titre : Naufragés

Chapitre : Chapitre V – Coup de vent

Auteur : GreenLuciole

Disclaimer : Fairy Tail, Gajeel, Levy et les autres ne m'appartiennent toujours pas ~

Note de l'auteur : C'est très sincèrement émue que je voudrais vous remercier, mes lecteurs adorés, surtout ceux qui me laissent des reviews pleines d'encouragements :') Quand je vois sur mes stats que vous êtes toujours là, et toujours plus nombreux, ça me fait chaud au cœur. J'aimerais que cette fanfiction ne se termine jamais pour continuer à voir ça :) Normalement, il reste 3 chapitres (voire 4) avant la fin.

Je sors en effet de mes partiels de licence 3 et de mes inscriptions en master, c'est pour ça que j'ai un peu tardé ! Ça, associé à une projet de blog littéraire pour septembre, j'étais débordée. Toutes mes excuses :)

Naelya : En effet, c'est un monde sans magie ! « Mage de glace » est un surnom.

Dédicace : Je dédie ce chapitre à Dark White Fang, CarotteYaoi, Nodoka997, Jylle, Wow, Didie, Naelya, Lise, Loupa4, Shinrie, Camila19, qui ont laissé des reviews sur mon dernier chapitre ! :) A vous qui arrivez à me motiver :D


Chapitre V – Coup de vent

Qui sème le vent récolte la tempête.

[ Osée 8 : 7 ]

A peine avait-il fermé les yeux qu'un conn…. hum, qu'une personne tambourina la porte comme un forcené. Gajeel grogna et enfouit sa tête sous son oreiller, mais ce sombre emmerdeur semblait bien décidé à réveiller toute la résidence. Le brun balança son oreiller à travers la pièce – geste tout bonnement inutile – et se leva, bien décidé à aller refaire le portrait de l'empêcheur de tourner en rond/de dormir en paix. Mais, lorsqu'il ouvrit la porte (en réalité il l'arracha presque, dans sa colère), Gray se tenait là, le souffle erratique. Son expression n'était pas si différente de d'habitude, son visage un peu pâle peut-être. Mais, dans ses yeux, le Dragon d'acier saisit une brève lueur de panique. De peur. Gray était quelqu'un de calme, de raisonné, même lui avait pu le remarquer. S'il en venait à avoir peur, cela signifiait qu'une chose particulièrement grave était arrivée. Et pour qu'il vienne le chercher lui …

« Levy ? Juvia ?! »

Gray ne prit même pas le temps de répondre et l'entraîna à sa suite, courant aussi vite qu'il le pouvait, manquant même de chuter dans l'escalier.

Malgré l'heure, des dizaines de personnes étaient réunies autour du grand chêne de Fairy Tail. Gajeel et Gray se frayèrent un chemin sans ménagement. Le Dragon se figea à quelques mètres de l'arbre, le sang glacé dans ses veines. Levy et Juvia étaient crucifiées au tronc. Littéralement. Apparemment inconscientes (du moins il l'espérait), elles portaient des marques de coups, et leurs vêtements étaient déchirés par endroits. Sur le ventre de Levy, quelqu'un avait tracé au marqueur noir un signe qu'il aurait préféré oublier.

« Phantom … ? »

Des représailles ? Une menace ? Il savait que certains des anciens membres n'avaient pas été arrêtés. Était-ce pour le dissuader d'aller témoigner contre le gang ? Figé de stupeur, il vit Luxus s'avancer vers le tronc, tandis que deux pompiers décrochaient les filles.

« J'avais bien dit au vieux d'arrêter de ramasser les chiens galeux dans le caniveau. On voit bien ce que ça donne. »

Gajeel se contenta de le regarder, sans répondre. Il y avait de la colère dans ses yeux, mais aussi du doute et de la culpabilité. Et s'il avait vraiment causé ça ? Et si Levy et Juvia étaient blessées à cause de lui ?

« Ramasser des criminels pour tenter d'en faire des gens bien, leur donner une seconde chance, admirable projet pas vrai ? Dommage que d'autres, bien plus méritants, en pâtissent. Regardez cette adorable petite Levy. Ravissante, intelligente, travailleuse, major de promo et prête à tout pour ses camarades. Crucifiée à un arbre, les lauriers de la bonté ? »

Pendant qu'il parlait, Juvia était installée sur un brancard. Elle non plus, elle n'avait pas mérité ça. Elle avait quitté Phantom Lord avant le Dragon d'acier. Elle n'était pas un modèle de vertu, mais elle était honnête et gentille. La Fille de la pluie avait trouvé le bonheur et la paix à Fairy Tail. Sa rédemption était des plus sincères.

Luxus s'avança jusqu'à lui. Dans ses yeux dorés, Gajeel pouvait voir la rage, et une once de sadisme. Le plaisir de voir souffrir, et de semer le chaos. Les secours se mirent en route. Mirajane était partie avec eux. Luxus se rapprocha encore.

« Cette petite semblait beaucoup t'apprécier. Alors, Gajeel ? Tu es fier de ce... »

« La ferme, Luxus ! »

La voix de Natsu s'était élevée, forte, cinglante dans ce silence.

« Il n'y est pour rien, arrête ça tout de suite ! »

Désormais c'était Erza, qui venait d'arriver, ses talons à la main. Accompagné d'un homme que Gajeel n'avait jamais vu, un drôle de type avec un tatouage sur le visage et des cheveux bleus. Gray s'avança à son tour (sans sa chemise), venant visiblement au soutien, mais en silence. Erza continua.

« Il est évident qu'il ne l'a pas voulu ! Cette agression est monstrueuse, mais au lieu de s'en prendre à Gajeel, il faut trouver le vrai coupable. »

« S'il n'avait pas été là, ça ne serait jamais arrivé ! Pourquoi tu prends sa défense, Erza ? »

« C'est un camarade, c'est tout. Il fait partie de Fairy Tail ! » Natsu s'était avancé, bouillant de colère. « Il a protégé Levy ! Contre toi ! »

Un murmure d'approbation s'éleva. Luxus avait perdu cette manche, il voulait bien l'admettre. Il avait réussi, dans un sens. Il avait semé la terrible graine du doute dans l'esprit des élèves de Fairy Tail, du moins ceux dont la conviction était la plus fragile. Erza, Natsu et Gray ne céderaient pas si facilement. Mais d'autres se regardaient déjà, se questionnaient en silence. Peut-être que le vieux avait tort. Satisfait, Luxus quitta la scène, suivit des Raijinshu, tandis que son grand-père s'approchait.

« Gajeel, viens avec moi. »

Le brun sortit enfin de sa stupeur pour suivre le vieil homme. Une dizaine de minutes plus tard, ils étaient dans les couloirs de l'hôpital de Magnolia, à l'extérieur de la chambre des filles. Le Dragon d'acier faisait les cent pas, tandis que Makarov restait assis, en silence, les yeux fermés et les bras croisés. La tension était palpable. Enfin, au bout de 20 minutes, la porte de la chambre s'ouvrit. Une femme d'un certain âge en sortit. Elle avait l'air grave et assez peu agréable.

« Ces petites ont reçu de nombreux coups, mais ça ira pour elles. Il n'y a pas de lésions internes, et le crucifiement n'a heureusement pas duré assez longtemps pour causer l'asphyxie. On a évité le pire. »

Gajeel s'accorda enfin une respiration soulagée. Makarov restait prudent, quant à lui.

« Rien d'autre ? Pas de …. ? »

Le médecin regarda le Dragon d'acier, comme si elle hésitait à répondre devant lui. Finalement, elle céda.

« Pas de trace d'abus sexuels. Les vêtements arrachés suggèrent seulement qu'elles se sont défendues. Levy s'est brisé la main de cette façon, sans doute. »

Le boule dans le ventre de Gajeel se fit plus douloureuse. La bleuette avait dû être terrifiée, et il n'avait pas été là pour la protéger. L'inquiétude laissa place à la rage. Contre l'agresseur, et contre lui-même.

« Autre chose, Juvia avait un très fort taux d'alcool dans le sang. »

Makarov justifia ça en parlant de le fête de Fairy Tail, mais le brun n'écoutait déjà plus. Il pouvait presque voir la scène. Levy se débattant de toutes ses forces, submergée par la terreur. Juvia, tentant vainement de faire quelque chose, engourdie par l'alcool. En fait,il devait y avoir plusieurs agresseurs. Au moins deux. Impossible en étant seul d'enlever deux filles, de les battre jusqu'à l'inconscience et de les crucifier, même si l'une d'elle est très affaiblie.

« Gajeel ? Gajeel, tu m'entends ? » le brun posa son regard sur Makarov « Tu veux voir Levy un instant ? Elle est réveillée. C'est contre le règlement mais... »

Le Dragon d'acier n'attendit pas le fin de la phrase, et ne le remercia pas. Il entra dans la chambre. Il resta un instant près de la porte. Levy et Juvia étaient chacune dans un lit, perfusées, reliées a des moniteurs. Couvertes de pansements, pâles comme la mort. Mais Levy souriait. Elle lui souriait. Lentement, Gajeel vint s'installer dans le fauteuil, a côté de son lit.

« T'as mal ? »

Question éminemment stupide. La jeune femme en rigola.

« C'est supportable. Ma main me lance un peu mais tu aurais dû voir l'autre, ce que je lui ai mis ! »

« Qui c'était ? »

Le regard de Levy se voila. Les souvenirs étaient trop douloureux, et terriblement flous. Elle essayait, mais aucun visage ne lui revenait.

« Je n'en sais rien... »

« C'était Phantom, tu avais la marque sur le ventre. Je … suis désolé Levy. C'est de ma faute. C'est mon ancien gang. »

« Ce n'est pas ta faute, tu n'as pas à t'en vouloir. »

« Je n'étais pas là pour te défendre. »

Levy posa tendrement la main sur son bras. Son regard était très doux, son sourire discret mais assuré.

« Tu l'as dit toi même, non ? Tu ne peux pas toujours être là, tu n'es pas mon bouclier. » Elle fit une pause pour respirer, son souffle restait faible. « Tu es sincère, c'est tout ce qui compte pour moi. »

Gajeel ne répondit pas. On lui signala qu'il devait sortir pour la laisser se reposer. Il rejoignit Makarov dans le couloir. Dans ses prunelles rouges, le vieil homme pouvait voir de la résolution, de la rage. Une profonde envie de violence.

« Je sais qui a fait ça, papy. Trois Phantom courent toujours. Il faut qu'ils paient pour ça. »

« Tu veux aller en prison, c'est ce que tu veux ? Je ne pourrais pas t'aider si tu fais ça. »

« Alors quoi ?! Je laisse pisser ? Alors que je sais qui sont ces pourritures ? Pas des enfants de choeur ! »

« Toi non plus. »

Un silence s'installa un instant entre les deux hommes. Gajeel sembla retrouver un sang-froid relatif.

« J'ai changé. »

« Montre-le, dans ce cas. Il faut être plus intelligent qu'eux. Fais moi confiance, Gajeel. Je ne pourrai jamais oublier qu'on a fait du mal à mes enfants. Je ne laisserai pas passer ça comme ça. Mais il faut rester du côté de la loi. Tu t'en veux pour Levy et Juvia. Tu veux te racheter, c'est bien ça ? Dans ce cas, j'ai une idée. C'est risqué, mais je ne pense pas que ça te fasse peur. »

Le Dragon d'acier observa le vieillard, interrogateur mais résolu.