Tout d'abord toutes mes excuses pour n'avoir pas répondu aux reviewers, mais j'ai de gros problèmes de connexion à Internet depuis quelques jours, et je suis obligée de télécharger de l'extérieur…mais je promets de répondre, continuez à m'écrire !! Merci en tout cas pour toutes vos reviews si positives, ça me fait chaud au cœur…

Disclaimer : les personnages sont de JKR. Les rebondissements sont de moi.

Avertissement : toujours slash HPDM

8. Une vie pour une autre

POV DRACO

C'est moi qui t'ai suicidé mon amour….cette phrase tourne inlassablement dans ma tête, depuis ton accident. Depuis hier.

Même si je ne t'ai pas ouvert les veines, ni précipité contre ce mur, je sais que je suis le seul responsable dans cette affaire, celui par lequel le malheur est arrivé.

Et ils appellent ça un accident.

Pourquoi j'ai si mal quand je respire ?

Quand Ginny a appelé, hier soir, pour me dire ce qui s'était passé, que tu étais dans un état critique, j'ai bien senti le reproche dans sa voix. J'ai cru que j'allais tomber, que la terre s'ouvrait sous mes pieds, je me suis accroché à la commode pour ne pas m'écrouler.

J'entendais le bébé pleurer, en haut, et tout me paraissait irréel. Je ne sais plus ce que j'ai dit, je ne sais même pas si j'ai sauvé les apparences. Aucun souvenir précis de la conversation.

Je me rappelle que je me suis laissé tomber sur le canapé, en répétant : « non, non, c'est pas possible…Harry…non ». Je ne sais pas combien de temps je suis resté tétanisé sur ce canapé, sans bouger.

A un moment Skorpius est venu me voir, il a posé sa main sur mon épaule, et je crois que je tremblais comme une feuille.

Je sais que je l'ai serré fort dans mes bras, et que ça lui a fait peur…c'était un geste tellement inhabituel pour lui. Il s'est dégagé doucement, et je crois qu'il a pensé à Albus.

Et c'est ce qui m'a fait le plus mal…j'ai fracassé ta vie, ta famille.

Puis je suis monté voir Isadora, et elle a compris immédiatement. Elle n'a rien dit. Elle a serré notre fille un peu plus fort contre elle, sans me poser de questions.

Comme un automate, je suis parti dans mon bureau, et j'ai cherché refuge dans mes potions. A nouveau…le cauchemar qui revenait.

Je suis resté prostré dans un vieux fauteuil une partie de la nuit, à me torturer.

Pourquoi j'ai fait ça ?

Pourquoi je t'ai fait ça, Harry ?

Pour quel principe ? Quel alibi ?

Moi et ma stupide fierté, moi et mes scrupules idiots.

Une fois de plus, une fois de trop, j'ai laissé parler mon orgueil, mon éducation, les convenances.

Je nous ai reniés, expédiés en quelques mots.

Je me suis réfugié dans le rôle si confortable du père de famille, pour ne rien remettre en cause. Pas de scandale, pas de quand dira-t-on.

Alors que tu m'offrais la liberté, le cœur qui bat, la passion. Avec courage.

Ton courage contre mon orgueil.

Tant de fois tu es venu vers moi, maladroitement, avec sincérité, et je t'ai rejeté. Encore et encore.

Mon orgueil a balayé ton courage.

Je me dégoûte.

Tu m'as tout donné : l'envie de vivre, l'espérance, la vitalité.

Tu m'as regardé, désiré, aimé, et j'ai revécu, grâce à toi.

Je suis sorti de l'ombre et des ténèbres du passé grâce à ton regard et à ton corps.

Tu m'as tout redonné.

Je t'ai tout pris, plutôt.

Cette étincelle de vie, de chaleur, je te l'ai volée Harry.

Je te l'ai volée en avril dernier, et depuis tu t'éteins doucement, et c'est de ma faute.

A chaque rencontre j'ai vu que ton malaise s'accroissait, et j'ai feint de l'ignorer.

Pour être enfin le plus fort. Tenir ma revanche sur 20 ans de honte.

Mon satané orgueil.

Et je t'ai donné le coup de grâce, hier, en prétendant qu'on ne se connaît pas. Mais qui me connaît mieux que toi ?

J'ai dit ça pour avoir le dernier mot, et n'être pas qu'un snob dans un château.

Et pour protéger cet équilibre fragile, ce mariage ressuscité, cette jeune vie miraculeuse, en oubliant que c'est à toi que je les dois.

Tu es dans cet hôpital, brisé, à cause de mon ingratitude, mon aveuglement.

Je t'ai tout pris, Harry.

Bien sûr que rien n'est plus important que ma femme et mes enfants, mais pourquoi est-ce que je n'arrive plus à respirer ?

Pourquoi ça fait si mal ?

ooooOOOOooooOOOOOooooOOOOooo

Ca fait trois jours maintenant. Trois jours que j'erre dans le manoir, livide, la journée, sans parler de toi. Sans parler à personne.

Je n'arrive même plus à faire semblant.

Isadora souffre, mais ne dit rien. Elle s'occupe de Narcissa. Je ne peux pas regarder le bébé sans avoir envie de pleurer. Skorpius est retourné à Poudlard, avec tes fils.

Trois nuits que je transplane jusqu'à l'hôpital et je me glisse dans ta chambre. C'est une expérience horrible à chaque fois : les tuyaux, les bandages, l'odeur de désinfectant, le bruit des appareils. La nausée m'envahit quand je vois ton visage blême, immobile.

Chaque nuit je reste près de toi, je prends ta main et j'implore Salazar Serpentard de me pardonner. Je ne sais même pas comment t'aider. Aucun sort n'est assez puissant et je ne suis pas médicomage.

Tu es toujours inconscient, et je te parle.

Enfin.

Tout ce que je ne t'ai jamais dit, tout ce que tu n'as jamais voulu écouter.

Ma vie.

Notre histoire. Poudlard.

Tout ce que tu étais pour moi.

Tout ce que tu as toujours été.

Toutes les nuits je te raconte notre histoire. Notre vraie histoire. Celle de deux garçons perdus qui se sont cherchés désespérément, par tous les moyens. Qui ont dissimulé leur amour sous une haine féroce.

Les insultes à la place des serments. Les coups à la place des caresses.

Toutes ces années que j'ai voulu oublier, dissimuler, qui m'ont poursuivi si longtemps, je les ai revécues, chaque soir, pour toi.

Pour ne pas être seul dans le silence des machines.

Parce que tout ça a existé, avait un sens et je ne le savais pas. Et je crois que toi non plus.

Je t'ai parlé, pour te raccrocher à la vie. Pour ne pas que tu me quittes.

oooOOOOOoooooOOOOOoooooOOOOOooo

Et puis une nuit, je me suis endormi sur la chaise près de ton lit.

Au matin, une infirmière m'a intimé l'ordre de partir et quand j'ai quitté ta chambre j'ai croisé Ginny.

Elle m'a foudroyé du regard.

- Qu'est ce que tu fais là, Draco ? Tu crois que tu ne lui as pas fait assez de mal ?

- Je suis désolé, Ginny…

- Pourquoi tu es là ?

Je l'ai regardée et je n'ai pas su quoi répondre. Elle était belle dans sa détresse et sa fureur.

J'ai haussé les épaules, impuissant. J'ai cherché à m'éloigner. Elle m'a rattrapé par la manche :

- Je crois que j'ai droit à une explication, Draco.

J'ai baissé la tête en soupirant. Cette fois je n'y échapperai pas. Elle m'a entraîné vers la cafétéria, et on s'est assis devant des cafés. Son regard profond m'a transpercé.

- Je veux tout savoir, maintenant. Tout.

Comme si je savais tout….si j'avais tout su, on n'en serait pas là.

Elle a insisté :

- Qu'est ce qui s'est passé entre vous ?

- Rien.

- Arrête de me mentir, Draco. Tu crois que je n'ai pas vu votre petit manège ? dans quel état était Harry après t'avoir vu ?

Et là, j'ai décidé de lui mentir. Pour la protéger. Pour te protéger. Je te dois bien ça.

- Eh bien…l'été dernier…je ne sais pas ce qui m'a pris. On avait trop bu…je …j'ai proposé à Harry de…coucher avec moi. Il n'a pas voulu.

- C'est pour ça qu'il t'a frappé ?

- Oui.

J'étais au supplice. C'est la première fois que je laisse mon orgueil de côté, et c'est pour toi, Harry.

Et, une fois de plus, je mens pour te sauver.

- Tu me jures que c'est la vérité, Draco ?

- Oui.

- Vous n'avez pas couché ensemble ?

- Non. Il n'a pas voulu.

Elle m'a regardé avec mépris et j'ai pensé en un éclair que le prix à payer n'est pas trop fort pour tout le mal que je t'ai fait.

- Et c'est pour ça qu'il t'a frappé ?

- Oui

- Et qu'est-ce qui s'est passé avant l'accident ?

- Il m'a dit qu'il fallait que je l'oublie, définitivement. Qu'il n'y aurait jamais rien entre nous.

- Et… ?

- Et on s'est engueulés, violemment. Il est parti fou de rage.

- T'es vraiment un salaud, Draco. Tu me dégoûtes…ne t'approche plus jamais de nous.

Et elle est partie rapidement. J'ai cru que j'allais vomir. J'ai tout fait pour éviter ce scandale, et en fait je l'ai précipité.

J'espère juste qu'elle ne dira rien à Isadora.

J'ai juste eu le temps de me précipiter aux toilettes avant d'être malade comme un chien….

oooOOOOoooooOOOOOoooooOOOOOoooo

Mais je te dois bien ce mensonge, Harry….

Parce que pendant un an, chaque jour, chaque seconde, l'éclat de ton regard émeraude ce soir-là m'a porté, m'a donné la force et l'envie de vivre.

Je ferme les yeux et je te sens, contre moi, en moi, et un flot de chaleur m'envahit. J'évoque ce moment et je suis vivant, jour après jour.

L'extrême sentiment d'aimer et d'être aimé…contrairement à toi ces moments m'ont fait renaître. Je les goûte, à chaque fois que j'en ai besoin, et tu es là.

Je me rappelle de tout, et je jouis de tout. Chaque caresse, chaque soupir, chaque mot…tout est là, en moi, à jamais.

Tu m'as tout donné.

Je t'ai tout pris, Harry.

Avec égoïsme, cruauté.

Car même quand tu n'es pas là, je sais que tu penses à moi. Que tu as envie de moi. C'est tellement visible…

Ton visage sur le quai, en septembre…encore un aveu. Et mon indifférence feinte.

Ca m'arrangeait bien que tu prennes l'initiative, chaque fois. Que tu viennes vers moi, et que ailles bien au-delà de ce que j'aurais osé faire.

Du plaisir en toute bonne conscience, puisque c'est toi qui l'as voulu…pas moi.

Même dans la violence, même dans la douleur parfois. Tellement pratique de se dire qu'on est la victime…que cette jouissance qui m'emporte c'est toi qui me l'a imposée, malgré moi.

Cherche-moi, attrape-moi, fais moi crier…

Tellement facile après de jouer les offensés, les prudes, après.

Et chaque fois que je t'ai rejeté, après ce plaisir interdit, je savais que tu reviendrais. Je savais que c'était trop fort, trop vital entre nous.

Est-ce que je voulais juste me donner bonne conscience, que je disais après que tout était fini ? Est-ce que je mentais ? Non, je ne crois pas.

C'était la voix de la raison. La voix de mon éducation. Des convenances.

En fait, je n'ai pas pu, pas osé vivre pleinement cette passion avec toi.

Trop fort, trop à perdre. Je n'ai pas, je n'ai jamais eu ton courage.

Parce que j'ai toujours su que ce qui est entre nous est d'une violence inouïe, et que si on ouvrait les vannes…tout serait emporté, balayé…nos vies, nos enfants.

Tout ce qu'on a mis tellement de temps à construire, après la bataille de Poudlard.

Ces piliers de notre vie qui sont en sable, et qu'il faut renforcer, chaque jour.

J'ai eu peur, Harry. J'ai toujours eu peur de toi. Tu as toujours été beaucoup plus fort que moi.

Parce que si je quitte mon rôle de bon époux, bon père de famille, je ne suis plus rien.

Plus que Draco Malfoy, fils indigne d'une famille indigne.

Je n'ai rien conquis, moi, rien réussi. A part ma famille.

Cette naissance tardive, miraculeuse. Cette renaissance du lien entre Isadora et moi. Je pressens qu'elle a tout compris, depuis le séjour d'Albus chez nous, mais qu'elle n'a rien dit.

Elle non plus ne veut pas tout perdre. Plutôt les apparences confortables que la vérité nue, cruelle. Plutôt une vie heureuse, fondée sur un alibi, que la solitude.

Encore un mensonge….Moins beau que celui que j'ai dit à Ginny, pour te protéger.

Pourquoi est-ce que j'arrive à mentir pour toi, à dire les pires mensonges pour te sauver, alors que je n'arrive pas à vivre une vraie relation avec toi ?

J'ai le courage de mentir mais pas celui de vivre.

Le paradoxe est infernal. Cruel.

Quand est-ce que j'arriverai enfin à enlever ce masque que je porte, et qui m'empêche d'exister, vraiment ?

A quel prix ?

Au prix de ta vie ?

Brusquement j'ai l'impression que le ciel m'a offert une vie en échange d'une autre…Narcissa contre toi.

Je ne veux pas de ce marché. Je veux les deux.

Chérir ma fille sans hésitation, avec tendresse.

Te prouver mes sentiments, enfin…

Briser ce carcan de froideur.

Et surtout comprendre pourquoi je t'ai rejeté, moi qui n'aime que toi…

A suivre….

Merci de m'avoir lue, et merci pour vos reviews….