iLily soupira :

« C'est pas que je m'ennuie mais presque... Je sais pas quoi faire... MAMAAAAAAN ! »

Elle regarda sa mère se lever de la chaise où elle était assise et poser des feuilles remplies de calculs avant de se tourner vers elle.

-Ne crie pas ma puce s'il te plaît. Je suis en train de vérifier les dépenses de ce mois et j'ai besoin de calme pour me concentrer.

-Mais... Maman je m'ennuie...

-Fais du coloriage ?

-Je veux pas...

-Tu n'as pas de devoirs à faire ?

-J'ai les ai fait chez ma nounou. C'est quand que Papa revient ?

Sa mère poussa un gros soupir et regarda Lily avec un air fatigué.

-Je te l'ai déjà dit. Il ne reviendra pas avant un moment. Tu sais que son travail l'accapare beaucoup et il doit partir en voyage.

-Mais pourquoiiii ?

-Je ne sais pas trop si tu peux comprendre ça... Disons qu'il doit présenter ce qu'il fait à des personnes qui n'habitent pas en Angleterre.

Lily fit la moue.

-Et on ne peut pas venir avec lui ?

-Son voyage est payé par sa société mais si nous voulions partir avec lui, moi et ton père devrions payer ta place et la mienne. En plus, j'ai mon travail et tu as tes cours.

Lily se leva précipitamment du canapé où elle était assisse.

-Mais ça ne me dérange pas de ne pas aller à l'école !

Camille plissa les yeux.

-En parlant de l'école... Tout va bien ?

-Oui...

-Ta maîtresse m'a dit que tu n'avais pas beaucoup d'amis. Tu n'aimes pas les gens de la classe ?

Lily haussa les épaules en se renfrognant.

-Chais pas...

Elle sentit sa mère s'approcher d'elle et lui caresser la tête.

-Tu veux que je te raconte la suite de l'histoire de Camille ?

Lily releva la tête en souriant, toute bouderie oubliée.

Camille s'assit sur le canapé et posa Lily sur ses genoux.

-Bon, alors... où en étais-je ? » \i

« Je ne savais pas que tu cuisinais, commenta Camille en regardant le Directeur-de-l'école-de-fous brasser une espèce de substance verdâtre dans un chaudron. Mais, sans vouloir te vexer, ça n'a pas l'air très réussi. »

L'homme-qui-portait-des-robes la regarda d'un air agacé.

« Ce n'est pas de la cuisine, par Merlin. Je suis en train de faire une pommade pour les brûlures.

-Haaa... Mais tu ne peux pas tout simplement acheter du Dexeryl ? Enfin, sans faire de la pub, c'est plutôt pas mal comme crème. Une fois je m'étais brûlée en faisant un gâteau et …

-Ce n'est pas pour des vulgaires blessures de moldus ! La coupa furieusement le Prétendu-Sorcier.

-C'est quoi ça ? Demanda Camille en montrant un pot remplie d'un liquide vert tirant au jaune.

-Du pus Bubobulb. C'est une plante magique.

-Du pus ? Ça semble exquis... répondit ironiquement la jeune fille. Mais ça sert à quoi ?

-En général à soigner l'acné. Mais on l'utilise aussi dans des potions comme celle que je fais maintenant.

La jeune fille hocha la tête puis désigna une sorte de bêcher.

-Et ça c'est quoi ? On dirait ce que j'utilise en S.V.T. pour mes expériences.

-C'est juste un pot pour mesurer combien de décilitres de bile de crapaud je vais mettre lors de la deuxième partie de la potion.

-Euh... Tu es en train de mettre des orties dans ta... ta potion ?

Rogue releva la tête et répondit narquoisement :

-Les moldus l'ignorent sûrement mais les orties ont des pouvoirs guérisseurs. Elles sont surtout utilisées pour guérir les pustules.

Camille le dévisagea durant quelques secondes avant de marmonner :

-Des orties hein ?

La jeune fille soupira et s'étala sur l'énorme bureau en face d'elle. Elle posa sa tête sur ses mains et observa le « directeur » brasser la potion. Le visage de celui-ci se détendit imperceptiblement, le rajeunissant soudainement. La jeune moldue se pencha en avant. Tiens... Il n'était pas si mal quand il n'avait pas d'expression méprisante. Tout à ses pensées, Camille ne le vit pas se relever soudainement et lui tendre quelque chose d'apparence visqueuse.

-Puisque que tu es là, autant que tu te rendes utile. Prend ça et broie-les, entendit-elle lui dire.

Camille leva la tête et approcha sa main d'un air écœuré de la masse informe.

-Tu veux vraiment que je touche ça ?

Le visage de Severus Rogue se ferma et il fronça les sourcils.

-Si tu ne peux pas le faire, tant pis, commenta-t-il d'un ton méprisant. Je vais le faire moi-même.

-C'est bon ! S'exclama Camille, détestant l'intonation du sorcier. Je vais le faire !

Elle attrapa à pleines mains la substance visqueuse.

-C'est quoi ?

-Du foie de grenouille.

Camille laissa tout tomber par terre.

-Quoi ?! Mais c'est dégoûtant ! Tu manipules des trucs écœurants comme ça à chaque fois ?

-Ces trucs écœurants comme tu dis ont plus de valeur que toi. Et eux au moins ont une utilité. Maintenant ramasse ça et aide moi.

Camille fronça le nez de dégoût mais se pencha quand même pour ramasser les fois de grenouille. Elle attrapa un bol qui se trouvait à côté du chaudron. Un pilon se trouvait dedans. Elle le prit fermement en main puis jeta les fois de grenouille dans le bol. Elle entreprit ensuite de touiller la mixture.

-Eh ! C'est plutôt marrant en fait commenta-t-elle. On dirait de la gelée.

L'homme-qui-ne-savait-pas-sourire haussa un sourcil d'un air profondément attristé puis haussa les épaules.

–Faire des potions n'est pas faire de la cuisine, c'est un art mademoiselle. Mais je me doutais bien que vous n'y comprendrez rien. Vous ressemblez beaucoup à mes élèves.

Camille fit la moue et entreprit de broyer les foies de grenouilles. Comment ça, elle ressemblait à ses élèves ? Elle ne ressemblait à personne ! Tout en s'acharnant sur les foies, elle ne vit pas le regard étonné du professeur. Il s'approcha d'elle.

« Tiens, on dirait que vous ne vous débrouillez pas si mal en fait »

« Oh vous savez, j'ai l'habitude de faire la cuisine chez moi lui répondit ironiquement la jeune fille »

« … Bien que ce ne soit pas encore ça » continua l'homme-de-glace sans prêter aucune attention aux paroles de la jeune fille. Il faut broyer avec force, certes, mais pas de cette façon. Ramène le foie au centre du bol, comme ça ».

Il empoigna le pilon. Camille, qui se retrouvait maintenant coincé entre lui et la table se sentit rougir : Il avait posé sa main sur la sienne…

Elle secoua la tête et se sermonna silencieusement :

« Nan mais attend tu vas pas me dire que tu rougis à cause de ce vieux graisseux ! Reprend toi idiote ! »

Malgré ces paroles, elle ne put s'empêcher de remarquer que le rythme de son cœur s'était accéléré…

iLily gloussa. « Elle est amoureuse ? »

« Eh bien disons que… c'est plutôt une attirance pour le moment.

Lily ouvrit de grands yeux innocents : -C'est quoi une attirance ?

-Disons que c'est le stade avant l'amour.

Lily se remit à glousser. « Elle est amoureuse-euh ! Elle est amoureuse-euh ! »

Camille sourit et se pencha vers sa fille pour lui caresser les cheveux.

« Bon allez ma puce, il faut que je finisse mes calculs, hein ? Va jouer.

Alors que sa fille se levait, Camille se rappela de la conversation avec la maîtresse. Elle lui attrapa le bras.

«Attend ma chérie… Je me disais… Ce week-end, tu ne veux pas inviter des amies ?

-Pourquoi ?

-Et bien c'est toujours agréable de passer du temps avec ses amies, non ? En plus, je ne les ai jamais rencontrés.

Lily se renfrogna et sortit de la pièce en marmonnant qu'elle leur demanderait. Camille la regarda partir avec anxiété.

Sa fille avait-elle honte d'elle ?\i

Molly regardait par la fenêtre lorsqu'elle sentit des bras se nouer autour de sa taille.

« A quoi tu penses ? Lui demanda son mari.

Molly soupira et se laissa aller contre lui.

« Je me demande où ils sont en ce moment... Ils sont peut-être blessés, morts! Pourquoi ne donnent-t-ils pas de nouvelles !

Sans s'en rendre compte, elle avait haussé la voix. Arthur la serra plus fort contre lui.

« Ils n'y a aucun moyen qu'ils le fassent sans prendre des risques. C'est trop dangereux. Et puis je suis sure qu'ils sont vivants. Tu sais très bien que Tu-sais-qui l'aurais déjà proclamé partout.

-Ne pouvons-nous pas faire quelque chose ? Sommes-nous condamnés à rester ici, cachés, sans les aider ?

-Je crains hélas que la seule chose que nous pouvons faire pour les aider est justement de rester caché. Pour l'instant. Nous sommes prêts à agir dès que nous aurions un signe.

-Et à ce moment-là, tout le monde voudra combattre ! Ginny, Bill, les jumeaux …

-Ils sont majeurs, nous ne pouvons pas les empêcher.

-Ginny ne l'est pas ! Et Remus, et Nymphadora ! Ils sont tous justes mariés !

Arthur lui fit faire un volte-face et lui attrapa tendrement le menton.

« Regarde-moi, Molly. Nous sommes tous en danger maintenant. Il n'y a pas d'échappatoire, à part la fuite, et nous ne fuirons pas. Il faut arrêter ce massacre, oui, mais nous ne pourrons surement pas éviter la perte d'innocents. » Il déglutit avant de rajouter plus doucement : « Et de ceux que nous aimons. »

Une larme roula sur la joue ridée de sa femme. Elle eut un petit hoquet et se serra contre lui.

« Tout était tellement plus simple avant. Mes plus gros soucis étaient de m'assurer que Fred et Georges ne fassent pas pousser une troisième oreille à Percy ou ne fassent pas sauter la maison.

-Enfin, ça, on doit toujours s'en soucier.

Molly eut un petit rire mouillé puis se redressa et essuya ses joues.

-D'ailleurs, où sont-ils ?

-Dans leur chambre. Ils manigancent je-ne-sais-quoi.

Molly soupira.

-Je me demande si à un moment de leur vie, ils leur est arrivés de ne pas manigancer quelque chose. Enfin, j'espère qu'ils ne vont pas déranger tante ?.

-Notre simple présence la dérange de toute façon. Enfin, allons voir tout de même.

Il commença à partir lorsque Molly l'attrapa par le coude.

« Attend. Lors des vacances de Noel, nous allons retirer Ginny de Poudlard. Elle n'y est plus en sécurité. »

Arthur regarda les yeux déterminés de sa femme et hocha la tête. Il n'y avait rien à rajouter.