Chapitre 7
Quand elle entra, elle fut surprise par la ressemblance des deux hommes. Owen insista pour qu'elle ne reste pas debout et elle accepta un siège.
– C'est fait Jack, nous devrions avoir les résultats d'ici trois jours, je ne peux pas faire mieux.
– Ok, alors en attendant, nous allons le garder ici, de toute façon, j'ai des choses à vérifier. Ianto, viens avec moi, fit-il en remontant vers son bureau.
Le médecin s'assura que tout allait bien puis quitta également la pièce avec Tosh. Le jeune homme s'allongea et ferma les yeux.
À l'étage, le Gallois n'avait pas dit un mot. Jack s'approcha de lui et le prit dans ses bras. Il se blottit contre lui, posant sa tête contre sa poitrine, écoutant son cœur battre doucement.
– Ça va aller ? demanda le Capitaine.
– Oui, mais ce n'est pas banal.
– Je m'en doute. Bon, je vais téléphoner à UNIT, il faut que je contacte ce Tristan dont il m'a parlé. Je m'étonne quand même que personne ne l'ait prévenu qu'il pourrait se rencontrer.
– Oui, effectivement, c'est bizarre. Tu crois qu'ils auraient pu se servir de lui pour nous infiltrer ?
– Je n'en sais rien. Je te laisse t'occuper de la commande pour le repas. N'oublie pas notre invité !
– Ah bon, maintenant, il a droit à un traitement de faveur ! fit le jeune homme ironique.
– Je te fais confiance, c'est tout. Tu t'es rarement trompé pour ce genre de chose !
Après un dernier baiser, Ianto sortit du bureau, laissant le Capitaine s'installer pour téléphoner. Au bout d'une bonne heure, Jack descendit rejoindre Owen. Le médecin continuait des analyses en cours, mais n'avait toujours rien de concret.
Ianto revint avec la commande et descendit dans les voûtes pour nourrir le prisonnier. Il récupéra la tasse et l'assiette et posa la boite de pizza.
– Si vous êtes vraiment moi, fit-il, je pense que vous devriez aimer. Bon appétit.
Il quitta la pièce après avoir entendu un léger murmure, sans doute un remerciement et retourna voir ses collègues. En arrivant dans la zone informatique, il vit Jack s'écarter de l'écran qui passait les images des cellules et lui sourit. Installés en salle de réunion, ils déjeunèrent tous de bon appétit, mais n'échangèrent aucun point de vue quant à leur prisonnier.
Jack en savait un peu plus, mais il attendait le test ADN pour prendre une décision. Ianto alla faire les cafés et les distribua, puis il rangea la salle et prépara une tasse qu'il voulait descendre à son double. Il lui déposa également des vêtements de rechange et lui proposa d'aller prendre une douche, ce qu'il accepta bien volontiers. Après l'avoir remis en cellule, Ianto remonta vers les étages supérieurs.
Au bout de trois jours, Owen eut enfin les résultats et se rendit dans le bureau du Capitaine. Celui-ci était en pleine discussion avec Ianto et lui fit signe d'entrer.
– J'ai fini le séquençage, fit-il.
– Et ça donne quoi ? s'enquit l'immortel.
– Ianto avait raison, ils sont parfaitement identiques, mieux que des jumeaux, ils sont une copie conforme.
– Tu vois, j'avais raison ! lança le Gallois. Jack, tu ne peux pas le laisser enfermé. Il t'a dit tout ce que tu voulais savoir et son contact te l'a confirmé. Laisse-le faire son boulot ! J'ai préparé une pièce où il pourra s'installer. Nous aurons sans doute la possibilité de l'aider et il pourra repartir.
Le Capitaine ne disait rien, se contentant de fixer son amant. Une fois de plus, il ne s'était pas trompé et il devait lui faire confiance. Il se leva sans un mot et se rendit dans les voûtes.
– Nous allons vous libérer, fit-il, mais je veux votre promesse de ne rien faire qui pourrait nous mettre en danger. Notre organisation n'est pas UNIT, nous devons rester dans l'ombre. Nous pourrons vous aider si vous en avez besoin et nous vous laisserons carte blanche.
– Vous n'avez pas de souci à vous faire, je sais ce que c'est de vivre caché. Depuis que je viens ici, j'ai rencontré des personnes que j'ai connues et qui ne me connaissent pas, moi aussi je dois rester dans l'ombre. Alors, vous avez ma promesse.
– Très bien, Ianto va vous conduire à vos quartiers. J'espère que vous vous y sentirez bien.
– Je n'en doute pas, fit-il en tirant un sourire de l'immortel.
Jack ouvrit la cellule et le laissa sortir. Quand il passa près de lui, il l'arrêta et le regarda un instant.
– Au fait, comment vous appelle-t-on ? demanda le Capitaine.
– Jones, Ianto Jones ! répondit-il.
– Ça me rappelle quelque chose ! fit Jack, les yeux brillants. Bien, si vous n'y voyez pas d'inconvénient, nous vous appellerons Jones.
– Ça marche pour moi !
– Bien, alors allons-y.
Quand ils passèrent la porte, Ianto venait vers eux.
– Peux-tu le conduire chez lui ?
– Bien sûr, venez, fit-il en se tournant, c'est au bout du couloir. Ce n'est pas un palais, mais c'est mieux que les cellules.
Arrivé devant la porte, il déverrouilla et laissa passer son invité. Celui-ci pénétra dans la pièce et regarda à l'intérieur. L'ambiance était simple mais chaleureuse et Jones remercia le jeune homme qui lui remit la clé et le laissa seul. Il s'assit sur le lit, repensant à ces derniers jours puis se laissa tomber sur le matelas en soupirant.
Ianto retourna dans la zone principale et rejoignit le Capitaine. Celui-ci était absorbé par la lecture d'un dossier et le Gallois le regarda avant s'approcher de lui. Il s'assit sur le bord de la table de travail et croisa les bras. Jack leva les yeux vers lui, surprenant son regard moqueur.
– Tu es satisfait de toi ! fit-il en posant sa main sur sa cuisse.
– Avoue que j'ai des raisons de l'être ! Que vas-tu faire maintenant ? Tu as vraiment l'intention de l'aider dans ses recherches ?
– Bien sûr, plus vite il bouclera son enquête, plus vite il partira. Je ne suis pas tranquille de le voir ici.
– Pourquoi, tu as peur de te tromper de personne ! fit Ianto.
Jack se leva, laissant sa main glisser vers l'entrejambe de son amant qui ferma les yeux et soupira doucement. Le Capitaine se mit entre ses cuisses et releva son menton pour l'embrasser tendrement.
– Crois-tu que ça pourrait arriver ? demanda-t-il.
Il reprit ses lèvres pour un baiser plus passionné et Ianto croisa ses mains dans son dos, le rapprochant de lui. Un toussotement les fit se séparer et l'immortel vit Jones, debout dans l'encadrement de la porte, visiblement gêné de les déranger.
– Besoin de quelque chose ? s'enquit Jack.
– Oui, mais je repasserai, ce n'est pas pressé, fit-il en faisant demi-tour.
– Attendez, ne vous sauvez pas. Venez et asseyez-vous.
Le jeune homme obéit et prit un siège. Les mains croisées sur ses genoux, il semblait vraiment mal à l'aise.
– Que puis-je faire pour vous ? demanda le Capitaine.
– Déjà, arrêter de me vouvoyer si vous le voulez bien ! fit-il.
– Ok, alors que puis-je faire pour toi ?
– Il faut que j'aille à Londres, je dois faire mon rapport à mon contact.
– Bien, mais tu n'as pas besoin de demander une permission, tu n'es pas prisonnier.
– Je le sais bien, mais j'ai besoin d'un véhicule.
– Ianto, peux-tu lui laisser ta voiture ? Nous devons garder le SUV.
– Oui, pas de problème ! Voilà les clés, fit-il en tendant le trousseau.
Le jeune homme se leva et le remercia puis se dirigea vers la porte. Avant de sortir, il se retourna et les regarda.
– Autre chose ? demanda Jack.
– Non, rien. Je serai de retour en fin de soirée.
– Pas de souci, nous ne serons sans doute pas là, mais vois avec Tosh pour qu'elle te donne le code d'accès.
– Comment savez-vous que vous pouvez me faire confiance ? dit-il en les dévisageant.
– Je me fie à l'avis de Ianto, il se trompe rarement et pour ainsi dire jamais sur les personnes.
– Merci, alors sans doute à demain si vous ne dormez pas ici, dit-il en reprenant son chemin.
Il descendit l'escalier et s'arrêta près de Tosh pour lui demander le code d'entrée puis il rendit au garage. En passant près du SUV, il glissa sa main sur la carrosserie, appréciant la ligne du véhicule. Il monta dans la voiture du Gallois et quitta le bâtiment. Sur l'autoroute, il ne put s'empêcher de penser au Capitaine. Sans qu'il puisse savoir pourquoi, il se sentait bien en sa présence. Il avait été surpris de trouver Ianto dans ses bras, à n'en pas douter, le Capitaine et le Gallois avaient une relation autre que professionnelle. Mais cela le perturbait, il s'était vu dans les bras d'un homme et une douce chaleur l'avait envahi. Il secoua la tête, visiblement, il s'égarait. Il n'aimait pas les hommes, alors pourquoi penser à ça.
Il poursuivit sa route et arriva à UNIT où il rencontra son correspondant. Ils passèrent l'après-midi à discuter des différentes pistes qu'ils avaient et Tristan lui remit un dossier. Il le mit aussi en garde contre le Capitaine, mais Jones ne l'écoutait qu'à demi-mot.
En début de soirée, il reprit la route pour Cardiff et arriva à la base vers minuit. Tout était calme et en passant le sas, il fut surpris de voir encore de la lumière dans le bureau. Il monta et trouva l'immortel, assis sur son fauteuil. Apparemment, il était seul et semblait l'attendre. Quand il le vit entrer, il se leva et s'approcha de lui.
– Salut Jones, tout s'est bien passé ?
– Oui, tu m'attendais ?
– Pourquoi, cela te gêne ?
– Non, fit-il appréciant sa présence.
– Je vais aller rejoindre Ianto, je voulais juste m'assurer que tu avais pu entrer. Quelquefois, Myfanwy n'est pas très accueillante avec les étrangers, mais comme tu ressembles à Ianto, je pense qu'elle n'a pas vu de différence.
– Myfanwy ? fit Jones surpris.
– Oui, notre chien de garde ! Si tu lèves la tête, tu pourras la voir.
Ils sortirent sur la passerelle et Jack lui montra le haut de la tour. Le ptérodactyle volait gracieusement dans la semi-pénombre et le jeune homme poussa un petit cri de surprise, reculant brusquement. Il fut bloqué par le corps du Capitaine qui referma ses bras sur lui pour l'empêcher de tomber.
Jones se crispa un peu puis se tourna et fixa le visage de l'immortel. Celui-ci lui sourit et le relâcha.
– Fais attention, dit-il doucement.
Le jeune homme sentit son cœur s'emballer et il s'appuya contre la rambarde, fermant les yeux un instant. Puis il partit rapidement vers l'escalier, cet homme était dangereux, il fallait qu'il s'éloigne au plus vite. Il marmonna un rapide Bonsoir en descendant les marches et se rendit dans ses quartiers. Jack récupéra son manteau et quitta la base, allant retrouver Ianto qui l'attendait.
Le lendemain, lorsque le Capitaine arriva, Jones était dans la cuisine et préparait du café. Il lui en proposa une tasse et partit s'asseoir sur le canapé pour boire la sienne. L'immortel ne fut pas surpris en goûtant la boisson. Deux Ianto, mais un seul nectar !
L'alarme du sas retentit et la porte s'ouvrit sur le Gallois qui entra dans la zone. Il avait fait un détour par la boulangerie et rapportait des viennoiseries. Il alla se préparer un café et vint rejoindre les deux hommes qui discutaient.
Tosh et Owen arrivèrent un peu plus tard et Ianto leur servit leur boisson puis descendit aux archives. Il avait du travail qui l'attendait depuis deux jours, il ne pouvait pas le repousser plus longtemps.
À l'heure du déjeuner, il remonta pour commander le repas et tous s'installèrent pour déguster des plats mexicains.
L'ambiance était détendue mais l'inactivité commença à peser pour Jones. Il n'avait pas l'habitude de rester sans rien faire et proposa son aide au Gallois. Après avoir tout rangé, ils se remirent au travail dans les archives, Jack les regardant par le biais de la CCTV. Cela lui faisait un drôle d'effet de voir les deux hommes ensemble.
Ianto avait prêté des vêtements à son double et celui-ci avait revêtu jean et chemisette. C'était au moins une façon de les reconnaître !
Tosh continuait à surveiller les activations et un matin, une alarme se déclencha. Après avoir pris connaissance des données, il s'avéra que ce n'était que des Weevils, mais lorsqu'il se prépara à partir, Jack demanda au jeune homme de les accompagner. Un peu d'action ne devrait pas lui déplaire. Ils se retrouvèrent donc tous les trois dans le SUV et Jack surprit le regard appréciateur de Jones qui détaillait le véhicule.
La chasse ne fut pas bien longue, mais le jeune homme se montra à la hauteur et lorsqu'ils revinrent à la base, il était un peu plus détendu. Il aida Ianto à enfermer les deux créatures qu'ils avaient capturées et partit prendre une douche avant de les retrouver dans la salle centrale.
Deux jours passèrent et Jones se sentait de plus en plus à l'aise avec l'équipe. Tosh et Owen l'invitèrent à aller dîner en ville et il accepta. Rendez-vous fut donc pris pour le soir même.
Ianto avait fini son rapport concernant la commande de matériel dont avait besoin le médecin et il avait décidé d'aller plaider leur cause directement dans les bureaux de UNIT à Londres. Il monta voir Jack et en discuta avec lui.
– Tu es sûr que tu ne peux pas le faire d'ici ? demanda l'immortel.
– Tu sais bien comment ils sont, je crois que nous avons plus de chance d'obtenir ce que nous voulons si j'y vais. Je partirai demain matin assez tôt comme cela je serai de retour dans la soirée. Tu vas bien survivre à mon absence pendant une journée !
– Je ne sais pas, fit Jack taquin en le prenant dans ses bras. Tu vas me manquer.
– Je vais faire au plus vite, promis, répondit Ianto en l'embrassant.
Pendant le repas, le Capitaine prévint ses collègues que le Gallois serait absent le lendemain et demanda à Jones de faire équipe avec lui en cas de sortie. Le jeune homme accepta sans retenue, bénissant cette absence inespérée.
Au matin, Jack et Ianto arrivèrent de bonne heure et le jeune homme prépara du café avant d'aller rejoindre son amant. Il vérifia qu'il avait son dossier mais sans lire les documents et quitta la base.
Le Capitaine s'installa à son bureau, se préparant à passer la journée sans son amant. Il regrettait de ne pas pouvoir l'accompagner et se plongea dans la lecture des rapports qu'il lui avait préparés.
Après avoir fait quelques pas dans la salle informatique, le regard tourné vers la passerelle, le Gallois monta l'escalier et s'appuya à la porte, fixant l'immortel. Quand celui-ci leva les yeux, il croisa le regard qui le détaillait et avec un sourire, il se leva et s'approcha pour prendre le jeune homme dans ses bras.
– Je croyais que tu devais partir ! fit-il en déposant un baiser sur ses lèvres.
– Humm…
– Tout va bien ? s'inquiéta le Capitaine.
– Oui, bien sûr, que pourrait-il y avoir ?
– Je ne sais pas, tu sembles…
– Non, tout va bien, le coupa-t-il.
Il glissa ses mains dans le dos du leader et quémanda un autre baiser que Jack lui octroya bien volontiers. Les doigts de l'immortel glissèrent sur sa joue, sa langue caressa les lèvres qui s'entrouvrirent pour laisser le passage. Le baiser se fit plus passionné puis le Capitaine rompit le contact, regardant son compagnon pendant un instant. Quelque chose n'allait pas, mais il n'arrivait pas à savoir ce que c'était.
Ianto ne lui laissa pas le temps de pousser ses réflexions plus avant, il reprit sa bouche et fit glisser les bretelles pour ensuite s'attaquer à la chemise. Jack le serra contre lui puis il s'écarta et lui prit la main pour l'entraîner vers l'échelle. Ce corps l'enflammait encore et il voulait éteindre l'incendie qui couvait. Une fois dans la chambre, il l'enlaça de nouveau, faisant tomber la veste et s'attaqua à la chemise. Quand il l'eut déboutonnée, il poussa le Gallois sur le lit et se coucha sur son corps, parsemant son visage de petits baisers, écoutant les soupirs de son compagnon. Sa main glissa sur la taille puis la hanche, allant se perdre dans l'entrejambe. Le jeune homme se cambra sous la caresse et un gémissement passa la barrière de ses lèvres.
Jack reprit la bouche offerte qui s'ouvrit pour laisser leurs langues se rencontrer. Elles entamèrent un doux ballet tandis que les mains se promenaient sur les corps enfiévrés. Le Capitaine délaissa les lèvres pour descendre titiller le lobe de l'oreille, puis glissa dans le cou jusqu'à la clavicule. Quand il écarta le col de la chemise, l'immortel s'arrêta et se redressa, fixant la peau puis il souleva le tissu sur la poitrine et se leva, laissant le jeune homme allongé.
– Pourquoi ? fit Jack en commençant à se rhabiller.
Le Gallois se leva à son tour et lui fit face. Il cherchait à trouver dans ses yeux une raison valable de lui mentir, mais il ne trouva rien d'autre qu'une détresse immense.
– J'aime Ianto, je ne veux pas qu'il puisse en douter.
– Est-il obligé de le savoir ? Je suis LUI finalement, ce n'est pas comme si tu étais avec une personne complètement différente.
– Que veux-tu ? s'enquit l'immortel.
– C'est évident non, faire l'amour avec toi ! Tu sais, lui et moi ne sommes pas différents, nous aimons les mêmes choses et les mêmes personnes. Je vais bientôt devoir repartir, j'espérais emporter un souvenir à défaut de te retrouver de l'autre côté. Il a vraiment de la chance, moi, personne ne m'attend là-bas !
Le jeune homme semblait sincère et l'immortel passa sa main sur sa joue. Sous le contact, Jones ferma les yeux, laissant la chaleur se diffuser dans son corps.
– Je t'en prie, Jack, aime-moi, fais-moi ce cadeau, fit-il les paupières toujours fermées, n'osant pas le regarder par crainte d'un refus.
À suivre…
