Chansons du Chapitre 7 : Forever by HAIM - Animal [remix] by Miike Snow
LE BAC, C'EST FINI ! Oui, oui !
Oui, bon, vous l'aurez compris, j'ai décidé de mettre cet inexcusable retard (voire absence, vu les quatre mois que j'ai mis à poster) sur le dos du Baccalauréat. Faut bien que ça me serve à quelque chose, tout de même, non ?
Bon, plus sérieusement. Je suis vraiment désolée de vous avoir fait attendre et j'espère sincèrement ne pas avoir perdu des lectrices en cours de route. Voyez-vous, le Bac, tout le monde dit qu'il est désormais donné, mais c'est faux. Faux ! Ils vous mentent ! Nous mentent, sans aucune honte. C'est pas facile, facile de survivre à cette dernière épreuve de lycée vous savez ? Surtout avec les oraux de langues dont même les examinateurs ne savent pas comment c'est supposé se passer à cause de ces nouvelles réformes. Enfin. Je ne vais pas me lancer sur ce sujet sinon, on n'est pas sorti de l'auberge.
J'espère tout de même que vous ne m'en voulez pas trop. Sérieusement, dès que j'ai fini mes épreuves (et que j'en ai fêté la fin et la fête de la Musique) je me suis dépêchée de finir ce chapitre pour vous le poster. Si c'est pas attentionné de ma part, je ne sais pas ce que c'est, vraiment. (Peut-être de la culpabilité ou de l'embarras, mais bon, chut.)
Petit récapitulatif du dernier chapitre, pour celles qui auraient la mémoire courte (comme moi qui ai dû relire le chapitre en entier pour me souvenir de ce que j'avais écrit) : Rosalie est 100% Team Edward et a poussé Swan à reprendre contact avec Cullen. Bella et Edward se sont donc donnés rendez-vous et ont passé l'après-midi à se balader et manger des glaces au bord de l'eau. Plus de vouvoiement pour les deux, on en est au tutoiement désormais ! (Bon, là, dans ce chapitre, ils se rapprochent plus, hein. Histoire que je vous rassure un peu.)
Bon, je ne m'éternise pas ! Et vous dis à tout à l'heure !
Bonne lecture !
« Tu l'as invitée à manger une glace tout en vous baladant au bord de l'eau ? » demanda Alice, tandis que le jeune homme commençait à acquiescer à plusieurs reprises d'hochements de tête positifs, plutôt fier de lui, ne relevant pas le ton dédaigneux de son amie.
« Laisse-moi récapituler, veux-tu ? Tu as emmené Isabella Swan, une des femmes les plus riches d'Amérique que tu dois séduire à tout prix pour pouvoir rembourser ton prêt étudiant et commencer ton internat sans avoir à travailler à côté pour payer tes factures, à boire un café. Un café qui n'était finalement pas un café puisqu'il faisait trop chaud. Alors tu lui as offert une glace certainement dégueulasse au bord de l'eau polluée et pleine de déchets de New York quand il faisait aussi chaud qu'au Sahara pendant les heures où le soleil tapait bien, » lâcha-t-elle à toute allure sans reprendre sa respiration, s'excitant dans tous les sens. « T'appelles ça un rencard, Edward ? Votre premier en plus ?Vraiment ? T'es sérieux là ? Quel genre d'idiot ferait ça ? T'as quel âge ? Quatorze ans ? Une glace, vraiment ?... » Elle s'arrêta quelques secondes, attendant une réaction de la part de son ami qui ne vint pas. « En plus d'avoir une intoxication alimentaire à cause des deux glaces qu'elle a englouti, elle doit être couverte de coups de soleil ! Tu te rends compt-
-Attends, attends. Comment ça un rencard ? » la coupa-t-il avec de gros yeux, tout en levant une main devant son visage pour l'interrompre dans sa tirade.
« Un rencard Ed'. Un rendez-vous galant, » répondit-elle après quelques secondes, ne comprenant pas pourquoi il lui posait cette question. « Tu sais, ce truc où tu passes des heures à parler, parler et reparler pour en apprendre plus sur la fille, la courtiser et en même temps te vendre à moitié auprès d'elle ? Ce truc qui vous fait royalement chier mais que nous on adore ? Où tu-
-Je sais ce qu'est un rencard Alice, merci bien, » répondit-il impatiemment. « Ce que je veux savoir c'est-
-Tu peux arrêter de me couper la parole ? On avancerait plus vite si je pouvais finir mes phrases.
-Et qu'est-ce que tu viens de faire là, toi ? » répliqua-t-il puérilement ce qui fit soupirer bruyamment son ancienne patronne.
« Tu es insupportable... Insupportable. » Elle crut l'entendre dire que c'était elle qui était insupportable, mais préféra ne pas relever et en revint à leur sujet de conversation. « Bref. Qu'est-ce que tu voulais savoir sur les rencards ?
-Je n'ai rien à savoir en plus de ce que je ne sais déjà sur les rencards, merci bien.
-Tu n'es plus un gamin Edward, comporte-toi en adulte deux secondes s'il te plaît, » lui demanda-t-elle en essayant de ne pas rire face à la moue enfantine qu'il affichait, alors qu'il se renfrognait encore un peu plus.
« Ce que je voulais dire, c'est qu'on en est pas encore au stade des rencards, si ?
-Mais de quel stade tu parles ? Vous avez des stades, vous ?... Purée, vous êtes encore plus compliqués que nous ! Et après vous osez dire que c'est nous qui nous nous prenons la tête ? Une grosse blague, si tu veux mon avis. L'hôpital qui se fout de la charité, je dirais même. Et-
-Alice ! » fut-il obliger de la couper, tandis qu'elle repartait dans ses tirades interminables. « Ce n'était qu'un café, une excuse pour la revoir et pour essayer de me rapprocher d'elle, » tenta-t-il de lui expliquer.
« Oui, certes, mais tu lui fais pas mal d'avances à ce que j'ai compris, » dit-elle alors qu'il acquiesçait d'un léger hochement de tête. « Tu as cherché à la revoir plusieurs fois et elle doit bien s'en douter. Et maintenant tu l'invites à boire un café, » continua-t-elle en faisant une grimace en disant la dernière phrase. « Elle s'est peut-être dit que c'était un rencard à tes yeux.
-Tu crois ? » demanda-t-il, avant de se lever d'un bond pour attraper son portable après que son amie ait répondu par la positive.
« Qu'est-ce que tu fais ?
-Il faut que je mette les choses au clair, non ?
-T'es sérieux, là ? » lâcha-t-elle exaspérée, en commençant à se ronger l'ongle du pouce avant de s'arrêter immédiatement en se rendant compte qu'elle allait abimer son vernis. Elle se leva à son tour et se dirigea vers lui à grands pas pour lui arracher son téléphone des mains. « Tu es un vrai cas, tu le sais ça ? Parfois, je me demande sincèrement comment c'est même possible que tu aies déjà eu des petites-amies.
-Je te demande pardon ? » s'offusqua-t-il.
« Elles devaient vraiment s'accrocher pour te supporter, non ? »
Cullen était sur le point de lui sortir une réplique acerbe, vexé par la réflexion de son amie mais fut coupé dans son élan par la sonnerie de son portable, qui commença également à vibrer dans la main d'Alice qui le tenait toujours.
« C'est... hum, Jacob Black, » lâcha-t-elle après quelques secondes, en fixant l'écran tactile. Edward attrapa le petit appareil électronique et le regarda avec surprise, comme s'il n'avait jamais vu un appareil du même genre auparavant mais finit par se ressaisir et répondit au téléphone d'une voix un brin assurée.
« Allô, oui ?
-Au même endroit que d'habitude, dans une demi-heure. C'est important, » lui somma Black.
« Pardon ? Euh. Je-Je ne pourrais pas y être Monsi-, » commença à expliquer le jeune escort-boy, mais l'indien avait déjà raccroché, n'attendant pas de réponse.
« Qu'est-ce qu'il voulait ? » demanda avec impatience le bout de femme qui était toujours à ses côtés.
« Que je le retrouve au café dans trente minutes. Il a dit que c'était important.
-Tu te fiches de moi ? Mais on est Dimanche ! Tu n'as pas le droit à un jour de repos au moins ?
-Apparemment pas avec lui, » dit-il en passant une main dans ses cheveux de manière nerveuse.
«C'est incroyable comment je peux arriver à mépriser cet homme alors que je ne le connais pas, » s'énerva seule le bout de femme, tout en gardant un oeil sur Edward, qui ne réagissait pas. Celui-ci resta silencieux quelques instants, débattant intérieurement s'il devait y aller ou non, mais finit par se rendre compte qu'il n'avait pas le choix et -même si l'idée lui déplaisait fortement- devait lui obéir.
« Tu vas les rejoindre ?
-Ce n'est pas comme si j'avais d'autres options, » répondit-il mauvais. Il se reprit rapidement en se rendant compte qu'il passait ses nerfs sur la mauvaise personne et offrit un sourire discret à son amie pour tenter de se faire pardonner. « Je suis désolé pour le ciné, Alice. Promis, on y ira Mercredi soir après ma garde, ok ? » s'excusa-t-il en affichant une légère grimace.
« T'inquiète pas, ce n'est pas grave, » le rassura-t-elle en souriant à son tour. « Mais appelle-moi quand tu sors, pour me tenir au courant.
-Ou sinon, on se retrouve chez moi dans deux heures environ ? Tu as les clefs de toute façon.
-D'accord. Je m'occupe du repas et comme ça, je pourrais continuer à te charrier sur ton manque de tact avec les femmes, » déclara-t-elle en lui faisant un clin d'oeil, ce qui le fit plus grincer des dents que rire. Il attrapa ses affaires et l'embrassa sur le front, avant de s'éclipser.
Lorsqu'il arriva finalement au bar de l'hôtel, Alec Volturi et son client étaient déjà installés à une table, chacun avec un verre de whisky à la main.
Edward désigna d'un mouvement de tête les deux hommes qui discutaient à la jeune femme postée à l'entrée du café pour lui signifier qu'il n'avait pas besoin d'être installé et se dirigea vers eux.
Au fur et à mesure qu'il se rapprochait, il pouvait voir leurs visages fermés et nerveux et distinguer une certaine tension qui régnait entre eux.
Quelque chose avait dû en effet se passer pour qu'ils n'arrivent même pas à garder leur calme en public.
L'avocat fut le premier à apercevoir l'escort-boy et mit fin à leur conversation, avant de prendre la peine de se lever et lui serrer la main, tandis que Jacob ne releva même pas la tête, préférant finir son verre en une gorgée.
« Bonjour Edward, comment allez-vous ? » lui demanda Alec, un sourire léger flottant sur ses lèvres. « Désolé de vous faire venir ici un Dimanche, j'espère que vous n'aviez rien de prévu, » s'excusa-t-il après s'être rassis.
« En quoi cela peut t'importer ? Il est aussi payé pour ça, » répondit immédiatement l'indien à la place de l'intéressé, tout en interpellant une serveuse qui passait à côté d'eux pour qu'elle lui apporte la même chose qu'il avait pris précédemment.
Le jeune interne en médecine serra fortement ses dents pour ne pas laisser échapper quelque chose qu'il pourrait regretter par la suite.
« De toute manière, ce n'était pas comme si on m'avait laissé le choix, » rétorqua Cullen, avant que Volturi n'ajoute d'un ton froid et empli de reproches, en se pinçant l'arrête du nez : « La politesse et la vie privée ne sont pas des notions qui te sont familières Jacob, c'est ça ? »
Le colosse ne dénia même pas répondre et leurs adressa simplement un regard noir, leurs faisant ainsi comprendre qu'il valait mieux pour eux qu'ils s'en arrêtent là.
Une tension pesante et gênante s'installa entre les trois hommes, malgré les efforts de l'avocat et de l'escort-boy qui essayaient de meubler au mieux la conversation en échangeant quelques banalités. Black, lui, ne leur prêtait aucune attention, son regard ancré au fond de son nouveau verre.
« Peut-on en venir à la raison pour laquelle nous sommes ici ? » les interrompit Jacob, juste après qu'Edward ait commandé un expresso. « Je n'ai pas de temps à perdre, » ajouta-t-il en marmonnant, ce qui fit fortement soupirer ses deux compagnons.
Jacob fixait encore inlassablement le liquide ambré qu'il faisait entrechoquer contre les parois en cristal de son verre, n'écoutant que partiellement son avocat commencer à tourner autour du pot sans pour autant en venir au fait.
« Bien. D'accord. Hum... Comment vous expliquer ? » demanda de façon rhétorique Volturi tout en passant une main lasse sur son visage. Il ne voulait pas rabrouer l'escort-boy mais ne voyait pas comment lui annoncer la nouvelle sans aller de but en blanc.
« Crache le morceau Alec, ça sera bien plus simple, » ordonna l'indien sur les nerfs. L'interpellé lui lança un regard noir, n'appréciant guère le ton sur lequel il venait de lui parler, mais finit tout de même par s'exécuter quelques instants plus tard.
« Voyez-vous, ce divorce -ou plutôt cette procédure de divorce- traîne depuis un... certain temps. Et la partie adverse semble de plus en plus pressante à... mettre fin à cette situation, » expliqua le jeune homme, en choisissant avec précaution ses mots. « Ce qui est tout à fait compréhensible, » s'empressa-t-il d'ajouter avant de s'arrêter brusquement, lorsque le colosse qui lui servait de client poussa un long soupire, montrant ainsi son irritation.
Edward qui attendait avec une certaine patience que l'avocat lui raconte ce qu'il se passe, réprima la forte envie qui le traversait de frapper son nouvel employeur. À vrai dire, plus il passait du temps avec lui ou qu'il en apprenait à son sujet, plus sa présence lui était insupportable.
« Parfait, hum, les six mois que Jacob et moi vous avions assuré pour vous laisser le temps de construire une relation amoureuse avec Isabella on été, eh bien... simplement divisé par trois, » lâcha-t-il tout en affichant un mince sourire nerveux.
« Je-je vous demande pardon ? » s'excusa Cullen qui s'apprêtait à boire son café, reposant ainsi immédiatement sa tasse. « Je-je ne comprends pas, » continua-t-il en bafouillant légèrement.
« Le procureur et la juge sont favorables à la partie adverse. Jasper Hale, l'ami d'Isabella, est excellent et est normalement avocat en droit criminel ; il sait donc mettre le paquet quand il le faut, si vous voulez. Alors que nous, nous devons faire avec les moyens du bord, les conditions non plus ne sont pas à notre avantage, à vrai dire. Et Jasper a réussi à mettre une certaine pression pour que tout cela se termine au plus vite.
-Ce qui signifie que- » commença Edward pour être coupé par Black, qui ne semblait définitivement pas familier à la politesse.
« Que le 14 Novembre, vous devrez nous avoir rendu votre témoignage écrit, expliquant que vous étiez en couple avec Isabella et que vous avez bien eu des rapports intimes avec elle alors qu'elle était toujours légalement mariée. Sinon, elle fêtera son tout premier Thanksgiving en tant que femme divorcée, sans aucun centime manquant.
-À propos du témoignage, » intervint Alec, récoltant par la même occasion un soupir las et impatient de la part de son client qui voulait mettre fin à ce rendez-vous le plus rapidement possible, « j'ai pensé qu'il serait plutôt préférable de faire appel à un détective privé. »
Sous les regards interpellés et confus de ses deux compagnons, l'avocat reprit la parole, tentant de trouver une nouvelle fois les bons mots pour que son client ne s'emporte pas à nouveau.
« Le juge n'est pas un idiot, si nous sortons un témoignage écrit d'Edward, il saura qu'il y a anguille sous roche et cherchera ce qui cloche. Et Jacob, tu peux me croire quand je te dis que si cette histoire vint à être découverte, nous perdrons le procès à coup sûr et il pourra même se retourner contre toi.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Isabella pourrait te demander une somme d'argent certainement conséquente pour dommages et intérêts. Et, de plus, ce que nous faisons ici, en ce moment même, est illégal. Dois-je te rappeler que la prostitution est punie par la loi ? Si Jasper pousse même un peu le bouchon, il pourrait te faire passer pour un proxénète. »
Cullen grimaça et se sentit immédiatement mal à l'aise, anxieux et eut une envie subite de vomir en entendant ce que le petit brun disait. Pour lui, ce pourquoi Black l'avait engagé n'était pas de la prostitution. C'était bien plus compliqué que ça, même s'il supposait que c'était en effet le terme officiel pour ce travail, que cela lui déplaise ou non.
« En plus de compromettre la carrière d'Edward, » continua Volturi, levant quelques secondes plus tard sa main droite pour interrompre l'indien qui s'apprêtait sûrement à répliquer que la vie professionnelle de l'escort-boy lui importait peu, « ta société serait aussi fortement touchée. Toi et moi savons très bien ce qui arrive à une compagnie lorsque son PDG est traîné dans la boue par la presse pour n'importe quelle cause. Et tu peux être certain que cette histoire finira publique si ça continue ainsi. » Il marqua un court moment de pause, avant de reprendre, pour laisser le temps au colosse d'assimiler ce qu'il venait de dire. « Alors que si nous faisons intervenir un détective, nous pouvons faire croire que tu avais des soupçons qui se sont révélés être vrais. Ainsi, Edward passera pour un simple amant, épargnant par la même occasion sa carrière et la tienne. Tu n'auras aucun problème de notoriété, financier ou avec la justice et gagneras le procès en un claquement de doigt. »
Les trois hommes restèrent silencieux durant un certain temps, chacun fixant le fond de son verre, pesant le pour et le contre des deux possibilités.
« N'y a-t-il pas un moyen pour que l'on fasse croire que Cullen témoigne de son plein gré ? Sans que le juge n'apprenne que je l'ai engagé ? » finit par demander Jacob, réticent à l'idée de devoir encore débourser de l'argent pour cette affaire.
« Oh si, bien sûr. Mais dans ce cas-là, il pensera que tu le payes, le fais chanter ou encore mieux, que tu le menaces, » répondit Alec avec sarcasme.
« Mais pourquoi chercherait-il aussi loin ? » commença à s'énerver Black.
« Honnêtement, qui irait témoigner à l'encontre de sa compagne pour qu'elle perde plusieurs centaines de milliers ou de millions de dollars, si ce n'est parce qu'on leur force la main d'une manière ou d'une autre ?
-Tu marques un point, » lui concéda-t-il.
Il laissa planer un silence pesant tandis qu'il pensait à la meilleure option pour laquelle il pouvait opter et finit par lâcher un long soupir résigné.
« Très bien. Comment cela se passerait-il avec un détective ? »
Volturi se retint de justesse d'afficher un sourire victorieux alors que le jeune médecin se figeait sur place, nerveux et anxieux de savoir ce que l'avocat avait comme plan.
« C'est assez simple, » déclara Alec, « nous engagerons un détective qui suivra Isabella. Évidemment, ce n'est pas tout de suite que nous ferons appel à lui, il faut tout de même laisser un peu de temps à Edward. Mais dès qu'il nous aura donné le feu vert, le détective commencera à la suivre. Il aura plusieurs photos d'Edward avec elle dans la rue ou autre, mais comme tu le sais bien, elle est une personne plutôt discrète en public et ne risque pas de montrer de grands signes d'affection dans la rue si ce n'est lui tenir la main. Il faudra qu'Edward fasse en sorte qu'ils aient un moment intime, tendre... qui ne nécessite pas que vous enleviez un quelconque vêtement, je vous rassure, » ajouta-t-il en voyant à quel point l'escort-boy semblait préoccupé.« Juste un baiser ou autre pour prouver que vous n'êtes pas de simples amis. Et avec le nombre de sorties que le détective aura immortalisé grâce à son appareil photo, cela prouvera qu'en plus cette relation dure depuis un certain temps. »
Jacob n'acquiesça que d'un simple hochement de tête, préférant rester silencieux tout comme Cullen qui n'avait pas émis un mot depuis plus de vingt minutes, ayant toujours l'impression qu'il allait être malade s'il osait ne serait-ce qu'ouvrir la bouche.
L'avocat reprit la parole, expliquant quelques détails techniques ou financiers à son client et par la suite, proposa un nouveau rendez-vous dans un peu moins de deux semaines.
Après avoir accepté, l'indien finit son verre d'une traite et jeta un coup d'oeil à sa montre avant de faire un signe de tête à Volturi, lui faisant comprendre que tout deux devaient partir.
Cullen suivit le mouvement et quand ils furent finalement dehors, salua les deux hommes sans trop s'attarder avant de partir de son côté et de rapidement allumer une cigarette.
~ EB ~
Edward arriva finalement chez lui et fut accueilli par une délicieuse odeur de poulet au curry lorsqu'il ouvrit la porte d'entrée. Il avait réussi à reprendre ses esprits et tentait tant bien que mal d'ignorer toutes ces questions qui le tourmentaient pour passer un bon moment avec sa meilleure amie qui se trouvait dans sa cuisine. Mais c'était sans compter sur cette dernière qui vit dès qu'elle posa ses yeux sur lui que quelque chose n'allait pas.
« Comment est-ce que ça s'est passé ? » demanda-t-elle en se dirigeant vers lui, lui offrant un léger sourire, après avoir baissé le feu sur lequel le poulet revenait.
« Plutôt bien, je crois, » répondit-il en se laissant plus tomber qu'autre chose sur une des chaises présente dans la pièce. « Si évidemment on omet le comportement détestable de Black, » ajouta-t-il tandis qu'elle lui servait un verre d'eau.
« Évidemment, » répéta-t-elle avant d'émettre un rire discret. Alice jaugea le jeune interne en médecine du regard quelques secondes pour conclure qu'il valait mieux le laisser venir à elle plutôt que de lui tirer les vers du nez ce soir.
Elle reporta son attention sur le repas qu'elle préparait, tout en commençant à parler de tout et n'importe quoi pour essayer de le distraire. Et ce fut certainement la première fois qu'il apprécia réellement ses longs monologues qui perdaient parfois de leur sens.
Lorsqu'ils passèrent à table, elle lui expliquait comment elle avait trouvé cette technique de cuisine qui permettait à tous les coups d'avoir un poulet bien tendre. Il n'y avait qu'Alice qui arrivait à passer de son ancien professeur de maths qu'elle détestait, au problème de tuyauterie qu'elle avait eu l'hiver dernier, à ses doutes sur les cigarettes biologiques qui sont sur le marché et à cette nouvelle technique de cuisine ; tout ça, en trouvant des liaisons entre ces différents sujets.
Elle arriva même à arracher deux fois un sourire à Cullen qui ne pouvait parfois qu'être amusé par ses propos, mais qui resta silencieux pendant tout ce temps. La petite brune occupant entièrement la conversation.
« Très bien. Tu m'expliques ce qu'il s'est passé ? Ce que tu as ? » finit-elle par craquer plus d'une heure et demie après qu'il soit rentré chez lui. « Et n'essaye pas de faire l'innocent ou de nier quoique ce soit, » ajouta-t-elle lorsqu'il haussa les sourcils, surpris par ses questions. « Je te connais et je sais quand quelque chose ne va pas. Depuis que tu es rentré, tu n'as pas dit plus de deux phrases et tu sembles complètement ailleurs. Alors explique-moi ce qu'il y a avant que je ne m'énerve et que j'aille m'occuper de Jacob Black moi-même, » déblatéra-t-elle à toute vitesse, tandis qu'Edward trouvait que ça serait bien drôle à voir si Alice venait à s'énerver un jour contre son employeur. Et malgré la carrure et la taille du colosse, il miserait tout son argent sur le lutin plein d'énergie.
Cette dernière remarqua la pointe d'amusement dans ses yeux et soupira. « Écoute, je suis sérieuse. Ça m'inquiète. Je sais que ce n'est pas une partie de plaisir de devoir rencontrer Black mais tu n'es pas comme d'habitude.
-Je vais bien Alice, vraim-
-N'essaye même pas de nier ! Je te l'ai dit. Je vois bien que tu es anxieux. Alors parle-moi, tu sais que je suis là pour ça. C'est le rôle d'une amie après tout. Je sais que je parle beaucoup, mais je sais aussi écouter. »
Il passa une main lasse sur son visage et secoua la tête de droite à gauche, ne sachant pas vraiment comment s'expliquer.
« C'est stupide. Vraiment, je suis sûr que c'est stupide. Mais tout à l'heure Alec, tu sais, l'avocat de Jacob, a parlé de proxénétisme. Et je n'y avais jamais pensé auparavant mais je pense que c'est vrai. Je n'ai jamais vu ça sous cet angle là, et maintenant, j'ai l'impression d'être... J'ai l'impression d'être- » commença-t-il avant de s'arrêter brusquement, fuyant le regard de son ancienne patronne qui attendait patiemment qu'il termine. « D'être une pute, » finit-il par lâcher en marmonnant.
« Pardon ? Je- Edward... Je- Ce-, » tenta-t-elle de le réconforter, n'ayant pas vu venir ce qu'il venait de dire. « Ce n'est pas le cas.
-Si Alice, c'est exactement le cas. Black me file une tonne de fric pour que je baise sa femme. » L'interpellée écarquilla les yeux, choquée par ce qu'elle venait d'entendre, ne voyant absolument pas cela du même oeil.
« Non, je ne suis pas d'accord, » répliqua-t-elle après quelques secondes. « C'est une situation bien plus compliquée et complexe. Déjà, tu n'es pas une pute. Eh, regarde-moi, » lui demanda-t-elle gentiment lorsqu'elle remarqua qu'il avait baissé la tête. Elle se pencha au-dessus de la table à manger pour lui relever le menton, avant de lui offrir un sourire tendre. « Tu n'es pas une 'pute'. Je hais ce mot, je le trouve extrêmement rabaissant. Les gens ne se rendent pas compte que celles qui font ce métier en sont la plupart du temps obligées, forcées, elles n'ont pas le choix. Toi, tu as fait un choix. Je ne te dis pas ça pour être méchante, mais c'est la vérité, tu as fait un choix. Le choix de la facilité et je ne peux que te comprendre, je ferai la même chose à ta place. Tu as choisi le confort. Tu as choisi de... de faire ce que tout le monde pense qu'un escort-boy fait. » La petite brune attendit quelques instants pour être sûre qu'il comprenait ce qu'elle lui disait et fut soulagée quand il lui adressa un sourire. « Certes au niveau de la loi, c'est vrai que ça ne doit pas être légal et je pense que si son avocat a parlé de ça, c'est parce que celui qui est le plus dans le pétrin c'est Black. C'est lui qui a tout orchestré après tout. Toi, tu ne fais que suivre le mouvement -si on peut dire ça ainsi. Mais tu n'es pas obligé de voir toute cette histoire dans ce sens... Tu as pensé à Isabella ? Avec un mari comme le sien, elle ne doit plus avoir une grande estime pour les hommes-
-Justement Alice ! Lorsqu'elle apprendra la vérité, elle se refermera complètement sur elle-même et n'accordera plus sa confiance à quiconque, » la coupa-t-il dès qu'il vit où elle voulait en venir. « C'est toi-même qui m'a dit qu'il était inévitable qu'elle apprenne la vérité. » La pointe d'inquiétude et celle de résignation présentes dans sa voix surprirent la petite brune qui le jaugea du regard quelques secondes avant de décider de ne pas relever.
« Laisse-moi finir, veux-tu ? Et par pitié, ne commence pas à confondre tout ce que je te dis. Elle découvrira inévitablement la vérité si -et seulement si- tu t'investis trop dans cette relation et que tu commences à avoir des sentiments pour elle. Et ce n'est pas le cas, n'est-ce pas Edward ?
-Quoi ? Bien sûr que non ! » s'empressa-t-il de nier ce qui rassura son amie. Sa plus grande peur avec cette histoire est que le jeune interne en médecine en ressorte malheureux et torturé. Il ne méritait pas ça à ses yeux. Tant pis pour Isabella, elle n'était pas la plus grande priorité de Brandon puisque les deux femmes ne se connaissaient même pas.
« Bien, » approuva-t-elle en souriant légèrement. « Parce que je te connais et je sais que tu serais incapable de lui cacher un secret pareil si tu venais à un peu trop l'apprécier. Et ça m'étonnerait fortement que Jacob Black lui dise toute la vérité, risquant ainsi un procès qui lui coûtera cher. À moins qu'il ne cherche à se venger parce que tu lui aurais tourné le dos ou aurais arrêté de travailler pour lui à cause de tes sentiments pour elle. C'est comme si ces prochains mois de ta vie étaient un château de cartes bien construit mais qui s'écroulerait entièrement si des sentiments venaient s'en mêler. Tu comprends ? » demanda-t-elle sérieusement en le regardant droit dans les yeux tandis qu'il n'acquiesçait que d'un simple hochement de tête positif.
« Par contre, si rien ne s'effondre, tu pourras même aider Isabella à aller de l'avant, s'ouvrir aux autres, lui redonner confiance par rapport aux hommes, tout ce que tu veux. Tu ne seras qu'une relation, une histoire brève et passagère mais bénéfique qui lui ouvrira réellement les yeux. Tu vois ce que je veux dire ?
-Oui, évidemment. Mais-
-Pas de 'mais' Edward, si tu la joues bien pendant ces six mois, elle ne pourra que t'en remercier plus tard.
-Deux mois, » marmonna-t-il comme seule réponse.
« Comment ça deux mois ? Ils t'ont donné six mois. Pourquoi tu me parles de deux mois ?
-Mon délai a été divisé par trois. C'est pour ça qu'ils voulaient me voir, » expliqua-t-il tout en jouant avec son verre d'eau vide.
« T'es sérieux ? » demanda-t-elle en le regardant avec de gros yeux.
« Ouais.
-Comment c'est possible ?
-Honnêtement ? J'en sais rien. Je n'ai pas compris grand chose à ce que Volturi me disait. L'avocat de Bella a apparemment mis la pression ou quelque chose dans le genre. Enfin bref, le résultat en revient au même.
-T'es sérieux ? » répéta-t-elle, ayant du mal à assimiler la nouvelle.
-Oui.
-Tu n'as vraiment plus que deux mois pour... conclure ? » continua-t-elle sur sa lancée alors qu'elle tentait tant bien que mal de retenir le sourire amusé qui menaçait de s'étendre sur ses lèvres.
« J'ai jusqu'au 14 Novembre exactement, oui.
-Oh putain, t'es dans la merde, » ne put s'empêcher de lâcher son amie avant de commencer à rire seule alors que l'interpellé lui lançait un regard noir, même s'il savait qu'elle avait raison. Il allait devoir faire accélérer les choses s'il voulait rester dans les nouveaux délais.
« Merci Alice, vraiment, tu m'aides beaucoup, là, » répliqua-t-il sarcastiquement.
« Tu m'excuses, hein ? Ce n'est pas comme si tu n'avançais pas avec elle, mais si ton temps est divisé par trois, alors va falloir que tu mettes les bouchées doubles pour y arriver. »
Il eut envie de lui tirer langue mais se retint et lui lança plutôt en pleine figure une des pâtes qui lui servait d'accompagnement avec le poulet, avant d'éclater de rire en voyant la tête qu'elle fit et de lever immédiatement ses deux mains comme pour se défendre.
« Tu l'avais mérité.
-Absolument pas !
-Si et tu le sais.
-OK, peut-être. Mais la prochaine fois que tu me fais ça, tu me le paieras.
-Ah oui ? Et comment ? » demanda-t-il, son sourire en coin narquois de nouveau en place sur ses lèvres.
« Crois-moi, une cuisse de poulet fait beaucoup plus de dommage qu'une pâte, » répliqua-t-elle tout en essuyant la crème qui se trouvait sur le bout de son nez.
« Je me suis déjà pris une tasse entière de thé glacé par Isabella y a même pas une semaine, je crois que je suis immunisé maintenant.
-Ne sous-estime jamais les menaces d'une Brandon, Cullen. On peut s'avérer être... très redoutables.
-J'avais oublié qu'en effet une naine qui a du mal à dépasser le mètre cinquante peut être dangereuse, » se moqua-t-il gentiment.
Il ne vit pas arriver le reste de cuisse de poulet que son ami lui lança en pleine figure avec un air satisfait.
« Je crois que tu m'as pété le nez, » lâcha-t-il en grognant, tout en essuyant la sauce qui avait giclé sur son visage à l'aide d'une serviette.
« Ne te plains pas, je ne me suis pas attaquée à tes outils de travail, » répliqua-t-elle en désignant ses mains.
« Je doute que je fasse bonne impression ou que des patients acceptent que je les soigne si je me ramène avec un nez d'ivrogne.
« Arrête tes bêtises, » tenta-t-elle de le réprimander tout en commençant à rire.
« Non mais je ne déconne pas, je crois que tu m'as pété le nez, » répéta-t-il tout en rigolant aussi. Ce n'était pas de sa faute s'il n'arrivait pas à garder son sérieux, Alice avait le rire le plus communicatif qu'il ait entendu.
« C'est vrai qu'un os de poulet fait autant de dégât qu'un coup de poing.
-Peut-être pas, mais ça fait mal. Je vais au moins avoir un bleu, si ce n'est une bosse.
-Espèce de chochotte.
-Oh le gnome, tu peux parler.
-Fillette.
-Korrigane.
-Korrigane ? C'est quoi ça ? Une insulte ? » demanda-t-elle tout en commençant à rire sans retenue.
-Dans ce contexte, je crois que c'est censé l'être, » avoua-t-il, lui-même un peu perplexe. « Et ceux sont des lutins des légendes bretonnes.
-Attends, attends, tu m'as comparée à un lutin breton ? » s'offusqua-t-elle. « Goujat ! »
Après quelques instants de chamaillerie, ils commencèrent à reprendre leur sérieux lorsqu'elle lui demanda de lui expliquer tout ce qui s'était passé durant son entretien avec Black et Volturi, ce qu'il fit sans rechigner.
Il était heureux d'avoir quelqu'un avec qui il pouvait parler de cette affaire. Il ne se voyait pas en parler à ses autres amis de peur de leur réaction mais aussi parce qu'il n'était pas certain qu'il pouvait leurs faire pleinement confiance. Tandis qu'avec Alice, il serait littéralement prêt à prendre une balle pour elle s'il le fallait. Et il savait qu'elle ferait de même.
~ EB ~
Il avait cru que ça aurait été loin d'être une partie de plaisir de concilier son internat et le travail qu'il avait avec Isabella. Mais il s'était trompé.
Tout avait commencé la veille au soir, juste après que Brandon soit partie et que Swan lui ait envoyé un message pour lui souhaiter bonne chance et bon courage pour sa première garde.
Il ne leurs avait fallu rien de plus pour commencer à discuter via sms et parler de différents sujets, n'ayant pas forcément de liens précis mais qui suivaient le cours de leur conversation naturellement.
Elle était partie dans la nuit de dimanche à lundi avec son associé pour Tokyo afin de rencontrer un de leurs principaux partenaires. Et Royce, qui s'emportait apparemment assez facilement, vivait sous la menace durant tout ce voyage qu'Isabella n'utilise son taser sur lui pour le calmer.
Edward, qui plaignait le pauvre jeune homme, devait admettre que cette révélation de la petite brune l'avait à la fois terrifié et amusé.
Elle se montrait drôle, malicieuse, pleine de répartie, sûre d'elle et ambitieuse ; mais aussi compréhensive sur le fait qu'il ne puisse pas lui répondre immédiatement et attentive sur le fait qu'il ne soit pas trop fatigué, affamé ou même en manque de nicotine.
Il en avait appris plus sur elle durant ces échanges écrits que lors de leurs deux 'rendez-vous'. Et ce qu'il découvrait lui plaisait, énormément même.
Inconsciemment - parce qu'il serait prêt à mettre sa main à couper qu'elle ne le faisait pas intentionnellement - elle se montrait charmante. Elle charmait et plus particulièrement, elle le charmait.
Il avait laissé son portable dans son casier, malgré qu'il ait vu d'autres internes l'avoir sur eux, ne voulant pas se faire mal voir ou avoir des problèmes.
Il ne faisait sa garde que depuis huit heures et commençait déjà à être quelque peu fatigué, nonobstant les pauses qu'il arrivait à avoir de cinq minutes où il allait griller une clope tout en regardant ce que Bella avait bien pu lui écrire.
Le rythme était soutenu et parfois difficile à suivre par rapport à ce dont il avait été habitué à l'école de médecine, devant toujours être disponible, attentif, réactif mais aussi patient, calme et affable avec les malades.
Ce qu'il faisait lui plaisait vraiment, mais l'idée qu'il lui restait encore quarante heures à faire le déprimait ou l'inquiétait, il n'était pas vraiment sûr. Heureusement pour lui, il ne voyait pas le temps passer, étant trop occupé.
Son titulaire venait d'entrer au bloc pour une opération assez simple mais plutôt longue. Ce qui signifiait que le temps que Dr Hunt était en train d'opérer, Cullen avait quelques heures de libres pour se reposer, manger ou étudier - à moins qu'un des patients de son titulaire n'ait un problème ou qu'on ait besoin de lui à la mine.
Il passa prendre des analyses et les rangea dans le dossier d'un homme ayant une tumeur agressive avant de se rendre à son vestiaire.
Sur son chemin, il entendit un interne qui ne faisait pas parti de son équipe paniquer et demander de l'aide alors que personne n'était présent dans le couloir, mis-à-part Edward.
Il se dépêcha d'entrer dans la pièce où se trouvait un véritable géant, avec une carrure imposante en train de courir autour de la patiente dont le rythme cardiaque était trop irrégulier pour être bon, si on en croyait le moniteur.
« Merde ! Qu'est-ce qu'il se passe ?... Non, non, non, non, non ! » s'affola-t-il. « Reprends-toi mec, qu'est-ce qu'elle te fait là. Le moniteur, le moniteur ! Merde Emmett, reprends-toi. Tu ne peux pas perdre une patiente lors de ton premier jour ! Tu ne peux pas ! » se parlait-il tout seul tout en essayant visiblement de s'occuper de la malade.
« Vite, vite ! Aidez-moi ! Je crois que mon patient fait un arrêt, » s'écria-t-il lorsqu'il remarqua Cullen dans la pièce.
« Tu crois que ton patient fait un arrêt ? » s'étonna l'escort-boy en haussant les sourcils avant de se reprendre et de demander, « Quel est son rythme ? »
« STV ? TV ? » demanda le supposé Emmett, après avoir regardé pendant quelques instant le moniteur avec de gros yeux, comme s'il était effrayé.
« Il ne devrait pas y avoir d'hésitation présente dans ta voix quand tu le dis, » répliqua Edward avant de se diriger vers lui.
« Je panique, c'est mon premier jour d'internat et mon titulaire nous a complètement lâchés... » se justifia-t-il. « Comment ça peut arriver ?
-Calme-toi et occupe-toi de ta patiente. Est-ce qu'il a un pouls ? » commença-t-il à le guider, tout en se mettant à ses côtés.
« Il a un pouls, » répondit le colosse, après avoir vérifié.
« Bien, des murmures vésiculaires ?
-J'en entends un peu, mais peut-être qu'à droite c'est moins évident, » répliqua l'interne paniqué et incertain.
« Il faut que tu arrêtes avec tes questions !
-On dirait qu'il respire à peine maintenant ! » continua-t-il à s'affoler.
« Allez, pousse-toi, pousse-toi ! C'est un pneumothorax, attrape la plus grosse aiguille que tu peux me trouver, » déclara Cullen en le poussant sur le côté.
« 14 gauge ? Ou 16 gauge ? » demanda Emmett en cherchant dans le tiroir.
« La plus grosse aiguille, j'ai dit, » répliqua-t-il sans hausser la voie. Le calme dont il faisait preuve dénotait complètement du comportement alarmé de l'autre étudiant.
Ce dernier lui tendit une aiguille qu'Edward attrapa et planta dans la poitrine de la jeune femme. Immédiatement les bips frénétiques du moniteur se calmèrent, sous les yeux émerveillés du colosse qui remerciait tous les Dieux existants que cet inconnu soit arrivé à temps pour l'aider.
« Pose un drain thoracique à cette femme et ça devrait aller.
-Vous pouvez, hum, le faire ?
-Pardon ? » s'étonna une nouvelle fois Edward.
« Je crois que j'ai déjà assez merdé avec elle. Et je n'ai pas envie qu'elle soit mon cobaye, » s'expliqua-t-il extrêmement gêné. « En plus, vous avez beaucoup plus d'expérience que moi. En quelle année êtes-vous ? Je suis sûr que vous aussi vous avez paniqué durant votre première garde, non ? On panique tous, après tout.
-Je suis en première année, comme toi, » rétorqua Cullen, concentré à poser le drain.
« Quoi ? » s'écria le géant. « Mais alors tu as retapé, ce n'est pas possible sinon. »
Cette remarque fit rire l'escort-boy qui finissait son travail, tout en secouant sa tête de droite à gauche de façon négative pour contredire son affirmation.
« Donc toi aussi, c'est tes premières huit heures d'internat ?
-Ouaip', » répondit-il en accentuant bien sur le p. « Je crois que c'est bon, elle devrait aller bien maintenant. Mais fais venir ton titulaire pour être sûr, » lâcha Edward après avoir poussé un long soupir.
Emmett le regarda quelques secondes sans réagir, une pointe d'admiration dans les yeux avant de lui assener une claque amicale dans le dos et de dire, « Oh putain mec, merci ! Tu viens de me sauver la vie là.
-Ta vie, peut-être pas, mais ta journée, ça, je veux bien le croire, » répliqua Cullen en plaisantant. Il tendit ensuite sa main et se présenta, « Je suis Edward, interne de Hunt.
-Emmett McCarthy, » s'empressa de répondre l'interpellé. « Interne de Victoria Knight. La folle rousse qui lâche ses internes et leurs confie ses patients dès leur première garde pour pouvoir aller chez son coiffeur et ensuite aller déjeuner avec un homme qu'elle vient de rencontrer. »
Edward écarquilla ses yeux, surpris, puis commença à rire face à cette révélation.
« Mais attends, il est plus de seize heures, ce n'est qu'à cette heure-là qu'elle va manger ? » remarqua-t-il après avoir jeté un rapide coup d'oeil à sa montre tout en fronçant les sourcils.
« Non, justement. Elle est partie vers midi et depuis, plus aucune nouvelle de sa part. Et honnêtement, c'est peut-être mieux ainsi. Je préfère ne pas savoir ce qu'elle est en train de faire en ce moment même. Elle est complètement givrée, Knight.
-Mais elle n'en a pas le droit. Tu devrais peut-être aller voir le chef de chirurgie ou aller parler avec un autre résident, » proposa Cullen. « C'est dans tes droits après tout.
-Oh le chef est au courant. Elle a été remerciée ici et a été transférée dans un autre hôpital de New York. C'est pour ça qu'elle se comporte ainsi. Elle n'a rien à perdre. Elle-même nous a dit durant son discours de présentation qu'elle n'en avait rien à faire de nous. On n'a qu'à attendre deux semaines pour avoir un véritable titulaire digne de ce nom.
-Ah, ça craint ça.
-Tu l'as dit, » acquiesça McCarthy tout en gardant le sourire. Il semblait être le genre de personne qui était tout le temps de bonne humeur... Sauf peut-être quand il paniquait.
« J'allais me prendre un café et me rendre sur la terrasse pour fumer une cigarette, tu veux venir ? » demanda Edward, après quelques instants de silence. « Comme ça, je pourrais te dire quelles sont les différences entre un pneumothorax et un arrêt cardiaque, » ajouta-t-il en le charriant gentiment.
« Je me joins à toi uniquement si tu m'expliques comment tu as aussi réussi à garder ton calme tout à l'heure, » répliqua-t-il avec amusement, ne prenant pas mal sa remarque.
Les deux internes n'eurent même pas le temps de se retourner pour sortir qu'un des résidents de l'hôpital arriva et leurs demanda ce qu'il se passait ou s'était passé, vu qu'il avait entendu quelqu'un demander de l'aide.
Emmett et Edward se regardèrent, ne sachant pas quoi dire. Il était hors de question, à leurs yeux, qu'ils expliquent que McCarthy avait confondu un pneumothorax avec une crise cardiaque et que c'est Cullen qui avait géré la situation et s'était occupé du patient de l'autre.
« Eh bien... euh, » commença Edward, ne sachant pas quoi dire.
« J'étais en train de vérifier l'état des patients de mon titulaire, » expliqua Emmett.
« Et qui est votre titulaire ? » s'informa leur supérieur.
« Le Dr Knight, » répondit-il, alors que les deux internes remarquèrent la grimace que fit le résident dès qu'il entendit le nom de la femme. « Donc je m'occupais des patients quand cette jeune fille a commencé à faire un pneumothorax. Et Edward était... euh...
-Avec lui, » répliqua l'intéressé en prenant la relève. « J'étais avec lui. Comme Dr Hunt est au bloc et que je me suis déjà occupé de ses patients et suis allé chercher toutes les analyses qu'il avait demandé, je restais avec Emmett. »
Ce dernier le regarda avec étonnement, écarquillant ainsi ses yeux. Non seulement Cullen mentait volontairement à un supérieur pour lui sauver sa peau, mais en plus, il se mettait sur la sellette en affirmant qu'il était avec lui pendant tout ce temps. Tout deux savaient que s'il y avait des complications avec cette patiente, ils pourraient désormais tous les deux sauter.
« Pourquoi avoir appeler à l'aide alors ? » demanda le résident.
« Euh... Parce que j'ai, » commença Emmett avant d'être coupé par Edward.
« On, » répliqua-t-il en insistant bien sur le 'on', « ne s'était jamais, ni l'un ni l'autre, occupé d'un pneumothorax seuls avant et on aurait préféré que ce soit quelqu'un d'autre qui le fasse, » continua-t-il à mentir avec aisance. « On aurait préféré qu'elle ne soit pas notre cobaye. »
Le résident jaugea du regard quelques instants Cullen avant de laisser un sourire amusé apparaître sur son visage. Puis sans un mot, il se dirigea vers la patiente et examina le drain pendant plusieurs secondes.
« C'est du très bon boulot pour un interne, net et précis, » remarqua-t-il, ce qui fit rougir légèrement l'escort-boy.
« C'est Edward qui s'en est chargé, » expliqua immédiatement Emmett, trop heureux d'attribuer le bon travail à l'autre étudiant.
« Vous étiez-vous déjà occupé d'un pneumothorax auparavant ?
-Non docteur, » répondit sincèrement l'interpellé, avant de reprendre pour s'expliquer lorsqu'il aperçut le regard surpris et intrigué. « J'ai lu un certain nombre de livres où la procédure était détaillée et ai vu quelques vidéos où les chirurgiens posaient un drain. Je n'avais qu'à appliquer ce que j'avais retenu. » Il haussa simplement les épaules tandis que le résident le regarda quelques instants avant d'approuver d'un hochement de tête.
« Impressionnant, » remarqua-t-il en lui adressant un sourire satisfait. Il marqua un instant de silence où il étudia le moniteur, puis reporta son attention sur la patiente.
« Très bien, » déclara leur supérieur en quittant du regard la malade. « Cette situation n'est pas habituelle et vous avez donc bien fait d'agir, mais essayez de toujours avoir un résident non loin de vous pour vous aider les prochaines fois. Questions de procédure, sécurité, etc. D'accord ?
« Oui docteur, » répondirent en choeur les deux jeunes hommes.
Le résident ne s'attarda pas et sortit rapidement de la pièce, laissant les deux complices souffler un bon coup.
Enfin c'était sans compter sur Emmett qui attira Edward dans une étreinte quelque peu... étouffante.
Le supérieur les regarda à travers la vitre de la pièce et ne put s'empêcher de rire doucement en les voyant. Il savait ce qu'il s'était réellement passé, étant avec un de ses patients dont il devait s'occuper prochainement au bloc, le rassurant et lui expliquant les étapes de l'opération.
Il avait entendu les affolements de McCarthy et s'était précipité dans le couloir pour aller l'aider. Mais Cullen était déjà en train d'entrer dans la pièce et le résident avait décidé de les surveiller de loin et de n'intervenir uniquement s'il y avait besoin.
Il avait été surpris par le calme dont Cullen faisait preuve et aussi de son diagnostic rapide et correct. Il avait vraiment fait du bon boulot et il ne manquerait pas de le signaler à Hunt dès qu'il le verrait.
Mais ce qu'il avait encore plus surpris, c'est que Cullen décide de couvrir McCarthy devant un supérieur, alors qu'il était évident que les deux internes ne se connaissaient pas auparavant.
C'était certainement pour ça qu'il ne les avait pas réprimandés de lui avoir menti, parce qu'ils avaient tout de suite compris que le travail d'équipe était important dans ce genre de métier.
« En plus d'avoir sauvé ma journée, tu viens de certainement sauver ma carrière mec, » dit Emmett en relâchant Edward, un grand sourire aux lèvres. « Merci beaucoup, vraiment. »
~ EB ~
Cullen poussa un long soupire avant de faire claquer la porte de son casier. Il venait de terminer sa demi-garde de Vendredi.
Il ne savait même pas comment il arrivait à tenir encore debout. Certainement grâce à la caféine qui coulait à flot dans ses veines.
Pour lui, comme pour tous les autres internes, le café était devenu son meilleur ami, celui qui est toujours là pour lui et qui l'aide à dépasser ses limites. Le café faisait des miracles d'après lui.
Il avait enchainé sa garde de quarante-huit heures de Lundi à Mercredi, pour reprendre le lendemain matin pour une demi-garde. Demi-garde qui s'était terminée en une garde complète comme Hunt lui avait proposé d'assister à une opération qui avait duré plus de cinq heures, alors qu'il s'apprêtait à aller se changer pour rentrer chez lui.
Et s'il y avait une chose qui était sûre, c'était qu'un interne ne disait jamais non à son titulaire. Encore moins quand ce dernier vous propose de l'assister au bloc dès votre deuxième garde.
Il ne savait pas pourquoi Hunt l'avait choisi lui, parmi tous les autres étudiants en médecine dont il était responsable, pour l'assister mais il était certain qu'il n'allait pas s'en plaindre.
Quoiqu'il en soit, même s'il était heureux d'être allé au bloc, il était exténué. Littéralement. Quand une des infirmières avait présenté ses condoléances à son sommeil lors de sa première garde, il l'avait prise pour une folle.
Maintenant, il voyait bien ce qu'elle voulait dire. S'il arrivait à avoir trente-cinq heures de sommeil par semaine, il serait l'homme le plus heureux au monde. Pour l'instant, depuis qu'il avait commencé son internat, sa plus longue nuit n'avait pas duré plus de quatre heures. Autant dire que c'était un véritable enfer, surtout pour une personne qui aimait dormir comme lui.
Il serait normalement d'une humeur de chien, surtout en étant fatigué, mais la bonne humeur constante d'Emmett lui permettait de garder le sourire et d'être patient avec les malades.
Ses soeurs et Alice étaient aussi très présentes, en lui envoyant chacune des messages quasiment toutes les heures. Il avait l'impression qu'elles s'étaient passées le mot. Ce n'était pas possible sinon, il avait l'impression de redevenir un enfant face à ces trois femmes qui se comportaient comme des mères italiennes, extrêmement protectrices et inquiètes pour un rien.
Mais celle qui n'avait pas manqué de prendre de ses nouvelles pendant toute cette semaine, malgré la distance et les treize heures de décalage horaire, était Isabella.
Elle n'était rentrée qu'hier midi de son voyage d'affaires, mais ce n'est pas pour autant qu'elle avait manqué de lui écrire.
À chaque fois qu'il arrivait à avoir une pause, il sortait avec impatience son portable pour voir ce qu'elle avait bien pu lui envoyer. Il s'était rendu compte qu'il prenait plaisir à échanger avec elle et plusieurs fois McCarthy l'avait surpris un sourire aux lèvres lorsqu'il lisait un nouveau message que la petite brune lui avait écrit.
Pour l'instant le colosse ne lui avait pas posé de questions sur elle, gardant sa curiosité pour lui, et Edward lui en était reconnaissant pour ça. Parce que si c'était le cas, il ne savait pas comment il pourrait décrire la situation.
Cullen poussa une nouvelle fois un long soupire avant d'attraper son portefeuille et son téléphone qui se trouvaient sur le banc derrière lui. Il fit un signe de main à Emmett qui était toujours en train de se changer et se dirigea vers le grand hall, après être sorti de la pièce.
À peine fut-il sorti de l'ascenseur qu'il vit Isabella attendre patiemment devant l'hôpital, un grand panier et deux sacs à la main. Ils avaient convenu la veille de se retrouver après sa demi-garde de ce matin pour manger ensemble, malgré qu'il finisse à quatorze heures.
Dès qu'il l'aperçut, un sourire discret s'afficha sur son visage tandis qu'il se dirigeait vers elle à grand pas. Elle regardait vers le haut, examinant certainement l'immense bâtiment qu'était le Presbyterian et ne le vit donc pas arriver.
« Isabella ! » s'exclama-t-il avec un entrain qui le surprit lui-même. Elle sursauta légèrement avant d'afficher un sourire resplendissant et d'aller à sa rencontre.
« Edward, comment tu vas ? » lui demanda-t-elle en arrivant en face de lui. « Oh mon Dieu, tu as l'air encore plus fatigué que moi, » remarqua-t-elle en riant de bon coeur.
Elle retira ses lunettes pour appuyer ses dires et Cullen ne put que voir les cernes quelque peu marquées qui avaient pris place sous ses yeux, qui étaient tout de même toujours pétillants. Elle semblait heureuse de le voir et cette constatation le rassura et lui fit plaisir.
« Dis-moi, tes associés japonais t'ont maltraitée ou c'est Royce qui t'en a fait voir des vertes et des pas mûres ? » la taquina-t-il gentiment alors qu'il sortait ses propres lunettes de soleil.
« Étrangement, les deux se sont bien comportés. Je ne peux blâmer que le décalage horaire, » répliqua-t-elle en rigolant.
« Et c'est quoi ça ? » demanda-t-il après quelques secondes, en désignant ce qu'elle avait à la main.
« Une surprise !.. Bon, ce n'est pas grand chose, mais je pense avoir trouvé un moyen pour régler nos différents, » répliqua-t-elle une once d'excitation et de fierté sur le visage.
« Nos différents ? » s'étonna Edward. « Je n'étais pas au courant que nous avions des différents.
-Très bien, très bien, » concéda-t-elle. « Disons nos avis divergents.
-Je peux savoir de quoi tu parles ? » Il l'entraîna vers sa voiture qui était garée à une dizaine de mètres d'où ils se trouvaient.
Elle s'installa sur son siège après qu'il lui ait ouvert la portière et commença à sortir ce qu'il y avait dans ses sacs.
Cullen qui venait de s'asseoir derrière le volant, se tourna vers elle et haussa un sourcil interrogateur.
« J'ai prévu un pique-nique, » expliqua-t-elle en dévoilant ce que contenait son panier en osier. « Le seul moyen possible pour qu'aucun de nous deux n'insiste pour payer ce que nous allons manger. Et comme tu m'as avouée être un piètre cuisinier, je me suis dit qu'il serait plus sûr si je m'occupais de le préparer.
-Je ne suis pas un piètre cuisinier ! » se défendit-il en tentant de ne pas rire. « Je sais faire cuire des oeufs et des pâtes.
-D'accord, d'accord, » accorda-t-elle en souriant. « Un cuisinier au connaissance limitée ?
-Un cuisinier au connaissance limitée ? Ça me va, » approuva-t-il en lui faisant un clin d'oeil, avant de démarrer. « Et ça, qu'est-ce que c'est ? » continua-t-il sur sa lancée en désignant les deux livres qui étaient posés sur son tableau de bord mais dont il ne pouvait pas voir les titres ni les couvertures d'où il était.
« Ça, c'est le Tropique du Cancer de Henry Miller et 1984 de George Orwell, » dit-elle en attrapant les bouquins. « Histoire de terminer le débat qu'on avait commencé par messages.
-Tu ne rigolais vraiment pas quand tu disais être une férue de littérature, n'est-ce pas ? » demanda-t-il en riant de bon coeur et en secouant la tête de droite à gauche, alors qu'ils quittaient le parking de l'hôpital.
Ils continuèrent le trajet en parlant surtout de la première semaine d'Edward en tant qu'interne en médecine.
Il ne lui avait fallu rien de plus qu'une question de la part d'Isabella pour qu'il soit lancé et qu'il lui raconte réellement tout ce qui avait bien pu se passer. Sa rencontre avec Emmett, la difficulté de trouver un endroit où dormir quelques heures sans être surpris par un de ses supérieurs, son étonnement quand le Dr Hunt lui avait proposé de venir l'assister au bloc, à quel point il avait adorer voir de ses propres yeux l'opération, le manque de sommeil ou encore sa nouvelle adoration pour le café sans sucre.
La petite brune se montrait être une très bonne oreille, riant du comportement de McCarthy, grimaçant quand Cullen lui racontait les détails de l'opération ou posant des questions quand il employait des thermes techniques qu'elle ne comprenait pas. Les seuls moments où elle l'interrompait dans ses tirades étaient pour lui indiquer la direction de l'endroit où elle voulait l'emmener pour leur pique-nique.
Le voyage était court, mais à cause de la circulation importante de New York, ils avaient mis plus d'un quart d'heure pour arriver à destination.
« Central Park ?
-Certainement un de mes endroits préférés de cette ville, » expliqua Swan tandis qu'elle sortait de la voiture et qu'Edward attrapait le panier.
Elle le guida vers un endroit qui était inhabituellement peu peuplé pour ce parc, avant d'attraper la nappe qu'elle avait prévu pour cette après-midi et de la poser au pied d'un arbre pour qu'il puisse être à l'ombre.
Ils étaient certes en Septembre, mais il faisait toujours aussi chaud et elle ne souhaitait pas attraper un coup de soleil. Quand elle lui en fit la remarque, le jeune homme se souvint du discours qu'Alice lui avait tenu la semaine dernière et ne put s'empêcher de la lui raconter, tout en s'installant.
« Je ne suis pas de son avis, j'ai beaucoup apprécié ce rendez-vous, » le rassura-t-elle après avoir bien ri.
Alors qu'ils commencèrent à manger, Cullen remit sur le tapis leurs goûts différents en littérature et chacun entreprit de défendre une des oeuvres qu'Isabella avait rapporté.
Bien que leurs avis divergeaient irrévocablement, ils restaient détendus, respectueux et ne s'emportaient pas. Chacun trouvait cette conversation revigorante. Ils n'étaient pas habitués de pouvoir trouver en face d'eux quelqu'un qui pourrait leurs tenir tête et défendre leurs propres opinions.
Les hommes que Bella avait bien pu rencontrer auparavant étaient toujours portés soit sur l'économie, soit sur la politique. Et les femmes qu'Edward avaient côtoyé... eh bien, il était rare qu'ils aient une conversation très poussée.
« Sérieusement, je ne vois pas comment on peut arriver au point d'avoir détesté ce livre. Que tu ne l'aies pas apprécié, je peux encore essayé de comprendre, mais le détester ! C'est un trop grand mot pour une oeuvre pareille.
-Je l'ai détesté, » répéta-t-il en insistant bien sur le dernier mot pour la chercher un peu plus.
« Mais voyons ! 1984 est sur la société dans laquelle Orwell vivait. C'était juste après la Seconde guerre mondiale et le bouquin révèle le contexte social et politique de l'époque. Ça évoque les régimes totalitaires et l'impérialisme britannique ! Tu m'as dit que tu adorais l'histoire, non ? Alors comment est-ce possible que tu aies détesté ce livre ? »
Elle bougeait ses mains dans tous les sens, tout en parlant toujours aussi vite.
Ses cheveux étaient relâchés et tombaient autour de son visage. Elle était appuyée contre le tronc de l'arbre et ses jambes étaient repliées sous elle. Malgré ses sourcils légèrement froncés, signe qu'elle cherchait d'autres arguments pour le convaincre, un sourire flottait encore sur ses lèvres. Elle portait un maquillage léger, qui agrandissait tout de même ses yeux chocolat. Elle semblait de bonne humeur et surtout à l'aise en sa présence.
Son attention se reporta sur ses lèvres rosées. Certainement dû au fait qu'elle avait la mauvaise manie de se les mordiller. Elles étaient pleines mais s'harmonisait parfaitement avec son visage.
Isabella reporta son attention sur lui et pencha sa tête vers la gauche. « Qu'est-ce qu'il y a ? » lui demanda-t-elle, après avoir remarqué qu'il la regardait.
Il se rendit compte qu'il avait envie de l'embrasser.
Il avait pensé que lorsqu'ils se seraient embrassés, il aurait dû se pousser à le faire. Mais non, il en avait envie. C'était une envie, pas une obligation.
Elle lui plaisait. Il ne pouvait pas le nier. Une femme comme Isabella ne pouvait que plaire à un homme. Mais cette constatation surprit tout de même l'escort-boy, qui ne savait pas s'il devait avoir peur de cette attirance.
Il balaya ses craintes et les mises en garde de sa meilleure amie qui lui revenaient en tête rapidement. Ce n'était pas la première fois qu'il avait envie d'embrasser une femme et ce n'est pas pour autant qu'il en était tombé amoureux.
Il avait le droit d'avoir envie de l'embrasser. Cela faisait depuis un peu plus de deux semaines qu'il apprenait à la connaître et la côtoyait autant qu'il le pouvait. Maintenant, il ne savait pas s'il pouvait le faire.
Peut-être trouverait-elle ça trop rapide ? Si c'était le cas, elle risquerait de prendre ses distances avec lui. Ou peut-être qu'elle n'en avait pas envie. Et là, il se mettrait seul dans l'embarras.
Il se reprit lorsqu'il se rendit compte qu'elle le regardait et attendait toujours une réponse.
Il se rapprocha d'elle, après s'être fait la réflexion que qui ne tente rien n'a rien, et finit par poser délicatement ses lèvres contre les siennes.
Elles étaient douces mais fermes, chaudes et accueillantes, et avaient aussi un léger goût sucré. Elles étaient parfaites à ses yeux, même si ces derniers étaient à l'instant fermés.
Mais surtout, le plus important, et à la grande surprise d'Edward, Isabella passa ses bras autour de son cou et répondit presque immédiatement à son baiser.
Voilààà. C'est la fin de ce chapitre. Oui, je sais. Je n'aurai peut-être pas dû couper à cet endroit, mais c'était quand même vachement tentant. Et puis comme Oscar Wilde le dit : "Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c'est d'y céder."... Oui, il est possible que j'utilise cette citation à mon aise et la sorte complètement du concept, mais bon.
J'espère que ça vous a plu ! Comme je vous l'avais promis, Jacob est de retour ! Et pas qu'un peu. Il a tout de même lâché une bombe, je ne sais pas si vous vous en rendez compte. Le Edward, il va falloir qu'il accélère les choses ! Et il a bien commencé à le faire.
Sinon, vous avez fait la connaissance d'Emmett, il va beaucoup servir par la suite, surtout avec Edward. Mais bon, vous verrez bien qu'est-ce que je lui réserve à ce pauvre colosse.
Bon, donc, comme je suis désormais en vacances, je vais beaucoup plus facilement écrire et je peux d'ors et déjà vous promettre deux voire trois chapitres avant Septembre. Si c'est pas beau, ça ? :) Enfin j'espère que ça vous fait plaisir, sinon c'est un peu fichu tout ça.
Bref, j'espère que ce chapitre vous a plus. Si ce n'est pas le cas, dites-moi pourquoi ! Le temps que ce n'est pas insultant, je prends tout. Et puis, ça serait cool d'avoir plein de reviews pour m'encourager et me supporter durant ces deux horribles prochaines semaines où j'attendrais les résultats de mon Bac ! Alors lâchez-vous !
Have a nice week and see you soon guys! And please, leave me some love!
Takenya xxx
