Auteur : The Shadow Bandit

Titre original : A moment in time

Titre en Français : Un moment dans le temps

Rating : M

Genre : Général/Romance

Couple : Draco M./Harry P.

État de la fic original : 35 (FINI)

État de la fic Française : 6; Traduits : 1 à 20,22, 23, 27à 29,34 ; En cours : 21, 24, 26, 30,31

Traductrices : La belle de caddix

Bêta traductrice et correctrice : Shima-chan et Ariane Malfoy-Shinigami

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Résumé : Harry apprend au cours de sa septième année que sa vie peut changer à jamais d'un seul coup. MPREG Harry/Draco

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Avertissement : Il s'agit d'un slash, donc relations intimes entre deux personnes du même sexe. En l'occurrence les personnes seront jeunes quand la relation commencera, donc si cela vous choque, passez votre chemin.

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Disclamer : Les personnes ne nous appartiennent pas et nous ne gagnons pas d'argent là-dessus !

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Nous recherchons des Traductrices sérieuses,

Attention !!!!!

soyez sûre avant de vous proposer !!!!

Car beaucoup le font et s'en vont s'en rien dire,

Nous laissant en plan avec des chap non traduit !!!!

Je précise que c'est pour la saga saving,

Chaola, Barbotine, Shiko no Stuki, Nomade ont disparu sans rien dire!!!

Nous avons besoin de traductrice pour les remplacer

et traduire les chap qui leurs avaient été donné !!!

Si vous vous sentez prête à rejoindre notre groupe,

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&

Bonne lecture

Eni et Onarluca

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Chapitre 7 Innocent.

(Environ quatre ans après que Harry se soit échappé de prison, juin 2003)

Une fois de plus, Draco se retrouvait dans la Chambre du Phénix, apprêtée pour une réunion imprévue, ce n'était décidément pas une bonne chose. Le blond lança un regard autour de ce qui représentait le Conseil d'Elite de Dumbledore. Dire que la guerre tournait mal était un euphémisme, il suffisait de regarder les visages inquiets autour de lui. Les Mages de Lumière étaient dépassés, c'était aussi simple que cela.

Voldemort et les Mangemorts avaient continué de progresser en force après leur attaque sur le Ministère de la Magie. Poudlard restait le dernier endroit de Grande Bretagne à être encore considéré comme un endroit sûr. Beaucoup de sorciers, de sorcières et leurs familles tournés du côté de la lumière avaient quitté leur maison pour se réfugier à Poudlard, incluant la plupart de la famille Weasley, Hermione et Ron préférant habiter dans une maison moldue, afin d'être proche des parents de la jeune femme. Georges et Arthur avaient perdu la vie dans les deux dernières années ; Georges assez récemment, et Ron avait été gravement blessé. Il avait pu récupérer, mais il devait dorénavant se tenir éloigné des conflits et ça lui laissait un arrière-goût amer.

Severus avait été découvert comme espion durant une mission six mois plus tôt, et il en avait réchappé de peu. Il avait heureusement été sauvé par un des plans de Draco, qui maintenant, travaillait pour l'Ordre du Phénix.

Un des plus grands changements se remarquait chez le chef de l'Ordre lui-même. Le sorcier sage et gentil que beaucoup de gens pensaient puissant avait disparu. Des erreurs avaient été commises pendant cette guerre, et une des plus grandes avait été faite par Albus Dumbledore.

Draco se souvenait qu'un an plus tôt, le vieil homme avait commis sa plus grosse erreur de jugement.

Flashback – Avril 2002.

Le silence accueillit un directeur triste et las alors qu'il s'approchait de l'extrémité de la table dans la Chambre du Phénix. « Mes amis, j'ai une annonce à vous faire. Je viens d'apprendre à l'instant qu'une grave injustice a été commise. Je suis navré de reconnaître que j'aurais dû écouter ce que mon cœur me dictait comme étant véridique, et à cause de cela nous avons perdu un ami cher et peut-être notre seul espoir de liberté. »

Le Conseil attendit calmement que le chef du Phoenix continue, sachant que la seule façon d'amener le Directeur à parler de manière à ce que tout le monde puisse comprendre, c'était d'attendre qu'il soit prêt à dévoiler le message qu'il veut transmettre.

Les yeux bleus ennuyés ne pétillaient pas comme à leur habitude alors que le vieil homme se plaçait. « Hélas, il m'a été révélé qu'Harry Potter est innocent. »

« Génial, de quoi s'agit-il maintenant. » Pensa Draco dans un petit sourire ironique, « Et c'est après tout ce foutu temps qu'ils réalisent enfin que Harry n'avait pas tué ces adolescents ! »

« Mon filleul était innocent, il était innocent, nom de Dieu ! Et vous l'avez envoyé à Azkaban. » rugit Sirius alors qu'il sautait de sa chaise.

De toutes les personnes présentes dans la pièce, Black était le plus à plaindre selon Draco. L'ex-condamné avait été déclaré innocent après que Fudge ait été tué et que beaucoup d'aurors et de membres de l'Ordre aient aperçu Peter Pettigrow. Cependant, le rêve que Sirius avait toujours caressé, de pouvoir avoir la garde de son filleul pour que tous les deux aient la chance de vivre une vie de famille, s'était effondré des années plus tôt lorsqu'Harry avait été emprisonné, puis qu'il s'était échappé. Bien sûr, Black continuait à se battre, plus par sens du devoir accompli qu'autre chose, mais on pouvait facilement dire que le cœur n'y était pas. Harry parti, Sirius Black n'avait plus de raison de vivre et tout le monde savait qu'il attendait le moment de rejoindre ses amis qui étaient passé de l'autre côté avant lui. Même le dernier ami de Poudlard, Remus Lupin n'arrivait pas à sortir l'homme de sa dépression.

Lupin attrapa Sirius par le dos de sa robe et retint l'homme robuste. Il remercia ses pouvoirs de loup-garou, car Sirius était plus fort qu'il n'y paraissait.

« Ne m'approche pas Lunard ! » cracha Sirius alors qu'il toisait son vieil ami.

« Pas avant que tu ne te sois calmé Patmol. Nous devons écouter ce qu'Albus a à nous dire et tu vas le laisser terminer. » Réprimanda-t-il gentiment l'autre sorcier.

Malheureusement, alors que Sirius se remettait doucement du choc, Ron et Hermione commençaient seulement à réaliser ce qu'il s'était dit. « Mais comment… Je ne comprends pas… Nous l'avons vu… Comment pouvez-vous affirmer maintenant qu'il est innocent ? Il ne l'est pas ! C'est un foutu meurtrier, il a tué ma sœur et si je le trouve je le tuerai moi-même. »

« Tu sais quoi Weasley ? Je continue à me demander si un jour tu arriveras à grandir et que tu arriveras à dire des choses censées quand tu ouvres la bouche. Je réalise que ce ne sera pas encore pour aujourd'hui, et cela ne s'arrangera clairement pas dans le futur. » Lâcha Draco, le dédain étant perceptible dans chacun de ses mots.

Hermione serra Ron. « Tais-toi Malfoy, Ron est seulement choqué par les nouvelles. Tu ferais bien de garder tes commentaires pour toi. »

Draco ouvrit la bouche pour faire une réplique bien sentie à cette sang de bourbe, lorsque Dumbledore les rappela à l'ordre.

« Je sais que c'est un grand choc pour chacun d'entre vous, mais je sais de source sûre qu'Harry était innocent des crimes pour lesquels il a été enfermé à Azkaban des années auparavant. Il y a quelques heures, trois mangemorts ont été appréhendés en train de torturer une famille de moldus à Londres. Ces mangemorts nous ont été amenés, devant le Ministre Diggory et moi-même. Sous Véritaserum, nous les avons interrogés pour savoir si nous pouvions obtenir de nouveaux détails concernant les futurs plans de Voldemort. Pendant la discussion, un de ces mangemorts a reconnu avoir pris part à l'expédition visant à tuer Mademoiselle Weasley et Mr Creevey, ainsi que d'enfermer Harry Potter. Apparemment, cette mission fut un réel succès, puisque le but du Seigneur des ténèbres était de nous faire perdre la confiance que nous avions dans le jeune Monsieur Potter. Il n'a jamais pensé que la Communauté et moi-même tournerions le dos à Harry comme nous l'avons fait. Son plan s'est déroulé au-delà de ses espérances. »

« Mais nous l'avons vu, nous avons vu Harry et ça ne pouvait pas être du Polynectar, car j'ai exécuté le sort de révélation pour être sûre. » Hermione interrompit Dumbledore, lorsqu'il fit une pause pour reprendre sa respiration.

« Non Hermione, ce n'était pas du Polynectar, mais ce n'était pas Harry non plus. En réalité, Voldemort a découvert un nouveau charme d'illusion, faisant que les témoins de cette illusion voient exactement ce que le lanceur veut qu'ils voient. Ce sort ne s'arrête pas avec un Finite Incantatem. Vous n'aviez aucun moyen de savoir que ce n'était pas Harry le coupable, et qu'il était réellement à l'extérieur en train de se promener, comme il l'avait dit. »

Pas encore prête à admettre qu'elle se soit trompée, Hermione continua. « Mais, que faites-vous de sa signature magique sur la scène du crime ? »

« Hélas, c'était encore un coup de génie de la part de Voldemort. Comme Harry et lui partageaient un lien, à travers la cicatrice et le sang d'Harry, ce dernier ayant été pris lors de sa résurrection, Voldemort fut capable de répliquer l'exacte signature magique d'Harry, du moins en apparence. Si nous avions pris la peine d'y regarder plus près, nous aurions remarqué grâce à certains tests que la signature était modifiée. Ne sachant pas qu'il était possible de créer une signature magique de toute pièce, ces tests n'ont pas été effectués. » Le Directeur s'assit, fatigué.

Draco observa les membres du Conseil commencer à chuchoter entre eux. Soudain, un cri se fit entendre. « Vous êtes en train de dire que Harry était innocent durant tout ce temps et que nous l'avons envoyé en prison ? » Cette réflexion lui fit lever les yeux au ciel. "″Du calme Weasley. Oui, c'est exactement ce que Dumbledore essaie de te dire. Ta femme et toi avez livré votre meilleur ami en pâture aux lions, meilleur ami qui soit dit en passant était l'homme le plus innocent que cette terre ait porté. Cette pensée doit te mettre mal à l'aise j'espère, spécialement quand on sait comment il réagit en présence des gardiens de la prison. »

« Tu prends ton pied Malfoy, n'est-ce pas ? » Cria Hermione, alors que les larmes commençaient à couler sur ses joues. « Tu as toujours maintenu que Harry était innocent, comment pouvais-tu le savoir ? Peut-être étais-tu aux premières loges dans l'organisation de ce plan visant à enfermer Harry… Peut-être même étais-tu présent lors de la mise en pratique. »

Dumbledore regardait l'échange d'un œil sévère de l'autre côté de la table. « Assez Hermione ! Je sais que tu as beaucoup de peine, comme nous tous, mais cela n'excuse pas ton attitude. Je veux que tu t'excuses auprès de Draco immédiatement. Il n'a pas à se défendre ni devant nous, ni devant personne. Il nous a assez prouvé sa fidélité dans les combats, et sans lui nous n'aurions pas pu rassembler autant d'informations sur les actes du Seigneur des ténèbres. »

Hermione parut vaincue. « Vous avez raison Albus, j'ai eu tord. » Elle se tourna vers son vieil ennemi. « Je suis désolée Draco. Je sais que tu es fidèle à notre cause. C'est juste difficile d'admettre que tu as été le seul qui ait cru Harry alors que nous autre, qui étions ses amis intimes, l'avons laissé tomber. Je me sens très mal, tant pour ce que nous lui avons fait, que pour les épreuves par lesquelles nous avons dû traverser par la suite. Je ne sais pas si je pourrai un jour me pardonner pour ce que j'ai fait. » Termina-t-elle doucement, incapable de continuer à cause de ses sanglots.

« Et bien, je n'étais pas le seul à le croire innocent. Severus ne l'a, lui non plus, jamais cru capable de tuer de sang froid. Et j'ai toujours soupçonné Sirius de douter de la culpabilité d'Harry. » Répondit Draco.

« Mais avec toutes les preuves contre lui, comment pouvais-tu savoir Draco ? Comment pouvais-tu être sûr qu'il n'avait pas tué ces étudiants ? » Draco fut surpris de voir de l'anxiété sur le visage du loup-garou.

« Je savais parce que je connaissais Harry. J'ai été abasourdi de voir que tous ceux qui se disaient ses amis et sa famille n'ont pas été capables de voir au-delà des apparences pour voir ce qu'il se passait réellement. Harry déteste la violence. Bien sûr il était le sorcier le plus doué que j'ai jamais rencontré. Ses aptitudes en Défense Contre les Forces du Mal et en Duel n'avaient jamais été égalées, du moins à ma connaissance… même encore maintenant. Mais en dehors de toutes ces choses, il restait ce même petit garçon qui recherchait continuellement l'approbation de ses pairs, voulant que chacun l'aime et soit fier de lui. »

« Les années passées avec ces infâmes moldus l'ont laissé avec un manque total de confiance en lui, ainsi qu'un besoin constant d'être rassuré sur sa nécessité d'exister. La seule chose qu'il n'ait jamais voulue, c'était d'être accepté pour ce qu'il était, rien que ça. »

« Je veux dire que nous sommes en train de parler du même homme qui, à l'âge de douze ans, armé seulement de sa baguette, s'est aventuré dans la Chambre des Secrets, seul, en sachant qu'elle renfermait un basilic, uniquement pour sauver la fille Weasley. Leur relation aurait-elle tellement changé durant les cinq années qui ont suivi, au point qu'il veuille la tuer ? Pour moi, cela n'a aucun sens. »

Draco cessa de parler, puis termina sur une pensée. « J'ai toujours cru en Harry. Le problème avec vous tous, c'est que vous avez tous cru en Harry Potter, le 'Garçon-Qui-A-Survécu' et vous n'avez jamais vraiment voulu connaître Harry. Si vous l'aviez fait, vous ne l'auriez jamais cru capable de commettre les actes pour lesquels vous l'avez envoyé en prison. »

Le silence pesant fut brisé par des sanglots étouffés.

Dumbledore, le cœur lourd et plein de regrets, observa l'impact de ce discours passionné sur ses fidèles membres de l'Ordre. La vue d'un Sirius Black brisé le troubla énormément. Cet homme avait traversé beaucoup trop d'épreuves tout au long de sa vie. Le directeur s'éclaircit la voix et attendit que l'assemblée se calme, il pourrait enfin recommencer à parler une fois l'attention revenue. « Je sais qu'une grande majorité de nous, aura à répondre de nos actes ; si ce n'est pas devant Harry personnellement, au moins devant notre propre conscience, mais actuellement ce n'est ni le lieu ni le moment pour cela. Maintenant, je vous demande ce que nous devons faire de cette information. »

Sirius, la tête entre ses mains, regarda le vieux sorcier. « Que voulez-vous dire par faire avec cette information ? Harry doit être blanchi de ces meurtres. »

Dumbledore fit un geste d'apaisement. « Bien sûr Sirius, j'ai déjà entamé toutes les démarches pour déclarer Harry officiellement innocent. Il sera probablement blanchi de tout soupçon dès demain après-midi. Non, ce que je voulais dire… »

Sachant exactement de quoi voulait parler son ancien Directeur, Draco l'interrompit. « Vous voulez savoir comment utiliser cette information à notre avantage pour la guerre. Vous voulez le retrouver et l'utiliser, n'est-ce pas ? » Cracha le jeune homme méchamment.

Bien que certains sorciers aient commencé à perdre leur respect pour le vieil homme, Albus n'en restait pas moins un mage puissant, particulièrement lorsqu'il était en colère. Draco retint sa respiration alors que Dumbledore le menaça du regard. Après un moment, le Phénix sembla reprendre le contrôle de lui-même, et c'est d'une voix calme qu'il parla. « Oui Draco, tu as raison en partie. Je crois sincèrement que nous devrions retrouver Monsieur Potter, mais il ne m'est jamais venu à l'idée de l'utiliser. »

Sirius s'étouffa d'incrédulité. « Allez-vous faire foutre ! Vous vivez dans un monde de rêves Albus, mais n'espérez pas entraîner les autres avec vous. Vous n'avez jamais fait que le manipuler pour en faire une arme parfaite, pour que vous puissiez l'utiliser si la situation empirait. Et quand il s'est avéré que votre arme n'était pas si parfaite que vous le pensiez, vous l'avez abandonnée. Vous aviez prévu de l'utiliser de la même manière que vous avez utilisé James. » Sirius cracha la dernière partie de son discours d'une voix amère.

Albus regarda autour de lui, et il vit avec surprise que de tous les visages présents autour de la table, il s'était attendu à la réaction de Draco, mais vraiment pas de la part de Sirius. « Pourrais-je savoir qui d'autre partage ce point de vue ? »

Le vieil homme fut surpris lorsqu'il vit Draco, Severus, Minerva, Sirius, Remus, Tonks, Fred, George, Bill et Charlie Weasley lever la main. Il sentait qu'Hermione et Ron auraient bien levé leur main également, mais ils étaient encore en train de réaliser qu'ils étaient responsables d'avoir envoyé leur meilleur ami, innocent qui plus est, à Azkaban. Environ la moitié du Conseil pensait qu'il avait monté des plans pour utiliser Harry Potter. Il y avait là matière à réfléchir. Notant dans sa tête de consulter sa pensine plus tard dans la nuit, le Directeur savait qu'il devait essayer de sauver la situation avant qu'elle ne devienne incontrôlable.

« Je suis vraiment désolé que vous puissiez penser cela de moi. En dépit de ce que vous pensez, j'ai toujours sincèrement aimé Harry. Ce que j'étais en train de suggérer, c'était de combiner nos efforts pour tenter de le localiser afin de pouvoir nous excuser, ainsi que pour lui faire savoir qu'il n'était plus considéré comme un fugitif. » Se rasseyant dans sa chaise, le Directeur fit une pause avant de continuer. « Comme vous le savez tous, Harry fait partie des sorciers les plus puissants en vie, ou même le plus puissant ; il est également l'Héritier de Gryffondor. N'oubliez pas qu'il déteste Voldemort ; après tout, le Lord Noir a tué ses parents et il l'a tourmenté pendant des années. De plus, il est le responsable du complot visant à le faire condamner et emprisonner. Si Harry choisit de nous pardonner et de nous aider dans la guerre, nous aurions le renfort nécessaire pour enfin sortir ce monde de la période la plus sombre qu'il ait jamais connu. Et si cela signifie que nous devons supplier Harry de nous pardonner pour qu'il nous aide, alors je pense qu'il faut tenter le coup. »

Voyant que beaucoup de têtes du Conseil étaient d'accord avec lui, le Directeur continua. « Je pense que la première chose à faire pour tenter de localiser Monsieur Potter, c'est de comprendre comment il a réussi à s'échapper. » Ignorant les regards confus du reste des membres du Conseil, alors qu'ils discutaient de l'évasion pour la millième fois depuis quatre ans, Albus se tourna vers Draco. « Draco, je pense qu'il est temps que tu sois honnête avec nous en ce qui concerne le rôle que tu as joué dans l'évasion de Harry, tu ne crois pas ? »

Le blond fut estomaqué. Il n'arrivait pas à croire que Dumbledore savait depuis tout ce temps.

Il laissa un peu de temps au jeune homme pour assimiler ses paroles avant d'ajouter, « En dépit de ce que tu peux penser de moi Draco, j'ai vraiment aimé Harry, je le considérais presque comme mon petit-fils. Son arrestation et son inculpation furent comme un coup de couteau dans mon cœur. Je ne voulais pas croire qu'il ait pu faire cela, mais avec toutes ces preuves, j'ai ignoré mes sentiments, et c'est quelque chose que je regretterai jusqu'à la fin de ma vie. J'ai longtemps supposé que tu étais à l'origine de l'évasion d'Harry. J'ai tenu ma langue jusqu'à maintenant par tendresse envers Harry, ne voulant pas le voir retourner en prison, ou pire, être tué, mais à présent je me dois de te supplier de nous dire ce que tu sais. Nous devons vraiment retrouver Harry. Si ce n'est pas pour notre propre salut, au moins pour lui offrir toutes la protection que nous pourrons lui donner contre Voldemort. »

Draco jeta un regard à Severus à travers la table, et fit le vide dans son esprit. « Bien. Vous voulez savoir comment il s'est échappé ? Vous allez le savoir. » Ignorant les expressions incrédules sur les visages des membres de l'Ordre, il continua. « C'était facile, vraiment. Je savais que Voldemort prévoyait une attaque à Azkaban, et qu'il voulait enrôler autant de potentiels nouveaux adeptes que possible. Je savais que pendant l'attaque, les barrières habituelles protégeant la prison seraient tombées, alors j'ai fait un portoloin pour Harry. Tout ce que j'ai eu à faire le jour de l'attaque était de le trouver avant tout le monde et lui donner le portoloin qui, une fois activé, l'a emmené loin de là dans un endroit protégé. »

« Et le Bobtail dont tout le monde se souvient avoir vu ? » Questionna doucement Albus.

Ricanant, Draco répondit. « Comme vous aviez informé tout le monde au Ministère à propos de la forme animagus de Harry, j'ai seulement utilise cette information à mon avantage. J'ai métamorphosé une souris en un chien ressemblant à la forme d'Harry. J'ai mis l'animal sous Imperium et lui ai ordonné de courir se jeter dans la mer et de nager pour essayer d'atteindre la côte. J'ai pensé que ça détournerait l'attention des gens de la vraie localisation d'Harry s'ils pensaient qu'il avait quitté la prison à pied alors qu'il était déjà bien loin. »

« C'était vraiment un plan ingénieux Draco, je dois le reconnaître. Tu as une fois de plus démontré ta capacité à établir une stratégie, comme tu l'as montré à maintes reprises. Mais je dois savoir, où as-tu envoyé Harry ? »

Apparemment, le blond ne voulait pas le leur dire. Même en sachant que le brun n'y était plus depuis longtemps, le temps passé à New York avec Harry était privé et personnel. Ces moments faisaient partie des meilleurs souvenirs que le blond possédait et il ne voulait pas les partager avec eux.

Voyant l'obstination sur le visage du jeune homme, Albus jugea que quelques encouragements supplémentaires ne seraient pas de trop. « Je te promets que nous n'insisterons pas, mais j'ai besoin de savoir où il était et dans quel état il était. S'il te plait Draco, aide-moi à le retrouver. »

La résolution du blond s'effondra, pas tant à cause du discours d'Albus, mais bien à cause de l'espoir sur le visage de Black. Draco se décida à leur dire ce qu'ils voulaient entendre.

« Le portoloin l'a emmené dans un appartement à New York City. Après le débriefing, ici et avec le Lord Noir, j'ai rejoint Harry. Tout ce qu'il a été capable de faire au début, fut de dormir, mais il a repris des forces, et juste avant que je ne le quitte la dernière

« Comment était-il mentalement, Malfoy ? Était-il très en colère après nous ? » Le Serpentard foudroya du regard le jumeau Weasley qu'il pensait être à l'origine de la question posée, sans savoir lequel des deux avait parlé. Il n'avait jamais fait d'efforts pour pouvoir les différencier.

« Que crois-tu Weasley ? Il a seulement passé dix-huit mois dans une cellule lugubre, sans contact humain, et gardé par pas moins de deux détraqueurs par heure. Comment crois-tu qu'il était ? Était-il sain d'esprit ? Non il ne l'était pas, mais si tu penses qu'il était resté la même personne que tu côtoyais dans ta maison et avec qui tu jouais au quidditch, tu te trompes. Évidemment il a changé. »

Remus le regarda avec les yeux rouges. « Comment a-t-il évolué Draco ? »

Le blond le regarda, on dirait qu'il ne pourrait pas échapper à cette question. Il savait que le Conseil ne le laisserait pas tranquille avant qu'il ne leur ait raconté ce qu'ils voulaient savoir. Il ferma les yeux, revoyant les moments passés avec Harry à New York. Merlin, il lui manquait tant. Essayant de se concentrer sur le comportement du brun ainsi que le sentiment qu'il avait quand il se trouvait dans ses bras, Draco se focalisa sur les souvenirs pouvant rassurer ces gens.

« Il était plus sombre, pas vraiment mauvais, presque paranoïaque dans les premiers temps. Il ne souriait, ni ne riait pas, il était calme et passait beaucoup de temps à réfléchir ou à regarder à travers la fenêtre. » Un doux sourire éclaira le visage du jeune homme, alors qu'il se perdait dans ses souvenirs. « Il adorait aller à l'extérieur, et nous avions l'habitude de faire une promenade tous les jours. Vers la fin de mon séjour avec lui, il semblait mieux, plus heureux. Avant que vous ne posiez la question, il a quitté l'appartement de New York. Je suis revenu quelques semaines plus tard pour voir comment il allait, mais il était parti. Je lui avais laissé de l'argent pour prendre un nouveau départ, ainsi que des documents afin qu'il puisse changer d'identité. Je le soupçonne également d'avoir changé d'apparence. » Draco tenta de chasser ce sentiment de solitude qu'il ressentait à chaque fois qu'il pensait à l'appartement vide. Il y avait encore une chose dont il devait parler, puis il en aurait fini. « Vous devez savoir qu'il était très en colère contre le monde sorcier dans son ensemble pour lui avoir tourné le dos, et plus important, il n'éprouvait pas le moins du monde le désir de revenir ici. Je ne pense pas qu'il soit très heureux d'être retrouvé. »

« Mais pourquoi as-tu fait cela Draco ? Tu n'es pas le genre de personne à aider quelqu'un par pure bonté d'âme. Qu'est-ce que cela représente pour toi ? » Le blond croisa le regard de la tête rousse qui avait parlé.

« Qu'est-ce que ça peut te faire pourquoi j'ai aide ton meilleur ami à s'échapper de l'enfer dans lequel vous l'avez mis ? Tout ce qui importe, c'est que je l'ai fait. »

« Alors c'est ça ? »

« Mais de quoi es-tu en train de parler, la Belette ? »

« Tu l'aimes, n'est-ce pas ? Tu veux le garder rien que pour toi. Tu n'arrêtais pas de le regarder durant notre septième année. Je pensais qu'il se passait quelque chose entre vous, mais je n'ai jamais imaginé cela. »

Severus Snape avait préféré rester silencieux tout au long de la discussion, et il avait décidé de s'asseoir et de regarder les évènements se déroulant sous ses yeux. Cependant, à présent il ressentit le besoin d'intervenir. « Monsieur Weasley, par pitié épargnez-nous et arrêtez de déblatérer ces inepties semblant couler de cette chose que vous appelez une bouche. Les raisons pour lesquelles Draco a décidé d'aider Monsieur Potter ne vous regardent pas, elles ne concernent que Draco. Et de ce que j'ai pu en conclure, le pourquoi du commun ne nous fera pas progresser dans nos efforts pour le localiser. »

Lorsque Ron tenta de protester, Dumbledore l'arrêta. « Je suis d'accord avec Severus. Les relations entre Harry et Draco sont de l'ordre du privé et doivent le rester, comme le sont ses raisons pour aider Harry. Nous devrions au contraire lui être très reconnaissants du secours qu'il a apporté à Harry lorsqu'il était dans le besoin, alors que le reste d'entre nous n'a absolument rien fait. Me comprenez-vous, Ronald ? »

Voyant la tête rousse acquiescer, Dumbledore interrogea son entourage pour savoir comment arriver à localiser Harry. Malheureusement, chaque tentative déboucha sur un échec. Depuis quatorze longs mois, l'Ordre essayait de trouver le brun, mais à chaque fois il faisait choux blancs.

Fin du Flashback.

Les pensées de Draco furent interrompues lorsqu'Albus Dumbledore s'éclaircit la gorge, ramenant l'attention de chacun sur lui. Le pétillement dans les yeux bleus brillants du Directeur était revenu en force après une longue absence. « Bien, apparemment ce ne sont pas de mauvaises nouvelles » pensa Draco.

L'énergie dans le sourire du Directeur était contagieuse. « Mes chers amis, après une longue recherche, je suis heureux de vous apprendre que nous pensons avoir localisé Harry Potter. »

À suivre