OH MON DIEU ! JE SUIS IMPARDONNABLE !
Un jour de retard, vraiment, pardon ! Pour ma défense, je révise pour des partiels, alors je vous avoue que la publication m'est complètement sortie de la tête D:
Sinon j'espère que vous allez bien :)
Sarah Holmes : Merci beaucoup pour ton commentaire ! La suite arrive, quelque peu en retard (pardon !), mais la voilà ! J'espère qu'elle te plaira toujours autant :3
Sur ce, bonne lecture !
Angelina faisait une tête de six pieds de long. Moriarty savait faire parler de lui, ça c'était sûr. La Tour de Londres, la Banque d'Angleterre, et la prison de Pentonville. Oh, pour sûr, ce type savait mettre le doigt là où il ne fallait pas. La fillette était en stress permanent depuis qu'il avait été arrêté. Il avait suffi d'un simple message de Lestrade pour que tout leur quotidien chavire et ne commence à tourner autour de ce malade. Tous les jours, les journalistes attendaient devant la porte. Et aujourd'hui, le triple était présent.
Aujourd'hui était un jour spécial. C'était le jour du procès de Moriarty. Elle avait mis une jolie robe, avait laissé John attacher ses cheveux en chignon, et elle avait suivi le mouvement. Elle voulait voir de ses yeux celui responsable de son empoisonnement. De plus, elle devait elle aussi témoigner à la barre. Accompagnée d'un adulte, certes, mais tout de même. Elle n'allait être qu'à quelques pas de ce type qui la terrorisait. Alors qu'ils entraient dans le tribunal, John faisait quelques rappels de dernière minute au détective, qui finit par s'éclipser aux toilettes. Le soldat soupira face à ce comportement puéril, puis se tourna vers la petite brune.
Elle sautillait d'un pied sur l'autre, pas à l'aise pour un sou. Elle n'avait qu'une hâte : rentrer chez elle et retrouver Bilbo. L'adulte sourit, et l'assit sur une chaise avant de s'accroupir en face d'elle avec le sourire rassurant qu'il gardait depuis le début de matinée, pour la détendre.
"- Tout va bien se passer, Angel. Tout ira bien."
"- Où est papa ?" murmura-t-elle sans oser relever les yeux.
Le blond soupira, fermant les yeux avant de remonter le menton de la fillette pour que leurs yeux se rencontrent.
"- Il travaille, Angel. Mais tu ne dois pas avoir peur, ça va aller. Sherlock est avec toi."
Ce dernier arrivait d'ailleurs, et ils pénétrèrent ensemble dans le tribunal, main dans la main. Elle releva les yeux vers son oncle, qui semblait plus calme que jamais, alors que son coeur battait la chamade. Il poussa un soupir dépité, et se tourna vers l'enfant alors qu'ils s'asseyaient près de la barre en attendant qu'on les appelle. Il passa un bras autour de ses épaules, et avec sa main libre, prit le pouls d'Angel. Il était élevé.
"- Tu as peur." dit-il dans une affirmation parfaite.
"- Bien sûr que j'ai peur." rétorqua-t-elle entre ses dents. "Cet homme a essayé de me tuer."
Lorsque Moriarty arriva dans la salle, le temps sembla s'arrêter. Angelina plongea ses yeux dans les siens, pour n'y lire que de la folie. Deux autres yeux passèrent dans son esprit, mais elle les effaça aussitôt. Soudain, on appelait Sherlock à la barre, et il avait à peine commencé qu'elle savait déjà que cela courait à la catastrophe. Ça ne manqua pas. Cinq minutes plus tard, il était forcé à quitter la salle et enfermé en cellule. Elle changea aussitôt de couleur en réalisant qu'elle était seule. Seule face au jury, à ce psychopathe, au monde.
"- Miss Angelina Holmes, pourriez-vous venir à la barre, je vous prie ?"
Elle se leva en tremblant, peinant à monter les deux marches qui menaient à la barre. Elle s'y agrippa de ses deux mains, le coeur au bord des lèvres. Elle se tourna vers le maître du procès, prenant un visage fermé de sorte à ce que quiconque ici présent ne puisse déduire la peur panique qui s'infiltrait en elle. Le regard aussi sûr que possible, elle posa ses yeux transparents sur le vieil homme avant de parler d'une voix forte.
"- Je ne crois pas être autorisée à témoigner seule, maître."
"- J'en suis bien conscient, miss Holmes, mais sachez que nous n'avons pas le choix au vu des circonstances. À présent", renchérit-il, "veuillez répondre aux questions de miss Sorrel."
"- Bien, maître. Mais puis-je quérir la présence du Docteur Watson à mes côtés ?"
"- Rejeté. Répondez, à présent."
Elle expira bruyamment pas le nez, agacé de ce type qui n'avait pas conscience qu'elle n'était qu'une enfant, malgré le nom qu'elle portait. Elle soupira en fermant les yeux, puis releva la tête en figeant son regard dans celui de Moriarty. Ravi qu'elle lève les yeux vers lui, le criminel consultant lui fit un clin d'oeil, et elle sentit un frisson traverser toute sa colonne vertébrale. Elle déglutit difficilement, cherchant du réconfort dans les yeux de John, qui semblait au moins aussi tendu qu'elle. Enfin, elle se concentra sur l'avocate pour répondre à chacune de ses questions le plus précisément possible.
"- Quand avez-vous rencontré le professeur Moriarty pour la première fois ?" fut la première question posée.
Angel soupira. Cette question était ridicule et inutile ! Il n'avait même pas tenté de lui parler, cette fois-là !
"- C'était il y a déjà quelques mois."
"- Pouvez-vous nous donner le contexte ?"
"- Sherlock enquêtait sur un poseur de bombes." commença-t-elle. "Nous étions à Saint Bart pour faire des analyses. Et c'est ainsi que je l'ai vu la première fois, dans un cliché parfait du type gay."
Des rires fusèrent dans la salle, se stoppant lorsque l'enfant posa son regard de glace sur toutes les personnes ayant eut le culot de cette réaction.
"- Dans votre déposition", reprit l'avocate, "vous dites que le professeur Moriarty a tenté de vous tuer. Était-ce à ce moment là ?"
"- Non. C'était quelques jours plus tard."
"- Et l'avez vous vu de vos yeux, ce jour-là ?"
"- Non." admit la petite fille. "Il y avait un ordinateur, dans la chambre de Sherlock, où était diffusée une vidéo en direct. Puis on m'a attaquée, et forcée à mettre un casque pour regarder la vidéo. Et j'y ai entendu la voix du professeur Moriarty. La vidéo était diffusée depuis son point de vue."
"- En êtes-vous sûre ?" la coupa la jeune femme.
"- Certaine. Je reconnaitrais sa voix entre mille."
"- Si il n'était pas présent, comment a-t-il tenté de vous tuer ?"
"- Son larbin m'a forcée à utiliser un micro sur lequel son patron avait mis de la ricine, un poison très puissant et mortel à forte dose. J'ai eu de la chance de n'en ingérer que très peu."
"- Et pour votre oncle ?"
"- Je n'ai pas eu l'occasion de voir comment cela se terminait." Elle prit une lourde inspiration. "Je me suis évanouie avant."
"- Très bien. Ce sera tout."
Angelina se précipita sur sa chaise, crispant ses points sur sa jupe. À peine le procès fut-il mis en pause que la jeune fille courait à l'extérieur se jeter dans les bras de John, qui la serrait dans ses bras, caressant son dos pour la rassurer. Il l'embrassa sur la joue en lui jurant qu'elle avait été parfaite, et tous deux, ils partirent payer la caution de Sherlock pour libérer celui-ci.
Ils rentrèrent à Baker Street, et pendant que les deux hommes se chamaillaient, Angelina entreprit de donner des croquettes à son chien. Ce dernier arriva en remuant la queue, ravi, et alors qu'il dévorait son repas, elle retourna dans le salon en détachant ses cheveux, observant les deux hommes échanger. Elle décida de les couper, s'asseyant entre eux sur son pouf.
"- Je veux voir sa condamnation."
Stupéfait, le célèbre duo se tournait vers elle en écarquillant les yeux, plus que surpris de cette initiative. Sherlock accepta, à la condition qu'elle reste avec John tandis qu'il resterait à Baker Street. Elle le remercia d'un hochement de tête, et saisit sa harpe pour jouer quelques accords, chantant avec douceur pour calmer son coeur en détresse. Bientôt, tout serait fini.
Dieu sait comme elle avait tort.
La défense de Moriarty venait d'affirmer qu'ils n'avaient aucun témoin, et à ce moment-là, le psychopathe se tourna vers John et Angelina en faisant une moue désobligée. Cherchant malgré tout à cacher leur peur, aucun des deux ne détourna le regard, mais leurs mains se saisirent l'une et l'autre, leurs yeux figés sur le criminel consultant. Ils sortirent pour attendre la délibération, et ce n'est qu'à ce moment qu'Angelina comprit. Elle jura, recevant un regard assassin du médecin, qui n'appréciait pas l'entendre injurier dans un tribunal.
Elle l'ignora superbement, ses yeux se perdant dans le vide alors qu'elle se mordait la lèvre. Bien sûr. Pourquoi ne l'avait-elle pas compris plus tôt ? Il allait s'en sortir. Il allait s'en sortir parce qu'il menaçait probablement les jurés. Elle donna un coup de poing au banc sur lequel elle était assise, et une large main se posa sur la sienne. Elle releva la tête en se forçant à sourire à John, mais cela n'empêcherait pas ce qui allait arriver. Et ça la dégoûtait à un point inimaginable.
Lorsqu'ils ressortirent du tribunal, le premier réflexe du médecin, fou de rage, fut d'appeler le détective pour le tenir au courant. Pendant qu'il faisait un scandale au téléphone, Angel fixait ses pieds, ses sourcils froncés. Quel intérêt ? Quel intérêt à faire une chose pareille ? Se faire emprisonner afin d'être acquitté. Se laisser emprisonner en sachant qu'il allait être libéré.
Quel était l'intérêt ? Toutes les preuves étaient contre lui, on le démonterait dans les journaux, dans tous les médias possibles et imaginables. Alors pourquoi ? Pour la beauté du geste ? Elle eut une exclamation de compréhension quand la réponse apparut comme une évidence devant ses yeux. Bien sûr. C'était un criminel consultant. Qu'on consultait, donc. Qu'on connaissait par le bouche à oreille, avant cette affaire. Mais plus maintenant. Il venait de se faire une jolie campagne de pub.
"- Mais quelle ordure !"
"- Angel..."
"- Non mais vraiment, John ! Il se FAIT SA PUB, À LA VUE ET AU NEZ DE TOUS ! Comment les gens peuvent-ils être aussi stupides ?! Oh, tais toi !" s'écria-t-elle en voyant que John allait parler. "Je sais ! Leurs familles sont menacées, et patati, et patata, mais ils laissent un psychopathe en liberté ! Niveau danger, ça revient au même !"
"- Pas vraiment, Angel... Maintenant, ce ne sont plus leurs familles qui sont visées. Ce sont Sherlock et toi."
"- John", commença-t-elle avec un rictus sarcastique, "tu as vraiment un don pour rassurer les gens, tu le sais, ça ?"
"- Oh, excuse moi, Angel, je suis un peu sur les nerfs. Allez viens, on rentre, maintenant."
Ils prirent un taxi, et alors qu'ils arrivaient dans Baker Street, Angelina hurla au taxi de s'arrêter, et sans que le soldat ne puisse y comprendre quelque chose, elle sautait hors du véhicule au bout de la rue. Elle piqua un sprint, ses joues se teintant de rouge pendant sa course, alors qu'elle sentait ses jambes protester, surprises par ce subit état physique. Elle courut néanmoins, arrêtant la personne qu'elle avait repéré en l'attrapant par la manche de son costume. L'autre se tourna vers elle en arquant un sourcil de surprise, et un grand sourire étira ses lèvres lorsqu'il la reconnut.
"- Angie ! Quelle bonne surprise !" s'écria celui qu'on avait libéré le matin même.
"- Je trouverai, Moriarty. Je trouverai, et je vous arrêterai." jura-t-elle, ses yeux lançant des éclairs. "Et ne m'appelez pas ainsi."
"- J'adorerai voir ça, Angie."
Il lui tourna le dos, disparaissant dans la foule, la laissant seule avec la peur sourde qui naissait dans son ventre. Le voir de si près, le toucher, croiser ses yeux avec autant de franchise, elle en était tétanisée. Il y avait un quelque chose dans son aura qui créait l'horreur qui la traversait dans tous son être, et elle se força à fermer les yeux pour reprendre le contrôle sur son esprit. Elle inspira à pleins poumons l'air londonien, lorsqu'un aboiement la tira de ses pensées. Elle se retourna, et vit Bilbo qui courait vers elle, ayant échappé au contrôle de Mrs Hudson. Elle l'attrapa en riant, serrant son chien contre elle. Au moins, certaines choses ne changeaient pas.
Deux mois plus tard, Lestrade et Donovan arrivèrent en trombe dans l'appartement, alors qu'Angelina était sous la douche. Elle sortit précipitamment en entendant du bruit, une robe rapidement enfilée, ses cheveux encore plus lisses qu'à l'habituel tombant dans son dos et jusqu'à ses fesses. Elle arriva dans le salon à toute allure, se stoppant en manquant rentrer dans Donovan. Elle fronça les sourcils, demandant de quoi il en retournait. Ils exposèrent rapidement l'enlèvement des enfants de l'ambassadeur des USA, lorsque John arriva à son tour. On lui expliqua également, Angel commençant déjà à réfléchir à quelques possibilités.
En deux/deux ils se rendirent sur les lieux, Angelina fouillant les livres de la bibliothèque de la chambre.
"- Il aimait les livres d'espionnage. Le garçon."
"- En parlant de livres", l'interpella Sherlock, "viens voir ça, mon petit ange."
Elle ne dit rien, mais elle sentit son coeur s'emballer. Cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait pas appelée ainsi ! Elle courut pour voir le live de contes dans la chambre de la fillette, l'observant sans comprendre, avant de retourner dans la chambre du garçon. Brillant, comme à son habitude, Sherlock déduisait à toutes vitesses, Angel marchant à quatre pattes dans la chambre, sentant une odeur particulière.
"- On a aéré ?" demanda-t-elle au DI.
Il haussa les épaules, sans savoir. Elle le remercia néanmoins en le gratifiant d'un sourire, puis souriant hypocritement à Donovan qui, apparemment, n'aimait pas que l'inspecteur soit aussi aimable avec elle. Soudain, son oncle sentit à son tour l'odeur, et elle se tourna vers lui d'un air triomphal, contente de l'avoir saisi avant lui. Il cria qu'on avait besoin d'Anderson, et alors qu'on attendait l'arrivée du médecin, elle s'assit sur le lit de l'enfant, fixant la porte. Comme il devait avoir eu peur, en voyant cette ombre, armée. Il devait avoir été terrorisé. On s'assit près d'elle, et elle sursauta violemment en croisant le regard de Greg, ne l'ayant pas entendu arriver.
"- À quoi est-ce que tu penses, Angel ?"
"- Je ne sais pas trop... Je me disais qu'il avait dû avoir très peur. Parce que moi, quand j'ai vu ce type à la maison, avec son arme, j'ai eu très peur." Elle releva la tête vers lui d'un air embarrassé. "Ne vous moquez pas de moi, s'il vous plaît."
"- Me moquer ?" s'indigna-t-il. "Me moquer ? Enfin, Angel !" s'écria-t-il finalement. "Je ne vais pas me moquer de toi parce que tu as eu peur lorsqu'on t'a pointée une arme dessus ! C'est normal d'avoir peur, Angel. C'est humain."
"- Je sais. Je sais que c'est humain... Mais cette humanité me ronge." lâcha-t-elle dans un dernier murmure.
Greg eut beau insisté, elle resta plongée dans son mutisme. Elle ferma les yeux un instant. Elle ne se rappelait plus trop de son enlèvement, le jour de la mort de sa mère. Elle ne se souvenait pas bien. Juste... la peur, une peur terrible. La même peur qu'elle ressentait face à Moriarty. Parce que l'évènement dont elle avait parlé n'était pas la jour de la piscine. C'était le jour où sa mère était morte. Elle soupira, et ouvrit brutalement les yeux en entendant la voix insupportable d'Anderson. Elle suivit les traces d'huile de lin au même rythme que le détective consultant, puis fit demi-tour quand il commença à retirer les morceaux de moulage qu'il venait faire d'une trace de pieds.
Elle sortit dehors : elle avait besoin d'air frais. D'une certaine façon, elle s'en voulait d'être un peu normale. Elle se sentait... tellement différente de Sherlock, et en même si proche. Si près, et si loin. Ils avaient le même cerveau, la même réactivité. Mais il n'avait pas le même coeur. Son coeur était fermé aux sentiments, comme celui de son père. Elle avait de lointains souvenirs de Mycroft ayant un sourire franc, mais cela remontait à si loin qu'elle ne savait plus s'il s'agissait d'un rêve ou d'une réalité. Elle enroula un doigt autour d'une mèche de cheveux, fixant l'horizon.
"- Angel !"
Elle sursauta, encore une fois aujourd'hui, se tournant vers John qui lui faisait des grands gestes alors que Sherlock s'engageait dans un taxi. Ils allèrent à Saint Bart, entraînant Molly avec eux pour travailler en laboratoire. Angelina leva les yeux au ciel, sachant pertinemment qu'elle ne pourrait toujours pas utiliser les microscopes, malgré ses supplications. Tandis qu'il listait tous les composants cachés sous les semelles avec l'aide de la jeune femme, John et Angelina regardaient ensemble par la fenêtre. Ils ignoraient que, derrière eux, la conversation que Molly et Sherlock avaient allait être décisive pour leur avenir, et ils riaient ensemble, la petite montrant des photos drôles qu'elle avait prise de Bilbo et son père, avait qu'elle ne rentre à Baker Street.
Ils se séparèrent quand le brun appela le médecin pour qu'il regarde les photos, quand John s'écria qu'il reconnaissait le symbole sur l'enveloppe, le sceau, qu'il l'avait déjà vu devant chez eux. Pendant que, à nouveau, le détective énumérait ce qu'il se passait dans l'esprit semblable des deux Holmes, Angelina murmura en même temps que John que l'histoire rappelait celle d'Hansel et Gretel.
"- La dernière substance", s'agaça Sherlock, "elle fait partie du compte de fée, de la maison de la sorcière."
"- Du chocolat." asséna Angel à la seconde où, quand personne ne regardait, elle avait jeté un coup d'oeil au microscope.
"- Mon Angel, tu es un génie ! Pas encore à mon point, mais un génie quand même !"
Elle éclata de rire quand son oncle la souleva du sol, et ils filèrent tous trois vers Scotland Yard. Pendant qu'ils réfléchissaient ensemble à un lieu, Angelina montrait les photos qu'il recevait à Sherlock, réfléchissant en même temps que lui. Elle ne fut cependant pas aussi rapide, car déjà, il s'écriait que les enfants se trouvaient à Addlestone. Greg appela toute son équipe, mais hurla au dernier moment qu'Angelina devait rester au Yard.
"- Quoi ?!" hurla-t-elle d'indignation.
"- C'est un kidnappeur, Angel, un kidnappeur d'enfants, alors TU POSES TON CUL SUR CETTE CHAISE ET TU RESTES LÀ !"
Stupéfaite que Lestrade hurle sur elle, elle se laissa tomber sur sa chaise, regardant le bureau se vider, suivant les images sur la caméra de l'inspecteur, et celle qu'elle avait discrètement donné à Sherlock. Elle se rongeait les ongles, paniquée. La situation devenait critique. Ça faisait plus de douze heures qu'ils avait été enlevés. Elle regardait les indices, écoutait les déductions de son oncle qui était sur place, et avait en plus toute la vue et les odeurs. Elle commença à prier intérieurement un dieu auquel elle ne croyait même pas, priant pour qu'on ne retrouve pas les deux autres morts.
Puis un hurlement de Donovan. On les avait retrouvés. En vie.
Alors qu'ils attendaient à l'hôpital, Greg autorisa cependant Angel à venir avec eux. Une jeune fille qui avait presque son âge rassurerait la fillette kidnappée qui était encore sous le choc. Lorsque la brune croisa son regard, elle revit l'enfant qu'elle avait été, du haut de ses cinq ans, retrouvée à côté du corps de sa mère, sous la pluie. Elle s'assit sur le lit, et lui sourit timidement.
"- Salut. Je m'appelle Angel. Tu es en sécurité maintenant. Les deux personnes derrière moi..." elle montra Lestrade et Donovan. "sont de Scotland Yard. Ils voudraient te poser quelques questions, tu veux bien ?"
La petite Claudette hocha la tête, et commença à répondre aux questions par des mouvements de tête. Non, elle ne connaissait pas l'homme qui les avait enlevés. Non, elle ne se rappelait de presque rien. Non, elle ne savait pas que les chocolats étaient empoisonnés. Finalement, elle ne savait pas grand chose. Quand les deux policiers sortirent de la pièce pour laisser la place à Sherlock et son acolyte, Angelina resta sur place, souriant à la fillette pour la rassurer. Chose qu'elle réussit, jusqu'à ce que Sherlock passe la porte. À peine avait-il fait un pas dans la pièce que la petite fille commençait à hurler. Surprise, Angel se leva aussitôt du lit, se précipitant à la suite de son oncle que Greg mettait dehors.
Elle tremblait, surprise pas les cris stridents qu'elle avait entendu, et qui lui avait filé la chaire de poule. Pendant que les adultes se demandaient pourquoi elle s'était mise à hurler en voyant le détective consultant, Angelina se demandait de plus en plus si Moriarty était impliqué dans cette affaire. Et si c'était le cas, il était probablement en train de tendre un piège à Sherlock. Était-ce pour cela que la petite s'était mise à hurler ? Un simple piège du criminel ? Elle soupira lourdement, elle avait besoin de plus d'indices.
Alors qu'elle sortait aux côtés de John et Sherlock, ce dernier leur ordonna de prendre le taxi suivant, étant trop occupé à réfléchir. Le blond souffla d'agacement mais obéit néanmoins, suivi d'Angel qui ne prononça pas un mot du trajet, trop occupée à réfléchir. C'était trop... bizarre. Elle sentait que quelque chose clochait dans cette affaire, mais quoi ? C'était trop facile, de retrouver les enfants comme ça. Trop simple. Soudain, elle fut tirée de ses pensées par les cris du médecin qui ordonnait au taxi de s'arrêter, et qui bondit hors du véhicule. Elle le suivit rapidement, criant le nom de Sherlock et se jetant dans ses bras quand elle vit le corps criblé de balles à ses côtés.
"- Tout va bien... Tout va bien..."
"- Sherlock", s'écria John, "qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
"- On l'a tué parce qu'il m'a serré la main. Il m'a sauvé la vie mais il n'a pas le droit de me toucher, pourquoi ?"
"- Tu as quelque chose que ces tueurs veulent, Sherlock..." murmura la petite fille, qu'il serrait contre son torse.
Il la souleva du sol pour la prendre dans ses bras, se dirigeant d'un pas pressé dans leur appartement en réfléchissant à voix haute. Il demanda à Mrs Hudson de monter pour vérifier la poussière et les caméras, et il déposa Angel dans son fauteuil en caressant sa joue avec tendresse avant de s'agiter à nouveau à droite à gauche. Mais soudain, Lestrade monta à l'étage et Sherlock, qui fouillait dans ses placards, ne dit qu'un simple mot.
"- Non."
"- Mais je n'ai encore rien dit !" s'insurgea le DI.
"- Vous voulez m'amener au poste mais la réponse est non."
"- Quoi ?!" hurla Angel en bondissant de son fauteuil.
Elle traversa toute la pièce, agrippant à deux mains la chemise du policier d'un air suppliant.
"- C'est à cause de la fille, c'est ça ? Hein, Greg ?"
"- Angel, je..."
"- C'était Donovan ?" coupa Sherlock. "Je parie que c'est elle."
Angelina commença à pleurer, tirant sur la veste de l'inspecteur, ses grands yeux suppliants se remplissant progressivement de larmes. Elle les sentait venir de plus en plus rapidement, et elle faisait de son mieux pour les refouler. Moriarty était monstrueux. Il s'apprêtait à briser son oncle de la pire des manières qu'il soit. Mais elle ne voulait, et puis, pourquoi Greg croyait-il une chose pareille, c'était atroce ! Sherlock expliquait cela d'une voix détachée, comme si cela ne le concernait pas. Elle éclata en sanglots.
"- Greg ! Ne rentrez pas dans le jeu de Moriarty, s'il vous plaît !"
"- Angel..."
"- C'est un jeu, Lestrade." affirma Sherlock en relevant les yeux vers lui. "Mais pas un de ceux que j'apprécie."
Bilbo arriva en couinant, se frottant aux jambes de sa maîtresse en larmes. Elle se pencha pour l'attraper, le caressant en continuant à pleurer alors que le DI ne savait pas comment réagir. Il décida de partir, tout simplement, et il caressa doucement la joue de la fillette avant de disparaître sans un sourire. Ses pleurs redoublèrent alors que John passait un bras autour de ses épaules. Elle se dégagea en reniflant, essayant de stopper ses larmes. Elle alla mettre son chien dans son panier en lui caressant tendrement le haut du crâne. La nuit était tombée depuis longtemps. Et pourtant, aujourd'hui, elle n'était pas fatiguée.
Elle se colla à la fenêtre, et vit Lestrade relever la tête. Leurs regards se croisèrent, et il baissa aussitôt les yeux alors qu'elle détournait le regard. John haussa soudainement le ton, la faisant frissonner.
"- Sherlock, je ne veux pas que le monde croit que tu es un... !"
Ses mots s'étouffèrent avant même d'être prononcés, et Angelina fronça les sourcils avec un regard de détresse pour le colocataire des Holmes. Il murmura le dernier mot du bout des lèvres. "Un fraudeur". Il ne voulait pas qu'on croit que son meilleur ami était un menteur. La fillette renifla, et prit son saxophone pour jouer un morceau de blues avant le retour de la police. Soudain, le téléphone de John sonna. C'était Greg, qui les prévenait de leur arrivée imminente. Angel eut un sourire triste. Lui, au moins, Moriarty ne l'aurait pas.
Mrs Hurdson monta précipitamment les escaliers en leur donnant un paquet qu'elle avait oublié le matin même. Un paquet avec le même sceau de celui de l'affaire des kidnappings. Mais déjà, la police arrivait. Bilbo se mit à courir en aboyant le moins discrètement du monde, alors que la fillette sentait ses yeux la piquer. Il grogna sur les officiers qui passaient et qui emmenaient le détective sous les hurlements de sa maîtresse.
"- Non ! Lâchez le, arrêtez, non ! C'est un piège, ne l'emmenez pas !"
"- Ferme la, Angel." asséna Donovan sans pitié. "Tu n'es même pas capable de voir qui il est vraiment ?"
"- Je le suis plus que vous." cracha-t-elle avec rage.
Alors que John essayait lui aussi de les arrêter, Angelina bondit en avant, poussant les policiers en dévalant les escaliers pour serrer son parrain contre elle. Et elle pleurait, comme elle pleurait.
"- Sherlock, défend toi, je t'en prie, dis leur, dis leur que c'est faux..."
Et alors qu'il s'apprêtait à lui répondre, on le colla violemment contre une voiture de police pour lui passer les menottes, et Greg dut attraper l'enfant dans ses bras pour qu'elle recule. Elle hurlait, se débattait comme un diable.
"- Sherlock ! SHERLOCK ! GREG, LÂCHEZ MOI, LÂCHEZ MOI TOUT DE SUITE !"
"- Angel, s'il te plaît..."
"- Je vous en supplie ! Lâchez moi ! SHERLOOOOOCK !"
Mais il ne la lâcha que lorsque John fut plaqué contre la voiture à son tour, pour avoir frappé le supérieur de Lestrade. Soudainement, des sons stridents retentissaient depuis les oreillettes, et le détective avait récupéré un pistolet qu'il pointait sur tous les policiers. Angel sauta vers lui, se cachant dans son dos en défiant le DI du regard, en colère pour ce qu'il avait fait.
Puis ils se mirent à courir.
Bilbo sur les talons, Angelina avait l'impression d'être en pleine fugue. La nuit, les étoiles cachées par le ciel de pollution, la Londres lugubre. Et elle courait, suivie par son chien, et suivant les deux hommes menottés. Agile, elle passait les obstacles sans difficulté, obéissant à chaque ordre prononcé par son oncle. Alors qu'ils réfléchissaient à une solution, le petit chien se retourna pour grogner vers l'arrière. On les avait suivis.
"- Un des nouveaux voisins de Baker Street."
"- Un tueur ?!" manqua s'étrangler Angel.
Soudain, le brun tira le blond avec lui, se jetant devant un bus sous les hurlements déchirés de l'enfant. Mais un homme trancha la nuit et sauta, leur sauvant la vie alors qu'elle les rejoignait en tremblant de tous ses membres, serrant Bilbo dans ses bras. Alors que le tueur expliquait que Moriarty avait laissé le code informatique quand il était venu à Baker Street, il se fit violemment abattre sous les cris stridents de la petite brune.
Sherlock les tira dans une ruelle, réfléchissant à un plan, et ils finirent installés confortablement dans le noir d'un salon d'une journaliste d'investigation, Kitty... quelque chose, pas important, Angel n'avait pas retenu. Lorsqu'elle arriva, le détective commença à parler avec elle sous l'oeil désintéressé de l'enfant, lorsqu'une voix, masculine, se fit entendre. Celle de la liaison publique, Richard Brook, ou plutôt... Moriarty déguisé.
Il était si convaincant qu'ils faillirent douter, mais le détective et ses deux acolytes finirent par tenter de lui courir après sous l'oeil avisé de la journaliste. Comprenant que cela ne mènerait à rien, ils partirent dans la rue. Pendant que John lui demandait si Moriarty pouvait lui faire porter ainsi le chapeau, le détective et sa nièce réfléchissaient à toutes vitesses. Lorsque les yeux d'Angelina s'éclairèrent de compréhension, Bilbo couina pour être porté, alors que Sherlock murmurait :
"- Il a toute l'histoire de ma vie. C'est ce que tu fais quand tu crées un gros mensonge. Tu le mélanges avec la vérité pour être plus acceptable !"
"- Ce sera ta parole contre la sienne." tenta John.
"- Mais tout le monde doute !" hurla Angel, frustrée. "Tout le monde doute depuis 24h !"
"- Il n'a besoin que d'une chose pour compléter son jeu", confirma le détective. "Et c'est..."
Mais il ne termina pas sa phrase, et personne ne releva, John, trop en colère, Angelina, trop en panique. Le détective disparaissait à nouveau, et le médecin prit l'enfant avec lui en enroulant un bras autour de ses épaules. Et John comprit ce qui paniquait Angel. Moriarty ne pouvait pas avoir découvert toutes ces informations sur le brun sur le net. C'était seulement quelqu'un le connaissant qui pouvait raconter comment il était. Et si ni lui ni Angel n'avait dévoilé la vérité, il ne restait qu'une personne à laquelle Moriarty aurait pu parler.
Et cette personne était Mycroft Holmes.
L'ancien soldat entraîna la fillette et son chien jusqu'au club Diogene, ce club qu'elle haïssait jusque dans les tréfonds de son âme, et la colère commençait à monter en elle, sourde, dévastatrice. Ils s'assirent dans son bureau en attendant qu'il revienne, et elle, elle caressait son chien pour se calmer. Elle sentait la haine couler dans ses veines. Quoi qu'il arrive, il fallait TOUJOURS qu'il y ait quelque chose qui n'aille pas. Toujours. Une larme dévala le long de sa joue. Elle se sentait blessée. Son propre père avait osé faire une chose pareille, transmettre toute la vérité à ce démon. C'était pour ça qu'il n'était pas venu au procès. Bien sûr que c'était pour ça.
Et enfin, il arriva, l'air nonchalamment, comme à son habitude. John tremblait à côté d'elle en lisant chaque journal écrit par cette stupide journaliste de Kitty Riley -cette fois, Angelina se rappelait de son nom-. Toute cette vérité englobée de mensonges la rebutait. Elle aurait voulu hurler sur tous les toits que cette soit-disant véracité n'était qu'un mensonge aussi gros que l'univers. Ce fut le blond qui lança les hostilités.
"- Ce sont des choses que seuls des proches de Sherlock pouvaient connaître. Alors si ce n'est ni Angelina, ni moi, qui reste-t-il ? Mh, Mycroft ?"
Alors que Mycroft finissait par leur expliquer d'une voix calme tout ce qu'il s'était passé avec Moriarty, Angelina bouillonnait sur place. Comment avait-il pu OSER ? Jouer avec Sherlock, avec sa vie, avec LEURS vies, à tous ? Elle sentait ses mains trembler alors que son père parlait, et à ses côtés, John était dans le même état de colère qu'elle. Elle crispa ses mains sur sa jupe plissée, et releva la tête vers lui. Le médecin frémissait, elle lisait sur son visage de la colère, de l'incompréhension. Il crachait ses accusations et elle ne savait que trop bien -ou plutôt, elle ne lisait que trop bien sur le visage de celui qui leur faisait face- que tout ce qu'il disait était hélas la pure vérité. Mais soudain, elle éclata. Trop. Tous ces mensonges, ces petits secrets, Moriarty, c'était trop. Elle hurla.
"- Mais comment t'as pu ?! Comment t'as pu faire un truc pareil à Sherlock ?!"
"- Je ne voulais pas…" tenta-t-il d'argumenter. "Je n'avais pas le choix."
"- Mais, bordel, on a TOUJOURS le choix ! Tu me… Tu me dégoûtes."
"- Angelina…"
"- Tu sais quoi ? Sherlock. Ton frère. La personne que t'es en train de briser par le biais de Moriarty… C'est le père que j'ai jamais eu."
Le visage de Mycroft se décomposa. Elle lui aurait planté un poignard en plein coeur que cela aurait eut le même effet. Elle se leva de sa chaise sans lui jeter un regard de plus, la vision brouillée de larmes, alors qu'elle lui tournait le dos et sortait du bureau en claquant la porte, laissant son fidèle chien derrière elle. Elle sortit dans la rue en poussant un profond hurlement de douleur qui la fit frissonner sous ses habits. Ses yeux piquaient, et elle resserra sa veste autour d'elle en attendant que John ait terminé, lorsque deux bras passèrent autour d'elle. Un chiffon fut plaqué sur son visage, et une seule pensée traversa son esprit alors qu'elle sombrait dans l'inconscience à cause du chloroforme. Ou plutôt un seul mot. Un nom.
"Sherlock."
Lorsqu'elle se réveilla, elle était attachée en haut d'un toit, et il faisait jour. On l'avait bâillonnée, et ce n'est que lorsqu'elle commença à se débattre en gémissant de panique qu'une voix se fit entendre. En l'entendant, un frisson traversa son échine, tandis qu'une sueur imaginaire perlait de sa nuque pour dévaler tout son dos sans honte. Elle déglutit difficilement, les yeux brillants de larmes d'horreur.
"- Tu-tu-tu ! Calme toi, Angie. Je suis content que tu sois là !"
Elle jeta un regard de haine à Moriarty, les yeux brillants de larmes. Il faisait beau, le ciel était bleu et sans nuages. La vue aurait été parfaite du haut du toit de Saint Bart si il n'avait pas été là pour la gâcher. Elle tenta de se défaire de son bandeau, en vain. Elle aurait au moins voulu l'insulter. Tant pis. Cela se passerait dans son esprit. Il s'approcha d'elle en dansant, ses écouteurs laissant entendre les Bee Gees. Elle frémit lorsqu'il s'arrêta à quelques millimètres d'elle, et il tendit la main pour remettre une mèche derrière son oreille. Il sourit d'un air pervers.
"- Tu étais si jolie le jour de mon procès... Qui t'a coiffée ainsi ? John ? Le toutou ?"
Elle ne répondit pas, mais ses yeux crachaient son venin de haine pour elle. Il rit à cette simple constatation, et lui donna une petite tape sur le nez qui la fit fermer les yeux d'anticipation. Il eut un sourire amusé, et laissa ses doigts glisser sur son visage. Elle grimaça. Elle sentait son eau de toilette d'ici. C'était fort. Elle avait horreur de ça. Les frères Holmes portaient toujours des choses plus discrètes. Ça lui donnait la nausée, et il ne put s'empêcher de le noter au vu de ses expressions faciales.
"- Tu n'aimes pas mon eau de toilette, Angie ? Ça me rend triiiiiiiste !" prétendit-il dans une grimace proche de celle qu'il avait fait au tribunal.
Elle tenta de lui mettre un coup de boule qu'il esquiva au dernier moment. Il éclata de rire.
"- Petite diablesse ! Quel dommage que tu sois sa nièce... Et que tu sois sa fille."
Elle se figea sur place. Et, content de lui, il commença à lui raconter chaque session avec son père, où ils parlaient de Sherlock, et visiblement, cela l'amusait beaucoup de voir le dégoût naître sur le visage de la petite fille, qui sentait ses yeux la brûler. Il chantonnait joyeusement, continuant entre deux marmonnements son récit. Elle sentit une larme rouler sur sa joue, et elle se maudit aussitôt. Ça lui faisait trop plaisir, ça se lisait dans ses yeux.
"- Tu peux pleurer, Angie. Ce n'est pas grave de pleurer."
Il sortit son téléphone, et eut un sourire ravi.
"- Excuse moi, je vais devoir me préparer pour ton oncle, petit ange !"
Et il s'assit tranquillement sur le rebord en attendant le détective. Le sang battait dans ses tempes, l'empêchant d'entendre correctement ce qui se passait autour d'elle. Elle tremblait. Puis Sherlock arriva. Il arriva, et la confrontation entre les némésis commença sous le regard rempli de craintes d'Angelina. Ils étaient effrayants, à se tourner autour comme deux fauves prêts à se sauter à la gorge. Elle eut un élan de panique en apprenant qu'un sniper la menaçait, ainsi que John, Mrs Hudson et Greg. Ils étaient en danger, et cela ne tenait qu'à la vie de Sherlock. Et enfin, Angel réussit à se défaire de son bandeau. Elle pouvait parler.
"- Ne l'écoute pas, Sherlock ! Il ne me fera aucun mal ! Il a trop besoin de moi vivante ! Ne saute pas, je t'en prie !"
Mais son cri s'évanouit dans le vent, et elle comprit qu'ils ne l'entendaient pas. Ils étaient enfermés dans leur bulle, dans leur univers déséquilibré, et pendant une seconde, elle repensa à sa conversation avec Lestrade, la veille au matin. Et elle était heureuse d'être la plus humaine de ces cerveaux. Parce que ce qu'elle voyait en ce moment la terrifiait au plus haut point. Mais pour qu'ils survivent, Sherlock devait sauter. Ou Moriarty survivre.
Elle hurla en fermant les yeux quand ce dernier se tira une balle dans la bouche. Et elle hurla, hurla, et hurla encore. C'était affreux. Elle rêvait de le voir mourir, mais pas comme ça, pas dans ce contexte. Elle vit Sherlock se diriger vers le bord, et elle cria son nom.
"- Ne saute pas ! Sherlock, je t'en prie ! Ne saute pas !"
Il se tourna vers elle, lui souriant tristement, avant de prendre son téléphone pour appeler John. Il lui parla, quelques instants, avant de jeter son téléphone. Il regarda à son nouveau sa nièce -sa merveilleuse, sa magnifique petite nièce-. Il lui sourit, alors qu'elle pleurait, le suppliant en une litanie qui la torturait de ne sauter, de ne pas mourir, de ne pas l'abandonner.
"- Ne pleure pas, Angel."
"- Je.. J'y arrive pas." murmura-t-elle. "J'y arrive pas, Sherlock."
"- Tu n'as pas à avoir peur. Je t'aime."
"- Sherlie..." supplia-t-elle, bouleversée de l'entendre dire qu'il l'aimait.
"- Tout ira bien." promit-il.
"- SHERLOCK !"
Et il se retourna, et alors qu'il sautait dans le vide, la voix déchirante d'Angelina traversa le ciel, faisant s'envoler les quelques oiseaux qui vaguaient ça et là. Elle hurlait son prénom, hurlait à s'en briser les cordes vocales, suppliait, priait, priait alors qu'elle ne croyait pas, mais tout pour qu'il ne meure pas. Il ne pouvait pas mourir, c'était juste impossible. Alors elle hurlait son nom, encore et encore, parce que c'était la seule chose qu'il lui restait à faire. Elle ne voyait plus rien. Sa tête tournait. Elle maudit Moriarty et son cadavre. Il avait dû la droguer, bien sûr. Et la drogue ne s'était pas encore estompée. Elle ferma les yeux.
En bas, on tirait John loin du corps de Sherlock. Le blond murmurait que c'était son ami, qu'il était médecin, qu'il devait l'aider, mais on l'emmena loin de la scène, loin du regard vide de son meilleur ami. On lui posa des questions, et il murmura qu'une petite fille était attachée, en haut de l'immeuble, qu'il fallait l'aider. Et après ça, il se laissa tirer ailleurs. Plus rien n'avait de sens si son meilleur ami était mort.
On montait sur le toit à toutes vitesses. Le corps de Moriarty avait disparu, mais la tache de sang qui recouvrait le toit et les traînées qu'elle laissait prouvait bien q'un de ses hommes avait récupéré le corps sans vie de son patron. Greg Lestrade hésita à en être soulagé, en sachant que Sherlock venait de sauter d'un toit à cause de lui. Il souleva le corps évanoui d'Angelina dans ses bras après l'avoir détachée, caressant sa joue avec tendresse. Il la touchait comme si elle était en verre, dévalant les marches pour qu'on s'occupe d'elle au mieux. Et le DI commença à prier pour ne pas assister à la scène de réveil de la petite fille aux cheveux d'ébène.
Parce que cette scène risquait de lui briser le coeur.
Angelina ouvrit les yeux. Elle était encore à l'hôpital ? Elle devrait penser à prendre un abonnement. Une main serrait la sienne, comme la dernière fois, mais cette fois-ci, ce n'était pas Sherlock. C'était Mycroft, qui la regardait avec inquiétude, tandis que Greg la fixait de loin, dos collé au mur, Bilbo dans les bras qui jappait en posant ses grands yeux sur sa maîtresse. Elle regarda son père, les yeux encore chargés de reproches, mais elle voulut lui faire part du cauchemar horrible qu'elle venait de faire.
"- Papa... J'ai fait un rêve... Atroce. J'ai cru que Sherlock était mort."
Et à peine ce mot avait-il raisonné dans sa bouche qu'elle en saisissait toute l'ampleur, qu'elle se rappelait que non, ce n'était pas un rêve, Sherlock était mort, Sherlock avait sauté du toit, devant elle, sans qu'elle ne puisse réagir. Ses yeux s'embuèrent de larmes, et ses lèvres s'entrouvrirent en murmurant un "non" horrifié. Elle commença à trembler, des sueurs perlant sur son front, ses mains devenant moites. Elle voulait pleurer, et elle le fit : elle pleura. Et elle poussa un hurlement déchirant qui lui arracha la poitrine.
Aussitôt, les bras de son père l'entouraient, et elle pleura dans ses bras, longtemps. Lestrade posa son chien sur son lit, qui cala sa tête sur sa cuisse, alors qu'il frottait son dos aussi doucement que possible, pour la rassurer. Elle pleurait, échappant des phrases incohérentes, suppliant de lui dire que tout ça n'était qu'un rêve. Elle pleurait, et c'était horrible à voir et à entendre. Elle suppliait son père, et Greg préféra ne rien dire, ne l'encourageant que de sa présence.
"- Papa, c'était un cauchemar, hein, hein papa, hein ?"
"- Angel... Calme toi... Angel..."
Elle ne tiqua même pas que son père utilisait enfin son surnom, après des années d'entêtement.
Mais c'était compréhensible qu'elle ne réalise pas. La douleur était trop grande.
Même pour une Holmes.
OUI C'EST TRISTE.
PARDON.
Mais en même temps, je ne m'imaginais ABSOLUMENT PAS une autre fin. Angel, aussi intelligente soit-elle, n'est qu'une petite fille, et je pense que c'est la seule réaction logique qu'elle puisse avoir.
Enfin, à la prochaine, sur un chapitre sur les deux ans vécus par notre petite Holmes... ;)
À mardi ! (et sans retard, j'espère !)
