Salut à tous,

Me revoilà… Bon, alors j'ai hésité à continuer « les revoir » et puis j'en suis arrivée à la conclusion suivante : je vais terminer cette histoire. D'une part, parce que dans la vie, j'ai l'habitude d'aller au bout de ce que j'entreprends. Et d'autre part, les encouragements de Molly59 m'ont beaucoup motivée. J'ai préféré poursuivre, craignant de devoir affronter sa colère et c'est bien connu : il faut éviter de croiser le chemin d'une Molly mécontente (grand sourire). Pas Gryffondor pour une mornille, cette Chalini ! Au fait, faudrait un jour que j'aille faire un test pour savoir dans quelle maison je serais allé si l'enchanteur Poudlard existait. Vous avez déjà passé le test, vous ? Enfin bref !

Merci à Lylène pour sa relecture.

Voilà. Je crois que j'ai tout dit.

Ah non… encore deux choses.

Petite page d'auto-pub lol. J'ai écrit un petit OS très guimauve « Au clair de ta lune ». C'est un RL/OC. Si ça vous intéresse…

Ensuite, j'ai pris beaucoup d'avance dans l'écriture de « les revoir ». sachez donc que désormais, cette fic sera mise à jour plus régulièrement. Les MAJ devraient se faire le vendredi et le lundi. Cette fic devrait normalement être terminée avant le 26 octobre.

Maintenant, c'est promis, je me tais. Ou plutôt : je donne la parole à nos héros. Ce sera bien plus intéressant. Quoique…

Bonne lecture !

Chalini

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Chapitre 6

A l'infirmerie

Le professeur McGonagall faisait les cent pas. Depuis que Potter avait quitté son bureau, elle n'avait pas réussi à se concentrer sur la pile de courrier qui l'attendait. Depuis la réouverture de Poudlard, au mois de septembre, les parents d'élèves ne cessaient de la harceler de lettres pour s'assurer que la sécurité de leur enfant était prise en considération par la nouvelle directrice. Elle comprenait bien leurs inquiétudes : comment aurait-elle réagi si la chair de sa chair vivait dans un bâtiment qui avait été attaqué par les partisans de Voldemort l'été précédent ? Tous devaient être morts d'inquiétude. Certes, elle les comprenait, mais elle était lasse de toutes les critiques qui circulaient à son sujet. Beaucoup pensaient que Poudlard n'aurait jamais dû rouvrir, que si Dumbledore, le seul que Voldemort ait jamais craint, n'avait pas réussi à protéger son école, personne ne le parviendrait. Bien sûr, elle admettait que le danger ne pouvait être complètement écarté en ces temps de crise, on était en sécurité à nulle part, finalement. Mais la sécurité de Poudlard était sa préoccupation principale et elle avait tout mis en oeuvre pour qu'elle soit la plus efficace possible. Elle avait contacté les meilleurs enchanteurs du monde de la sorcellerie afin que ses élèves soient protégés. Elle avait déployé des trésors de patience pour recevoir un à un chaque enchanteur, les évaluer, leur demander ce qu'ils seraient en mesure de proposer et de fournir de leur temps et de leur talent. Elle en avait vu passer des candidats! Mais elle avait fini par en sélectionner une petite vingtaine qui avaient travaillé d'arrache-pied tout l'été pour que la sécurité de son école soit assurée.

Et puis, le professeur McGonagall avait la réputation d'être un professeur sévère parmi les élèves. Cela la faisait sourire. Oui, elle paraissait sévère, mais au fond d'elle demeurait le doute. Serait-elle à la hauteur de la tâche qui lui incombait ? Elle s'était habituée à être directrice-adjointe. Elle assistait fidèlement le professeur Dumbledore, l'aidait du mieux qu'elle le pouvait, mais elle était bien consciente de ne pas posséder son charisme et ses capacités. Tout l'été, elle avait appréhendé sa première rentrée en tant que directrice officielle du collège de sorcellerie Poudlard. Elle avait frémi, lors du banquet de début d'année, en voyant ces centaines de paires d'yeux la fixer intensément. Comme l'avait fait Dumbledore, elle avait essayé d'intégrer à son discours la fraternité entre les maisons, car elle était intimement convaincue qu'il fallait s'unir devant l'ennemi. Mais c'est sans grande surprise qu'elle avait vu que la table des serpentard était pratiquement vide. Les parents avaient presque tous retiré leurs enfants de l'école. Quant aux autres maisons, l'effectif avait bien diminué, mais demeurait tout de même suffisant. Elle avait fait "campagne" pour la réouverture de l'école et elle y était parvenue. Elle savait que c'était ce que Dumbledore aurait voulu. Il aurait certainement tout fait pour que l'école reste ouverte et pour que les étudiants puissent continuer à obtenir un enseignement de qualité dans le respect des autres.

En plus de tous ces soucis, le professeur McGonagall s'inquiétait pour Harry Potter. Depuis qu'elle le connaissait, elle ne l'avait jamais vu aussi renfermé sur lui-même que cette année-là. Et pourtant... Il avait vécu des épreuves éprouvantes, mais il avait toujours semblé se relever d'une manière ou d'une autre. Mais cette fois-ci, elle voyait bien qu'il sombrait. Elle avait tenté de lui parler, de lui offrir son aide et son écoute, mais il demeurait silencieux et taciturne. Elle ne l'avait jamais vraiment montré, mais elle avait beaucoup d'affection pour Harry, qui lui rappelait son père. Ce dernier, accompagné de Sirius Black, lui en avait fait voir de toutes les couleurs, mais ils avaient été des adolescents sympathiques. Le professeur McGonagall appréciait Potter, elle avait même pris sa défense face à Ombrage, lorsque cette horrible grenouille essayait de le décourager d'être auror. Pourtant, ces derniers temps, elle lui en voulait de ne pas lui parler de ce dont il avait discuté avec Dumbledore, mais elle connaissait Potter : fidèle à Dumbledore, il ne céderait pas. Tous ses efforts pour entrer en communication avec lui étaient restés vains jusqu'à ce soir-là, où il avait émit le voeux fou de revoir ses parents.

La directrice retourna s'asseoir dans son fauteuil directorial.

Elle avait été choquée quand Harry lui avait expliqué son désir. Elle n'en avait pas cru ses oreilles. Songeait-il vraiment à faire une telle chose ? Elle avait perçu dans le regard du jeune homme son désarroi et n'était pas parvenue à une autre conclusion : Harry Potter n'avait jamais été plus sérieux qu'en cet instant. Mais ce serait de la folie ! Retourner dans le passé ! Elle savait que ça allait bouleverser beaucoup de choses, autant sa propre vie que celle des gens de cette époque révolue. Comment allaient réagir James et Lily en le découvrant ? Sa ressemblance avec James était incontestable. Elle n'était pas dupe et Potter semblait le savoir aussi : ses parents seraient sûrement soupçonneux à son égard. Elle savait que cela le ferait souffrir, mais pouvait-il plus souffrir qu'en ce moment même ? Devant une telle détresse et après lui avoir fait promettre qu'il ne dirait la vérité à personne excepté Dumbledore, elle avait accepté. Oui, c'était une folie. Oui, elle aurait peut-être dû refuser de participer à une telle aventure ! Mais elle ne pouvait revenir sur sa promesse. Si cela pouvait apaiser un peu Potter... Certes, elle en doutait, mais il en était tellement convaincu.

Et puis… elle avait repensé à un certain Harry Parker, qui était arrivé à Poudlard lors de la septième année de James Potter et de Lily Evans. Un jeune homme qui, à la surprise de tous, ressemblait comme deux gouttes d'eau à l'attrapeur vedette de l'équipe de Quidditch de Gryffondor, hormis les yeux. Un jeune homme qui selon Dumbledore venait d'Australie…

Tout devint alors clair dans l'esprit de la directrice : en permettant à Harry de revenir dans le passé, elle ne faisait que suivre le cours des choses. Si elle avait agi différemment, si par hasard elle avait refusé, cela aurait pu avoir des conséquences graves – et même dramatiques - sur le cours du temps. Elle frissonna.

« Morgane que les lois temporelles sont complexes », songea-t-elle.

- Vous devriez aller vous coucher, Minerva, dit la voix calme de Dumbledore dans son cadre.

- Vous avez raison, Albus, dit-elle en se levant. J'y vais de ce pas.

oOoOoOoOoOo

Harry ouvrit péniblement les yeux. Il était allongé sur un sol de pierre et chaque partie de son corps lui faisait mal à en mourir.

- Hermione, il s'est réveillé, murmura une voix.

Harry essaya de se redresser, mais c'était au-dessus de ses forces. Il retomba lourdement sur le sol, ce qui lui procura une douleur supplémentaire.

- Oh, merci ! s'exclama une deuxième voix.

Puis Ron et Hermione entrèrent dans son champ de vision.

- Harry ! Harry ! Ca va?

- Je ne me suis jamais senti aussi bien ! plaisanta faiblement Harry.

- Tu sais qui on est, n'est-ce pas ? demanda Hermione, d'une voix tendue.

- Oui, les deux cinglés qui ont été assez stupides pour s'embarquer avec moi dans une telle galère.

- Hé! s'insurgea Ron. Je te ferai remarquer que sans nous, tu n'aurais certainement pas réussi à ressortir d'ici. Nous attendions que tu te réveilles pour retourner d'où nous sommes venus. Nous avons besoin de toi pour ouvrir le passage.

Ron se leva et prit Harry sur son épaule.

- Mais Ron, tu... commença Harry.

- Tu vois une autre solution ? Tu es incapable de bouger ne serait-ce que ton petit doigt.

- OK ! admit Harry qui avait bien trop mal à la tête pour tergiverser pendant des heures, mais vous avez pensé à un moyen de remonter dans la salle commune des Serpentard ? Nous n'avons pas Fumsek, cette fois-ci.

- Des balais ! répondit Hermione avec un sourire. Je vais utiliser le sortilège d'apparition.

- Une chance que tu sois avec nous, Hermione, dit Harry. Tu es la seule de nous trois à le maîtriser.

- Bon, on y va ! décida Ron. Viens, Hermione.

Cette dernière passa devant et ils traversèrent les salles en sens inverse, neutralisant au passage les gnomiflammes qui tentèrent à nouveau de les brûler. Ils retrouvèrent non sans appréhension la fameuse salle où l'air devenait de plus en plus solide. Hermione s'arrêta, ferma les yeux. Harry et Ron se doutaient qu'elle était en train de visualiser l'objet qu'elle désirait faire apparaître.

- Apparitio !

Une nouvelle fois, l'air commençait à leur manquer et Harry, bien trop faible pour tenter le sortilège, croisa les doigts pour que leur plan fonctionne. Quelques secondes plus tard, un balai apparut à côté d'Hermione. Ron essaya de l'imiter, mais il s'en doutait : rien ne se produisit, lorsqu'il prononça « apparitio ». Hermione répéta donc l'opération et un deuxième balai se matérialisa devant eux. Sans attendre, Ron installa Harry devant lui et enfourcha le balai.

- Ca va aller, Hermione ? s'inquiéta Ron.

Cette dernière fit « oui » de la tête, mais ne répondit rien. La meilleure élève de l'école était bien plus à son aise dans une bibliothèque remplie de livres indéchiffrables que sur un balai. Elle tremblait un peu, mais fut la première à décoller, suivie de près par Ron et Harry. Dès qu'ils prirent de la hauteur, l'air reprit son aspect normal et ils purent à nouveau respirer à plein poumon.

- Je vois une petite lumière, là-bas ! indiqua Harry en désignant le mur. Ca doit être le passage vers la salle des Serpentard.

Ron et Hermione bifurquèrent et Ron se stabilisa juste en face de l'endroit qu'Harry montrait.

Harry rassembla les dernières forces qui lui restaient. Il fixait la lumière. Maintenant, il fallait encore qu'il arrive à se concentrer suffisamment pour parvenir à parler Fourchelang, sinon...

- Ouvre le passage! murmura-t-il.

Mais rien ne se produisit. Harry tenta de garder son calme. Il était inutile de paniquer. Il avait réussi la première fois. Il y avait donc aucune raison pour qu'il échoue cette fois-ci. Il n'était simplement pas assez concentré, voilà tout. Il répéta sa phrase. Cette fois-ci, le mur s'anima et ils purent enfin sortir. Ron, à qui Harry avait donné la carte des maraudeurs, vérifia que le chemin était libre. Puis, avec soulagement, ils quittèrent la salle commune des Serpentard, sans un regard en arrière.

Soudain, Harry, toujours soutenu par Ron, se redressa brusquement, ce qu'il regretta aussitôt, ayant réveillé sa douleur.

- La Coupe ! Où est-elle ?

- Ne t'inquiète pas, Harry, dit Hermione d'une voix rassurante. C'est moi qui l'ai.

- Et elle ne t'a rien fait, à toi?

- Non ! répondit simplement Hermione.

- Allez, on va à l'infirmerie, annonça Ron. Madame Pomfresh ne pose jamais beaucoup de questions.

- Voilà, miss Brown! Avec ça, votre mal de tête devrait partir immédiatement.

- Merci, madame ! répondit Lavande avant de quitter l'infirmerie.

En bâillant, l'infirmière s'apprêtait à retourner dans ses appartements personnels, lorsque la porte s'ouvrit à nouveau.

- Miss Granger ! Messieurs Potter et Weasley ! Mais qu'y a-t-il ?

Elle fronça les sourcils en voyant Ron porter Harry. Qu'avaient-ils encore fait, ces trois-là ? Depuis qu'ils étaient entrés à Poudlard, pas une année ne s'était écoulée sans qu'elle les accueille dans son infirmerie. En voyant Harry, elle craignit le pire. Potter ne faisait jamais les choses à moitié.

- En fait... commença Ron. Nous avons eu un petit souci et Harry a très mal. Il dit que tous ces membres le font souffrir.

- Nous avons aussi des brûlures de feu éternel, enchaîna Hermione.

Madame Pomfresh les regarda d'un air interrogateur, mais ne posa aucune question. Ces blessures étaient vraiment étranges. Qu'avaient encore fait ces trois élèves pour être si mal en point ? Du feu éternel... peu de créatures pouvaient brûler ainsi. Elle était sûre de n'en avoir jamais vu à Poudlard. Et puis... le cas de Potter était très préoccupant. Mais bon : ils devaient avoir leurs raisons pour ne pas donner de plus amples explications.

Elle fila dans son bureau et revint avec plusieurs bouteilles de différentes couleurs. Elle fit boire une potion rose bonbon aux trois malades et prononça des incantations sur leurs brûlures de feu éternel. Ron et Hermione se sentirent tout de suite mieux. Harry, en revanche, souffrait encore énormément de la douleur provoquée par le globe de verre. L'infirmière lui fit boire environ cinq potions différentes, parcourut toute la surface de son corps à l'aide de sa baguette, soignant au passage une blessure au doigt de son patient. Puis elle lui administra une potion de sommeil. Il s'endormit instantanément.

- Vous devriez rejoindre votre dortoir, dit-elle à Ron et à Hermione. Vous avez de la chance, nous sommes samedi.

Ron et Hermione acquiescèrent et sortirent de l'infirmerie au moment où madame Pomfresh retournait dans son bureau. Harry, très pâle dans son lit blanc, dormait d'un sommeil sans rêves.

oOoOoOoOoOo

Quand Harry se réveilla, l'après-midi était déjà bien avancé. Grâce aux bons soins de madame Pomfresh, son corps lui faisait beaucoup moins mal. Il put sans trop de peine se redresser et s'asseoir dans son lit.

- Ah... vous êtes réveillé, Potter ! Tenez, un peu de potion revigorante ! Comment vous sentez-vous?

- Ca peut aller.

- Bien. Je vous interdis de bouger de votre lit. Vous allez rester encore tranquille jusqu'à demain. Il ne faut pas que vous fassiez d'efforts inutiles.

Harry n'avait pas songé à contester. Il se sentait mieux, mais était encore faible et ses douleurs se rappelaient parfois à son souvenir.

- Ah... Miss Granger et Mr Weasley souhaiteraient vous voir.

- Parfait ! dit Harry avec enthousiasme, heureux d'avoir un peu de compagnie.

C'est avec un grand sourire qu'il accueillit ses deux meilleurs amis.

- Ne faites pas cette tête ! Je vais bien, les rassura-t-il.

- Tu nous as fait peur! fit remarquer Ron en s'asseyant à son chevet.

- Oui, j'ai bien cru que le sort t'avait...

La phrase d'Hermione resta suspendue.

- Ne t'inquiète pas, Hermione, je vais bien ! lui dit Harry en souriant.

Elle lui rendit un pâle sourire.

- Merci!

Ron et Hermione le regardèrent, interloqués.

- Pourquoi?

- Merci de m'avoir accompagné. Vous aviez raison : sans vous, je n'aurais certainement pas été capable de ramener la Coupe.

- C'est normal, Harry, dit Ron. Sinon, à quoi ça sert, des amis?

Pour la première fois depuis longtemps, entouré de ses meilleurs amis, Harry se sentait un peu plus serein.

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Le prochain chapitre s'appelle « Départ et rencontre inattendue ». Harry va enfin quitter son présent…