Chapitre 7:

-"Que pensez-vous qu'il faille faire Kuchiki-san ?" Demanda l'Empereur.

La guerre allait bientôt éclater avec leurs ennemis du Sud-ouest. Des décisions militaires devaient être prises. Et la tâche était périlleuse car si les dissensions claniques au sein du pays s'étaient calmées, les samouraïs devaient rester vigilants pour protéger leur Empereur et tout le système dirigeant du pays. La répartition des effectifs militaires et l'établissement d'une bonne stratégie d'attaque étaient donc capitaux.

Byakuya ferma les yeux quelques instants et réfléchit. Puis il prit la parole, énonçant d'une voix claire et sûre ce qu'il prévoyait pour cette guerre.

Sous les yeux perçants de son supérieur, son visage restait impassible.

Mais au fond il était déchiré. Les mots qui sortaient de sa bouche planifiaient la manière dont il comptait s'attaquer au pays dans lequel sa jeune sœur avait été envoyée. Les combats risquaient de croiser sa route, elle allait sans doute mourir. Malgré sa trahison, il avait peur pour elle. C'est bien là qu'était sa propre trahison. Son cœur ne devrait pas être plus ému qu'une pierre en songeant à cette personne qui avait perdu l'honneur de s'appeler Kuchiki, cette personne qui n'était plus sa sœur. Elle avait trompé son pays et était dorénavant considérée comme une étrangère.

Pourquoi s'inquiéter pour la survie de cette jeune fille quand Kuchiki Rukia était déjà morte?

Cependant, plus la guerre se rapprochait, plus la lame de l'inquiétude se plantait dans son cœur.

A la fin de son discours, alors que l'Empereur réfléchissait en caressant doucement sa barbe, il s'autorisa à penser à Rukia. La dernière fois qu'il l'avait vu c'était sur l'embarcadère poussiéreux d'un petit port où se trouvait un bateau en partance pour le sud de la Corée. Il se souvenait de son petit visage en larme, empreint de tristesse. Il se retint de secouer la tête pour effacer ce souvenir.

L'Empereur s'adressa alors au jeune homme, captant son attention :

-'' Kuchiki-san, votre plan d'attaque est judicieux. Je vous nomme à la tête du corps d'armée voué à ce combat. Vous aurez d'autres samouraïs de haut rang sur lesquels vous appuyer. Allez maintenant, j'ai d'autres personnes avec qui m'entretenir cette après-midi".

-"A vos ordres Empereur" Dit Byakuya en s'inclinant profondément.

Alors qu'il quittait la salle du trône, un dernier plan révélât sa mâchoire crispée et ses yeux inquiets.


-"Coupez!" La voix de Shunsui sembla détonner aux oreilles du personnel tant ils avaient été pris dans la solennité de la scène.

-"Vous avez fait du très bon travail les gars" reprit le réalisateur en s'adressant aux deux acteurs. "Pas besoin de la refaire, elle était bonne et nous en avons assez dans la boite". Termina-t-il avec un sourire.

Il suivit du regard Genryūsai Shigekuni Yamamoto. Il avait énormément de respect pour la prestance du vieil homme. Il était très content d'avoir obtenu sa participation dans la série.

En fait, il était globalement satisfait de l'ensemble des personnages principaux de la série ainsi que de tous les membres de l'équipe. Mais Yamamoto-san et Byakuya étaient de particulièrement bons éléments. Le jeune homme avait une capacité étrange à communiquer des expressions très subtiles avec son visage et sa voix. Dans la vraie vie tout comme dans la fiction il n'était pas très volubile, mais chaque tressaillement du visage était placé judicieusement dans son jeu, chaque hésitation dans la voix donnait un réalisme fou à son personnage et aux sentiments.

Il laissa échapper un soupir satisfait en se laissant aller en arrière dans son fauteuil de réalisateur. Quelle belle expérience il était en train de vivre ! Tourner était un plaisir sans cesse renouvelé. S'arranger pour que chaque personne trouve sa place au sein de l'écheveau compliqué d'un film et y arriver était des plus plaisant; et quand le résultat était à la hauteur de ses attentes c'était jouissif ! Il aimait travailler avec ces équipes disparates. Cette sensation d'appartenir à un monde dans le monde était sans égal. Il était heureux.

Il fut rejoint par Nanao qui lui rappela le reste de son programme. Il était presque midi et il était libre jusqu'à16h. Il était prévu qu'ils tournent une autre scène à ce moment là, profitant de la pénombre qui arrivait chaque jour très tôt. Il faudrait impérativement que tout le monde soit présent au plateau installé dans un village à plus de trente kilomètres à l'heure.

Après avoir remercié son assistante il se leva de son fauteuil et entreprit de se couvrir ainsi que de rassembler ses affaires. Puis il se dirigea vers la sortie du plateau de tournage. Une fois sorti il prit la direction du chemin qui menait hors de leur petit village d'époque.

En marchant il laissa son esprit vagabonder, réfléchissant à la scène de l'après-midi. Il espérait que tout irait bien pour Rukia. Sa volonté de bien faire ainsi que son angoisse à l'idée de ne pas y arriver, de décevoir l'équipe et par la même occasion son frère, faisaient que la première prise était souvent ratée. Mais la seconde était quasi à chaque fois de bonne qualité. Shunsui imaginait très bien le petit nez froncé et le regard déterminé de la petite brune juste avant que le second essai ne commence. Cette volonté le revigorait à chaque fois. En effet, cela ne faisait que renforcer la sensation de travailler pour un but commun. Tout le monde y mettait de l'énergie. Il n'avait pas le droit de les décevoir, il leur devait de porter ce projet le plus haut possible. Et certains jours, les acteurs qui passaient sur le plateau de tournage, les techniciens, et le talent de Jushiro aussi, lui permettaient de croire qu'avec eux il pouvait déplacer des montagnes.

Arrivé à la sortie de leur village, il attendit le scénariste. Ils avaient décidé de manger ensemble en ville.

Ils ne s'étaient pas vus depuis la veille au matin et Shunsui était impatient de le revoir. En effet, s'il avait eu le plaisir de se réveiller avec l'albinos dans ses bras, quand Ukitake avait ouvert les yeux et qu'il avait essayé de l'embrasser, celui-ci avait détourné la tête. Dépité, le brun avait dû se rendre à l'évidence, le baiser qui les avait tant échauffés n'avait été qu'une erreur de parcours. Jushiro avait à présent repris le contrôle. Et il trouvait cela désespérant ! C'était avancer pour mieux reculer et se retenir de poser ses lèvres sur les siennes devenait encore plus douloureux.

Toutefois, sa situation aurait pu être pire. S'il avait pu faire craquer une fois son amant, il y arriverait sans doute encore, non? Mais voilà, il n'en était pas convaincu. Il commençait à connaître de mieux en mieux la personnalité de Jushiro et la vérité était que ce jeune homme était, qu'elle était l'expression déjà… ? Têtu comme une mule ! Borné comme pas deux ! Maintenant que le scénariste avait cédé, il allait être sur ses gardes et faire en sorte de ne plus déroger à son principe. Et ça, c'était à deux doigts de lui faire perdre sa combativité et son entrain. Il aimait chasser, courir après sa proie mais il aurait aimé avoir la certitude qu'à la fin de la course il réussirait bel et bien à capturer Jushiro dans ses filets.

Il continua à ruminer ces sombres pensées quelques temps puis Ukitake arriva. Et Shunsui ne pu s'empêcher de l'accueillir avec un grand sourire. "On ne se refait pas" songeât-il alors.

Alors qu'ils partaient en direction de la ville, Kyoraku ne put s'empêcher de remarquer les cernes qui ornaient les beaux yeux du scénariste.

-"Tu as l'air fatigué" remarqua-t-il. "Tu as beaucoup travaillé ?".

-"C'est vrai que je n'ai pas beaucoup dormi cette nuit. J'ai une scène à écrire avec Byakuya mais tout ce qui me vient à l'esprit ne colle pas, ne fait pas vrai. Alors j'ai cogité un bout de la nuit…"

-"Ah! Et est-ce que ça a été fructueux comme nuit blanche au moins?" Demanda le brun.

-"Bof, pas vraiment… Disons que je sais vers où je ne souhaite pas aller. Mais je compte bien sur notre repas ensemble pour me changer les idées et me permettre de trouver la solution quand je me remettrai au travail" lança Jushiro en serrant le bras de Shunsui.

Le réalisateur saisit l'occasion et passa son bras sur les épaules de son amant. Il se réjouit quand celui de Jushiro s'enroula autour de sa taille spontanément. Finalement le combat n'était peut-être pas encore perdu.

-"En parlant de Byakuya, il a été super ce matin. Tu verras par toi-même, mais il a fait parfaitement ressortir l'esprit de la scène. Son visage a une plasticité si subtile, s'en est fou ! Et en fin d'après midi on tourne une scène avec Rukia." Ajouta-t-il.

-"Espérons que la première prise sera bonne" dit Jushiro en pensant à la nervosité de la jeune fille. "Byakuya sera dans les parages quand elle jouera ?"

-"Je ne sais pas" Dit Shunsui en se grattant le menton. "C'est assez compliqué. Je pense qu'il a compris que sa sœur était deux fois plus stressée quand il était présent donc il essaie de ne pas trop se faire remarquer mais en même temps, elle veut tellement le rendre fier que s'il n'est pas là pour la regarder c'est dommage."

-"Je ne m'attendais pas à autant d'attention de la part de Byakuya. Il donne tellement l'impression que rien ne le touche… Cela ne doit pas être évident pour Rukia d'avoir un tel modèle. Il est tellement doué mais si peu accessible… Certaines fois je trouve ça presque douloureux de les voir interagir l'un avec l'autre. Tous les deux coincés, ne parvenant pas à extérioriser leurs sentiments. Je me demande ce qu'il se passerait s'ils ne pouvaient pas déverser leurs émotions dans leur jeu d'acteurs…"

Kyoraku écoutait son ami avec attention. Jushiro comprenait tellement de choses sur les gens, le fait qu'il soit un si bon auteur ne devait pas y être étranger. Il avait passé assez peu de temps sur le plateau comparé à lui-même, mais il savait décrire la relation complexe des deux acteurs avec autant de précision que s'il avait dû le faire lui-même.

Tout en continuant d'échanger des anecdotes professionnelles, ils finirent par arriver dans un petit restaurant excentré de la ville. Ils achetèrent des plats à emporter et allèrent s'asseoir sur une pelouse pour manger. Ils n'étaient pas les seuls à avoir eu cette idée. Quelques citadins, malgré le froid extérieur, avaient décidé de venir profiter des rayons du soleil qui brillait ce jour-là.

Ils commencèrent à manger, commentant leurs différents plats. C'était bon, mais ils s'accordèrent pour dire que la viande était trop sèche. En revanche la sauce était délicieuse, alors ils étaient prêts à pardonner le restaurateur.

Une fois repus, ils s'allongèrent tous deux dans l'herbe, resserrant les pans de leurs manteaux autour d'eux.

-"Mmmm… Une petite sieste ne serait pas de refus, hein Jushiro ? Décidément dans un repas le plus dur c'est la digestion." Remarqua Shunsui avec un petit rire.

-"Et moi je crois que si Nanao ne te houspillait pas toutes les 5 minutes, toute activité serait propice à être suivie, voire même précédée, d'une sieste, gros feignant." Répondit son amant en tournant la tête vers lui, taquin.

-"Tout d'abord je ne suis pas gras, merci beaucoup. Mon charme incommensurable n'a pour égal que ma silhouette taillée dans le marbre ! Et… tu devrais le savoir, il existe une ou deux activités que je peux mener jusqu'à l'aube sans avoir ne serais-ce que l'envie de faire une sieste" Termina-t-il en fixant ses yeux assombris par le désir dans ceux de Jushiro.

-"Beau parleur". Mais le scénariste ne pouvait empêcher le rouge de monter colorer ses joues. Qu'il était faible face aux avances de son amant !

Du bout des doigts, Shunsui effleura le dos de la main de Jushiro qui était posée entre eux.

-"Que dirais-tu d'aller la faire chez moi cette sieste ?"

Il essaya de se réfréner, vraiment. Mais face à son orgueil, son désir était plus fort. Jushiro attrapa la main du brun et la serra dans la sienne:

-"Oui !" souffla-t-il.

Alors Kyoraku se leva tout en aidant Jushiro à faire de même. Ils se dirigèrent avec empressement vers la route qu'ils devaient traverser pour atteindre le chemin menant au village traditionnel. La vitesse de leurs pas, le rouge aux joues de Jushiro, les yeux pétillants de Shunsui, tout chez eux traduisait leur impatience.

Alors que Jushiro commençait à emprunter le passage piéton, il entendit un bruit assourdissant retentir à ses oreilles. Il tourna la tête et vit une voiture arriver à toute allure sur lui. Il était pétrifié. Il ne pouvait que voir cet engin se diriger vers lui sans rien faire.

Quand la voiture fut vraiment proche il ferma les yeux, terrifié.

Soudain quelque chose le tira violemment en arrière. Il sentit ensuite un impact dans son dos alors que l'on enserrait sa taille avec force.

Quand il réussit enfin à ouvrir les yeux, il ne vit que le ciel. Il essaya de mettre de l'ordre dans ses pensées mais avant qu'il n'ait pu y arriver, il sentit le sol sous son dos remuer et comprit qu'il était allongé sur Shunsui. Quelques secondes plus tard, le visage du brun fit son apparition dans son champ de vision, son inquiétude parfaitement visible.

-"Jushiro! Jushiro!" Appela-t-il. "Tu vas bien? Réponds moi je t'en supplie!" Il passa sa main tendrement sur le front de l'homme qu'il avait cru perdre quelques instants plus tôt. Il se mordit la joue pour retenir les larmes qui lui montaient aux yeux.

Alors que le scénariste réalisait peu à peu ce qui avait faillit lui arriver, des images qu'il ne pouvait réprimer flashèrent dans son cerveau.

La voiture qui arrivait sur eux… Le bruit assourdissant du Klaxon… le temps qui s'arrête pour quelques instants avant que l'univers ne bascule…

Jushiro se mit à gémir et à trembler face aux réminiscences qui lui parvenaient.

Shunsui était complètement déboussolé face à cette réaction. Il prit le jeune homme dans ses bras pour le serrer contre lui. Ce dernier se mit à se débattre faiblement mais le brun décida de tenir bon et se mit à lui caresser doucement le dos et les cheveux. Il approcha ses lèvres de son oreille et murmura :

-"C'est bon Jushiro c'est fini. C'est fini, je suis là… Tout va bien. Si tu savais comme je suis heureux que tu sois en vie. Je ne pourrais pas vivre sans toi, Ju. Aller, arrête de trembler, je t'en prie. C'est fini... Chuuut… Voilà ça va aller… Dis moi si tu as mal Jushiro, dis-moi ce qui ne vas pas, je ferais tout ce que je peux… Ça va aller…"

Shunsui se balançait doucement d'avant en arrière. Il ne comprenait pas vraiment pourquoi son amant réagissait aussi violemment mais pour le moment ce qui comptait était de l'apaiser. Et de s'apaiser lui-même.

Doucement, la voix du brun se fit entendre dans l'esprit confus de Jushiro. Peu à peu, au fil des minutes, il reprit pied, bercé par la voix calme et douce qui faisait vibrer le torse sur lequel était posé sa joue. Il finit par relever la tête, toujours hagard mais plus calme.

Shunsui prit son visage entre ses mains et embrassa son front doucement. Il ne voulait pas se servir de cette accident pour tenter de prendre l'avantage et embrasser l'albinos sur les lèvres. Bien qu'il en mourait d'envie. Il se contenta d'observer avec attention le jeune homme reprendre un peu contenance.

Jushiro finit par attraper d'une main tremblante le poignet du brun.

-"Emmène moi chez moi s'il te plait… Je ne peux pas rester ici…" Sa voix n'était pas assurée, il semblait fragile.

-"Tout ce que tu voudras." Shunsui se remit debout, entrainant Jushiro avec lui. Il le garda serré contre lui, en sécurité.

En approchant de la route, Jushiro serra les dents luttant contre ses peurs. Il se concentra sur le bras rassurant de son amant qui encerclait son dos.

-"Il n'y a personne, on peut y aller." Lui murmura Shunsui.

Ils traversèrent d'un pas rapide.

Quand ils atteignirent le chemin, Jushiro expira doucement l'air contenu dans ses poumons. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait retenu sa respiration.

Arrivés à la maison attribuée au scénariste, le brun s'autorisa un soupir de soulagement. En passant par un petit chemin de sa connaissance qui se trouvait à proximité de sa maison ils avaient réussi à ne croiser personne. Il ne voulait pas infliger à Jushiro le regard des autres membres de l'équipe. Il savait que sa fierté en serait blessée et il n'avait pas besoin de cela en ce moment. Une fois entrés, il se mit face à son compagnon afin de sonder son regard.

-"Ca va?" lui demanda-t-il inquiet.

Jushiro détourna le regard avant d'acquiescer. Puis il prit la parole :

-"J'aimerais bien aller dans mon lit…".

Shunsui hocha la tête et lui prit la main pour l'amener à sa chambre. L'albinos s'allongea et le brun se mit derrière lui pour le prendre dans ses bras.

Ils restèrent ainsi un peu plus d'une heure. Ils ne parlaient pas, ou peu. Shunsui réfléchissait au comportement de Jushiro. Ce qui était arrivé était perturbant, terrifiant même. Mais il lui semblait que la réaction de son amant était disproportionnée. Dans la durée surtout… Toutefois, aborder le sujet ne lui semblait pas judicieux. Alors il se contentait de le tenir dans ses bras, et de savourer le fait que son amant s'était blotti contre lui dès qu'il s'était allongé dans son dos.

Ce dernier avait les yeux grands ouverts et ressassait sans cesse ses souvenirs. Il s'agissait d'un cercle infernal duquel il n'arrivait pas à se sortir… Il essayait de trouver du réconfort dans les bras fermes qui l'entouraient, lui prouvant qu'il était vivant et bien là dans son lit. Et pas sur la route, menacé par une voiture.

La main de Shunsui caressa doucement le bras de Jushiro avant de s'approcher pour lui murmurer qu'il devait retourner sur le plateau de tournage. Le scénariste se tourna légèrement vers le brun pour voir son visage. Il apercevait l'inquiétude sur les traits de ce dernier.

-"Je suis désolé" poursuivit le réalisateur. "Mais je ne peux pas me permettre de les laisser seuls".

L'albinos posa sa main sur l'épaule du brun sans le quitter des yeux. Il se gorgeait de sa présence pour encore quelques secondes, il imprégnait sa mémoire de l'affection que Shunsui éprouvait pour lui. Car bientôt, il serait seul.

Seul avec ses peurs.

-"Vas-y… Ne t'inquiète pas pour moi, je vais mieux maintenant. C'est normal que tu y ailles, ils comptent tous sur toi." Jushiro se força à sourire. Il savait que sa voix n'avait pas sa force habituelle, alors il essayait de compenser pour que Shunsui puisse partir l'esprit tranquille et faire son travail.

-"Bien… On va finir tard mais est-ce que tu souhaites que je vienne te voir après. Pour que tu ne passes pas la nuit tout seul ?"

-"Non… Non, ça va aller. Vraiment, après rentre chez toi te reposer. Tu as l'air fatigué." Termina-t-il. Il prenait sur lui en répondant cela, il ne voulait pas être seul. Mais il ne désirait pas non plus être un poids pour les autres.

Shunsui ne savait pas s'il devait être déçu ou heureux de ce qu'il pariait être une poussée d'orgueil chez son vis-à-vis.

-"Et bien j'y vais alors.'' Il se pencha et embrassa doucement le front de Jushiro avant d'y appuyer son propre front. "Tu fais attention à toi, hein ?"

-"Oui…".

Après un dernier baiser, sur la joue cette fois, Kyoraku partit travailler.

Au son de la porte qui se refermait, Jushiro ferma fort les paupières et s'entoura de ses propres bras, essayant de recréer autour de lui la chaleur dégagée par Shunsui. N'y arrivant pas, il s'enfonça sous la couette en enroulant un maximum de tissus autour de son corps. Dans ce cocon qu'il voulait rassurant, il essaya de se détendre. Il pensa à leur rendez-vous du midi et essaya d'imaginer comment les choses se seraient déroulées sans l'incident. A quoi aurait ressemblé leur étreinte ? Aurait-elle été passionnée et frénétique ? Ou lente et sensuelle ? Mais ses efforts restèrent vains, toujours son esprit revenait aux images qui défilaient dans le désordre dans sa tête.

Toutefois, l'épuisement psychique fut plus fort et il finit par s'endormir.


Un peu plus tard…

Sous la couette, le corps s'agitait spasmodiquement. Des petits geignements craintifs emplissaient parfois la chambre. Sur le visage fin encadré de blanc on pouvait voir de fines gouttes de sueur perler. Mais des larmes avaient aussi trouvé leur chemin sur les fines rigoles qui parcouraient son visage.

La douleur le transperçait à un tel point que penser était difficile.

Il avait l'impression que ses jambes étaient en feux et que sa tête allait éclater.

Il poussa un cri de douleur. Pour extérioriser sa peine mais aussi pour qu'on l'entende, pour que quelqu'un le sauve…

Mais personne ne venait.

Malgré ses tentatives pour y voir, l'obscurité l'entourait.

Des bruits non identifiables se faisaient entendre. Il avait beau tendre l'oreille, tous les sons semblaient étouffés, il ne reconnaissait rien. Rien qui ne puisse lui permettre de savoir où il était.

Son esprit était embrumé et ses sens étaient perturbés. Il se trouvait dans une demi-conscience, une ambiance cotonneuse qui l'empêchait de bien réfléchir, de s'orienter, de voir d'entendre… Il paniquait !

Et la douleur ne cessait toujours pas.

A l'aide de sa main droite il essaya fébrilement de sonder ce qui l'entourait mais très vite sa main lui fit elle aussi très mal.

Cédant pour de bon à la panique il laissa sortir de sa bouche un son qui tenait à la fois du cri et du gémissement. Et il pria pour qu'on le sorte de là.

Peu à peu, les sons qu'il entendait prirent un sens. Il lui sembla entendre le bruit d'un klaxon au loin et une espèce de borborygme plus près.

Il essaya de se concentrer d'avantage, mais sa souffrance l'en empêchait.

"AIDEZ MOI!" hurla-t-il.

Il était mort de peur.

-"j… ro.."

Il entendait quelque chose… une voix…

-''shiro… Jushiro… JUSHIRO!"

Au dernier appel il avait reconnu son nom.

-"JUSHIRO!"

Cette voix… A cet instant, malgré la douleur et l'égarement, il se souvint.

Puis l'angoisse le submergea.

Un cri déchira ses poumons

-«KAIEN! »


L'annonce de la guerre à venir se propageait dans le sud de la Corée.

Rukia était assise sur une chaise en bois, elle semblait perdue dans ses pensées. Sa petite bouche dont les coins se plissaient un peu laissaient deviner son angoisse. Elle leva le regard vers la petite fenêtre située à sa gauche afin de guetter le retour d'Ulquiorra.

Ses mains se crispèrent sur le tissu de son yukata qui recouvrait ses genoux. Elle avait peur pour lui. Pour eux. Peur de la guerre, peur des rues qui n'étaient plus sûres depuis que les hommes ne craignant plus la justice laissaient peu à peu libre cours à leurs violentes pulsions. L'ordre et la sureté fuyaient eux aussi cette ville bien trop proche de la mer, bien trop proche des troupes Japonaises.

Ulquiorra et elle devaient partir eux aussi. Ses affaires étaient prêtes, ne manquait plus que l'homme pour lequel elle avait quitté son pays.

Regrettait-elle son choix ? Elle n'aurait su le dire. Cela sous entendrait qu'elle avait vraiment eu l'occasion de choisir. Or son frère avait pris la décision à sa place.

Elle se leva et laissa échapper un soupir tremblotant. Tout en se dirigeant vers le feu elle rassembla ce dont elle aurait besoin pour faire du thé. S'occuper l'esprit, voilà ce qu'elle voulait. Ne plus penser que dans une semaine, peut être deux, elle pourrait être morte. Ne plus songer au risque qu'Ulquiorra soit déjà mort dans une allée sombre…

Elle secoua la tête, et se força à se remémorer leur rencontre, c'était un moyen efficace de se détendre.

Ce moment fatidique avait eu lieu trois mois plus tôt…

Un jeune gradé Coréen s'était présenté à la tête d'une délégation de soldats garantissant sa sécurité pour proposer de la part de ses dirigeants une alliance entre son pays et le Japon. Satisfait d'avoir une occasion d'apaiser des relations tendues depuis des générations entre leurs deux pays l'Empereur avait confié l'hébergement de cet émissaire à l'un des plus prestigieux clans du Japon, le clan Kuchiki. Le but de la manœuvre était de montrer le sérieux que l'Empereur accordait à la proposition en traitant l'émissaire de la meilleure façon qui soit, tout en surveillant l'invité de prés.

Dès les premiers jours Rukia eu l'occasion de croiser cet homme plusieurs fois malgré ses nombreux aller-retour au palais impérial.

Elle fut tout de suite bouleversée par ses yeux d'un vert éclatant qui se remarquaient si bien sur son visage d'une pâleur inhabituelle. Mais outre ces détails déjà fascinants, ce qui la marqua le plus fut la profonde tristesse qui se dégageait de lui. Dès lors elle fut taraudée par le désir de connaître les mystères qui avaient causé cette aura autour de lui.

Elle ne put résister bien longtemps à l'envie de lui parler. C'est pourquoi, une semaine après son arrivée elle passa outre les règles de bienfaisance et lui adressa quelques mots de bienvenue dans un couloir alors qu'ils étaient seuls. Et à sa grande surprise, la conversation ne s'arrêta pas là. Après lui avoir retourné la politesse, sans que son visage n'exprime de sentiments mais d'une voix très douce, le jeune homme se présenta.

Ulquiorra.

Ce prénom allait faire courir des frissons sous sa peau durant les prochains mois à venir.

Mais à ce moment elle l'ignorait.

Elle se présenta à son tour, le rouge aux joues et ils échangèrent quelques banalités. Puis la bienséance reprit le dessus, les séparant. Pour un moment du moins…

Au fil des jours, les rencontres au coin des couloirs se multiplièrent. Ils parlaient de tout et de rien. D'art, d'économie, de botanique, du Japon, de la Corée… Rukia était agréablement surprise de l'érudition du jeune Coréen ainsi que de l'intérêt qu'il lui portait.

En effet, parmi les nobles, nombreux étaient ceux qui considéraient la femme comme un objet. Une œuvre que l'on expose, que l'on marie à profit, qui se doit d'avoir de la conversation sans être trop intelligente…

Tout, sauf une personne à part entière qui pense et qui vit.

La seule personne qui dérogeait à cette règle était son frère. Autrefois. Avant que ses responsabilités ne le rongent, ne le détournent de l'affection de sa sœur.

C'est pourquoi, face à l'intérêt grandissant qu'Ulquiorra semblait avoir pour elle, elle se sentait renaitre.

Au bout d'un mois, elle réalisa qu'elle l'aimait.

Oui, elle aimait du plus profond de son cœur cet étranger. Et cela l'angoissait terriblement. Car ce faisant, elle trahissait sa famille, son éducation et la confiance de son frère. Mais comment pouvait-il en être autrement quand pour la première fois de sa vie elle se sentait vivante ? Etre avec Ulquiorra lui permettait de se voir autrement qu'un objet, un faire valoir.

Et, en dépit de ses craintes, c'est dans cet esprit qu'un soir elle lui avait avoué le rouge aux joues qu'elle l'aimait bien, enfin, beaucoup…

Alors sous ses yeux ébahis, Ulquiorra lui avait fait le plus grand sourire qu'elle avait jamais vu sur son visage gracieux. Il lui avait ensuite pris les mains et avoué que lui aussi avait des sentiments pour elle et à ces mots, lui avait embrassé les paumes tendrement.

Mais rapidement son visage était redevenu de glace et il avait repris la parole :

-"Rukia, j'ai quelque chose d'important à te dire. Vois-tu, je dois très bientôt retourner en Corée et…"

-"Non…" avait murmuré la jeune fille avant que l'ébène ne pose un doigt léger sur ses lèvres.

-"… Et j'aimerais que tu m'accompagnes." Termina-t-il en la regardant droit dans les yeux.

Rukia en fut estomaquée. Ses pensées tournoyèrent à toute allure dans sa tête. Elle n'imaginait plus sa vie sans cette homme qui révélait le meilleur d'elle-même, elle ne pouvait pas imaginer ne plus pouvoir discuter avec lui. Mais elle ne voulait pas non plus abandonner sa famille et plus particulièrement son frère. Son cœur se pinça à l'idée de ne plus le revoir. Pourquoi devoir choisir entre une moitié de son cœur et l'autre ?

-"Je-je ne sais pas, je…" la jeune femme laissa son regard errer, regardant ce décor si familier qui l'entourait. "Je ne pense pas pouvoir faire un tel choix, là tout de suite… " Le désespoir se lisait sur tous les traits de son visage. "Pourquoi me demander cela Ulquiorra ? Pourquoi dois-tu partir si vite ? Tu es le bienvenu ici non ?" les questions se bousculaient pour sortir de sa bouche.

Le jeune soldat soupira et l'entraina vers un coin plus reculé de la pièce afin d'être à l'abri d'oreilles indiscrètes.

-"Ecoute moi Rukia, ce que je vais te dire est très important, et je t'en conjure laisse-moi parler jusqu'au bout, d'accord ?' Devant l'acquiescement de la jeune femme il reprit. "J'ai été envoyé par mes supérieurs pour deux raisons. La première était de proposer une alliance entre nos deux pays afin de faciliter des échanges commerciaux à venir. Mais je devais aussi établir un bilan de la situation économique et militaire de ce pays. Vois-tu, si le Japon avait eu une situation moins prospère que prévu, une attaque aurait pu être envisagée pour tenter de vous soumettre… Non! Ne m'interromps pas, je ne fais pas les règles, mon amour. Je me suis juste soumis à leurs requêtes. La proposition d'alliance fut un succès et j'ai réussi à obtenir des informations sur votre pays que j'ai communiquées à mon pays."

Comprenant ce qui n'était pas dit, Rukia serra les poings de colère. Voyant cela, Ulquiorra encadra son visage de ses deux mains et continua, tous ses sentiments exprimés juste par son regard d'un vert intense :

-"Oui, je me suis servi de toi pour recueillir ces informations ma douce, et j'en suis désolé. Mais j'ai découvert beaucoup plus en faisant cela. Je t'ai découvert toi ! Toi, aussi prisonnière dans le carcan du devoir que moi dans celui de ma mission. Alors, oui je me suis permis de continuer à te courtiser malgré ma traitrise car j'étais persuadé que les informations envoyées à mes supérieurs montreraient que l'alliance serait une meilleure solution que la guerre. Mais voilà, j'ai reçu un message ce matin de mon supérieur qui me confie l'hésitation de notre Empereur à vous déclarer la guerre la veille de la signature du traité entre nos deux pays pour vous prendre au dépourvu. Il m'ordonne de rentrer pour éviter que je ne me trouve entre deux feux s'il venait à choisir le combat ! Alors viens avec moi Rukia ! Je ne veux pas t'abandonner."

-" Mais si c'est la guerre, que va devenir ma famille ? En dépit de tout ce que tu viens de me révéler je ne peux me résoudre à ne plus jamais te revoir mais je ne peux laisser les miensv! Pourquoi ne nierais-tu pas ton implication en bloc et ne demanderais-tu pas la protection de ma famille ? Nous pourrions alors être ensemble ! Tu es déjà presque l'un des notres aujourd'hui !" termina-t-elle avec détermination. Elle espérait qu'Ulquiorra allait accepter…

-" L'accueil que notre patrie et notre clan lui a réservé ne rend son infamie que plus méprisable ! ".

Les jeunes gens se retournèrent et tombèrent face-à-face avec le chef du clan Kuchiki. Byakuya était courroucé, ses yeux étaient plus froids que la glace et son expression aussi dure que le marbre.

-"Ni-sama… " Chuchota Rukia.

-"Je ne veux plus entendre un seul mot. Non seulement tu as confié des informations à l'ennemi en faisant fi de la bienséance et des obligations envers ta famille mais par-dessus tout, tu lui pardonnes gracieusement sa trahison ! Tu le choisis lui au dessus des intérêts de ta famille. Tu étais prête à le couvrir pour qu'il accède à la sécurité de notre clan alors qu'une guerre va peut-être éclater par sa faute ? Réalises-tu la hauteur de ta trahison Rukia ?!'' Les mots qui sortaient de sa bouche étaient tels des couperets qui s'abattaient sur les épaules de la jeune femme qui avait baissé la tête.

-"Quant à toi, traître, ne pense même pas à fuir. Tu ne sortiras jamais vivant de cette demeure."

Byakuya prit alors quelques instants pour réfléchir. Les décisions étaient difficiles à prendre quand sa sœur était impliquée. Mais comme toujours, sa notion du devoir l'emporta :

-"Je vais de ce pas en informer l'Empereur. Ces informations sont de trop haute importance pour que je sois seul à décider de votre sort, même pour toi Rukia."

Avec un dernier regard pour sa sœur qui pleurait en silence, le bras d'Ulquiorra posé sur ses épaules en soutient, il avait quitté la pièce.

Tard dans la nuit Byakuya était revenu et leur avait annoncé leur sentence.

Les soldats qui avaient accompagné Ulquiorra allaient être exécutés le lendemain à l'aube et juste après le jeune homme allait recevoir cinquante coups de fouets publiquement.

En entendant ce chiffre la jeune femme avait laissé échapper un hoquet de stupeur. Le dos de son amour n'aurait plus rien d'humain après un tel traitement. Mais le regard que son frère posa sur elle en suivant capta toute son attention.

-"En tant qu'enfant du très respecté clan Kuchiki, l'Empereur a accepté de te laisser la vie sauve Rukia. Cependant les anciens du clan refusent que tu sois encore associée au nom de notre famille, et je me range à leur avis. Tu n'es plus une Kuchiki."

Un gouffre béant se créa alors dans la poitrine de la jeune femme. Sa famille, son frère, tout ce qu'elle avait connu, la reniaient. La main du jeune homme qui se serrait autour de la sienne ne parvenait pas à la réconforter. Son sort et celui d'Ulquiorra étaient plus qu'incertains encore.

-"Toutefois, afin que tu ne te retrouve pas complètement démunie j'ai obtenu qu'après son châtiment public, Ulquiorra ne soit pas abattu et t'emmène avec lui en Corée. En contrepartie, un retour au Japon, à l'un comme à l'autre, vous sera impossible sous peine de mort."

A ces mots, Rukia s'était évanouie. Quand elle s'était réveillée, son frère avait déjà quitté la pièce.

Rukia poussa un petit cri et porta son doigt échaudé à sa bouche. Ce dernier souvenir l'avait déconcentrée.

Cette nuit là avait été la pire de son existence. Mais elle n'avait en rien égalé l'horreur du matin qui l'avait suivi. On avait obligé Ulquiorra à regarder ses hommes mourir. Puis il avait reçu son propre châtiment. Le souvenir était vif comme des braises dans sa mémoire. Le claquement du fouet, les hurlements de la foule, les cris d'Ulquiorra, qui s'étaient éteints quand il s'était évanoui de douleur.

Ils avaient été conduits à l'embarcadère escortés par son frère et des hommes de l'Empereur qui devaient attester de leur départ. Ulquiorra avait été monté dans le bateau, toujours inconscient. Le voyage avait été très pénible pour lui. Mais au moins il avait survécu.

Quant à elle, elle était restée agenouillée sur le sol jusqu'à ce que les silhouettes de son frère et des autres hommes ne soient plus visible à l'horizon.

Une fois en Corée, grâce à l'insigne attestant de la fonction du soldat, le jeune couple avait réussi à se trouver un logement sur la côte. Ulquiorra avait finit par se remettre et il avait commencé à organiser leur départ vers l'intérieur des terres.

Oui, il allait mieux. Mais les efforts physiques intenses le faisaient encore souffrir et une ligne d'inquiétude avait finit par se dessiner sur son front habituellement lisse d'expression.

Leur situation était difficile, plus dure qu'elle ne l'aurait imaginée. Elle arrivait cependant à trouver sa force en lui, en eux. Bien que moins joyeuses, ses conversations avec son amant étaient toujours aussi enrichissantes, elle se sentait de plus en plus Rukia et non plus Kuchiki à ses cotés. Et dans ses bras elle apprenait avec plaisir la sensualité. Ce qu'elle pouvait l'aimer ! Ce sentiment avait su grandir dans la détresse. Elle rêvait souvent de ce que serait leur vie quand leur situation serait plus confortable, plus sûre. En revanche, elle ne pourrait pas apprécier une telle vie s'il n'en faisait pas partie.

La porte d'entrée s'ouvrit et Rukia se retourna pour voir Ulquiorra rentrer. Elle sentit son cœur gonfler, mitigée entre amour et inquiétude. L'ébène avait l'air soucieux et fatigué. Il s'approcha pour l'embrasser avec beaucoup de tendresse et elle lui sourit en retour, contente de le savoir proche d'elle et non pas en danger au loin. Il la prit dans ses bras et la serra contre lui un moment.

-"C'est l'heure de partir." Dit-il en s'écartant un peu.

-"Je suis prête".

Ils se regardèrent, lisant tous deux de la détermination dans le regard de l'autre.

Un nouveau voyage commençait.


-"Coupez."

Le silence s'éternisa encore quelques secondes dans la salle.

L'émotion se faisait encore sentir.

Ces deux là étaient faits pour travailler ensemble. Shunsui pouvait voir que même l'équipe de tournage était profondément remuée face à ce destin torturé.

Cependant, malgré sa sensibilité face à cette scène, il ne pouvait s'empêcher d'être profondément inquiet pour celui qui était à l'origine même de cette scène.

Jushiro.


N.d.a : J'ai fait des recherches sur les guerres japonaises au temps des samouraïs, et soyons honnêtes je n'ai pas compris grand-chose. Juste que les tensions entre les clans majeurs du pays n'étaient pas si rares et qu'elles avaient parfois entrainé un changement d'empereur. J'ai aussi appris que la Corée et le Japon étaient entrés en guerre dans le passé. Tout cela va me servir de support pour la série TV mais je m'excuse des anachronismes et autres erreurs présentes dans ce texte et à venir.