Source: Dir en Grey
Auteur: Oo Hikari no namida oO
Genre: Yaoi, Romance, Dépression...
Couples: Kyo/Kaoru, Die/Jui
Disclaimer: J'pense que tout le monde connais déjà la réponse
Note de môa: Bon aller on continue uhu'
Titre: De papier et d'encre.
Chapitre 7: Trucage encore
Il noua sa serviette éponge autour de ses hanches, laissant les gouttes qui ruisselaient sur son torse disparaître dans le tissus éponge. Il sortit de la salle de bain, passa devant le lit vide et se dirigea vers son armoire. Tandis qu'il choisissait ce qu'il allait se mettre sur le dos, il entendit la télé être allumée dans le salon. Apparament Jui prenait son petit-déjeuner. Penser à son amant n'éveilla en lui aucun sentiment; il attrapa un T-shirt blanc et un jean large délavé. Par contre penser à la personne qu'il allait voir dans quelques heures, réveilla une légère nervosité en lui. Il ne savait pas si sa manière de procéder était la meilleure -sûrement pas- mais il ne pouvait pas tolérer cette situation plus longtemps. Il espérait juste qu'il comprendrait. Il fallait qu'il comprenne, dans cette affaire il avait choisi de mettre sa fierté de côté et d'y aller franchement. Sans être sûr du résultat...
Il enfila ses vêtements lentement, pas vraiment pressé même s'il lui tardait que la situation évolue. Et il sortit de la chambre, enfermé dans un mutisme fatigué, se dirigea vers la cuisine en ignorant son amant qui était assis sur le canapé et qui regardait pensivement par la porte vitrée qui donnait sur un vaste balcon en fer forgé noir au parterre blanc. Il passa derrière le bar et se versa un café déjà prêt dans une grande tasse puis s'adossa au frigo pour le boire tranquillement, les yeux rivés vers Jui qui n'avait toujours pas réagi à sa présence. Il reposa sa tasse vide près de l'évier, toujours sans rien dire, et contourna le bar pour se diriger vers le balcon. Jui s'arracha enfin à la contemplation du ciel et suivit le grand roux du regard, le regardant s'appuyer sur le balcon déjà innondé de soleil. Et il se mit à le détailler avec un regard doux comme il le faisait au début de leur histoire. Die était vraiment très beau, tout à fait son style d'homme mais pourtant le courant qui était passé entre eux avait bien vite disparu, remplacé par une simple attirance charnelle. Désormais, les sentiments n'y étaient plus. Ne restait qu'un désir un peu trop sauvage.
-Arrête de me regarder comme ça je vais finir par croire que tu m'aimes vraiment.
Die se retourna vers Jui en le fixant d'un air tout ce qu'il y a de plus sérieux et un sourire moqueur apparut sur les lèvres du châtain.
-Ne t'inquiètes pas pour ça saiai no, je te connais trop pour pouvoir tomber amoureux.
Die continua de le fixer et finalement s'avança vers lui. Jui le regarda se rapprocher lentement de lui en souriant encore plus et planta son regard dans le sien quand Die se pencha vers lui pour le fixer. Jui s'avança, il se recula, puis se fut à son tour d'essayer de joindre leur lèvres et au châtain de se reculer. Finalement lassé de ce petit jeu, Die attrapa vivement la chevelure de son amant et tira pour lui faire pencher la tête en arrière avant de plaquer ses lèvres sur les siennes. Il sentit Jui mordre sa lèvre inférieure jusqu'au sang pour se venger et sans ménagement, il le plaqua contre le canapé, écartant brutalement les pans de son yukata. Et ainsi Jui se retrouva lassivement allongé sous lui, un regard brûlant ancré au sien, son bassin désormais nu ondulant lentement contre le sien pour le faire réagir. Die siffla en sentant les effets que lui faisaient les doux balancements de son amant et il passa possessivement l'une de ses mains sur sa gorge offerte avant d'y exercer une assez légère pression. Le regard de Jui se planta dans le sien, l'une de ses jambes se replia vicieusement entre les siennes.
-Tu es bien trop jaloux saiai no...
-Tu es à moi.
Jui sourit.
-Pas plus à toi qu'à un autre mon amour...
A nouveau un sourire hypocrite ourla leurs lèvres. Die porta son regard à la pendule qui reposait au dessus de la télé écran plat, son rendez-vous n'était programmé que pour dans deux heures, il avait encore le temps. Il baissa à nouveau son regard vers le professeur d'anglais, une lueur inquiétante brillant à l'intérieur. Pourtant Jui n'en parut que plus excité et les mouvements de son bassin se firent plus prononcés, plus impatients.
-Iikura hayaku daite (1), dit-il d'une voix rauque.
Die sourit de façon carnassière et écarta vivement les cuisses du châtain sous lui. Jui s'occupa de défaire sa ceinture, puis de dégrafer son bouton, de défaire la fermeture éclair, de faire glisser son pantalon le long de ses jambes musclées, suivi par le boxer. Et sans le quitter des yeux, sans le toucher plus, Die le pénétra d'un seul coup. Le cri de Jui résonna dans tout l'appartement mais Die n'attendit pas que la douleur diminue pour commencer à bouger brutalement en lui, mordant son épaule, le faisant crier encore plus. Ses ongles se plantèrent dans la peau fragile de ses hanches, ceux de Jui dans son dos. Une fois de plus, ils ne pouvaient agir sans être violents. Une fois de plus. Une dernière fois. Profites-en Jui, c'est la dernière fois que je te touche...
oOoOoOo
Le soleil réchauffait doucement son corps fin étendu dans l'herbe ondoyante, le vent balayait tendrement son visage, faisait voler ses cheveux, ses vêtements. Sous ses paupières fermées, des milliers de pensées et de mots tourbillonnaient dans son esprit, défilaient pour confectionner des phrases qui refletaient ses états d'âme. Il soupira doucement. Il sentait son carnet reposer sur sa poitrine, ouvert sur l'une des pages qu'il venait de remplir, le stylo reposant dans l'herbe près de sa main. Encore une fois ce qu'il avait écrit n'était pas joyeux, il n'arrivait pas à écrire des choses belles. Pourtant il n'aurait pas pû être plus heureux qu'en ce moment. Un beau sourire étira ses lèvres. Les marques sur ses bras avaient entièrement disparues, il avait revu Toshiya et Shinya, lui et Kaoru avait enfin fait l'amour... Son sourire s'agrandit en lentement, il posa sa main sur son bas-ventre. Kaoru avait enfin été en lui. Même si cela avait été douloureux, les événements de la veille resteraient à jamais encrés dans sa mémoire. Et pourtant malgré tout cela, malgré qu'il aille tellement mieux, ses textes restaient toujours très sombres. Il savait pourquoi, c'était encore et toujours la même raison: la mascarade qui occupait leurs vies...
Demain matin encore, Kaoru le déposerait dans cette petite rue près du lycée pour ne pas qu'on les voit ensemble, il ferait comme s'il ne le connaissait pas durant les cours... Bien sûr il comprenait bien que Kaoru n'allait pas l'embrasser en plein milieu du cours d'algèbre mais il le trouvait bien trop froid. Sa gorge se serra et sa main se crispa sur son T-shirt. Les vacances d'été arriveraient dans un peu moins d'un mois, en attendant il devrait supporté tout cela sans rien dire...
oOoOoOo
La matinée été ensoleillée, l'air pas vraiment frais mais tout de même agréable et la dernière journée du week-end semblait débuter pour le mieux. Il marchait tranquillement dans les allées du parc, regardant autour de lui de façon plutôt sereine. La boutique était fermée aujourd'hui et Kaoru lui avait donné rendez-vous dans ce parc pour une raison qui restait encore obscure. Il se sentait un peu mieux que la veille mais les vertiges ne l'avaient pas quitté, le prenant par moment, de même qu'une horrible nausée. Il avait vomi le peu qu'il avait ingurgité la veille, n'avait presque pas dormi de la nuit et n'avait pas oser avaler quoique ce soit ce matin, de peur sans doute de tout rejeter encore une fois. A la vérité, il n'avait pas vraiment faim. Et le goût de la bile ne le tentait pas vraiment pour qu'il se risque à se forcer de manger. Plus que jamais il ressemblait à une poupée désarticulée et bien trop maigre. A ce rythme là il ne serait bientôt plus mince mais anorexique...
Il était épuisé, désabusé, lassé et en pleine dépression existencielle. Et tout ça à cause des gens qui l'entouraient, à cause d'une personne. Personne qu'il n'aurait jamais dû revoir. Il savait qu'il serait chez Kaoru ce soir-là alors il aurait dû décliner l'invitation mais il avait préféré faire croire que le revoir ne lui faisait rien. Techniquement c'était ça, il avait très bien réussit à l'ignorer en début de soirée. Seulement il avait fallut qu'il boive un peu trop et qu'il trouve le moyen de se retrouver seul avec lui. En temps normal, il aurait su se retenir mais l'alcool avait ébranlé ses certitudes et il s'était laissé aller. Bref, il avait vite repris ses esprits et déguerpi aussitôt. Quel courage, pensa-t-il en grimaçant. Il sentit sa démarche se faire soudain plus incertaine et ses jambes s'affaiblir. Il s'arrêta un moment au milieu du chemin en portant une de ses mains à son front mais des enfants qui jouaient au ballon le bousculèrent et il jugea préférable de quitter le sentier pour se diriger vers un petit banc non loin. Il s'assit lentement dessus, prenant bien garde à ne faire aucun geste brusque et une fois fait, il soupira. La situation commençait vraiment à tourner au n'importe quoi. Il ne savait même pas pourquoi il n'allait tout simplement voir un médecin. Ah si je sais pourquoi, ces gars sont des charlatans...
Il rouvrit les yeux, ne s'étant même pas rendu compte qu'il les avait fermés, et regarda distraitement le parc, ses coins ombragés et ensoleillés, les diverses personnes qui s'y trouvaient, les enfants, leurs parents, les couples... A nouveau sa gorge se serra. Les couples. Souriant, enlacés, heureux. Tout ce qu'il n'était pas. Tout ce qu'il n'était plus. Plus sans lui. Je suis ridicule, c'est moi qui ai rompu. C'était devenu impossible de toute façon, on aurait pas pu être heureux comme ça... Il soupira. Si, j'aurais pu être heureux. Dès l'instant où tu aurais été près de moi j'aurais été heureux Die...
-A quoi tu penses?
Il se redressa vivement en entendant cette voix dans son dos et se retourna. Il se figea. Il fixa le nouveau venu contourner le banc pour venir prendre place à l'autre extrémité du banc, le suivant des yeux d'un air ahuri. Qu'est-ce qu'il fait là! Die planta son regard dans le sien et ce que Toshiya put y lire le troubla. Tant de... Il éclata d'un rire nerveux et détacha son regard du sien en comprenant soudain ce que tout cela signifiait. Il s'arrêta soudain de rire et se prit la tête dans les mains, une vague de colère le submergeant. Kaoru je vais te tuer. D'un côté il trouvait ça comique, Kaoru ne faisait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Il soupira bruyament et se rassit convenablement, fixant son regard au loin. Partout sauf sur lui.
-Je ne penses à rien.
-Moi je penses plutôt que...
-Je me fiche de savoir ce à quoi tu penses Die!
Il se tourna furieusement vers le roux qui le fixait d'une façon totalement neutre, apparament pas vexé le moins du monde qu'il s'adresse à lui aussi sèchement. Leurs regards s'accrochèrent de nouveau.
-Bon et maintenant que ta petite magouille a parfaitement fonctionné, tu me veux quoi exactement?
-Tu n'as pas une petit idée?
-Je suis sensé en avoir une précise?
-Pourquoi pas?
-Tu veux bien arrêter de répondre à mes questions par d'autres questions?
-Ca t'agaces toujours autant? fit le roux avec un petit sourire espiègle.
Toshiya le fusilla du regard et tourna la tête. Ce genre de scène il ne les comptait plus. Seulement elles avaient plutôt lieu à l'époque où ils étaient encore ensemble et le fait que ça se passe alors qu'ils étaient séparés ne faisaient que rappeler de trop lourds souvenirs. Le roux semblait également s'en être rendu compte parce qu'il se tut lui aussi. Die bon sang qu'est-ce qui t'as pris de venir ici, tu ne te rends vraiment pas compte du mal que tu me fais...
Die laissa son regard dérivé sur la silhouette du brun pendant que celui-ci semblait essayer de rester calme. De petites cernes soulignaient ses yeux, il semblait beaucoup trop maigre et son teint était pâle. L'inquiétude l'envahit soudain, sans qu'il ne puisse la contrôler.
-Totchi, tu... tu es sûr que ça va?
Le brun releva vers lui un regard agacé.
-Pourquoi ça n'irait pas?
-Tu as vu ta tête?
-Quoi ma tête? demanda le brun d'un air irrité.
-On dirait un cadavre Totchi! T'as même perdu du poids, ça se voit d'ici et...
-Et alors?
-Mais je...
-En quoi ça te regarde Die? Je fais encore ce que je veux de ma vie!
-Pas si c'est pour te rendre aussi minable! Tu ressembles à rien!
Toshiya pinça les lèvres et se releva en chancelant légèrement. Die le remarqua et fronça les sourcils.
-Merci du compliment Die vraiment, tu es toujours aussi délicat.
Il s'éloigna furieusement, la mauvaise humeur qu'il dégageait dissuadant Die de le suivre. Il s'arrêta cependant quelques mètres plus loin se prenant la tête dans les mains et commença à nouveau à vasciller dangeureusement d'avant en arrière. Et avant que quiconque n'ait pû esquisser un geste, il tomba au milieu de l'allée du parc.
-Toshiya!
Die se releva précipitament du banc et accouru vers lui. Il toucha son front. Il était brûlant de fièvre et un sourire amer étira ses lèvres. L'ironie de la situation sans doute. Cela ressemblait étrangement à ce qu'il s'était produit quelques mois plus tôt peu avant leur rupture, quand il avait trouvé Toshiya étendu sur le seuil de leur appartement, plongé dans une inconscience due à une trop grande fatigue. Die le fixa un moment. Que faire? Cette fois-ci je ne peux pas te ramener chez toi, parce que je sais que tu réagiras mal et que tu me demanderas de partir. Or moi je ne le voudrai pas. Il soupira. Il fallait qu'il appelle Kaoru, c'était la seule solution qui lui venait à l'esprit. Il sortit son portable de la poche arrière de son jean et composa à tout va le numéro de son ami.
-Kao? Die desu. J'ai un problème...
oOoOoOo
L'inconsience le quittait peu à peu sans qu'il ne parvienne pourtant à ouvrir les yeux. Une désagréable chaleur l'enveloppait, le mal de tête commençait peu à peu à se faire ressentir. Il fronça les sourcils et remua légèrement. Il entendait quelqu'un parler, le sentait lui éponger doucement le front avec un linge humide. C'était désagréable de sentir toutes ces gouttes d'eau ruisseler le long de sa tempe pour aller se perdre dans son cou. Il frissonna en poussant une plainte d'inconfort. L'autre cessa immédiatement ses gestes et il sentit le lit s'affaisser sur son côté puis une main tiède replacer quelques mèches humides derrière ses oreilles. Il remua à nouveau, les brumes du sommeil le quittant, sentant toujours cette désagréable chaleur qui l'entourait. Il ouvrit finalement les yeux mais les referma aussitôt et essaya de se redresser en grognant. La personne près de lui l'aida et le fit s'adosser doucement contre la tête du lit, lui parlant d'une voix qu'il ne reconnaissait pas tout à fait. Mais qu'est-ce qui m'arrive? Il essaya à nouveau d'ouvrir les yeux, essayant de les habituer à la faible lumière qui éclairait la pièce et après un moment passé à fixer un point devant lui, essayant de savoir pourquoi il se retrouvait dans sa propre chambre alors qu'il ne se souvenait pas y être revenu, il posa finalement les yeux vers la personne qui se tenait silencieuse près de lui. Il fronça les sourcils.
-Kaoru?
Le châtain lui sourit doucement mais lui fut bien incapable de le lui rendre. Qu'est-ce qu'il faisait là? Comment était-il arrivé ici? Que c'était-il passé? Un nombre impressionnant de questions tourbillonnait dans sa tête, alterné par des flash de souvenirs. Il revoyait Die lui sourire, Die le détailler avec inquiétude, Die accourir vers lui d'un air affolé. Die? Le déclic se fit soudain et il ouvrit grand les yeux. Die? Mais pourquoi était-ce Kaoru avec lui alors? Il resta figé ainsi, sans aucune réaction et Kaoru le fixa de façon inquiète.
-Qu'est-ce qui ne va pas?
-...
-Toshiya, qu'est-ce qui ne va pas?
Le brun se retourna vers lui d'un air complètement perdu, comme s'il se rendait à peine compte de sa présence et ce ne fut que quand Kaoru répéta son nom plus fort qu'il sembla revenir à lui.
-Où est-il?
Kaoru le fixa un instant d'un air interdit. Il se doutait bien de qui il parlait mais il aurait aimé savoir pourquoi son ami était dans un tel état de fatigue plutôt que de devoir répondre à cette question.
-Tu nous as fait peur, on a cru que...
-Où est-il!
-... tu étais malade. Depuis quand n'as-tu pas dormi Toshiya?
-Kaoru! Où... est... il! répéta le brun en décrochant bien chaque mot.
Kaoru le fixa d'un air sombre et se releva du lit en lui tournant le dos. Die était parti et il n'avait pas cherché à le retenir, il n'en avait pas le droit. Seulement maintenant il se retrouvait à surveiller un Toshiya au bord de la crise de nerfs à en juger par son état d'énervement plus qu'avancer. Pourquoi se cherchaient-ils encore? Tout était fini. Pourquoi mettaient-ils tant d'ardeur à se faire souffrir l'un l'autre? Il n'étaient pas faits pour être ensemble. Die était trop jaloux et Toshiya bien trop volage. Ce n'était pas une combinaison gagnante. Ca ne l'avait jamais été. Aucun des deux n'accepterait de faire une quelconque consession pour l'autre. Même si dans ce cas-là c'était à Toshiya de faire un effort. Et quand bien même il en ferait un, cela ne signifierait pas la fin de leurs éternelles querelles. Je suis sûr qu'ils trouveraient un autre moyen de se faire souffrir... A croire qu'ils sont complètement mazochystes. Il sentait le regard de Toshiya lui brûler le dos et il savait que son ami ne tarderait pas à exploser, agacé de ce petit jeu.
-Kaoru.
La voix s'éleva à nouveau, légèrement tremblante.
-S'il te plaît...
-Il est parti.
La voix claqua dans l'air comme un coup de fouet et Toshiya sentit les larmes innonder ses yeux. Parti? Mais pourquoi? Et pourquoi Kaoru s'adressait-il à lui de cette façon?
-Tu espérais quoi? Qu'il resterait ici à te veiller sagement pour que tu l'expulse de ton appartement ensuite?
-Non je... je ne...
-Tu n'aurais pas fait ça?
Kaoru se tourna à nouveau vers lui en le fixant d'un regard étrangement dur.
-Mais tu aurais fait quoi alors? Qu'est-ce que tu cherches? Tu l'aurais laissé ramper à tes pieds et l'aurait peut-être pardonné?
Sa bouche s'ouvrit, mais toute l'amertume, la colère et l'indignation qu'il ressentait restaient coincées au fond de sa gorge sans qu'il ne parvienne à dire clairement à Kaoru ce qu'il ressentait.
-Réfléchis Toshiya, tu n'es pas en mesure de te faire désirer ou d'espérer quoique ce soit.
Un silence.
-C'est toi qui a décidé que ce n'était plus possible.
Et il quitta la pièce en éteignant la lumière et en fermant la porte derrière lui, laissant un Toshiya complètement anéantis, assis dans la pénombre de sa chambre, digérer les paroles qu'il venait de lui jeter à la figure. Il resta un long moment prostré ainsi, le regard perdu dans le vague, se repassant inlassablement en tête ce que venait de lui dire Kaoru. Il avait peut-être raison après tout. S'il s'était réveillé avec Die à son chevet, il l'aurait certainement rejeté... Ce que Kaoru ne comprenait pas, c'est qu'il ne l'aurait pas fait pour blesser Die, il l'aurait fait pour se protéger. Et quand il avait réclamé sa présence, c'est parce qu'il voulait être rassuré. Seulement il ne se rendait compte que maintenant à quel point il pouvait être contradictoire. Et égoïste.
Sa tête retomba mollement sur son oreiller et il resta ainsi plusieurs minutes à pleurer silencieusement, laissant les larmes ravager son visage défait et pâle. Il se retourna soudainement sur le ventre, les sanglots le prenant et, enfouissant son visage dans ses draps, il se mit à hurler sa douleur. A hurler comme une bête blessée... Car à cet instant, il n'avait plus rien d'humain en lui.
A SUIVRE...
Bon voilà, je suis désolée du temps que ça aura pris mais je n'ai vraiment plus le temps en ce moment et le chapitre 12 ne semble pas vouloir s'écrire... Donc le rythme de parution est tout chamboulé, désolée.
Pour ce qui est des reviews, ben je remercie Azazaelle, alexiel, Panda-no-ai, a-i-mai, oOo Taki Chan oOo, Ajousan Amai, eli-chan, Sayun, ena et Kuro-hagi pour les reviews. Désolée mais cette fois encore je ne ferai pas de réponses individuelles. Mais merci quand même, je sais que ça fait toujours plaisir quand on obtient une réponse à sa review mais je n'ai vraiment pas le temps... Au prochain chapitre peut-être.
Oo Hikari no namida oO
(1) "Bon allez, prends-moi et vite"... la phrase vient de Waisetsu Ningyou de Vidoll.
