Complot ! Je devais poster ça hier et le staff avait bloqué les identifications ! Humf ! Bref, voici le chapitre 7. Plus long que prévu mais il a son utilité, contrairement aux apparences. :p

Encore un immense merci à tous ! Lecteurs, reviewers ! Plein de bonnes choses !

Review Reply :

AnoS : Que veux-tu... Itachi-san est quelqu'un de très discret. Je ne sais pas s'il serait plus efficace hein... on verra dans les prochains chapitres... erm. Enfin en tous cas, merci merci. :) (P.S: Je suppose que tu voulais dire : la délicatesse d'Hidan et la bonté de Tobi. lol)

Disclaimer : Naruto ne m'appartient pas... mais si l'auteur veut m'offrir Tobi ou Dei-san...

Ndla : Zetsu chapitre ! Donc quelques codes, forcément : Blanc Zetsu. Noir Zetsu. Pff, un duo de personnalités et un seul corps... Sans code couleur, ce serait lourd à lire, alors voilà.


Chapitre 7

Soleil et Pluie

Les regardant partir la question me vint. Depuis combien de temps étais-je ici ? Depuis combien de temps n'avais-je pas quitté cet endroit ? Pas une poupée. Un chien en laisse.

Suivit une nouvelle période de solitude et avec elle, les pluies de l'automne. Il y a quelque chose dans la pluie d'apaisant et revigorant. Son bruit, son parfum, le chemin qu'elle dessine sur votre peau. Sous la pluie on pleure sans être seul. Sous la pluie on mue et renaît. Dans la pluie on abandonne nos peurs, nos chagrins, nos regrets et nos cruels souvenirs.

J'ai dansé sous la pluie jusque tard dans la nuit. J'y ai puisé la force de me tenir à ma résolution.

Je ne l'avais pas revu depuis cette nuit… Je me suis assise à la table de la cuisine, une tasse de thé dans les mains, les cheveux trempés, mon kimono me collant à la peau… Je ne tremblais qu'à cause de l'anxiété.

Un bruit. Réveil en sursaut. J'ai levé la tête et ai croisé son regard ambré.

—Zetsu-san…

Que veux-tu ?

Rien. Comme si rien n'était jamais arrivé… Ce n'était pas le moment de revenir sur ce à quoi j'avais servi. S'il pouvait faire comme si rien n'était arrivé, pourquoi pas moi ? Oublier le contact de sa peau, de sa bouche… Son odeur proche de celle d'une nature sous la pluie. Oublier que je n'avais rien été de plus qu'un instrument. Si j'étais éveillée à cet instant c'était bien pour oublier, chercher à devenir autre chose…

—Zetsu-san je me demandais…

Pas une poupée sur une étagère.

—Peut-être pourrais-je… Je pourrais aller au village à votre place pour…

Son regard m'imposa le silence.

Rester seule à ne rien faire. Je pouvais altérer mon statut autrement. L'idée m'était venue en ravalant mes larmes une nuit encore où le silence répondait au silence; où mes idées revivaient mes souvenirs. Même elles, avaient un semblant de vie hors de ça.

Penses-tu que je sois stupide ?

Interloquée.

—Non. Je…

Je ne suis pas ravi de cette corvée mais je ne te donnerai pas une excuse pour fuir.

Fuir… Je l'avais ressenti parfois. Plus encore. Prisonnière. Docile. Servile. Je n'avais jamais pensé à partir. Ce n'était pas la vie rêvée mais…

Je te retrouverais où que tu ailles tu le sais non ? Pourquoi faire la demande ?

—Et je n'aurais nulle part où aller Zetsu-san… S'il vous plaît je voudrais juste sortir un peu et…

Pas besoin d'aller si loin pour sortir.

J'ai hoché la tête. Pas de réplique. Pas par peur. Il existe juste ces gens qui ont autorité sur vous. Ceux que jamais vous n'oseriez contredire par même pour le plaisir du risque. Plaisir que je n'avais pas.

Un long silence. Mon thé était froid. Amer.

J'y penserai.

J'ai cru rêver. Son regard était sur moi. Aucune émotion. Juste un froncement de sourcils pour répondre à mes remerciements, à mon sourire franc.

Ne te réjouis pas trop vite.

Cette nuit-là mon esprit était léger lorsque j'ai regagné ma chambre.

Sortir… Attraper un morceau de vie quelque part ailleurs. Il n'y aurait personne pour me faire de réflexions. Il n'y aurait pas de silence entre quatre murs de pierres…Au moins pour une journée.

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Ils partent et d'autres arrivent. Ce n'était pas un roulement régulier. Il ne s'agissait pas non plus de rentrer sagement à la maison. Non. Ici devait être un des rares endroits où ils pouvaient se reposer sans risquer d'être repérés. J'aimais l'idée naissante d'être une petite portion d'un point fixe. Un repère. Un refuge. Peut-être même, au fil du temps, une femme simple, au foyer. Cela me faisait sourire. Parce que c'était ridicule. Parce que la perspective n'était pas si déplaisante.

J'attendais sa réponse comme une enfant attend un cadeau de noël. Une semaine.

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Quand il est arrivé – plus tôt que d'ordinaire – je n'ai pas osé demander. Ne pas l'agacer. Un demi-sourire sur ses lèvres noires. Je ne me posais pas de questions. Pourtant, appréhension. Je savais que cette partie de lui ne m'aimait pas. Elle appréciait juste le malaise que la situation me causait. Il a ôté son manteau. J'ai dénoué mon obi. A cet instant précis je n'ai pas pu. Impassible. Je ne lui apportais rien. La pensée arrêta mes gestes. S'il disait non... J'allais servir...A rien.

—Zetsu-san…

Suppliante. Ils parlent tous. Pourquoi pas lui ? Qu'il me parle ! Quelque chose, n'importe quoi. La preuve que je restais humaine… Même à ses yeux.

Fais…

Qu'y a-t-il ?

Bien sûr je n'ai pas su quoi dire. Je ne m'étais pas attendue à une question. Je voulais l'entendre. Il attendait. Plus de rictus. Je redoutais de le mettre en colère. J'ai secoué la tête. Forcé un sourire.

—Non rien. Désolée.

Pas un mot. Reprise.

Je me suis focalisée sur ses lèvres contre ma peau, sur mon cou; les marques qu'elles allaient laisser.

Je me disais que s'il faisait ça il devait certainement ressentir quelque chose. Je me rassurais comme je pouvais. J'avais besoin d'apporter quelque chose si je ne pouvais être que… "Ça". Nous avons tous besoin d'avoir l'impression qu'une place est faite pour nous quelque part. Etre utile. Un homme sans but, sans idéal, ça n'est qu'une ombre. Une coquille vide.

Lorsque ce fut terminé il s'est levé et est sorti. A son retour il avait les cheveux mouillés. En silence il s'est rhabillé. Je n'aimais pas les regarder partir sans un mot. Il ne me regardait même pas. Je me suis retournée, pudiquement couverte avec ces draps sales… Lavés dès qu'il ne serait plus là.

Sois prête demain aux premières heures du jour.

J'y ai pensé. Raisonnée. Il allait revenir mais sans doute pas pour ça.

Tu as compris ?

Peut-être ne veut-elle plus sortir.

Compréhension. Immédiatement redressée. Mon attention sur lui. Un sourire. Comme si rien n'avait précédé cette nouvelle. Je m'étonne toujours de la vitesse à laquelle je m'emparais de la moindre excuse pour oublier. C'était faire barrage à une rivière avec une brindille, bien sûr, mais je ne pouvais m'en empêcher.

Le lendemain j'étais prête avant le soleil.

Mon sourire ne me quitta pas et j'eus l'impression de redécouvrir le monde après des années passées dans le noir. Seule je n'osais pas sortir. Rarement. Pas longtemps. Dehors… Entourée par les bois… Je ne pouvais pas me cacher.

J'étais contente d'être accompagnée. Profiter. Savourer. Le soleil sur ma peau. Le vent dans mes cheveux. L'agitation des animaux, l'animation d'une ville éveillée… Toutes ces voix, ces odeurs… Depuis si longtemps…Enivrant.

Durant le trajet il me donna milles consignes. Il m'informa de son étrange don et me fit comprendre que j'étais surveillée.

J'étais heureuse de flâner, protégée. Je n'avais pas peur. J'avais envie de tout. Tout ce que je voyais. Les tomates, le riz, le poisson, le thym, la menthe, ces baguettes à motifs, ces serviettes de table, ces bols avec des papillons, ce vase, ce petit chat en bois…

J'oubliais les gens autour de moi…

—Nakiri ?! Satô Nakiri ?!

Surprise. Cette voix… Je me suis brusquement retournée. Bouche bée. Onee-san…

C'était ainsi que j'avais appelé la femme qui m'avait prise sous son aile, m'avait formée. Une seule pensée me traversa l'esprit : famille. Embrassade. Larmes. Soulagement.

Parler. Pendant des heures. Une au moins avant que je ne hurle. Quelque chose autour de ma cheville. Froid. Prise ferme. Tous les regards sur moi. Excuses bafouillées. Un temps avant que je ne réalise que ce devait être Zetsu-san.

Je ne voulais pas. Je devais. Continuer les achats, laisser de côté l'étincelle de joie et mon ancienne vie. Dans les bras de Sachiko-sama j'ai eu – pendant une folle seconde – l'envie de partir. Lui dire de fuir avec moi. Belle ironie. Ma conversation avec Zetsu-san était oubliée. Fuir. N'appartenir qu'à nous et conquérir amour, respect, famille, paix et bonheur. Je n'ai rien dit. Je l'ai regardée partir. Elle et mon ancienne vie. Elle boitait. Mon cœur s'est serré. Cette vie n'existait plus et mon plan avait une faille. Une de taille. Sécurité.

Sur le retour mon humeur était plus sombre; jusqu'à ce que Zetsu-san me rejoigne.

—Zetsu-san.

Son regard sur moi. Sourcils froncés. J'ai souri.

—Merci.

Il n'a pas compris. Moi je réalisais. Je relativisais. Les bontés de mon passé avaient été troquées contre ma sécurité.

Le vent dans mes cheveux, sur mon visage. Le soleil sur ma peau. Les odeurs des fruits, des légumes et des épices… De la forêt autour de nous. Le son d'une nature paisible. Je me sentais soudainement capable de supporter le poids du monde. Leur monde. Mon monde.

Dans mon euphorie j'ai proposé à Zetsu-san de manger avec moi.

Je n'ai pas envie de jouer les baby-sitters plus longtemps que nécessaire. T'attendre était suffisamment pénible.

Médusée. Encore une fois j'avais oublié qui il était. Ce qu'il était. Où j'étais. Pourquoi.

Je reviendrai dans une semaine.

Sans un autre mot il est parti.

Le vide. La solitude. Seule dans cette pièce. Ce repère de pierre. Cette forêt. Oppressée. Si elle avait été apaisante sur le retour, elle était maintenant terrifiante. Grouillante et vide. J'étais seule. Seule et utilisée. Le soleil n'était plus qu'une lumière qui me disait que ce n'était pas l'heure de dormir. D'oublier.

Le moindre bruit était une menace. Un sursaut. Je n'ai pas dormi.

Depuis le coin le plus sombre de ma chambre j'ai regardé la pluie. Toute la nuit. Je les ai entendus arriver.


Je vous le dis, les grandes lignes des trois chapitres à venir sont prêtes. Ils ne devraient pas tarder. Disons un peu moins d'une semaine pour le 8. Patience !

Peut-être vais-je cependant devoir boire un peu de thé noir pour mettre tout ça en place...