Note de l'auteur : Je ne peux commencer ce nouveau chapitre sans remercier toutes les personnes m'ayant laissé des reviews. Merci, merci et encore merci. Le chapitre précédent à visiblement plu, puisque vous êtes nombreux à avoir réagi ! Vous êtes tout aussi nombreux à avoir interprété correctement le mot de passe de Snape, d'ailleurs. Félicitations ! ;) Et pour répondre aux questions que me posait Pazerty : 1 : Non je n'ai absolument aucune idée du nombre de chapitres que comportera cette fic, car j'écris totalement au feeling ! :) Et 2 : Tu n'as peut être pas tout à fait tort concernant le lien entre la lueur rouge dans les yeux de Snape et le sort de Bellatrix Lestrange... ;) Je n'en dirai pas plus ! :D Quant à Love-Nutella qui se demandait si j'avais été influencée par Twilight, et bien absolument pas, même si j'ai apprécié le film ;) Enfin, Azuleya, j'espère aussi de tout coeur ne pas tomber dans l'insipide ! Je compte sur vos reviews pour continuer à me donner votre avis. Bonne lecture ! Au programme de ce chapitre : La rentrée d'Harry bien sûr, mais aussi le comportement pour le moins étrange de Snape, et une petite visite nocturne de Dumbledore...

Auteur : Asphodèle Snape

Disclaimer : "Etroite cohabitation" est une histoire tout droit sortie de mon esprit malade. Les personnages et l'univers d'Harry Potter quant à eux appartiennent exclusivement à notre déesse aimée et reconnue de tous, plus communément appelée JK Rowling. Je ne touche donc aucune rémunération d'aucune sorte (oui, c'est triste) pour l'écriture de cette fic, si ce ne sont vos reviews, qui sont donc hautement appréciées et attendues.

Rating : M pour slash à venir (j'ai dis à venir, bande d'impatients !)

Résumé : Voldemort vaincu, la vie pourrait être enfin simple pour Harry Potter. C'est sans compter sur la décision de Dumbledore d'en faire le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, au nez et à la barbe (surtout au nez) de Snape. Et si seulement il n'y avait que ça...Slash Harry Potter/Severus Snape à venir.


Chapitre VII - Semer le trouble

C'est à l'aube qu'Harry se réveilla le lendemain. Il aurait apprécié dormir plus, surtout qu'il ne commençait ses cours qu'à dix heures, mais une vive sensation d'anxiété le maintenait éveillé et il finit par quitter son lit, constatant que ses dernières heures de sommeil étaient définitivement perdues. Une fois sous la douche, il remarqua avec plaisir que son épaule était nettement moins douloureuse, et cette constatation lui fit immanquablement repenser aux événements de la veille.

Les images se brouillèrent dans son esprit. D'abord le violent affrontement qu'il avait eu avec Snape suite aux paroles blessantes de ce dernier, puis la sensation qu'il avait ressentie lorsqu'il lui avait prodigué un massage, et enfin l'étrange atmosphère qui régnait lorsqu'ils s'étaient quittés. Une atmosphère à la fois douce et menaçante qu'Harry n'aurait su expliquer. Il était certain que les gestes de Snape l'avaient apaisé, mais il ne réussissait pas à expliquer l'impression de danger qu'il avait ressentie, ni pourquoi le dernier regard de Snape l'avait poursuivi toute la nuit. Et d'ailleurs, où était-il, ce dernier ? Harry l'avait entendu sortir quelque temps après s'être couché, mais il s'était ensuite endormi et n'aurait su dire si le Serpentard avait fini par rentrer.

La Grande Salle était particulièrement bruyante ce matin là, et Harry ressenti une impression de vertige lorsqu'il y entra pour prendre son petit déjeuner. Ça y est, se dit-il pour lui-même alors qu'il se dirigeait vers la table des professeurs, j'y suis, je vais devoir enseigner. L'angoisse devait se lire sur son visage, car alors qu'il prenait place à ses côtés, Hagrid lui demanda si tout allait bien. Après l'avoir rassuré et salué le reste de ses collèges – à l'exception de Snape qui semblait ne pas ressentir le besoin de se nourrir très régulièrement, à moins qu'il ne préfère qu'un elfe ne lui apporte son petit déjeuner au lit – Harry tenta d'avaler quelques oeufs accompagnés de lard, mais abandonna dès la seconde bouchée, sentant que son estomac refuserait d'absorber quoi que ce soit de plus ce matin-là.

La sonnerie annonçant le début du premier cours de la matinée fit sursauter Harry. Bon nombre de ses désormais collèges et élèves avaient déjà quitté la Grande Salle, mais il lui restait pour sa part une heure à tuer avant de donner son premier cours. Alors qu'il s'apprêtait à quitter la table, le Professeur Mc Gonagall prit soudain place à côté de lui.

- Bonjour Potter, dit-elle. Comment s'est passé votre week end ? J'ai appris, reprit-elle avec un air que l'on aurait pu qualifier de malicieux s'il ne s'était pas agi de Minerva Mc Gonagall, que le directeur n'avait trouvé d'autre solution que de vous faire partager les appartements du Professeur Snape... J'espère qu'il se comporte bien, au moins ?

- Ne vous inquiétez pas, répondit Harry avec un sourire timide, je finirai bien par m'y faire... Et lui aussi, ajouta-t-il d'un air sombre.

- Je n'en doute pas, fit Mc Gonagall en souriant. Oh, il lui faudra sans doute du temps, mais je suis persuadée que le Professeur Snape finira par apprécier votre présence, Potter. Enfin, assez parlé de lui, comment vous sentez vous en ce premier jour de cours ?

- Et bien... angoissé, avoua Harry. Je ne suis pas certain d'avoir les connaissances nécessaires pour enseigner...

- Et moi je suis certaine, le coupa Minerva, que si le directeur vous a choisi vous plutôt qu'un autre, c'est que vous avez toutes les capacités nécessaires pour être un parfait enseignant. Certes, il vous manque les années d'études (à ces mots, Harry grimaça), mais, ajouta-t-elle, vous vous battez contre les Forces du Mal depuis votre plus jeune âge. Dans ces conditions, qui d'autre peut prétendre à une meilleure pratique de cette matière que vous ?

Harry baissa la tête, rougissant légérement. Il était flatté par les mots de son ancienne directrice de maison mais ne savait que répondre.

- Snape n'a pas l'air de cet avis... D'après ce qu'il m'a dit hier soir, en tout cas.

- Le professeur (Mc Gonagall insista fortement sur ce mot) Snape préférerait à mon sens se couper les deux bras plutôt que de vous concéder le moindre talent, Potter. Mais je suis certaine qu'il n'en pense pas moins. Certes, Severus fait partie de ces gens qui estiment que les études sont la base de tout. A vous de lui prouver que la pratique forme tout aussi bien, si ce n'est plus, que ce que l'on trouve dans les livres ! Je vais devoir vous laisser à présent, j'ai encore quelques petites choses à mettre au point avant de donner mon cours. Et souvenez vous bien Harry (le Gryffondor fut surpris de l'entendre utiliser son prénom), si vous êtes ici, ce n'est pas par hasard. Vous méritiez ce poste. A bientôt, conclu-t-elle avec un large sourire avant de s'éloigner en direction des portes de la Grande Salle.

Harry la regarda partir, se sentant légérement ragaillardi par les paroles de son ancienne directrice de maison. Après tout elle le connaissait bien pour l'avoir suivi de près depuis son arrivée à l'école, son avis était donc certainement plus fondé que celui de Snape qui, lui, semblait aveuglé par son ressenti envers Harry.

En levant les yeux vers l'horloge de la Grande Salle, il constata qu'il ne lui restait que peu de temps avant le début de son cours et décida donc d'aller prendre possession de ce qui serait désormais son bureau. L'étage ainsi que la salle où il devait se rendre étaient inscrits sur son emploi du temps, et bientôt Harry arriva devant une porte de bois semblable à tant d'autres dans l'école, au quatrième étage, non loin de la bibliothèque. La pièce était de taille normale, et en la parcourant du regard Harry se souvint qu'il avait y avait lui-même suivi des cours, l'année précédant son départ de Poudlard. Souriant à la pensée que les lieux lui étaient familiers, Harry disposa ses affaires et prit place derrière ce qui était désormais son bureau. Il eut le temps de relire encore une fois son cours avant que ne retentisse la sonnerie qui indiquait la fin d'un cours. Bientôt, des pas retentirent dans le couloir et rapidement les visages d'une vingtaine d'élèves apparurent dans l'encadrement de la porte, l'air curieux.

- Entrez et prenez place, leur dit simplement Harry, faisant bien attention à ne laisser personne prendre conscience de la panique qui lui étreignait le cœur en cet instant précis. Il était heureux toutefois que les écoles sorcières aient cet avantage sur les écoles moldues de n'avoir que rarement plus de dix élèves par classe.

Alors qu'ils prenaient place non sans un certain chaos, Harry observa la vingtaine d'élèves, des Gryffondor et des Poufsouffles de troisième année. Ce qui le frappa d'abord, ce fut leur petite taille. Il ne se souvenait pas avoir eu l'air si jeune lorsqu'il avait treize ans... Il constata ensuite, et se retint de sourire à cette observation, que les filles et les garçons répugnaient toujours autant à se mélanger. Et il remarqua, en voyant les insignes brodées sur le devant de leurs robes, que le mélange entre les maisons n'était toujours pas d'actualité à Poudlard... Il essaierait de remédier à cela plus tard, mais pour leur premier cours, il laissait aux élèves le choix de se placer à côté de la personne qu'ils voulaient. Enfin, après que chacun ai trouvé une place, se soit installé et ait sorti ses affaires, Harry se leva et s'éclaircit la voix. Aussitôt, les murmures cessèrent et tous les regards se tournèrent vers lui.

- Bonjour à tous, je suis le Professeur Potter, je suis chargé de vous enseigner la Défense contre les Forces du Mal cette année. Pour ce premier cours, je vais vous demander à chacun de remplir le questionnaire que voici, qui me permettra de mieux vous connaitre et surtout de me faire une idée de vos connaissances dans la matière que j'enseigne.

Les élèves ne firent aucun commentaire, et Harry passa dans les rangs pour distribuer le questionnaire qu'il avait préparé pour ce premier cours. Il constituait en une suite de questions, d'abord ciblée sur l'élève (ses intérêts, ses éventuels projets d'avenir) puis sur ses connaissances en Défense contre les Forces du Mal. Harry s'était en effet souvenu que les trois années précédentes, la matière avait été enseignée par des professeurs qu'il aurait pu qualifier d'incompétents sans que cela ne choque personne, puisque tout le monde, au final, avait été de cet avis.

Il y avait d'abord eu Dolores Ombrage bien sûr, alors qu'Harry était en cinquième année, et dont il gardait un souvenir cuisant sur le dos de la main. Ensuite, un dénommé Archibald Fudge, dont on s'était bien vite rendu compte que le nom de famille n'était pas un hasard (il était cousin, et pas si éloigné que ce qu'il voulait bien dire, du Ministre lui-même), n'avait en rien amélioré le niveau des élèves dans cette matière difficile qu'était la Défense. Il s'était en effet contenté de suivre le modèle mis en place par son prédécesseur et ainsi les élèves s'étaient ils retrouvés une année de plus à ne faire que de la théorie.

Enfin, alors qu'Harry, Ron et Hermione entamaient leur septième et dernière année à Poudlard, la place avait été une fois encore remise sur le marché et accordée à un nouvel enseignant. Celui-ci, Alexjeï Radzjick, autrefois professeur à Durmstrang, s'il s'était montré légérement meilleur que les deux précédents, n'avait pas pour autant suffisamment préparé les élèves aux examens qui les attendaient à la fin de l'année, ce qui avait expliqué les piètres résultats obtenu dans cette matière. Seuls ceux qui suivaient encore les cours de soutient organisés par Harry s'en étaient tirés sans dommages.

Après avoir distribué à chaque élève un questionnaire, Harry retourna à son bureau et s'assit, observant l'ensemble de la classe. Il y avait autant de filles que de garçons, et tous, pour autant que l'on puisse en juger à leur seule apparence, avaient l'air plus ou moins sympathiques. Seul un jeune garçon au regard que l'on aurait pu qualifier de méprisant et qui avait l'air de se pavaner déplaisait légérement à Harry, mais il était bien obligé d'admettre qu'il ne pouvait le juger uniquement sur son apparence et son air hautain.

Le cours se poursuivi dans un silence seulement perturbé par le grattement des plumes, chaque élève penché sur son questionnaire. A la fin de la première heure, Harry les ramassa et la deuxième heure fut consacrée cette fois ci à un véritable cours. Comme il ne connaissait pas encore le niveau de ses élèves concernant les sorts et les maléfices, il avait décidé de consacrer ce premier cours à l'étude des créatures magiques, et d'une en particulier : Le loup-garou. De ce fait, les élèves n'auraient pas à sortir leur baguette avant qu'Harry n'ait pu juger, à la lecture des questionnaires, de leurs connaissances. Il espérait ainsi éviter les accidents, du moins la plupart. Le choix d'étudier les loups garous n'était pas non plus anodin pour Harry : Il considérait en effet cela comme une sorte d'hommage rendu au meilleur professeur de Défense qu'il n'ait jamais eu, victime lui aussi de la dernière bataille : Remus Lupin. Une partie de ses pensées était sans cesse tournée vers lui alors qu'il donnait son cours et vérifiait que les élèves prennent correctement leurs notes. Soudain, une main timide se leva au fond de la classe.

- Oui, mademoiselle ? Quel est votre prénom ? interrogea Harry

- Selena Hobday, Professeur, répondit la jeune fille brune en rougissant tellement que même Ron en aurait été jaloux. Je... J'aurais aimé savoir, bredouilla-t-elle, si... si vous aviez déjà eu à affronter... un loup garou ?

Harry lui sourit, espérant qu'ainsi la jeune fille abandonnerait son air purement terrifié, et expliqua à l'ensemble de la classe le combat qu'il avait mené contre Fenrir Greyback le soir de la dernière bataille, en prenant garde toutefois de passer sous silence certains détails qu'il jugeait trop sanglants. Il mit aussi l'accent sur le fait que Greyback était réputé pour être parmi les plus cruels des loups-garous, afin que les élèves ne fassent pas d'amalgame. Après tout, le but du cours était de leur faire comprendre que les loups garous n'étaient pas des monstres qu'il fallait éliminer, il était donc important que Greyback leur apparaisse tel qu'il était, à savoir une exception.

Pour appuyer ses dires, Harry prit un autre exemple, celui de son ancien professeur et ami Remus Lupin. Les élèves écoutèrent attentivement le portrait qu'Harry en dressa, et ce dernier appuya sur le fait qu'il était bien plus courant de rencontrer des loups garous comme Lupin que des bêtes assoiffées de sang et de meurtre comme Greyback.

Ce qu'Harry n'avait pas prévu, en revanche, c'était que cette question innocente posée par Selena Hobday ne serait que la première d'une longue série d'interrogations de la part des élèves assis face à lui. Visiblement, le récit de son combat avec Greyback avait éveillé leur curiosité, et ils semblaient soudainement s'être souvenu qu'ils avaient face à eux Harry Potter, et que la liste de ses prouesses ne devait certainement pas s'arrêter à un combat contre un loup garou. De ce fait, Harry fut rapidement submergé par les questions, et se hâta d'y mettre un terme.

- Ecoutez, dit-il fermement, je comprends que vous ayez envie d'entendre d'incroyables récits à propos de mes éventuels combats, duels ou que sais-je encore. Mais sans vouloir vous décevoir, j'ai bien plus souvent dû ma survie à la chance qu'à des sortilèges méconnus et fantastiques. C'est la raison pour laquelle il faut toujours que vous gardiez en tête que l'important n'est pas d'apprendre le sort le plus puissant, le plus sombre ou le plus improbable pour espérer remporter un duel. L'essentiel, et je sais de quoi je parle, c'est de maitriser parfaitement les sorts de base, avant d'espérer en apprendre de plus complexes. Un excellent Expelliarmus aura bien plus d'impact que n'importe quel sort puissant s'il est mal maitrisé ou si l'on surestime ses capacités.

C'est alors que le jeune garçon à l'air hautain qu'Harry avait repéré en début de cours prit la parole d'une voix trainante qui n'était pas sans rappeler celle de Drago Malefoy.

- Ça, c'est ce que vous dites, mais c'est de la théorie pour faire joli et pour qu'on évite de se blesser. En vérité, personne ne me fera croire que vous avez battu Vous Savez Qui avec un simple sort de Désarmement.

Un murmure surexcité parcouru la salle, mais il fut vite interrompu par le regard noir qu'Harry leur lança.

- Puis-je connaitre votre nom, jeune homme ?

- Lawrence Griffith-Owen, répondit le blond non sans afficher un air particulièrement fier de lui.

- Et bien monsieur Griffith-Owen, pour votre information, sachez qu'aussi absurde que cela puisse vous sembler, je suis bel et bien venu à bout de Voldemort (un frisson parcouru la classe, certains élèves plaquèrent même leurs mains devant leur bouche) grâce à un sort de Désarmement. Ne vous en déplaise, ajouta Harry avec un sourire narquois qui n'avait rien à envier à ceux de Severus.

Lawrence Griffith-Owen ne répondit rien, mais son regard en disait long. Il était furieux, mais Harry décida de ne pas s'en préoccuper pour l'instant et donna congé à ses élèves lorsque la sonnerie de fin du cours eut retentit. Il était à présent midi, et il leur emboita le pas en direction de la Grande Salle, bien décidé à calmer les appels désespérés de son estomac.

L'après midi, Harry finit par se dire que le plus dur – son tout premier cours – était derrière lui, et les heures suivantes passèrent beaucoup plus facilement et rapidement. Il eut tout d'abord une heure avec les Gryffondors de première année, qu'il trouva aussi minuscules qu'avides de savoir, puis deux heures avec les Serdaigles de cinquième année. Ce cours, consacré aux sorts informulés, fut celui qu'Harry trouva le plus intéressant et le plus gratifiant de la journée.

Certes, il appréciait se retrouver face à de tous jeunes sorciers qui débutaient en tâtonnant dans le monde de la magie, mais c'était un tout autre challenge que d'en préparer d'autres à leur premier véritable examen, et de constater qu'ils avaient pour certain des facilités qui n'étaient pas négligeables. Toutefois, aucun élève au cours de cette journée ne réussit à impressionner Harry, mais il s'y était attendu : compte tenu de l'enseignement qu'ils avaient reçu les années précédentes, il n'y avait rien d'étonnant au fait que la plupart d'entre eux aient un niveau relativement bas dans cette matière. Cela rendait d'autant plus agréable et intéressant les rares élèves qui manifestaient des prédispositions en Défense, et qu'Harry eut tôt fait de remarquer.

Le soir venu, après avoir pris son repas dans la Grande Salle et discuté longuement avec Minerva de sa première journée de cours, Harry reprit la direction des cachots. Il n'avait pas vu Snape de la journée, pas même pendant les repas, et loin de le laisser indifférent cela le rendait soucieux. L'ancien Mangemort n'avait jamais été un être très sociable, mais lorsqu'Harry était encore élève il venait au moins prendre ses repas dans la Grande Salle, ce qui n'était plus le cas aujourd'hui, ou alors à de rares occasions comme lors du banquet de début d'année. Harry aurait voulu connaitre les raisons de cet isolement, mais lorsqu'il entra dans le salon et croisa le regard de Snape, il sut que ce n'était vraiment pas une bonne idée. Le Serpentard n'arborait certes jamais une mine réjouie à la manière de Dumbledore, mais ce soir là ses traits étaient particulièrement tirés et son regard plus sombre encore qu'à l'accoutumée. Harry hésita avant de lui adresser la parole, puis finit par se lancer.

- Votre rentrée s'est... bien passée ? osa-t-il avant de se flageller mentalement : la réponse se lisait sur les traits de Snape, sa journée avait été atroce et sa question était donc totalement déplacée. En effet, un seul regard de sa part suffit à lui faire comprendre que la réponse était non.

Pourtant, alors qu'il s'apprêtait à regagner sa chambre en laissant Snape ruminer seul ses sombres pensées, la voix du Serpentard s'éleva dans la pièce en une question à laquelle Harry ne s'était vraiment pas attendu.

- Comment va votre épaule ?

Le Gryffondor fit volte face et observa Snape. Ses yeux avaient vraiment une couleur étrange, ils n'étaient même plus noirs, ils semblaient avoir dépassés ce stade pour se rapprocher d'une couleur plus foncée encore, si c'était possible.

- Je... Mieux. Mieux grâce à la crème.

Snape ne répondit rien, se contentant simplement d'hocher la tête. Sans qu'il ne sache vraiment pourquoi il agissait ainsi, Harry s'en fut chercher un livre dans sa chambre et revint s'asseoir sur le canapé du salon, non loin du Serpentard qui occupait son fauteuil habituel. Il savait pertinemment que l'homme ne lui adresserait pas la parole de toute la soirée, mais cela ne dérangeait pas Harry. Il ne voulait pas que Severus pense qu'il le fuyait, et il espérait encore qu'à force de passer du temps ensemble, même en étant simplement assis dans la même pièce sans se parler, leurs rapports finiraient par s'améliorer.

Reprenant sa lecture de « Vie et Destin des Grands Noms du Quidditch » là où il l'avait arrêtée la veille, Harry s'installa confortablement et commença à lire. Une fois encore, le silence n'était perturbé que par le craquement du feu et le bruit des pages qu'Harry et Snape tournaient régulièrement. C'est lorsque ce bruit cessa du côté de ce dernier qu'Harry releva la tête et croisa son regard. Visiblement, Severus l'observait depuis un moment déjà, et le Gryffondor dû retenir un frisson à cette idée. Son ancien professeur le fixait avec une intensité qu'il ne lui connaissait pas, et ses yeux étaient plus foncés encore qu'auparavant, si c'était possible. Il semblait comme hypnotisé, et ce n'est qu'en entendant Harry s'éclaircir la voix qu'il détourna brutalement les yeux et se replongea dans sa lecture.

Mal à l'aise, Harry ne réussit plus à se concentrer sur son livre et finit par le poser sur la table basse face à lui. Immédiatement, Snape releva la tête et leurs yeux se croisèrent à nouveau. Les pupilles du Serpentard étaient dilatées à l'extrême.

- Il y a quelque chose qui ne va pas, Snape ? interrogea Harry, faisant fi de sa réserve habituelle envers l'homme et tentant de maitriser le tremblement de sa voix.

- Je ne vois absolument pas de quoi vous voulez parler, répondit ce dernier d'une voix rauque sans détacher son regard d'Harry, ce qui eut le mérite de faire monter la panique d'un cran chez ce dernier.

Constatant que le dialogue n'irait pas plus loin et qu'il était trop mal à l'aise pour se replonger dans sa lecture, Harry décida d'aller se coucher et de laisser Severus ruminer seul ses sombres pensées. Il sentit son regard peser lourdement sur lui alors qu'il se levait et se dirigeait vers sa chambre.

- Bonne nuit, souffla-t-il sans se retourner.

Il n'eut droit à aucune réponse.

Une fois dans sa chambre, Harry s'autorisa à souffler un grand coup. Mais qu'avait donc son ancien professeur qui le rendait si… étrange ? Qu'il ait passé une horrible journée certes, ça ne devait pas être la première fois compte tenu de son statut de professeur le plus haï de Poudlard, mais ça n'expliquait en rien les regards qu'il avait lancés à Harry tout au long de la soirée, ni la petite voix qui semblait lui crier de partir, de laisser l'homme seul. La même petite voix que la veille au soir... Harry soupira en se disant qu'il n'avait vraiment pas besoin de ça en plus du stress que représentait la responsabilité de plusieurs classes et d'un nouvel emploi, mais que pouvait-il y changer ? Il espérait simplement que le lendemain, Snape serait redevenu lui-même, même s'il devait pour cela subir ses sarcasmes habituels. Après avoir jeté un œil à son planning, Harry se déshabilla et se mit rapidement au lit. Il était si fatigué par sa première journée en tant que professeur qu'il s'endormit aussitôt, malgré les questions qui se bousculaient une fois de plus dans sa tête.

Ce n'est qu'aux alentours de deux heures du matin qu'Harry fut soudain réveillé par des voix qui semblaient provenir du salon. Intrigué, il se leva en prenant garde à faire le moins de bruit possible et colla son oreille contre la porte de sa chambre. Après quelques instants de silence, la voix de Dumbledore résonna dans la pièce d'à côté. Il avait l'air préoccupé.

- Asseyez-vous Severus, je vous en prie.

- Pourquoi par Merlin êtes vous venu me voir, Dumbledore ? Je ne vous ai rien demandé, lui répondit une voix énervée qu'Harry attribua immédiatement à Snape.

- J'ai bien vu que vous alliez mal, lorsque je vous ai croisé dans les couloirs tout à l'heure. Il était de mon devoir de vous proposer mon aide, mais j'ai jugé plus sage d'attendre qu'Harry soit couché pour ce faire.

- Et qu'avez-vous à me proposer aujourd'hui ? Vous savez pertinemment que rien ne peut m'aider.

- Je sais mon enfant, je sais, reprit la voix apaisante de Dumbledore. Mais Pomfresh vous a préparé une réserve de substituts améliorés par ses soins, et...

- JE NE VEUX PAS DE VOS FOUTUS SUBSTITUTS ! Explosa Snape en renversant un fauteuil.

- Severus, calmez vous je vous en prie, vous allez finir par réveiller Harry.

- Mais quelle idée, aussi, Albus ! Me le mettre sous le nez, en permanence, alors que j'ai essayé de m'en tenir éloigné le plus possible dès que je su tout ce que ça impliquait ! Vous connaissiez les conséquences, vous saviez que j'aurais à en souffrir, cracha-t-il tout en faisant les cent pas à travers la pièce.

- Nous savons vous et moi qu'il n'y avait pas d'autre solution, Severus. Vous tenir éloigné d'Harry aurait été bien pire, croyez moi. De plus, il n'y a qu'ici qu'il soit réellement en sécurité, et vous le savez tout comme moi...

- Ça va, ça va, à d'autres les beaux discours. Je ne tiendrai plus longtemps, Albus.

Harry l'entendit s'effondrer dans un fauteuil et pousser un profond soupire.

- Il le faudra pourtant, jusqu'à ce qu'Harry soit apte à accepter la nouvelle et les conséquences qui vont avec. Buvez mon enfant, ajouta Dumbledore en débouchant quelque chose qui tinta à la manière d'un récipient de cristal.

Il y eut quelques instants de silence, troublés seulement par la déglutition régulière de Snape.

- Immonde, reprit-il enfin. Je préfère ne pas savoir ce qu'il y a dedans.

- Pomfresh s'est fait un devoir d'y incorporer tout ce dont vous aurez besoin pour assurer vos cours et rester maitre de vous-même, Severus. Nous ne pouvons faire mieux pour l'instant.

- Laissez-moi maintenant, Albus. S'il vous plait.

Dumbledore poussa un soupire attristé, et Harry l'entendit se diriger vers la porte d'entrée.

- Vous devriez lui parler, Severus. Il peut comprendre, je le sais.

Puis la porte se referma, et le silence retomba, plus lourd que jamais. Harry osa un regard à travers la serrure et aperçu la silhouette de Snape, assis dans un fauteuil, la tête entre les mains. Puis celui ci se leva, et Harry le vit disparaitre dans sa chambre à coucher.

Harry rejoignit son lit sans même savoir comment, et s'effondra dessus sans se soucier le moins du monde du bruit qu'il aurait pu faire. S'il avait déjà été perdu maintes fois dans sa vie, ce n'était rien, comparé à ce qu'il ressentait ce soir là.


Bon bon bon... ça prend forme tout ça ! Alors, à votre avis, Harry a compris la situation de Severus ou pas encore ? Vous remarquerez que le terme "vampire" n'a jamais été employé, donc... Dans tous les cas, j'attends vos reviews avec impatience ;)