Roukia : pauvre Remus, oui...
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Severus Rogue se réveilla en sursaut.
Il se sentait très mal. Il avait ce sentiment affreux qu'il avait besoin de revenir à l'aile de l'hôpital pour reprendre de la potion de Porphyrie pour lutter contre les symptômes de sa maladie. Il avait spécialement le sentiment de ne pas pouvoir attendre le lendemain matin. Il grogna et s'assit. Il ne pensa pas probable que son état délirant était dû au manque de sommeil. A ce rythme, il s'évanouirait avant d'atteindre l'aile de l'hôpital. Il soupira. Il valait mieux réveiller ce foutu préfet.
Il avait été plus qu'un peu vexé de ne pas avoir été nommé préfet de son année, mais il n'était pas du tout surpris de qui avait été choisi. Foutu chienchien, pensa-t-il. Le professeur de runes anciennes, le professeur Took, était le responsable de la maison Serpentard, et il avait nommé son élève favori de cette année préfet. Juste parce que je ne suis pas un lèche-cul et que je ne lui dis pas ce qu'il veut entendre. En fait, réfléchit-il, c'était probablement parce qu'il n'avait pas pris runes anciennes. En troisième année, il avait commencé à prendre étude des moldus (le seul Serpentard à faire ceci depuis de nombreuses années... sa théorie était connais ton ennemi) et Arithmancie. Il pensait que l'Arithmancie était un peu mieux que la divination, mais il avait voulu éviter les soins aux créatures magiques. Il n'était pas bon avec les animaux. Il avait en fait voulu prendre runes anciennes (il avait acheté le livre en première année et avait déjà beaucoup appris tout seul), mais le peu de contacts qu'il avait eu avec Took en tant que responsable de maison l'avait convaincu qu'il ne pourrait pas tolérer de l'avoir comme professeur pendant cinq ans, et l'Arithmancie avait été la seule autre chose tolérable. Au moins, le professeur Vector ne semblait pas prendre l'Arithmancie trop au sérieux. Le scepticisme sain de Sirius était habituellement accueilli avec un sourire malicieux. Il se demandait si le professeur n'était pas plus qu'un petit peu conscient de l'idiotie de tout cela.
En tous cas, il allait devoir essayer de réveiller Karkaroff, et de le convaincre de l'accompagner à l'aile de l'hôpital, afin que, s'il s'évanouisse, il ne soit pas seul, et afin que s'ils rencontrent Rusard, il puisse dire qu'il avait pris un préfet pour l'amener voir Pomfresh afin qu'il n'ait pas de retenue pour être hors du lit. (Pas que cela le dérangerait que Karkaroff prenne une retenue).
Igor avait été insupportable avant la cinquième année, mais ce n'était rien comparé à Igor le Préfet. Severus avait eu à recourir de petites choses pour le remettre à sa place... Comme utiliser le surnom que Karkaroff détestait le plus.
« Iggy ! » appela-t-il maintenant, secouant le garçon pour le réveiller. Rha. Il dort comme un mort. « Karkaroff ! » essaya-t-il cette fois, au cas où le garçon aurait prétendu être endormi parce qu'il refusait de répondre au 'Iggy.' haï.
Le garçon plus petit se retourna et grogna, se redressant sur ses coudes. « Fous le camp, Rogue. Laisse-moi tranquille. »
« J'ai besoin d'aller à l'aile de l'hôpital. Je vais avoir une retenue si je suis pris sans qu'un préfet ne vienne. »
Karkaroff ricana. « Et rappelle-moi pourquoi je devrais m'en soucier... ? »
La bouche de Severus Rogue fonctionna à regret. « Parce que si tu fais cela... Je te le devrai. »
Karkaroff considérait cela maintenant. Severus n'aimait pas le regard rusé qui parcourut son visage comme il achevait de s'asseoir et disait « Je prends ma robe de chambre et mes pantoufles. »
Oh Oh, pensa Severus. Qu'est-ce que ce crétin va essayer de me faire faire maintenant ? Mais ensuite il eut encore cette sensation dans ses tripes et il tressaillit. Il avait vraiment besoin d'aller à l'infirmerie.
Ils traversèrent les donjons pendant quelques temps avant de finalement atteindre les escaliers du hall d'entrée. Ils continuèrent à gravir les escaliers de marbre, Severus devant attendre de façon répétée Karkaroff, qui traînait des pieds d'un air endormi (et essayait d'être aussi ennuyeux que possible, selon Severus). Quand ils atteignirent finalement l'aile de l'hôpital et ouvrirent la porte de l'infirmerie, ils découvrirent que quelqu'un était déjà dans l'un des lits. Remus Lupin était couché sur le côté, ses yeux fermés, le front couvert de sueur. Il frissonnait fiévreusement et était d'une couleur grisâtre atroce. Puis il ouvrit ses yeux, qui regardaient dans le vide, aveugles. Il y avait une étrange lueur rouge dedans.
Severus s'arrêta, alarmé. Que faisait-il ici ? se demanda-t-il. C'était clair, cependant, qu'il n'allait pas très bien, quelle que soit la maladie spécifique qu'il avait. Severus s'appuya sur le mur nerveusement, allant jusqu'au bureau de Madame Pomfresh pour lui dire qu'il était venu prendre de la potion, ne voulant pas s'approcher davantage de l'autre garçon au cas où il serait contagieux.
Karkaroff ne remarqua rien de cela. « Je redescend maintenant. N'oublie pas... » ajouta-t-il, « ... Tu me le dois. ». Maintenant Lupin s'asseyait brusquement, fixant avec crainte les deux garçons de Serpentard. Severus pu le voir déglutir. De quoi avait-il peur ? Oh, exact, se souvint-il. Severus Rogue, le grand méchant vampire. Au fil des siècles, de nombreuses personnes avec la porphyrie avaient par erreur été prises pour des vampires. Jusqu'à présent, le monde des moldus avait pensé que c'était toujours le cas, et ils étaient ignorants du fait qu'il y avait vraiment des vampires. Il fit la tête à Lupin. Bien. S'il voulait avoir peur de lui, c'était avec plaisir. Peut-être que je devrais me limer les dents un peu pensa Severus.
Karkaroff partit et Severus gratta contre la porte de Madame Pomfresh, regardant Lupin du coin de l'œil. Elle ouvrit rapidement, surprise de le voir.
« Rogue ! Que faites... » Elle s'arrêta quand elle vit son visage, sa teinte jaunâtre et ses lèvres pâles. Elle le conduisit à un lit et chuchota « Je vais chercher la potion. Le professeur Chourave vient juste m'amener une livraison fraîche d'asplénium. J'ai fait des potions toute la journée. »
Comme elle essayait de quitter son chevet, il lui prit la main. « Pourquoi est-il là ? » demanda-t-il doucement.
Elle eut l'air irritée. « Il vient toujours me voir pour des somnifères. Et il va probablement demander à dormir ici encore, au lieu de son propre dortoir. Mais ne t'inquiète pas... Je vais m'occuper de toi avant. » Elle eut un regard désapprobateur en direction de Remus Lupin avant de partir chercher la potion de Severus Rogue.
Lupin se redressait dans son lit, regardant Severus Rogue avec énervement. Si je ne savais pas qu'il me hait, je jurerais que je lui plais, pensa-t-il, reculant à cette pensée. Bah. Même s'il aimait les hommes, je pourrais faire mieux que cela n'importe quand.
« Est-ce que tu restes ? » lui demanda brusquement Lupin, la voix enrouée.
« Quoi ? »
« J'ai dit est-ce que tu restes ? »
Severus Rogue se renfrogna. « Qu'est-ce que tu as ? »
Lupin commença à respirer plus rapidement. « Si j'avais pensé que je ne serais pas seul, je ne me serais pas dérangé pour descendre jusqu'ici... »
« Oh, tu dois avoir l'infirmerie pour toi tout seul maintenant, n'est-ce pas ? Désolé, mais quelques uns parmi nous ont des soucis médicaux légitimes. » dit-il, s'arrêtant avant d'en dire plus sur son 'souci' spécifique. « Un somnifère. Pourquoi est-ce que tu ne te casses pas d'ici et ne laisses pas Madame Pomfresh tranquille ? Et moi aussi ? »
Lupin tourna brusquement sa tête alentour. « Je... Je m'attendais à être seul, c'est tout. » expliqua-t-il plus doucement, ne répondant pas à la méchanceté de Rogue sur le même ton. Severus Rogue ne savait jamais quoi faire quand quelqu'un faisait comme cela. C'était une façon d'être dans la maison Serpentard que de faire monter les enchères. Reculer était impossible.
Le garçon de Griffondor se glissa hors de son lit et remit ses chaussures, et il enfila sa robe de chambre par-dessus son pyjama. Il couru jusqu'à la porte. « Dis à Madame Pomfresh... dis-lui que je me sens bien mieux... »
C'était clairement un mensonge. Severus Rogue eut presque envie de lui dire qu'il avait vraiment l'air d'aller mal. A la place, il dit avec un ricanement « Peur d'être seul avec moi ? »
Lupin s'arrêta et le scruta très sérieusement. Ce regard dans ses yeux était assez énervant. Est-ce que Lupin aimait les garçons ? se demanda encore Severus. Et pourtant... Il y avait quelque chose de plus, comme l'expression d'un prédateur affamé qui errait là. Comme un animal sauvage.
« Oui. J'ai définitivement peur d'être seul avec toi. » dit-il calmement, sa voix presque inaudible.
Severus se réinstalla contre ses oreillers, sa bouche se tordant encore. « Hou ! La bravoure des Griffondors, mon cul ! »
Lupin fut à côté de lui en deux pas, prenant le garçon de Serpentard à deux mains par sa robe de chambre et le soulevant. Leurs visages étaient très proches, et Lupin semblait renifler Severus Rogue.
« Ce n'est pas ce que tu pourrais me faire que je crains. » dit-il calmement. Puis il le relâcha dans son lit et alla en chancelant jusqu'à la porte, la claquant derrière lui.
