Bonjour les gens, encore une fois je suis affreusement en retard même si je ne donne pas de délai, je sais quand j'abuse ou non. et là j'abuse mais comme ça devient une habitude, vous ne deviez sans doute pas l'attendre avant deux trois mois...^^

donc, un nouveau chapitre qui en fait est écrit depuis une éternité mais que je n'arrivais pas à boucler. j'ai donc commencé une nouvelle fic en attendant et l'inspiration n'étant pas revenue pour celle là, il a fallu que je me force, pour que vous ayez enfin ce foutu chapitre, en espérant que ça ne se sente pas trop

merci et désolée envers tralalaire, Aodren, Lady Black S et Veruschka de m'avoir soutenue pour le dernier chapitre et d'avoir réclamé une suite rapide qui ne l'a pas été

vos reviews me font un bien fou, alors continuez comme ça, j'apprécie vos commentaires sur mon lucius et mon sirius/roxane, vous avez l'air d'apprécier les caractères donnés à mes personnages principaux et c'est le plus beau compliment que vous puissiez me faire!

ah et pour ce qui est du sensuel, mlle Veruschka, nous verrons en temps et en heure... mais ça viendra! dans dix ans, d'ici deux ou trois chapitres^^

bonne lecture!

PS: point de vue alterné évidemment, et non annoncé comme d'habitude mais c'est tellement plus drôle quand vous vous creusez les méninges pour comprendre qui parle!


En fait, l'estrade avait été dressée pour la seconde partie de la soirée. Celle que les élèves attendaient bien plus que le quart d'heure de valse de l'ouverture, le concert de rock. C'était une première à Poudlard et Roxane n'allait pas s'en plaindre. Dumbledore avait fait venir pour l'occasion les Bizarr'Sisters, un petit groupe de rock sorcier qui commençait à connaître un réel succès à la radio. La jeune fille connaissait toutes leurs chansons. Une masse importante d'élèves gesticulait face à la scène, les mains en l'air en sautant dans tous les sens. La chanson en cours était leur premier succès, This is the night, dont Roxane chantait silencieusement dans son coin les paroles qu'elle connaissait sur le bout des doigts. Elles avaient beau être atrocement niaises, la musique n'en était pas moins libératrice. C'était du rock beuglé par des déchaînés et franchement, ça changeait de la musique d'ambiance des soirées mondaines.

Lucius, sur la chaise à côté, était accaparé par une discussion animée avec les prochaines recrues mangemorts. Folle ambiance. Roxane reporta son attention sur les élèves en nage devant l'estrade, elle ne fut pas surprise d'y trouver les quatre griffondors. Disons plutôt les deux. Potter et Black gesticulaient comme des cinglés, alors que Lupin appréciait la musique d'un peu plus loin, toujours aussi calme et réservé, évitant ainsi de se mêler à la foule. Pettigrow lui, il semblait pris de boulimie à dévaliser de ses sales pattes le buffet.

Roxane fut interrompue dans son inventaire par le regard de Lupin qui se posa sur elle, ses deux pupilles d'ambre lui faisant l'effet d'un ballet de flammes lui brûlant la peau. Si toute sa personne respirait l'intrigue, Roxane devait bien admettre que c'était avant tout ses yeux qui s'avéraient les plus mystérieux. C'était ses yeux qui l'avaient elle-même déstabilisée cette fameuse fois dans la volière. D'ailleurs monsieur en avait parfaitement conscience et en jouait volontiers malgré cet air de ne pas y toucher. Elle aimait bien Lupin. Non, sérieusement. Non seulement, des quatre c'était son préféré, ou plutôt le moins insupportable, mais Roxane l'aimait vraiment bien. Chose qu'elle n'avouerait jamais à personne d'autre qu'à elle-même bien entendu. Par contre, le fait qu'il la fixe toujours commençait à devenir franchement gênant. Si Lucius s'en apercevait, il ordonnerait sans hésiter –non Lucius ne demande pas, il exige- à Rosier et Rockwood de se charger de son cas et honnêtement, Roxane n'avait pas l'intention de jouer les samaritaines avec toute la clique des griffondors. Enfin pour ça, encore fallait-il que Lupin ait eu besoin de son aide. Il n'avait rien de la frêle Evans, lui. Un petit soir de pleine lune et pouf, ces deux abrutis ne seraient plus qu'un mauvais souvenir. Evans qui à bien y réfléchir ne semblait pas si fragile que ça, à hurler en chœur les paroles au beau milieu de la foule. Elle l'aimait bien elle aussi. Roxane n'aurait jamais dit ça en début d'année ou même juste après l'avoir sauvée, n'ayant agi que par pitié et non par amitié pour la san… la fille de moldue. Aujourd'hui, c'était presque Noël, et les choses avaient changé. Pour une… fille de moldue, elle n'était pas si mal. Oui, Roxane aimait bien Lily Evans. Mais ça non plus, elle ne le dirait jamais à personne.

La brunette baissa les yeux vers le verre vide qu'elle serrait déraisonnablement entre ses mains et en vint à la conclusion que si elle commençait à faire dans le sentiment, c'était qu'elle avait suffisamment bu pour la soirée. Où était Lucius ? Ah oui, sur la chaise d'à côté, sans la moindre considération pour sa personne. Qu'à cela ne tienne, elle était jeune et tenait encore sur ses pieds, elle irait profiter de la soirée comme tout le monde, Lucius pouvant aller se faire foutre par la même occasion.

Il ne la vit même pas quitter son siège. Roxane fila d'un pas plus assuré qu'elle n'aurait cru jusqu'à la piste, non sans un regard pour Lupin lorsqu'elle le dépassa. Le jeune homme lui rendit un sourire amusé et ne cessa de la suivre des yeux que lorsqu'elle s'engouffra non sans mal dans la masse. Dire qu'elle se sentait à l'aise, collée à tous ces bouseux qui lui filaient des coups de coudes dans les côtes, serait mentir mais au moins elle se sentait libre, cachée de la vue de son cerbère à poils blonds pour un moment. Roxane ferma les yeux afin de ressentir la musique même si compte tenu du volume, on pouvait la ressentir jusque dans les toilettes. Finalement elle les rouvrit bien vite, sentant la nausée arriver et leva les bras, comme tout le monde. C'était bien la première fois qu'elle se fondait volontiers dans la masse. Elle avait toujours rêvé de faire ça : agir comme n'importe quelle personne de son âge, elle qui n'avait toujours vécu qu'en se conformant à cette exigence de passivité chez les femmes de son rang. Roxane porta alors ses longs doigts jusqu'à sa coiffure et défit une à une les épingles qui retenaient encore sa crinière d'ébène. Là elle se sentait vraiment bien. La jeune femme ne retint pas le large sourire qu'elle sentait poindre. Un sourire qu'elle manqua de voir disparaître lorsqu'un gros rustre, un poufsouffle évidemment, lui rentra dedans avec une telle brutalité qu'elle s'emplafonna violemment avec son voisin de droite. Celui-ci la rattrapa avant qu'elle ne tombe à terre, la serrant fermement à la taille d'une main et à l'épaule de l'autre. Par Merlin elle reconnaissait ces mains, même avec une dizaine de verres dans le nez. Lorsqu'elle releva la tête afin de confirmer ses soupçons, son regard heurta celui gris acier de son « sauveur ». Black, évidemment. Incroyablement débraillé à force de remuer sans cesse, incroyablement beau aussi elle devait l'avouer. Où était sa blonde ? Apparemment pas ici, sinon elle aurait eu tôt fait de ramener ses fesses en voyant son cavalier avec une autre fille dans les bras. Une fille nettement mieux qu'elle en plus. Monsieur profitait du concert avec Potter et Evans qui lui adressa un sourire chaleureux. Elle aimait bien Evans, l'avait-elle déjà dit ?

Lorsque le griffondor finit par ôter ses mains, Roxane craignit l'espace d'une seconde que c'était pour mieux l'étrangler. Mais lorsqu'elle replongea ses yeux dans le regard devenu onyx du beau brun, elle se détendit instantanément. Il semblait apaisé, peu disposé à commettre un meurtre. Un peu saoul aussi à en juger par l'éclat de ses prunelles. La jeune femme fut brusquement rappelée sur terre lorsque le veau qui l'avait bousculée, hurla à ses autres veaux de copains de le ramasser par terre. En temps normal, Roxane se serait contenue, elle avait tout de même une réputation de reine des glaces à préserver et elle y tenait, mais là sa robe était fichue suite au verre du Poufsouffle qui s'était entièrement renversé sur la jeune femme lors de la bousculade, un obèse gesticulait rageusement à ses pieds, et elle était saoule. Elle éclata de rire. Un rire clair et envoutant. Un rire qui attira l'attention de Sirius Black, abasourdi par la scène à laquelle il assistait. Elle riait parce qu'on lui avait rentré dedans. Le griffondor était éméché mais pas débile. Si elle l'avait laissé la tenir aussi longtemps contre lui, et pourtant la scène avait dû durer tout au plus quelques secondes, et qu'elle riait de s'être faite quasiment plaquée au sol par un abruti, c'était parce qu'elle était littéralement bourrée. Il ne l'avait jamais vue comme ça. Saoule et encore moins respirant la joie de vivre. Nom d'un chien, ça le déstabilisait. Alors que Mulciber semblait irrémédiablement prise d'un fou rire devant la détresse du saoulard à ses pieds qu'elle n'aiderait pour rien au monde - elle était devenue euphorique avec l'alcool mais tout de même pas serviable – Sirius risqua un coup d'œil vers Malefoy et son comité d'extrémistes. L'albinos n'avait même pas remarqué que sa dulcinée avait déserté. Quelque chose lui faisait penser que son coup dans le nez n'était pas prévu au programme. Il ne fallait pas croire que les sorciers de la haute société ne savaient pas boire. Ils aimaient ça, les sang-pur. Par contre, se tenir la tête entre les genoux pour cracher ses boyaux ne faisait pas partie du protocole que les précepteurs vous enseignent dès cinq ans. La gueule de bois oui, à condition que ça ne se voit pas. De toute évidence, le comportement de Mulciber ferait tâche dans les soirées sectaires auxquelles elle participait avec Conrad le terrible. Cette constatation lui procura une intense satisfaction. La gentille petite fille à papa se rebellait un peu. Le jeune homme ne manquerait pour rien au monde la tête de Malefoy quand il s'en apercevrait.

Quelqu'un lui tapa sur l'épaule. C'était Cornedrue. D'un geste vers la porte de la grande salle, il fit comprendre à Sirius que Lily et lui allaient s'en aller d'une minute à l'autre. C'était bien les couples ça. A vous promettre que vous alliez tous ensemble passer une soirée du tonnerre et à vous laisser tomber dès que ça les démangeait un peu trop. Officiellement, c'était juste pour rechercher de la tranquillité. Est-ce que c'était bien nécessaire d'aller se planquer jusque dans les buissons pour trouver de la tranquillité ? Tranquillité mon … En parlant de couple, Sirius chercha de son regard embrumé par l'alcool la blondinette avec laquelle il était censé finir la soirée. C'était bien la peine de se coltiner un bal si c'était pour passer la nuit tout seul comme un puceau. Encore fallait-il qu'il se souvienne de laquelle il s'agissait parmi toutes les blondes de l'école. Difficile à dire, il en avait invité les trois quarts en six ans. Remus se souviendrait sans doute de sa tête, c'était le seul à retenir ce genre de futilités. Le pauvre était dans un coin, à l'écart de la foule. Il détestait se mêler aux autres, non pas par snobisme, simplement par souci de préservation de la vie humaine. Et il n'était pas question de la sienne dans l'histoire. Il était seul, évidemment. La pauvre fille complètement folle de lui avec laquelle il avait eu le courage de jouer les baby sitters en première partie de soirée avait dû faire une syncope de passer la soirée en compagnie d'un maraudeur. Ou alors elle en avait simplement eu marre de ne pas lui susciter chez lui le moindre intérêt. Rares étaient les nanas qui l'intéressaient vraiment. En fait, Sirius en connaissait deux. Evans et … Mulciber. Ca le vexait d'autant plus qu'il n'avait pas la moindre idée du pourquoi du comment et le pire de tout, c'était qu'il faisait plus confiance aux capacités de jugement de Remus qu'aux siennes et à celles de Cornedrue réunies. En temps normal évidemment.

Alors qu'il rejoignait Lunard du mieux qu'il pouvait sans trop tanguer devant McGonagall, un détail attira son attention pourtant bien diluée dans l'alcool. Le siège de Malefoy était vide. Sirius Stoppa net, guettant le moindre signe suspect. L'albinos sortit de la foule à peine une minute plus tard, accompagné de Mulciber qui ne semblait guère avoir le choix à en juger par la force avec laquelle il la tirait vers la grande baie vitrée menant au parc. Ce taré allait lui arracher le bras. D'ordinaire Sirius se contrefoutait de ce que ces deux là avaient bien à se dire en pleine nuit par -15 degrés. Mais ça restait Lucius Malefoy qui maltraitait une fille avec un air d'illuminé sur le visage.

Ce côté-là du parc était désert. Roxane comprenait pourquoi compte tenu de la température polaire. Tant mieux pour Lucius, il pourrait l'égorger sans se faire prendre. La jeune femme n'avait peut être pas tout à fait les yeux en face des trous mais la douleur qui la lançait dans le bras droit l'avait plus ou moins faite dessaouler. Lorsqu'il s'arrêta enfin et qu'il fit volte face, la toisant de ses deux iris trop clairs pour être honnêtes, elle sut qu'elle allait passer un sale quart d'heure.

- Je t'avouerais que je suis curieux. Tu n'aimes pas la foule, tu n'aimes tout simplement pas les gens, alors aurais-tu l'obligeance de m'expliquer ce que tu faisais au milieu de tous ces guignols à te déhancher comme une pute ?

Nous y voilà. Il ne criait pas mais c'était typique de Lucius. Monsieur était du genre à préférer les colères froides. C'était quelque chose qu'il maitrisait à la perfection. Elle enviait cette capacité qu'il avait à pouvoir déblatérer les pires horreurs sur le même ton qu'il emploierait pour aller faire des courses. Roxane avait travaillé d'arrache pied pour choper le truc, mais elle devait avouer que l'élève était encore loin de dépasser le maître. Elle savait se montrer froide et détachée, jusqu'à un certain point cependant. La voilà qui était face à deux options : ne pas se manifester en espérant qu'il ne poserait que des questions rhétoriques ou oser lui tenir tête. Jusqu'à récemment, elle n'aurait pas eu peur de le provoquer. Ca c'était avant. D'un autre côté, elle était saoule. Alors…

- Je suis ronde comme une queue de pelle, tu veux un dessin ? Oh, et je trouve que « pute » est légèrement exagéré. A la limite, « catin » ça pourrait me convenir, mais pute c'est vraiment trop fort.

Lucius s'était rapproché. Roxane, par sûreté, préféra garder ses distances en reculant d'un pas.

- Et le fameux soir où tu t'es mêlée de ce qui ne te regardait pas avec la sang de bourbe, c'était sans doute parce que tu étais saoule aussi ?

Evidemment qu'un jour ou l'autre, ça allait revenir sur le tapis. Seulement Roxane ne pensait pas que la confrontation aurait lieu si tôt. Comment pouvait-elle lui expliquer que ce n'était pas son propre comportement le problème dans l'histoire ?

- Je ne sais pas d'où te vient cette si grande haine des autres que plutôt que de les mépriser comme tu l'as toujours fait, maintenant tu t'en prends directement à eux mais si tu ne reconnais pas mon comportement, sache que c'est réciproque.

Comme ça. En plus elle était fière d'elle. Sa phrase avait quand même une sacrée gueule. Elle s'était concentrée. Pourtant ça n'avait pas l'air d'avoir démonté le garçon. Lucius éclata d'un rire froid qui aurait sans doute dû la glacer d'effroi. Manque de chance, c'était déjà fait.

- Tu ne sais pas ce que tu dis.

- Oh c'est vrai ? Alors quand je t'entends parler d'extermination, c'est surement que j'entends mal.

Roxane crut percevoir une lueur foncièrement mauvaise traverser ses iris, l'espace d'une seconde. Une lueur qu'elle ne lui connaissait que depuis très récemment. Il était là le cœur du problème.

- Je ne te croyais pas si soucieuse de la race inférieure.

- Et moi je ne te croyais pas si influençable. Tu t'appropries les croyances de ce type comme si tu avais toi aussi un compte à régler avec les sangs de bourbe.

Ah, la lueur mauvaise, le retour.

- Quelque chose me dit que je ne suis pas le seul à me laisser influencer ici. Depuis quand mon enrôlement est une mauvaise idée selon toi ?

Depuis qu'elle s'est mise à y réfléchir par elle-même, probablement. Poussée par un abruti, certes.

- Depuis que j'ai pris conscience de tout ce que ça implique. Des choses que tu pourrais être amené à faire par obéissance.

La semaine qu'elle avait passé au rayon moldu de la bibliothèque y était sans doute pour quelque chose.

- Ton père est d'accord avec ces croyances sur lesquelles tu craches.

L'allusion à son père arracha à la serpentarde un sourire amer. Comme si c'était un argument valable, et Lucius le savait pourtant.

- Conrad est un illuminé depuis la mort de ma mère. Il peut croire en toutes les inepties qu'il veut, ce n'est pas lui que j'admirais il n'y a pas si longtemps pour son indifférence totale du monde qui l'entoure sauf envers moi. Tu m'as toujours porté un intérêt particulier, privilégié. Aujourd'hui, c'est moi qui supporte ton indifférence alors que le monde qui t'entoure, tu veux simplement l'anéantir. Belle évolution.

Lucius avait été pris de tremblements l'espace de quelques secondes. Ses propos l'avaient-il simplement touché ou était-ce par colère ? Roxane n'était pas sure de vouloir le découvrir. Elle ne voyait pas comment la situation pourrait s'arranger avec ce qu'elle lui avait dit. Elle venait clairement de remettre en question toutes les croyances qu'on avait essayé de lui faire gober pendant toute sa vie, les croyances de Lucius. En relevant les yeux vers lui, Roxane surprit un faible rictus.

- Je suppose que ton admiration pour moi s'est envolée alors ?

Ses derniers mots transpiraient l'amertume. En la trainant dans le parc dix minutes plus tôt, il n'avait pas dû s'imaginer que la « discussion » irait aussi loin. Il avait sans doute voulu lui rappeler qu'il avait le dessus. Quelle réussite. Roxane cracha ses mots.

- Tu peux même te la mettre là où je pense. Mais si tu cherches de l'aveuglement inconditionnel pour ta personne, j'ai cru apercevoir Narcissa Black qui noyait sa frustration dans les restes du buffet avant que tu ne m'arraches le bras.

C'était dit, maintenant, restait à savoir pour Roxane s'il s'agissait là d'une provocation à laquelle il n'avait absolument pas intérêt à répondre ou bien si elle venait de lui donner sa bénédiction pour aller voir ailleurs. La jeune femme ne le savait pas elle-même. Cette conversation à l'aveuglette lui tordait le ventre, ne sachant pas où cela risquait de la conduire. Tout était jouable, en cet instant, et comme pour le lui prouver, Lucius balaya sa réflexion d'un vulgaire revers de la main.

- Arrête avec cette pimbêche, ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est toi et moi, le sujet c'est notre mariage et la triste constatation que vous ne me facilitez pas la tâche, toi et ton foutu caractère.

Alors comme ça, il ne comptait pas la lâcher. Bizarre de la part d'un homme qui mettait un point d'honneur à faire comprendre aux autres que c'étaient toujours eux qui avaient besoin de lui et non l'inverse. Roxane marqua son indignation en collant ses poings de chaque côté de ses hanches.

- Notre mariage ? Parce qu'il en est encore question ? On s'insulte et on oublie tout ? Je te croyais plus rancunier que ça. Même si ma fortune colossale est en jeu. Moi je le suis. Ou peut-être que ce n'est pas de la rancune mais juste de la fierté. Et franchement, je ne vois pas quelle raison valable tu pourrais me donner après ce qu'on vient de se dire, pour que je veuille encore de ce mariage.

Lucius avait encore avancé d'un pas, un sourire désormais conquérant collé au visage. Atrocement flippant quand on y pense. Roxane ne comprenait pas comment il pouvait être si sûr de lui en ce moment. Elle venait d'acquérir la maîtrise du jeu, non ?

- Roxane, mon ange, je te rappelle que techniquement tu ne décides de rien du tout. Au mieux tu peux influencer ton père, mais tu n'annuleras pas ton mariage. Tu n'annuleras pas notre mariage. Parce que, vraisemblablement je ne te rendrai pas heureuse, j'ai cru comprendre que nos avis venaient de diverger…

Le jeune homme venait de saisir une fine mèche de cheveux ébène pour la replacer derrière l'oreille droite de sa «fiancée ». De sa prisonnière, oui. Roxane se mit une claque mentale, évidemment elle avait oublié de reculer. Elle s'empressa de rectifier le tir sur le champ, en ne manquant pas de se dégager d'un coup d'épaule.

- … sur certains points. Mais je ne te rendrai pas malheureuse pour autant. J'ai de l'affection pour toi – Lucius n'employait jamais le mot sentiment - ce qui n'est certainement pas le cas de tes autres prétendants. Tu sais que je suis ta meilleure option, alors non, tu ne feras pas tout foirer sous prétexte d'une vulgaire mésentente.

Il avait haussé les épaules comme si leur scène de ménage ne représentait rien pour lui. Roxane était trop fière pour baisser la tête, pourtant elle ne put empêcher la désillusion voiler son regard, ce que Lucius se fit un plaisir de constater. Il avait raison, cet enfoiré avait raison. Pour l'instant, il admettait tenir à elle, mais quand bien même cet attachement viendrait à disparaître, les sentiments que Roxane garderait, elle, pour Lucius, aussi égratignés peuvent-ils être, seraient toujours plus que le plus infime dégout qu'elle pourrait ressentir pour n'importe qui d'autre. Elle l'avait déjà réalisé quelques jours plus tôt. Il ne lui apprenait rien. Qu'elle n'avait pas le choix, et que si l'alcool ne lui avait pas embrouillé les idées aussi longtemps, elle se serait souvenue que pour son confort, il valait mieux ne pas contrarier l'homme qui aurait toute autorité sur elle dans un futur proche.

Elle ne sut trop pourquoi Lucius lui avait à l'instant, empoigné le bras –toujours le même- avec encore plus de violence que la première fois. Il attendait une foutue réponse peut-être ? Ou alors voulait-il qu'elle se mette à pleurer ? En tout cas, c'était bien parti. S'il continuait comme ça, il lui broierait le membre à mains nues. Alors qu'elle commençait à se débattre, ne faisant pas bouger Lucius d'un centimètre, un buisson juste à côté d'eux se mit à frétiller furieusement. Pour la survie du couple coincé dans les branches épineuses, il valait mieux qu'ils aient été trop absorbés par l'anatomie de l'autre pour avoir entendu ne serait-ce que des bribes de leur conversation. La situation inattendue eut au moins le mérite de faire relâcher la pression exercée par Lucius.

Roxane ne put retenir un hoquet de surprise lorsqu'elle reconnut d'abord la voix du garçon qui tentait non sans mal de se relever de l'arbrisseau.

- Bordel de… putain de rosier !

Lorsqu'il s'arrangea enfin pour en sortir à moitié, sa tignasse brune rejetée en arrière ne laissait plus aucun doute à la jeune fille. Le garçon en question se redressa enfin de toute sa hauteur, la robe de sorcier lacérée de tous les côtés par les épines dangereusement pointues du rosier en question. Il avait l'air de s'être battu avec un ours. Tout sauf démonté par son allure minable, il jeta enfin un regard méfiant au couple, contrastant avec le sourire presque chaleureux qu'il affichait.

- Bonsoir !

Si Roxane avait pu jouir de l'usage de son bras, elle se serait passée la main sur le visage, navrée pour le griffondor. Il s'était foutu dans un merdier pas possible. Tout ça pour pouvoir batifoler avec sa bécasse du moment. Dans un rosier. Pathétique.

- Black ! Pour une surprise…

Lucius lui lançait le même regard, sauf que monsieur n'était pas d'humeur à faire dans l'hypocrisie, alors le sourire était seulement en option. Il jeta un coup d'oeil visiblement agacé derrière le griffondor, comme s'il s'attendait à ce que l'abruti en question dissimule quoi ou qui que ce soit.

- La pauvre fille que tu as dû saouler toute la soirée pour arriver à tes fins n'est pas avec toi ?

Ah oui c'est vrai, le coup du buisson. L'alcool recommençait à lui embrumer l'esprit. A moins que ce soit cette foutue douleur au bras qui l'empêchait de penser correctement. Black se contenta de sourire d'un air gêné. Un vrai travail de composition lui qui n'avait jamais honte de rien. Roxane devait admettre qu'il était plutôt convainquant.

- En fait, le grand romantique que je suis lui a proposé de se faire culbuter dans le rosier en tout bien tout honneur. Moi qui ai l'habitude de faire pleurer de joie les filles après le passage du grand Sirius, voilà qu'elle se met à sangloter, comme ça, j'ai juste eu le temps de comprendre le mot « irritation » avant de commencer à me prendre des coups de sacs et à me faire traiter d'insensible, comme quoi je lui faisais à son grand-père paternel, ce qui m'a légèrement inquiété comme réflexion vu le contex…

Black avait brutalement stoppé son monologue lorsque Lucius s'était chargé de le menacer de sa baguette, pour le plus grand soulagement de Roxane qui n'en pouvait plus de l'entendre parler. Cet abruti l'avait saoulée de paroles, réussissant probablement son coup puisqu'une histoire aussi faite de grand n'importe quoi ne pouvait être qu'une vulgaire improvisation d'un griffondor trop imaginatif. Ca n'expliquait pas sa présence et pour que Lucius le laisse tranquille, il avait intérêt à trouver quelque chose de plus convainquant qu'une escapade romantique.

- Donne-moi une bonne raison de ne pas te mettre en pièces.

Ben voilà. Roxane se surprit à grincer des dents, comme si elle redoutait ce qu'il pourrait bien arriver dans la seconde à un écervelé trop curieux et non armé. Il avait vraiment mal choisi son moment celui-là. Lucius était tout sauf d'humeur clémente. Il n'y avait qu'à regarder l'arme qu'il tenait entre les mains, pointée en direction d'un intrus qui bizarrement, ne semblait pas le moins du monde s'inquiéter de la situation dans laquelle il s'était mis.

- Lucie, ma grande folle, baisse donc ton bâtonnet, tu risques de te crever un œil.

Bien qu'elle s'évertuait depuis le début à éviter tout contact visuel avec Black, puisque Roxane craignait que son trouble face à cette scène ne soit trop visible, la serpentard ne put empêcher son regard de se poser sur la carrure impressionnante du lion égaré, qui s'amusait à faire dans la provocation. C'était son terrain de jeu préféré. Elle savait aussi que c'était le détesté de Lucius. Merde, contact visuel. Elle ferma alors les yeux, préférant ne pas voir ce qui allait se produire pas plus tard que dans quelques secondes. La voix de Lucius, acérée comme un couteau, la fit frissonner. Roxane réalisa alors qu'après avoir réglé son compte à Black, si Lucius se contentait de la laisser partir sans trop l'amocher, elle décèderait probablement d'une pneumonie.

- Je crois que tu oublies à qui tu fais perdre son temps Black. Lorsqu'un cabot dans ton genre me provoque, je ne règle pas mes comptes à coup de Crache-limaces.

Black ne rigolait plus. Même son sourire s'était fané. Il ramena ses bras contre lui pour les croiser sur son torse et dévisageait Lucius dans une position de défi. S'il avait peur, il le cachait bien. Pourtant, c'était le moment ou jamais. Et oui, Roxane avait rouvert les yeux. La curiosité l'avait emporté.

- Tu peux ranger les crocs sale serpent, ton air constipé n'est bon qu'à effrayer les première année. Ne viens pas me donner une leçon de courage alors que tu sais qu'à Poudlard, tu peux ravaler tes sortilèges impardonnables. Tu ne me feras rien parce que la présence d'une vingtaine de profs réunis derrière ce mur te paralyse. Tu ne risqueras jamais ton poste pour si peu.

Ce n'était pas une question mais une affirmation. Black avait bien cerné le côté lâche de Lucius et il en profitait. C'était sa carte de sortie. Ca n'expliquait toujours pas sa présence ici. Si le brun avait juste voulu les espionner, il aurait pu se contenter de moisir dans son rosier, sans se manifester. Quel était l'intérêt de faire une entrée des plus remarquées si ça n'était pas pour en venir aux mains. Ou plutôt à la baguette ? Visiblement, Lucius avait eu le même raisonnement. Et il avait laissé tomber l'idée de lui faire payer sa présence.

- Qu'est-ce que tu veux Black ?

Celui-ci afficha un rictus mauvais. C'était lui désormais qui était en position de force. Il posa alors son regard sur la frêle silhouette de Roxane, pour la deuxième fois seulement, depuis le début.

- Lui éviter une amputation par ta faute. Lâche-la, tu veux ?

Les battements de cœur de Roxane eurent un raté, tant ce qu'il venait de dire lui semblait invraisemblable. Encore une fois visiblement, à Lucius aussi.

- Pardon ?

- Je ne partirai que lorsque tu auras fini d'essayer de lui broyer les os.

Roxane avait bien entendu. Il était venu la défendre. Formidable. Elle en était arrivée à un tel point qu'elle avait besoin que Black la défende. Au secours, elle voulait vomir. Lucius laissa échapper un rire guttural, sans desserrer sa poigne. Apparemment, l'improbabilité de la scène le faisait marrer. Mais vraiment. Ce n'était pas un rire teinté d'ironie made in Malefoy, ce n'était pas un rire froid. C'était un rire d'hallucination. Heureusement qu'il finit par se calmer car découvrir Lucius dans cet état était franchement gênant.

- Alors comme ça, après avoir fait le tour de toutes les poitrines de Poudlard, tu t'intéresses à ma femme ?

Ils furent deux à grimacer. Roxane, non pas à l'évocation d'une possible attirance de Black pour sa personne puisqu'elle savait pertinemment que c'était tout sauf ça – la tête qu'affichait Black en ce moment la confortait d'ailleurs dans son raisonnement – mais parce que le mot « femme » dans la bouche de Lucius lui glaçait le sang, après la mise au point qu'ils avaient eue. Black, parce que ça ne faisait que lui confirmer que Malefoy était tordu.

- Merci pour la proposition mais je te la laisse volontiers. Je ne touche pas quand je ne sais pas où ça a trainé.

Alors ça, c'était la meilleure. C'était bien à lui de le dire alors qu'il avait sauté sur toutes les prostituées de l'école. Roxane tenta de calmer le pic d'indignation qu'elle avait senti émerger. Ca n'était pas le moment de faire un scandale pour si peu. Il était tout de même là pour lui rendre son bras car elle devait bien se l'avouer, avec Lucius lui hurlant dessus ça pourrait bien durer un siècle.

Lucius lança un bref regard vers la grande fenêtre derrière laquelle la fête continuait de faire rage et aperçut la silhouette du toutou de Black, Lupin. Celui-ci regardait fixement la scène qui se déroulait sous ses yeux, parfaitement impassible. En résumé, parfaitement prêt à s'en mêler si cela venait à dégénérer. Alors que le serpentard posait son regard sur le bras laiteux qu'il serrait maladivement entre ses mains, cette peau qu'il avait auparavant si souvent touchée semblait le brûler. Il la lâcha par réflexe, sans oser même un regard vers son ancienne captive, et repartit tranquillement après cette promenade de santé vers le château, non sans avoir maudit Black sur sept générations de ses yeux glacés en arrivant à sa hauteur.

On ne rabaissait pas un Malefoy de cette façon sans en subir les conséquences. Black le savait, et si sous ses airs de chien fou il semblait s'en moquer comme de sa première copine, ses sens seraient désormais en alerte.