Précédemment : Alors que la routine semble être en train de s'installer doucement dans le vie de Kiba, Naruto & Sasuke, ses deux meilleurs amis, lui remettent un bout de papier sur lequel il avait griffonné quelques phrases durant le lycée, pour Sakura. Peu de temps après, Suigetsu tombe sur ce bout de papier et fera renaitre en Kiba sa passion pour la musique. Kiba écrira donc la suite de cette chanson avant de la jouer devant ses deux meilleurs amis, plus que ravis. Après avoir essuyé un refus pour jouer dans le bar branché, le Black Moon, Kiba fera la rencontre et la connaissance d'Ino, une jolie blonde pétillante et amie de Sasuke.

Disclaimer : Rien ne m'appartient ! L'image a été trouvé sur Tumblr & les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto, un monsieur qui dessine drôlement bien.

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Les Uchiwa habitaient depuis des dizaines d'années dans une vieille battisse qui avait fait peau neuve grâce à la fortune dépensée par le patriarche de la famille, Fugaku. Fugaku était un homme imposant, aussi bien par son physique que par son caractère. Ainsi, en quelques années seulement, il avait gravi les échelons de la société sans grande difficulté et, en peu de temps, il s'était retrouvé à la tête d'une entreprise d'exportation de tissus dont les occidentaux raffolaient pour une raison qui lui avait toujours échappée. C'était ce que Sasuke avait raconté à Ino lorsque cette dernière lui avait demandé ce que faisait son père, autrefois. Il lui avait aussi dit qu'un accident l'avait forcé à écourter sa carrière professionnelle et à s'arrêter brutalement en pleine gloire. Elle ignorait de quel type d'accident il était question mais, elle avait imaginé que c'était quelque chose de suffisamment grave pour mettre à genoux un homme comme Fugaku.

Comme d'habitude, lorsque Sasuke et Ino frappèrent à la porte de la demeure Uchiwa, ce fut Mikoto qui vint leur ouvrir, tout sourire. Mikoto débordait d'amour, de bonté et de gentillesse. Elle avait ce don si précieux de pouvoir effacer tout les malheurs possibles en un simple battement de cil et c'était pour cette simple raison que son mari en était tombé fou amoureux. En réalité, elle était l'exact opposé de son plus jeune fils.

« Ino, tu es ravissante, comme toujours ! s'extasia-t-elle avant de la prendre dans ses bras.
- Oh, c'est gentil, mais je fais bien pâle figure à côté de vous. Cette robe vous va à ravir.
- Balivernes ! rétorqua-t-elle en balayant l'air de sa main. Sasuke, va donc te changer, les invités ne vont pas tarder !
- Ouais, ouais. »

Mikoto leva les yeux au ciel tandis que son fils se trainait d'un pas las jusqu'à sa chambre. Ino gloussa discrètement.

« Celui-ci, alors, tout le contraire de son frère ! Je me demande parfois ce que j'ai fait au Bon Dieu pour avoir hérité d'un éternel adolescent.
- Il a des sursauts de vie, parfois, commenta la blonde.
- Si seulement ça pouvait être plus souvent ! Mais je t'en prie, installe-toi dans la salon, tu n'es pas venue pour entendre mes plaintes. »

Lors de ces fameux diners de famille, le salon sa métamorphosait si bien que la première fois, Ino avait cru s'être trompée de maison. Elle déposa sa veste ainsi que son sac à main sur le dossier de sa place habituelle, en bout de table. Comme toujours, Sasuke était à sa droite tandis qu'en face d'eux se tenaient Itachi ainsi qu'Anko, sa fiancée. Juste à côté de ces derniers se trouvait Tante Honorine, qu'elle n'avait jamais rencontré personnellement, mais se souvenant de toutes les histoires qu'on lui avait rapporté sur elle, elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Le diner promettait d'être amusant.

Sasuke revint peu de temps après, habillé d'un simple jean de couleur foncé et d'une chemise blanche ainsi que d'une cravate noire, pas encore nouée. Mikoto fronça les sourcils.

« Dis-donc, je t'ai appris à mieux t'habiller, il me semble.
- C'est la famille, se justifia-t-il en haussant les épaules, comme si c'était une évidence. »

La matriarche Uchiwa, qui tenait alors plusieurs magasines entres ses mains, ne se gêna nullement pour lui donner une tape au dos de sa tête. Il poussa une plainte gutturale, plus par automatisme qu'à cause d'une réelle douleur. Et Ino eut un large sourire devant ce tableau tandis qu'une douce chaleur, si familière, lui réchauffait le cœur. Elle se sentait comme à la maison.

« Nous sommes allées voir ce fabuleux groupe, dont j'ignorais l'existence jusqu'à alors, oh, comment s'appelle-t-il, déjà... Oh, les Heavy's ! s'exclamait une heure plus tard, l'excentrique tante Honorine de sa voix si aristocratique. »

Sasuke s'étouffa avec son verre de vin, toussant bruyamment avant que quelques gouttes ne coulent le long de son menton.

« Sasuke ! le réprimanda Mikoto. »

Il s'essuya rapidement sous son regard assassin.

« Désolé, j'ai avalé de travers, marmonna-t-il. »

Tous les invités retournèrent alors à leurs discussion respectives, l'incident étant clos. Ino se pencha discrètement sur sa droite avant de lui murmurer :

« Je rêve où elle a dit Heavy's ?
- J'me suis étouffé pourquoi, à ton avis ? répliqua-t-il.
- Oh. Mon. Dieu. Ta tante est magique.
- Et encore, elle est sobre, intervint Itachi, un mince sourire aux lèvres. »

Sourire auquel la jeune blonde répondit volontiers avant d'engager la conversation.

« Alors, tes élèves ? Toujours aussi sages ?
- Toujours, soupira-t-il en secouant légèrement la tête. Je doute qu'un jour l'histoire ne les intéresse.
- Au moins, dans ton cours, ils dorment, se joignit Anko. Les miens sont infernaux, ils s'amusent encore à coller des cartouches au plafond. »

Ino ne put s'empêcher de rire. Elle se souvenait qu'elle aussi, quand elle était au lycée, les garçons de sa classe prenaient un malin plaisir à coller toutes sortes de choses au plafond et, bon public comme elle était, elle riait à chaque fois. Ça avait été une technique de drague, pour certains. Un peu foireuse, certes, mais tant que la jeune femme riait, ils continuaient.

« Je le faisais aussi, commenta Sasuke.
- Ça ne m'étonne même pas !
- Eh, ça impressionnait les filles, se défendit-il.
- Ah ouais ? T'es sûr ? Où sont-elles, maintenant ? taquina gentiment Ino.
- Avec ceux qui collaient des pièces, au plafond. C'était plus dur, marmonna-t-il. »

Encore une fois, la jeune Yamanaka se mit à rire doucement avant que son portable ne l'interrompe brusquement. Appel entrant : Sai. Elle fronça légèrement les sourcils puis s'excusa en quittant la table et décrocha à peine plus loin, dans le couloir.

« Hey, salua-t-elle avec un sourire plus ou moins niais sur les lèvres. Tout va bien ?
- Hey, ma puce. Je suis désolé, mais mon patron vient tout juste d'appeler et il a besoin de moi pour une urgence au Kenya, un problème à l'usine et, comme on manque de personnel, je n'ai pas pu refuser. »

Son sourire vacilla.

« Pardon ? (Elle fit une pause de plusieurs secondes, se pinçant l'arrête de son nez, l'air désabusé.) Tu rentres quand ?
- J'en sais trop rien... Tout dépend de la situation, là-bas. Peut-être dans quelques jours, si tout va bien ou dans deux semaines, dans le pire des cas.
- Deux semaines ? répéta-t-elle, encore abasourdie par la nouvelle. Sai, on devait fêter nos deux ans dans trois jours.
- Excuse-moi... On le fera quand je rentrerais ? »

Non. Elle avait envie de crier que non, ils ne les fêteraient pas quand il serait de retour. Elle avait envie de lui hurler que pendant qu'ils y étaient, ils pouvaient également déplacer la date de Noël de trois semaines parce qu'au pire, tout le monde se fichait du jour J, pas vrai ? Et tiens, si on choisissait le jour de notre anniversaire ? On n'est plus à quelques semaines près !

« D'accord. Fais un bon voyage, répondit-elle avant de raccrocher. »

Elle soupira longuement tandis que le tableau, en face d'elle, semblait se moquer de son manque d'audace.

« Pourquoi tu restes avec ce bouffon ? »

Elle ne sursauta même pas à l'entente de cette voix si familière.

« Parce que je l'aime, Sasuke. (Elle se retourna vers lui.) Je l'aime, répéta-t-elle. Je ne suis rien sans lui.
- Tss. Ça, c'est c'que tu dis. »

Ino fronça les sourcils.

« Quoi ? Tu sais peut-être mieux que moi ce que je ressens ?
- Non, tu as raison. »

Une nouvelle fois, son regard se porta sur le tableau qu'elle observa avec plus d'attention. Mikoto et Fugaku étaient resplendissants sur cette peinture, sans doute avaient-ils du dépenser des milliers pour se permettre de l'afficher fièrement dans le hall d'entrée. Elle sentit Sasuke se déplacer jusqu'à sa droite.

« Mon père l'a offert pour ma mère, il y a quelques jours. C'était une photo de leur bal de promo', à la base, il y a trente ans. »

Ino pencha légèrement la tête sur le côté. C'est vrai que Fugaku semblait jeune, ici, il n'avait pas encore ces rides au coin des yeux, ni celles qui se dessinaient quand il souriait tendrement à son épouse. Mikoto semblait s'être figée dans le temps. La même grâce, la même beauté mais également la même simplicité se dégageaient d'elle.

« Ils s'aiment depuis tout ce temps ? questionna-t-elle bêtement.
- Ouais.
- Et toi, tu as déjà aimé ? »

Il ne répondit pas de suite, les souvenirs ravivant un sentiment de douleur mêlé à un bonheur stupide, au fond de lui. Le jeune homme tenta de nager, de ne pas se faire submerger par cette vague d'images, de bribes de conversations, de sourires complices, d'étreintes. Sans ménagement, il donna un coup de pied à ses souvenirs, les refoulant une nouvelle fois.

« Sasuke ?
- Ce n'est pas le moment, ni l'endroit, répondit-il promptement avant de retourner auprès des invités. »

Cette réponse aurait du refroidir Ino. Elle aurait du. Mais ce fut tout le contraire.

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Ino était ce genre de personne qui déclenchait un sentiment de dépendance : lorsqu'elle entrait dans votre vie, elle s'y cramponnait jusqu'à ce que vous abdiquiez et ça, Kiba l'avait su dès leur premier cours de guitare. Ino vous donnait l'impression que votre quotidien était morne, sombre, sans issue. Et puis, elle débarquait de nouveau, un grand sourire aux lèvres et le monde prenait enfin un sens. Même son prénom respirait le bonheur. Ino. Ne lui demandez pas pourquoi, mais cela lui faisait penser à la couleur jaune et, par extension, au soleil. Elle était un soleil. A cette pensée, le jeune homme se redressa vivement dans son lit, dans lequel il lézardait depuis deux bonnes heures. Okay. Son cerveau avait littéralement craqué à cause d'une fille et c'est à ce moment-là précisément qu'il sentit que ce n'était que le début des emmerdes. La meilleure chose à faire était certainement de hisser des barrières entre eux avant que le chemin inverse ne soit impraticable.

Mais il y avait un mais. Elle était proche de Sasuke et Naruto l'adorait.

Au bout de dix minutes de réflexion qui ne le menèrent à rien, Kiba décida de descendre au rez-de-chaussée, dans la cuisine. Il ne releva même pas le fait qu'il se trouvait seul à la maison, ouvrit le réfrigérateur et en sortir quatre bières qu'il mit ensuite dans son sac à dos Eastpack. Une visite chez Naruto ne pouvait que lui faire oublier le soucis que représentait la jolie blonde.

Il n'était que quinze heures lorsqu'il frappa à la porte de son ami et, c'est donc tout naturellement que Naruto vint ouvrir avec pour seul habit un caleçon noir. L'oeil hagard, il bailla sans retenue en reconnaissant son ami. Kiba posa les bières à même le sol devant le canapé.

Quand l'Inuzuka venait sonner chez lui, un dimanche après-midi et des bières à la main, il n'y avait qu'une seule explication : quelque chose le tourmentait. Naruto s'installa à sa gauche, prit une bière puis la décapsula avec les dents. Ça faisait mal, mais comme Sasuke y arrivait sans se plaindre, il ravala son cri de douleur.

Dans ces moments-là, il fallait attendre. Attendre que la douleur passe, mais aussi attendre que Kba ne se décide à vider son sac. Il commençait toujours pas débiter une longue tirade pendant que Naruto buvait sa première bière. Et il le fit.

« Tu sais, j'aimais bien le lycée. (Il but une gorgée.) On avait moins d'emmerdes. On était à l'internat, on se levait à six heures trente, on déjeunait à sept heures, on allait en cours de huit heures à dix-sept heures trente puis on faisait nos devoirs jusqu'à dix-neuf heurs. On avait quartier libre, après, jusqu'au couvre-feu. Et c'était tout, mais c'était bien. Y'avait toi, moi, Sasuke et Sakura. Sakura. (Il sourit.) Pourquoi toutes les filles ne sont pas comme elle ? »

Le blond haussa les épaules.

« Parce que notre Sakura, elle est unique.

- Ouais, c'est vrai. Elle revient quand ? On avait moins d'emmerdes, quand elle était là. Tu te souviens quand on lui avait écrit une chanson ?

- Ben ça ! s'exclama Naruto, se remémorant un doux souvenir. »

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Quelques années plus tôt.

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Un nouvel éclair illumina le ciel nuageux tandis que le grondement du tonnerre rendit la nuit encore plus inquiétante qu'elle ne l'était. Sakura s'éloigna de la fenêtre sur laquelle s'abattaient de grosses gouttes de pluie.

« Eh, Rosie, on a la trouille des orages ? lança une voix moqueuse. »

Elle se retourna, arguant un sourire narquois.

« Moi, au moins, j'ai pas pissé au lit jusqu'à mes neuf ans, répliqua-t-elle rapidement.

- Ouuuuuh, burn ! J'aurais pas aimé, Suke ! s'écria Naruto avant de partir dans un fou-rire.

- Je peux faire ma dissert' au calme, s'il vous plait ? intervint alors Kiba

- Oh pardon, on dérange le grand Inuzuka dans ses méditations ! C'est vrai, ce n'est pas de ta faute si tu t'y prends au dernier moment alors qu'on avait un délai d'un mois. Excusez-nous, maitre.

- Remballe tes sarcasmes, Saku. »

La rose s'appuya contre la vitre, un large sourire jouant sur ses lèvres. Le contact de cette dernière avec sa peau nue la fit doucement frissonner. Elle ne savait comment, mais les quatre adolescents avaient réussi à s'installer confortablement dans la petite chambre d'internat de Naruto et Kiba. Dans le coin de la pièce, un petit bureau prenait place, là où le brun tentait tant bien que mal de mettre le point final à sa dissertation. Un lit superposé était collé au mur opposé, lit sur lequel trainait le ukulélé de Sakura ainsi que divers sachets de sucreries déjà entamés ou vides pour la plupart. Les murs étaient d'une blancheur impeccable, mais Naruto avait eu la bonne idée de coller des posters de catch et de Megan Fox à tout va, ce qui lui avait valu de nombreux reproches de la part de son colocataire et sur ses goûts douteux.

« Alors, prêt pour l'oral de demain ? lança-t-elle au blond. »

Il y eut un moment de flottement avant que l'Uzumaki ne s'exclame :

« DE QUOOOOOI ? Quel oral ? On n'a pas d'oral, c'est pour la semaine prochaine, ria-t-il nerveusement. Pas vrai Kiki ?

- Ne m'appelle pas Kiki, grinça le brun. Et, ouais, l'oral a été repoussé. »

Sakura arqua un sourcil.

« Vous êtes sérieux les gars ? L'oral n'a pas été repoussé, c'était une blague d'Orochimaru pour que les élèves comme vous se plantent. Vous êtes vraiment cons, soupira-t-elle en roulant des yeux.

- Détends-toi, Saku, c'est qu'un oral, ça se prépare pas ce genre de chose, rétorqua le blond en lui lançant un coussin qu'elle évita in-extremis.

- Vous me gonflez. J'espère de tout cœur que vous vous planterez.

- Moi aussi, ajouta Sasuke en s'enfournant un énième bonbon. Surtout Naruto.

- Eeeeh ! s'insurgea l'appelé. T'auras pas ton bac, de toute façon. »

Puis, prit d'un élan qu'il ne se connaissait pas, le jeune blond arracha le sachet des mains de son ami, avant de se jeter sur lui pour lui pour le forcer à avaler ses foutus bonbons. Mais la tendance se renversa rapidement, Sasuke ayant beaucoup plus de force que lui. En un rien de temps, il se retrouva au-dessus de lui, à lui appuyer un coussin contre son visage.

« C'est ça, étouffe-toi, connard ! »

Tandis que Naruto poussait des râles plaintives, Kiba se saisit des objets à portée de main afin de les leur lançait dessus tout en leur hurlant de faire moins de bruits avant qu'il ne se lance, lui aussi, dans le tas. A cet instant précis, Sakura pria pour que cette image lui reste en tête, à tout jamais. Lorsque ça irait mal pour elle, elle repenserait tout simplement à cette image, cristallisée dans le temps. Et ça la ferait sourire, comme ils la faisaient sourire actuellement.

« Putain les gars, j'vous aime, laissa-t-elle échapper ce qui eut pour effet de les faire se stopper net. »

C'était genre de confession que l'on faisait, lorsqu'on avait un peu trop forcé sur l'alcool avec sa bande de potes. Or, la jeune adolescente était tout ce qu'il y avait de plus sobre. Sasuke ne put s'empêcher de ricaner discrètement. Cette fille... Cette fille était tout bonnement imprévisible et ce devait être pour cette raison qu'il l'appréciait autant.

« Tiens, tu nous gueules plus dessus ?

- Comme si je vous engueulais tout le temps, marmonna-t-elle en fronçant les sourcils, devant l'insinuation du ténébreux.

- Bah... Disons que...

- Sans Le Naruto.

- Eh, Sakura, appela Kiba, toujours au sol. Haut les cœurs. »

Elle s'adoucit presque automatiquement, comme si cette simple expression avait le pouvoir de lui ôter toute colère. Combinée au franc sourire du jeune homme, elle ne pouvait que s'en vouloir de s'être emporter aussi rapidement.

« Ouais, haut les cœurs, sourit-elle à son tour. »

Cependant, la soirée ne venait que de commencer et, malgré le règlement strict concernant le couvre-feu ainsi que l'interdiction des filles de se mélanger aux garçons, Sakura resta et une nouvelle bagarre ne tarda pas à se déclencher de nouveau entre l'Uchiwa et l'Uzumaki. Kiba, ayant abandonné tout espoir de les calmer, s'installa tranquillement sur son lit, le dos contre le mur.

« De vrais gamins, hein.

- A qui le dis-tu, soupira-t-elle avant de s'asseoir à ses côtés. Ils me gonflent, j'ai envie de les frapper. »

Il haussa les sourcils.

« Je demande à voir !

- Je suis une dangereuse, tu sais, rétorqua-t-elle sur un ton hautain.

- Je n'en doute pas, tu dois terroriser les petits sixièmes, les pauvres. »

L'adolescente ouvrit la bouche, prête à rétorquer une réplique cinglante lorsqu'un oreiller la percuta de pleine face. Avec une lenteur exagérée, presque effrayante, elle tourna la tête en direction des deux idiots qui avaient cessé de se battre.

« Je vais vous buter ! »

Et, avant même que Kiba ne puisse la retenir, elle sauta sans ménagement sur Naruto, le menaçant de l'étrangler s'il ne touchait, ne serait-ce qu'une fois, ses cheveux.

« Mais c'est pas moi !

- Je m'en fous ! »

Retenant à grandes peines son fou-rire, Sasuke avait du mal de détourner les yeux de la scène qui se déroulait si près de lui. C'est alors qu'une note de musique résonna dans toute la pièce avant qu'une autre ne suive puis toute une flopée.

« Haut les cœurs, Sakura, haut les cœurs ! Haut les cœurs, haut les cœurs, haut les cœurs ! se mit à chantonner le jeune Inuzuka tout en improvisant une mélodie avant de ne se recevoir, à son tour, un oreiller. »

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Le silence était roi dans l'appartement du jeune Uzumaki, tandis que les deux hommes ressortaient peu à peu de leurs souvenirs. Ce fut le blond qui le brisa, comme à son habitude.

« Le prend pas mal mais... T'as changé, depuis le lycée.

- Tant que ça ? questionna Kiba en arquant un sourcil.

- Bah... (Il posa sa bouteille vide.) Je sais pas, t'as l'air constamment déprimé, t'avais même arrêté la musique. La musique, quoi ! Je me souviens que toutes les filles étaient amoureuses de toi, quand on était gamins, parce que tu leur faisais des clins d'œils, tu les faisais rire... T'avais même chanté une chanson à notre CPE pour qu'elle t'enlève une heure de colle, tu t'en souviens ?

- Ouais, ria-t-il doucement. Elle m'avait mis une heure en plus, du coup.

- Et maintenant... Maintenant, regarde-toi dans un miroir. Ta mère t'étouffe, tu fais des études pourries et t'as pas eu une seule copine depuis plus d'un an. Mec, réveille-toi, s'il te plait ! Il est où le Kiba que j'connais, mon poto ? Va tenir tête à ta mère, arrête la fac et deviens une putain de rock-star ! »

Le brun se leva, fit quelques pas puis s'arrêta face à la fenêtre avant de répliquer :

« Ce n'est pas si facile que ça, tu sais.

- Le Kiba que j'connaissais était plus optimiste. Une vraie tête brûlée.

- Le Kiba d'avant n'était pas mature. »

Naruto ne sut quoi répondre, sachant pertinemment qu'il avait raison. Il était vrai qu'étant plus jeune, le jeune homme avait été, ce qu'on pourrait appeler familièrement, un petit con. Surtout avec les filles, mais ça ne les avait pas rebuté pour autant, bien au contraire.

« Okay, abdiqua finalement le blond. Je ne te demande pas de redevenir comme avant, mais reprend ta vie en main. On est train de foirer la notre, Sasuke et moi. T'es le seul de la bande qui peut encore avoir une vie de dingue ! Si tu n'le fais pas pour toi, fais-le au moins pour nous. Et pour Sakura, parce qu'elle n'attend que ça. Tu sais, quand tu lui as dit que tu reprenais la musique, elle m'a appelé en hurlant comme une folle. Je crois même qu'elle pleurait de joie. »

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Quelques jours plus tard, la situation de nos quatre protagonistes n'avait en rien bougé d'un pouce. Ino n'avait cessé de penser à comment elle allait emmener discrètement le sujet du grand amour de Sasuke sur la table. Après les aveux de Naruto, Kiba, quant à lui, commençait à sérieusement envisager d'arrêter la fac pour se consacrer corps et âme à la musique. L'Uzumaki avait, lui aussi, décidé de reprendre le contrôle sur sa vie. Comment, il ne le savait pas encore, mais comme il se justifiait si bien « la motivation est là ! Reste plus qu'à attendre que le Bon Dieu me tende la main. » et, malheureusement pour lui, le Bon Dieu avait pris des vacances à durée indéterminée. Puis il y avait Sasuke. Sasuke, qui était étonnement excité ce soir-là.

On était mercredi et ils avaient convenus tous ensembles de se retrouver au Black Moon. Kiba avait d'abord refusé puisqu'il avait cours le lendemain et que ses partiels se déroulaient la semaine prochaine. En réalité, il se sentait toujours aussi mal au Black Moon, mais ça, personne n'était sensé le savoir. C'était donc à la même place que la dernière fois que le groupe prit place, sous les exclamations de Naruto qui ne cessait de répéter qu'il adorait cette table avant de se figer brutalement. Sasuke haussa les sourcils et lui tira la manche pour le forcer à s'asseoir.

« T'as fini de faire ton intéressant ?

- Mais-Mais-Mais..., balbutia-t-il en premier lieu. C'est elle... C'est mon kiné ! s'exclama-t-il en pointant du doigt le bar. »

Tous se retournèrent en même temps, sans grande direction, vers le lieu indiqué. Effectivement, Hinata s'y trouvait, assise sur un tabouret haut, vêtue d'une adorable robe violette pâle lui arrivant jusqu'aux genoux. Elle était également accompagnée d'un jeune homme que Kiba ne tarda pas à identifier comme étant Suigetsu. Il fronça les sourcils, surpris.

« Elle est b-...

- Elle est bonne, t'as raison, coupa rapidement le ténébreux.

- Je voulais dire qu'elle était bien réelle, rétorqua le brun.

- Mais elle est mignonne quand même, ajouta Ino. Son copain aussi. »

Sasuke la dévisagea d'un drôle d'air.

« Quoi ? J'ai bien le droit de trouver certains hommes attirants, se justifia-t-elle.

- Pourquoi les jolies filles ont toujours un copain ? se plaignit Naruto en levant les bras au ciel. Seigneur Dieu, pourquoi tant de haine ?

- Parce qu'elles méritent mieux que toi ? proposa l'Uchiwa, ce qui lui valut une claque derrière la tête de la part de la jeune femme. Eh, je plaisantais. Mais sinon, c'est pas son copain. Il la touche même pas et elle arrive à le regarder dans les yeux pendant plus de dix secondes sans rougir et sans détourner le regard. Quoi ? J'ai fait trois mois de fac de psycho' les gars, j'vous rappelle ! »

Ino ne put s'empêcher de pouffer.

« Toi, en psycho' ? C'était pour les filles, pas vrai ?

- Peut-être bien. »

Le serveur arriva alors et prit leur commande avant de filer aussi vite qu'il était apparu.

« Le gars, avec ta kiné, il est avec moi à la fac, commença Kiba. Et ils ne sont pas ensemble, si ça peut te rassurer. »

Si les yeux de Naruto auraient pu sortir de leurs orbites, croyez-moi qu'ils l'auraient fait ! Ino qui se trouvait à la droite du brun paraissait toute excitée et tapait même dans ses mains.

« Tu vas pouvoir aller l'aborder, alors ! »

Sasuke ricana tandis que l'Inuzukua se retenait à grandes peines de ne pas rire ce qui leur valut un regard assassin de la part du concerné.

« Il ne sait pas aborder correctement une fille.

- Eh, même pas vrai ! »

Mais le sourire de la jeune femme ne vacilla pas pour autant, haussant les épaules d'une manière désinvolte.

« J'y vais à ta place, dans ce cas, déclara-t-elle avant de se lever. »

Il n'en fallut pas plus au blond pour quitter sa chaise tel un ressort et l'attraper par l'avant-bras. Ses lèvres s'étirèrent en un plus grand sourire à la vue de la figure du jeune homme devant pâle comme un linge. Oui, elle avait réussi.

« Elle m'a vu, remarqua-t-il dans un murmure. Et elle arrive, merde, merde, meeeerde ! »

Ino se dégagea doucement puis lui fit un clin d'oeil.

« A toi de jouer, tombeur.

- Non, non, non, me laisse pas seul ! la supplia-t-il en vain. »

Hinata était descendue de son tabouret après avoir signaler à son ami qu'elle allait saluer une de ses connaissances. Comme lors de leur première rencontre, Naruto ne put s'empêcher qu'elle avait un joli sourire. Et il sentait ses mains devenir moites, et merde ! Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, il pria de tout son être pour qu'elle n'entende pas ses battements de cœur qui résonnaient jusque dans ses tympans.

« Bonsoir, Naruto. »

Bordel, pourquoi avait-elle une voix aussi douce, aussi ? C'était sensé l'aider à se calmer ?

« Bonsoir, docteur. »

Je propose qu'on me mette des baffes, pensa-t-il juste après avoir prononcé ces mots.

« Hinata, corrigea-t-elle. Appelez-moi Hinata.

- D'accord, il déglutit difficilement. Je ne pensais pas que vous viendrez... dans ce genre d'endroits.

- Oh, moi non plus, ria-t-elle doucement. C'est la première fois que je mets les pieds ici et, je pense que cela se voit à ma tenue.

- Oui. Enfin, non ! Enfin, j'veux dire, vous êtes top dans cette robe, elle vous va vraiment bien ! Même si on est dans un bar et que tout le monde vient en jean mais... Oh, merde. Je m'emmêle tout seul, s'arrêta-t-il en se grattant l'arrière du crâne, gêné. »

Elle riait, encore une fois. C'était un bon point, non ?

« J'y penserais, la prochaine fois. On se voit vendredi, passez une bonne soirée avec vos amis. »

« Vous êtes top ? répéta Sasuke, moqueur, les larmes aux yeux. Mais... Mais c'est pourri !

- Oh, ta gueule, j'ai paniqué.

- Désolée, s'excusa piteusement Ino. Je ne pensais pas que tu avais du mal à ce point-là. »

Naruto vida d'une traite son cocktail avant de diriger son regard sur Kiba.

« Tu veux pas m'enfoncer aussi, toi ?

- J'aurais pas fait mieux, confia-t-il avec un mince sourire. »

Il fallut cinq bonnes minutes au ténébreux pour se remettre de sa crise, le tout en se tenant le ventre. Il essuya les larmes qui menaçaient de couler puis, se racla la gorge.

« Merci Naruto, pour ce fou-rire mémorable. Enfin bon, j'ai quelque chose de plus important à vous dire.

- Tu as enfin trouvé une copine ?

- Tu as un enfant caché ?

- Tu es amoureux de moi, c'est ça ? »

Sasuke fit la grimace en entendant la dernière proposition.

« Non, et heureusement ! Partager une chambre avec un dégueulasse comme toi... J'préfère ne pas y penser. »

Il but une gorgée, faisant durer le suspens.

« Sakura revient. »


Si je ne me trompe pas, c'est le chapitre le plus long pour cette histoire que j'ai écrit jusqu'à présent. Je crois que je vous ai déjà dit que je n'étais pas satisfaite de certaines parties dans mes anciens chapitres mais là... Pouah, bonjour la catastrophe. Je n'aime absolument rien dans ce chapitre, vous imaginez ? Mais, j'avais besoin de ce chapitre pour faire une transition, pour annoncer le retour de Sakura et ainsi commencer un nouvel arc, entre guillemets. Aussi, il y a ce flash-back que j'avais envie d'écrire depuis tellement longtemps ! Il n'est pas aussi bien que je l'aurais imaginé, mais je suis plutôt contente du résultat, dans l'ensemble. J'espère néanmoins que ce chapitre vous a plu, malgré toutes les fausses notes qui le parsèment. C'est fou, mais j'ai l'impression de ne plus savoir écrire. On verra par la suite.

Merci d'avoir lu, j'vous aime !