Hello, comme promis, voici la suite ! Du Kalijah en perspective !
Spécial Merci à Odessa pour sa très gentille review, puisque je ne peux pas répondre par PM.
Bisous à toutes, mes chéries.
Chapitre 6 : Qui aime bien châtie bien
Hôpital de Mystic Falls
– Quel effet ça fait ?
Rebekah foudroya du regard la nouvelle arrivée. Katerina Petrova. Malgré tout le mal qu'elle pouvait penser de Klaus, et malgré elle, Rebekah ne pouvait s'empêcher de détester quiconque touchait à un seul de ses cheveux.
– Alors, quel effet ça fait ? répéta Katherine. Quel effet ça fait, de souffrir comme une mortelle ?
Rebekah eut un rire aigre.
– C'est la chose la plus dégueulasse que j'aie vécu : tu as mal, tu as froid, puis chaud. Tu es laide, et tu es fatiguée.
– Et ça laissera une cicatrice, dit Katherine. C'est affreux, ces marques disgracieuses sur le corps.
– Qu'est-ce que tu veux ?
– Ne sois pas désagréable, Bekah. Je suis venue te faire une proposition.
Rebekah éclata d'un rire des plus ironiques.
– J'ai mille ans passés, Katherine. Tu crois vraiment que je serais assez stupide pour contracter avec toi ?
Katherine haussa les épaules en grimaçant.
– Je ne t'ai jamais trahie.
– Oui, parce qu'on n'a jamais été alliées d'une quelconque manière. Mais j'ai une longue liste de personnes qui me déconseilleraient de m'allier avec toi… si seulement elles étaient encore là pour le faire.
– Laisse-moi te faire la proposition, au moins ?
Rebekah savait bien qu'elle allait refuser, mais la laissa faire.
– Sais-tu comment tuer Silas ?
– En lui enfonçant le remède dans la gorge. Après, c'est facile.
– Je te rappelle que le remède a fini dans la mienne.
– C'est bien le problème. Si tu n'avais eu l'incompétence de laisser un bébé vampire t'avoir aussi facilement, on n'en serait pas là. Tu m'as déçue, sur ce coup, Katherine.
Katherine balaya les critiques de Rebekah d'un revers de main.
– Tu as entendu parler de l'épée d'Orichalque ?
Rebekah fouilla dans ses souvenirs, mais cette épée ne lui disait rien.
– Cette épée est la seule chose qui puisse tuer Silas, en l'absence du remède qui a fini dans mon organisme. En fait, elle a été ointe du même remède pendant trois mille ans.
– Elle doit être meurtrière pour tous les êtres surnaturels, comprit Rebekah.
– Voilà ce que je te propose, Bekah : tu m'aides à trouver l'épée d'orichalque, et je t'aide à détruire les pieux de Chêne Blanc. C'est réglo, non ?
– Et qu'est-ce qui me prouve qu'une fois l'épée trouvée, tu ne vas pas attendre mon sommeil pour m'enfoncer un de ces pieux dans le cœur ?
– Ceci.
Katherine ouvrit son sac de cuir noir Hermès, et en vida le contenu sur le lit de Rebekah. Les pieux.
– Ils sont tous là, tu peux compter. Enfin, tous sauf un. Qui est chez Alexander. Pour celui-là, je ne peux rien faire : têtu comme il est, il n'a rien voulu savoir.
Katherine referma son sac, élégante comme jamais dans un tailleur noir.
– Ils sont à toi si tu me promets de m'aider à trouver l'épée d'orichalque.
– Tu vas me faire confiance sur une simple parole ? Je ne suis pas Elijah, tu te trompes de Mikaelson.
– L'intégrité supposée d'Elijah n'est qu'une pourriture de légende, cracha Katherine. Alors, c'est oui ou non ?
– Pourquoi tu veux mon aide ? Pourquoi moi ? Je ne connais même pas cette épée !
– Parce que c'est ta mère qui l'a utilisée pour la dernière fois.
Quelques heures plus tard, Rebekah reçut la visite de sa chère famille, mais également d'Hayley et de Caroline.
– Tu es une idiote, dit Klaus, visiblement en difficulté pour contenir sa colère.
– Va crever, répondit Rebekah.
– C'est toi qui as bien failli, répliqua le grand-frère.
– Et ce n'est pas le cas, alors arrête de me chauffer les oreilles.
– Rebekah..
– Oh, ça suffit ! intervint Hayley. Tu vas arrêter d'être un connard, Niklaus Mikaelson ?
Elijah sourit dans sa barbe, tandis que Klaus foudroyait Hayley du regard.
– Tu as de la chance, de porter mon enfant…
– Allons, allons… dit Elijah. Calmez-vous. Comment te sens-tu Rebekah ?
– Bien. Et… j'ai récupéré ceci, dit-elle en souriant, et en montrant du doigt les pieux posés sur sa table de nuit.
– Caroline, dit Elijha, veux-tu bien être assez aimable pour aller les détruire ?
Caroline haussa les épaules et hocha la tête, prenant les pieux.
– Je reviens d'ici peu.
– J'ai aussi remarqué un truc bizarre, dit Rebekah, une fois Caroline partie.
– Lequel ? demanda Elijah, s'asseyant près de sa sœur sur le lit.
– Je suis insensible aux ordres de Silas. Il est capable d'hypnotiser les vampires, mais pas moi.
– Et ce n'est pas parce que tu originelle, compléta Elijah. Niklaus avait été touché, lui…
– Je ne me l'explique toujours pas.
Hayley fronça les sourcils.
– Jusqu'ici, il m'avait semblé que seuls les chasseurs étaient insensibles à Silas. Je ne connais pas d'équivalent à la Veine de Vénus pour contrer le pouvoir d'hypnose de Silas.
Rebekah haussa les épaules.
– Moi non plus.
– Je reviens, murmura sombrement Klaus, avant de quitter la chambre.
Il retrouva Caroline qui était assise dans un coin du parking, devant les pieux qui brûlaient lentement.
– Tu es là, constata-t-elle avec un sourire las. Venu surveiller la destruction des pieux ?
Klaus hocha la tête.
– J'avoue que je ne te fais pas confiance, Caroline.
Elle haussa les sourcils.
– Venant de toi, c'est ironique.
– Tu ne vas pas me dire que tu n'as pas été tentée de fournir un de ces précieux pieux à tes amis ?
Caroline l'observa, sans dire un mot d'abord, puis répondit :
– Tu sais, j'ai de la peine pour toi. Vivre dans un tel climat de méfiance et de rancœur, c'est… invivable.
Klaus sourit, moqueur.
– Et surtout, reprit Caroline, le plus douloureux : cet amour qui vous étrangle, trop poignant, trop lourd. Insoutenable. Et ne fais pas le dur : j'ai vu tes yeux quand tu as appris pour Rebekah. Si j'ai un conseil à te donner, c'est de cesser de lutter à ton cœur défendant, et de lui dire tout ce que tu l'aimes, avant qu'il ne soit trop tard.
Klaus se renfrogna.
– Ma mère m'a quittée et je n'aurai plus jamais l'occasion de lui dire, moi, combien je l'aime et combien je l'ai admirée. Cette guerre contre Silas risque de faire des dégâts, alors je te conseille d'être au clair avec ta conscience.
– Tu as dix-sept ans, soit soixante fois moins d'années vécues que moi. Je ne crois pas que tu…
– En dix-sept ans, j'ai dit « je t'aime » plus de fois que toi en mille ans. D'ailleurs, l'as-tu jamais dit ?
– Il va falloir que tu arrêtes ça, dit-il menaçant.
– Que j'arrête quoi ?
– De repousser mes limites jusqu'à l'agacement le plus profond, sous prétexte que je…
– Que tu… ? demanda Caroline, le défiant d'un sourire provocant.
Klaus détestait qu'on lui dît ce qu'il devait faire, tout comme il détestait sentir qu'on' le contrôlât d'une quelconque manière.
Caroline l'apprit à ses dépens : la seconde d'après, elle était plaquée contre le corps de Klaus qui la maintenait fermement, ses dents contre la chair pâle de son cou.
– Vas-y, murmura-t-elle doucement. Vas-y, je n'ai aucun regret, ni même aucune envie de survire en réalité. C'est comme si j'étais déjà morte.
Klaus la lâcha, comme brûlé par le contact de cette peau bien trop consentante. Quelque chose clochait. Ça n'allait pas, elle n'était pas censée se comporter ainsi. Elle était censée l'agonir d'insultes, tenter de se libérer, par lui offrir sa gorge en lui demandant de l'achever.
Il avait apparemment sous-estimé l'ampleur de son chagrin.
– C'est comme si tu étais déjà morte ?
– Déjà morte, répéta Caroline.
– Plus pour longtemps, souffla-t-il en déposant sur son front un baiser. Sois-moi loyale, Caroline, et je te ramènerai la tête de Silas sur un plateau et celle de tous ceux qui oseront faire couler la moindre larme de ton œil.
Il s'attendait à ce qu'elle se fendît d'un sourire et lui donnât un discours sur le fait que la vengeance n'allégeait pas la souffrance, mais elle n'en fit rien. Elle darda sur lui un regard plein de la haine qu'elle gardait pour Silas,
– C'est promis ?
Pas de doute, Caroline avait bien changé.
Appartement de Katherine – Mystic Falls
– Je déteste cette ville, soupira Katherine, un verre de vin à la main.
– Passif douloureux ? demanda Alexander.
– Hum... Qu'est-ce que tu as, à la fin, avec Rebekah ?
– Tu ne comprendras probablement jamais, Katherine. Être chasseur implique de haïr les vampires, mais n'empêche pas d'en tomber amoureux.
Katherine but d'une traite sa coupe. Malheureusement, elle était à même de comprendre. Crétine qu'elle était, elle se laissait parfois avoir.
– C'est si terrible que ça, d'être amoureux d'un vampire quand on est un chasseur ?
– Pire que ce que tu peux imaginer. C'est comme être dans un bain bouillant, mais dans au pôle nord : tu voudrais sortir du bain, mais tu glacerais alors. Tu as le choix entre la peste et le choléra. Et il faut savoir que Suud a tout prévu : l'envie de meurtre proportionnelle aux sentiments que tu éprouves pour le vampire. Plus tu l'aimes, plus tu as envie de lui enfoncer un pieu dans le cœur.
– Bonsoir, interrompit une voix froid et parfaitement modulée.
Elijah Mikaelson.
Katherine crispa les doigts sur sa coupe.
– Tu es bien fougueux de t'aventurer ici, remarqua-t-elle.
– Est-ce à dire que je suis en danger, ici ? demanda l'originel.
– Je ne sais pas, considères-tu qu'avoir un pieu blanc dans le cœur est un danger ?
Alexander semblait un chat prêt à bondir.
– Alex, est-ce que tu veux bien nous laisser ? demanda Katherine.
– Je ne pense pas que…
– Alex !
Il se résigna et quitta l'appartement, considérant qu'après tout, elle n'était pas son enfant.
Katherine ne s'était pas levée : elle restait assise crispée depuis la racine des cheveux jusqu'au bout des orteils. Elle comprenait de quoi Alexander voulait parler : le conflit intérieur lui broyait les muscles. Elle mourait d'envie de le tuer tout en espérant de toutes ses chairs qu'il l'embrasserait dans la minute.
– Je suis désolé de ce qui s'est passé avec Niklaus. Je l'ignorais.
Elle rit. Si fort et si longtemps qu'elle faillit rendre son verre de vin rouge.
– Et alors ? Si tu l'avais su, ça aurait changé quelque chose ?
– Bien sûr. J'aurais empêché…
– Tu n'aurais rien empêché ! rugit-elle. Tu aurais choisi Klaus comme tu l'as toujours fait. D'ailleurs, j'espère qu'il est bon au lit parce qu'avec cette attitude, tu ne trouveras jamais de femme.
Katherine savait bien ce qu'il pensait, à ce moment : il ne pouvait pas la choisir elle, parce qu'il n'avait aucune confiance en elle. Et ce constat la rendait furieuse, car pour une fois, pour la seule fois, elle avait eu de bonnes intentions, et souhaité lui être loyale, fidèle… aimante. Mal lui en avait pris : finalement, être une garce sans scrupules lui allait mieux.
– Va-t'en, Elijah. Je n'ai pas envie de te tuer ce soir, alors va-t'en.
– Tu m'aurais suivi, si jamais je t'avais choisie toi ?
– Ça, chéri, tu n'en sauras jamais rien.
Inconsciemment, elle avait crispé les doigts si fort sur le verre qu'il se brisa, lui lacérant la paume.
– Katherine, la vie m'a appris que te faire confiance était une folie.
Incapable de maîtriser davantage sa fureur et sa haine viscérale du vampire due à son nouveau statut, elle envoya une gifle de toutes ses forces. Rapide, Elijah intercepta la main, et la plaqua contre le mur, dans ce qui dura un centième de seconde.
Elle sourit, mauvaise, avant d'approcher ses lèvres du cou de l'originel pour l'embrasser. Elle remonta en suivant une veine, puis murmura à son oreille :
– Elijah, mon nouveau statut fait de moi ton prédateur. Et crois-moi, quand je te traquerai, j'anéantirai tout ce pourquoi tu m'as abandonnée. Méthodiquement, professionnellement, lentement. Si tu pensais faire le choix durable en prenant ta famille, tu t'es bien trompé, Elijah : je vais détruire ta famille, Originel par Originel, tes amis, ami par ami, et quand j'aurai terminé, tu me supplieras de te tuer pour les rejoindre. Et tu sais ce que je ferai, à ce moment-là ? Je t'enfoncerai une dague dans le cœur, afin que tu dormes durant des siècles pour que tes cauchemars soient peuplés d'images où je trempe mes mains dans le sang des Mikaelson. Si un jour, un imbécile fini venait à te libérer, la seule chose que tu pourras prononcer inlassablement, dans un flot entrecoupé de larmes, sera mon nom : Katherine, Katherine, Katherine…. Là, tu penseras à moi. Uniquement à moi. Et tu regretteras d'avoir croisé de le chemin de Katerina Petrova.
Elijah la regardait avec ce qui semblait être un calme olympien, mais fut pris d'une soudaine impulsion : il l'embrassa, fouillant sa bouche de ses lèvres, avant de la lâcher une fois pour toutes.
Il sembla sur le point de dire quelque chose, mais s'en alla. Comme évaporé. Plus rien. Lorsqu'il retourna chez lui, il avait encore un peu du sang de Katherine sur la main. Il le lécha.
