Epilogue
Lorsque le moteur s'arrêta, le Docteur craignit un instant que la matrice n'ait finalement vu son dernier voyage. Mais il fut rapidement rassurer lorsque la porte s'ouvrit toute seule.
"Très bien, j'ai compris le message ! Je vais voir."
Un rapide coup d'œil lui apprit qu'il était de retour dans le laboratoire. Le calme avait envahi l'immense hall. Le Docteur s'avança doucement au milieu des consoles et repéra celle où se trouver toujours l'unité de stockage qu'avait utilisé les Daleks pour exécuter leur plan. Il s'arrêta devant et la contempla d'un regard éteint, pensant au conflit éternel qui semblait l'opposer aux créatures de Davros.
Il prit entre ses doigts la pièce de matériel et le leva à hauteur de ses yeux en penchant légèrement la tête comme pour mieux l'examiner. Et toujours sans exprimer le moindre sentiment, si ce n'était peut être une légère lassitude, il la brisa avant de la jeter à terre et de reprendre son chemin.
Quand tout à coup, s'éleva la voix d'Hamilton, défaillante, brisée mais pourtant terriblement heureux.
"Emma ! Emma !"
Intrigué, le Docteur hâta le pas et trouva le vieux scientifique étreignant sa fille bien vivante. Bien qu'il sentait que quelque chose d'étrange devait s'être produit, il ne put s'empêcher de se sentir heureux pour le vieil homme. Mais alors qu'il s'approcha, il remarqua quelque chose au fond des yeux de la jeune femme : une lueur mordorée. Aussitôt, il comprit. Au même moment, elle posa son regard sur lui et eut un clin d'oeil complice.
Jenny avait utilisé une partie de son énergie pour régénérer la jeune femme et partager sa vie.
Hamilton se tourna alors vers le Docteur, moitié pleurant, moitié riant, supporté par sa fille.
"Docteur, c'est un miracle ! Regardez, ma fille, elle est guérie !"
Le Docteur s'interdit tout commentaire, et les rejoint, les mains dans les poches de son trench coat qu'il avait remis. Emma alla faire asseoir son père et revint vers le Docteur. Elle lui fit gentillement signe de l'accompagner afin de parler.
Lorsqu'enfin ils furent hors de portée d'écoute, elle se mit à parler.
"Je n'ai pas fait ce choix ce manière égoïste, Docteur. Je devais rester ici un peu plus longtemps. L'énergie que les Daleks ont extrait de ma matrice ne va pas se dissiper par enchantement. Je dois m'en occuper.
- Je pourrais...
- Non, Docteur, mon cher Docteur. C'est une tâche qui me revient. Pour une fois dans vos vies, écoutez-moi."
Elle le regarda d'un air profondément déterminé.
"Mais qu'adviendra-t-il d'Emma ?
- Emma ne saura jamais que je suis là. Et lorsque mon travail sera terminé, alors, à mon tour, cette petite partie de moi dissipera. Et elle sera alors à nouveau totalement maîtresse d'elle-même."
Le Docteur regarda longuement la femme qu'il avait en face de lui d'un air très sérieux. Il pesait le pour et le contre. Finalement, il arqua un sourcil et eu un sourire en coin.
"Je n'ai jamais su rien te refuser.
- Je le sais bien, Docteur. Mais laissez-moi vous raccompagner jusqu'au Tardis."
Il lui laissa alors lui prendre le bras et ils marchèrent dans un silence confortable comme il n'en existe qu'entre deux êtres profondément liés.
Une fois devant la porte, il l'ouvrit et mit un pied à l'intérieur avant de se retourner vers elle une dernière fois.
"J'ai beaucoup aimé pouvoir enfin te parler et que tu puisses me répondre.
- Moi aussi.
- C'est une expérience que je n'oublierai pas de sitôt."
Elle eut un sourire triste alors qu'il prononçait ses paroles et elle se mit sur la pointe des pieds et l'embrassa tendrement. Légèrement surpris, le Docteur se laissa faire. Et lorsqu'elle rompit le contact entre leurs lèvres, elle posa ses mains sur son torse, le regarda droit dans les yeux et lui dit :
"Bonne nuit, Docteur. Peut être à bientôt."
Et elle le repoussa violemment à l'intérieur.
La porte du Tardis se referma en se claquant alors que le Docteur, déséquilibré, basculé en arrière. Sa tête percuta le sol grillagé de la salle de commandes et il perdit connaissance. Pendant ce temps, le moteur du Tardis se mit en marche et l'emmener loin, loin du laboratoire et de Londres.
Et lorsqu'il reprit connaissance, le Docteur ne se souvenait plus de Jenny, d'Emma et de Hamilton. Le baiser du Tardis lui avait retiré de la mémoire ses événements afin de le préserver.
Mais peut-être se rencontreront-ils de nouveau un jour...En attendant ce jour, le Tardis veille sur le Docteur. Son Docteur.
