Bon bon bon... Nous avons dépassé la moitié de l'histoire chers amis... J'ai bien peur que nous entrions en de funestes eaux (humeur poétique ce soir). Mais, le voile sombre qui nous surplombe tel l'épée de Damocles tombera t-il? Moi en tout cas, je remercie Adralya pour sa correction, elle fait un travail formidable! Je vous remercie aussi vous, chers lecteurs pour votre fidélité ou simplement, votre lecture! D'ailleurs, je ne vous retiens pas plus longtemps!


Chapitre 7. Te taire ne suffira pas.


Le lundi suivant, la journée fut épique comme toujours pour la plupart des élèves, y compris les B-B. Naruto avait été complètement écœuré par l'expérience du rat qui lévitait et finalement, Kakashi l'avait pris en peine. Alors que Sasuke s'était occupé du pauvre rat volant, Naruto s'était occupé des trains sur rails magnétiques, encore en étude.

Sakura avait assisté à un cours d'anatomie dispensé par Kabuto particulièrement dégouttant concernant les déformations les plus impressionnantes des dix dernières années dans tous les cinq pays de l'Union.

Gaara, Ino et Kankuro avaient dû essuyer une des dépressions violentes de leur prof d'art appliqué qui avait fondu en larmes lorsqu'elle avait renversé un peu de peinture sur la toile du roux et que celui-ci l'avait foudroyée du regard. Habituellement, elle résistait bien.

Le cours de course d'orientation de Kiba et Lee fut un terrible désastre: Gai, leur professeur, avait réussi à perdre la moitié de la classe en leur donnant les mauvaises cartes et les deux B-B avaient fait la chasse à l'élève perdu pendant deux heures. Enfin, surtout Kiba, puisque Lee s'occupait de consoler un Gai désolé.

Neji et Tenten, en quatrième année de Gestion économique et politique sociale avaient vu arriver Tsunade avec sa bouteille de sake, s'étaler sur son bureau et hurler à la classe mortellement silencieuse de se taire. Durant toute l'heure, elle ne cessa de demander le silence déjà très pesant.

Le cours d'étude des espèces d'insectes rares de Shino se transforma en cauchemar lorsqu'une horde de fourmis noires d'Afrique sub-saharienne débarqua en file indienne rapide dans la classe d'étude des mammifères marins, échappées suite à la négligence d'un élève. Il passa l'heure à les chasser pour les remettre dans leur vivarium.

Le cours de langue de Temari se transforma en apprentissage du langage des signes puisque leur professeur avait une extinction de voix. Or c'était le module normalement utilisé pour l'oral.

Dans le cours de cuisine de Chôji, un élève renversa une casserole bouillante pile sur le circuit électrique dénudé depuis déjà deux mois et que tous les élèves avaient appris à éviter. Le court-circuit fut radical et Shikamaru vit brusquement les ordinateurs de son cours d'informatique avancé s'éteindre.

Enfin, Hinata sortie de son cour de littérature avait l'intention de dire deux mots à leur principal concernant la nouvelle idée de Jiraya: faire étudier comme œuvre du moment, Les Onze mille verges d'Apollinaire. La première séance avait déjà valu assez de rougissements et de murmures indignés pour satisfaire le vieux pervers, de toute façon...

La jeune fille soupira: une fois de plus ses amies étaient trop occupées avec leurs cours pour pouvoir la rejoindre au club de défense féminin. Elle avait pensé ne pas faire la séance du jour, mais tellement de filles attendaient son aide! Et avec sa gentillesse naturelle, elle avait fini par accepter.

Une fois de plus, elle fermait la porte du gymnase et resserra son écharpe autour de son cou fin. Kiba n'était pas là. Normalement, ils avaient convenu qu'il viendrait la chercher à la fin de la séance, mais il avait peut-être eu un empêchement... Elle frissonna sans savoir si c'était dû au froid de ce début de mois de novembre ou si la peur la faisait trembler. Hinata jeta un coup d'œil sur les côtés et sursauta lorsqu'un buisson remua. On avait beau dire que les fille des B-B étaient plus fortes, plus courageuses et ne se laissaient pas avoir par n'importe quoi, la jeune femme était clairement terrifiée. Son école lui semblait soudainement être une prison aux murs de verres; ce n'était pas parce qu'elle ne les voyait pas qu'ils n'existaient pas. Elle réajusta son sac sur son épaule et se mit soudain à courir. Kiba était peut-être en retard, mais il était hors de question qu'elle reste une seconde de plus à l'attendre seule ici.


Neji marchait les mains dans les poches à côté de Kiba. Ils avaient quelques minutes de retard et le petit ami pressait le pas. Les débuts avec Neji n'avaient pas été brillants mais il pouvait à présent dire qu'il s'entendait bien avec le cousin de sa petite amie. Pourtant, actuellement, il se demandait s'il n'allait pas revoir son jugement: Neji venait de lui parler de leur plan pour faire parler Sasuke. Kiba ne savait pas s'il était plus choqué par le fait que Sasuke sache qui perpétuait ces crimes et n'ait rien dit ou par l'idée saugrenue de Neji. Ils pénétrèrent dans l'enceinte de l'école et passèrent devant les concierges qui les saluèrent d'un signe de tête:

« Qu'on soit bien clairs, Kiba, elle doit juste jouer un rôle devant Sasuke!

- Mais elle n'aime pas mentir et elle s'entend très bien avec Sasuke. Je suis pas sûr qu'elle acceptera. Pourquoi pas Sakura? Elle est plus proche de Sasuke.

- Parce que Hinata veut arrêter ces enfoirés alors que Sakura se range du côté de Sasuke et préfère laisser la police faire. De plus, on aura moins de mal à convaincre Hinata...

Kiba jeta un coup d'œil suspicieux à son presque cousin et grogna légèrement.

- J'aime pas cette idée... Mais tu verras avec elle. Si elle accepte, je jouerais mon rôle de petit copain très énervé.

- Merci, souffla Neji, soulagé.»


Elle revivait la scène de quelques jours auparavant où elle courait, dépassait presque le bâtiment des sciences lorsque soudain, elle fut violemment plaquée contre un mur. La tête d'Hinata heurta la paroi et elle émit un cri de peine qui fut aussitôt étouffé par une large main. Lorsqu'elle comprit que, cette fois-ci, ce n'était pas Kiba, tout son corps se figea. Alors ça allait vraiment arriver? Un instant, Hinata cessa toute résistance: ça allait vraiment arriver alors pourquoi lutter, finalement?

«C'est bien, tais-toi, fit une voix nasillarde alors qu'on la pressait un peu plus contre le mur.

Hinata leva alors les yeux dans l'espoir de voir ceux de son agresseur, histoire que son viol serve au moins à quelque chose, mais elle n'en eut pas le temps car un bandeau lui cacha la vue.

- Serre bien! Ordonna une voix féminine.

- Laisse-la moi, laisse-la moi! Supplia une voix rendue aiguë par l'excitation.

- Calme, intervint une personne au timbre doucereux. Faites ça bien et vite.

Soudain, l'image de son petit ami s'imposa à elle, son sourire resplendissant, cette manière qu'il avait de grogner doucement dans son cou après l'amour, ses mains légèrement calleuses qui caressaient son corps... Tout lui revint soudain avec clarté et son souffle se bloqua dans sa gorge. Son petit ami devait être en route pour la chercher et elle devait lutter jusqu'à ce qu'il arrive!

Ses poignets étaient tenus au-dessus de sa tête alors qu'une autre voix grave grondait, demandant qu'on la bâillonne.

- Je suis quand même un peu déçu, siffla la voix nasillarde. La première s'était quand même plus débat-urg!

D'un coup, son genou était venu se loger dans le ventre de son agresseur. Elle entendit les autres violeurs se précipiter pour la contrôler, mais elle se mit automatiquement à hurler:

- KIBAAAAA! KIBAAA! AU SECOURS! KIBA KI-hummmm».

Après avoir couvert sa bouche, un des agresseurs la frappa durement à la tête et elle lutta pour rester éveillée. Hinata sentit alors une poigne se refermer contre son avant-bras et elle utilisa toute sa force et son courage. Elle agrippa le bras qui la serrait et banda tous ses muscles pour envoyer balader l'agresseur. Elle ne parvint pas à le déplacer autant qu'elle l'aurait voulu mais elle avait assez déstabilisé ses agresseurs pour qu'il libèrent sa bouche. A nouveau, elle hurla à poumons ouverts. Ça ne pouvait pas arriver: Kiba allait la sauver.


Dès le premier cri de la jeune femme, Neji et Kiba s'étaient mis à courir vers le bâtiment des sciences d'où venaient les hurlements. Le petit ami avait toujours été un des plus rapides à la course et bénit les dieux d'un tel don alors que ses longues jambes se déployaient. Son cœur se mit à battre plus fort sous l'effort et la peur, tous ses sens semblaient en éveil et l'air froid lui brûlait les poumons.


Un nouveau coup la fit tomber à terre et un autre dans son estomac l'obligea à cracher un peu de sang. Elle entendit un juron: «Merde... C'est pas la bonne! Elle c'est une B-B!» au-dessus d'elle et soudain, plus rien...


Kiba fit l'angle du bâtiment des sciences et aperçut le corps de sa petite amie au sol, contre le mur.

«Hinata! Souffla-t-il en s'agenouillant à ses côtés. Il retourna la jeune femme sur le dos et posa deux doigts contre sa jugulaire... Elle respirait. Sa première peur se dissipa et il entoura les frêles épaules de sa petite amie avant de passer son bras sous ses genoux pour la soulever. Neji arriva là-dessus et se rua vers sa cousine, les yeux brillants d'inquiétude.

- Elle est juste inconsciente, dit doucement Kiba comme s'il avait peur de la réveiller ou de la briser en parlant trop fort.

- Ils sont encore ici! Haleta Neji. On peut encore les coincer!

- NON! Il faut qu'on rentre, là! Elle vient de se faire agresser...

Les deux garçons se regardèrent. Un instant, Neji avait perdu le nord et il se sentit honteux de n'avoir pas pensé à sa cousine d'abord. Kiba haussa les épaules: ça pouvait arriver à tout le monde dans ce genre de situation.

- Moi aussi j'ai envie de les tuer mais il faut rentrer! En tout cas, sortir d'ici. Elle va finir par prendre froid!

Neji acquiesça et retira sa veste de son dos pour la poser sur Hinata dans les bras de son petit ami. Lentement, les deux hommes prirent la direction de la sortie. Il expliquèrent rapidement les événements aux concierges qui dirent avoir vu cinq personnes passer très rapidement mais n'avaient pas vu qui c'était. Neji haussa les épaules: ils s'occuperaient de ça plus tard.

Alors que Neji conduisait vers l'appartement, Kiba souffla:

- Au moins, maintenant, elle n'aura pas besoin de mentir à Sasuke...»

Maigre consolation...


Naruto raccrocha doucement, le «clic» du téléphone retentissant à peine. Son poing se contracta un instant avant qu'il ne le force à s'ouvrir. Il était en colère contre Sasuke pour n'avoir rien dit. Résultat à présent, Hinata avait frôlé le même sort que quatre autres élèves qui n'avaient rien demandé.

Il se rendit à la chambre de son meilleur ami et s'appuya contre l'encadrement de la porte, les bras croisés alors que Sasuke rangeait son bureau. Lorsque celui-ci se retourna, il tomba sur son petit ami et eut l'habituel sourire en coin jusqu'à ce qu'il se rende compte du regard dur que le blond lui lançait.

«Hinata s'est fait agresser Sasuke... Statua Naruto d'un ton plat pour bien faire passer sa colère.

L'autre homme baissa la tête et sembla soudain perdre quelques centimètres. Bien que ses mèches noires cachaient son visage, Naruto savait quelle expression pouvait se lire sur le visage parfait de son compagnon. La peur, l'incompréhension, la culpabilité, la colère mixés en un seul mot: Impuissance. Encore, pensa l'ébène en se rendant compte de l'état de ses sentiments. Il releva la tête vers Naruto qui semblait attendre qu'il dise quelque chose. Comme il ne disait rien, le blond soupira:

- Je te préviens: Neji et Kiba sont hors d'eux. Tu n'es pas obligé de me le dire mais à eux, oui... Et à elle surtout... Termina-t-il avant de faire demi tour. Mais à peine eut-il fait un pas en dehors de la chambre que deux bras l'encerclèrent et il sentit le souffle chaud de Sasuke contre sa nuque. Il se laissa faire alors que l'autre le serrait fort contre lui, presque à l'étouffer.

- Pardon...

Naruto se retourna dans les bras de son meilleur ami et le regarda pour déceler s'il disait la vérité ou non. Une fois qu'il fut sûr de la sincérité de l'ébène, un pauvre sourire se peignit sur son visage et il tapota la joue pâle comme on fait à un bon chien.

- T'es un peu bête, parfois.»


L'homme serra les dents alors que le garçon face à lui le regardait d'un air neutre. Cela l'énerva mais c'était sa faute: il l'avait rendu ainsi. Orochimaru sourit à Kimimaro, venu annoncer la nouvelle de leur échec et le professeur était hors de lui. Néanmoins, il ne pouvait rester longtemps en colère contre son élève, presque son fils. Il l'avait élevé après l'avoir trouvé dans les bas-fond d'un orphelinat, sa famille s'était entre-tuée sous ses yeux. Le petit garçon, à l'époque, avait été tellement heureux qu'on le sorte de ce trou et qu'on prenne soin de lui qu'il s'était dévoué corps et âme à l'homme actuellement en face de lui. Parmi les choses que lui avait appris Orochimaru, il y avait l'absence de crainte.

La victime qu'il avait désigné ressemblait effectivement beaucoup à la petite Hyûga et dans le noir, ils avaient confondu avec la fille qui aurait dû se faire avoir. Elle participait au cours de self-défense et elle aurait normalement dû se trouver sur le même trajet que Hinata. L'erreur était bête mais justifiable. Mais tout de même! Il avait formé son plan parfaitement et voilà qu'une simple erreur foutait tout en l'air!

«Avec cette erreur grossière, mon marché du silence avec Sasuke est rompu. Tant pis... Je ferai souffrir cette merde d'Uchiwa tant que je le pourrais, même si c'est la dernière chose que je fais.» Déclara simplement le professeur. Kimimaro acquiesça et sortit de la pièce en silence. Orochimaru s'affala alors dans son fauteuil. Quelle erreur avait-il fait en pensant pouvoir enrôler Sasuke! Ca ne lui avait apporté que des ennuis...


Le lendemain, Sasuke se retrouva plaqué contre un mur chez Kiba par Neji:

«Mais putain, Sasuke! Crache le morceau!

Shikamaru soupira. A part les quatre garçons, il n'y avait personne. Ils avaient espéré faire parler leur ami mais pour le moment, il n'avait pas dit un mot.

Avec rage, Neji frappa Sasuke à la mâchoire et celui-ci n'émit même pas une plainte. Il se contenta de se redresser et de regarder ailleurs.

- Putain, putain, putain de merde! Vociféra le jeune adulte aux longs cheveux. Il avait une furieuse envie de battre Sasuke. Depuis son agression, Hinata n'avait pas dit un mot. Elle souriait simplement de son habituel sourire compréhensif.

- Sasuke, intervint Kiba, je sais ce que tu ressens. Peut-être même que je le sais mieux que toi parce que actuellement, c'est MA petite amie qui s'est fait agresser.

Neji fronça les sourcils. Il rêvait ou Kiba insinuait que Sasuke avait aussi une copine?

A cela, l'ébène releva la tête et regarda Kiba. Le coin de sa lèvre était fendu et le sang coulait en un mince sillon le long de son menton.

- Je comprends que tu aise peur pour Naruto, commença à son tour Shikamaru. Mais c'est un grand garçon, il peut se défendre...

- Non, murmura Sasuke. On ne peut rien faire contre eux.

Ah. Pensa le génie. Au moins, il avait parlé.

- Que peut faire une personne face à cinq personnes particulièrement bien entrainées? Ils connaissent tous les points faibles de l'être humain, ils savent où frapper, où appuyer pour vous faire ployer, reprit Sasuke sans hausser la voix.

- Arrête, fit Kiba en riant nerveusement, on dirait des sur-hommes.

- Pas des sur-hommes, souffla Shikamaru en comprenant soudain, mais des gens qui connaissent parfaitement l'anatomie humaine!

- Et ils l'ont apprise auprès du meilleur professeur, répondit l'ébène dans un souffle, comme s'il refusait de le dire mais ne pouvait s'en empêcher.

Il tenait à Hinata. Elle n'était pas comme les autres filles, bruyantes et sûres d'elles. La jeune femme était modeste et très observatrice, on pouvait se confier à elle sans peur d'être juger et la plupart du temps, elle avait déjà remarqué ce dont on lui faisait part. Le fait qu'Orochimaru ait oser s'en prendre à elle était comme s'il avait rompu leur contrat. Il pouvait le dire à présent. Mais à la fois, Sasuke savait que l'homme se vengerait sur ce qu'il avait de plus cher... Naruto, son frère, Sakura, les autres...

- Orochimaru... Déduisit Neji après une courte réflexion.

L'ébène ne dit rien, ne bougea pas mais son silence fut pris comme un oui.

Kiba se leva aussitôt:

- Qu'est-ce qu'on attend pour lui casser la gueule?

- Vous ne faites rien! Ordonna Sasuke. Sinon, il s'en prendra à...

- Naruto? Proposa Neji avec un petit sourire. Il avait fini par saisir lorsque Shikamaru avait parlé, et dans toute cette merde, il trouvait que cette bonne nouvelle était la bienvenue.

Sasuke lui lança un regard blanc et acquiesça. Quant à Shikamaru, il était presque désolé de la souffrance évidente de son ami, même s'il continuait de se dire que Sasuke aurait dû tout dire dès le début. Il se demandait à présent s'il n'aurait pas fait pareil.

- Bon... Et les violeurs, c'est qui? Demanda-t-il. Pour le moment, on ferra comme si on ne savait rien et on essaiera de les coincer après avoir mis tout le monde à l'abri. D'accord?

L'interrogé sembla peser le pour et le contre un instant avant de hocher la tête en signe d'affirmation.

- Il n'y en a qu'un qui prend ses ordre auprès d'Orochimaru, commença Sasuke, c'est Kimimaro. Je ne connais pas son nom de famille, mais il a des perles dans les cheveux et deux tatouages sur le front.

- Kimimaro Kaguya! S'exclama Neji en sortant la perle de sa poche. Et dire que j'ai cru que c'était à la fille...

Sasuke haussa les épaules et reprit:

- La fille s'appelle Tayuya, c'est elle qui a bousculé Sakura la dernière fois... Un des garçons s'appelle Kidoumarou. Les autres, je ne sais pas, mais ils sont bien cinq.

- Bien, finit de noter Shikamaru. On va trouver très précisément qui c'est et voir qui sont les deux autres...

- J'attends le moment de mettre mon poing dans la gueule de ce Kimi-truc avec impatience, grogna Kiba en se levant.

- Une bière, déclara Shikamaru à Neji qui partait vers la cuisine. T'en veux une, Sasuke?

L'homme secoua la tête et répondit:

- Je rentre...

L'autre homme acquiesça. On était jamais rassuré avant d'avoir la personne qu'on aime saine et sauve dans ses bras. Alors qu'il traversait le couloir, il passa devant la chambre de Kiba où il savait reposer Hinata. Il voulut entrer, mais la voix du petit ami derrière lui l'arrêta:

- Elle dort...

Sasuke se retourna lentement et regarda Kiba dont les traits étaient tirés par la fatigue et l'angoisse.

- Comment va-t-elle?

- Elle n'a rien dit... Mais elle sourit. Elle ne refuse pas qu'on la touche ou quoi que ce soit, elle n'a même pas fait de cauchemars... Elle réfléchit, je pense...

Une fois de plus, Sasuke hocha la tête et mit ses chaussures. Au moment de quitter l'appartement, il souffla:

- Je suis désolé...»

Kiba referma la porte sans un mot. Ce n'était pas sa faute après tout. Il n'y pouvait rien si un enfoiré sévissait dans leur ville...


La sonnerie retentit et Gaara se leva pour ouvrir, un peu surpris. Il le fut encore plus lorsqu'il vit Sasuke qui se frottait la mâchoire d'un air absent en attendant que son colocataire veuille bien retirer la chaînette qui bloquait l'entrée. Gaara laissa entrer l'homme qui semblait toujours ailleurs:

- Naruto est là? Demanda-t-il d'un murmure.

- Hum. Répondit Gaara en continuant d'observer son ami d'un œil critique. Qui? Questionna-t-il ensuite.

- Neji.

- Y a de la glace dans le congélateur. Je vais t'en chercher.

- Hum, merci, répondit Sasuke en s'asseyant sur le canapé. Il passa une main sur sa mâchoire abusée et ferma les yeux avec un grand soupir las. Le bras de fer allait réellement commencer maintenant. Neji et Shikamaru allaient essayer de trouver des preuves contre le professeur de biologie et pendant ce temps, Ororchimaru allait tout faire pour lui faire payer.

- Sasuke? Demanda la voix de Naruto de sa chambre. Le blond apparut quelques secondes après à côté de lui sur le canapé et regarda son meilleur ami d'un œil inquisiteur:

- Tu leur as dit?

Sasuke tourna brièvement son regard vers son meilleur ami et fit un geste affirmatif de la tête. Naruto lui sourit, mais alors qu'il pensait se jeter au cou de son petit ami, Gaara arriva et posa la glace sur la table basse ainsi que des pansements à côté du désinfectant. Le blond fronça les sourcils et attrapa le menton de l'ébène pour lui faire tourner la tête. Sasuke se laissa faire et exposa sa mâchoire rougissante et sa lèvre fendue à Naruto dont le regard devint dangereux:

- Qui t'a fait ça?

- Neji... Visiblement, j'ai mis trop de temps à répondre, répondit l'ébène avec un sarcasme qui fit sourire légèrement Gaara.

- Il était pas obligé de te frapper! S'indigna Le blond tout en aspergeant un coton de désinfectant pour le porter à la lèvre de Sasuke. Le troisième colocataire tendit un gant de toilette rempli de glaçons au blessé qui le maintint contre sa peau devenue légèrement violette.

-Tch! Siffla l'ébène en sentant les picotements causés par le désinfectant avec un léger mouvement de recul.

- Tiens toi tranquille, fillette! Lui lança Naruto en appuyant un peu plus fort juste pour l'emmerder. Sasuke grogna et Gaara haussa les épaules avant de déclarer qu'il sortait ce soir.

- Avec Nami? Demanda Naruto tout en posant le petit pansement sur le coin de la lèvre.

- Hum, répondit l'autre.

- Ok. Au fait, Itachi passera quelques jours ici. Il dormira dans la chambre de Sasuke, informa le blond.

- Ok, fit simplement le roux en mettant sa veste. A plus tard, murmura-t-il en sortant.

Naruto se tourna alors vers son petit ami qui se massait l'arrête du nez avec un air las et pensif. Ce début de mois de novembre offrait un contraste saisissant avec le mois d'octobre très doux qu'ils avaient eu. A présent, le froid et la nuit s'étaient installés et à cette heure de la journée, à peine dix-huit heure, il faisait déjà nuit. Pourtant peu importait la froideur de l'hiver, la noirceur de la nuit, Sasuke était toujours aussi beau. Ses paupières claires se soulevèrent et laissèrent apparaitre les deux billes noires de ses yeux. L'ombre de ses longs cils obscurcissaient sa peau; son visage était lointain, une autre dimension l'avait capturé. Le silence de l'appartement était seulement troublé par leurs respirations, comme si l'univers s'était arrêté en cet instant. Naruto eut un genre de spasme qui l'arracha à la contemplation de son aimé et doucement, presque en dehors de son corps, il se pencha sur l'ébène et attrapa son menton pour faire tourner son visage vers le sien. Sasuke leva un sourcil mais se laissa faire. Il ferma les yeux en sentant les lèvres pleines du blond se poser contre les siennes, les pincer doucement et passer sa langue contre elles. Avec un soupir, il les entrouvrit mais Naruto continua de les masser... Il suça la lèvre inférieure mais refusait de s'introduire dans la bouche de l'autre. Puis, alors même que Sasuke se disait qu'il allait reprendre le contrôle de tout ça, le blond s'écarta. Ses joues étaient voilées d'un hâle rosé, ses yeux brillaient d'une fièvre qu'il reconnut comme le désir et ses yeux entrouverts lui donnaient un air faussement innocent. Il tourna légèrement la tête sur le côté, à genoux sur le canapé et tira le zipper de son sweat rayé orange qu'il laissa tomber à terre. Sasuke observa ses mouvements avec l'air de ne pas y croire. Il devait avouer qu'il avait cru que Naruto serait timide et qu'il faudrait qu'ils prennent leur temps, mais lorsque le tee-shirt blanc moulant de son petit ami suivit la trace du sweat, il sourit d'un air narquois.

En vérité, Naruto se sentait un peu trop entreprenant, mais avoir le regard brûlant de l'autre homme sur son corps à demi découvert lui fit reprendre courage et il se permit même un petit sourire supérieur. Il commença alors à s'attaquer aux boutons de son pantalon et sursauta un peu lorsque les mains froides de Sasuke se posèrent sur ses épaules et descendirent dans son dos. L'ébène s'était collé à lui et ses larges mains caressaient chaque centimètre de son dos, de ses fesses. Doucement, Sasuke laissa sa main descendre entre les deux jambes légèrement écartées du blond et pressa à travers le jeans un instant avant de remonter. Naruto, quant à lui, avait ouvert le bouton puis s'était désintéressé du jeans pour passer ses mains sous le pull bleu marine de son meilleur ami. Il passa furtivement sur les tétons et retint un petit rire en entendant Sasuke grogner de mécontentement. Son souffle augmentait peu à peu et chaque expiration rencontrait la peau pâle du cou de Sasuke, le faisant frémir. Naruto finit par y poser ses lèvres... A ce moment, l'ébène remonta ses mains pour les glisser ensuite dans le pantalon du blond, puis dans son boxer, saisissant les deux fesses parfaites de son futur amant.

- Huuummm... Chantonna Naruto. Sasuke, Sasuke... J'en ai envie... Souffla-t-il en cachant son nez dans le creux de l'épaule de son compagnon de toujours.

Sans rien dire, l'autre repoussa son jeans sur ses chevilles et, tandis que le blond s'en débarrassait définitivement, il retira son pull sous lequel il ne portait rien. D'un geste ferme mais délicat, il poussa Naruto à s'allonger sur le sofa. Ce dernier cligna des yeux en se laissant aller contre la couche. Son cœur battait vite: ils allaient vraiment le faire, là, maintenant, sur ce canapé... Rien de moins romantique. Et pourtant, les conditions n'auraient pas été meilleures sur un lit avec des pétales de roses éparpillés sur le matelas, non, ici, maintenant, c'était bien, c'était parfait. C'était naturel. Le souffle frais de Sasuke chatouilla la peau sensible du torse tanné, un frisson le parcourut et l'air se coinça dans les poumons de Naruto lorsque les lèvres de son ami d'enfance se refermèrent sur un bouton de chair rose. Sans s'en être rendu compte, le blond commença à onduler du bassin et s'arqua contre la bouche de son petit ami. Les larges mains pâles glissaient le long de sa peau et l'incendiaient alors que les lèvres humides de Sasuke descendaient toujours plus bas. La main parvint au niveau de la virilité de Naruto et la caressa du bout des doigts. L'ébène laissa son index suivre la veine et le blond ferma les yeux tout en se mordant la lèvre inférieure. L'autre main continua de descendre et écarta les deux jambes halées et musclées dont l'une vint reposer naturellement sur l'épaule claire. Tout en continuant de caresser le membre du blond, Sasuke embrassa une hanche et continua sur la peau délicate entre le pubis et la cuisse.

Naruto trembla et sourit, il laissa même passer un petit rire: il se sentait si bien, complètement à la merci de l'autre et se demanda brièvement pourquoi ils avaient attendu tout ce temps. La flamme dans les yeux noirs de Sasuke était féroce... Il mordilla la peau tendre et frissonna en entendant le petit rire de Naruto. Il céda ensuite à son envie de l'embrasser et prit possession des lèvres rouges et pulpeuses de son partenaire. Le baiser fut lent et langoureux, ils n'étaient pas pressés et se découvrir était important pour chacun d'eux.

Puis, après ce baiser, Sasuke se redressa et Naruto gémit à la perte de chaleur. L'ébène se leva du canapé et termina son strip-tease sous les yeux ravis de son petit ami puis, il s'éloigna vers sa chambre et le blond regarda avec un sourire absent la démarche féline de son ami. Quelques secondes plus tard, il était revenu et Naruto souffla:

- Tu devrais te balader plus souvent nu dans l'appartement.

Sasuke laissa un sourire éclairer son visage et se pencha à nouveau au dessus de son futur amant. Il observa ses doigts fins courir le long de la peau tannée et inspira profondément avant de redescendre faire courir des baisers enflammés du nombril à la virilité du blond. Sans préambule, Sasuke ouvrit ses lèvres qui se refermèrent sur le membre érigé de Naruto. Lequel s'arqua, décollant du canapé dans un «ah!» surpris et son amant dû le retenir contre la couche pour l'empêcher de se déhancher dans sa bouche. Alors que l'ébène aspirait et léchait la virilité du blond, ce dernier ferma les yeux et entrouvrit les lèvres pour laisser s'échapper de petits gémissements. Pour Sasuke, entendre la voix de Naruto était comme brûler de l'intérieur et sa main, jusqu'alors sur la hanche tannée descendit sur le côté, frôla la fesse ronde et arriva entre les deux jambes. Il caressa les contours de l'orifice qui allait leur apporter à tous les deux beaucoup de plaisir et sentit Naruto se raidir légèrement. Un rapide coup d'œil vers le haut lui permit de voir que son partenaire était plus surpris qu'autre chose. Sans jamais cesser ses mouvements sur le sexe de son meilleur ami, Sasuke décapsula le lubrifiant qu'il était parti chercher plus tôt et recommença à caresser l'endroit sensible.

- Sasuke... S'uke, appela l'autre homme dans un gémissement de plaisir. L'ébène s'arrêta et leva les yeux. Haletant, la bouche entrouverte, ses yeux bleus à demi-clos, Naruto tendit sa main pour saisir une mèche de cheveux noirs puis une deuxième avant de passer sa main devant.

- Embrasse-moi, ordonna-t-il ensuite et son partenaire obéit. Il délaissa le membre chaud et mordilla la mâchoire de son petit ami avant de passer sa langue sur la lèvre inférieure de ce dernier. Naruto gémit, agacé de se voir ainsi renier et la main dans les cheveux noirs immobilisa la tête de Sasuke. Les deux garçons se regardèrent un instant, leurs corps nus luisant dans la lumière de fin de journée, tous les deux arrêtés par le sentiment d'éternité qui s'était emparé de leurs cœurs, comme si la terre avait cessé de tourner. L'ébène sourit, d'un vrai sourire, ceux qui coupaient le souffle de son meilleur ami. Cette fois-ci n'y manqua pas et Naruto ferma les yeux: ce visage souriant l'aurait fait jouir immédiatement. La seconde suivante, il sentit deux choses. Premièrement, les lèvres de Sasuke qui le dévoraient en un baiser brûlant de passion, la deuxième, un doigt à l'intérieur de lui. Il gémit de douleur mais très vite, celle-ci disparu et il sentit plus ou moins consciemment qu'il se déhanchait contre ce doigt qui touchait quelque chose à l'intérieur de lui. Ce point dans son corps éveillait des pics électriques dans son corps, de plus en plus puissants, si bien qu'au bout d'un moment, il rejeta violemment sa tête en arrière:

- Nah... Ah, Sasuke...

Il entendit un petit rire au dessus de son oreille et frissonna en sentant une langue joueuse chatouiller son lobe et glisser juste derrière où il se savait très sensible. Or son partenaire le savait aussi.

- Quoi? Souffla ce dernier d'un ton sensuel. Dis-moi...

La voix rauque de Sasuke était comme un courant électrique ajouté à ce qu'il ressentait plus bas. Son esprit éteignait peu à peu les fonctions de réflexions et il s'entendit murmurer avant d'avoir pu contrôler sa pensée:

- S'il te plait, ne t'arrête jamais... Je-ah... Aah...

Le reste se noya sous un déversement de gémissements et de soupirs aphrodisiaques... Sasuke grogna avant de retirer son doigts pour le faire accompagner d'un deuxième. Naruto n'eut même pas un froncement de sourcils et ses mouvements devinrent plus sauvages. L'ébène regardait avec fascination ce corps devenir fou sous ses attouchements, se tendre et onduler de plaisir, frissonner sous la passion et rougir sous la fièvre. Un souffle lui échappa:

- Naruto...

L'autre l'entendit et le regarda de ses grands yeux scintillants, ses lèvres entrouvertes tremblaient et Sasuke se pencha pour les prendre entre les siennes tout en laissant entrer un troisième doigt. Cette fois-ci, une légère plainte échappa à son amant et l'ébène ralentit le rythme. Sauf que bien vite, Naruto fronça les sourcils en essayant de le faire accélérer. Avec un sourire satisfait, Sasuke retira ses doigts.

- Uh? N-non... Gémit l'autre. Sasuke, Sasuke...

Sans s'en rendre compte, ou parce que son instinct le lui disait, il accrocha ses jambes autour de hanches de son amant et passa ses bras autour de la nuque pâle. Du plus délicatement qu'il le pouvait dans son état, l'ébène encadra Naruto de ses bras et se suréleva légèrement. Il laissa frotter son membre gorgé de désir à l'entrée du corps de son ami d'enfance, lequel ferma les yeux et rejeta doucement sa tête en arrière en laissent échapper un soupir de soulagement, se détendant complètement. La gorge de Sasuke se serra, le blond lui faisait totalement confiance... En cet instant, il aurait pu lui faire n'importe quoi. Lentement, il colla ses lèvres contre la pomme d'Adam de Naruto et tout en suçotant la peau, pénétra doucement en territoire vierge.

La sensation que Naruto ressentait était définitivement nouvelle mais pas désagréable, ce qui dominait dans sa tête, c'était la sensation de chaleur, le corps de Sasuke était brûlant contre le sien et il sentait le cœur de l'autre battre aussi vite que le sien. Cette chaleur, l'ébène la sentait aussi autour de lui, contre lui là où sa peau était en contact avec celle du jeune adulte halé. C'en était presque trop.

- Han nan... Murmura-t-il lorsque soudain, Naruto avait décidé de rouler ses hanches, engageant le mouvement. Or il ne s'y était pas du tout préparé et la sensation le tacla; il se perdit. Rassemblant ce qui restait de sa restriction, Sasuke ouvrit les yeux et les fixa sur le visage de son amant. Celui-ci avait fermé les yeux dans une expression de douloureux plaisir. Chacun de leurs coups de bassin lui laissait échapper un petit cri, une grimace de pur plaisir. Son corps était à l'abandon dans les bras de Sasuke. Pour lui, il n'y avait pas de meilleur endroit sur terre alors qu'à chaque coup, son partenaire heurtait cette boule de nerf. Il décolla son dos du canapé et collant son torse contre celui de Sasuke, il resserra sa prise autour des hanches pâles, ouvrant plus les cuisses.

- Na-Naruto, bégaya Sasuke, re... Regarde-moi...

C'était à peine s'il pouvait... Les mèches noires étaient désordonnées à force qu'il y ait passé la main sans s'en rendre compte... Les joues de Sasuke étaient rouges, comme ses lèvres. Et les émotions qui passaient dans les perles noires avaient quelque chose d'animal, de possessif et de tendre.

Naruto sentit la fin arriver au grand galop, le bruit du sang battant ses tempes était une chevauchée effrénée... Il agrippa les mèches noires et Sasuke se pencha pour l'embrasser. Mais alors que leurs lèvres n'étaient qu'à un ou deux millimètres, Sasuke s'arrêta:

- Tu m'appartiens.

Naruto ne sut pas trop si c'était une question ou pas et comme Sasuke n'avait pas arrêté ses mouvements, sa capacité de réflexion était très réduite.

- Dis-le, ordonna ensuite son amant d'une voix plaintive. Dis que tu m'appartiens, à moi, juste à moi. Rien qu'à moi...

Un instant, Naruto le regarda avec un air surpris (enfin, autant qu'il pouvait l'être dans cet état) puis, alors qu'un coup de hanche le fit s'arque-bouter, il hurla:

-Oui! Ah-af,oui,oui!

-Dis-le! Le pressa encore Sasuke et Naruto ne réfléchit même pas.

- Oui, oui, putain! Je-ah... Je suis à toi!

Il s'agrippa alors douloureusement au dos de l'ébène, soit pour lui prouver à quel point c'était vrai, soit pour s'accrocher à quelque chose de cher et aimé au moment où la déferlante de plaisir l'emporta.

- Moi aussi...» Souffla Sasuke en se laissant entrainer par son amant dans la même déferlante.

Lorsque le plafond réapparut, Naruto sourit et soupira. C'était tout ce qu'il pouvait faire: sa gorge lui semblait sèche, son corps tremblait encore parfois et le poids de Sasuke l'écrasait, l'enfermant dans ses bras. Au bout d'un moment, l'ébène sembla avoir retrouvé assez de force pour libérer le blond de son poids et roula sur le bord du sofa.

« J'ai sommeil, murmura Naruto au bout d'un moment de silence où il avait gardé ses yeux fermés.

- Hn... Pas ici, répondit tout aussi doucement Sasuke.

Un soupir las lui répondit avant que, finalement, le blond ne trouve l'énergie suffisante pour se lever.

- Douche? Proposa-t-il. Tu viens avec moi?

L'ébène sourit et passa son index le long de l'arrête du nez de son meilleur ami, petit ami, amant et tellement de choses encore. Naruto caressa la joue encore un peu rouge de l'autre et déclara:

- Tu es beau quand tu souris... Tu souris beaucoup quand on fait l'amour.

Sasuke retint un rictus, Naruto en parlait comme s'il y avait déjà eut beaucoup d'autres fois, puis répondit:

- Je souris souvent dans tes bras.

Avec un genre de gloussement, le blond déposa ses lèvres sur le bout du nez de l'ébène et le poussa jusqu'à ce qu'il tombe. Sasuke s'écroula dans un grognement et avec une vigueur nouvelle, Naruto se releva pour aller vers la salle de bain:

- Tu viens?

Avec un soupir, l'ébène observa la chute de reins de son petit ami, tendre et bien dessinée jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans le couloir. Il se releva alors.

- J'arrive.»


Réapprendre à vivre était un exercice auquel Itachi Uchiwa, bien malgré lui, était forcé de faire face. Lorsqu'on ouvrait un magazine de santé aujourd'hui, ils étaient rempli d'idée pour s'épanouir dans cette société sur-consommatrice, pour se découvrir puisque le travail était de plus en plus rarement un endroit où l'on aimait se rendre. Comme beaucoup de monde si l'on en croyait ces magazines, Itachi n'aimait pas son travail, il détestait la comptabilité, haïssait la gestion, abhorrait de tout son être les réunions fiscales dont il ne comprenait pas un mot. Enfin si, il comprenait tout: son cerveau fonctionnait sans lui demander son avis, analysait, décortiquait, cherchait et trouvait des solutions. Non, en plus de détester son travail, Itachi n'avait même pas l'excuse d'être nul. A ses dix-huit ans, il avait pris la direction d'une entreprise dont il ne voulait pas avec un grand sourire. Obito était fier de lui, tout le monde était fier de lui et bientôt, le monde économique serait à ses pieds. Seul Sasuke savait réellement ce qu'il ressentait au fond de lui. Il lui avait confié un jour après une de ses fameuses gueules de bois.

Mais aujourd'hui, la donne était différente. Sa vie prenait un autre tournant, lentement mais de plus en plus proche, jour après jour. Sasuke y travaillait, s'assurant d'être le meilleur pour pouvoir reprendre un jour l'entreprise de leurs parents sous prétexte de libérer Itachi. Mais la vérité était ailleurs. Dès ses huit ans, leur père avait décidé que ce serait Itachi qui obtiendrait la gestion de l'entreprise et toute l'attention du père s'était dirigée sur l'ainé. De son côté, le cadet n'avait fait que vouloir montrer sa valeur et même si à présent leurs parents étaient morts, Sasuke ne perdrait pas une si belle occasion de leur prouver qu'ils avaient tort et qu'il était le mieux placer pour s'occuper des affaires familiales. Sasuke, contrairement à Itachi, aimait le pouvoir. Il détestait se sentir impuissant et menait les autres autour de lui d'une main de fer. Ce travail était fait pour lui et satisfaisait sa légère mégalomanie. Tout en sortant de sa voiture Itachi sourit. Son frère se mettait quand même royalement le doigt dans l'œil. Les autres accédaient à ses demandes quand ils le voulaient et parce qu'ils l'aimaient, même s'il était indéniable que Sasuke était un bon leader.

L'ainé des Uchiwa traversa la route en frissonnant sous le froid de novembre et rejoignit la porte du café où son frère, Naruto et Sakura l'attendaient. Il se souvenait vaguement de la jeune fille qui était toujours entre les deux garçons pour les séparer, il se souvenait aussi qu'elle était amoureuse de Sasuke mais rien de plus. Si, il savait aussi que c'était la meilleure amie des deux garçon, donc la confidente de son frère, pour un peu qu'il accepte de se confier... Ou qu'il ait quelque chose à confier. Il inspira l'air froid, se brûlant les poumons, mais sourit, il reprenait goût à la vie.

C'était un joli café dans les tons pastels vert et rose avec quelques taches de jaune clair. Les tables avaient des formes étranges et étaient de la hauteur des bars, les chaises hautes donnaient l'impression d'être accoudé au comptoir d'un bistro. Il repéra vite la tête de son frère d'adoption, seul blond du café et sourit en rejoignant les deux garçons entrain de se chamailler. La jeune femme n'était pas encore là visiblement. Sans attendre, il s'installa à côté de son frère et c'est à ce moment là seulement que les deux plus jeunes le remarquèrent:

«Itachi!!! S'exclama Naruto en grimpant à moitié sur la table pour le serrer dans ses bras. Itachi, toujours décontenancé par ce genre d'attention, tapota nerveusement le dos du blond qui finit par se reculer.

- Comment tu vas? La voisine en nuisette est revenue?

L'ainé des frères eut un petit sourire doux et secoua la tête.

- Et vous? Demanda-t-il de sa voix calme et chaude.

Sasuke haussa les épaules et Naruto rougit en se raclant la gorge.

- Hum, pas grand chose, éluda-t-il.

Le grand frère se tourna vers son cadet d'un œil interrogateur. Il n'était absolument pas dupe, quelque chose s'était produit. Sasuke fit tout son possible pour ne pas croiser le regard de son frère et s'enferma dans une moue faussement indifférente mais son petit sourire en coin en disait long.

- Vous me cachez quelque chose, les garçons, statua tranquillement Itachi, sûr d'obtenir les réponses qu'il attendait.

Sur ce, la diversion tant attendue par les deux jeunes homme arriva sous la forme de leur meilleure amie, Sakura. Naruto lui fit un signe de main et le visage de la jeune femme s'éclaira alors qu'elle se hâtait vers eux.

- Hey! Fit-elle. Comment vont mes deux petit amoureux?!

Naruto laissa sa tête heurter la table et Sasuke se pinça l'arrête du nez alors que Sakura leur jetait un regard inquiet. Itachi émit un petit sifflement rieur tout en regardant son frère avec un grand sourire, alors comme ça ils s'étaient enfin mis ensemble?

- Je ne comprends pas pourquoi vous essayiez de me le cacher, commenta--il. C'est très bien au contraire.

- Ah! Il n'était pas au courant! Je suis désolé les gars! S'excusa Sakura d'un air sincère.

Sur ce il se tourna vers la nouvelle arrivée et la détailla. La fille, non, la femme devant lui n'avait rien à voir avec la petite fille de ses souvenirs. Déjà, elle avait les cheveux roses, pas d'un rose flashy mais d'un rose qui donnait à ses cheveux anciennement châtains des allures de coucher de soleil. Sa poitrine était petite mais parfaitement mise en valeur par le pull décolleté vert pâle qu'elle portait et qui rappelait ses yeux. Sa taille fine reposait sur de jolies et longues jambes. Sa peau semblait exempte de défaut et paraissait tellement douce qu'il dut se retenir de la caresser. Sakura quant à elle souriait toujours gentiment, innocente sous le regard intéressé du grand frère.

Avec un sourire narquois, Sasuke prit sa revanche sur son frère. D'un geste délicat, il posa deux doigts sous le menton de son frère pour lui refermer sa bouche entrouverte de béatitude. Itachi sembla reprendre ses esprits à ce moment là et jeta un regard noir à son cadet. Naruto éclata de rire, n'ayant rien perdu de la scène et se tourna vers Sakura.

- Tu dois te souvenir d'Itachi, le frère de Sasuke.

- Oui, bien sûr! Elle se pencha alors pour lui faire la bise comme c'était la convention et Sasuke retint difficilement un rictus moqueur.

- Et donc Itachi, c'est Sakura, souffla Sasuke pour faire sortir son frère de sa torpeur.

- Ravi! Répondit celui-ci plus par réflexe qu'autre chose.

Cette fois-ci, Sasuke ne retint pas son reniflement dédaigneux.

Sakura s'assit en face d'Itachi, à côté de Naruto qui tentait de calmer son fou rire. Itachi le foudroya du regard: il y aurait des représailles. Soudain, ça ne parut plus aussi drôle.

Peut de temps après, la serveuse vint prendre leur commande et tenta de faire jouer de son charme en voyant les trois beaux garçons réunis à une seule même table. Lorsqu'elle fut repartie, Sakura eut un gloussement sadique à la grande surprise de ses deux amis d'enfance.

- Pauvre fille, expliqua-t-elle, elle aurait tué pour être à ma place.

Naruto frissonna. Les filles étaient vraiment étranges, il était bien content d'avoir Sasuke pour lui.

- Je devrais peut-être lui dire que vous êtes tous gay... Proposa-t-elle pensivement.

Itachi sembla sortir de sa torpeur contemplatrice à ces mots:

- Je ne suis pas gay, dit-il.

Sakura cligna des yeux sous la surprise et rougit légèrement.

- Oh pardon... C'est juste que.. Comme tu n'as pas de copine j'ai supposé que c'était comme Sasuke... Quand on est aussi beau et d'après ce que me dise les garçons, si attentionné, c'est rare de n'avoir personne... Enfin c'est ma faute, pardon, je n'aurais pas dû supposer à tort.

- Nan mais t'inquiète, nous aussi on a cru, intervint Naruto. En fait Itachi est un glaçon frigide asexué.

L'ainé des frère le foudroya du regard.

- Il raconte n'importe quoi, répliqua-t-il.

- Arrête, t'as même pas levé un sourcil quand ta voisine est venue en nuisette la dernière fois... Elle était pourtant bien roulé, reprit le blond avec un sourire moqueur.

Sasuke haussa les épaules et lança platement:

- Tu serais plus sexy qu'elle, en nuisette.

Naruto piqua un fard et tendit son poings vers son meilleur ami qui l'évita d'un mouvement souple avec un petit sourire en coin.

- Rah, tu m'énerves! S'emporta-t-il avant de croiser les bras pour bouder. Et tu peux rêver pour la nuisette, après ça, bougonna-t-il.

- Parce que si je m'étais tu, ça aurait été possible? Demanda Sasuke d'un ton cynique.

- Si tu l'avais demandé gentiment, peut-être, répondit Naruto avec un air faussement dédaigneux.

- Merde... Souffla Sasuke et son petit ami arbora un sourire très fier de lui.

Itachi retint difficilement ses épaules de trembler sous le rire qui le parcourait alors que Sakura riait à pleine dents.

- Enfin je suis bien contente que tu ne sois pas gay, dit-elle à Itachi, j'en avais marre de tout ce gâchis d'ADN. Tous les mecs canons sont gay! Bientôt l'hétérosexualité deviendra has-been!»

Itachi lui, n'en était pas aussi sûr et il laissa un sourire s'installer sur son visage.


Note: Lol, ils "l'ont fait".