Salut ! Merci pour vos coms et pour vos réponses à ma question. Continuez à me donner votre avis, sur ce point ou un autre, il m'est précieux… Bonne lecture !

xXxXxXxXxXx

Chapitre sept

Lya apparut devant le bureau du capitaine Hitsugaya, qui sursauta en étouffant un cri. Vexé d'avoir été surpris, il la toisa d'un air glacial.

« Mais qu'est-ce que vous faites là ? »

« Ben je vous embarque. Il y a des menos dans le 78ème secteur et le commandant a dit que je devais vous emmener avec moi. »

« Quoi ? Mais l'alarme n'a même pas été déclenchée ! Et puis vous ne m'embarquez nulle part ! Qu'est-ce que c'est que… »

Lya se pencha et approcha sa main aussi près que possible du garçon. « Je n'ai pas le temps d'attendre que vos systèmes réagissent. Allez jeune homme. En voiture. »

Ils réapparurent dans le bureau de Kenpachi, au moment où l'alarme retentissait. Hitsugaya s'apprêtait à rétorquer avec colère, quand il se rendit compte qu'il avait changé de pièce. Kenpachi était assis sur le canapé, torse nu, visiblement réveillé par l'alarme. Il ne montra pas une surprise excessive à les voir là tous les deux.

Lya lui sourit. « Bonjour, capitaine Kenpachi ! Vous qui vouliez me voir à l'œuvre, c'est le moment ! Vous êtes prêt ? Je vous emmène, ça ira plus vite. »

Il la fixa une seconde.

« OK. J'enfile un truc et c'est bon. » Il n'avait pas l'air d'être traumatisé de se trouver torse nu devant elle, lui. Elle commençait à se demander si Byakuya n'était pas un peu coincé.

« Eh ben dites donc ! » commenta-t-elle. « Qu'est-ce que vous avez comme cicatrices ! » Il sourit en enfilant sa veste. « On aime les cicatrices, ma jolie ? Quand on aura un peu plus de temps, je vous ferai une visite guidée, si vous voulez… » Lya ne compris absolument pas l'allusion. Ni le reste de la phrase, d'ailleurs (une visite de cicatrices ?). Et encore moins pourquoi le capitaine Hitsugaya avait l'air aussi mal à l'aise. Mais elle n'avait pas le temps de s'informer davantage.

Kenpachi était prêt. Lya tendit un bras vers chacun d'eux, et ils partirent.

xXxXxXxXxXx

Byakuya était très en colère. Dans une colère noire. Elle avait disparu depuis presque une heure. Il avait localisé son énergie qui se déplaçait à proximité, sans réussir à la rattraper, puis il l'avait perdue. Il avait interrogé la 12ème division qui lui avait confirmé le lieu de l'intrusion et le nombre d'attaquants. Six !

Il avait également contacté la 10ème et la 11ème divisions, pour apprendre que leurs capitaines étaient absents, sans que personne ne sache où ils se trouvaient. Il ne pouvait que supposer qu'elle les avait emmenés avec elle. Mais si ce n'était pas le cas ? Alors elle se battait seule. Il avait envisagé de la rejoindre, mais le 78ème secteur était très éloigné et même le shunpô ne pourrait pas l'y transporter assez vite ; elle se déplaçait instantanément. Et les forces spéciales étaient en route. Il ne lui restait qu'à attendre.

Il regardait ses dossiers sans les voir. Il n'avait vu personne à part Renji, très brièvement, depuis son arrivée au QG de la 6ème division. Il supposait que son vice-capitaine, après avoir croisé son regard, avait prévenu quiconque tenant à la vie de rester loin du bureau du capitaine Kuchiki ce matin. Judicieux conseil.

Soudain il perçut de nouveau la présence de Lya. Il la localisa, elle était dans le bureau du commandant Yamamoto. Hitsugaya et Kenpachi l'accompagnaient, semblait-il. Il patienta avec difficulté. Puis elle se déplaça. Elle était rentrée au manoir Kuchiki. Il se leva et s'y transporta.

Il frappa à la porte de la chambre de Lya et entra. Elle était étendue sur son lit, et elle se leva d'un bond en le voyant, radieuse. Elle était décoiffée et son avant-bras gauche portait la trace d'une légère brûlure, mais en dehors de ça elle était indemne. « Byakuya ! Je viens à peine de rentrer, et je me demandais ce que vous faisiez pour le déjeun… » Sa voix mourut et elle écarquilla les yeux. Mais pourquoi est-ce qu'il la regardait comme ça ?

Il avança vers elle, et elle ne pût s'empêcher de faire un pas en arrière. Ses yeux sombres étincelaient de fureur, et lorsqu'il parla sa voix était froide et tranchante comme l'acier. « Mais qu'est-ce qui vous est passé par la tête ? »

Lya bégaya. « Je… je suis partie me battre… il y avait une intrusion… »

« Et vous trouvez ça intelligent de vous jeter au devant de six menos deux jours après avoir reçu un tir de doomblast ? Vous êtes donc persuadée d'être immortelle ? »

Elle tenta de se défendre. « Et bien, normalement oui… Et de toute façon je n'étais pas toute seule… »

« Je sais, vous avez kidnappé deux capitaines en partant. Mais ça, personne n'était censé le savoir avant votre retour. Vous ne m'avez pas fait l'honneur de m'en informer.»

« C'étaient les ordres du commandant… »

« Merci, j'étais là quand il les a donnés. Et contrairement à vous, je n'ai pas l'habitude de n'écouter que la moitié de qu'on me dit. Le commandant vous a également demandé de rester sous ma surveillance. Quelle partie de sa phrase n'avez-vous pas comprise ? »

Lya encaissait les coups, désemparée. Puis elle sentit la colère l'envahir. Il ne pouvait pas lui parler comme ça. Elle avait eu tellement hâte de le revoir ; elle avait pensé à lui tout au long de cet interminable rapport devant le commandant Yamamoto. Et à présent elle le reconnaissait à peine, elle ne retrouvait ni son regard, ni sa voix, et ce visage glacial était celui d'un autre. Elle ressentait une douleur aigue dans la poitrine. Il n'avait pas le droit de lui faire mal. Elle se redressa et lui fit face.

« Ça suffit ! Pour qui est-ce que vous vous prenez ? » Elle maîtrisa le tremblement de sa voix. « Et pour qui est-ce que vous me prenez ? Avez-vous oublié qui je suis ? J'ai suffisamment de pouvoirs pour expédier une armée de menos dans les limbes. A quoi est-ce que je servirais si j'étais incapable d'en affronter six ? » Elle haussa le ton. « J'ai refusé de me placer sous le commandement de Yamamoto, et je n'ai aucun ordre à recevoir de vous ! Si je suis revenue ici ce n'est pas pour rester sous votre surveillance mais parce que j'en avais envie ! Mais à l'évidence ce n'était pas une bonne idée. Vous m'excuserez j'espère, vous avez constaté vous-même à quel point j'étais limitée, par rapport à vous. Je vais me trouver un autre point de chute. Je peux créer tous les manoirs que je veux. Je n'ai pas besoin de vous. » Elle mentait, et elle en avait cruellement conscience. Elle se détourna. « Au revoir, Byakuya. »

Alors qu'elle allait disparaître, elle sentit qu'il la retenait par le poignet. Elle se crispa et essaya de se dégager. « Lya. » Sa voix était douce, et elle leva les yeux vers lui. « Ne partez pas. » Il se rapprocha d'elle. « Vous avez raison. Je n'ai rien à exiger de vous. Je ne sais pas ce qui m'a poussé à agir de la sorte, je… je crois que je me suis simplement inquiété pour vous. » Il leva la main et la posa sur sa joue. « Je suis désolé, Lya. Je vous en supplie. Arrêtez de pleurer. »

« Mais je ne pleure pas », pensa Lya. Elle porta sa main à son autre joue. « Tiens, si. » Mais elle ne comprenait pas pourquoi. Elle se sentait un peu fatiguée, d'un coup, et elle s'appuya doucement contre lui. Elle le regarda et lui sourit.

« Vous regrettez d'avoir crié après moi ? »

« Oui. Pardonnez-moi de vous avoir fait de la peine. »

« D'accord… » Elle soupira et ferma les yeux. La main de Byakuya était toujours posée sur sa joue, et elle la recouvrit de la sienne. Elle se sentait beaucoup mieux. Il était revenu.

Byakuya frémit quand elle caressa sa main. Il luttait de toutes ses forces contre le désir qui le poussait à se pencher vers ses lèvres si proches. Il ne pouvait pas faire ça. Il s'était conduit d'une manière inqualifiable, il l'avait rendue vulnérable. Il n'avait pas le droit d'en profiter.

Il recula légèrement. « Vous acceptez de rester ici ? »

« Oui. » Elle réfléchit un instant. « Et pour vous montrez à quel point je ne suis pas rancunière, je vais même vous préparer à déjeuner ! Enfin façon de parler. Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ? Vous n'avez qu'à demander. Je peux combler tous vos désirs. »

Byakuya sourit. « Je sais, Lya », pensa-t-il. « Mais je devrai me contenter d'un repas. »

« Et bien », répondit-il, « j'ai un faible pour le poisson. »

xXxXxXxXxXx

Lya descendit dans la salle à manger après une rapide douche. Elle se planta devant l'immense table en bois précieux et fit la moue. « On ne va pas manger là-dessus. C'est à peine si on en voit le bout. » Elle s'approcha de la fenêtre et fit apparaître une petite table ronde et deux sièges confortables. Puis elle joignit les mains et posa ses index sur ses lèvres, l'air concentré. « Alors ! Du poisson… »

Byakuya la regardait faire. Il se sentait à la fois incroyablement heureux et cruellement tourmenté. Il avait eu si peur qu'elle ne revienne pas ; mais elle repartirait, à chaque intrusion. Et ce serait toujours plus dangereux. Elle se battrait avec toujours plus d'acharnement, jusqu'au jour décisif où l'équilibre lui-même serait en jeu.

Il aurait voulu la garder pour lui. La détourner de cette mission implacable. Lui dire que l'univers ne méritait pas qu'il la perde. Mais il ne ferait pas ça, bien sûr.

Il avait le choix. Soit il se laissait envahir par la peur d'être séparé d'elle ; soit il profitait de chaque instant qui leur restait à passer ensemble. Quand elle se tourna vers lui pour lui annoncer fièrement que le repas était servi, il avait choisi.

xXxXxXxXxXx

« Racontez-moi un peu votre mission. »

« Très instructive ! Vos collègues sont impressionnants. Le capitaine Kenpachi ne fait pas dans la dentelle, mais le résultat est là. Il y avait des bouts de menos partout. Quand au jeune Hitsugaya, j'adore ce qu'il fait avec son sabre ! C'est magnifique. Cela dit il a un caractère épouvantable.

Ils étaient cloués sur place quand j'ai illuminé le premier menos ! C'était très amusant. J'en ai éliminé un autre, et puis le capitaine Kenpachi m'a interpellée en me disant "d'en laisser un peu pour les autres". Drôle d'idée. Il est un peu bizarre lui, n'est-ce pas ? »

Byakuya sourit. « Certes. Et ensuite ? »

« Nous nous sommes battus un moment. J'ai illuminé un troisième menos, et ils ont détruit les autres. Après le combat, le capitaine Hitsugaya m'a posé pas mal de questions, sur mes pouvoirs et leur origine.

Ensuite nous sommes rentrés, et nous sommes allés chez Yamamoto pour le rapport de mission. Hitsugaya a dit au commandant que j'étais une alliée puissante et qu'il pensait qu'on pouvait me faire confiance. Je lui ai dit que c'était gentil de sa part, mais il a répondu qu'il s'agissait d'un rapport objectif qui n'avait rien à voir avec de la gentillesse. »

« Et Kenpachi ? »

« Lui il a dit : "C'est de la dynamite, cette gamine. Recrutez-la fissa." Je crois qu'il m'aime bien. Avant de partir ce matin, il a dit qu'il me ferait visiter ses cicatrices. »

Byakuya manqua de s'étrangler avec un sushi. « Il a dit quoi ? »

« Qu'il me ferait visit… »

« J'ai compris, Lya. Que lui avez-vous répondu ? »

« Rien, j'avais autre chose en tête. Mais il faudra que je lui en reparle, à l'occasion. »

« Euh, non. Faites-moi plaisir, Lya, oubliez cette histoire de cicatrices, vous voulez bien ? Il ne s'agissait que d'une plaisanterie un peu déplacée de la part du capitaine Kenpachi. »

« C'est vrai ? » Lya haussa les épaules. Puis elle reprit. « Ah oui, le commandant Yamamoto a dit qu'il nous enverrait en mission la prochaine fois, vous et moi. C'est chouette, non ? Il a également dit qu'il vous transmettrait les détails par papillon. » Lya posa sur Byakuya un regard interrogatif. « Alors ça, je n'ai vraiment pas compris. »