Lullyanne : J'essaie toujours répondre aux reviews dans la mesure du possible. Malheureusement, non Hélène ne va pas tromper John (j'ai besoin d'elle jusqu'à la fin de mon histoire !) mais je te laisse découvrir la suite qui est tout aussi plaisante.
Werewolfsdaughter : J'avais en effet noté que tu étais la première à m'avoir mis dans tes alertes (ce fut grand moment d'émotion pour moi !), merci de suivre ma fic avec attention ! Hélas, je ne peux pas te promettre que Julia Rothman va finir par apprécier Yassen, néanmoins je tâcherais d'expliquer pourquoi elle ne l'aime pas.
A tous les lecteurs, je tiens juste à vous souhaiter bonne année 2011, plein de bonheur et de réussite !
Bonne lecture !
Chapitre 7 : Evidence
Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le départ de John, et Yassen Gregorovitch commençait à s'inquiéter.
Il se faisait tard, le Russe venait de commencer un livre sans vraiment arriver à se plonger dedans. Au bout de quelques secondes, il se remit à penser à John.
Si au moins son mentor lui avait envoyé une lettre pour lui dire qu'il allait bien, il ne se tracasserait pas l'esprit autant. Mais ce n'était pas le cas.
Cela faisait dix jours à présent que John Rider était retourné en Angleterre, dix jours que le Russe se sentait horriblement seul malgré son rapprochement avec Christelle.
Aucune présence ne pouvait remplacer celle de John. Il s'en était rendu compte à ses dépens.
Yassen voulait le revoir à tout prix, il n'avait pas aimé la manière dont ils s'étaient quittés, il avait envie que John Rider sache à quel point il comptait pour lui.
Et il voulait aussi que John continue à l'entrainer parce qu'il n'en pouvait plus des cours particuliers avec Yermalov.
Pourtant John était bel et bien plus exigeant que Yermalov : il faisait des compliments à Yassen lorsqu'ils étaient en cours commun avec ses autres camarades, mais lorsqu'ils étaient en cours particuliers, les critiques fusaient. Yassen préférait quand même avoir John comme professeur.
Le seul plaisir qu'il connaissait depuis le départ de son mentor était la lecture.
En effet, Yassen se rendait tous les soirs discrètement dans la chambre de John et se servait dans sa bibliothèque.
Un soir, alors qu'il ressentait un petit coup de blues, il avait fini par s'endormir sur le lit qui était encore imprégné du parfum de l'Anglais.
Mis à part ce léger plaisir nocturne, les jours se ressemblaient à Scorpia et le Russe faisait tout pour progresser. Son niveau en sport de combat avait augmenté en dépit de la torture physique que cette matière représentait. Christelle lui avait même dit en plaisantant :
-Continue comme ça et peut-être que tu pourras me battre un jour.
Yassen l'appréciait de plus en plus mais faisait tout pour le cacher, il ne voulait pas qu'elle se fasse des idées : les relations amoureuses n'étaient pas faites pour lui.
L'absence de John avait amené Yassen à repenser sa relation avec lui. Un simple ami ne lui aurait jamais causé tant de tors, pourtant il n'éprouvait pas d'amour pour l'Anglais.
Il en était presque sûr.
Il finit par fermer les yeux en se disant que son seul retour pourrait mettre fin à cette situation intenable.
En Angleterre :
John Rider était allongé à côté de sa femme, Helen, qui dormait paisiblement. Comme tous les soirs depuis qu'il était rentré d'Angleterre, il se demandait ce qu'il faisait ici. Il avait connu une période de trouble, mais ses retrouvailles avec Helen avaient ranimé avec force les sentiments qu'il éprouvait pour elle.
Il se demandait inlassablement pourquoi il en était venu à en douter, et surtout, comment Yassen avait pu autant occuper son esprit.
Certes, le Russe était plus qu'une recrue à ses yeux. C'était son ami. Peut-être même son meilleur ami. Leur relation ne pouvait être qu'amicale au mieux.
Pourtant, reconnut John, ce n'était pas Yassen qui avait cherché à outrepasser les limites.
Ce n'était qu'un moment de faiblesse, conclut John avant de s'endormir.
Le lendemain ses doutes ressurgirent de plus belle.
Helen Rider s'était réveillée avant son mari, comme d'habitude elle lui préparait son petit déjeuner en attendant qu'il finisse sa toilette : du café bien noir et des pancakes. Elle aimait cuisiner pour lui.
Depuis le retour de John, Hélène était aux anges. Elle l'aimait plus que tout au monde. Elle pouvait surmonter n'importe quoi tant qu'il lui jurait de toujours l'aimer.
John avait beau lui montrer combien il l'aimait, sa femme le trouvait quand même quelque peu préoccupé. Il poussait de grands soupirs, et semblait quelque fois se perdre dans ses pensées pour finalement l'enlacer durant de longues minutes.
Elle entendit des bruits de pas : John s'était levé. Après avoir pris une douche, et s'être habillé, il descendit dans la cuisine.
Leur maison était assez modeste mais accueillante, il y avait deux chambres, un salon, une salle de bain et une cuisine.
Avant que John ne soit remercié par l'armée, ils avaient habité une maison plus grande en plein cœur de Londres, mais l'argent leur avait manqué et ils avaient dû quitter Londres pour un appartement minable situé dans un quartier peu fréquentable.
Dès que Scorpia lui avait versé son premier salaire, John avait investi dans cette maison. Il ne voulait pas qu'Helen vive dans un endroit délabré en plus de supporter son éloignement.
-Bien dormi ? Lui demanda sa femme avec un sourire.
John s'avança vers elle et déposa un léger baiser sur ses lèvres.
-Comme un bébé, lui répondit-il.
Le couple prit place autour de la table et commença à déjeuner en discutant de tout et de rien.
Quand ils eurent fini, Hélène se leva et commença à débarrasser la table. Elle était en train de déposer la vaisselle dans le levier lorsqu'elle sentit John l'enlacer par derrière.
Elle profita de cette promiscuité pour lui demander :
- Tu m'as l'air perplexe depuis ton retour, est-ce que ça va… à ton travail ?
John se figea et soupira.
Encore, se dit Helen. Il soupirait toujours lorsqu'elle lui parlait de son travail et trouvait un moyen de différer le sujet.
Cette fois John était plus disposé à en parler. Il la laissa se retourner vers elle et lui révéla le regard perdu.
-ça va très bien. C'est la première fois que je m'y sens vraiment bien en fait, malgré la distance.
Sa réponse surprit un peu sa femme. Elle voulait en savoir plus. Elle passa ses bras autour de son cou.
-Oh, et qu'est-ce qui t'y fais sentir aussi bien ?
Peut- être que parce qu'il ne pouvait pas parler au Russe en ce moment, ou parce qu'inconsciemment il aurait voulu être à ses côtés, John Rider ne s'était jamais senti aussi heureux qu'on lui demande, indirectement, ce que Yassen Gregorovitch avait apporté dans sa vie.
-J'ai rencontré quelqu'un. C'est une personne vraiment unique. Et c'est vrai qu'elle me manque terriblement, commença John.
Puis sans pouvoir s'arrêter, il continua:
-A part toi, personne ne peut m'apaiser autant, me rendre aussi serein. C'est quelqu'un de bien, et je crois que ….
En voyant le visage d'Helen, il s'arrêta. Elle s'était défaite de son étreinte pour s'appuyer sur le rebord du lavabo. Elle palissait à vue d'œil et semblait aux bords des larmes. Elle parvint à suffoquer :
-Tu v-vas… m-me quitter?
John la fixa curieusement. Avait-il bien entendu ?
-Mais non! Que vas-tu chercher là ? Lui dit-il, étonné de sa réaction.
Cette phrase ne calma pas Helen. Le monde s'effondrait autour d'elle. Elle essayait de se calmer mais c'était au-dessus de ses forces.
John lui avouait sans ménagement que quelqu'un d'autre était dans son cœur !
-Tu parles d'elle comme si tu étais amoureux, John, lui fit-elle remarquer.
Elle plongea son regard dans le sien en espérant de toutes ses forces qu'elle y trouverait une réponse. John paraissait plus troublé que jamais.
-Non ! Ce n'est pas ce que tu crois !
Il la prit par les épaules et tenta de la rassurer en souriant:
- Tu n'y es pas du tout, ce n'est pas une femme. Il s'appelle Yassen et je suis son mentor.
Helen eut le souffle coupé un bref instant. Yassen?
En repensant aux paroles de son mari elle reconnut que jamais il n'avait fait allusion à une femme. Ni à un homme. C'était elle qui avait tiré des conclusions hâtives. Elle venait de connaître une peur monumentale mais regrettait tout de même d'avoir douté de John.
Après tout quel genre d'époux vous ferait l'amour tous les soirs pour vous dire qu'il en aimait une autre au petit matin? Non ce n'était vraiment le genre de John Rider.
Elle le serra de nouveau dans ses bras.
-Excuse-moi, lui dit t-elle au creux de l'oreille.
John était retourné. Qu'est-ce qui avait pu faire croire à Helen qu'il était amoureux de Yassen ? Il n'avait rien dit de tel. Il avait juste fait allusion à son élève.
La réaction de sa femme ne l'aurait pas choqué si John lui connaissait un comportement jaloux. Or, c'était loin d'être le cas.
-Tu sais bien que jamais je ne te quitterais, murmura John à son tour.
C'est pourtant ce qu'il fit deux jours après.
John ne quittait pas Helen définitivement bien sûr, il lui dit néanmoins qu'il devait retourner en Italie depuis déjà longtemps et qu'il ne saurait retarder encore son retour. Elle le comprit, c'était la première fois que John restait avec elle aussi longtemps.
Elle ne l'accompagna pas à l'aéroport, ils se dirent au revoir sur le pallier de la porte. John l'avait embrassé une dernière fois avant de partir.
A l'instant où il s'était séparé d'elle, L'Anglais avait pris une mine plus sombre. La petite crise de jalousie de sa femme l'avait laissé perplexe.
Bon sang comment a-t-elle pu s'imaginer que j'allais la quitter pour Yassen, se disait John.
Elle ne savait pas que Yassen était un homme c'est pour ça, continua t-il de se dire pour se rassurer, avant de se poser une question plus troublante mais tellement essentielle : Si Yassen était une femme, serais-je tombé amoureux de lui ?
L'Anglais mit ses pensées de côté. Il avait un avion à prendre et ne voulait pas se dissuader de rentrer en Italie, quitte à refouler ses sentiments.
Quelques heures plus tard :
La nuit était tombée depuis longtemps lorsque John Rider arriva sur l'île. La brise fraîche fouettant son visage lui fit un bien fou. Il se rendait compte petit à petit combien l'île lui avait manqué.
Non, pas l'île en réalité, mais l'une des personnes qui y habitait.
L'Anglais espérait que le Russe était encore réveillé.
Dans le cas contraire, aurait été tout de même obligé de le réveiller parce que Yassen possédait sa clef.
John ne savait pas comment Yassen allait l'accueillir. Serait-il en colère ? Lui avait-il manqué ? Il n'allait pas tarder à le savoir.
Il arriva devant la porte du Russe, posa sa valise devant et frappa.
Pas de réponse.
Pourtant John était sûr que Yassen était encore debout : il voyait un rayon de lumière sous sa porte.
Avant qu'il ne frappe de nouveau, il entendit des bruits de pas se rapprocher et une voix familière lui dire :
-Attends une seconde !
Le Russe lui ouvrit la porte. Il tenait un livre dans ses mains et ses yeux n'avaient pas quitté le bouquin une seconde, pas même pour voir qui se trouvait à sa porte.
-Je finis cette ligne et je suis à toi, Christelle, dit le Russe.
-Tu as déjà oublié mon prénom ? Plaisanta John.
Yassen détacha enfin son regard du livre.
Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il constata que c'était son mentor qui se trouvait en face de lui.
-John? demanda t-il comme pour être sûr. Un large sourire envahit son visage.
Sans pouvoir s'en empêcher, Yassen avait pris John dans ses bras.
Ce geste surprit énormément l'Anglais. Il n'aurait pas pu rêver mieux comme accueil.
Il se laissa faire et passa à son tour ses bras autour du Russe. John avait le nez enfoui dans les cheveux de Yassen, il se rappelait de tout à présent : son parfum, sa chaleur et sa peau douce.
Il déposa un baiser discret sur les cheveux du Russe.
Il n'était même pas honteux de ce qu'il venait de faire, pas plus qu'il n'était honteux de sentir son cœur battre à deux cents à l'heure. Cela lui parut naturel sur le coup.
Il n'avait plus envie de s'éloigner du Russe sous aucun prétexte. Il faisait parti de sa vie.
-Tu m'as manqué, lui avoua timidement Yassen.
-Toi aussi.
Ils s'écartèrent l'un de l'autre pour se regarder droit dans les yeux. Le Russe rougit puis fit entrer John et ferma la porte.
-Tu veux sans doute récupérer ta clef ? Proposa Yassen.
-Oui, je ne vais m'attarder puisque tu attends de la visite.
-Oh, non, je n'attendais personne en particulier, ne t'en fais pas.
Ils s'assirent sur le lit; il n'y avait pas d'autres endroits où ils auraient pu s'asseoir de toute façon. Le regard du Russe brillait, John ne s'était pas douté du chagrin qui lui avait causé en partant.
-Je pensais que tu allais rester vraiment longtemps, commença Yassen. Je suis vraiment content que tu sois déjà de retour.
-J'avais besoin de changer d'air, lui confia l'Anglais.
-A cause de moi ? Demanda Yassen non sans une certaine appréhension.
Le cœur de John battait de plus en plus fort.
-Oui, finit-il par avouer.
Il regretta ses mots lorsqu'il vit une once de tristesse percer dans le regard du Russe. Il eut besoin de s'expliquer :
-Ce n'est pas à cause de ce qui s'est passé … commença John sur un ton peu convainquant.
-J'ai déjà oublié, dit vivement Yassen en se forçant à ne pas baisser les yeux. Je suis désolé d'avoir réagi comme ça, je ne pensais pas que…
-Non, coupa L'Anglais. J'ai mal agi et c'est à moi de m'excuser. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
Il continua d'une toute petite voix :
-Entre nous, il n'y aura jamais plus que de l'amitié.
Yassen n'avait pas remarqué la tristesse qui perçait dans la voix de John au moment où il avait dit ces mots.
Il lui sourit pour lui montrer qu'il avait toujours confiance en lui.
-Je le sais aussi. Un bel homme comme toi ne peux pas ignorer la gente féminine, ce serait du jamais vu, dit le Russe sur un ton faussement triste.
-Enfin tu avoues que tu me trouves beau ! répondit-il en jouant le jeu.
-Tu ne m'arrives pas à la cheville ! Dit Yassen, en lui lançant le bouquin qu'il tenait il y a quelques minutes.
John rattrapa le livre.
-C'est vrai, se contenta t-il de dire.
L'Anglais jeta un coup d'œil sur le livre qu'il venait de rattraper : Un amour de Swan, Marcel Proust.
-Tu viens de le finir ? demanda t-il à Yassen.
Ce dernier hocha la tête. Ce roman l'avait laissé indécis, il ne savait pas s'il l'avait réellement aimé ou même compris.
-Je n'ai jamais eu le temps de le lire, de quoi ça parle ?
Yassen se cala contre le mur et plia ses jambes avant d'entamer un bref résumé :
-C'est l'histoire d'un homme qui est follement épris d'une femme sauf que celle-ci n'a aucun sentiment pour lui. Il ne vit que pour elle durant des années et puis à la fin il se rend compte que lui non plus n'était pas amoureux. C'est très… amer comme romance je dirais.
Il faut être fou pour ne pas savoir si on aime vraiment une personne !
Un léger silence plana. John, le regard perdu, il se surprit à répondre dans un murmure à peine audible:
-Mais comment savoir lorsqu'on est vraiment amoureux ?
Yassen le fixa : il remarqua la lassitude qui s'était emparé du regard de son professeur.
-John ? demanda le Russe.
L'Anglais se redressa d'un coup. Il se sentait baigner dans une atmosphère euphorique, c'était agréable. Et dangereux.
Depuis des années, il n'avait pas ressenti une telle sensation de bien-être.
Comme au pied du mur, il n'avait pas d'autre choix que de reconnaître que son élève en était la principale cause. D'ailleurs, réalisa John, je ne veux plus rien me cacher.
-Je crois que je ferais mieux d'aller me reposer, finit-il par dire en se levant.
-Quand tu ne peux pas imaginer ta vie sans elle.
-Pardon ? Demanda John.
-Tu m'as demandé quand est-ce qu'on sait lorsqu'on est amoureux : on le sait lorsqu'on ne peut plus vivre sans la personne qu'on aime. On veut toujours être là pour la protéger et pour la rendre heureuse.
Yassen s'était lui aussi levé pour rendre la clef à John. Au moment de la lui remettre, les deux hommes se regardèrent droit dans les yeux de nouveau.
John osa une question indiscrète :
-Tu es déjà tombé amoureux ?
-Non, répondit simplement Yassen. Et j'espère que ça ne m'arrivera jamais. Et toi ? Ajouta t-il.
-Non, Répondit John. Bonne nuit Yassen.
-Bonne nuit, John.
John quitta la chambre du Russe le cœur lourd mais l'esprit clair.
En une phrase il avait dit deux mensonges. Il était déjà tombé amoureux : de sa femme, il y a des années, et de quelqu'un d'autre plus récemment.
L'Anglais ne comprenait pas comment il avait pu mettre autant de temps pour s'en apercevoir. Ca avait pris du temps mais il avait finit par comprendre.
Sa femme, elle, l'avait compris dès le début. Sa crise de jalousie était justifiée finalement, se dit John en regagnant sa chambre.
Il s'allongea sur son lit et ferma les yeux.
Toutes les fois où il s'était montré dur avec son élève pendant son entraînement, qu'il avait tenté de le dissuader de continuer sa carrière à Scorpia, ou qu'il avait presque supplié Julia de ne pas l'envoyer en mission tout seul : John Rider essayait de protéger Yassen envers et contre tout, comme si sa propre vie en dépendait.
En allant dans la chambre du Russe, John s'était demandé s'il aurait pu aimer Yassen malgré le fait qu'il soit un homme, en en sortant ce soir il sut qu'il en était déjà amoureux.
