Le lendemain Ruvik s'était levé le premier, mangeant rapidement son petit déjeuner avec l'excitation de sortir et de collecter des indices pour retrouver Mobius qui le rendait presque joyeux. Presque. Il en voulait toujours à Sebastian pour ce qu'il lui avait fait la veille, cependant il devait faire avec vu qu'ils passeraient la journée ensemble.

Sebastian avait bien plus de mal à se préparer de son côté, encore groggy de la veille et les pensées confuses. Les sentiments qu'il avait ressentit pour Ruvik la veille, l'avaient pas mal perturbés à l'en empêcher de dormir une bonne partie de la nuit. Comment pouvait-il ressentir quoi que ce soit pour ce psychopathe fou furieux ? Ce devait être la culpabilité qui l'avait fait réagir, rien de plus. Alors qu'il mangeait en réfléchissant à tout ça, le scientifique était rapidement remonté à sa salle de bain, y restant enfermé plus d'une heure tandis que le grand brun finit par toquer à la porte, intrigué.

-Tout va bien Ruvik ? Tu fous quoi ? Ca sent bizarre en plus…

L'albinos était en train de se sécher les cheveux, n'entendant pas le détective dans sa requête. Sebastian attendit qu'il termine pour retoquer de nouveau, cette fois-ci le jeune homme lui ouvrit avec un sourire en coin et le regard pétillant. Il se délecta de la stupeur du grand brun lorsqu'il regarda ses cheveux.

-Attends...tu t'es….

-Coloré en blond oui. Il reste quelque boîte de ta femme dans le placard, je me suis dis que ce serait une bonne idée de changer d'apparence pour éviter les problèmes… J'ai déjà les cheveux un peu long mais il faut quand même dire que le blanc ne passe pas inaperçu avec ce jeune corps…. J'ai aussi trouvé un peu de fond de teint pour cacher mes rougeurs…

Tandis qu'il parlait, Sebastian fit un pas en arrière, ces cheveux blonds platine, ces yeux bleus, cette peau pâle, ces petites poches sous les yeux...il lui ressemblait beaucoup trop à présent ! Voilà pourquoi il se sentait si perturbé ! Alors que le scientifique fronça les sourcils en notant cette absence de réponse, le grand brun lui tourna le dos brusquement.

-Ouais, allez, on y va, répondit-il en descendant déjà les escaliers pour mettre sa veste, Ruvik le suivant de près.

-Ne me dis pas que tu m'en veux de m'être servi sans ton autorisation quand même ? Je pensais que tu trouverais ça ingénieux !

-Pas quand tu ressemble comme 2 gouttes d'eau à Myra ! Répliqua de suite le grand brun qui sortit sans l'attendre, déjà que tu as le visage aussi fin qu'une femme, il a fallu que tu te travestisse avec ses accessoires ! Il jeta un coup d'oeil rapide au jeune homme fraichement blond qui s'était figé à la porte d'entrée tandis que lui rentrait dans la voiture. Allez viens, laisse tomber !

Une fois sur la route, le duo n'avait échangé aucun mot, aucun regard, un silence de plomb s'étant installé entre eux deux. Ruvik était dans ses pensées, jouant avec ses nouvelles mèches colorés tandis que Sebastian se concentrait sur la route pour ne pas le regarder, se demandant s'il allait réussir à le faire de nouveau. Il tenta cependant de briser la glace :

-Écoute, je…

-Je suis désolé, coupa le blond en tournant sa tête vers lui. Bien que je trouve ta façon de réagir assez puérile, sache que je n'ai pas fais ça pour te faire du mal.

-Je sais, je suis désolé aussi… Pour ton cou, précisa Sebastian en se garant.

-Ca tu le paieras plus tard, actuellement on a d'autre chat à fouetter donc on met nos sentiments de côté d'accord?

Il tourna la tête en direction du grand brun qui avait du mal à le regarder dans les yeux. Son hochement de tête remplaça le oui qu'il attendait avant d'entrer ensemble dans la bibliothèque de la ville voisine, celle-ci regroupant énormément d'archives dont pouvait accéder Sebastian par son statut.

Le duo resta là-bas toute la journée et ils n'en sortirent qu'à la fermeture, ne trouvant rien d'exploitable pour leur recherche. Sebastian avait fini par aborder un visage fermé en prenant le volant, Ruvik semblant lui aussi dans ses pensées. Chacun pensant sans se l'avouer qu'il était impossible de retrouver Mobius, à un moyen près.

-Tu n'as plus le choix, dit le jeune blond avec un sourire dépité, si tu veux retrouver l'organisation tu dois m'utiliser comme appât pour les faire sortir de leur tannière…

-Hors de question ! Tu reste chez moi et basta ! On a fait qu'une seule salle d'archive, il y en a des dizaines et des dizaines dans le pays !

Ruvik fut surprit de le voir si optimiste, et surtout si peu enclin à exploiter son ennemi. Après tout, il savait qu'il ne pouvait pas le contrôler et avec son corps si fragile c'était très facile de le forcer… Désirait-il au final le garder comme un animal de compagnie ou bien tenir sa parole pour se faire pardonner de l'avoir étranglé ? Il cala sa tête contre la vitre en le regardant conduire, ses sourcils froncés prouvait qu'il contenait sa colère sans pour autant avoir trouvé de solution pour la suite.

-... Si tu le dis Sebastian, conclut le scientifique en regardant le paysage défiler. Mais tu finiras par arriver à cette même conclusion tôt ou tard…

Une fois rentré, le détective fila se servir une bouteille qu'il descendit en quelques gorgées. Le litre de whisky traversant son corps en seulement quelques minutes.

Ruvik le laissa faire en se rendant à la cuisine, le duo n'avait rien avalé de la journée, ce qui rendrait d'autant plus violent Sebastian une fois qu'il aura atteint sa limite. Il vit les bouteilles défiler sur ses lèvres sèches tandis que le jeune blond préféra filer à l'étage, loin de ses excès de rage. Alors qu'il montait les marches, il put entendre des objets se briser dans la cuisine, cette ambiance évoquant de vieux démons au jeune homme. Le passé reviendrait toujours le hanter, peu importe la forme qu'il prendrait avec les années.

Il se rappelait de ce manoir, de sa famille, et plus particulièrement des coups de son père lorsque ce dernier rentrait dans des colères folles. Il citait des versets de la bible pour justifier les coups de ceintures envers son fils, cet enfant du diable qui n'aurait jamais dû naître. Le pire fut le jour où sa mère avait découvert la tête de porc qu'il avait décapité et emporté dans son bureau pour ses recherches, ce jour-là son père devint aussi rouge que lorsqu'il avait trop bu, le ruant de gifles et de coups de pied à lui casser les côtes. Il transpirait comme un boeuf et sentait le cigare mélangé à la gnole qu'il fabriquait lui-même dans sa cave. Lorsqu'il ne l'enfermait pas pendant plusieurs jours dans le placard, Ruvik devait se repentir auprès du seigneur en recevant des coups de bâtons dans le dos. Il ne pouvait pas oublier ce regard de fou furieux que son paternel lui adressait lorsqu'il était dans cet état, croyant plusieurs fois qu'il allait mourir pour de bon.

Heureusement que Laura était là à chaque fois pour le consoler ensuite. Était. Celle-ci l'avait abandonné à son tour avec les flammes de Lucifer, et aujourd'hui personne ne viendrait le sauver de la rage de cet homme qui avait atteint lui aussi le fond.

Sebastian venait d'entrer bruyamment dans la chambre, essoufflé. Ruvik, qui s'était assoupi dans le lit, eut à peine le temps de se redresser que le détective soûl se jetta sur lui en attrapant ses poignets. La scène ayant des airs de déjà-vu. Semblant revivre l'enfer de son enfance, le regard que le grand brun lui adressa le fit revenir plusieurs années en arrière, le désespoir happant le corps de Ruvik qui ne pouvait plus bouger. Tout ce qu'il pouvait faire était de soutenir ses yeux noirs qui semblait le dévorer. Le grand brun leva la main, laissant deviner la suite au jeune albinos qui eut pour réflexe de fermer fort les yeux avant de sentir les doigts de son assaillant attraper sa mâchoire et l'embrasser avec fougue, Ruvik ayant de quoi être abasourdi à l'action en ouvrant grand les yeux. La langue du détective chercha la sienne sans la moindre réserve, ses gestes étant brutaux et avides d'aller plus loin. Il détacha pourtant ses lèvres des siennes en se redressant un peu pour déclarer:

-Si seulement tu lui ressemblais pas autant…

Sebastian reprit alors ses attaques, plaquant les poignets de son réfugié au-dessus de sa tête pour mieux le dominer. Une main tenant le tout alors qu'une autre se glissa sous son haut, caressant les côtes visibles du jeune albinos qui réalisa ce qui était en train de se passer. Il chercha à se défaire en vain de son bourreau, la différence de force et l'excitation du détective dominant le combat tandis que Ruvik cherchait à s'extraire de ses baisers

-Sebastian..ha ! Arrêtes ! Tu ne te rends pas compte de ce que tu... fHMPF!

-Ferme-la, grommela Sebastian alors qu'il lui laissait des suçons dans le cou, t'avais qu'à pas prendre sa place ! Et puis je sais que tu en as envie tout comme moi, sinon tu serais déjà parti depuis longtemps...Il passa sa main libre sous le pantalon de Ruvik, caressant la zone qui formait une petite bosse… Et tu serais pas si réactif à cet endroit si ca te faisais vraiment chier !

Le grand brun sourit en voyant Ruvik soudainement s'empourprer à ce contact, un violent frisson l'ayant envahit alors qu'il voyait Sebastian se mettre torse-nu en le dominant. C'est donc ainsi que les choses allaient se passer ? Avec lui qui le prendrait pour sa femme disparue ? Certes il pourrait jouer avec sa culpabilité le lendemain pour mieux le contrôler, mais finir la soirée en jouant les remplaçants le contrariait. Il fit de son mieux pour calmer cette grosse brute sur le point de lui baisser son pantalon.

-Arrête ça de suite Sebastian ! Tu es en train de commettre une grave erreur et tu vas le regrettAH!

Le détective saoul venait d'attraper le membre de Ruvik et le masturba légèrement tandis qu'il l'embrassa pour le faire taire. Aussi petit qu'il était devenu, il gardait ce côté exaspérant qu'il préférait réduire au silence. Sa façon de l'exciter perdit en force pour l'embrasser avec plus de douceur, il semblait chercher à rassurer Ruvik qui était en train de perdre le contrôle de son propre corps.

Cet imbécile de détective savait s'y prendre même bourré ! Il sentait la chaleur envoûtante du grand brun l'engloutir alors qu'il lui léchait le creux du cou avec envie. Ruvik ferma les yeux, son souffle s'accélérant de manière exponentielle tandis que le plaisir finit peu à peu par remplacer la peur et la logique. Le jeune blond chercha à capturer les lèvres de Sebastian pour montrer qu'il n'était pas en reste, cet acte servant de permission à ce qui allait suivre. Ses poignets furent libérés en même temps que le grand brun commençait à le pénétrer sans sommation, Ruvik exprimant une plainte à ce geste tout en le griffant dans le dos : Il ne serrait pas le seul à souffrir le lendemain.

Il laissa le brun diriger, lui ne pouvait que ressentir chaque coup en discernant de petites larmes perler dans le coin de ses yeux sans qu'il ne puisse rien faire, la zone assiégée n'ayant pas du tout été préparée pour recevoir une telle chose en lui.

De nombreuses minutes de plaisir comme de gémissements passèrent, Sebastian jouissant brutalement dans un râle avant de s'extraire en sueurs. Il regarda le jeune homme qu'il venait de posséder et l'embrassa en lui caressant les cheveux, plus vraiment sûr de voir Ruvik ou bien son épouse. Il finit par se laisser tomber sur le côté du lit, épuisé et à bout de souffle en regardant le jeune blond faire de même, rouge pivoine sous l'effort déployé.

-Tu...tu es un idiot Sebastian...hhh….Tu le paieras...

-Je sais, répondit calmement ce dernier, je compte sur toi pour ne pas oublier…

A ces mots, il ferma les yeux, s'endormant sans peine juste à côté de son nouvel amant.

Le scientifique regarda en détail le corps de cet individu complètement déroutant et se plaqua contre lui, encore essouflé.

-Tu es vraiment spécial Sebastian…

Il s'endormit alors à son tour, se demandant comment allait réagir le grand brun à son réveil, il souhaita que la nuit passe au plus vite pour arriver dès à présent au lendemain qui promettait d'être captivant quand au statut à donner à la relation qu'ils venaient d'avoir.