- Oui, je suis Arsène Lupin, Bonnie.

La phrase de Finn se répète inlassablement dans ma tête. Je le regarde sans croire à ce qu'il vient de me dire. À part Raven et Arsène, personne n'est au courant de ces correspondances, et ce dernier est le seul à pouvoir m'appeler Bonnie. Les indices sont là : il travaille au café et me connait depuis assez longtemps. Mais ça ne colle tellement pas à l'image que je me faisais de lui qu'un sentiment de malaise me prend. Après l'euphorie de la soirée, je n'ai plus le cœur à la fête.

- Je vais y aller Finn, je… en fait... bredouillais-je en fonçant vers le bureau.

- Je sais que cela doit être un peu perturbant mais je peux t'expliquer Clarke, me dit-il en se rapprochant de moi.

- Tu me diras ça la semaine prochaine. Mes affaires en main, je pars vers la sortie de derrière.

Je regarde derrière moi pour voir un Finn qui a l'air désemparé et un Bellamy qui ne s'aperçoit de rien, dehors avec sa petite-amie. J'ai la main sur la poignée de porte quand j'entends mon prénom. Je me retourne pour voir Raven et Wick avec un grand sourire, mais plus ils se rapprochent, plus leurs sourires se fanent. Et c'est Raven qui se rend compte la première que quelque chose cloche et court carrément vers moi. Je fais tout mon possible pour rester impassible, je ne suis pas du genre à pleurer mais là je suis complètement perdue. Ma meilleure amie saisit mes mains et me sonde de son regard le plus doux qu'elle puisse faire.

- Qu'est ce qui passe Clarke ? me demande-t-elle soucieuse.

- Je... Je n'ai pas envie d'en parler pour l'instant Raven.

- Je te jure qui si Bellamy ta fait du mal... menace Wick qui regarde autour de lui.

- Je lui coupe les... menace Raven.

- Calmez-vous tous les deux ! Je suis juste fatiguée de la soirée... mentis-je et je vois que Raven ne me croit pas, j'ai juste envie de rentrer à la maison.

- On te ramène Clarkey, on va juste récupérer nos affaires, me dit Wick qui me serre contre lui et je me laisser aller. J'ai besoin de réconfort.

Raven revient avec leurs manteaux et les clés de la voiture.

- J'ai dit à tes parents que tu te sentais mal et qu'on te raccompagnait. Ils veulent que tu les appelles demain.

Je hoche la tête et les suis dans la voiture de Wick. Tout le trajet se passe en silence, je regarde la ville bondé d'un vendredi soir et sens le regard de Raven. Son instinct maternel est beaucoup plus présent maintenant qu'elle est enceinte mais je ne veux pas l'inquiéter pour des broutilles. Nous arrivons chez moi, je sors et Raven fait de même. Elle me prend dans ses bras et me caresse les cheveux.

- Je sais que quelque chose cloche, je te connais par cœur. Appelle-moi. Je suis là. me souffle-t-elle à l'oreille.

- Je sais, merci Raven. Je l'embrasse sur la joue avant de m'écarter, de m'avancer vers ma porte et de la saluer encore une fois.

Je grimpe les escaliers 4 par 4, pressée de retrouver mon lit. Je déverrouille la porte comme un robot, jette mes chaussures, enlève ma robe, enfile un pyjama et me jette sur mon matelas. Je compte les moutons pour pouvoir m'endormir mais au lieu de ça, je passe la nuit à compter les moutons en contemplant mon plafond.

Samedi :

Le matin arrive trop tôt ou pas assez tard, je ne sais pas. Je suis complètement paumée. C'est comme faire une attraction à sensation, de l'adrénaline à fond dans les veines et la seconde suivante, être complètement vidée, épuisée. Une vibration me sort de ma réflexion et j'aperçois plusieurs messages :

RavenR : Alors, ça va mieux ?

RavenR : J'attends ta réponse.

RavenR : TU VA CRACHER LE MORCEAU OUI OU NON ?

RavenR : Je débarque avec tes parents d'ici 20 minutes pour te tirer les vers du nez.

ClarkeG : Mes parents et toi restez bien au chaud, je suis crevée et je crois que je couve quelque chose. Je vais rester au lit toute la journée.

ClarkeG : Et ne t'inquiète pas, je vais bien.

RavenG : Je te laisse 48h de répit et si je n'ai pas de réels aveux d'ici là, je débarque.

RavenG : Tu mens très mal, même par sms.

L'acharnement de Raven me fait rire, et cela fait du bien. Le sourire aux lèvres, j'ouvre le message qui vient de s'afficher et il se fane de suite.

Inconnu : Hello, c'est Bellamy ! (Octavia m'a donné ton numéro) Je voulais m'excuser pour être parti comme un voleur hier, j'ai eu un coup de téléphone urgent. Je n'ai pas pu te dire au revoir. J'ai un imprévu pour notre dîner de vendredi, on décale à la semaine prochaine ?

Je m'assois et fixe mon téléphone. C'est encore pire que ce je pouvais penser. Bellamy me ment et il fait comme si rien ne s'était passé. Après, c'est vrai qu'il ne sait pas que je l'ai vu avec Echo. Il a une copine et il m'invite quand même à dîner avec lui une prochaine fois. Je ne sais pas quoi ressentir, du dégoût, de la colère ou de la tristesse. J'ai mal au ventre, j'ai froid, j'ai plus envie de rien. Je resserre ma couette autour de moi, j'ai juste envie de me rendormir. Mais je lui réponds quand même.

ClarkeG : OK.

Je me prépare un thé noir et me rallonge quand je vois un message.

BellamyB : Tout va bien ? Je suis vraiment désolé, on va dire que ça m'est tombé dessus. Mais je te promets qu'on aura notre discussion autour d'un bon repas. :)

ClarkeG : Je suis fatiguée et malade. On en reparlera.

J'éteins mon téléphone ayant une forte envie de dormir et de tout oublier.
Je me réveille quelques heures plus tard encore plus fatiguée qu'auparavant, je crois que je suis vraiment malade. J'appellerais le médecin lundi et je sécherais les cours. Je décide quand même de me lever, emmitouflée dans ma couette, et décide de manger ce qui me fait plaisir. Je rallume mon téléphone, je ne veux pas inquiéter mes parents. Pas de message de Bellamy, il a dû comprendre qu'il ne fallait pas chercher plus loin. J'ai été peut-être méchante mais il l'a mérité. Ma mauvaise humeur et l'autre problème me revient en pleine figure, j'ai un message de Finn. J'ai tellement du mal à croire que Finn soit Arsène, je suis déçue que ce soit lui. Je lis son message à contre cœur.

Incconu : Princesse, c'est Finn. Je crois que tu ne t'attendais pas que je sois Arsène. Mais c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour te connaître et que tu t'intéresses à moi Parlons-en au café cette semaine.

ClarkeG : Laisse-moi le temps de digérer l'info.

Quand j'ai fini de taper le message j'ai juste une envie de balancer mon téléphone contre le mur. Je suis crevée, malade, stressée et triste. Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti cela. Soudainement, je me rappelle la promesse que Raven à fait à mes parents, je dois les appeler. Avoir ma mère va me faire du bien.
Je passe l'heure suivante à leur parler de ma rencontre avec Jeremiah, de l'ambiance de l'exposition et des critiques positives que j'ai entendues durant toute la soirée mais en évitant de mentionner les désastres de ma vie privée. Ma mère a bien senti que quelque chose n'allait pas, mais comme toutes les mères, elle a laissé couler mais reviendra à la charge à la première occasion.

Dimanche :

Emmitouflée dans 3 couettes, un bonnet sur la tête, une réserve de mouchoirs sur la table de chevet et mon poids en lait chaud, je meurs à petit feu d'un gros rhume sur mon lit. J'ai fermé tous les volets de mon appartement et branché mon mini planétarium au milieu de la pièce. Des étoiles, des astres et des constellations se projettent sur mes murs. Je les regarde tourner autour de moi toute la journée en laissant tourner ma bibliothèque musicale en aléatoire. Aucune musique joyeuse à l'horizon, mon ordinateur doit avoir deviné mon humeur massacrante et mon téléphone aussi parce que personne ne m'appelle ou me laisse des messages. Je ferme brièvement les yeux en resserrant les couvertures autour de moi et en me laissant happer par les paroles.

##

All we do is lie and wait
(Tout ce que nous faisons, c'est mentir et attendre)
All we do is, all we do is lie and wait
(Tout ce que nous faisons, c'est, tout ce que nous faisons, c'est mentir et attendre.)
All we do is feel the fade
(Tout ce que nous faisons, c'est nous sentir faiblir)
All we do is, all we do is feel the fade
(Tout ce que nous faisons, c'est, tout ce que nous faisons, c'est nous sentir faiblir.)

##

'Cause you had a bad day
(Parce que tu as eu une mauvaise journée)
You're taking one down
(Tu as pris un coup bas)
You sing a sad song just to turn it around
(Tu chantes une chanson triste juste pour tourner en rond)

##

De mille saveurs une seule me touche
Lorsque tes lèvres effleurent ma bouche
De tous ses vents un seul m'emporte
Lorsque ton ombre passe ma porte

##

Come up to meet you, tell you I'm sorry
(Je suis venu te voir, te dire que je suis désolé)

You don't know how lovely you are
(Tu ne sais à quel point tu es adorable)

I had to find you, tell you I need you
(Il fallait que je te trouves, que je te dise que j'ai besoin de toi)

Tell you I set you apart
(Que je te dise que tu es à part)

Tell me your secrets, and ask me your questions
(Confie-moi tes secrets, et pose-moi tes questions)

Oh let's go back to the start
(Oh reprenons à zéro)

Running in circles, coming in tails
(Tourner en rond, jouer à pile ou face)

Heads are a science apart
(Les présages sont une science à part)

##

Sing me to sleep
(Chante pour que je m'endorme)
Sing me to sleep
(Chante pour que je m'endorme)
I'm tired and I
(Je suis fatigué et je)
I want to go to bed
(Je veux aller me coucher)

##

Lundi :

Le lundi est pire que le dimanche et je sens que le mardi va être pire que le lundi.
J'ai fait des rêves horribles toute la nuit, où j'hallucinais à moitié. Je voyais Bellamy au bord de mon lit qui me réconfortait tandis que sa copine lui faisait des câlins et que Finn me serait contre lui. Puis après c'était au tour de Raven qui venait accoucher dans ma chambre tandis que Wick chantait du hard-rock avec le groupe de Octavia. Je m'étais réveillé en sueur, avec une forte température et j'ai passé le reste de la nuit à avoir des réminiscences de mes cauchemars. Aux premières lumières de la journée, je me motive à sortir de chez moi pour aller chez le médecin, ça me demande un effort surhumain. Patienter deux heures dans une salle d'attente parmi d'autres microbes, pardon, patients, n'est pas la meilleure façon pour commencer sa journée. Le diagnostic du médecin est sans appel, je couve une angine et un bon rhume lié au stress et la fatigue intense. Et je dois rester chez moi toute la semaine. Je suis contente et triste en même temps. Ça veut dire ne plus voir la tête de mon prof de dessin pendant 5 jours, ni celle de Finn et Bellamy au café. Mais ça veut dire que je vais devoir rattraper des TP, et de rester enfermée pendant 7 jours. En rentrant chez moi, je découvre une nouvelle librairie, et je sais quoi faire pendant mon repos forcé. Je ressors de la boutique avec une quinzaine de bouquin que je vais dévorer.

J'arrive chez moi, j'avale mes médicaments, me pose au lit avec ma mini bibliothèque et pioche un livre au hasard. Je commence mon marathon littéraire avec Vivants de Isaac Marion.

Dans la journée, je reçois quelques messages et décide d'y répondre dans la foulée :

OctaviaB : Je sais que je t'avais demandé de passer cette semaine, mais je suis chez Harper toute la semaine... Je t'expliquerais. Bisous.

ClarkeG : Pas d'inquiétude, je suis malade. Je dois rester cloîtrée chez moi pendant 7 jours. On se voit la semaine prochaine.

Jasper : Danny Thiel n'était pas content de savoir que tu ne serais pas là de la semaine... Prépare-toi à sa vengeance sacrée... MUAHAHHAHAH. Bref, prend soin de toi, et moi je m'occupe de prendre les docus et TP pour toi.

ClarkeG : T'es un amour Jasper. Pour les devoirs, pas concernant Danny. Je vais pas y penser maintenant, je l'affronterais, au pire tu seras là pour me protéger...

Jasper : Avec plaisir, Princesse.

Les derniers mots de mon ami me font tout de suite penser à Finn qui m'appelle comme ça depuis plus de 2 ans et à Bellamy qui m'a surnommé Princesse la semaine dernière. Je secoue la tête vigoureusement comme si ces deux parasites allaient s'échapper de mon esprit par magie.

Mon livre me permet de m'évader, même si l'histoire d'amour entre un zombie et une humaine n'est pas l'histoire d'amour la plus romantique qui soit.
Vers la fin de l'après-midi, après une micro-sieste bien reposante, je reçois un message de Bellamy que j'ouvre à contrecœur :

BellamyB : J'espère que tu vas mieux. Barry et moi sommes de tout cœur avec toi.

Il a accompagné son message par une photo de lui avec son bras tatoué devant son grand sourire.

Je ne peux m'empêcher de sourire et d'avoir les larmes qui me picotent les yeux. Je le hais de jouer comme ça avec moi mais j'ai du mal à lui en vouloir quand il agit comme ça. Je n'ai pas le temps de réfléchir, que je sens que ma porte d'entrée s'ouvrir et que quelqu'un débarque dans le salon.

- J'ai mis un masque au cas où que je trouverais ton corps en décomposition, crie la voix que je reconnais comme celle de Raven.

Je m'enroule dans mes couvertures, et fais quelques pas, en la contournant pour m'affaler sur le canapé.

- Tu n'aurais pas dû venir, je suis malade. Ça peut être mauvais pour toi et le bébé., lui-dis-je en remarquant qu'elle a bien mis un masque de protection contre les bactéries.

Elle dépose un gros sachet sur la table basse en se mettant à genoux devant moi.

- Tu as la tuberculose ? me demande-t-elle en me regardant dans les yeux.

- Non.

- Ebola ?

- Non plus, lui répondis-je ne sachant pas, encore une fois, où cette conversation allait me mener.

- La lèpre ? Le virus H1N1 ? Le paludisme ? La peste ?

- Non, non, non et non, rigolais-je.

- Donc c'est bon, je peux prendre soin de mon petit poussin, me dit-elle en se penchant et en m'embrassant sur le front.

Je la regarde enlever son manteau ainsi que son masque et sortir un flacon de son sac. Elle se désinfecte les mains avec une solution antibactérienne. Je me racle la gorge, elle me regarde et je hausse les sourcils pour lui faire comprendre qu'elle se fout de moi.

- Bah quoi ! Je fais juste attention, me dit Raven qui pousse les couvertures pour se mettre à l'autre bout du canapé.

- Sympa de forcer ma porte pour s'assurer que je sois encore vivante, un sms aurait suffi tu sais.

- Ce n'est pas forcer ta porte quand tu m'as donné les doubles l'année dernière. En plus, je te l'ai dit, je te laisse 48h de répit. Et à l'instant même, cela fait 48h ma grande, me dit-elle avec un grand sourire de conspiratrice.

Je la regarde du coin de l'œil et je sais très bien qu'elle ne lâchera pas l'affaire. Je serais obligée de tout lui dire, elle serait capable de me torturer pendant des heures pour que je lui avoue tout. Je vois le gros sachet sur la table de salon, et connaissant Raven, elle a dû me ramener à manger. Elle sait que je craque quand on m'achète avec la nourriture. Je hoche la tête, et elle me fait un sourire triomphant en sortant des boites chaudes qui vient du chinois du coin. Elle me tend mon repas et je hume comme je peux, le seul repas solide que je vais manger depuis des jours.

- Des nouilles sautées au poulet ! me réjouis-je en attrapant des baguettes.

- Oui. Maintenant, parle ! m'assène Raven qui commence à manger.

Je mange quelques bouchées, quand je sens son regard sur moi. Raven peut être très persuasive quand elle veut.

- Tout se passait très bien vendredi soir, comme tu le sais, commençais-je en regardant mes nouilles, quand j'ai dû chercher la clé USB pour Jeremiah, je suis allé au bureau et Bellamy y était. Et au moment de repartir, j'ai trébuché et je me suis légèrement retrouvé dans ses bras. Je fais une pause pour grignoter encore et je relève le regard pour voir Raven qui a l'air captivée par ce que je viens de lui dire. Et nous nous sommes embrassés. En fait Bellamy m'a embrassée et j'ai...

- OH MON DIEU ! Je le savais, je le savais ! me coupe Raven qui met du riz partout en sautillant sur mon canapé. Je veux des détails, tous les détails. Il embrasse bien ? Il a passé ses mains sous ta robe ? Est-ce qu'il... ? Raven s'est rapprochée de moi et me regarde avec ses grand yeux, elle a l'air dans un état second. Elle fait ça quand elle vit ma vie par procuration.

- Du calme Rav' ! Tu sais que des fois tu me fais flipper quand tu te mets dans des états pareil. lui soufflais-je en essayant de cacher le rouge de mes joues.

- Ne change pas de sujet. Parle.

- Bellamy voulait me dire quelque chose et je lui ai coupé la parole et je l'ai embrassé à mon tour, confiais-je en reposant mon repas sur la table.

- Ça c'est ma Clarke ! s'exclame Raven qui lève les bras en signe de victoire. Mais je suppose qu'il a du se passer quelque chose pour que tu quittes précipitamment l'exposition au bord des larmes.

- On s'est rejoint plus tard pour boire une coupe de champagne et quelques instants après j'ai dû chercher une autre bouteille. Et quand je suis revenue, il était dehors avec sa petite-amie.

- Pardon ? Je crois que je n'ai pas compris, dit Raven qui a l'air si choquée qu'elle repose son plat sans l'avoir fini.

- Bellamy a une petite-amie qui s'appelle Echo., murmurais-je si bas que Raven s'est rapprochée de moi. Je les ai vu s'embrasser devant moi.

Quand je la regarde, tout un état d'émotions passe sur son visage, colère, déception et tristesse. Elle me prend la main pour me réconforter. Elle sait aussi bien que moi que je ne m'ouvre pas aussi facilement aux autres, que j'ai toujours peur de montrer mes émotions. Et je l'ai fait avec Bellamy et maintenant je m'en mords les doigts. Cette fois-ci, je ne retiens pas mes larmes et les laisse couler librement. Raven ne me jugera jamais si je pleure, elle passe un bras autour de mes épaules et place nos mains entrelacées sur son ventre rebondi. On reste un moment dans cette position.

- Et Bellamy a vu que tu les avais vu ? me demande-t-elle en caressant mes cheveux.

- Non, de là où j'étais il ne pouvait pas me voir. Puis Finn a parlé de sa vie privée et..., le reste de la phrase reste coincé dans ma gorge. Je me suis rendu compte que Finn était Arsène. Il me la confirmé.

Raven a la bouche grande ouverte et je sens que je l'ai perdu pendant 30 secondes.

- Il y a vraiment qu'à toi que peut arriver des merdes dans le genre, me souffle-t-elle avec compassion. Donc récapitulons, je dois couper la langue à ce salopard de Bellamy qui t'a embrassé et puis embrassé sa copine quelques minutes plus tard. Et je dois féliciter Finn parce qu'il t'a dragué avec finesse pendant un mois en te parlant via le carnet.

Je me redresse en me dégageant de son étreinte et la fixe dans les yeux.

- Tu es bien contente que Finn soit Arsène, hein ! lui dis-je amère. Tu as toujours voulu que je finisse avec lui.

- Du calme Clarke ! me dit-elle avec sévérité. Je ne saute pas au plafond par rapport à ce qui se passe dans ta vie. Je sais que tu es déçue que ce soit Finn qui soit Arsène et je te connais assez pour savoir que tu te projetais déjà dans l'avenir avec Bellamy, me souffle Raven avec douceur. Mais toi-même tu m'as dit que tu étais intéressé par Arsène. Alors ce n'est pas une mauvaise chose que ce soit Finn, au moins, ce n'est pas un parfait inconnu. Il n'a peut-être pas trouvé les bons mots à l'oral pour t'approcher mais il su toucher ce cœur de pierre par ses mots, finit-elle par dire en tapotant le haut de ma poitrine. Tu devrais lui laisser peut-être la chance de s'expliquer.

Je réfléchis à ses paroles pendant un instant, le temps que Raven ouvre le pot de glace au beurre de cacahuète qui me fait de l'œil depuis tout à l'heure. Elle n'a pas totalement tort, rien ne sers de m'accrocher à Bellamy vu qu'il est en couple mais pourquoi il fait mine de rien avec moi ? On dirait que cela ne lui pose aucun problème de sortir avec une autre fille pendant qu'Echo n'est pas là. Puis Finn a toujours été là et moi je ne l'ai fait que de le repousser même quand il m'a avoué être Arsène.

- Tu as raison Raven. Quand je serais en état j'irais lui parler au café.

Et pour toute réponse, elle me fait un clin d'œil et me tend une cuillère J'attaque le pot de glace en poussant un gémissement de contentement. Rien de mieux que de la glace et sa meilleure amie pour aller mieux instantanément. Plus rien ne compte que de finir le pot à nous deux, ou à trois si on compte le bébé. Je fini ma bouchée avant de lui demander :

- Pressée de voir ton bébé à la prochaine échographie ?

- Oui mais je suis stressée aussi, m'avoue-t-elle. Tout est allé si vite ces derniers temps, Wick qui regarde pour un nouvel appart, parle de crèche, de prénom et même de mariage ! Et ça me fait peur.

Je pose la glace sur le sol, nous débarrasse des cuillères avant de me tourner vers elle et de prendre ses mains. Raven les serre et me fait un petit sourire triste. Elle est du genre à faire comme si tout va bien devant tout le monde mais dans le privé, elle est inquiète.

- Alors quand je vais le voir la semaine prochaine, je crois que cela va rendre encore ça plus réel, continue-t-elle en jouant avec une de mes bagues. J'ai tellement peur de faire tout foirer ! Wick est juste parfait, ce bébé à l'air parfait et moi je suis loin d'être parfaite. Je serais une mauvaise mère comme la mienne.

- C'est normal que tu ressentes cela Rav', la rassurais-je, tout est arrivé super vite mais vous vous en sortez bien pour l'instant. Et je suis sure que tu seras la meilleure des mamans, n'oublie pas que ce n'est pas ta mère qui t'a élevée mais bien Edith. C'était la meilleure des grands-mères et des mamans d'adoption, et tu es comme elle. Tu as son sens des responsabilités, son humour, ses valeurs sur la vie et de la moral. Tu seras la raison et Wick l'élément perturbateur qui va saper ton autorité mais le bébé sera le plus heureux des enfants.

Raven lève enfin ses yeux remplis de larmes vers moi et lâche un rire en même temps qu'un reniflement. Elle ne lâche pas mes mains et les place sur son ventre.

- J'ai de la chance de t'avoir dans ma vie, Clarke. Le bébé aura la meilleure des marraines.

Je lui fais un sourire radieux, contente d'avoir une place de choix dans la vie de ma meilleure amie et du bébé. Je caresse tendrement son ventre avant de lui dire :

- J'ai hâte de savoir si c'est une petite princesse ou un petit prince rebelle !

- Libère ton vendredi de la semaine prochaine, tu viens avec nous à la clinique pour l'échographie, me dit Raven d'un ton au lequel je ne peux pas négocier.

- Avec plaisir ! lui dis-je avant de reprendre le pot de glace et de finir la soirée à parler avec ma meilleure amie.

Jeudi :

Malgré la venue de Raven lundi, mon état ne s'est pas amélioré le mardi ni le mercredi. Mais en me réveillant ce matin, ça allait mieux, il était temps. J'ai eu le temps de lire presque tous les livres que je m'étais acheté et je me concentre plus sur ma guérison que sur mes problèmes de cœur... Ça ne m'empêche pas pourtant de dessiner dans mon autre carnet des portraits de Bellamy que j'ai envie de détruire dès le moment où je les ai finis, mais je n'y arrive pas. Quelque chose m'en empêche et je pense que je devrais avoir une discussion franche avec Bellamy.

Je regarde mon téléphone et aperçois des messages d'Octavia, Finn et Bellamy.

OctaviaB : Ça va mieux Clarke ? Je suis passée au café et je ne t'ai pas vue, c'est étonnant de ta part... Bref, on peut se voir la semaine prochaine ?

Finn : Princesse ? Quand peut-on parler ?

BellamyB : Je me demande si je vais devoir jeter la bouteille de caramel, elle se sent bien seule depuis que tu as décidé de bouder le café ! Ça va mieux ?

Deux s'inquiète, pendant que l'autre veut juste qu'on se parle. Ça commence déjà à m'énerver à propos de Finn mais j'ai promis de lui laisser une chance de s'expliquer. Je souffle un bon coup avant d'envoyer le même message à Finn et Bellamy :

ClarkeG : Je vais un peu mieux, j'ai besoin de sortir. Je viendrais prendre mon Latte Machiato demain !

Puis j'envoie un message à Octavia :

ClarkeG : J'irais sûrement mieux, on pourra se voir chez toi la semaine pro si tu veux.

OctaviaB : OK Cool ! Par contre je préfère venir chez toi, j'évite l'appart en ce moment...

Je me demande bien pourquoi Octavia évite tant l'appart, elle était déjà toute la semaine chez Harper puis la vérité me frappe en plus visage. Echo doit être encore là. Et c'est pour cela que Octavia à du partir de chez elle.
Je m'étais promis de ne plus me prendre la tête, alors je prends le prochain livre de la pile, Le plus petit baiser jamais recensé de Mathias Malzieu et me plonge dedans en refoulant les larmes que je retiens depuis plusieurs jours.


Hey ! Voila le chapitre 7, qui est un chapitre de transition. Désolé encore du retard de publication, j'ai chopé une bronchite et j'étais très fatigué.

Sinon, vous êtes géniaux, j'ai adoré chacun de vos commentaires et de vos réactions ! J'étais morte de rire à chaque lecture. Bon je sais que l'histoire de Echo et de Finn ne vous plaît pas forcément mais... #ThereIsAPlan. Je pense que les chapitres 8 & 9 vont vous plaire... héhé. Je répondrais à chacune de vos reviews et questions dans la semaine, je vous le promets. N'hésitez pas à laisser votre avis, vos questions, vos hypothèses,... MERCI A VOUS. C'est grâce à vous que je continue à écrire.

La playlist Deezer est à jour, n'hésitez pas à l'écouter ! (Lien dans la note d'auteur du chap 2)

Gros bisous et la semaine prochaine (Le chap 8 ne sera pas posté mercredi, mais peut-être jeudi...)

-Géraldine !

PS: Je voulais juste régler quelque chose ici, j'ai eu un commentaire pas très agréable de la part d'un guest donc je ne peux pas y répondre en privé. Cette personne me reproche de pas poster mes chapitres tous les mercredis comme prévu et de remettre en question ma passion. Et je ne permet à personne de remettre en cause ma passion pour l'écriture. J'aime écrire, mais j'ai une vie à coté, mes problèmes, mes occupations,... Je fais le plus vite possible pour écrire et vous faire lire mes écrits. Et je ne me vois pas bâcler mon travail pour vous livrer un piètre chapitre dans les temps. Donc cela prend du temps, de la réflexion pour écrire proprement une histoire. Mais la plupart d'entre vous sont très compréhensifs et je vous en remercie, vous êtes formidables.