Bonjour mes chers lecteurs! Comment allez-vous tous? Voici enfin un nouveau chapitre, mais ça a été dur... Syndrome de la page blanche, ça vous dit quelque chose? C'est horrible. Et je reprends les cours lundi, ce qui ne va pas faciliter les choses. Par conséquent, je ne sais pas quand je publierai un nouveau chapitre, j'espère que vous êtes patients. Même si vous ne l'êtes pas, eh bien, vous ne pouvez pas y faire grand chose à part reviewer un max. N'empêche que ça m'aiderait peut-être. Bref, j'arrête avec mon bavardage inutile, et je vous souhaite comme d'habitude une bonne lecture.


Lila PDV

"Je ne veux pas que tu partes !" s'exclama Renesmée en m'étreignant.

Je ne répondis pas. Renesmée était la personne dont j'étais la plus proche dans cette maison, et je savais que mon départ la faisait souffrir. Elle qui n'avait personne de semblable à elle ne voulait qu'une amie, et je n'étais même pas capable de lui offrir cela. Mais je ne me sentais pas chez moi ici. Tout le monde était gentil et voulait mon bien, mais même en étant ignorant par rapport à leur situation, on pouvait deviner à un kilomètre à la ronde qu'ils n'étaient pas humains, et cela me dérangeait vraiment. Je me demandais même comment il leur était possible de vivre parmi eux sans se trahir.

Trois jours auparavant, Carlisle avait enlevé les plâtres qui emprisonnaient mes bras, mettant ainsi fin à ma dépendance gênante. Aujourd'hui, l'assistante sociale venait me chercher afin de m'emmener chez une tante que je ne connaissais pas, en Oregon. J'espérais qu'elle était gentille, mais je n'étais pas idiote. Si ma mère, qui était sa sœur, ne lui avait pas parlé depuis des années, il y avait forcément une raison. Mais je ne devais pas me fier à ce fait, et j'allais m'adapter, il le fallait. J'étais déjà inscrite dans une nouvelle école (une école normale, enfin), et j'espérais me faire de nouveaux amis et mener une vie à peu près normale, bien que désormais je sois orpheline.

14h36. L'assistante sociale était censée arriver à quinze heures. J'étais dans le salon avec le reste de la famille. Tout le monde était tendu, et je ne comprenais pas pourquoi. Etait-ce parce qu'un autre humain allait venir ici ? Je ne voyais pas quel était le problème, ils les côtoyaient tous les jours… Etait-ce à cause de mon départ ? Encore une fois, je ne comprenais pas que ces êtres immortels puissent s'attacher à quelqu'un d'aussi peu intéressant que moi. Je pensais au contraire qu'ils allaient être soulagés de me voir partir, pour ne plus souffrir de la soif qui les taraudait quand j'étais dans les parages.

Carlisle et Esmé m'avaient offert une petite valise pour que je puisse mettre les quelques vêtements que j'avais acquis lors de mon séjour chez eux, et elle était dans l'entrée. J'espérais que je n'avais rien oublié d'important, mais qu'avais-je d'important ici ? J'étais arrivée sans rien.

"Lila."

Je levai les yeux vers Carlisle qui m'avait interpellée. Il s'assit près de moi sur le canapé, tenant dans ses mains un objet que je ne reconnus pas immédiatement.

"Lila", dit-il gravement. "Je sais que ce n'est pas facile pour toi d'être autour de nous, mais… Ecoute, j'ai promis à ta sœur de prendre soin de toi, et je ne compte pas briser cette promesse. De plus, je… non, nous nous sommes tous attachés à toi. Alors, si quelque chose ne va pas, ou bien si tu as simplement besoin de parler à quelqu'un, je te donne ce portable avec tous nos numéros d'enregistrés. Tu ne dois pas hésiter à nous appeler, d'accord ? A toute heure du jour et de la nuit."

Il mit dans mes mains le petit appareil avec un chargeur adapté.

"Garde ce téléphone secret", continua-t-il. "Tu n'es pas censée garder contact avec nous… Les services sociaux nous en veulent terriblement pour avoir caché le fait que nous t'avions recueillie depuis si longtemps, et ils ne veulent pas que nous communiquions, pour ton propre bien, soi-disant…"

"Vous allez avoir des problèmes à cause de moi ?" demandai-je, bouleversée.

"Rien d'irréparable, je t'assure", répondit Carlisle en souriant gentiment. "Ecoute, Lila. Je me fais le porte-parole de toute la famille en te disant que tu es une petite fille charmante, extrêmement courageuse et intelligente. Ne te laisse pas marcher sur les pieds, d'accord ? Et accepte l'aide que l'on t'offre quand tu en as besoin. Et saches aussi que tu seras toujours la bienvenue chez nous."

"Merci…"

Je n'hésitai qu'une demi-seconde avant d'enlacer Carlisle. Que serais-je devenue s'il n'avait pas été là pour moi ? S'il n'avait pas tué le vampire qui avait tué ma sœur, s'il ne s'était pas battu pour me sauver, s'il n'avait pas pu résister à la tentation de mon sang ? Je serais morte dans une souffrance terrible, ou pire, je serais devenue un vampire.

"Aller… L'assistante sociale ne devrait plus tarder, désormais", fit remarquer Carlisle en rompant notre étreinte. "Tu es sûre que tu as bien tout ?"

"Oui", répondis-je d'une petite voix.

"J'entends une voiture arriver. Cache vite ton portable dans ta valise."

Je m'exécutai rapidement. Quelques secondes plus tard, on frappa à la porte, et Carlisle alla ouvrir. L'assistante sociale ne m'inspirait pas du tout confiance. Elle avait un visage dont les traits sévères étaient accentués par un chignon noir duquel ne dépassait aucune mèche de cheveux. Littéralement tirée à quatre épingles, elle était le stéréotype même de la fonctionnaire désagréable qui ne sait pas traiter avec les autres êtres humains. Elle ne répondit pas au salut poli de Carlisle, se contentant de considérer la maison d'un air dédaigneux. Finalement, son regard tomba sur moi, et ses yeux semblèrent lancer des éclairs, bien que je ne lui aie rien fait. Bon, je n'allais pas me faire une amie aujourd'hui. Ça commençait fort.

"Tu es prête ?" demanda-t-elle d'une voix sèche sans saluer.

"Je dois dire au revoir…"

"Tu as eu tout le temps de le faire avant que j'arrive", me coupa-t-elle. "Nous avons beaucoup de route et je n'ai pas que ça à faire."

Je lançai un regard désespéré à Carlisle, qui me le rendit. Etait-ce finalement une bonne idée de quitter la maison remplie de vampires pour aller en voiture avec une humaine qui n'avait aucune humanité ? Je n'avais plus qu'à espérer que ma tante soit plus gentille. Cependant, mon mauvais pressentiment ne m'avait pas quitté…

Carlisle déposa rapidement un bisou sur ma joue en murmurant « Appelle-nous », tandis que l'assistante sociale, dont j'appris plus tard que le nom était madame Olson, me tirait violemment par le bras. Elle jeta littéralement ma valise dans le coffre et m'installa à l'arrière de sa petite voiture. Sans un regard pour la famille qui était sortie au grand complet sur le perron de la maison, elle s'assit à la place du conducteur et démarra. J'eus le temps de faire un signe à la merveilleuse famille qui m'avait accueillie si gracieusement, remarquant au passage que le visage de Renesmée était inondé de larmes.

Je me rendais dans la ville de Burns, où habitait ma tante. Rien que le nom de la ville me faisait frissonner. Je préférais encore les fourchettes aux brûlures*… Etait-ce un mauvais présage ? Le voyage fut long, très long. Il y avait plus de neuf heures de route pour atteindre notre destination, mais pour moi le voyage sembla durer des semaines entières. J'étais tout de même ravie de ne pas avoir l'âge minimum pour monter devant, car plus loin je me trouvais de l'assistante sociale, mieux je me portais. J'avais un mal de tête atroce, car madame Olson avait mis la radio au maximum, et le son de la grosse caisse résonnait dans tout mon corps, et je me sentais vibrer de tous les côtés. J'avais bien essayé de lui demander si elle pouvait baisser un peu le volume, mais elle m'avait ri au nez. C'était comme si elle était prête à endurer toutes les souffrances du monde pour que je souffre moi aussi. Je ne pouvais pas l'imaginer aimer réellement à ce point la musique électro. Comme si une personne comme celle-ci pouvait aimer quelque chose, de toute façon. Je n'avais jamais rencontré un être humain aussi mesquin. Je ne sais pas comment, mais je réussis à m'endormir au bout d'un moment. Madame Olson me réveilla brutalement en me criant que nous étions arrivées. Lorsque je regardai par la fenêtre, je remarquai qu'il faisait nuit. L'horloge de la voiture indiquait 23 : 36. Nous avions fait plus de neuf heures de route sans une seule pause – du moins, à ma connaissance – et mon corps était endolori à l'extrême.

D'après ce que je pouvais voir, nous étions en pleine campagne. Ce fait ne m'enchanta pas particulièrement, bien au contraire. Je trouvais cela trop silencieux. Chez les Cullen, c'était différent, car presque personne ne dormait et il y avait toujours de l'action. De plus, si quelqu'un m'énervait, j'avais toujours la possibilité de me tourner vers un autre membre de la famille, à savoir Carlisle la plupart du temps. D'après ce que j'avais compris, ma tante vivait seule avec trois chats. Je détestais les chats. Elle était plus âgée que maman, de deux ans je crois. Madame Olson me tira hors de la voiture et me tendit ma valise. Elle frappa ensuite à la porte de la maison dont je ne pouvais distinguer la forme complète dans l'obscurité. Elle avait l'air très grande, mais moins grande que celle des vampires. Une dame apparut à la porte d'entrée, et j'en eus le souffle coupé. Elle était le portrait craché de ma mère, mais bizarrement, elle avait l'air moins gentille. Je secouai discrètement la tête pour moi-même. Je ne devais pas me fier à des jugements trop rapides et à des idées préconçues. Elle était ma tante, la sœur de ma mère disparue. Elle devait bien avoir ne serait-ce qu'une once de compassion envers ma situation. Cet espoir s'envola rapidement quand je la vis étreindre amicalement madame Olson.

Cette dernière me fit ensuite signe de les rejoindre. Je regrettais les Cullen.


* Pour ceux qui ne parlent pas anglais (au cas où) Forks signifie "fourchettes" et Burns "brûlures". Ils en ont de ces noms de ville aux Etats-Unis!