Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Pas de Noël pour Adrien
Chapitre 7
Les individus l'ayant attaqué l'entourèrent, ils réalisèrent seulement à cet instant à qui ils avaient à faire.
L'un d'eux recula craintivement.
- Les gars, je crois que c'est un de ces héros dont tout le monde parle. Lança t'il nerveusement sans quitter du regard la silhouette étendue sur le trottoir.
- Héros ou pas il est hors service pour un moment, on a le temps de se servir et de filer. Ricana l'un de ses comparses tandis qu'un autre entreprenait de fouiller le gisant.
Celui qui avait parlé le premier secoua la tête.
- Non, je ne veux pas d'ennuis avec ce type. J'ai vu comment il se bat.
- On te dit qu'il ne risque pas de se réveiller avant un bon moment, détends toi et profite. Lui dit celui qui lui avait déjà répondu.
- Mouais, et bien, c'est pas avec lui qu'on va faire fortune, il n'a rien dans les poches. Grogna celui des voyous qui avait décidé de passer à l'action.
- Il y a toujours l'anneau. Commenta un autre.
- Faites pas ça les gars ! Se récria celui qui redoutait des ennuis.
Les autres l'ignorèrent. Celui qui fouillait leur victime saisit le poignet de Chat Noir et commença à tirer sur la bague. Elle commençait à peine à glisser du doigt d'Adrien que Plagg sentant le danger en jaillit et attaqua avec toute la hargne dont il était capable afin de protéger l'adolescent qui revenait à son identité véritable.
Griffant, mordant, tirant des cheveux, lançant tout ce qu'il prouvait trouver aux assaillants du garçon dont il était le kwami il terrifia les voyous qui ne comprenaient pas du tout à quoi ils avaient à faire, et ne parvenaient pas à le voir clairement. Il se déplaçait si vite et la rue était si mal éclairée qu'il n'était pour eux qu'une ombre noire qui s'en prenait à eux.
Celui qui avait tenté de s'emparer de l'anneau le laissa, encore à moitié glissé sur le doigt de l'adolescent, et il suivit ses comparses dans leur fuite éperdue.
L'intervention de Plagg les avait assez distraits pour qu'ils n'aient pas le loisir de regarder leur victime.
Plagg tournoya encore quelques secondes dans les airs, tout hérissé de fureur et d'angoisse.
Il avait certes réussi à mettre les voyous en fuite, mais il ne pouvait pas aider Adrien qui gisait sur le trottoir et que la neige commençait à recouvrir.
Plagg savait qu'il ne pouvait pas laisser le garçon ainsi, que les humains ne supportaient pas le froid.
Il devait trouver de l'aide, mais où et comment ?
- Qu'est-ce qu'il t'a pris aussi d'aller traîner dans une rue pareille... maugréa t'il à l'intention d'Adrien. Tu ne pouvais pas rester à la fête ? Ou alors rentrer directement...
Adrien toujours inconscient ne répondit rien et Plagg n'attendait de toute façon aucune réponse. Il avait seulement envie de râler.
Alors qu'il se creusait la tête il entendit des pas venir vers eux et vit la lumière d'une lampe torche qui se rapprochait. Il se réfugia vivement dans la veste d'Adrien afin de ne pas être vu. Il se prépara à devoir lutter encore s'il s'agissait à nouveau de voyous.
A son grand soulagement il ne s'agissait en rien de personnes mal intentionnées mais de policiers qui se penchèrent très vite sur le garçon évanoui et le prirent en charge.
Une heure plus tard, alors qu'au collège la fête battait son plein monsieur Damoclès coupa la musique et prit le micro.
Quelques élèves protestèrent avant de réaliser qu'il avait le visage grave et de se taire. Le silence se fit dans la salle.
- Mes enfants, je suis vraiment navré, mais je suis dans l'obligation de mettre un terme à cette fête et de vous demander d'attendre que vos parents arrivent avant de rentrer chez vous. Je viens d'être informé qu'un de vos camarades, Adrien Agreste a été agressé dans une rue non loin d'ici et fort heureusement découvert à temps par la police, il est actuellement à l'hôpital et ses jours ne sont pas en danger. Vos parents sont prévenus et ne devraient plus tarder.
Il reposa le micro sans dire un mot de plus. Leur souhaiter de joyeuses fêtes après une telle annonce était au delà de ses forces.
Nino et Alya entourèrent aussitôt une Marinette sous le choc de l'annonce du principal.
Aucun des trois ne comprenaient comment une telle chose avait bien pu se produire.
Certes Adrien ne leur avait pas caché qu'il avait d'autres projets que de venir à la fête, mais ils ne se seraient jamais doutés qu'il soit en train de traîner seul dans les rues.
Autour d'eux tous les élèves et les quelques professeurs présents discutaient de ce qu'ils venaient d'apprendre. Tout le monde au collège savait qui était Adrien et s'il n'était pas populaire auprès de tous, il n'en était pas moins un des leurs et ils étaient tous secoués.
Les parents ne tardèrent pas à arriver et la salle se vida.
Avant de se séparer Alya, Nino et Marinette avaient convenu de se rendre à l'hôpital dès le lendemain afin de prendre des nouvelles d'Adrien.
Une fois seule dans la sécurité de sa chambre Marinette fondit en larmes. Elle avait réussi à se contenir jusqu'à cet instant, pour ne pas inquiéter ses parents, mais à présent le besoin de pleurer était trop fort.
Tikki se serra contre elle pour la réconforter.
- Voyons Marinette, ce n'est pas si grave, tu as entendu ton proviseur, ses jours ne sont pas en danger. Lui dit elle avec douceur.
Marinette hocha la tête sans cesser de pleurer.
- Je sais bien... mais comment a t'il pu se retrouver tout seul ? Son père le fait toujours surveiller d'ordinaire.
- Nous l'avons déjà vu se promener tout seul. Fit remarquer Tikki. Il lui arrive visiblement d'échapper à son garde du corps.
Marinette ne pouvait pas nier, Alya et elle avaient effectivement déjà rencontré Adrien dans le métro et il se trouvait là sans son garde du corps.
Visiblement l'adolescent trouvait parfois le moyen de filer en douce. Il était toutefois regrettable qu'il ait choisi de le faire ce soir là.
Elle passa une fort mauvaise nuit et au matin, lorsque Nino et Alya la rejoignirent il était visible qu'eux aussi avaient mal dormi.
- Mauvaise nuit ? Demanda Marinette d'un ton hésitant.
Nino haussa les épaules.
- C'est mon meilleur pote, j'ai pas fermé l'œil de la nuit. On sait pas grand chose sur ce qu'il lui est arrivé. Il faisait quoi dehors ? Qui l'a attaqué ?
- C'est aussi ce qui me tourmentait, avoua Alya, j'ai passé un bon moment à faire des recherches, mais rien, soit les journalistes n'ont pas été informés soit ils ont été priés de ne pas diffuser la nouvelle. C'est vraiment surprenant, d'ordinaire ils se précipitent pour raconter ce genre de choses.
- Son père a du faire le nécessaire pour éviter que la mésaventure soit dans tous les médias. Commenta Nino.
Marinette partageait son avis, Gabriel Agreste avait du user de toute son influence pour que rien ne filtre.
Elle en était soulagée pour Adrien, le pauvre n'avait vraiment pas besoin d'être harcelé en plus du reste.
Au même instant Adrien se réveillait dans une chambre d'hôpital et constatait avec angoisse qu'il avait été entièrement dévêtu et que son anneau n'était plus à son doigt.
Outre le fait qu'il n'aimait pas vraiment porter le genre de tenue qu'on lui avait passé pendant qu'il était inconscient, il avait très peur de ne jamais revoir son miraculous. Si tel était le cas, qu'allait il bien pouvoir faire ? Il ne savait même pas qui prévenir de cette perte si perte il y avait.
Il tenta de se lever mais il renonça très vite, il avait le tournis et ne tenait pas à se faire remarquer.
Il se laissa retomber sur son lit en soupirant.
Décidément Noël n'était vraiment pas une bonne période de l'année pour lui.
Il aurait mieux fait de rester au manoir à suivre les instructions de son père et à déprimer au lieu de tenter de s'incruster dans la fête.
Fête qui ne l'avait pas amusé qui plus est. Dès son arrivée il avait bien senti que les autres élèves se demandaient ce qu'il faisait là et que certains n'appréciaient pas trop de le voir.
Il avait regretté son choix mais il était resté, sans chercher à les approcher, préférant être seul. Il n'avait de toute manière pas très envie de faire la conversation à des curieux.
Sans doute cela avait il été très clairement perçu car personne n'était venu vers lui, jusqu'à ce que Marinette n'arrive et n'agisse tout autrement.
L'espace d'un instant il avait apprécié qu'elle passe outre son désir de solitude et lui parle, jusqu'à ce qu'elle ne lui fasse comprendre qu'elle pensait qu'il était venu pour de mauvaises raisons.
Il sentit la tristesse qui avait été sienne en cet instant lui revenir en force.
Il avait essayé de ne rien montrer de la peine qu'elle lui avait causé mais il avait su qu'il était plus que temps de partir.
Peut être aurait il du rester et se défendre de l'accusation. S'il l'avait fait tout aurait été très différent... Marinette aurait compris, elle était quelqu'un d'intelligent.
Il était hélas trop tard pour revenir en arrière et faire un autre choix. Il allait devoir faire avec ses erreurs et en assumer les conséquences.
L'arrivée d'un infirmier le tira de ses pensées moroses.
- Monsieur Agreste, vous êtes de retour parmi vous, comment vous sentez vous ?
- J'ai mal à la tête et je n'ai plus mes affaires. Répondit Adrien.
- Ne vous en faites pas, elles sont en sécurité, nous vous les rendrons lorsque vous sortirez. Répondit l'infirmier.
Adrien s'accrocha à cet espoir, il devait y croire, il avait vraiment besoin d'y croire, son anneau était trop important pour lui, il ne pouvait pas le perdre.
A suivre
