Lanie emmena Beckett dans un petit restaurant italien. Elle commanda des lasagnes aux aubergines pour elles deux ainsi qu'une grande bouteille d'eau frizzante.
-Je voudrais te confier un truc.
-Va s'y.
Beckett inspira à fond et se lança.
-Josh m'a fait une crise de jalousie, ce matin.
-La première ?
Kate hocha la tête.
-Eh ben, heureusement qu'il est pas ophtalmo. Sérieusement, à cause du journal ?
Beckett hocha la tête à nouveau avant d'avaler une fourchette garnie de pâtes et de légumes.
-Il vient seulement de se rendre compte de l'importance de Castle dans ta vie ?
-Castle n'a pas tant d'importance que ça, se défendit Beckett mais Lanie fixa sa meilleure amie. C'était l'un de ses regards que seuls les vrais amis peuvent échanger sans un mot mais dont la signification est parfaitement clair.
-Peu importe, le problème n'est pas uniquement là… j'ai rembarré Josh suite à cette dispute. Il est parti, je l'ai blessé mais il me met tellement la pression…
-La pression ?
Kate inspira de nouveau.
-Il veut que je parte avec lui à LA.
-Alors il a accepté le poste ?
-Tu étais au courant ?
-Chérie, je suis médecin. Certes je ne m'occupe que des morts mais je m'intéresse aussi aux maladies des vivants ainsi qu'à ceux qui les soignent… Bref, dit Lanie en coupant court d'un geste de la main. Je savais qu'il était sur la liste des chirurgiens potentiels de cet hôpital.
-Il veut que je me fasse muter là-bas.
-Sorrensson t'a déjà fait cette proposition si je ne me trompe pas.
-C'était différent, Josh est différent. Je… tiens à lui.
-Alors tu vas partir ?
-Il m'a donné jusqu'à demain 14 h, c'est l'heure de départ de l'avion.
-C'est court !
-Ouaip, c'est surtout un ultimatum et je déteste ça.
Le serveur vint remplir leur verre et s'esquiva silencieusement.
-Cette lasagne est magnifique.
Lanie laissa son amie continuer de raconter son histoire, mais Kate semblait perdue. Doucement, elle introduisit une nouvelle question.
-Tu vas y aller ?
-Franchement, je n'en sais rien. Josh est un gars bien, il est gentil, charmant, cultivé, bien élevé. Il est très doué de ses mains et va enfin avoir une place stable dans un lieu où il y a toujours du soleil…
-Mais ?
-Mais mes amis, mon travail et ce que j'aime sont ici. Ainsi que le meurtrier de ma mère…
Le silence retomba sur leur petite table. Kate s'appuia au dossier de son fauteuil et regarda la rue. New York, qui ne dort jamais. New York ses grattes-ciels et ses lumières. New York et sa foule de riches comme de pauvres.
-Tu sais, Opaki, le type qu'on a arrêté hier ?
Lanie hocha la tête.
-Lorsqu'il vivait en Croatie, il était menuisier où quelque chose comme cela. Puis la guerre est arrivée avec ses horreurs. Une milice de… monstres… ont violé sa femme devant ses yeux et ceux de son fils. Ensuite, ils l'ont poignardée. Ils ont aussi tué le gamin. Après cela, il est lui même devenu un monstre…
Lanie pencha la tête sur le côté en fixant son amie.
-Beckett, tu aurais pu mal tourner aussi après le meurtre de ta mère mais tu as choisi de te battre pour que justice lui soit rendue. C'est ce que ta mère aurait trouvé juste, je pense. Maintenant, je ne dis pas cela pour te faire rester. Que tu trouves ou pas le meurtrier, cela ne changera pas Kate Beckett. Cela ne te rendra pas ta maman.
Des larmes perlèrent dans les yeux de Beckett.
-Si je pars, j'ai l'impression de lui tourner le dos, de la perdre à nouveau.
-Absolument pas Beckett. La perte de ta mère n'est pas la seule chose qui te définit. Tu es une jeune femme magnifique, pleine de vie et d'humour, très attaché à son travail et …
-Et, demanda Beckett plus pour la forme qu'autre chose.
-Et tu es la Muse d'un grand écrivain.
Kate rit.
-Mouais, Castle… son stupide jeu aussi, c'est de la pression supplémentaire, marmonna-t-elle plus pour elle même que pour Lanie mais celle-ci perçut la remarque.
-Quel jeu ?
Beckett soupira et rendit les armes. Lanie était son amie, elle pouvait lui expliquer clairement, fidèlement les choses. Lanie serait objective.
Kate regarda sa montre puis observa le restaurant qui commencait à se vider.
-C'est une longue histoire.
-Mais pas ancienne sinon je serais au courant.
-C'était hier…
Beckett raconta l'arrivée de Castle dans son appartement et sa tête devant son soutient. Lanie fallit s'étouffer lorsqu'elle entendit la description de l'état dudit appartement.
-Pas étonnant qu'il ait risqué la crise cardiaque entre tes papouilles et son imagination…
Kate continua son récit en évoquant sa discussion avec Martha puis elle en vient à la soirée au club.
-J'ai vu la robe, très très belle…
-Merci.
-Et que s'est il passé ?
-On a parlé en essayant de repérer Opaki.
-Parlé ? Dans un club ?
-Disons que nous étions assez proches pour cela, lança platement Kate…
Lanie ouvrit de grands yeux et sa bouche forma un O majuscule ! Kate crut qu'elle devait se défendre de son comportement, elle lança sa meilleure excuse.
-De toute façon, c'est lui qui a commencé, il a mis sa main sur mon genou en disant que je devait jouer le jeu.
-Et il est encore en vie ?
Kate leva les yeux au ciel.
-Ok ok, c'est cela : le Jeu ?
Sans se rendre compte qu'une porte de sortie lui était ouverte, Beckett préfèra avouer la vérité à son amie. De toute façon, il fallait qu'elle en parle à quelqu'un.
-Non, ce n'est pas cela le Jeu… Nous étions là entrain de parler. Je ne sais pas lequel des deux a décidé de danser. Mais bon, on était dans un club, il fallait préserver la couverture.
-Biensur répondit Lanie en n'y croyant qu'à moitiè.
-Il y a eut une chanson, les paroles… je ne sais pas ce qui s'est passé…
Lanie était suspendue aux lèvres de Kate.
-On s'est embrassé.
-YES ! s'exlama la copine.
-Merci Lanie très mature, lui lança Kate en jetant sa serviette sur son plat vide.
-Ok ok, désolée…
Un nouveau silence gêné s'installa à table.
-Bon va s'y Lanie, pose la ta question, sinon tes lèvres vont tomber…
-Oh merci chérie… Alors, c'était comment !.
Kate dévisagea son amie. Mentir ou être honnête ? Elle passait son métier de flic à déceler le mensonge et la vérité… Elle eut alors conscience que c'était la dernière fois qu'elle pouvait trouver une échapatoire. Mais à quoi bon…
Lanie interpreta son silence comme une incapicité à decrire ce qu'elle avait ressenti.
-Tu peux comparer si tu veux…
-Comparer ?
-Ben oui tu sais… c'était comme un tourbillion…
Kate sourit, choisit ses mots et fixa son amie.
-C'était comme… une avallanche, un tsunami, l'explosion d'une étoile… oui c'est ça, un explosion… dans ma tête et dans le reste de mon fichu corps aussi…
-Oh mon dieu, s'exclama Lanie le deux mains serrées dur sa poitrine. Ma chérie, je suis si contente pour toi.
-Contente ?
-Tu as enfin passé un stade important, la prise de conscience, c'est la symbolique de l'explosion…
-Mouais, toujours est-il que le jeu a commencé suite à cela.
-C'est quoi ? Un jeu fait de flirts, d'avances, et j'en passe ?
Kate hocha la tête.
-Mais vous y jouiez déjà non ? c'est quoi la différence, la nouveauté ?
Kate haussa les épaules…
-Ben… on compte les points ?
Lanie secoua la tête, ces deux là étaient vraiment impossible.
-Et le prix, s'enquit Lanie au bord du desespoir.
-Je ne peux pas l'affirmer en ce qui le concerne mais si je l'emporte, je le gagne…
Rentrant au commissariat, Beckett trouva ses trois gars assis devant le tableau.
Ryan, le fidèle. Fidèle en amitié et en amour. Ryan était le rayon de fraîcheur de Kate. Il était le dernier débarqué dans le service. Le plus jeune. Toutefois, il avait acquis ses galons grâce à sa grande capacité de travail, la fiabilité de ses jugements et son abnégation.
Esposito, l'inébranlable. Peu de chose pouvait faire peur à ce latino mais en-dessous de sa carapace, s'était un cœur tendre. Esposito, le roc… Beckett savait que les yeux fermé, elle mettrait sa vie entre ses mains. Il était là avant qu'elle n'arrive. Au début, elle avait eu peur qu'un hispanique n'accepte pas d'être dirigé par une femme. La première enquête fut décisive. Un tueur sauce Beckett et celle-ci lui avait montré toute son potentiel. Une fusilade et Esposito était devenu : L'Inébranlable.
Beckett était fille unique, mais c'est deux là se rapprochait le plus de ce qu'aurait été ses frères.
Ce fut Castle qui la remarqua en premier. Il tourna la tête vers elle et lui présenta un visage rayonnant. L'esprit de Kate s'envola, elle crut alors entendre les paroles de cette fameuse chanson, ce soir là dans ce club.
I never will forget, the way you look tonight …
-Alors les gars du nouveau ?
-On a l'identité de la victime, répondit Ryan en pointant le tableau.
Beckett lut
-Angèle Faure. Canadienne ?
-Française, reprit Esposito. Elle avait un permis de travail. Dans une galerie d'art. Son adresse est la même que celle de la galerie.
-Elle avait tout juste 20 ans. Depuis deux mois en fait. Pas de famille aux Etats-Unis. Pas de casier, pas de permis de conduire.
-Beaucoup de New-Yorkais de souche n'en n'ont pas et en Europe, on ne passe pas son permis de conduire dans son lycée… expliqua Castle.
-Bien, allons annoncer la nouvelle à son patron, puisqu'il n'y a pas de famille. On essaiera de savoir si elle avait un petit copain. S'il n'y a personne, il faudra prévenir le capitaine pour qu'il se mette en rapport avec l'ambassade de France…
Ryan et Esposito acquiescèrent.
-Vous venez Castle ?
La galerie d'art Chomsky se situait au rez-de-chaussée d'un immeuble de près de vingt étages de briques brunes et de ciment blanc.
La galerie semblait fermée, la plupart des stores étaient baissés sauf celui de l'entrée.
Beckett frappa à la porte vitrée en montrant son badge afin que l'ombre, qu'elle avait remarquée et qui se déplacait le long d'un comptoir, vienne leur ouvrir.
-La galerie est fermée, désolée… Oh, votre badge… Vous êtes de la police… je ne sais pas… la galerie était fermée… c'est l'alarme ?
Kate pencha la tête en avant en jaugeant la femme en tailleur fushia qui se tenait devant elle.
-Je suis le détective Beckett et voici Mr Castle. Je ne suis pas là pour l'alarme. S'est-elle mise en route ?
-Euh non,… je suis arrivée il y a une demi heure… et la galerie était fermée.
-Et ce n'est pas la cas, normalement ?
-Non, biensur que non. Angèle l'ouvre habituellement vers dix heures trente. Sauf les lendemain de soirée où quand Harry décide de la garder près de lui… d'habitude, ils me préviennent…
-Il n'y a jamais eu d'exception à cet arrangement, s'enquit un Castle qui avait commencé à faire le tour des toiles exposées près de l'entrée ?
« Le peintre fait preuve de maitrise technique, de virtuosité…brutale, se dit-il devant l'œuvre de 4m sur 3 qu'il observait »
Voyant le regard de Castle, la femme en fushia retomba sur un thème qu'elle semblait maitriser mieux. La vente.
-C'est une œuvre de jeunesse de Harry. On y ressent de la force, l'emportement de la vie tumultueuse des jeunes années…
-Le HAF, lança d'un ton pompeux Castle. Mouis j'ai bien reconnu cela.
-Le HAF, demanda la femme en fushia ? Qu'est-ce que c'est ?
-Hormones, Acnée et Filles répondit sérieusement Castle
Beckett se mordit les lèvres pour ne pas rire et interrompit la conversation.
-Angèle n'était donc jamais absente ?
-Euh… la femme semblait perdue devant la remarque de Castle. Jamais sans me prévenir… Elle vit ici, enfin vous savez… Mais je ne comprends pas…
-C'est vous qui deviez faire la fermeture hier ?
-Oui à 19h. On ferme plus tard que les bureaux et puis la lumière des soirées est propice aux balades… La femme semblait gênée d'avouer qu'elle traquait le client.
-Rien n'a été déplacé depuis que vous avez fermé ?
-Non, non… Quand je vous ai vu, j'ai cru que j'avais mal encodé l'alarme… rien n'a bougé.
-Vous disiez qu'Angèle vivait ici. Avec…hum… Harry. Qui est Harry, demanda Beckett ?
La vendeuse regarda le detective comme si elle avait à faire à un cancrela faisant la danse du ventre devant elle.
-Harry Keegan, Le Peintre, Voyons !
Beckett darda un œil vers Castle. Les mondanités, c'étaient son rayon.
-Castle fit non de la tête. « Je ne peux quand même pas connaître tous les artistes de cette ville, se dit-il… ». « Si Castle ne le connaît pas alors c'est qu'il n'est pas aussi coté que cette femme le laisse entendre… Seigneur, elle ressemble vraiment à un cupcake ! »
-Mr Keegan est-il chez lui ?
-Ou… oui je pense. En fait je n'ai pas vérifié. Il n'aime pas être dérangé… quand il se lève.
Castle lui-même haussa les sourcils.
-Il crée la nuit, expliqua la vendeuse cupcake. Vous voulez le voir ? Je peux vous donner un rendez-vous. Elle se retourna vers le comptoir et ouvrit un agenda.
-Mmmh voyons… Pour quelle… Je viens de me rendre compte que je ne vous ai pas demandé l'objet de votre visite.
-Le corps de Melle Faure a été retrouvé ce matin dans Inwood Park. Nous voudrions parler à Mr Keegan tout de suite. Elle avait utilisé un ton froid et professionnel. Lorsqu'elle vit les yeux de la femme se voiler, elle comprit qu'elle avait été un peu trop brutale.
-Ca va ? Mlle ?
-Ashby. Oui ça va. Oh mon dieu, Harry va être anéanti, il va falloir lui dire… je vais vous montrer le chemin.
Ils s'engagèrent dans un ascenseur privatif qui ressemblait plus à un monte charge énorme. Cela devait permettre de monter et descendre les gigantesques toiles de Maitre Keegan.
Avant que Kate n'ait pas l'empêcher le CupCake Ashby traversa le grand atelier en courant et en hurlant après Harry. Lorsque Beckett et Castle les rejoignirent, la nouvelle était tombée. Keegan s'était affalé de tout son long. Beckett demanda une ambulance.
-Mr Keegan est en état de choc, lui annonça l'urgentiste. Ca ne va pas vous plaire mais je l'ai sédaté. Il faut qu'il se repose, se justifia-t-il devant l'enervement qui pointait dans les yeux de Beckett. Il sera opérationnel demain matin.
Beckett se dirigea vers la fauteuse de trouble Ashby. Dans la police, on était formé pour annoncer les mauvaises nouvelles. A être compatissant et poli tout en gardant une crédibilité de professionnelle. Cette idiote avait tout foutu en l'air… Kate soupira. Patienter…
-Melle Ashby, on vient de me prévenir que Mr Keegan était sédaté pour qu'il se repose d'ici à demain.
-Je vais rester avec lui, dit-elle dans son mouchoir.
-Mr Keegan a-t-il des parents que nous pourrions appeler ?
-Non, vous savez, Harry est déjà « agé », ses parents sont morts et le reste de sa famille ne lui parle plus… sa vie d'artiste, avant Angèle surtout, était assez dissolue.
Beckett hocha la tête en jetant un coup d'œil à Castle.
-Melle Ashby…
Celle-ci reniflait bruyamment, son visage prit une teinte qui se rapprochait dangereusement de celle de son tailleur.
-Melle Ashby, pourriez-vous décrire la nature exacte de la relation entre Mr. Keegan et Melle Faure ?
La vendeuse secoua les épaules et eut un geste qui semblait vouloir dire qu'est-ce que cela peut faire maintenant ?
-S'il vous plait glissa doucement Castle en posant sa main sur le poignet de la jeune femme.
-Les médias et google vous diront qu'ils étaient en couple, mais je ne le crois pas. Que lui était fou d'elle, ça c'est parfaitement vrai. Qu'elle profitait de lui, pas plus que nécessaire si vous voulez mon avis.
-Nous voulons la véritable nature de leur relation, Melle Ashby.
-Les gens ne peuvent comprendre s'ils ne l'ont pas vécu. Moi même, je le vivais au quotidien et j'avais parfois du mal à tout saisir. Ils se disputaient, ne faites pas cette tête là, ils se disputaient comme tout le monde. Ils pouvaient passer des heures ensemble à parler, elle posant, lui peignant. Ils avaient une énorme complicité. Mais si vous me dites est-ce qu'ils s'embrassaient ailleurs que sur la joue ou s'ils avaient des relations sexuelles. Je n'en sais absolument rien.
-Donc des amis, tenta Beckett.
Castle inspira, il venait de comprendre.
-Non, c'était plus, bien plus. C'était sa muse.
Dans l'ascenseur qui se dandinait pour les ramener au sol, Castle arborrait un sourire épanouit.
-Castle, le moindre commentaire et je vous…
-Vous quoi ?
Beckett sentit monter une colère en elle équivalente à un tremblement de terre. Castle se comportait comme un dandy alors qu'il avait un crime à résoudre. « Un jeu… Un partout, hein…Et bien, il est temps de lui montrer de quel bois je me chauffe, pensa-t-elle ».
Elle se tourna vers lui et lui fit face. Intrigué, il en fit de même.
-Vous avouerez que leur relation était particulière.
-C'était sa muse, il était particulièrement attaché à elle. Nous savons tous les deux combien cela peut être le cas.
Disant cela, il s'avanca vers elle. Kate le remarqua mais ne bougea pas.
Cette réaction troubla Castle. Beckett percevait toujours quand il envahissait son espace. « Pourquoi ne recule-t-elle pas ? Pourquoi ne fuit-elle pas ? »
Une lueur d'espoir naquit dans l'esprit de Castle.
-Il semble qu'ils n'avaient aucune relation disons intime entre eux, fit remarquer Kate d'une voix qu'elle espèrait plus grave et plus posée.
-L'attirance, l'amour, la passion qu'éprouve un artiste pour sa muse peuvent prendre bien des formes. Ils ne se touchaient pas mais…
Il vit Kate s'approcher très près de lui. Sa main effleura doucement sa joue.
-Mais nous nous sommes déjà touché nous… murmurra-t-elle.
La température interne de Castle subit une hausse rapide et continue risquant de provoquer une avarie. Sa gorge était sèche, sa bouche entrouverte ne laissait passer aucun son. Il sentait le souffle de Kate près de ses lèvres, elle caressait toujours sa joue. La cerveau de Castle allait passer en mode Tilt lorsque d'un rapide mouvement Kate attrappa et pinça le lobe de son oreille gauche.
Mû par l'instinct de survie, Castle cria « Pomme ! Pomme ! Pomme ! »
L'ascenseur atteignit le rez-de-chaussée. Le bip de l'ouverture des portes se fit entendre. Beckett le lâcha.
-On a une enquête à résoudre alors cessez de vous conduire en gamin.
Elle fit trois pas en avant puis se retourna vers lui.
-Au fait, ça fait deux-un !
