Voilà le chapitre 7, pour terminer en beauté ma journée. Et oui, aujourd'hui, j'ai enfin passé mon code et je l'ai eu ! *Applaudissements*. Enfin, je vous embête pas plus avec ma vie qui n'intéresse que moi et je réponds aux reviews.
TheBoneyKingOfNowhere: Ne t'inquiètes pas, je préfère mille fois que tu ait du retard sachant que tu a publié ta fiction. Mais tu sais déjà ce que j'en pense :) Merci pour ton avis sur Adam. C'est vrai qu'il est vraiment quelqu'un de bien, à tel point qu'il est devenu mon petit chouchou. C'était important pour moi de faire autre chose que les habituels "Daryl sauve Kat de son petit-ami violent " comme tu l'a signalé, ou au contraire une sorte de triangle amoureux parce que Kat ne peut pas choisir entre lui et Daryl. Ici, Adam n'est pas le briseur de ménage de service ni le gros pervers, c'est justement l'homme parfait dans un tel monde.
CathouxXx: De rien pour la pub, c'est pas que t'en ait vraiment besoin mais enfin :) D'ailleurs, il faut que je commente la suite de la fiction, j'ai pas encore eut le temps ^^ Oui, Daryl n'était encore une fois pas très présent, mais la fin rattrape un peu ce manque :) Je suis ravie que tu ais remarqué le petit détail qui justement, était important pour trouve que la religion n'est pas assez exploitée dans la série, et c'est un détail que j'aime aussi dans ta fiction avec le prêtre que tu as crée :) La scène Kat/Adam était le GROS défi de ce chapitre. C'était pas première scène classée M, et j'étais vraiment pas sûre de ce que ça allait rendre. Pis, je voulais pas juste faire une scène de sexe pour la scène de sexe, mais pouvoir aussi l'exploiter pendant plusieurs chapitres. Sans compter qu'habituellement, les gens ont un peu de mal avec le fait qu'une fille couche sans sentiments. Je suis ravie que ce petit dilemme t'est plu. Hihi, la fin était de la totale impro, je me suis retrouvée tout d'un coup à parler de Daryl et cette scène s'est juste imposée. Et oui, Daryl ne désire Kat que physiquement, et c'est pas près de changer :) Pour finir, je suis heureuse que l'intrigue avec la grossesse de Lori te plaise, puisqu'elle va occuper une bonne partie des chapitres à venir. A commencer par celui-ci. Bonne lecture :)
Eponyme Anonyme: Quatre reviews, une pour chaque chapitre ! Je suis gatée, dites donc ! Et pas des reviews de rien du tout, mais quasiment une analyse. Je te remercie grandement ! Commençons par le commencement: l'idée de faire tout un groupe d'OC à la place d'un seul était assez risqué, j'avais peur d'en laisser un de coté ou que deux des trois personnages ne soient pas du tout originaux. Et non, ne t'inquiètes pas, beaucoup mourront avant Adam et Alicia. Mais je ne peux pas promettre qu'il survivront :) Ta citation m'a fait sourire, parce que j'ai failli ne pas mettre cette phrase. Je trouvais que cela faisait un peu rapide que Daryl ait ce genre d'avis sur Rick. Mais je l'ai finalement gardé et je suis ravi que tu ais apprécié. Mention spécial pour le Squirell Killer", j'étais explosée :) Mais je suis d'accord, Adam est un personnage en or, même si Kat ne s'en rend pas compte. Ça nous est tout arrivé d'être avec quelqu'un de relativement bien et d'être attiré par une autre personne beaucoup moins recommandable. Mais je suis d'accord, c'est triste pour Adam. Et ça va pas s'arranger :) Le fait que tu ais mentionné Carol en tain de faire le linge m'a fait tilté, t'es pas la première à me dire qu'elle ne fait rien à l'exception de faire la lessive XD. T-Dog parle, eh oui, et c'est pas fini. Si tu l'aime, je sens que tu vas apprécier la suite de la fiction...Mais je t'en dis pas plus :) Hihi, énième personne à cité la mort d'Hershel. Je sus fière de mon coup là, tu peux pas savoir. Dis toi qu'au moins dans la série, il est toujours en vie :) (Trop excellent le deuxième épisode :) Après T-Dog mis en avant, c'est le tour de Maggie. A tel point qu'une de mes amies qui me lit râle parce qu'il n'y a pas assez de Daryl dans la fiction. M'enfin, c'est moi qui décide, Nah ! Bon je m'arrête là parce que je vais bientôt écrire autant de réponses aux reviews que de fiction. Alors bonne lecture :)
Enjoy :)
Chapitre 7
Daryl ne rentra que très tard, cet après-midi-là, enfin apaisé et prêt à affronter le regard de Kat sans rougir à cause ce qu'il avait été sur le point de faire quelques heures auparavant. Il avait marché pendant des heures dans la forêt qui encerclait la prison, abattant quelques rôdeurs et résistant à la tentation de chasser quelques menus gibiers. Ils avaient assez à manger, et tuer des animaux ne l'aurait pas aidé à se sentir mieux. Plongé dans ses pensées, il n'avait pas vraiment eu conscience du temps qui passait, s'écoulant beaucoup plus rapidement qu'il ne l'avait prévu. Mais cette sorte de fuite en avant avait véritablement servi à quelque chose, puisqu'il avait eu le temps de se concentrer sur lui-même, de reprendre goût à sa solitude, et de pardonner à Kat ce qu'elle était en train de faire de lui. Une épave, doublé d'un obsédé. L'exacte réplique de son frère, et tout ce que Daryl ne voulait jamais devenir.
Et lorsqu'il passa l'enceinte de la prison, l'homme se dit qu'il s'était finalement fait beaucoup de mauvais sang pour rien. Il n'était qu'un homme, après tout, avait-il pensé un peu plus tôt, un homme qui n'avait pas baisé une femme ni fait quoi que ce soit de sexuel depuis des mois. Il était normal qu'une scène des plus érotiques ait eu cet effet sur lui. Mais cette tranquillité d'esprit, qu'il avait pourtant mis l'après-midi à retrouver, vola en éclat lorsqu'une tornade jaillit devant lui, l'assaillant avec des cris hystériques. Kat, débout en face de lui, les mains sur les hanches, lui hurla :
- T'étais passé où ?!
La main de Daryl se serra autour de la lanière de son arbalète, ses jointures blanchirent tandis qu'il essayait désespérément de ne pas la tuer, de ne pas lui arracher les yeux ou toute autre sorte de mutilation. Mais ce cri réveilla aussi en lui d'autres sortes de souvenirs. Des souvenirs plus embarrassants, des souvenirs qu'il s'était pourtant décidé à nier du plus fort qu'il pouvait. Malheureusement, il sentait déjà son corps réagir au fait de voir la femme sur laquelle il avait fantasmé, seulement quelques heures plus tôt, et s'horrifia lorsque son ventre s'emplit d'une chaleur reconnaissable. Puis, tout d'un coup, ce mélange de colère et de désir agit comme un déclencheur dans l'esprit de Daryl et il sentit la phrase partir sans qu'il ne puisse la retenir :
- Tu me fais chier ! Tu sais quoi, continue de te faire sauter par ton connard de copain et surtout, fous-moi la paix !
Et, devant le regard hébété, interloqué et choqué des quelques survivants qui étaient restés dehors, il partit en direction du bâtiment, claquant vivement la porte derrière lui. Kat, la main encore devant elle, le doigt pointé pour sermonner l'imbécile qui avait décidé de s'absenter toute la journée sans prévenir personne, ne sut quoi penser tout d'abord. Puis, une pensée la frappa, dévastatrice : Daryl les avait entendu la veille. Le rouge lui monta immédiatement aux joues, et elle oublia toute colère envers le chasseur, pétrifiée par la honte. Et étrangement bouleversée à l'idée que c'était Daryl Dixon, la personne qu'elle détestait pourtant, qui les avait surpris.
Rick était debout devant l'entrée de la prison, son arme dans son holster, regardant l'horizon rosir devant lui, les nuages s'étirant comme autant de cotons blancs dans le ciel coloré. Mais la beauté du spectacle n'émut pas l'officier, qui avait bien trop de problèmes actuellement pour penser à autre chose.
Sa femme, tout d'abord, qui ne lui parlait plus depuis qu'ils avaient quitté la ferme. Elle n'avait pas accepté de dormir avec lui, la veille, et refusait de lui confier ses inquiétudes. Rick vivait très mal le fait qu'il ne puisse plus lui parler. Et encore plus mal le fait qu'elle le regarde si différemment à présent. Il n'y avait dorénavant plus cette étincelle de confiance aveugle qu'elle avait en lui. Cette indéfectible foi envers lui, lorsqu'il lui disait que tout irait bien, qu'il la protégerait, toujours. Non, maintenant, il ne pouvait plus rien lire dans son regard éteint, comme si une partie de sa femme était morte en même temps que Shane.
Et puis il y avait son enfant, qui grandissait à l'intérieur du ventre de Lori. Un petit être humain qui viendrait bientôt les rejoindre, dans un monde en décomposition. Rick était rongé par l'inquiétude à l'idée qu'il pourrait perdre sa famille, sa femme et son bébé durant l'accouchement. Le fait que Kat soit étudiante en médecine l'avait à peine rassuré, et la lueur de crainte qu'il avait pu apercevoir sur le visage de la jeune femme lorsqu'elle lui avait assurée qu'elle pourrait mettre son enfant au monde ne l'avait pas réconforté.
Un éclat de rire à sa droite le sortit un instant de ses pensées, et il sourit en voyant son fils, Carl courir après Glenn, un bâton à la main. C'était la première fois depuis longtemps que Rick voyait son fils aussi épanoui. Il s'était endurci, ces deniers mois, avait grandi dans sa tête et était en train de devenir un homme. Mais leur arrivée dans la prison avait rallumé une flamme dans le cœur du petit garçon, et Rick retrouvait avec une joie non dissimulée son fils d'autrefois. La prison était une sorte de rêve éveillée pour le leader du groupe. Il avait désespérément cherché un endroit où ils pourraient vivre, qu'ils pourraient appeler une « maison », et il l'avait enfin trouvé, même si Rick n'aurait jamais cru que ce paradis prendrait la forme d'une prison.
Parce que oui, leur arrivée ici ressemblait sacrément à une ascension au paradis. Ils avaient trouvé un endroit où dormir, qui ne soit pas dans une tente ou autour d'un feu, à la belle étoile, ils avaient de la nourriture en abondance, ou presque, ce dernier point inquiétant Rick plus qu'il ne l'avouerait, et surtout, ils étaient à l'abri des rôdeurs. Et l'hiver approchant, ces trois avantages présageaient d'être décisifs pour leur avenir.
Des bruits de pas qui se rapprochaient dans le dos de Rick le firent se retourner, pour faire face à T-Dog, qui le regardait avec attention.
- Tu voulais me voir ? demanda l'homme de couleur, les bras croisés devant sa poitrine.
- Oui, admit Rick, plissant les yeux devant le soleil couchant. Il va falloir limiter les proportions de viande. Il n'y en aura jamais assez pour tenir tout l'hiver. Et j'aimerais qu'on fasse une sorte de réunion, avec Daryl, Glenn et Maggie. Qu'on s'organise pour la gestion de la prison. Qu'on ne se relâche pas.
Rick vit T-Dog changer de visage à mesure qu'il dictait ses directives. Pas que l'homme n'acceptait pas les ordres, il était même plutôt obéissant et utile quant à la protection du camp. Mais c'était probablement son évocation de leur manque de vivres qui inquiéta l'homme. Rick n'avait pas été pressé de lui confier cet état de fait. Il aurait préféré attendre un peu avant de déclencher la sonnette d'alarme, le temps qu'ils profitent de leur nouvelle liberté, de leur nouvelle protection. Mais il n'avait pas vraiment le choix. Et, puisqu'il avait décidé qu'il serait le seul à commander désormais, il avait de grandes responsabilités entre ses mains.
Pourtant, T-Dog finit par hocher la tête, obéissant, et Rick se sentit soulagé de pouvoir compter sur quelqu'un. T-Dog partit, laissant le leader seul.
Plusieurs heures après, lorsque tous eurent mangé, et que la majorité se fut mise au lit, Rick réunit T-Dog, Glenn, Maggie, Daryl autour d'une table. Puis, en voyant Kat passer à côté de lui, il l'interpella, lui demandant de les rejoindre. Même s'ils ne se connaissaient que depuis une petite semaine, Rick faisait confiance à la jeune médecin. Elle les avait aidés sans rien demander en échange, et semblait honnête. De leur côté, Glenn et Maggie échangèrent un sourire au regard rempli d'exaspération qu'eut Daryl, tous les deux témoins de la petite interaction des deux ennemis un peu plus tôt.
Rick, attendit que Kat s'asseye sur une chaise, et déclara, son front plissé par l'inquiétude :
- Je sais que vous êtes tous ravis d'être ici. Moi aussi. Mais tous nos problèmes ne sont pas réglés pour autant. Nous allons tomber en manque de protéines. Les réserves de viande ne sont pas suffisantes pour surmonter l'hiver. On en a assez pour tenir deux semaines, peut-être trois, en tirant au maximum. Mais arrivera un jour où on aura plus de viande. J'aurais bien attendu ces deux semaines avant de vous le dire. Mais avec le froid de plus en plus présent, il sera bientôt impossible de chasser.
Il se tourna à ce moment-là vers Daryl, le seul chasseur expérimenté de la bande. Kat, suivit son regard, ses yeux se posant sur l'homme. Il était attentif, les traits crispés. Kat ne l'avait jamais vu aussi…normal. Il semblait tenir Rick en estime et obéissait aux ordres du leader. Il répondit, avant même que Rick n'exprime sa pensée :
- J'irai chasser. Si j'ai d'la chance, j'pourrais p't'être trouer une dizaine de petits gibiers par jour. Mais j'pourrai pas faire ça plus d'une semaine. Comme tu l'as dit, le froid va pas tarder à faire fuir tout les écureuils.
Rick acquiesça, son regard déjà tourné vers le couple, leur parlant de leur stock de vivres. Mais celui de Kat, en revanche, était toujours braqué sur Daryl. Il venait de dévoiler une autre facette de sa personnalité, celle de l'homme impliqué, engagé, qui était prêt à risquer sa peau pour nourrir le reste du groupe. C'était comme si elle redécouvrait le chasseur.
Tout d'un coup, il n'était plus le sale redneck, attardé et probablement illettré qu'elle avait rencontré, mais un homme intègre, sincère et sur qui on pouvait compter. Et, pour la première fois, la jeune femme vit le profond respect que tous avaient pour lui. Son opinion comptait dans les décisions du groupe, c'était indéniable, et tous étaient reconnaissants envers lui d'aller chasser à leur place. Cependant, et malgré cette révélation au sujet de l'homme, Kat n'était pas encore prête à lui pardonner son petit discours de l'après-midi.
Le petit groupe discuta encore quelques minutes, abordant des sujets aussi vastes que la nourriture, le chauffage, les médicaments. Là, Kat donna son avis à propos de l'infirmerie, entraînant la décision de Rick de trouver cette pièce stratégique le plus tôt possible. Puis, la fatigue aidant, ils finirent par se séparer pour aller dormir, et Kat eut tout le loisir de remarquer que Daryl avait déménagé. Et, à dire vrai, elle ne savait pas si elle devait en être heureuse ou non.
Kat refusa de faire l'amour avec Adam, cette nuit-là. Il ne prit pas très bien, mais Kat resta inflexible sur ce point. Et son petit ami finit par s'endormir en bougonnant, laissant à Kat le loisir de fixer le plafond, plongée dans ses pensées. Le lendemain, elle se réveilla avant tout le monde, et croisa Daryl dans la salle commune, en train de garnir son arbalète de flèches. Pour une fois, elle eut droit à un vague hochement de tête, et elle comprit que c'était uniquement car elle ne lui avait fait aucune remarque acide. Peut-être, qu'après tout, ils pourraient s'entendre. Ou du moins, se supporter.
Elle profita de ce moment d'accalmie pour l'aborder, incertaine de comment il allait la recevoir. Heureusement, Carol pénétra dans la salle à ce moment-là, rassurant Kat. Jamais Daryl ne lui ferait quoi que ce soit en présence de Carol. Si il y avait une chose que la jeune médecin avait remarquée, c'était l'attachement de l'homme à Carol. Et, après tout, s'il pouvait apprécier une femme telle que Carol, il ne pouvait pas être si mauvais…
- Daryl ? l'interrompit-elle, renonçant cependant à poser une main sur son épaule.
L'intéressé se retourna à la voix et fixa Kat d'un regard étonné.
- Je t'accompagne, dit-elle d'une petite voix, suivant les mouvements du chasseur.
- Pardon ? demanda t-il, incrédule. Tu sais chasser ?
Elle répondit rapidement, avant qu'il ne puisse dire autre chose.
- Non, je ne sais pas. Mais je dois venir avec toi. Lori a besoin de vitamines et j'espère vraiment trouver des fruits ou des plantes qui pourront l'aider. Écoute…Je suis presque sûre que tu t'en sortirais bien mieux sans moi, mais je te promets d'être la plus silencieuse possible.
Et, devant le regard peu avenant de l'homme, elle ajouta en dernier recours :
- S'il te plait ?
Kat vit Daryl soupirer, longuement, jusqu'à l'ignorer. Puis, il répondit, son attention reportée sur son arme :
- Ok. Mais tu émets un bruit, tu fais fuir un seul gibier, et je jure que je…
- Je sais, sourit Kat, parfaitement consciente de ce que taisait le chasseur. Et si elle ne l'avait pas connu aussi bien, ou presque, elle aurait presque cru qu'il venait d'esquisser un sourire.
-On part dans dix minutes, grogna-t-il à son encontre.
Ce qu'ils firent, après que Kat ait averti Rick qu'ils partaient, et que le leader leur ait dispensé quelques conseils. Ils devaient être rentrés avant la nuit et, surtout, n'attirer aucun rôdeur près de la prison. Il confia un pistolet au chasseur, tandis que Kat déclinait l'offre. Elle ne savait pas tirer. A la place, elle prit sa machette fétiche, qu'elle accrocha soigneusement à sa ceinture. Elle prit dans un sac de randonnée quelques provisions, dont deux sandwichs préparés par Carol, très inquiète, et deux bouteilles d'eau. Puis, enfin prêts, les deux partenaires pour la journée sortirent dans la lumière encore faible de l'aube, passant l'enceinte de la prison pour se retrouver dans la forêt.
Daryl prit naturellement la tête de l'expédition, marchant sans bruit à travers les feuilles mortes de cette fin d'automne, son arbalète pointée devant lui. Kat, quelques pas derrière, tentait désespérément de ne pas gêner le chasseur en action, et faisait de son mieux pour ne pas faire crisser les feuillages sous ses pieds, et de pas marcher sur une branche qui craquait, et surtout, de ne pas tomber. Mais peu importait les efforts qu'elle faisait, il y avait toujours une feuille pour couvrir le sol devant elle, une racine pour la faire trébucher ou un animal pour la faire sursauter. Et, à chaque fois, le regard exaspéré et haineux de Daryl qui se retournait vers elle semblait de plus en plus meurtrier.
- Fais gaffe où tu marches, Bon Dieu ! lui hurla-t-il au bout d'un moment, son corps entièrement tendu semblant exploser d'un moment à l'autre.
Elle baissa la tête, contrite, et marmonna quelque chose comme « Jesuisdésolée », ou un truc qui y ressemblait. Daryl reprit le chemin, si agacé que Kat pouvait voir la ligne de ses muscles tendus à craquer dans son dos.
Deux heures s'écoulèrent ainsi, Kat si concentrée qu'elle sentait son cerveau battre contre ses tempes. Daryl n'ouvrit pas la bouche pendant tout ce temps, à part pour lui dire : « Tais-toi » ou « Fais chier » lorsqu'il ratait sa cible, probablement à cause d'elle. De son côté, Kat ne trouva aucun fruit ou plante qui pourrait l'aider, et se contenta donc d'aller chercher les victimes du chasseur lorsqu'il le lui ordonnait. La partie rebelle en elle lui hurlait sans arrêt de l'envoyer au diable, lui et son arbalète à la con, mais elle lui était reconnaissante d'avoir accepté qu'elle vienne, décision qu'il devait regretter à présent, et elle fit du mieux qu'elle pouvait pour ne faire aucun commentaire.
Lorsque le soleil fut à son zénith, ils s'installèrent contre un immense arbre, et Kat distribua la nourriture, qu'ils mangèrent en silence. Daryl positionna correctement la demi-douzaine d'écureuils et de lapins qu'il avait chassé autour de sa ceinture. Puis, au bout d'un moment, à la grande surprise de Kat, Daryl releva la tête, et demanda
- C'que tu dois chercher…ton truc-là…en quoi ça va aider Lori ?
Passé la première stupeur de l'entendre PARLER, et surtout dire autre chose que des vacheries, Kat répondit, tandis qu'elle tendait la bouteille à Daryl :
- Lori manque de vitamines. Et d'un tas d'autres trucs indispensables à la grossesse. On n'a pas mangé de fruits depuis des mois, le stress est omniprésent dans nos vies et on ne peut plus dormir plus de quelques minutes à chaque fois. Ce ne sont pas vraiment les conditions idéales pour une femme enceinte. Elle risque de faire une fausse couche.
- Parce que t'es toubib, ou un truc du genre ?
- Pas vraiment. J'étais en internat de médecine, en fait. Mais oui, on peut dire que je suis toubib.
- Toi ? demanda Daryl, incrédule.
- Oui. Pourquoi, ça t'étonne ? interrogea en retour Kat, intriguée par la réponse du chasseur.
- Bah, j'te voyais plus comme une défenseuse des droits d'la femme, vu comme tu m'as cassé les couilles avec ton truc de « J'peux buter un rôdeur, connard », qu'tu m'as lancé quand j'ai osé m'inquiéter pour toi.
- Ah, donc tu t'inquiétais pour moi ? répéta la jeune femme avec un grand sourire.
- Ouais, mais j'pensais pas à ce moment-là que tu m'enverrais sur les roses comme tu l'as fait.
- Désolée, s'excusa en riant Kat, tentant vainement de ne pas rire à la mine dramatique que prit le chasseur à ce moment-là. Puis, reprenant son sérieux, elle déclara :
- Merci de t'être inquiété pour moi. Et d'avoir accepté que je t'accompagne aujourd'hui. J'aurais pas dû me montrer aussi…
- Chiante ? tenta l'homme, recevant un regard noir de la part de l'intéressée.
- J'allais dire blessante, mais je suppose que chiante convient aussi.
Ils s'échangèrent un dernier regard, comme pour sceller ces excuses, puis Daryl se leva, incitant sa coéquipière à faire de même.
- On a encore une vingtaine de bestioles à chasser avant de renter. Au boulot ! annonça-t-il tout en s'éloignant, Kat le suivant.
Et, tandis qu'elle reprenait le rythme de la marche que lui imposait l'homme, la jeune femme songea avec stupeur qu'ils venaient d'avoir leur première véritable conversation, et qu'ils ne s'étaient pas mal débrouillés. Avec un sourire qu'elle ne chercha pas à dissimuler, Kat se dit qu'elle s'était vraisemblablement trompée sur Daryl Dixon.
L'après-midi, ils tuèrent encore une bonne dizaine de rongeurs, et lorsque le soleil commença à décliner à l'horizon, la ceinture de Daryl était pleine de cadavres d'animaux qui pendaient lamentablement autour de ses cuisses. Avec un soupir de résignation, l'homme décida qu'il était temps de rentrer avant qu'il ne fasse nuit, et tous deux reprirent le chemin du retour. Daryl les avait guidés de telle sorte qu'ils ne fassent par un simple aller-retour, mais plutôt une grande boucle, leur permettant de ne pas perdre de temps. Ils avaient fait un petit bout de chemin en silence, sortant d'une clairière dans laquelle Daryl avait tué un lapin qui tentait de s'enfuir, et allaient replonger dans la forêt sombre lorsqu'un bruit devant eux fit stopper l'homme.
Aussitôt tendu comme un arc, le chasseur, se positionna sur ses jambes, faisant passer l'arbalète devant lui en un ample mouvement du bras. De l'autre, il fit s'arrêter la jeune femme, tendant le bras derrière lui pour forcer Kat à se mettre derrière lui. Celle-ci dégaina silencieusement son arme, prête à se battre. Ils restèrent ainsi plusieurs secondes qui s'égrenèrent comme des heures, puis enfin, une chevelure noire surgit à travers les feuillages. Resserrant sa poigne sur son arme, Daryl fixa le nouveau, ou plutôt la nouvelle venue tandis qu'elle s'extirpait de la forêt, et relevait la tête. Elle était afro-américaine, la trentaine, un sabre dans la main. Elle semblait fatiguée, et de larges taches de boue et de sang maculaient ses vêtements. Et, lorsqu'elle vit les deux chasseurs, elle tendit immédiatement son arme devant elle dans une position agressive. Daryl allait hurler « Qui êtes-vous ? » lorsqu'une deuxième personne fit son apparition, se positionnant à côté de l'intrus. La mâchoire de Daryl tomba lorsqu'il la reconnut. Il balbutia, hébété :
- Andrea ?
La blonde écarquilla les yeux, surprise, et toute fatigue sembla s'envoler de son visage. Dans le même mouvement, elle laissa tomber l'arme qu'elle tenait en main, et trébucha sur quelques pas, voulant s'approcher des deux partenaires.
- Daryl… ? demanda-t-elle à son tour, n'en croyant pas ses yeux. Je...Je croyais de vous étiez morts, avoua-t-elle tout en fixant l'homme comme si il allait vraiment s'envoler sous ses yeux.
- On pensait la même chose de toi, rétorqua le chasseur, alors qu'un sourire discret apparaissait sur ses lèvres. Il écarta ses bras de sorte à ne plus viser les deux femmes de sa flèche, et jetant un coup d'oeil à la lame que brandissait encore l'inconnue, il fronça les sourcils, mimique qu'Andrea interpréta aussitôt.
- Ce sont des amis, dit-elle à l'afro-américaine, désigna vaguement son arme. Tu peux la ranger.
Ce qu'elle finit par faire, plusieurs secondes plus tard, une fois qu'elle eut suffisamment jaugé l'homme. Mais Daryl ne pu que remarquer qu'elle gardait sa main près de sa ceinture, afin de pouvoir saisir le plus rapidement possible son arme en cas de besoin. Cette simple marque de prudence, au lieu de contrarier Daryl, l'impressionna et lui fit apprécier la femme. Aussi, désignant de la pointe de son arbalète la femme noire, il adressa un regard interrogateur à Andrea, qui répondit :
- Elle s'appelle Michonne. Et c'est grâce à elle si je suis en vie.
Daryl hocha la tête à la présentation. Dans ce nouveau monde, le nom de famille, l'age ou la profession n'étaient plus importants, mais rien ne définissait mieux une personne que ses actes de bravoure. Et, avec ces deux phrases qui ne disaient, à priori, pas grand chose sur Michonne, la jeune femme acquit le respect de Daryl. Mais Andrea ne s'arrêta pas à cela. Jetant un coup d'oeil à Kat, restée en retrait derrière Daryl, elle demanda :
- Et elle, c'est qui ?
Kat résista à la tentation d'être vexée par le ton dédaigneux que la nouvelle venue avait employé et de lui répondre comme elle l'aurait fait en temps normal. Elle n'en eut d'ailleurs pas le temps, puisque, sans la regarder un seul instant, Daryl répondit :
- C'est Kat. Elle et son groupe nous ont rejoints quand on a investi la prison. Ils sont clean.
- La prison ?
- Ouais, on a trouvé une prison fédérale, y a quelques jours. On s'y est installé.
Toujours aussi loquace, songea Kat tout en observant les deux femmes qui avaient surgi. Andréa semblait être quelqu'un d'important pour Daryl. Et Michonne, une sorte de rambo-woman si elle tenait compte de la quantité d'armes qu'elle voyait à sa ceinture. Son sabre, évidemment, mais aussi quelques couteaux de différentes tailles, un flingue, et un nunchaku. Kat s'interrogea d'ailleurs sur l'utilité d'un tel instrument contre les rôdeurs. Mais elles semblaient aussi épuisées, avaient le trait cireux, et visiblement tous les signes de sous nutrition.
Alors, à défaut de leur donner de la nourriture, ils avaient tout mangé le midi même, Kat sortit de son sac la bouteille d'eau à moitié pleine qu'il leur restait, et, prenant son courage à deux mains, s'approcha d'Andrea et de Michonne. Elle vit les yeux d'Andrea s'ouvrir d'avantage à la vue du liquide, et elle s'empara de la bouteille aussitôt que celle-ci fut à sa portée, débouchant et buvant en un temps record. Elle étancha longuement sa soif, avant de se stopper et jeter un regard contrit à Michonne, qui dut finir les quelques centimètres de hauteur d'eau qui restaient dans la bouteille. Revenant près de Daryl, Kat croisa son regard. Un regard indéchiffrable.
- En route, finit-il par annoncer, repositionnant de l'arbalète dans son dos. On a encore quelques kilomètres à faire avant d'arriver à la prison, et il va bientôt faire nuit.
D'un geste, il incita Kat à se mettre en route, se plaçant juste derrière elle comme pour servir de rempart encore elle et les deux femmes. Celles-ci le suivirent, Andrea enfin rassurée, et Michonne préoccupée d'être avec des gens dont elle ne savait rien.
A suivre...
