kikou.

Bon avant toute chose je tiens à remercier tous ceux/celles qui me laissent une review, c'est plus qu'appréciable, ça me donne la motivation pour continuer, donc merci infiniment aux revieweurs/ses, mais merci aussi aux lecteurs...

Deuxième pitite chose, je viens de m'apercevoir que la mise en page des chapitres et pas top moumouth sur ce site, donc désolée d'avance si ça bug encore, sachant que normalement les dialogues sont en gras, les pensées en italique et les paragraphes sont mieux distincts... mais bon du moment qu'il y a toutes les lettres...

à part ça voilà donc le chapitre 06 (et comme j'arrivais pas à l'uploader il a bien fallu que je magouille à partir d'un autre chap, pffff ce site ^^), et franchement c'est pas mon préféré mais bon, j'espère quand même qu'il vous plaira^^

so R&R!

Enjoy ^^


06


- « Debout là-dedans ! »

Ses paupières s'ouvrirent instantanément. 'Oh non pas encore.'

Arthur retira ses couvertures d'un geste rapide et s'assit au bord de son lit, la tête baissée, le regard fixé sur ses mains. Il n'y avait plus de sang dégoulinant de ses doigts mais il pouvait tout de même encore sentir l'odeur nauséabonde qui s'y rapportait.

- « Inutile de geindre Arthur, c'est vous qui m'avez demandé de vous réveiller avant les premières lueurs du jour… Vous ne vous en prenez donc qu'à vous-même si vous pensez que votre temps de sommeil ait été limité…»

Pour toute réponse le Roi vomit tripes et boyaux sur le parquet de sa chambre royale.

Merlin posa assiette de fruit et gobelet expressément sur la table, avant de courir aux côtés de son ami.

- « Arthur ! … êtes-vous souffrant ?»

Le Roi releva doucement la tête pour regarder son valet qui semblait extrêmement inquiet pour lui… quelle ironie.

Il n'en pouvait plus. Trois fois qu'il le voyait trépasser de façon atroce. Trois fois mort dans ses bras. Trois fois qu'il ne pût faire quoi que ce soit pour le sauver. Et la troisième fois, c'est même lui, son Roi, son ami, qui lui donna le coup fatal. Arthur vomit de nouveau, ne pouvant retirer ses images insoutenables de son esprit.

- « Je pense que vous devriez vous recoucher Sire ! » S'enquit Merlin en attrapant son jeune Souverain par les épaules, essayant désespérément de le remettre au lit.
- « Pourquoi ne m'as-tu pas écouté Merlin ?
- Euh… à quel sujet ?
- …Pourquoi m'as-tu suivi alors que je t'avais ordonné de rester à Camelot ! » Continua Arthur fixant le plafond, sans faire cas de son compagnon qui semblait être dans l'ignorance la plus totale.
- « Pardonnez-moi, mais je suis un peu perdu Messire…De quoi êtes-vous en train de parler ?
- …Je t'avais pourtant dit que c'était dangereux, je t'avais dit que tu allais mourir…
- D'accord,… je crains que vous ne soyez sujet à une forte fièvre…
- …Mais non, tu n'écoutes jamais, tu fais toujours ce que bon te semble, sans te rendre compte des conséquences!
- Evidement, bien sûr, oui… euh, je pense que je devrais aller chercher de l'aide…
- N'as-tu donc aucun sens de préservation Merlin ?»

Arthur dévia son regard pour fixer son ami qui tentait de remettre les couvertures sur lui, totalement désorienté par ses paroles. Il devait trouver une solution. Il ne pouvait continuer de revivre cette journée, il ne pouvait plus voir Merlin mourir dans ses bras, il ne pourrait le supporter d'avantage.

- « Je crois que tu as raison, nous devrions aller voir Gaius… » Lança-t-il d'un ton décidé en s'asseyant de nouveau dans son lit, alors que son serviteur avait enfin réussi à le recouvrir.
- « Et bien je ne vous l'ai pas encore proposé… mais c'est en effet ce que j'allais vous dire… » Fit le jeune magicien de plus en plus perplexe.
- « Je sais !»

Merlin grimaça d'incompréhension. Mais sa stupeur fût de courte durée puisque le tocsin se mit à résonner, suivit de près par l'arrivée rocambolesque de sir Léon.

- « Désolé de vous importuner Sire, mais un homme correspondant à la description du sorcier que vous avez croisé hier dans les bois, a été…
- Stop ! » Hurla le Roi, mettant fin à ses insoutenables paroles identiques, matin après matin. « Cet homme, ce bâtard de sorcier, a été vu dans la ville basse : je sais ! Il y a eu des morts : cela aussi je le sais ! Et non, je ne veux pas voir les témoins pour avoir plus de renseignements, CAR JE SAIS DEJA TOUT CE QUI S'EST PASSE!»

Léon se retourna, déconcerté, vers Merlin qui lui, haussa les épaules, totalement dépité.

- « Prends Gauvain, Elyan et Perceval avec toi et recherchez-moi ce foutu sorcier!» Ordonna Le Roi autoritaire.

Le chevalier acquiesça d'un signe de tête, sans ajouter un mot, avant de se retourner vers la sortie.

- « … Et Léon ! Faîtes attention, des bandits vont vous attaquer à la lisière de la forêt d'Ascetir ; vous aurez facilement le dessus mais prenez garde tout de même, ils seront très nombreux…» Ajouta Arthur sans se soucier de la tête décomposée des deux hommes en face de lui.

Le soldat jeta un regard confus à Merlin, qui lui-même, fit signe qu'il ne comprenait pas plus que lui, avant de quitter définitivement la pièce sur les ordres du Roi.

- « Arthur, vous ne semblez guère dans votre état normal… et c'est un euphémisme quand je dis cela, croyez-moi !
- Suis-moi ! On doit trouver Gaius, il aura peut-être des réponses…» Finit Arthur en mettant expressément sa chemise sur son dos avant de quitter ses appartements, agrippant un Merlin pour le moins perturbé, par le bras.


Les rayons du soleil matinal traversaient les alcôves du long corridor dans lequel Arthur marchait à grands pas, tirant son serviteur par la manche de sa veste avec fermeté.

- « Saviez-vous que j'ai appris à marcher à seulement 9 mois Sire ?
- Et ?
- Je n'ai donc besoin d'aucune aide pour me déplacer à pied depuis ce jour !»

Le Roi se stoppa net, grimaçant vers son serviteur, sans réellement comprendre sa remarque. Il n'eût pour réponse que le regard bleu de son valet insistant sur ses propres doigts, toujours inlassablement cramponnés à la jaquette de ce dernier. Dans un élan d'embarras, Arthur relâcha sa prise et s'éclaircit la gorge, relevant la tête dignement.

- « Ta lenteur est un réel handicap pour moi Merlin, tout comme le sont ta maladresse et ta stupidité… » Lança Le Roi reprenant sa marche le long du couloir royal, feintant l'anxiété qui le rongeait.
- « Ne vous inquiétez pas de ma rapidité à vous suivre Sire, votre embonpoint me laisse une marge suffisante pour limiter votre vitesse légendaire…
- Merlin…
- La… ferme ?»

Arthur offrit un sourire narquois à son valet en guise de confirmation.

Ils continuèrent leur chemin en direction des appartements du médecin de la cour, seulement à leur plus grand désarroi, il ne s'y trouvait guère.

Ils mirent la matinée entière à la recherche du vieil homme, en vain. Ils fouillèrent les moindres recoins du palace, explorèrent la citadelle ainsi que les rues de la ville basse mais pas de traces de Gaius.

- « Nous l'avons forcément croisé, il ne peut pas s'être volatilisé.» Lança Merlin, fatigué de cette longue marche à travers la cité, aux côtés d'un Roi désespérément silencieux et irritable.

Il avait pourtant essayé maintes fois de comprendre le pourquoi de son comportement mais son ami restait de marbre, aucun mot, aucune explication, juste des regards soucieux.

- « Retournons vers ses appartements, il y refera bien surface à un moment ou à un autre.» Bougonna Arthur à la limite de l'explosion nerveuse.

Le jeune magicien souffla de soulagement. Au moins il pourrait se poser chez son mentor en attendant son arrivée.

Ils réempruntèrent donc le long couloir qu'ils avaient pris tôt le matin, mais dans le sens inverse.

La porte à l'autre bout du corridor s'ouvrit pour laisser apparaitre Guenièvre, son visage s'éclairant en voyant Arthur.

Sa bonne surprise ne fût que de courte durée en apercevant les traits crispés de son Roi.

- « Vous semblez soucieux… » Commença la jeune femme, arrivée à la hauteur de ses amis.
- « Si peu… » Répondit Arthur, sans cacher son ton ironique.
- « J'ai croisé Elyan dans la cour il y a quelques heures, il partait à la recherche de ce sorcier dont vous nous avez parlé hier soir…
- Je crains que cette quête ne soit perdue d'avance…
- Vous ne vous êtes pas joint à eux ?
- J'ai déjà fait cela … » Marmonna le Roi laissant ses amis dans l'incompréhension la plus déroutante.
- « Pensez-vous que cet homme soit responsable des morts des trois villageois décédés ce matin ? » Continua Gwen, malgré le comportement étrange de son Souverain.
- « Il y a des chances…
- Certains racontent que c'est après que ce sorcier les ait touchés qu'ils sont morts…
- Quelle idée …!»

Le servant écoutait attentivement les dires de son amie et se tendit automatiquement en entendant les racontars des paysans. Se pourrait-il qu'il court un risque juste parce que cet homme l'eût touché ?

- « Vous êtes inquiet pour lui, n'est-ce pas ?» Fit Guenièvre en regardant Merlin « Ne nous avez-vous pas dit hier que cet individu l'avait touché également ?
- J'aurais du mal à l'oublier…»

Le jeune magicien restait toujours extrêmement discret mais pour le moins anxieux ; le comportement d'Arthur ne l'aidant pas le moins du monde.

- « Retrouvez cet homme, Sire, avant qu'il ne fasse d'autres victimes …»

Sur ces mots, le Roi sentit la nausée s'installer de nouveau. Merlin fixa son ami et comprit alors qu'il était temps de repartir s'il ne voulait pas à avoir à nettoyer le couloir en plus de la chambre du Roi.

- « Nous allons voir Gaius de ce pas pour savoir s'il n'aurait pas quelconque information sur ce soit disant sorcier, nous te tiendrons au courant Gwen.» Déclara Merlin hâtivement en reprenant le chemin d'un pas assuré, laissant leur amie derrière eux d'un sourire amical.

Le serviteur s'assura que la jeune femme ne soit plus à porter de ses paroles, passa alors devant Arthur et le stoppa en lui posant une main sur le torse.

- « Ca suffit, que me cachez-vous ?
- Ce n'est point le moment Merlin !
- Je ne bougerai plus nulle part sans avoir une explication !
- Je n'ai pas à te donner d'explication, je suis le Roi et tu n'es qu'un…, je pourrais te mettre au pilori pour un tel acte…
- Il se passe quelque chose et je veux savoir ce que c'est. Vous vous réveillez malade, vous dites des paroles qui n'ont aucuns sens, vous vous comportez de façon bizarre avec tout le monde, vous ne répondez à aucune de mes questions, et dès que l'on fait allusion à ce sorcier, vous devenez aussi irritable que Gauvain s'il avait été privé de taverne !... Arthur, dites-moi ! » Le jeune magicien reprit sa respiration, abandonna son expression offusquée pour laisser place à ses yeux de chien battu « ... Quoique cela puisse être, vous savez que je peux vous aider !
- Je crains que non Merlin, pas cette fois » Lança Arthur affligé.
- « Racontez-moi … s'il vous plait!»

Arthur prit quelques secondes de réflexion et regarda son ami dans les yeux.

- « Tu ne m'as pas réellement cru la première fois…
- La première fois ?
- Je revis cette journée, Merlin, encore et encore, et je ne sais comment arrêter ce fléau…
- Quoi ? » Le servant semblait réellement déboussolé devant l'aveu de son ami.
- « Ce sorcier, il a fait quelque chose, je ne sais pas ce que c'est, mais je revis les mêmes scènes … c'est insupportable…
- Ne pensez-vous pas qu'il ne peut s'agir que d'un simple tour dû à votre imagination…
- Tu m'as déjà dit les mêmes paroles la dernière fois !... et ne me demande pas ce qu'il va se passer ensuite, puisque je modifie le court des choses à chaque nouvelle décision que je prends…!»

Le jeune serviteur resta coi devant ces déclarations. Mais vu l'expression mortifiée de son ami, il lui laissa tout de même le bénéfice du doute.

- « Je sais que c'est difficile à croire Merlin mais il ne nous reste plus beaucoup de temps, nous devons absolument trouver Gaius, il est mon dernier espoir…
- Plus beaucoup de temps… à quoi ?... Vous ne me racontez pas tout n'est-ce pas ?»

Arthur resta silencieux, comment pouvait-il annoncer à son ami qu'il était mort trois fois, dont l'une par sa main. Il fixait la cour royale lumineusement ensoleillée par l'une des alcôves, perdu dans ses pensées lugubres. Mais en regardant les faibles ombres se renvoyant sur les pavés de la place, son cœur s'accéléra inévitablement. Il n'avait pas vu à quel point le soleil était haut, annonçant sans ambiguïté, le moment de la journée.

- « Quelle heure est-il ? » Demanda t-il expressément.
- « Euh, je ne sais pas… je crois que nous avons loupé le déjeuner… » S'enquit Merlin dubitatif devant ce changement brutal de sujet de conversation.
- « Nous devons être en plein milieu de l'après-midi !... Depuis combien de temps les chevaliers sont-ils partis ?
- D'après Gwen, plusieurs heures…
- … et tu n'es pas mort !
- Euh…
- A cette heure-ci hier tu étais mort !
- Je suis sûr que non Arthur, j'étais vivant hier… vu que je le suis aujourd'hui…
- Non, je veux dire, j'ai réussi, j'ai empêché que tu ne meurs aujourd'hui ! Pas de mercenaires, pas d'épées, pas de lances, pas de mort !
- J'ai dû rater une partie de l'histoire je crois…
- Merlin ! L'heure où tu es sensé mourir est passée ! Je pense que le temps va reprendre son cours normal des choses, tu n'es pas mort… tu n'es pas mort! » S'exclama Arthur tout sourire, en posant sa main droite sur l'épaule de son servant et l'autre sur la poignée de la grande porte en bois.
- « C'est mieux, en effet…» Conclut le jeune magicien totalement perdu, lui emboitant le pas.

Le Roi, enthousiaste ouvrit l'accès du corridor et laissa passer Merlin le premier vers l'escalier donnant au hall d'entrée. Ce dernier tourna la tête vers son ami, n'ayant strictement rien compris à ses déclarations, mais tout de même heureux de le voir si réjouit et euphorique. Seulement avant qu'il n'eût l'occasion de le questionner plus ardemment sur son soudain changement de comportement et sur ses dernières élucubrations, il avança d'un pas, regardant toujours derrière lui, et manqua la première marche. Son corps partit en avant malgré lui, et il dévala tout le colimaçon de pierre, avant d'arriver en bas lourdement, inerte.

- « Merlin ! » Hurla le Souverain en descendant les marches quatre à quatre pour rejoindre son ami immobile. « Non …»

Du sang coulait atrocement de sa bouche ouverte, contrastant avec la pâleur de ses joues creuses, et ses yeux, voilés, étaient restés grands ouverts, mais aucune expression ne s'y reflétait plus. La nuque était brisée. Il était trop tard. Il ne respirait plus. Son cœur s'était arrêté de battre. Mort, une fois de plus.

Arthur tomba à genoux anéanti. Il posa sa main sur les yeux de son ami pour les clore définitivement, ne pouvant supporter, plus alors, ce regard vide. Derrière lui résonnait le grincement exaspérant d'une charrette rouillée.

Il ne se retourna pas. Il ne bougea pas. Il ferma juste ses yeux humides quelques secondes avant de les rouvrir et de se laisser envelopper par la lueur blanche aveuglante.


- « Debout là-dedans !»