Auteur: Claire1663
Bêta : Vinnie
Disclaimer: Tous les personnages ainsi que l'histoire originale appartiennent à JK Rowling.
Titre : Manipulations.
Résumé: Harry va à la rencontre de Voldemort dans la Forêt Interdite lors de la Grande Bataille mais lorsque le sort de la mort le frappe, la vérité éclate.
Aide à la lecture : UA. Personnages OOC. Amélia Bones est vivante ainsi que Dumbledore. Tom Jedusor a ouvert la Chambre des Secrets, non en 1943 mais en 1945 (sa dernière année à Poudlard), la même année où Dumbledore réussit à vaincre Grindelwald. Adriana Dumbledore décède en 1945 au moment du duel entre Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald.
Voldemort a pris le pouvoir au Ministère mais Poudlard reste le dernier endroit libre du monde sorcier. Harry est bien parti à la chasse au Horcruxes au cours de l'année et revient à Poudlard pour retrouver le diadème.
Comme pour les livres, Voldemort comprend que ses ennemis connaissent l'existence des Horcruxes et tentent de les détruire. Il décide donc de se confronter à la dernière poche de résistance, Poudlard, ainsi qu'à Dumbledore et Harry Potter.
L'histoire débute au moment où Harry rejoint Voldemort dans la Forêt interdite. La scène dans laquelle il plonge dans la Pensine dans le bureau de Dumbledore n'a pas eu lieu.
Note de l'auteur : Je tiens encore à m'excuser de ne pouvoir répondre aux reviews. Jusqu'à septembre cela va être difficile car je termine actuellement mon mémoire mais sachez que je vous remercie pour vos reviews, elles me font extrêmement plaisir et me motive à publier chaque semaine. Merci à vous.
Bonne lecture.
Chapitre 7 Décisions
Fleur regarda son mari faire un mouvement de recul et être surpris. Elle ne comprit pas tout de suite mais c'est en suivant le regard de Bill, qui était dirigé vers Harry, qu'elle comprit.
Cela l'avait étonnée également, mais qui était compréhensible au vu des derniers évènements. Le physique d'Harry avait changé. Lorsqu'elle l'avait récupéré, elle n'avait pas réellement prêté attention mais maintenant elle pouvait voir les différences qui s'opéraient petit à petit. Elle vit la ressemblance frappante avec James Potter s'amoindrir et voir apparaître des traits plus fins, plus nobles et indéniablement plus Malefoy.
Etant le fils des Potter et des Malefoy, Harry avait les traits de caractère de chacune des familles. Il ne ressemblait plus à celui qu'il était autrefois. Avant, il avait été un beau jeune homme mais aujourd'hui, il était réellement superbe. Il était un parfait mélange de la nonchalance des Potter avec l'élégance des Malefoy, sans oublier les apports de la famille Black et Evans. Tout cela formait un être qu'on ne pouvait ignorer et qui ferait certainement des ravages.
Un autre choc que devra encaisser Harry. Fleur commençait à désespérer. Plus le temps passait, plus les évènements bousculaient Harry qui ne voyait pas le moyen de s'en protéger. Il devait y faire face.
Bill était resté à l'entrée de la chambre. Il avait repris ses esprits et contemplait le jeune homme sur le lit. Malgré ces changements, il reconnaissait toujours celui qu'il considérait comme un frère. Il décida alors de prendre la parole :
-Bonjour Harry.
Harry le regarda attentivement, voulant comprendre la réaction de l'aîné des Weasley. Il tenta également de deviner les intentions de ce dernier. Allait-il annoncer sa présence dans cette maison aux autres ? Son raisonnement avait dû se lire sur son visage car Bill comprit aussitôt le malaise d'Harry et voulut le rassurer :
-Harry, tu n'as pas à t'inquiéter. Je ne dévoilerai pas ta présence ici…en tout cas pas dans l'immédiat.
-Et comment puis-je te croire ? Et que signifie « pas dans l'immédiat » ?
Bill s'approcha du lit et s'y assit. Il plongea son regard dans celui d'Harry et lui prit délicatement sa main :
-Je te promets Harry que je n'irai prévenir personne même si, au début, je n'étais pas d'accord. C'est Fleur qui m'a dissuadé de le faire et en voyant ton état, je ne peux qu'être d'accord avec elle. Tu as besoin de repos !
Harry se tourna vers Fleur et la remercia d'un sourire si éblouissant que Fleur ne put s'empêcher de rougir.
-N'en profite pas pour draguer ma femme, reprit Bill avec le sourire en se moquant de Fleur.
Les occupants de la chambre se mirent à rire de bon cœur, soulageant leurs esprits et profitant de ces temps de paix qui s'installaient. Pourtant Bill prévint Harry :
-Harry, tu es ici le bienvenu et tu peux rester autant de temps que tu veux mais je ne peux que t'affirmer qu'à un moment ou à un autre, il va falloir que tu reviennes sur le devant de la scène. Des personnes comptent sur toi…
-J'en ai assez d'être celui qui doit régler les problèmes des autres. J'ai fait ma part et j'en suis mort. Je suis revenu à la vie et ce n'est pas pour, de nouveau, la sacrifier pour les autres. Je suis désolé. Cela peut paraître égoïste mais je suis fatigué de tout cela.
-Harry, je comprends parfaitement. Je ne pensais pas vraiment au monde sorcier. Même s'il est vrai qu'il faudrait que tu fasses une déclaration sur les derniers évènements. Je voulais parler de ma famille, de tes amis et… des Malefoy…
-Je ne veux pas les voir !
-Mais ils sont ta famille et tu fais partie également de la mienne.
-Pour les Weasley, je ne sais pas trop encore. J'ai peur de leurs réactions mais je n'ai aucune confiance en la famille Malefoy et encore moins en Voldemort !
-Pour ma famille, je ne peux que t'affirmer que nous t'aimons tel que tu es. Dès que nous avons su pour tes origines, ma mère n'a pas cessé de t'aimer. Elle n'a pas hésité à suivre Narcissa et Drago Malefoy dans la Forêt Interdite à la recherche de ton corps…Les Malefoy sont également désespérés. Ils sont à ta recherche. Ils veulent te retrouver. Je peux t'affirmer qu'ils t'aiment et désirent te voir !
-Ce n'est pas moi qu'ils veulent, c'est Altaïr Malefoy !
-Mais tu es Altaïr Malefoy.
-Je le suis en partie mais pas totalement. Je suis aussi Harry Potter, le gamin qu'ils haïssent et maintenant qu'ils connaissent la vérité, ils m'aiment sans me connaître ! Désolé, mais je n'arrive pas à le croire.
Bill et Fleur restèrent silencieux. Ils comprenaient parfaitement la logique d'Harry. Apprendre que vous avez quatre parents dont deux décédés et deux, dont un surtout, avaient démontré leur sympathie vis-à-vis des idées de Voldemort et qui s'étaient arrangés, à plusieurs reprises, à prouver sa haine contre Harry Potter n'arrangeait rien. De plus, ils ne connaissaient pas assez la famille Malefoy pour s'assurer de leur raisonnement. Toutefois, ils avaient été témoins de leur détresse, et elle n'avait pas été simulée :
-Harry, dit alors Bill, je peux t'assurer qu'ils étaient inquiets pour toi. Je n'ai jamais vu les Malefoy perdre leur sang froid et leur attitude si hautaine. Donne-leur une chance. Peut-être pas tout de suite, mais plus tard.
-Pourquoi le devrais-je ?
-Parce que voir un père et une mère pleurer un enfant est extrêmement dur à regarder. Et puis, dis-toi que c'est un Weasley qui soutient la famille Malefoy. Rien que pour cela, tu devrais y aller !
Harry ne put que rire devant le numéro de Bill. Pourtant ce dernier redevint sérieux rapidement :
-Et puis, il y a Voldemort…
-Je ne veux ni le voir, ni le connaître, ni avoir le moindre contact avec lui. En fait, je ne veux même pas en entendre parler !
Les deux époux ne cherchèrent pas à discuter plus longtemps avec Harry. Ce dernier ne semblait pas du tout prêt à se confronter à sa famille, ni à l'homme qui lui était destiné. Toutefois, il ne pouvait le lui reprocher. Eux-mêmes n'avaient pas la réelle volonté de se rapprocher d'eux et encore moins dans la même optique que celle d'Harry. De plus, ils attendaient le jugement afin de connaître les véritables faits. Pour l'instant, Harry avait besoin de repos et de soutien et c'est ce qu'ils comptaient lui offrir.
-Harry, nous allons te laisser te reposer. Si tu as besoin de quoi que ce soit, dis-le-nous, dit Fleur.
Harry accepta et s'allongea dans son lit, leur tournant le dos. Le couple sortit de la chambre et descendit pour se retrouver dans la cuisine :
-Alors Bill, que faisons-nous ?
-Laissons-le tranquille pour le moment. Attendons de voir ce que le procès va donner et ensuite nous aviserons. Il a vraiment besoin de repos et son état d'esprit actuel ne ferait peut-être qu'empirer les choses s'il intervenait, que ce soit pour les Malefoy, Voldemort ou pour lui-même.
Fleur hocha la tête d'assentiment. Harry avait besoin de temps et elle était décidée à lui en donner. Le couple se reposa alors. Bill avait donné des nouvelles à sa famille pour le rassurer sur sa santé et celle de Fleur mais il ne leur dit rien sur Harry. Il avait parfaitement ressenti la tension dans la voix de son père malgré leur rencontre via cheminette mais il avait décidé d'aider Harry et il espérait que sa famille lui pardonne plus tard.
Harry entendit le couple sortir et profita de cet instant de solitude tant recherchée pour se laisser aller. Il se mit alors à pleurer et il ne pouvait s'arrêter. Lorsqu'il avait appris la vérité, il n'avait pas vraiment eu le temps de la digérer et il s'était simplement adapté à la situation, essayant de trouver une solution. Puis il avait été sans cesse en contact avec quelqu'un, soit Dumbledore, soit Hermione et Ron. Il n'avait jamais vraiment pu être seul pour faire le point.
Mais maintenant, il l'était et il ne pouvait s'empêcher de pleurer. Pleurer pour cette vie qu'il haïssait tant. Pourquoi le faisait-elle tant souffrir ? Il n'avait jamais pu connaître ses parents, James et Lily Potter. Les Dursley lui avaient toujours affirmé qu'ils étaient décédés dans un accident de voiture pour ensuite apprendre qu'on lui avait menti une première fois et qu'il était non seulement un sorcier, mais l'un des plus connus.
Ensuite étaient arrivées toutes ces péripéties avec Voldemort et d'autres honorables membres de la société sorcière tels que Fudge, Ombrage ou Malefoy….
Mais il avait connu son parrain, Sirius. Il n'avait pas pu le connaître longtemps mais ce fut les plus belles années de sa triste vie. Lorsqu'il mourut, ce fut pour lui une perte irremplaçable. Mais il s'était rapproché de Rémus et Tonks à tel point qu'il le considérait comme son parrain. Mais il mourut également.
Les larmes ne cessèrent de couler.
Il rencontra Grindelwald, alias Dumbledore, et là il apprit la triste ironie qu'était sa vie. Lui, un Malefoy. Cela aurait été comique si seulement cela avait été une blague. Savoir que les Potter, qu'il n'avait jamais connus, avait pris une place si importante dans son cœur pour apprendre qu'il n'était qu'une partie de ses parents et qu'en premier lieu, il était un Malefoy, l'anéantissait.
Il ne voulait pas être proche de la famille noble. Ils l'avaient toujours dénigré sans réellement le connaître et les voir aujourd'hui s'inquiéter pour lui l'énervait. Ils ne le connaissaient pas, l'avaient toujours traité comme un être inférieur et maintenant, il devrait être leur fils chéri. Un fils, héros de la guerre qui plus est. Alors non, il ne voulait pas les rencontrer, ni les connaître.
Le pire était tout de même sa relation avec Voldemort, ou Jedusor. L'homme qui avait tué ceux qu'il considérait comme ses véritables parents, qui avait amené le monde sorcier dans les ténèbres, qui l'avait pourchassé durant de si nombreuses années serait son âme-sœur.
Il voulait hurler. Même s'il faisait abstraction de tout ce que l'homme avait fait étant donné qu'il n'en n'était pas réellement responsable, on lui interdisait la liberté de choisir. Il devait, à nouveau, se plier et abandonner le peu de liberté qu'il avait si longtemps combattue afin de l'obtenir.
Et puis, il ne pouvait même pas s'imaginer en couple avec cet homme. Dumbledore lui-même disait que le sort de Grindelwald n'avait qu'amplifié, négativement certes, la pensée et la volonté de Jedusor. Même s'il n'aurait jamais été un mage noir, il aurait été un homme étant attiré par la magie noire et lui, héritier d'une famille de sang-pur, aurait été son compagnon agréant à ses idées. Jamais !
Avait-il seulement eu le contrôle sur sa vie ?
C'est sur cette constatation qu'Harry avait décidé de se sacrifier. Il devait mourir pour que le sort de Grindelwald soit définitivement détruit et il l'avait fait, sans regrets. Seulement triste d'abandonner ses amis mais si heureux de retrouver une certaine liberté et également les êtres si chers à son cœur qu'on lui avait arrachés.
Et ces derniers l'avaient accueilli, les bras grands ouverts, tel qu'il était, sans chercher à le considérer comme un héros, un gamin, un sauveur mais comme un membre de leur famille, ayant ses qualités et ses défauts, et ils étaient fiers de lui.
Pourtant, ils lui avaient donné une autre chance. Celle de revivre, de retourner dans le monde des vivants et de le laisser libre de ses choix. Il avait accepté autant parce que sa vie lui importait que parce qu'il voulait détruire l'homme qui avait été à l'origine de tous ses malheurs et de ceux de nombreux autres sorciers.
Mais il avait espéré. Espéré de ne pas revoir la famille Malefoy, de ne pas revoir un Jedusor jeune et dans une grande forme, une famille voulant l'accueillir, un homme voulant le séduire.
Il voulait être libre. C'est pourquoi il avait saisi l'opportunité lorsqu'il vit Fleur et aujourd'hui, on lui accordait le temps, le choix qu'on lui avait tant de fois refusé. Il savait qu'ils ne le dénonceraient pas même si Bill ne laisserait pas cette situation s'éterniser. Mais il pouvait respirer, pleurer et se laisser abandonner à ses pensées et réfléchir à ce qu'il allait faire.
Il s'endormit alors sur cette pensée.
La famille Weasley venait d'enterrer Fred, Rémus et Tonks. Comme pour la plupart des sorciers, ils avaient décidé d'emmener leurs proches dans leurs dernières demeures avant que le jugement commence. Il n'y avait qu'une personne qui manquait, Harry.
Ron et Hermione restaient souvent seuls dans une chambre à tenter de retrouver leur ami et surtout de comprendre pourquoi ce dernier ne leur avait rien dit. Bien évidemment ils avaient compris qu'Harry ne voulait pas les inquiéter en leur révélant la vérité mais il avait dû certainement été effrayé par leurs réactions. Ron, d'ailleurs, semblait culpabiliser d'avoir souvent abandonné son ami au moment où il en avait le plus besoin mais savoir que ce dernier était seul, à nouveau, pour affronter les derniers évènements et dans un état grave, l'effrayait. Seule Hermione pouvait le calmer. Elle avait peur pour son ami mais elle sentait qu'il allait bien ou en tout cas, qu'il n'était pas en danger. Le connaissant, il devait certainement faire le point de tout ce qui lui arrivait et elle pouvait le comprendre.
Les membres de l'Ordre, et plus particulièrement le professeur McGonagall, semblaient dépités face à la tâche monstrueuse qu'avait dû affronter, seul, Harry, un enfant. Un de ses lions. Elle ne pouvait qu'être fière de ses exploits mais une boule d'amertume lui enserrait la gorge, comme celles de nombreux adultes, qui se trouvaient incapables de quoi que ce soit. Ils ne savaient même pas où ce dernier se trouvait et cela commençait sérieusement à l'inquiéter. Elle ne se pardonnerait jamais s'il arrivait quelque chose.
La mort de Severus la travaillait également. Miss Granger et monsieur Weasley lui avaient décrit sa triste fin mais ils avaient réussi à apprendre que l'homme n'était qu'un espion pour le compte de l'Ordre et qu'il avait fait en sorte de les aider au maximum. Au vu de cette information, elle se sentait encore plus misérable. Severus, qui n'avait jamais démontré d'affection pour le jeune Potter, avait été celui qui l'avait protégé au mieux. Et pour cela elle le regrettait énormément.
Molly Weasley semblait, quant à elle, complètement perdue. Elle venait de perdre un fils, et un deuxième était porté disparu et devait être dans un état critique. Elle n'arrivait pas à se réconforter à l'idée de savoir que tout était terminé. Au contraire, elle ne voyait que des innocents morts, des enfants ayant combattu et perdu tellement. Elle avait l'impression d'avoir mal agi en tant que mère puisque ce sont ses enfants qui avaient dû payer le plus lourd tribut.
Harry !
Par Merlin qu'elle pouvait se sentir coupable pour cet enfant. Avec tout ce qu'il avait enduré, il venait d'apprendre que tout n'était encore que mensonge et qu'il n'avait été qu'un pion dans les mains d'un fou. Et il n'avait pas été le seul. Tant de vies perdues.
Avec Arthur et les autres membres de l'Ordre, ils avaient décidé de participer au jugement. Elle voulait connaître la vérité et décrire, dans les moindres détails, la Grande Bataille, comme les journaux aimaient à la raconter.
Le monde sorcier s'était réveillé lors de la fin de la Bataille et nombres d'entre eux voulaient tout simplement éradiquer définitivement tous ceux qui présentaient une menace, qu'ils soient innocents ou non. Et cela elle ne le voulait pas et elle n'était pas seule. Tous ceux qui avaient participé à la rébellion voulaient que la vérité soit connue du grand public. Et le nouveau ministre avait particulièrement insisté sur ce fait.
Shacklebolt avait été élu ministre de la magie et par une grande majorité. Tous le voyaient comme un être intègre, puissant et surtout un héros de la guerre. Molly et les membres de l'Ordre le voyaient comme un activiste notoire de la lutte contre le Seigneur des Ténèbres mais surtout témoin des derniers évènements.
Il avait également la volonté de rayer définitivement les erreurs du passé pour ne plus jamais voir un cas comme Sirius Black. Et Molly savait qu'Harry l'aurait voulu. Qu'une justice équitable, incorruptible et juste soit mise en place. Que seule la vérité soit dite et qu'un jugement adéquat soit décrété. Il avait donc mis en place un jugement basé sur de véritables preuves ainsi que les déclarations des prisonniers et des participants de la Bataille.
D'ailleurs aujourd'hui, les témoignages allaient être pris. Nombreux attendaient avec impatience les conclusions de l'enquête et connaître enfin la vérité. C'est pourquoi elle avait suivi l'affaire avec la plus grande attention, espérant comprendre la situation mais également saisir une information qui aurait pu l'aider à retrouver Harry.
Toute cette histoire l'avait énormément rapprochée de Narcissa Malefoy. Cette dernière n'avait pas été emprisonnée puisqu'elle ne faisait pas partie du cercle des Mangemorts. Au contraire de son mari et de son fils.
Elles se rendaient fréquemment au ministère pour voir l'équipe qui recherchait Harry. Elles avaient ainsi fait connaissance et appris à se connaître.
Elles se découvrirent de nombreux points communs tels que l'importance de la famille. D'ailleurs la matriarche des Malefoy avait partagé ses condoléances face à la disparition de Fred, la soutenant dans la tragédie de la perte d'un enfant.
Toutes les deux étaient acharnées dans la recherche d'Harry et voulaient à tout prix le retrouver. Elles s'inquiétaient énormément de la santé physique du jeune homme, surtout en considérant les derniers jours et les différentes confrontations de ce dernier. Mais elles s'inquiétaient également pour sa santé mentale.
Narcissa Malefoy avait totalement conscience qu'Harry Potter n'accepterait pas facilement d'être Altair Malefoy, fils aîné de la famille noble mais également compagnon de Tom Jedusor. Et c'est cela qui l'effrayait. Quelle était sa réaction ? Il n'avait pas hésité à sacrifier sa vie et elle s'angoissait à l'idée qu'il retente cette expérience.
Elle voulait également le consoler de ces changements arrivés si vite. Elle comprenait parfaitement la frayeur qu'il pouvait ressentir mais elle voulait simplement le mettre à l'aise, le protéger et l'aimer.
Il était son fils. Et cela ne changerait rien.
Le pire était d'accepter que son fils était sous ses yeux depuis le début, connu de tous et à portée de main. Savoir également que les différends avec sa famille étaient certainement un frein à leurs retrouvailles l'anéantissait. Son fils ne voudrait peut-être jamais les connaître.
Elle espérait du fond du cœur avoir une chance de lui parler au moins une fois mais Lucius et Drago, eux, semblaient complètement dévastés à l'idée de n'être que haïs par leur fils et frère. Elle savait que ces derniers se reprochaient d'avoir non seulement eu des paroles et des gestes déplacés envers Harry mais de l'avoir également trahi, voire mis en danger. Elle n'avait pas vu fréquemment son mari si désespéré. Si son fils disparu décidait de ne leur laisser aucune chance, elle s'inquiétait de la réaction de son mari.
Lucius Malefoy se trouvait près de la porte de la salle d'interrogatoire et attendait que cela soit à lui d'y entrer. Actuellement, Tom Jedusor répondait aux questions des Aurors et des juges. Il aurait pu s'inquiéter, surtout au vu de l'état d'esprit de l'opinion publique mais Shacklebolt et Amélia Bones supervisaient l'interrogatoire et le jugement, et s'il devait nommer les personnes les plus droites de ce ministère corrompu, il les désignerait sans hésitation.
Il fut ensuite appeler à rentrer dans la salle. Il s'agissait d'une pièce simple comportant une table, un siège d'un côté et de l'autre, plusieurs sièges occupés, entre autres, par Bones et Shacklebolt. On lui donna une dose de veriteraserum et il prêta un serment sorcier lui imposant de dire la vérité lors de cet interrogatoire. Ce fut un commis qui posa les questions :
-Votre nom ?
-Lucius Malefoy.
-Vous êtes vous engagé volontairement dans le cercle des Mangemorts du Seigneur des Ténèbres ?
-Oui.
-Pourquoi ?
-A l'époque, je croyais en les jugements de mes aïeuls qui estimaient que les Sang-Purs avaient plus de pouvoir que les sangs Sang-Mêlés et les Nés-moldus.
-Vous ne le croyez plus ?
-J'ai eu la preuve de la simplicité de mon jugement. Ce n'est pas le pouvoir et la puissance d'un homme qui le rendent fort, ce sont ses actes et son courage qui font de lui un grand sorcier.
Le silence s'installa dans la salle. Shacklebolt et d'autres membres de l'Ordre du Phoenix avaient déjà informés les juges du déroulement de la Grande Bataille et il savait que la véritable identité d'Harry Potter était Altair Malefoy, le fils enlevé de Lucius Malefoy.
Ils continuèrent leur interrogatoire et Lucius dû raconter les évènements de la Grande Bataille mais également ses actions en tant que Mangemort. Ils surent ainsi que l'homme n'avait jamais voulu tuer qui que soit ou mettre en place une forme de primauté d'une caste au détriment d'une population entière.
Lorsque l'interrogatoire fut terminé, Lucius fut défait de son serment et se rendit dans sa cellule. C'est alors qu'il reprit ses inquiétudes vis-à-vis de son fils aîné.
Il avait peur, tellement peur de perdre à nouveau son enfant. Et comme une punition, les images de sa malveillance envers Harry Potter n'arrêtaient pas de défiler dans sa tête. Ces souvenirs le hantaient et le rendaient fou.
Il n'avait laissé aucune chance au « Sauveur » et l'avait méprisé avec la plus grande haine, le mettant de nombreuses fois en danger. Et maintenant que le sort de Grindelwald avait été rompu et qu'il avait reprit ses esprits, il saisissait toute la situation et il désirait retrouver son fils, qui ne voudrait certainement pas le revoir et encore moins tenter de renouer des liens avec la famille Malefoy.
Il le comprenait. Lui non plus n'accepterait pas de retrouver une famille qui change radicalement de comportement. Pourtant il n'abandonnerait pas. Il ferait tout pour que ce dernier les accepte et ferait amende honorable. Aujourd'hui, et au contraire de ce que pensait la société sorcière, il subissait les conséquences de ses choix passés et ce n'était pas la prison ou la mort qui l'inquiétait mais la perte définitive d'Altair.
Toutefois, il s'inquiétait également pour Drago qui devait également passer en jugement. La marque sur son bras et ses agissements à Poudlard le défavorisait et s'il perdait Altair, il ne pourrait supporter de perdre ses deux enfants dont un qui l'accompagnerait en enfer.
Drago se trouvait dans une cellule comportant d'autres enfants de Mangemorts. Leurs charges étant moins lourdes, ils étaient réunis dans un même endroit et ne passaient à l'interrogatoire qu'après ceux des personnalités de l'ordre mangemoresque.
Malgré le fait qu'ils soient plusieurs, le calme régnait dans la pièce et il ne pouvait s'empêcher de penser à sa famille. Sa mère était libre, son père enfermé dans la partie haute sécurité et son frère quelque part, devant souffrir.
Harry Potter, son frère. Il se le répétait à de nombreuses reprises comme un mantra mais il n'arrivait toujours pas à le croire. Il revoyait l'enfant maigrichon qui avait refusé sa main et à qui il avait fait subir de nombreux tourments au fil de leur scolarité.
Il est vrai que connaître sa véritable identité changeait bien des choses. S'il avait déjà senti le besoin d'avoir une place dans la vie d'Harry Potter par n'importe quels moyens, maintenant il n'aspirait qu'à le considérer comme un frère et l'aimer comme tel.
Ses parents l'avaient éduqués rudement, ne donnant aucune confiance dans le monde qui l'entourait et de ne s'en servir que pour ses intérêts. Cette éducation avait été la base de toute sa vie, de son comportement et il l'avait appliqué à tous et maintenant, il regrettait tellement de l'avoir fait sur Harry.
Lorsqu'il prenait en compte également le lien entre Voldemort et son frère, il appréhendait la réaction de ce dernier. Lui-même ne savait pas réellement comment il aurait réagi. Certainement sans la bravoure et le courage de son frère qui lui affrontait chaque difficulté avec une grandeur que peu de personnes pouvaient égaler.
Tom Jedusor sortait de son interrogatoire. Il avait déclaré toute l'histoire de sa vie. Il avait décrit sa vie misérable dans l'orphelinat, faisant ainsi comprendre l'importance de retrouver au plus vite les enfants sorciers pour leur éviter des enfances chaotiques. Il savait également qu'Harry avait vécu ce même problème. Il se fit alors la promesse d'aider ces enfants. Il ne voulait plus revoir des personnes telles que lui ou Harry souffrir.
Pendant toute la journée et la nuit, il ne cessait de penser à Harry. Où pouvait-il se trouver. Il devait avoir besoin d'aide et lui ne pouvait l'aider. Comme il n'avait pas pu le protéger chez les Malefoy.
C'est en retrouvant ses esprits qu'il se rendit compte à quel point il avait besoin de son compagnon mais le plus important était, pour lui, de savoir son compagnon heureux. Il n'hésiterait pas à le laisser tranquille, si jamais c'était le souhait d'Harry. Mais actuellement, il sentait que ce n'était pas le cas et que cette tristesse était en partie de sa faute et cela le faisait se détester plus.
Il venait de finir l'interrogatoire et même si les charges qui pesaient contre lui étaient nombreuses, il parvenait à saisir, par sa capacité de legilimens, la volonté de vérité de ses juges.
Il attendit donc la suite des évènements avec une grande fébrilité. Il voulait retrouver son compagnon et il le ferait mais il savait également que cela ne suffirait pas. C'est pourquoi il se décida à mettre en place sa nouvelle image. Les actions qu'il voulait faire lui tenaient à cœur mais elles seraient faites avant tout dans le but de récupérer Harry. Il voulait lui prouver qu'il avait changé ou tout du moins qu'il était redevenu Tom Jedusor et que Voldemort n'était plus.
La première chose qu'il avait à faire était de gagner ce procès, de prouver au monde magique qu'il n'avait été que l'instrument d'un sorcier. D'ailleurs lorsqu'il se rappelait des sévices qu'il avait commis au cours de ces dernières décennies, une vague de nausée le prit. Jamais il n'aurait imaginé devenir cet être ignoble.
Il serra les poings. Les pertes que le monde magique avait dû supporter étaient irremplaçables et même s'il n'en était pas le réel responsable, il aurait toujours sur sa conscience les images d'une vie de meurtres et de ténèbres.
Seule l'image d'Harry lui permettait de s'accrocher à la vie et il ferait en sorte que cette image, si elle n'était pas à lui, retrouverait un sourire de bonheur.
