Remarques : je vous remercie pour vos encouragements, vos mises en alerte et/ou en favori.

Vous êtes de plus en plus nombreuses à suivre cette histoire...

Petite précision concernant le chapitre précédent : ce que rêve Rogue relève du fantasme, ce n'est pas la réalité. Si Hermione rêve la même chose, c'est simplement dû à leur Lien...

Bienvenue à caromir, Chringel, DarkWinterPrincess et zooeyy !

Rogue va-t-il finir par savoir ce qu'Hermione a fait pour le sauver ? De quel stratagème va-t-il se servir pour obtenir des réponses ? Hermione acceptera-t-elle finalement de sortir avec Dimitri ? Pourquoi a-t-elle le cœur lourd ?

Excellente lecture à tous/toutes !

Avertissement : aucun

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Chapitre VII - Vérités

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Dimanche 19 septembre, douze heures

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Au milieu de l'animation de la Grande Salle, Hermione affichait un air désœuvré, malgré l'entrain de ses amis. Elle venait de recevoir les félicitations de ses amis pour son anniversaire, ainsi qu'une lettre pleine de bons sentiments de Molly, malgré la perte récente de Fred. Elle devait ignorer qu'entre Ron et elle il n'y avait plus rien. Elle avait été très touchée des gentils mots de la missive, mais cela lui rappelait encore plus cruellement l'absence de ses parents.

Elle avait effectué de nombreuses investigations dans la bibliothèque de Poudlard, même dans la Section Restreinte, sur le peu de temps dont elle disposait, entre les cours, les retenues et les révisions, pourtant elle n'avait rien pu obtenir de véritablement probant. Harry avait bien essayé de lui apporter son aide, comme il le lui avait promis lors de son séjour chez lui, mais maintenant que les entraînements de Quidditch avaient débuté, que le premier match approchait, le temps libre du jeune sorcier avait rétréci comme une peau de chagrin, et il lui avait avoué ne plus être en mesure d'apporter sa contribution aux recherches. Elle ne lui en voulait pas, il avait ses priorités.

Elle en était là de ses réflexions lorsqu'un hibou gris aux yeux bleus perçants survola sa table et lâcha un parchemin enrubanné d'une attache de couleur cobalt. Intriguée, la jeune fille examina l'écriture et son cœur pulsa plus rapidement dans sa poitrine : elle avait reconnu la graphie fine et élégante de son professeur de... DCFM. Elle leva aussitôt la tête et son regard se dirigea vers la table du personnel. Elle croisa le regard lumineux de Dimitri qui lui adressa un petit clin d'œil complice. Geste qui ne passa guère inaperçu, que ce soit à sa table ou à celle des enseignants. Ron fit une grimace de dégoût, la posture de Rogue se raidit imperceptiblement, et le gobelet en étain qu'il tenait s'écrasa imperceptiblement sous la force de ses doigts.

Hermione, rougissante, n'osa pas ouvrir la lettre sous les regards curieux de ses camarades, elle préférait attendre de se retrouver seule pour le faire, bien qu'elle fût emplie de curiosité. Ginny l'observait avec un air étrange, et donna un coup de menton en direction des professeurs, tout en clignant des yeux : elle avait deviné la provenance du pli, mais elle était loin d'être la seule dans la Grande Salle. Elle glissa la missive dans la poche intérieure de sa robe. Le repas fut servi et elle se sustenta par habitude, sans réellement penser aux aliments qui passaient dans sa bouche.

Elle se retira rapidement dans sa chambre, pour s'y retrouver enfin seule et décacheta le ruban. Elle déroula le parchemin qui dégagea de facto des arômes de vétiver. Une rose blanche séchée glissa sur son bureau, ainsi qu'un minuscule sachet contenant de la poudre orangée. Elle lut les quelques lignes :

Je vous adresse С Днем Рождения Гермиона !

Je souhaite une belle journée à la plus radieuse des jeunes femmes du monde magique.

Cette rose retrouvera sa splendeur dès que vous la mettrez dans de l'eau additionnée du contenu du sachet...

Tendrement, Dimitri.

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Hermione se saisit d'un dictionnaire traducteur. Elle put ainsi comprendre la première phrase bien qu'elle se doutât de sa signification : Joyeux anniversaire Hermione ! Elle se sentait flattée de l'attention que lui portait le Slave mais ses sentiments étaient toujours mitigés. Elle hésitait à accepter de commencer une relation avec le sorcier. Elle était trop perturbée par les baisers de Rogue et les étranges rêves qu'elle continuait de faire. A moins que de sortir avec lui l'aiderait à occulter les visions érotiques du sombre sorcier ?

Elle transfigura un verre en un soliflore, jeta un "Aguamenti !" et y ajouta la fleur avec le contenu du sachet. Presque immédiatement, la fleur prit une magnifique apparence, comme si elle se trouvait dans un jardin, et dégagea un parfum suave et piquant. La jeune fille contemplait de ses yeux émerveillés la superbe métamorphose. Des paillettes en suspension voletaient doucement autour de la fleur, formant un halo lumineux qui impressionna favorablement la sorcière.

Mais pour l'heure, la priorité était de rendre la mémoire à ses parents, ils lui manquaient trop. Une personne au Château pourrait certainement l'aider, c'était certain. Il fallait qu'elle la rencontrât le plus tôt possible. Malgré son emploi du temps plus que chargé, elle avait réussi à obtenir un rendez-vous chez elle, dans son donjon, à dix-sept heures.

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A l'heure dite, la jeune fille frappa sur la lourde porte en chêne. Trois secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur elle-même, et elle se retrouva plongée dans un décor typiquement gryffondorien : tout était rouge et or, hormis la tenue de la maîtresse des lieux qui était d'un éclatant vert émeraude, sa couleur favorite, nul ne l'ignorait à Poudlard.

"Ah Miss Granger, vous arrivez juste à l'heure pour le thé. Venez, installez-vous, lui ordonna gentiment Mc Gonagall.

- Merci, Madame, vous êtes bien aimable de me recevoir un dimanche après-midi. Je ne savais vers qui me tourner, car mes recherches n'ont pas été fructueuses, et j'ai pensé que vous étiez sûrement capable de m'apporter une solution..."

Tout en devisant, la plus jeune eut le temps de capter une lueur inquiète au fond des yeux globuleux avant qu'elle ne disparût rapidement.

"Expliquez-vous, Miss Granger, je verrai si votre demande rentre dans le cadre de mes compétences, demanda gentiment la Directrice en servant une tasse de thé au jasmin à la jeune fille.

- Eh bien, pour éviter que les Mangemorts ne s'en prennent à mes parents lorsque Voldemort s'est emparé du Ministère l'année dernière, j'ai ôté leur mémoire et les ai poussés à s'installer en Australie... Mais, ils me manquent énormément, j'ai besoin de les revoir, qu'ils reviennent habiter en Angleterre."

Au fur et à mesure de ses explications, le trouble qui dans le regard fut remplacé par un certain soulagement qui intrigua la jeune Gryffondor. Mais elle n'eut pas le temps de s'y attarder que Mc Gonagall s'exprimait :

"Oh, ma chère enfant ! Je comprends votre désarroi. Qu'attendez-vous de moi exactement ?

- Je pensais que vous deviez être capable de m'aider à inverser le Sortilège d'Amnésie, j'ai eu beau faire des recherches dans les livres, je n'ai rien pu trouver d'intéressant. Vous... vous êtes la sorcière la plus compétente depuis la disparition de... Dumbledore et je me suis dit que..."

Le visage écossais pâlit subitement, et Hermione pensa que cette soudaine pâleur était due à l'évocation de l'ancien Directeur, ils avaient été si proches ! Le regard de Minerva fixa un point au-dessus de la tête de son interlocutrice et avoua, sa voix légèrement tremblante :

"Malheureusement, ce sort est quasiment irréversible, ce qui explique la règlementation sévère qui l'entoure. Comme vous avez dû le découvrir lors de vos investigations, un sorcier expérimenté peut briser un sortilège d'Amnésie, mais en contrepartie le résultat peut être désastreux sur la victime : son esprit et son corps peuvent alors être irrémédiablement endommagés. Je suis désolée mais... je crains que mes compétences ne soient pas à la hauteur, je ne suis hélas pas versée dans ce domaine."

La jeune fille se leva précipitamment, les yeux brouillés de larmes.

"Désolée Madame, je vais vous laisser... J'ai vraiment cru que..."

Touchée par le profond désarroi de la jeune sorcière, la Directrice lâcha :

"Ecoutez Miss Granger : il existe bien une personne qui serait susceptible d'inverser ce Sortilège mais... j'ignore si elle acceptera de vous aider..."

L'espoir renaissait dans les grands yeux ambrés. Hermione balbutia :

"De... de qui s'agit-il ?"

Mc Gonagall eut un instant d'hésitation puis avoua dans un souffle, tandis que les yeux de la jeune fille s'agrandissaient, emplis d'incrédulité :

"C'est le professeur Rogue."

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Severus ne décolérait pas : il se retrouvait dans une impasse, et cet état de fait ne lui plaisait pas du tout. Il voulait en savoir plus sur le Lien qui l'unissait à Miss Granger, mais chaque fois qu'il se retrouvait en sa présence, sa libido prenait le dessus et il n'aspirait qu'à une chose : posséder la jeune Gryffondor. Cela ne pouvait plus durer, il devait trouver le moyen de connaître la vérité sans pour autant se retrouver dans une situation compromettante.

Les pensées se bousculaient dans sa tête, mais il réussit à y mettre bon ordre, après avoir bu trois verres de Whisky Pur-Feu de 90 ans d'âge. Une idée machiavélique germa dans son esprit. Oui, il avait trouvé la solution... Il aurait dû y penser plus tôt, c'était tellement simple ! Enfin, pour un Maître des Potions de son acabit, cela va sans dire...

...

"Oh, Severus, je suis si contente que tu aies enfin accepté de venir prendre un apéritif chez moi, j'ai bien cru que tu refuserais ad vitam aeternam, je ne sais comment te remercier..."

La Médicomage poursuivit son babillage en laissant entrer Rogue dans ses appartements.

"Tu me rends tellement service en me préparant les potions médicinales, pour moi c'est une véritable aubaine que de t'avoir sous la main..."

Elle enchaîna en apportant un plateau sur lequel étaient disposés deux verres, un seau à glace, deux bouteilles ainsi que deux assiettes remplies de toasts au concombre/saumon, pâté/cornichon.

"Et puis, Slughorn n'a jamais daigné m'apporter son concours, arguant du fait qu'il était trop âgé et avait besoin de se reposer. De toute façon, ses potions étaient de moindre qualité que les tiennes, bien qu'il fût ton professeur. Tu as toujours eu un don certain dans cette branche : Maître des Potions à dix-sept ans, cela n'est pas donné à tous les sorciers potionnistes, je crois même savoir que tu es le seul..." Le ton, sans conteste, était admiratif.

Pendant que sa collègue monologuait, Severus s'installa sur le fauteuil capitonné que lui désigna la Médicomage après s'être délestée de son chargement sur la petite table circulaire qui occupait le centre de son salon. La décoration faisait vieillotte, avec une tapisserie aux motifs floraux, et quelques photographies anciennes, disposées ça et là sur les murs de la pièce à l'ambiance surannée.

Assis de manière décontractée, Rogue laissait sa collègue mener la conversation, se contentant d'un simple hochement de tête intermittent pour montrer qu'il suivait le fil du soliloque.

"Tu prends un Whisky ? Je sais que c'est ta boisson préférée... Il a 120 ans d'âge, il provient de la cave particulière de mon père.

- Avec plaisir, Poppy."

La Médicomage, enchantée, servit une longue rasade d'alcool ambré, ce breuvage dont la couleur ne rappelait que trop à Severus celle de grands yeux humides, humides de désir... Le sorcier se secoua mentalement, chassant ses pensées qui menaçaient de devenir graveleuses. Son hôtesse se servit un verre de Sherry, et entama un toast avec une mine gourmande. La voix de baryton du sorcier s'éleva :

"Poppy, aurais-tu quelques glaçons ?

- Oh, je manque à tous mes devoirs ! Je vais t'en chercher immédiatement !"

La sorcière se leva précipitamment et se dirigea vers son coin-cuisine. Elle revint une minute plus tard, et tendit le seau à glace à Severus qui s'empressa d'adjoindre un glaçon à son verre. Devant le regard en attente de sa collègue, il déclara avec un sourire aux lèvres :

"C'est parfait, Poppy, vraiment parfait."

La femme prit la teinte d'une tomate bien mûre. Les louanges de Severus étaient aussi courantes que la neige au Sahara, la canicule en terre arctique, ou bien encore Dumbledore qui aurait détesté les bonbons au citron.

Elle sirota tranquillement son verre, tandis que le sorcier but quelques gorgées en les dégustant avec un plaisir apparent. Contrairement à toute attente, ce dernier engagea la conversation de son ton soyeux :

"Tu sais, Poppy, je n'ai jamais vraiment eu l'occasion de te remercier pour m'avoir sauvé, le jour de la Bataille Finale...

- Mais... je n'ai pas fait grand-chose, c'est surtout grâce à l'intervention de Miss Granger.

- Ah oui, Miss Granger, une sorcière vraiment très douée...

- Certainement la plus douée de sa génération, il n'y a aucun doute là-dessus."

La voix de Severus devint plus insistante :

"Qu'a-t-elle fait exactement ?"

La Médicomage plissa les yeux, ouvrit, ferma sa bouche, la rouvrit et laissa échapper :

"Elle t'a fait avaler un bézoard, a refermé tes plaies, et donné de la Potion Régénératrice...

- Rien d'autre, Poppy ?"

La lumière commençait à se faire jour dans l'esprit de la sorcière. Elle essaya de lutter contre les effets de la potion et tenta de se lever, mais en vain : elle avait été immobilisée par un Sort d'Entrave. Elle parvint néanmoins à s'exclamer :

"Tu m'as donné du Veritaserum !"

Rogue ricana et avoua, sans quitter la sorcière des yeux, sa baguette pointée discrètement sur elle, empêchant tout mouvement de sa part :

"Tellement simple, même un enfant de huit ans aurait pu le faire...

- Tu as profité de mon absence quand je suis allée te chercher des glaçons... lui reprocha-t-elle.

- Exact, ma chère. Administrer trois gouttes dans ton verre de Sherry a été, comme je le disais, un jeu d'enfant. Inodore et incolore, cette potion est très facile d'utilisation ; et comme tu t'es empressée de tout boire... Mais revenons à ce qui m'intéresse : qu'a fait Granger dans la Cabane Hurlante ?

- Elle t'a sauvé la vie !"

Severus comprit qu'il devait être plus précis, autrement Poppy arriverait à contourner les questions. Heureusement qu'elle ne maîtrisait pas l'Occlumencie, car cela aurait été, avec l'antidote, le seul moyen de lui résister. Il répéta en articulant :

"Que m'a fait Granger pour que je ne meure pas après avoir perdu autant de sang ?

La sorcière prit une vilaine teinte rougeâtre à essayer de retenir sa réponse, et ses yeux semblaient sortir de sa tête. Pourtant elle lâcha malgré ses efforts pour se retenir :

"Elle a pratiqué une transfusion sanguine !"

Bien qu'il s'en doutât, le visage de Rogue devint blême, son sang ne fit qu'un tour. Il était inconscient à ce moment-là et n'avait donc aucun souvenir de ce qu'il s'était exactement passé. Pomfresh tenta d'expliquer :

"Elle ignorait la portée de son geste, elle a agi dans un esprit de pur altruisme..."

Les jointures de la main du sorcier devinrent blanches, crispées sur sa baguette. Non seulement il devait une Dette de Vie à la jeune Gryffondor, mais le Lien qu'il avait deviné entre eux était encore plus puissant encore que ce qu'il avait soupçonné : des forces obscures avaient été déclenchées : la Magie du Sang avait toujours été la plus puissante.

Le plus incroyable était que la jeune fille, pourtant d'une intelligence et possédant des connaissances au-delà du commun des sorciers, il devait bien le reconnaître, n'avait pas donné l'impression d'appréhender la portée de son acte après coup, surtout avec l'apparition de la marque sur son bras... Un éclair de lucidité traversa son visage. Ses yeux étaient réduits à deux fentes lorsqu'il demanda :

"Pourquoi Miss Granger ne se rappelle-t-elle plus avoir pratiqué une transfusion sanguine ?

- C'est... c'est Minerva qui lui a lancé un... un Sort d'Amnésie ! fut obligée d'avouer Pomfresh.

- Par la Barbe de Merlin ! Pourquoi a-t-elle fait cela ? siffla dangereusement le sorcier.

- Elle voulait vous... épargner, avec Miss Granger, confia la sorcière.

- Sois plus précise, Poppy. La voix de Rogue grondait.

- Minerva a pensé que... comme tu étais inconscient... si Miss Granger ne se souvenait plus avoir... effectué une transfusion sanguine, vous seriez moins affectés par... par le Lien qui s'est formé entre... vous... et que pourriez continuer de mener... une vie normale... Rester à l'abri de...

- N'importe quoi ! Comment a-t-elle pu être aussi stupide !"

La fureur de Severus était à son comble. Le verre qu'il tenait se brisa sous ses doigts qui fort heureusement ne furent pas blessés. Un simple "Reparo" reconstitua le récipient. Pomfresh commençait à sentir que les effets de la potion s'estompaient. Elle s'écria :

"Tu n'avais pas le droit d'utiliser du Veritaserum ! Il faut l'autorisation expresse du Ministère de la Magie ! Je devrais te dénoncer pour cet acte illégal !

- Ah, parce que lancer un "Oubliettes" sur une élève, ça l'est ?" susurra le sorcier d'une voix suave, sans quitter du regard la sorcière.

Cette dernière resta coite. Elle avait parfaitement compris le message : si elle dénonçait Severus au Magenmagot, il en ferait de même pour Minerva, et elle ne pouvait accepter que sa meilleure amie fût inquiétée par la Justice, les juges étaient si pointilleux ! Elle baissa la tête, vaincue, tandis qu'un sourire mitigé étirait les lèvres de Severus.

Il avait enfin obtenu les réponses qu'il cherchait mais... il venait d'avoir la confirmation formelle qu'il était irrémédiablement lié à l'une de ses élèves, Gryffondor de surcroît. A présent, l'inexplicable attirance qu'il éprouvait pour la jeune sorcière s'expliquait, ainsi que le tatouage. Il fallait qu'il l'évitât le plus possible. Par la barbe de Merlin ! Pourquoi avait-il fallu qu'il la punisse un mois ? Sadiquement, il envisagea un instant de la remettre à Rusard. Il se ravisa rapidement ; il n'était pas un lâche, il veillerait simplement à ne pas l'approcher de trop près lors de ses détentions...

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Hermione arrivait à proximité de sa chambre lorsqu'une main se posa sur son épaule, la faisant sursauter. Elle retourna sa tête pour se retrouver presque nez à nez avec... Dimitri.

"Avez-vous apprécié mon cadeau, Hermione ?"

Le regard bleu était si intense qu'elle avait l'impression qu'il la brûlait. Sa voix profonde aux intonations slaves semblait gronder à côté de son oreille et lui envoya un long frisson dans le dos. Un sourire paresseux se propagea lentement à travers le visage masculin.

"Oui, oui, bégaya la jeune fille, en appuyant son dos contre la porte.

- J'en suis fort aise, douce Hermione..."

L'estomac de la jeune fille se serra et des papillons entamèrent une danse à l'intérieur de son ventre. Dimitri garda ses yeux fixés sur elle alors qu'il glissait sa main libre sur toute la longueur de son dos, jusqu'à ce que son index se posât sur le creux de ses reins. Il sourit quand les yeux noisette s'agrandirent de surprise. Sa bouche était si sèche, elle ne pouvait plus penser correctement. Elle tenta de l'humidifier. Les yeux du sorcier suivirent le chemin que traçait la langue de la jeune fille sur ses lèvres, et le désir s'alluma dans les prunelles claires. Hermione baissa la tête et son regard tomba sur le renflement évident à l'avant du pantalon de Dimitri, elle frissonna.

Même avec la présence physique de son excitation entre eux, les caresses de l'homme n'étaient pas encore véritablement sexuelles ; elles se voulaient réconfortantes. Une de ses mains fit tournoyer les boucles de ses cheveux à travers ses doigts et joua avec elles durant quelques secondes. Il passa ensuite ses mains sur les côtés de son corps alors qu'il cherchait à croiser ses yeux. Hermione se détourna, ne voulant pas qu'il vît son visage empourpré, preuve de son émoi. Il plaça ses deux mains de chaque côté d'elle, sur le mur, l'examinant attentivement, puis il se redressa.

Hermione crut qu'il était sur le point d'abandonner, et elle ne put retenir un soupir de soulagement. Enfin, il allait la laisser. Mais Dimitri glissa ses mains au bas de son dos comme pour essayer de la tenir en place et pencha son corps vers le sien. Cherchant à lui échapper, la Gryffondor enfonça son dos contre le mur. Plus doucement qu'elle ne l'aurait jamais imaginé, il pressa ses lèvres sur sa tempe. Ensuite il glissa ses mains jusqu'à ses hanches. Une piqûre vive au creux de son bras gauche permit à la jeune fille de recouvrer ses esprits. Elle devait le repousser avant que...

"Non, Dimitri ! S'il vous plaît, non ! Je préfèrerais que nous restions amis... pour le moment. Je... je ne me sens pas encore prête à... entamer une relation. Vous me plaisez mais... cela ne suffit pas, je suis désolée..." protesta-t-elle en essayant de mettre de la conviction dans sa voix.

Le visage du sorcier se ferma brièvement, puis son visage afficha un petit sourire déçu. Il laissa retomber ses bras, il savait qu'il avait perdu, pour l'instant du moins... Il avait toujours été un homme patient, il saurait attendre, mais, finalement, elle serait à lui, seulement à lui.

"Je respecte votre choix, Hermione. Mais je ne désespère pas de vous faire comprendre que mes sentiments pour vous sont sincères... Joyeux anniversaire et bonne soirée."

Il l'enveloppa quelques instants de son regard passionné, puis fit demi-tour et disparut au coin du couloir, laissant la sorcière perplexe. Mais déjà, les pensées de cette dernière revenaient à ses parents, et aux informations fournies par Mc Gonagall. Son cœur se serra. Elle prononça son mot de passe et la porte s'ouvrit. Elle s'engouffra rapidement dans sa chambre.

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Severus lisait un roman dans son fauteuil lorsque trois coups frappés contre la porte le tirèrent de sa lecture. Grommelant dans sa barbe, il se leva et ouvrit plutôt brutalement pour se retrouver face à... Miss Granger. Elle se tenait debout dans le couloir, le regardant avec un air suppliant. Il la dévisagea en silence. Son visage était un véritable gâchis : les yeux et le nez rougis d'avoir trop pleuré. Curieusement, ses cheveux formaient un contraste : ils avaient été tressés dans une natte sage qui retombait sur son buste, et s'arrêtait exactement sous son sein droit. Apparemment, elle avait pleuré une bonne partie de la soirée. La voix pleine de morgue, il asséna :

"Ce cher Dimitri a brisé votre cœur en mille morceaux et vous êtes venue chercher du réconfort, Miss Granger ?"

Hermione tressaillit à peine sous la remarque désobligeante ; elle commençait à connaître le caractère de l'homme. Elle hocha négativement sa tête et bégaya :

"C'est Mc Gonagall... le Sortilège d'Amnésie..."

Les yeux d'onyx s'agrandirent de stupéfaction : Poppy avait dû prévenir Minerva et celle-ci aurait-elle déjà avoué à la jeune fille ce qu'elle avait réellement fait à la Cabane Hurlante ? Qu'elle lui avait lancé un "Oubliettes" ?"

Ses sourcils étaient froncés quand il demanda :

"Vous êtes au courant pour le Sortilège "Oubliettes" ?

Hermione regarda l'homme avec un regard perdu.

- Evidemment, puisque c'est moi qui l'ai lancé !"

Severus compris qu'un malentendu s'était instauré entre eux, et il avait besoin de clarifier la situation. Sa curiosité éveillée, il hésita une fraction de seconde et ouvrit la porte pour laisser passer la jeune fille en déclarant :

"Entrez, vous allez m'expliquer votre histoire en détails..."

Intimidée, Hermione acquiesça doucement et pénétra dans la pièce, frôlant au passage le sorcier qui recula d'un pas pour éviter tout contact entre leurs corps. Ses narines furent agréablement assaillies par les arômes masculins qui flottaient dans les appartements.

Contrairement à toute attente, les lieux n'étaient pas lugubres, comme des générations d'élèves se l'étaient imaginé. Le donjon était lumineux, et même à cette heure tardive, l'on eut dit que la lune prenait plaisir à éclairer les appartements de l'austère Directeur de Serpentard, dispersant des myriades d'éclats argentés sur les murs et tentures. Severus sourit en observant toutes les émotions qui se jouaient clairement sur le visage de la sorcière. Sur chaque mur étaient fixées des étagères en noyer couvertes de livres sur la magie ou de romans moldus, une véritable mine d'or pour la lectrice assidue qu'elle était. Dans ses yeux brillaient des étoiles.

"Asseyez-vous, Miss Granger", ordonna l'homme sur un ton professoral en désignant un fauteuil de velours pourpre.

Hermione obéit docilement. Un livre s'y trouvait, un roman moldu de Shakespeare, Macbeth. Le sorcier s'en saisit, le posa sur un guéridon. Il s'installa en face d'elle et poursuivit :

"Racontez-moi tout, et n'omettez aucun détail."

Hermione répéta presque mot pour mot ce qu'elle avait déjà narré à Mc Gonagall. Tandis qu'elle parlait, elle regarda le visage crispé du sorcier, devinant que quelque chose n'allait pas. Les yeux de Rogue étaient fermés, la tête renversée en arrière et sa mâchoire serrée. Il prit enfin la parole, et la jeune fille était suspendue à ses lèvres.

"Désolé, mais je ne peux rien pour vous, Miss Granger. Le processus est pratiquement impossible à inverser et les risques sont bien trop grands. Je ne peux croire que vous puissiez accepter de risquer la santé mentale de vos parents..."

Tout le corps d'Hermione se mit à trembler sous le poids de l'angoisse qui la consumait. Comment pourrait-elle retrouver ses parents si la seule personne capable refusait son soutien ? Le visage de ses parents passa devant ses yeux, traînant avec eux le son de leurs voix et de leurs rires, la chaleur de leurs sourires et leurs tendres étreintes. Une tristesse infinie voila son regard. Elle avait un besoin viscéral de les retrouver. Tout au fond d'elle, une petite voix lui soufflait qu'elle devait tout tenter pour que leur mémoire leur fût restituée.

"Aidez-moi, professeur, insista-t-elle, d'une voix plus ferme qu'elle ne l'eût voulu, réussissant à surprendre l'interpellé. Je suis persuadée que vous pouvez rendre la mémoire à mes parents, je le sens, je le sais !"

Un ricanement lui répondit. Puis la voix profonde siffla :

"Il n'en est pas question. Cessez de vous prendre pour le professeur Trelawney ! Vous pouvez vous retirer, répliqua-t-il en se levant, lui enjoignant de faire la même chose d'un geste de la main.

- Oh non, professeur, vous allez m'aider... objecta avec un aplomb peu commun Hermione, qui s'était levée pour éviter de se retrouver dans une position inférieure.

- Comment osez-vous, Miss Granger ? Ma réponse définitive est "Non" !" asséna sur un ton cinglant le sorcier, qui n'en revenait pas du toupet de la jeune fille. Ses yeux brûlaient de rage contenue. Hermione ne recula pas, pleine de détermination et elle affirma effrontément :

- Vous allez accepter car... vous me devez une Dette de Vie !"

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Un p'tit com ?

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PS : je ne suis pas sûre de pouvoir poster un chapitre la semaine prochaine, mais j'essaierai tout de même...