blabla habituel, G-boys pas à moi...
7. L'alcool a ses effets...
« Dans deux jours, se tiendra le banquet annuel de Sank. Nous souhaitons que vous y participiez. Ce sera l'occasion pour nos nouvelles recrues de faire connaissance avec les hauts dignitaires du conseil et ceux qui font la paix actuellement. La Présidente Réléna Peacecraft tient absolument à rencontrer ses nouveaux agents »
« Une idée de Réléna... »
« En effet » reprit Lady Une « Le projet NTD doit cependant rester top secret. Pas un mot sur le sujet ! Elles seront officiellement vos cavalières pour la soirée, point final »
« Est-ce vraiment indispensable ? » demanda Heero, connaissant d'avance la réponse.
« Ce sera une très bonne chose. Et puis, cela les divertira un peu, elles ne sont pas sorties depuis le début du programme »
« Très bien. Mission acceptée. Je transmets »
Le visiophone s'éteignit et Heero rassembla tout le monde. La nouvelle fut reçue comme le Messie. Les quatre filles débordèrent d'enthousiasme et d'excitation à l'idée d'accompagner les garçons à une manifestation aussi importante. Elles pensaient déjà à la robe qu'elles allaient porter pour l'occasion. Il faudrait faire du Shopping ! Et puis, elles allaient rencontrer Réléna Peacecraft. Et son frère. On disait qu'il était canon. Et la nourriture ! Ce serait sûrement un festin de princes, etc... Bref, la surexcitation totale.
« Mais j'y pense Hee-chan !Si Réléna te voit avec une cavalière, Dieu sait quel sort elle va lui réserver... » charria Duo
« Non ! Tu sors avec la Princesse de Sank et tu nous l'as pas dit ! » S'exclama Lynn « Et moi qui croyais que t'aimais pas les blondes! »
« Non, en fait ça a été une grande histoire d'amour très éphémère » rigola Duo « Enfin, ça dépend pour qui... »
« La ferme Duo ! »
« Je comprends mieux. C'est elle qui l'a traumatisé et qui l'a rendu si dur, si distant, si froid... »
« Non, non ! Il était déjà comme ça avant. En pire. »
« Bon, ça suffit Duo » reprit calmement Quatre « La vie privée de Heero ne regarde que lui »
L'ambiance bon enfant se poursuivit. La nouvelle du banquet égaya la journée d'entraînement des filles, qui n'en fut pas pour autant moins rude que les autres.
Quarante-Huit heures plus tard, nos amis étaient devant le Palais. Les filles avaient beau eu trépigner, gueuler, supplier, il avait été hors de question de passer une après-midi en ville à faire du shopping pour le bal. Heero avait résolu le problème technique en un tour de main et trois clics. Elles porteraient chacune une robe louée par Internet.
Les « formidables » idées de Heero...
Arrivé, à l'entrée du Palais, le petit groupe en tenue d'apparat fut accueilli par Réléna et son premier Ministre Ziben, un jeune général de Guerre d'une trentaine d'année. Après les salutations de rigueur et des regards sous-entendus avec la Présidente...
Ce sont donc elles... ?
Oui ce sont bien elles...
C'est très bien, alors on se reverra bientôt en privé.
...Ils entrèrent dans la grande salle de gala. Au fond se tenaient les tables couvertes de victuailles. À gauche jouait un orchestre classique. De chaque côté des murs avaient été dressées des tables rondes qui permettaient aux invités de s'installer sur de confortables chaises recouvertes de velours... Nos amis prirent possession d'une table libre et la soirée débuta très studieusement. Il y avait vraiment beaucoup de monde. On désigna discrètement aux filles les hauts dignitaires du Conseil de la Paix que présidait Réléna et qu'elles serviraient bientôt dans le plus grand secret, le Conseil lui-même n'étant pas au courant.
Puis les festivités prirent le dessus. Le groupe éclata un peu, certains dansaient, d'autres discutaient, d'autres se laissaient porter au gré des rencontres.
Une heure plus tard l'ambiance était lancée. Quatre, Wufei et Trowa regagnèrent la table. Le blond s'étonna joyeusement.
« On dirait que Heero et Bianca discutent »
Il y avait de quoi être étonné.
« Allez Heero, un petit effort ! C'est pas bien compliqué ! Quel est le cri de la fourmi ? »
Heero la regardait, figé, mais son regard semblait avoir perdu son aspect glacial pour faire place à l'incrédulité, une incrédulité presque, oui nous disons bien PRESQUE, amusée.
« Tu sais pas ? Elle croonde ! Parce que la four micro-onde ! »
Et elle éclata de rire comme une gamine.
« Je te donne encore une chance ! Qu'est-ce qui est jaune et qui traverse les murs ? »
Les quatre autres pilotes étaient hallucinés devant ce spectacle. Le muscat de Sank avait fait oublier à Bianca à quel point Heero l'effrayait. Elle était en train de lui raconter toutes sortes de blagues.
Et Heero écoutait patiemment !
Non !
Heero maintenant répondait à la devinette :
« Une banane magique... »
« OUI, C'EST CA ! T'es trop fort ! Je le savais ! »
Heero résigné, tourna des yeux impassibles vers ses amis, qui furent rejoints à cet instant par Duo.
« Qu'est-ce qui se passe ici, vous en faites de ces têtes ? Vous avez vu passer Réléna en string rose ? »
Il s'aperçut alors que Bianca était assise tout à côté de Heero. Elle balançait ses jambes comme une enfant, en le regardant tout sourire, comme si elle venait de faire une grosse connerie, du moins c'est ce que pensait Duo.
« Et bien, répondit Quatre amusé, Bianca pose des devinettes à Heero, qui apparemment aime se prendre au jeu... »
Heero arqua un sourcil, mais n'eut rien le temps d'ajouter.
« Et moi ma petit'Bianca, tu m'en poses pas ? J'adooore l'effet que te fait l'alcool ! T'es encore plus mimi que d'habitude ! »
Les trois autres échangèrent un regard. Apparemment, l'alcool déliait bien les langues ce soir.
« C'est en effet assez surprenant », acquiescèrent-ils en se rasseyant.
« Pour tout vous dire, il y a aussi un effet un peu pervers », avoua Bianca.
« L'alcool te rend perverse ! », renchérit Duo qui ne se privait pas de la taquiner ce soir, d'autant qu'il la trouvait terriblement attirante dans sa nouvelle façon de prendre les choses en main.
« Pff mais non idiot ! » Elle traitait Duo d'idiot le plus naturellement du monde. « En fait, quand j'ai bu, j'ai tendance à dire des choses que je pense, mais que je ne dirais jamais en temps normal et... »
« Donc tu penses que je suis un idiot ? »
« Non, pourquoi ? »
« Pour rien... Mais c'est très intéressant ce que tu nous dis, on va pouvoir te cuisiner sur pleins de trucs ! »
« On se demande qui est le pervers ici... » Murmura Trowa en secouant la tête en signe de réprobation.
Wufei, de son côté de la table, s'était calé dans une chaise et était bien décidé à ne pas en bouger. Il surveillait la salle, les invités et surtout leurs quatre protégées. Il craignait quelques coups d'éclats. Passé une semaine à leurs côtés, il savait que tout était possible avec elles.
Si Bianca et Wei se tenaient calmement à table, Lynn avait déjà disparu.
Tanja, quant à elle, avait une descente incroyable. Elle vidait bières sur bières ! Cela commençait déjà de se faire sentir. Elle parlait de plus en plus fort, ponctuant ses mots de grands gestes. Son état d'ébriété ne faisait aucun doute. Elle tenait la jambe à de jeunes Preventers, leur narrant du geste et de la voix ses souvenirs de guerre avec l'armée allemande.
« J'étais dos au mur de la baraque avec mon binôme et on avait plus le choix, fallait y aller. Alors j'ai pris ma mitraillette... » Elle fit mine d'avoir une mitraillette en main « Et papapapapapapa . On a foncé dans le tas et on a dégommé tous ces connards. Ce n'est qu'après que cet enculé de sergent Schrieb nous a dit que c'était qu'une simulation »
« Tanja devrait surveiller son langage quand-même ! » fit remarquer Quatre, un peu choqué. Si ce n'était que de lui... Mais le gratin de la politique était présent.
« Heureusement qu'on a dit d'être discret » s'exaspéra inutilement Wufei.
« Si elle s'arrête pas de boire, on va la ramener à quatre pattes »
« À quatre pattes ! Hi hi hi ! » Bianca avait aussi un coup dans le nez et elle rigolait toute seule. « J'ai plus de muscat ! Wei ! Viens ! On va chercher du muscat ! Il est bon ce muscat »
Wei acquiesça. Elle s'ennuyait à mourir. Elle ne buvait pas. Elle ne dansait pas. Mais surtout, elle se sentait observée de tous les côtés.
En fait, elle attirait de très nombreux regards masculins. Son physique asiatique et son regard sombre soulevaient le mystère et bon nombre se demandait qui était cette belle Chinoise qu'ils n'avaient jamais vue auparavant. Rien que cela avait suffi à mettre Wei de mauvais poil. Voir tous ces hommes sans cervelle la reluquer comme un morceau de viande... Ils n'avaient pas intérêt à s'approcher.
« Mesdemoiselles... »
À peine levées, voilà qu'un premier zouave voulait engager la conversation.
« Je m'étonne de ne pas avoir remarqué avant d'aussi charmantes créatures. Vous êtes... ? »
Des créatures... Wei se retint de dire quoi que ce soit. C'était un niais visiblement.
« Bianca et voici Wei »
« Bianca et Wei... » répéta-t-il rêveur « Je ne vous avais jamais vu à Sank. Que faîtes vous ? »
« On cherche le muscat »
« Non ce n'est pas ce que je voulais dire... »
« Pfff ! Homme sans cervelle ! » Wei ne pouvait plus se retenir « Avant de demander l'identité de quelqu'un, on commence par donner la sienne. Qu'est ce que vous croyez ? Que parce que vous portez un uniforme et des galons, on doit vous écouter comme le bon dieu »
Bianca grimaça en entendant la fin.
Pas de blasphème. PAS-DE-BLAS-PHEME... Wei !
Et elles se détournèrent sans attendre la suite.
« Ça m'énerve ! Regarde les tous ces crétins ! Ils ont jamais vu de femmes de leur vie ou quoi ? »
« En attendant, on a pas le muscat... » Bianca était déçue « Oh regarde ! Quatre danse avec Réléna Peacecraft . Il danse bien ! Je lui demanderais de danser avec moi tout à l'heure »
Wei n'écoutait pas du tout. Un autre jeune homme la fixait encore et elle commençait à bouillir. Intrigué par son regard mauvais, l'homme s'approcha et lui demanda :
« Vous dansez Mademoiselle ? »
« Non ! »
Le ton catégorique et l'air renfrogné le surprirent et le firent doucement sourire.
« On a dû occulter de vous enseigner le bon art de vivre. C'est dommage, le sourire vous ferait gagner en charme…
Elle posa un regard noir sur lui et fila.
« Faut l'excuser » tenta de rattraper Bianca « Elle est un peu susceptible avec les hommes »
Et elle rejoignit sa copine pour poursuivre sa quête du muscat de Sank.
« Tiens, Bonsoir Miliardo ! » salua Quatre, le voyant s'approcher de leur table.
« Messieurs. Ça me fait plaisir de vous voir ici. C'est une agréable surprise, surtout toi, Heero»
Heero ne répondit rien. Depuis sa séparation d'avec Réléna, il y avait trois ans, il lui était difficile de revenir à Sank, surtout pour des mondanités. Il n'avait pas oublié les tentatives désespérées de la princesse pour retrouver son amour après qu'il l'ait quitté.
Il gardait un mauvais souvenir du jour où, l'ayant convoqué dans son bureau pour raisons professionnelles, elle l'avait aguiché pour le reconquérir, se frottant à lui, telle une tigresse sauvage en recherche d'accouplement. Il se souvenait encore du jour où elle l'avait frappé et insulté de tous les noms. Il l'avait laissé se défouler comme une démente. Car on aurait vraiment dit une démente... Il y avait aussi eu le jour où elle s'était simplement jetée à genoux à ses pieds pour le supplier de revenir. Que pouvait-il faire ? Il ne l'aimait pas vraiment, même s'il admirait la femme politique.
Bref, des tentatives qui avaient trop souvent frôlé les limites de la dignité humaine pour qu'il puisse lui faire face sans se sentir mal pour elle. Et puis, il devait avouer que même si elle avait cessé son manège, il craignait toujours que cela lui reprenne et qu'il doive de nouveau affronter un de ses accès de folie, qui briserait un peu plus l'honneur et la respectabilité de la jeune femme.
Wei et Bianca revinrent à la table. Bianca avait eu ce qu'elle cherchait. Plusieurs verres de Muscat. Elle en avait encore un à la main. Elles remarquèrent un élégant jeune homme qui discutait.
« Mesdemoiselles »
Wei reconnu le flatteur qui lui avait conseillé de sourire plus tôt. Heero les présenta sans attendre.
« Voici Milliardo Peacecraft. Le frère de Réléna. Il est membre du Conseil et dirige plusieurs divisions Preventers » et il précisa « Il est au courant »
Puis il continua pour le jeune homme « Wei Xiang et Bianca Trimene. Deux des éléments dont tu as entendu parler »
« C'est un honneur » dit-il en s'inclinant légèrement « Je crois que nous nous sommes déjà croisés »
« Je crois que c'est l'un de ceux que tu as jetés tout à l'heure » murmura sans discrétion Bianca.
Wei se sentait un peu mal à l'aise. Malgré le premier abord, il s'avérait que ce Milliardo était tout à fait respectable et poli. En plus, c'était un supérieur hiérarchique... Elle n'eut pas le temps de se confondre en excuses ou quelque chose qui y aurait ressemblé. En effet, couvrant les violons et le piano, un chant s'éleva, attirant les regards de la moitié des invités.
« Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin
Pour les Alsaciens, les Suisses et les Lorrains »
Les regards accablés des G-Boys se tournèrent vers celle dont ils avaient reconnu la voix.
Horreur !
Choc.
Consternation.
« Pour les Belges, il n'y en a plus
Ce sont des tireurs au cul
Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin, voilà du boudin (1) »
« K'so » Heero n'en revenait pas lui-même.
« Oh, shit... Faut faire quelque chose là »
« Oh, ben c'est Number Two ! Coucou Number Two ! »
« Bianca ! »
Tanja paradait joyeusement avec son double une bouteille dans chaque main. Elles dansaient et chantaient ensemble des chansons à boire devant toute une assemblée médusée.
Quatre avait cessé de respirer. Wufei avait la bouche ouverte et les yeux lui sortaient littéralement de la tête.
« L'alcool a dû abaisser les barrières de sa conscience et... elle s'est dédoublée. Dite-moi que c'est pas vrai. On est au banquet annuel de Sank. Y'a des journalistes, des hommes politiques...»
Heero se leva et Quatre lui emboîta le pas
« Heero, mon coco ! » s'écria joyeusement Tanja en les voyant arriver et elle repartit dans un de ses chants paillards.
« Traîne pas mon cousin
Prends ta b à deux mains mon cousin
Nous partons en guerre
Contre les putains du quartier latin (2) »
Quatre était mort de honte. Il aurait aimé disparaître sous terre. Et il n'était pas le seul. Le Chinois se rongeait les ongles jusqu'au sang. Heero ne laissait rien paraître, si ce n'est un regard éclatant de fureur contre celle qui était peut-être en train de foutre en l'air un projet Preventers top secret. Il saisit sans un mot le bras de l'Allemande et celui de son double et les entraîna vers la sortie. Elles ne manifestèrent pas de résistance, mais malheureusement elles continuèrent de chanter .
Quatre, à son tour, entra en action. Crispé de l'intérieur, il sourit de tout son charme face à un auditoire mi-stupéfait, mi-outré. Comme si tout était normal, il expliqua vaillamment aux invités, que Tanja et sa sœur jumelle Numb... Heu Eglantine, ne s'étaient pas revues depuis des années et qu'il était de tradition dans leur pays de chanter et de boire pour fêter des retrouvailles.
Qui allait croire une chose pareille ?
Son mensonge le faisait suer à grosse goutte, mais il fallait expliquer d'où sortait cette jeune femme en tous points identique à l'Allemande, pour éteindre les soupçons s'il y en avait. Le jeune Arabe priait intérieurement pour que personne ne l'ait vu... apparaître. La pilule semblait passer à peu près, hormis quelques réflexions des dames sur le langage fleuri des jeunes filles, et Quatre pu rejoindre la table, un peu soulagé.
Mais pas pour longtemps.
Déjà retentissait une autre voix bien connue.
« Viva America ! »
Lynn !
Lynn était montée sur une table et se déhanchait sur les violons. Elle était complètement ivre et commençait à se déshabiller du haut de son promontoire.
« C'est un véritable cauchemar » se lamenta Quatre.
« Je sais à quoi vous penser tous ! » Lynn s'époumonait « JE CONNAIS VOS PENSÉES ! »
« ONNA DE MALHEUR ! »
« Je me demande vraiment si ce pouvoir n'est pas trop pour elle... » L'empathe était absolument dépassé. Il jeta les armes, submergé non seulement par sa propre honte et son propre stress, mais aussi par ceux de ses amis, sans compter en plus la colère de Wufei.
« Héé ! les filles, vous venez ! » Elle appelait ses copines en faisant de grands signes de l'autre bout de la salle.
Wei essayait de se cacher du mieux qu'elle pouvait. Bianca, par contre, répondit enthousiaste à l'appel de son amie et trottina gaiement jusqu'à elle.
« ONNA DE MALHEUR ! »
Wufei se précipita pour les rejoindre et faire descendre Lynn de son perchoir avant qu'elle ne rameute toute la salle.
« Onna de malheur ! » répéta-t-il furax en essayant de se contenir pour être discret. « Rhabille-toi ! »
« Plus doux mon cœur ! Bianca, toi qu'es spécialiste, tu crois que je pourrais lire les pensées de Dieu si je le touchais ? »
« Lynnnnnnnn ! » Wufei essayait désespérément de la tirer par la jambe pour la faire descendre.
« Hum je pense pas » répondit sérieusement la Française à moitié raide « Parce que c'est Dieu quand même... À moins qu'il soit d'accord...oui, oui alors »
« Ça suffit les conneries ! » essaya de murmurer Wufei, mais il avait du mal à se retenir de hurler « Descends de là, Onna ! »
Rien à faire.
Il faudrait qu'il grimpe sur la table lui aussi.
Tout le monde les regardait déjà… Le Chinois maudit alors la jeune fille par Nataku et se promis de lui faire payer très cher l'humiliation qu'il allait s'infliger.
Mais Lynn cessa alors de crier. Une douce vision lui était apparue. Wufei se retourna et aperçu Trowa, arrivé en renfort. Il remercia le ciel mille fois, même s'il ne croyait pas en Dieu.
« Trowaaa... »
« Lynn, descends s'il te plait. Et rhabille-toi un peu »
Il était calme. Mais calme ! Wufei se demandait comment c'était possible, alors que cette foutue onna faisait son show sur les tables de Sank, criant presque au monde qu'elle était New-type... Néanmoins, Lynn ne se fit pas davantage prier.
« Tu viens me chercher » demanda-t-elle larmoyante.
Trowa s'approcha de la table et sans autre préavis Lynn lui sauta au cou et l'embrassa. Wufei se passa une main sur le visage et tourna les talons, tirant Bianca par la manche. Il en avait assez vu.
Trowa resta stoïque pendant les longues secondes où Lynn posa ses lèvres sur les siennes. Il ne la repoussa pas. Il ne lui répondit pas. Il attendit qu'elle termine. Elle renonça rapidement et éclata en sanglots.
« Pourquoi ? » pleurait-elle « Pourquoi, tu m'aimes pas ? Lui aussi, il me détestait » Elle commençait à délirer.
« Allez viens, je te ramène à la maison »
Il se retourna et fit signe de loin à ses amis qu'ils rentraient, au grand soulagement de tous.
« Y'a un problème avec Lynn » fit remarquer le blond
« On a que des problèmes avec Lynn » rectifia Wufei
« Elle souffre d'un manque affectif anormal. Elle dégage une de ces détresses parfois... » ajouta tristement l'empathe.
« On la confie à tes bons soins psychologiques Winner ! Moi, elle m'use plus que tous les terroristes de la galaxie»
Soudain, Bianca se leva d'un bond !
« Vous entendez ? C'est la valse des fleurs ! J'adore cette valse de Tchaïkovski ! À mon mariage j'ouvrirai le bal avec cette valse... » Et elle continua ainsi d'un air rêveur.
L'alcool faisait parler Bianca, c'était incontestable. Elle se mettait à raconter sa vie. Elle causait, elle causait... Elle ne s'arrêtait pas. C'était plutôt attendrissant chez elle et surtout c'était moins dangereux que sauter sur les tables ou chanter avec son double.
Une jeune femme s'approcha de la table et demanda la valse à Quatre qui accepta. Ils commençaient de se diriger vers la piste, quand Bianca redescendit sur terre pour piquer une mini-crise de colère.
« Hé ! Me le piquez pas ! Avec qui je vais valser moi ! »
Trop tard... Dépitée, elle baissa les yeux sur Wufei, qui saisit très rapidement le message.
« N'y pense même pas ! »
« St'plait ! St'plait ! C'est la valse des fleurs ! C'est la valse des fleurs ! »
« Pourquoi moi ? Demande à Yui ! C'est ton ami ce soir... »
« Il est plus là… » fit-elle avec une petite moue tristounette, après avoir regardé partout autour d'elle.
« Moi je veux volontiers danser avec toi ! » proposa Duo. « Je suis ton sauveur pour une valse des fleurs si tu veux » continua-t-il en lui faisant un clin d'œil.
Elle se tourna vers le natté. Elle regardait ses yeux.
« Améthystes ».
Elle se sentait un peu troublée. Sûrement l'effet de l'alcool...
« Alors ? T'as peur que je te marche sur les pieds ? »
Ils se dirigèrent donc vers la piste de danse. Wufei , seul à la table, les regardait de sa chaise, épuisé. Vivement que la soirée se termine ! Il reprit son activité de surveillance. Il gardait depuis le début de la soirée un œil sur sa compatriote. Il la voyait envoyer un par un sur les roses tous les hommes, jeune présomptueux ou riches grabataires, qui s'imaginaient que la belle leur ferait une grâce... Cela l'amusait.
Il y en avait justement un en train de se décomposer devant la réponse cinglante de la jeune fille. Wufei pouvait de là où il était lire sur ses lèvres le bien connu « Homme sans cervelle » dont elle l'assenait à longueur de journée. Ça le fit sourire. Ce soir ce n'était pas lui qui ramassait ses invectives.
Tien, mais en voici un plus hardi, qui posait une main sur sa hanche. Le regard de Wei se fit brusquement d'un noir terrifiant. Wufei se doutait bien que s'il ne s'était pas s'agit d'une fête officielle regroupant autant de hauts dignitaires, le pauvre homme serait déjà par terre en train de se tordre de douleur... Mais dans cette situation, elle ne pouvait rien faire de plus que le repousser « gentiment ». Il s'amusait de cette situation. Elle payait pour toute les fois où elle l'avait traité indignement. Il vit l'audacieux jeune homme regarder sa flûte à champagne étrangement, en la tournant dans sa main comme si elle lui brûlait les doigts. De là où le Chinois était, on aurait plutôt dit qu'elle se cristallisait. Il fronça les sourcils, il devait mal voir. Puis le verre explosa littéralement dans les mains du séducteur. Tout cela n'avait duré que quelques secondes.
La flûte à champagne se brisa sous les yeux courroucés de Wei, qui sentit toute colère l'abandonner aussitôt. Elle jeta des regards atterrés tout autour d'elle. La scène était, il semble, passée inaperçue. Elle croisa de loin les yeux interrogateurs de Wufei.
Il avait vu.
Il lui demandait d'un regard lui aussi atterré, ce qui s'était passé. Elle lui répondit des yeux, qu'elle ne comprenait pas. Il traversa la salle pour venir à sa rescousse. Il prit les restes de la flûte des mains de l'homme éberlué comme un imbécile, et tira la jeune fille plus loin.
« Comment tu expliques ça ? » demanda-t-il à Wei en lui mettant le débris de verre sous le nez.
Le pied de la flûte était gelé et des morceaux de glaces étaient encore accrochés aux pointes de verre brisées. Ils regardaient l'objet fixement, tous deux pensaient à la même chose, mais n'osaient y croire. Soudain une aveuglante lumière traversa les grandes fenêtres de la salle de bal. Wufei eut juste le temps de se jeter à terre sur Wei. Les vitres soufflèrent dans une explosion.
À suivre.
(1)Musique de Wilhern
(2)Auteur inconnu
