Bonjour à tous !
Je sais que j'ai un peu tardé à publier ce chapitre... désolée !
Merci pour toutes vos gentilles reviews. Vos encouragements me vont droit au cœur ! Morrigane, Ilda, Pitchoune-Bella, Cixy, Justabook, Alatariel Melawen, Eileen19 et Diiane, merci beaucoup !
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira...
Bonne lecture !
CHAPITRE 7 : CE QU'ENGENDRE LA HAINE
Pelotonnée sur le canapé, les jambes repliées sous elle, Hermione réfléchissait.
Elle avait bien essayé de dormir, mais de savoir Severus dehors, seul à la merci de leurs ennemis, l'avait empêchée de trouver le sommeil. Elle s'était donc relevée pour s'installer dans le salon avec un vieux grimoire sur lequel elle ne parvenait décidément pas à fixer son attention…
Tout en ramenant contre sa poitrine le petit plaid écossais qui l'accompagnait dans ses longues soirées de lecture hivernales, elle reposa le livre ouvert à côté d'elle, puis ferma les paupières, s'efforçant de gommer de sa mémoire ces dernières quarante huit heures ! En vain…
Ses efforts étaient certains mais ils n'enrayaient pas la panique qui l'envahissait, de plus en plus, rendant sa respiration erratique, plus difficile, presque douloureuse. Et cette position assise était loin de l'aider à inspirer correctement…
Il fallait qu'elle se lève…
Hermione déplia ses jambes engourdies et se redressa avec lenteur tout en soutenant le poids de ses reins. Mais, lorsqu'elle se retrouva debout, un élancement dans son ventre la fit sévèrement vaciller, manquant de la faire s'effondrer sur le parquet ! Elle tituba jusqu'à la table où Severus et elle avaient pour habitude de prendre leurs repas chaque jour, et se retint au dossier d'une des chaises, haletante.
Mais que lui arrivait-il ? Elle avait si mal… Ce n'était pas normal ! Depuis le début de sa grossesse, elle n'avait jamais ressenti ce genre de douleurs !
Une autre crampe, plus forte, la foudroya si brutalement qu'une plainte s'échappa de sa gorge malgré elle !
- Severus… gémit-elle doucement. Severus… Severus…
Où était-il ? Elle avait tant besoin de lui ! Elle avait si peur sans lui…
Elle avait si peur… si peur… Non ! Pas maintenant ! Non ! C'était beaucoup trop tôt… Elle n'était même pas à sept mois… Elle sentit les larmes couler de ses yeux mais ne chercha pas à les retenir… Sa main se resserra plus fermement encore sur le haut de la chaise, ses doigts tremblants agrippant nerveusement les barreaux de bois.
Elle ne savait pas quoi faire, alors elle attendit. De longue secondes, plusieurs minutes, appréhendant une nouvelle vague de douleur qui finalement ne vint pas… Il lui fallut encore du temps avant d'oser se redresser à nouveau.
Il fallait qu'elle se calme, qu'elle réfléchisse... Elle ne devait surtout pas céder à la panique ! Pourtant, elle avait tellement peur de perdre son bébé ! Ce bébé qu'elle aimait déjà plus que sa propre vie…
Mais la main qu'elle posa fébrilement sur son ventre la rassura... Il bougeait, elle le sentait… Ni plus, ni moins que d'habitude… Bien…
Tout son corps se réchauffa et ses larmes redoublèrent. Des larmes de soulagement mêlées de rires…
Elle se laissa aller longtemps, pleurant de tout son saoul jusqu'à ce que ses larmes se tarissent, jusqu'à ce que sa raison tempère ses émotions… Doucement, elle desserra les doigts de la chaise pour la tourner vers elle et s'y installa pour réfléchir…
Maintenant qu'elle était plus calme, elle se souvenait bien avoir lu que ce genre de crampes pouvaient survenir à ce stade de la grossesse, surtout lorsque la mère était fatiguée ou contrariée… Et là, elle était servie !
Quelques gouttes de potion de tranquillité dans une tisane d'aubépine devraient pouvoir arranger tout ça… Et si elle ne se trompait pas, Severus avait dû en préparer le mois dernier. Oui, elle était quasiment certaine d'avoir rangé plusieurs fioles dans la réserve attenante au laboratoire… Elle devrait donc sortir ! Mais ce n'était pas comme si elle avait vraiment le choix…
Doucement elle se leva, et d'une démarche mal assurée, se dirigea vers le vestibule où elle enfila une paire de ballerines avant de recouvrir sa longue chemise de nuit de coton blanc d'une épaisse cape en draps de laine incarnat dans laquelle elle glissa sa baguette…
ooOoOoOoo
Severus avait parcouru le chemin de traverse aussi discrètement que possible, évitant de justesse plusieurs patrouilles de Mangemorts.
Il avait même poussé jusqu'à vérifier l'allée des Embrumes dont il connaissait jusqu'aux recoins les plus sombres… Mais il ne trouva pas Gabrielle, ni aucun signe qui aurait pu lui faire dire que la jeune imprudente était passée par là.
Pestant intérieurement, il transplana jusqu'à Pré-au-Lard. La gamine connaissait le village et il était tout à fait possible qu'elle s'y soit rendue…
Ces rues, qu'il avait connues si joyeuses et animées avant le règne de Terreur du Ministère Noir, paraissaient d'autant plus mornes sous cette nuit brumeuse… L'endroit était désert. Les habitants semblaient tous s'être retranchés chez eux. Pas un bruit, pas une lumière ne filtrait des fenêtres scrupuleusement protégées de leurs volets de bois. Même les Trois Balais étaient fermés. Toutes ces patrouilles ne devaient pas vraiment arranger les affaires de Rosmerta…
Severus était sur le point de repartir lorsque son attention se porta sur une petite ombre grise qui se dirigeait vers lui. Il baissa le regard vers le félin qui se mit à frotter son dos arrondi contre ses mollets, accompagnant son ballet d'un doux ronronnement.
- Les rues ne sont pas très sûres par les temps qui courent. Rentre chez toi, le chat ! murmura t-il.
L'animal le transperça de ses yeux verts poison avant de se diriger vers la porte de la taverne en miaulant. Hermione aimait les chats… Elle avait longtemps pleuré la mort de son flaireur. Dès que cette histoire serait terminée, il lui offrirait un chat !
Poussant un bref soupir, il resserra les doigts autour de sa baguette et transplana au dernier endroit où Gabrielle était susceptible d'avoir fui… La gamine ne savait pas où était situé le quartier général de l'Ordre, alors, il ne voyait plus que cette option….
Le Terrier n'était rien d'autre qu'une vielle bâtisse abandonnée à présent, mais elle y passé plusieurs semaines avec sa sœur, des moments joyeux sans aucun doute…
ooOoOoOoo
Lorsqu'elle ouvrit la porte de son cottage, plus que l'obscurité, l'humidité froide de la nuit la surprit.
Hermione resserra les pans de sa cape autour d'elle et avança vers le manoir dont les contours disparaissaient sous le brouillard, dense et épais. Ses grandes ailes fantomatiques se déployaient autour d'elle, recouvrant la campagne alentour d'un étrange linceul gris et vaporeux.
Cette atmosphère, lugubre et inquiétante, la fit frissonner malgré elle. Hermione pressa le pas, parcourant les allées du parc sans se retourner une seule fois derrière elle.
Lorsqu'elle arriva à quelques mètres de la roseraie, le manoir lui apparut plus distinctement.
La faible lueur tremblotante qui se reflétait sur les vitraux de la tour ouest attira son attention. Evidemment… Ted et Androméda étaient incapables de dormir…
Il ne fallait pas penser à ça, juste prendre la potion et rentrer…
ooOoOoOoo
Ce ne fut que lorsque ses pieds heurtèrent le sol que Gabrielle se détacha de Lucius Malefoy.
- Etrange que Severus n'ait pas pensé à protéger cet endroit d'un fidelitas… murmura-il, d'avantage pour lui-même que pour la jeune fille à ses côtés.
- Je…
Le son de la voix de Gabrielle attira son attention. Vivement, Lucius tourna la tête vers elle, ne cachant rien de son agacement face à son hésitation.
- Vous quoi ? interrogea t-il, sèchement.
- Je suis le gardien du secret, répondit-elle dans un seul souffle, soudainement blême.
Le rire haut et clair de l'homme la fit sursauter malgré elle.
- Incroyable…
Oui, Gabrielle se souvenait très clairement de ce jour où Severus s'était fermement opposé à son père lorsque ce dernier avait souhaité faire d'elle le gardien du secret de Searing Moor. Le Maître des potions avait crié, protesté, usé de son autorité naturelle, mais Ted avait campé sur ses positions, bien décidé à lui prouver qu'il la considérait comme sa propre fille… Et comme il était le maître des lieux, la décision finale lui était revenue.
Jusqu'à cet instant, la jeune fille ne s'était pas rendu compte de la confiance qu'il lui avait accordée ce jour là – des vies qu'il remettait entre ses mains – trop occupée à détailler Severus… Ses yeux sombres et durs, l'afflux de sang qui faisait battre ses tempes, sa taille imposante, son allure intimidante… Tellement fier, si masculin…
ooOoOoOoo
- Personne ! hurla t-il, ses traits altiers déformés par la colère.
- Je ne comprends pas, bredouilla t-elle, reculant inconsciemment à chaque pas qu'il faisait en sa direction.
- Où est ce traitre de Rogue ? Où ?
D'un geste vif, il avait empoigné et violemment secoué la jeune française avant de la repousser au sol.
Gabrielle était allongée au beau milieu du salon du Maître des potions, si choquée par la brutalité de l'homme qui la malmenait, qu'elle ne parvenait même plus à parler !
- Tu vas me répondre, espèce de sale petite vermine !
- Je ne sais pas… bredouilla t-elle au bord des larmes, complètement paniquée, tremblant de tout son corps.
- Je vais t'apprendre à savoir ! Endoloris !
Le corps de Gabrielle se cambra de douleur, secoué de longs et violents spasmes qui la faisaient hurler à se déchirer la gorge.
Lucius était furieux ! Cette petite salope lui avait promis Severus et le Maître des potions n'était même pas là ! Même sa sang de bourbe avait disparu ! Il était pourtant si près du but ! Si près ! Il observa le corps recroquevillé en boule sur le sol et sourit.
- Leçon numéro un : s'assurer de la fiabilité de ses informations… murmura t-il d'une voix suave tout en intensifiant le sort.
Un cri atroce s'échappa des lèvres de Gabrielle alors que ses yeux s'écarquillaient sous la torture. Et c'est à ce moment, alors que son regard se posa sur le visage du Mangemort, que la jeune fille comprit son erreur ! Tant de noblesse et de beauté dans ces traits, tant de douceur dans ce sourire, et tant de cruauté, de sadisme et de perfidie dans ce regard ! C'était au Diable en personne qu'elle venait de donner les clés du paradis !
Combien de temps encore Malefoy s'acharna t-il sur elle ? Gabrielle était bien incapable de le dire ! Elle commençait à sombrer, doucement… Sa perception du monde alentour, sa conscience même disparaissaient… Tout comme sa douleur…
Tout comme sa douleur… La jeune fille réussit tant bien que mal à lever légèrement la tête et chercha Malefoy du regard. Mais il n'était plus face à elle ! Il avait quitté la pièce, la laissant meurtrie et agonisante à même le sol.
Qu'allait faire ce monstre maintenant que Severus lui avait échappé ? Allait-il attendre son retour ou… Oh non ! Ted ! Androméda ! Ses amis ! Ce qu'il venait de lui faire prouvait de quoi Malefoy était capable pour retrouver Severus ! Gabrielle était en plein cauchemar !
Rassemblant ses dernières forces, la jeune fille parvint à se redresser à demi et se dirigea vers la sortie à quatre pattes, déchirant sa robe et écorchant ses genoux contre les clous du parquet. Elle poussa la porte et rampa jusqu'au Mangemort qui s'éloignait sans même se soucier de sa présence.
- Attendez ! cria t-elle d'une voix affaiblie. Je vous en prie, attendez !
Malefoy posa les yeux sur elle un bref instant, puis sortit sa baguette de l'ample manche de sa robe noire. Gabrielle ne put s'empêcher de sursauter tout en se protégeant instinctivement de son bras replié face à l'instrument de torture du Mangemort. Cependant, il ne dirigea pas sa baguette vers elle, mais lui sourit.
- Leçon numéro deux : lorsqu'on joue, il faut toujours s'attendre à perdre.
Gabrielle, maintenant à genoux face à lui, s'apprêtait à le supplier de s'en aller lorsqu'elle rencontra l'acier glacial de ses prunelles. Puis, ses lèvres remuèrent et prononcèrent le mot qu'elle s'efforçait d'oublier depuis des années, le mot qui hantait ses nuits et nourrissait ses pires cauchemars…
- Morsmordre !
- Noonnn !!!
ooOoOoOoo
Une fois la précieuse fiole délicatement glissée au fond de sa poche, Hermione pointa sa baguette en direction de l'armoire qui renfermait le stock de potions.
- Collaporta ! Un cliquetis se fit entendre, signe que les portes étaient parfaitement verrouillées.
Satisfaite, la jeune femme soupira avant de se diriger vers la sortie. Cependant, au moment où sa main se posa sur la poignée, un hurlement déchira le silence du manoir.
Son corps se figea de stupeur et d'effroi. Quel était ce cri ? N'avait-elle pas rêvé ?
En toute honnêteté, elle devait bien reconnaitre qu'elle n'avait pas été des plus sereines en traversant le parc et… s'avouer qu'elle avait même eu peur ! Ce n'était pourtant pas son genre de sursauter au moindre bruit suspect – après tout, elle avait été Auror et elle était encore membre de l'Ordre, rompue aux missions dangereuses…
Mais là, elle ne savait pas… Tout était différent…
Elle avait subi un grand choc en apprenant la façon dont Gabrielle s'était enfuie, et plus encore, elle avait cru un moment perdre son bébé, son ange…
Et il y avait cette nuit. Ce silence obsédant. Cette humidité glaciale. Cette brume grise et macabre.
Oui, elle avait très bien pu imaginer ce cri…
Rassemblant son courage, elle referma sa main sur le bouton de laiton et ouvrit la porte de la réserve. Le couloir était sombre, à peine éclairé par le faible lumos de sa baguette, et le bruit de ses pas raisonnait contre les murs de pierre.
L'espace d'un instant, elle pensa à toutes les fois où les garçons et elle avaient parcouru les couloirs du vieux château au milieu de la nuit, enfreignant le règlement de l'école, courant inconsciemment au devant du danger. Pourtant, elle n'avait jamais ressenti cette crainte, cette angoisse dont elle n'arrivait pas à se départir depuis qu'elle avait quitté son cottage… Si la jeune femme avait été superstitieuse, elle aurait surement compris qu'une chose terrible se préparait… Mais Hermione était une sorcière rationnelle…
Elle pressa le pas et sortit enfin du manoir.
Mais que se passait-il ? Que… Oh Merlin ! Le cottage de Melinda ! Il était en feu ! Sans réfléchir d'avantage, Hermione accéléra sa cadence, sa main soutenant son ventre, et se précipita vers les flammes. Elle était aux trois quarts du chemin lorsqu'elle entendit des cris mêlés de sanglots déchirants.
- Je vous en prie… Vous aviez promis… promis…
- Leçon numéro trois : ne jamais faire confiance à un Mangemort ! Mais je mettrai cette naïveté sur le compte de votre jeune âge…
Le cœur d'Hermione s'accéléra soudainement. Cette voix… Ce ton horriblement mielleux et moqueur… Non, elle ne se trompait pas ! Lucius Malefoy les avait retrouvés ! Elle s'appuya à un arbre pour ne pas tomber sous le choc qu'avait provoqué cette découverte, et resta dans l'ombre des hautes fougères qui envahissaient le parc.
- Ne leur faîtes pas de mal… je vous en supplie… tuez-moi à leur place…
Gabrielle ! Gabrielle était revenue et suppliait Malefoy, bredouillant une vague promesse… Ce n'était pas possible ! Gabrielle était perturbée, mais elle ne les aurait jamais trahis ! Un goût amer se répandit dans sa bouche.
- Vous tuer à leur place ? Parceque vous croyez que votre vie à plus de valeur que celles de tous vos amis, que celles de votre famille ? La jeune femme aurait presque pu l'entendre sourire.
- Je…
D'un geste précautionneux, Hermione écarta les fougères et aperçut Lucius Malefoy qui regardait Gabrielle, pitoyablement accrochée au bas de sa robe, du regard le plus méprisant qu'elle lui ait jamais vu. Derrière eux, le cottage de Melinda brûlait.
Le feu avait dévoré toute la maison, faisant s'écrouler le toit et les murs aussi facilement qu'un ballot de paille ! La combustion était si forte que la chaleur lui parvenait par vagues, asséchant sa gorge et ses yeux ! Jamais ses amis ne pourraient survivre à un tel brasier ! Jamais ! Melinda ! Roger ! Son corps tremblait de tous ses membres !
Sa raison lui disait de faire quelque chose. N'importe quoi. Attaquer le Mangemort ou bien fuir et alerter les autres. Mais ne pas rester là, inerte à ne rien faire ! Oui, elle allait agir…
Elle pointa sa baguette dans leur direction, mais, au moment où elle s'apprêtait à les stupéfixer par derrière, elle l'aperçut, déchirant l'épaisse fumée noire qui montait vers le ciel. De sa langue de flammes vertes, la marque des Ténèbres planait au dessus de Searing Moor, tel le spectre de la mort…
ooOoOoOoo
Severus venait de transplaner aux limites du jardin qui entourait le Terrier. Les lieux avaient beau être désertés, il avait préféré jouer la carte de la prudence et ne pas apparaître directement à l'intérieur de la maison.
Doucement, il poussa la petite grille de fer rongée par la rouille et pénétra dans le jardin où la nature avait repris ses droits. Les hautes herbes mêlées de chardons aux redoutables épines régnaient en maître dans ce jardin redevenu sauvage.
Le brouillard n'était pas aussi épais qu'à Searing Moor et Severus distinguait un peu mieux l'environnement broussailleux que l'astre de nuit éclairait entre deux gros nuages noirs. Il avança sur le chemin tapissé de bruyères qui menait à l'entrée du Terrier, écartant parfois au passage quelques ronces qui s'accrochaient aux pans de sa cape.
Un cri, certainement celui d'un oiseau, le fit sursauter. Il se retourna et scruta attentivement le jardin, mais ne vit rien d'autre qu'un coucou perché à fourche d'un sureau. Il souffla et regarda la façade inclinée du Terrier qui semblait vouloir se cacher sous le lierre et la treille qui avaient presque complètement recouvert le torchis.
Si Gabrielle était bien venue se cacher ici, aucun signe, pas un bruit, ni même la lueur d'une bougie, ne trahissait la présence de la jeune fille en ces murs.
Severus leva sa baguette pour ouvrir la porte, mais, au moment où il s'apprêtait à formuler le sortilège, la marque sur son avant bras s'enflamma soudainement !
Il avait bien essayé de faire disparaître la trace de son ancienne allégeance au Seigneur des Ténèbres, mais en vain. Aucun sort, aucune potion n'étaient parvenus à un résultat satisfaisant. L'hideuse tête de mort qui était tatouée sur sa peau le faisait souffrir chaque fois que le Lord appelait ses fidèles, chaque fois que l'un deux faisait apparaitre la marque des Ténèbres…
Et il n'avait d'autre choix que supporter la douleur cuisante qui dévorait lentement sa chair…
Avec le temps, il s'y était accommodé. La méditation l'avait aidé. Un temps. Car, depuis qu'Hermione était enceinte, il ne parvenait plus à vider sa tête pour oublier la douleur, son esprit s'envolant vers elle, plus vulnérable et fragile que jamais…
Il serra les dents tout en se frottant l'avant bras.
Tant pis pour la gamine ! La marque lui brûlait de plus en plus, signe que les Mangemorts s'apprêtaient à attaquer ! Evidemment, il ne pouvait savoir où, mais il ne voulait pas prendre le risque de laisser Hermione toute seule ! Il devait retourner auprès d'elle au plus vite ! Sa femme pouvait avoir besoin de lui ! Il devait être à ses côtés, au cas où…
Et à cet instant, rien d'autre qu'Hermione n'importait aux yeux du Maître des potions…
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D'ici quelques secondes, les Mangemorts arriveraient en nombre !
Merlin, ils étaient perdus !
Non, pas tous…
Si elle ne pouvait pas réveiller les sorciers qui habitaient les cottages – et son cœur s'emballa en pensant à Romilda et Justin - elle avait le temps de retourner au manoir pour prévenir Ted et Androméda !
Aussi vite qu'elle le put, elle rebroussa chemin et pressa le pas vers le manoir, ponctuant ses foulées de quelques secondes de course. Essoufflée, elle parvint à l'entrée latérale que les hauts chênes protégeaient des regards.
Elle s'engouffra dans le corridor qui menait au hall afin de rejoindre les étages mais s'arrêta net au bout du couloir ! Elle pouvait entendre des bottes claquer dans les escaliers ainsi que des ordres scandés à la volée…
- Vous deux, avec moi ! Dowling, surveille l'entrée !
Au moins quatre hommes…
Vivement, Hermione fit volte face et retourna sur ses pas. Elle ne devait pas rester dans le manoir ! C'était bien trop dangereux !
Elle trottina tant bien que mal en soutenant son ventre, et était presque parvenue jusqu'à l'entrée latérale, lorsqu'elle entendit la voix dure d'un Mangemort qui arrivait dans sa direction ! Merlin ! Elle était prise au piège !Son cœur s'emballa et un nouvel élancement dans son ventre la fit se tordre de douleur. Elle regarda autour d'elle, haletante, et ses yeux se posèrent sur la haute porte qui menait au sous-sol…
Décidée, Hermione en franchit le seuil, puis scella la porte d'un sort qu'elle avait elle-même élaboré avant de s'enfoncer dans les profondeurs du manoir. Arrivée en bas, elle se précipita dans la réserve où elle répéta la même opération sur la lourde porte de bois. Là, elle se laissa glisser le long du mur, laissant ses larmes couler librement sur son visage…
Et elle sanglota de plus belle, une main sur son ventre qui lui faisait mal, guettant farouchement les mouvements de son bébé. Sans même s'en rendre compte, son autre main avait saisi le médaillon de Saint-Michel qu'elle portait à son cou depuis son enfance. Elle pria le ciel de l'aider. C'était une chose qu'elle n'avait plus fait depuis des années, depuis qu'elle avait appris qu'elle était une sorcière.
Cette litanie maladroitement bredouillée eut pour étrange effet de la calmer. Son cerveau fonctionnait à nouveau normalement.
Sa main toujours posée sur son ventre, Hermione observa la pièce et ses yeux se posèrent sur une lucarne, un peu en hauteur sur le mur du fond, et qui donnait accès sur l'arrière du manoir. L'édifice avait pour particularité d'avoir été bâti sur un terrain pentu, ce qui faisait qu'une partie du sous-sol bénéficiait de la lumière extérieure.
Elle avait trouvé ! Elle allait se glisser par la lucarne ! Elle se releva non sans difficultés et d'un mouvement de poignet fit exploser la vitre et les grilles qui scellaient la fenêtre, puis transforma une chaise en une solide échelle qu'elle fit léviter jusqu'à l'ouverture.
Hermione croisait les doigts pour que les Mangemorts n'aient rien entendu de l'explosion ! Dans tous les cas, le sort qu'elle avait lancé sur les portes était suffisamment puissant pour lui laisser le temps de sortir…
Elle attrapa un barreau de l'échelle et commença à se hisser jusqu'à l'imposte. Là, elle passa le haut de son corps en faisant attention de ne pas basculer, puis plia une jambe qu'elle passa de l'autre côté avant de répéter la même opération avec la seconde. Elle était maintenant assise sur le rebord de la fenêtre à près de deux mètres du sol. Les mains fermement accrochées sur le châssis, elle se laissa doucement glisser le long du mur, s'aidant de ses pieds pour ne pas cogner son ventre contre la paroi, puis se lâcha lorsque ses pieds rencontrèrent le sol.
Enfin ! Elle avait réussi ! Elle était sortie du manoir ! Sans perdre une minute, Hermione s'éloigna de la bâtisse, s'enfonçant dans le brouillard encore plus épais dans cette partie oubliée du parc…
Derrière elle, les flammes finissaient leur travail, s'élevant jusqu'aux tourelles du manoir…
Alors qu'elle marchait à tâtons, n'osant pas éclairer sa route d'un lumos, elle souffla pour la première fois depuis des heures en pensant que Saint-Michel avait veillé sur elle et son bébé. Mais lorsqu'elle voulut caresser le précieux médaillon, elle se rendit compte qu'elle l'avait perdu, certainement en se faufilant par la lucarne ! Tant pis ! Le principal était qu'elle était encore en vie ! Ses amis, les malheureux, n'avaient pas eu cette chance…
Haletante, la gorge comprimée de tristesse, le ventre tendu et douloureux, elle parvint enfin aux limites sud de Searing Moor…
ooOoOoOoo
Lorsque son regard se posa sur Searing Moor, Severus se figea face à cette vision d'apocalypse.
Au loin, des flammes ravageaient les deux tours du manoir dont le rez-de-chaussée était déjà rongé par le feu, alors que les petits cottages finissaient de se consumer…
Sans réfléchir un seul instant au danger, le maître des potions s'élança de toutes ses forces vers sa maison, sa longue cape filant dans les airs derrière lui…
Hermione…
ooOoOoOoo
Elle savait que le transplanage n'était pas recommandé à ce stade de la grossesse, mais là, elle n'avait pas vraiment d'autre choix ! Elle était entourée de landes arides et sauvages à des miles à la ronde ! Et, plus que tout, elle ne devait pas rester là !
Il fallait qu'elle retrouve Severus ! Oh oui, elle le voulait tant ! Se jeter dans les bras de son mari et pleurer de tout son saoul !
Puis elle trembla en pensant que peut-être, Severus était rentré chez eux et se trouvait aux prises des Mangemorts ! Non, elle ne devait pas penser à ça ! Elle le retrouverait ! Il devait encore être en train de chercher…
…Gabrielle… Un sentiment de colère l'envahit aussitôt en pensant aux dégâts qu'avait causés la jeune fille ! Ça non plus, elle ne devait pas y penser ! Juste retrouver Severus !
Mais où le chercher ? Pas au square Grimmaud puisque… Gabrielle… pensa t-elle amèrement, ne connaissait pas le quartier général de l'Ordre. Et il avait déjà dû fouiller le chemin de Traverse ainsi que Pré-au-Lard…
Et si…
C'était parfaitement possible…
Se saisissant de sa baguette, la jeune femme s'évanouit dans un léger pop sonore, laissant derrière elle un cimetière de feu et de cendres...
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !
J'ai beaucoup travaillé sur l'atmosphère... sombre, je vous l'accorde ! Je ne sais pas si vous l'avez remarqué ?
En tout cas, les commentaires sont toujours bienvenus !
Bisous^^
khalie
