Chapitre 7 : De l'eau dans le désert.
Le garde était septique au départ, quand la jeune femme lui avait demandé des épées.
Aillant fait remonter cette information à ses supérieurs, il fut surpris que ce soit son roi qui les lui confia. Malgré la désapprobation de ses supérieurs, le Zora casqué demanda à son souverain, pourquoi permettre à deux gérudos de se battre. Qui plus est du haut de la cascade royale. Avec un sourire, Loto posa sa main sur son épaule et répondit que le combat pour les gérudos était aussi vital que l'eau pour leur peuple. Hochant de la tête pour signifier qu'il avait compris, le soldat remercia longuement son roi pour lui avoir expliqué cette habitude gérudienne et fila porter les épées.
Sous le regard pensif du Zora, le Gérudo essuyait les violentes attaques de sa pseudo-préceptrice. Malgré son corps frêle, cette dernière ne cessait de tournoyer pour l'attaquer de balancer ses lourdes épées sur Ganondorf, qui se protégeait bien que des fourmis se propageaient dans ses bras à chaque coup bloqués.
Mais pour une fois, le roi du désert eut raison d'attendre, en effet les attaques de la jeune femme avaient beau être nombreuses, elle se fatiguait plus que vite. Il y eut un petit temps de flottement et l'enfant en profita pour accabler l'hylienne d'attaques puissantes, qui la firent reculer jusqu'au bord de la cascade. Le souffle court, les lames pointées vers le sol, Dahanël regardait de haut le roi du désert, avant de le féliciter pour en être arrivé là. Concentré, il ne répondit rien, hésitant entre lui foncer dessus ou reculer pour poursuivre le combat. Tandis que son élève pesait le pour et le contre, la blonde posa de nouveau une de ses épées sur son épaule et de l'autre, elle la fit s'entrechoquer contre celle de Ganondorf.
« Ting, ting »
*Ne pas attaquer.*
« Ting, ting »
*Ne pas... Attaquer.*
« Ting... »
Le dernier son résonnait encore, quand Ganondorf se fendit d'une fulgurante attaque, mais d'un mouvement du poignet expert, Dahanël le désarma et fit un pas de côté pour ne pas recevoir de pleins fouets le jeune Gérudo. Croyant qu'il allait chuter ce dernier ferma les yeux, mais il sentit sous ses pieds le sol, ouvrant un œil, il se rendit compte qu'il était sur un petit renfoncement avant le vide. Faisant volte-face, le roi du désert remarqua le petit sourire de triomphe de l'hylienne, fronçant les sourcils, il se jeta sur elle, la prenant au dépourvu. La planquant au niveau des jambes, Ganondorf allait lui mettre un coup-de-poing, mais sa pseudo-préceptrice lui donna au même moment un coup de tête...
« Enfin, vous reprenez vos esprits mon seigneur ?
-Tais-toi, j'ai l'impression de m'être pris un sanglier en plein nez, fit ce dernier en s'asseyant et posant une main sur le nez, puis regardant sa main : A bravo t'es contente ? T'as gagné.
-Pas vraiment mon jeune roi, répondit-elle en regardant la main ensanglantée de l'enfant. Disons qu'il y a égalité.
-Pardon ? Demanda-t-il en la regardant. »
Ses yeux se portèrent sur la lèvre inférieure de la femme à la peau blanche, fendue, et dont le sang coulait par petite goutte. La fixant un moment, Ganondorf bascula en arrière et se mit à rire comme un fou, son rire fut assez contagieux pour de Dahanël se mette à rire. Puis une fois calmés, elle lui demanda pourquoi ce fou rire, essuyant une larme qui perlait, le jeune roi répondit que c'était la première fois qu'il arrivait à l'égaler en duel. Avec un doux sourire, la jeune femme le félicita avant de lui tendre la main pour l'aider à se relever. Prenant avec gratitude cette main, Ganondorf lui promit que la prochaine fois, il la vaincrait, la réponse de l'hylienne se perdit dans l'ovation que les Zoras leurs firent.
Gêné, Ganondorf se rapprocha de l'hylienne qui s'inclina à gauche et à droite pour les remercier, puis elle rendit les épées au soldat. Le jeune roi demanda à la jeune femme comment ils devaient faire vu qu'ils ont fini sur une égalité, réfléchissant un instant la blonde pris la main de l'enfant et l'entraîna à sa suite, vers la cascade...
Le lendemain soir, après une journée où ils ne firent que se reposer, Ganondorf et Dahanël furent conviés à un banquet où Loto leur remit la pierre lors d'une cérémonie et alors que la fête battait son plein, les deux gérudos filèrent, alors de l'aube se levait.
Faisant galoper leurs montures le plus longtemps possible, ils passèrent par le Sud du ranch Lonlon, le roi du désert ne voulant pas passer devant la cité d'Hyrule. Il était la mi-journée, quand ils s'arrêtèrent pour laisser reposer leurs chevaux et prendre une collation. L'enfant sorti la pierre de Zora de son petit sac pour l'observer : anciennement terne, elle irradiait d'un bleu clair et était humide au toucher. De fines écritures dorées apparaissaient sa et là de la pierre, mais le jeune homme ne reconnaissait pas la langue, puis l'hylienne l'appelant pour remonter en selle, il rangea la pierre dans son sac et mit ce dernier dans ses fontes.
Des exclamations de joie fusèrent quand ils furent en vue de la forteresse et des guerrières arrivèrent à leur rencontre peut après. Une fois dans le bâtiment, ils furent noyés dans la foule de gérudiennes, qui bien qu'affaiblit par le manque d'eau depuis plusieurs jours chantaient et dansaient pour leur seigneur. Mais ce dernier bien qu'heureux d'être rentré et de revoir des visages familiers, suivit Dahanël qui s'était esquivé au puits.
« Une fois la pierre en place, que se passera-t-il ? On aura le temps de remonter à la surface ? Demanda l'enfant.
-Deux personnes n'auront pas le temps mon jeune roi, répondit-elle. Car une fois la pierre sur son support, une grande vague montant jusqu'au plafond va sortir de la pierre.
-Comment on fait alors ?
-Je m'en occupe, répondit-elle en se mordant le pouce jusqu'au sang, puis le tendant vers l'enfant. Vous permettez ?
-Que... Que dois-je faire ? Demanda-t-il en laissant la blonde tracer un dessin complexe sur sa main droite.
-Quand votre triforce brillera vivement, tendez l'autre main devant vous et criez mon nom.
-C'est tout ? Fit l'enfant en relevant la tête après avoir observé le dessin sanglant sur sa main. Juste crier ton nom, hylienne ? »
Relevant la tête, il ne put que constater que cette dernière avait déjà filé dans le puits.
De longues minutes passèrent où le jeune roi entouré par ses guerrières, retraçait mentalement le trajet qu'ils avaient pris. Soudain, le sol sous leurs pieds se mit à trembler de plus en plus et la triforce sur la main du futur seigneur du mal se mit a luire violemment. Tendant la main, il appela Dahanël...
Puis une gigantesque gerbe d'eau jaillit du puits, avec la même force que les exclamations des gérudos, qui s'activèrent à mettre cette eau si précieuse dans des tonneaux et autres récipients. Mais malgré ce fourmillement autour de lui, Ganondorf ne bougea pas, la main droite toujours tendue et sa triforce brillant vivement. Plus tard, le puits retrouva son niveau originel, mais aucune trace de sa pseudo-préceptrice.
Posant ses mains sur la margelle du puits, Ganondorf se pencha dans le vide pour l'appeler lorsqu'il la vit : immobile et flottant sur le dos, une aura dorée autour d'elle. L'appelant encore plusieurs fois, le jeune homme se rendit compte que l'aura dorée disparaissait en même temps que la lueur de sa triforce. Une fois celles-ci disparurent complètement, Dahanël prit une grande inspiration et se redressa dans l'eau, levant la tête vers le haut, son regard croisa celui du roi du désert et lui sourit. Poussant un soupir de soulagement, l'enfant du désert jeta une corde à la blonde et se jeta à son cou une fois qu'elle fut de retour sur la terre ferme. Lui rendant son accolade, l'hylienne le remercia pour la protection et laissa les gérudos emmener le jeune roi avec elles pour aller fêter le retour triomphal de leur souverain...
N'aillant pas vu sa pseudo-préceptrice au banquet, l'enfant la chercha dans toute la forteresse, sans succès, puis il décida d'aller se coucher vers minuit. Malgré les deux gérudos avec lui, le roux ne trouva pas le sommeil et quitta sa chambre sans un bruit. La forteresse était plongée dans un noir étouffant et les rares flambeaux éclairaient à peine, pourtant Ganondorf s'y plaisait et le froid ambiant lui convenait tout autant. Il repensait aux derniers jours passés avec sa pseudo-préceptrice, si elle s'était occupée avec soin des négociations, elle demandait toujours son avis dès que l'autre poiscaille avait des exigences...
Quand il quitta ses pensées, il se rendit compte qu'il était sur le chemin de ronde. Tournant le dos au désert, il regarda Sa forteresse, toutes lumières éteintes. Au bout d'un moment, une lueur fut visible dans la chambre de l'hylienne. Se rappelant que leur duel s'était fini sur une égalité, le roi du désert se rendit donc dans la chambre de cette dernière. Y entrant sans frapper, il fut étonné que la pièce était de nouveau dans le noir, haussant les épaules, il se glissa dans les draps à la recherche du corps chaud de la jeune femme. Ne la trouvant pas, il l'appela et comme en réponse, il entendit un cheval au galop. Se précipitant à la fenêtre, Ganondorf put voir une silhouette encapuchonnée filer vers le désert et une étrange sensation d'abandon l'étreint en même temps.
