******* Chapitre 7 : BATTEMENTS *******

Eileen faillit lâcher la main qui se trouvait dans la sienne mais se ravisa soudain, incapable de comprendre ce qui la retenait.

Le garçon assis face à elle avait un visage d'une pâleur qui rivalisait avec la finesse de ses traits et ses yeux, d'un gris miroitant d'éclats indigo, étaient en partie dissimulés par une longue mèche de cheveux blonds, si clairs qu'ils en paraissaient blancs. Il ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'Eileen même si son regard lui conférait une indéfinissable impression de maturité. Il l'observait sans rien dire comme s'il craignait sa réaction puis après un long moment d'immobilité posa doucement sa main libre sur leurs mains jointes. Sa peau était froide comme la pierre.

Un imperceptible sourire se posa sur ses lèvres lorsqu'il murmura :

- Tu ne lâches pas ma main, cette fois…

- Comment ? réussit à articuler Eileen.

- Jusqu'à présent, expliqua doucement le garçon, la surprise de me découvrir te faisait te réveiller.

- Tu veux dire que nous nous sommes déjà vus ?

Le garçon hocha simplement la tête d'un air toujours tendu.

- Alors c'était toi ? continua-t-elle en s'étonnant d'arriver à réfléchir à l'intérieur de ce qui constituait ses propres pensées. C'était toi depuis le début ?

- Oui, fit-il encore sans rien ajouter de plus que ce qu'Eileen pouvait réaliser seule.

Elle détacha son regard du sien et considéra à nouveau la pièce autour d'eux. Au silence oppressant qui baignait habituellement les lieux avait succédé un calme serein et bien qu'il fît encore très sombre, l'obscurité se voulait à présent intimiste.

- Est-ce que nous sommes encore dans mon rêve ?

- D'après toi ?

Eileen continua de parcourir le salon d'un regard circonspect. Au travers du rideau tiré sur la seule fenêtre au milieu des murs de livres, nulle lumière ne perçait. Il faisait nuit dehors. Une nuit paisible. Un feu brûlait maintenant dans la petite cheminée et au moment où elle prit conscience de cet autre changement, d'agréables crépitements se firent entendre.

- C'est chez moi, déclara-t-elle, je reconnais chaque détail, mais je sais aussi que je suis à des kilomètres d'ici, à Poudlard. Alors oui, je suis bien en train de rêver.

Se gardant d'intervenir, le garçon la laissa poser la question qui lui vint sitôt après avoir formulé son raisonnement :

- Où est l'autre personne ? D'habitude, il y a quelqu'un avec nous.

Une bouffée d'angoisse l'envahit soudain à la pensée que le simple fait d'avoir évoqué son assaillant pût le faire apparaître.

- Tout va bien, fit le garçon en raffermissant l'étreinte de ses mains comme s'il percevait son inquiétude. Il n'y a plus que nous.

- Qui est-ce ? continua pourtant Eileen en guettant les ombres autour d'eux. Pourquoi cherche-t-elle à me faire du mal ?

- Je ne sais pas.

- C'est à moi de trouver ces réponses, n'est-ce pas ?

- Peut-être… Sûrement. Mais pour l'heure, sois sans crainte, personne ne viendra cette fois.

Les yeux noirs plongèrent à nouveau dans les gris et l'angoisse d'Eileen s'apaisa jusqu'à se dissiper complètement.

- Et toi, qui es-tu ?

- Qui penses-tu que je puisse être ?

- Mon ange gardien, répondit aussitôt Eileen.

- Alors contentons-nous de ça pour le moment.

- Ça veut dire que tu as un nom ?

Le garçon inclina légèrement la tête et avec un petit sourire forcé, déclara :

- Il est préférable que nous fassions plus ample connaissance avant que je te révèle mon nom.

- Mais nous nous connaissons ! objecta Eileen. Ça va faire près de huit mois que nous nous voyons presque chaque nuit.

- Nous n'avons fait que nous croiser, corrigea-t-il comme à regret. Tu as besoin de savoir plus de choses sur moi avant de pouvoir dire que tu me connais vraiment.

- J'ai malgré tout le sentiment de te connaître plus que de vue, ou par ta seule présence…

- Pourtant jusqu'à ce jour, tu pensais que je n'étais autre que ton amie Zoe.

- C'est vrai, avoua Eileen en essayant de comprendre son impression. C'est quelque chose que je ne peux pas expliquer, comme si tu faisais partie de moi…

- Partie de toi ? parut s'étonner le garçon en détournant les yeux pour plonger dans ses propres réflexions.

- Oui, reprit Eileen, tu es censé être mon subconscient ou quelque chose comme ça, non ?

Il secoua doucement la tête d'un air confus, comme s'il prenait la chose en considération pour la première fois.

- Est-ce que tu es là pour m'aider à empêcher mon cauchemar de prendre forme et d'aller jusqu'au bout ?

Les mains froides serrèrent un peu plus celles d'Eileen. Puis, revenant à elle, le garçon la fixa encore un long moment avant d'avouer :

- Pas exactement. En réalité, c'est moi qui suis là pour que tu m'aides…

- J'avoue que je n'y comprends plus rien, souffla-t-elle. Heureusement que je sais que je suis dans un rêve et que les choses y sont forcément étranges...

- Est-ce que ça te fait peur ?

- Non, je n'ai pas peur, tout au contraire. Je me sens… en confiance.

- Tout ça ne doit pas être évident pour toi, admit le garçon alors que son visage semblait se réchauffer légèrement.

Je pense que c'est assez pour aujourd'hui, nous aurons amplement le temps de discuter de tout ceci les nuits prochaines.

- Alors tu vas revenir ? fit Eileen avec espoir.

- Oui. Si tu le veux bien. Seulement si tu attrapes encore ma main.

- Je pensais que c'était toi qui attrapais ma main, remarqua-t-elle en baissant un instant les yeux sur leur lien.

Un long silence s'étira encore entre les deux enfants d'où seul le crépitement du feu près d'eux dans la cheminée donnait corps à la scène.

- C'est une bonne chose que nous ayons enfin réussi à nous trouver, conclut ensuite le garçon en retrouvant son sourire posé.

Sans pouvoir à nouveau se l'expliquer, Eileen en fut persuadée elle aussi.

Sa curieuse rencontre nocturne ne lui revint pas d'emblée en mémoire au réveil, le lendemain matin, mais pour la première fois depuis des mois, elle émergea de son sommeil très paisiblement, détendue et à la fois pleine d'énergie pour la journée à venir.

Lorsque le rêve reprit forme dans son esprit, elle en éprouva un étrange vertige aussitôt suivi d'un enthousiasme bien réel qui ne la quitta que temporairement au moment où elle voulut faire part de son avancée pour le moins spectaculaire à Zoe. Quelque chose la retenait encore de tout révéler à son amie, et bien qu'elle s'y soumette, une part d'elle se désolait de devoir le faire.

- C'est à cause de moi, s'excusa l'ange gardien en réapparaissant la nuit suivante. Je t'ai demandé de ne rien dire à personne.

- Sans que je m'en souvienne ?

- Oui. Je suis désolé d'avoir dû le faire à ton insu mais tu comprendras assez tôt pourquoi il ne fallait pas que tu parles de moi à qui que ce soit.

- À mes parents non plus.

- Surtout à tes parents.

- Mais pourquoi ? demanda Eileen, sans pour autant céder à sa soudaine contrariété.

Le garçon se pencha doucement vers elle, sa main toujours dans la sienne et avoua, la mine affligée :

- Pour te protéger… Pour nous protéger…

- Nous protéger de quoi ?

- Si quelqu'un apprenait que nous nous voyons, on nous séparerait sur le champ.

- Mais Zoe est mon amie. Je me sens mal depuis que je lui cache toutes ces choses, elle qui m'a tellement aidée.

- Moi aussi je suis ton ami, non ?

- Oui…

- Crois-moi. Moins il y aura de personnes dans la confidence et mieux ce sera.

- Mais nous sommes dans un rêve ! objecta Eileen. Tu parles comme si tout ça était réel. Je ne vois pas en quoi…

- C'est toujours ce que tu crois ? l'interrompit le garçon, les sourcils légèrement froncés d'inquiétude.

Une fois encore, Eileen procéda à un examen des lieux puis revint sur le garçon pour le contempler longuement sans qu'il ne cille un instant.

- Bien sûr, se prononça-t-elle alors. Tout ça est irréel. Tu n'es pas humain.

Le garçon se redressa, visiblement intrigué par cette réponse sans qu'Eileen ne réussisse à discerner en lui satisfaction ou déplaisir.

- Qu'est-ce qui t'amène à penser ça ?

- Ta peau, sa couleur, sa texture, ça n'a rien d'humain et tes yeux (elle écarta de sa main libre la mèche de cheveux blonds qui tombait sur son visage). Je n'ai jamais vu des yeux aussi étranges. Je vais finir par croire que tu es vraiment un ange.

- Je ne suis pas un ange, fit le garçon avec un ricanement triste. Mais tu as raison, je ne suis pas humain non plus…

- Qui es-tu ?

- Je ne peux pas te le dire, déplora-t-il. Ça n'est pas le bon moment.

- Alors quand ?

- Bientôt. Je te le promets. Peut-être après les vacances de Pâques…

- Les vacances, murmura Eileen en réalisant cette perspective. Est-ce que tu vas encore disparaître ?

- Hélas oui…

- Il n'y aucun moyen pour que tu puisses être dans mes songes même en dehors de Poudlard ?

- Si, mais je ne suis pas encore en mesure de le faire, et toi non plus tu n'es pas prête.

Eileen repensa aux explications de Zoe s'agissant de l'interprétation de ses visions, aux choses auxquelles elle ne pouvait avoir accès dans l'immédiat et s'y résigna tristement.

- Tu vas me manquer…

- Toi aussi, murmura le garçon en la serrant doucement dans ses bras la veille de son départ.

Honorant sa promesse, Eileen ne révéla rien de son protecteur onirique à ses parents comme à Zoe chez qui elle allait cette fois pouvoir passer quelques jours. Et pour pallier à son absence, elle eut recours à la potion de sommeil de son père bien qu'elle tentât de s'en passer la première nuit de son retour à la maison.

Le cauchemar l'enveloppa alors avec la même détresse qu'auparavant et même si elle se ressaisît rapidement de son brusque réveil dans le confort rassurant de sa chambre, elle passa néanmoins de longues minutes à regretter son ange gardien. Plus seulement pour l'aider à surmonter ses visions mais aussi pour sa seule présence.
Incapable de se rendormir, elle descendit machinalement au rez-de-chaussée pour gagner le salon vide. Elle s'approcha du feu qui mourait silencieusement sous la cendre et ce ne fût qu'en voyant apparaître son reflet dans le miroir fixé au manteau de la cheminée qu'elle réalisa la singularité de la situation. Une décharge d'adrénaline la cloua d'abord sur place avant de la laisser se retourner, mais elle n'était pas dans le rêve et personne n'allait venir lui lancer de sort. Son ange gardien n'était pas là non plus.

Laissant se calmer les battements de son cœur, elle revint au centre de la pièce et s'assit en tailleur sur le tapis comme elle l'avait si souvent fait en rêve ces dernières nuits.

- Eileen ? fit la voix étonnée de sa mère en la surprenant ainsi un moment plus tard. Est-ce que ça va ? Qu'est-ce que tu fabriques assise par terre dans le noir ?

- Tout va bien, la rassura Eileen en se relevant. Je me suis réveillée et j'ai eu envie de descendre ici. La maison me manquait depuis le mois de septembre.

Lily activa l'interrupteur de l'abat-jour à l'entrée du salon et soupira en secouant la tête d'un air amusé, toute habituée qu'elle était aux bizarreries enfantines de sa fille. Elle se mit ensuite à réalimenter le feu en sermonnant Eileen de n'y avoir pas pensé avant qu'elle ne prenne place sur son tapis.

- Je ne voulais pas vous réveiller en faisant du bruit, Papa et toi, expliqua-t-elle en s'installant dans l'un des fauteuils sans plus avoir l'impression de mentir qu'auparavant.

- Je ne dormais pas, avança Lily toujours penchée vers l'âtre. Quant à ton père, il est parti à l'hôpital voilà presque une heure. C'est d'ailleurs peut-être lui qui t'a réveillée. (Puis revenant près d'Eileen). Je trouve que c'est un peu tôt pour un petit déjeuner mais si ça te dit, je peux te préparer une bonne tasse de lait chaud.

- Merci, accepta Eileen en se pelotonnant dans le fauteuil tandis que sa mère disparaissait dans la cuisine.
Elle tenait deux tasses fumantes en revenant et après en avoir tendu une à sa fille, se dirigea vers la fenêtre pour repousser le rideau. L'aube n'était pas encore là mais un voile clair affleurait déjà le toit des habitations voisines.

- J'aime cette saison et voir les jours rallonger un peu plus chaque matin, fit doucement Lily entre deux petites gorgées. Évidemment, ici les crépuscules n'ont rien de comparable à ceux que l'ont peu admirer à Poudlard…

Elle vint ensuite prendre place dans le fauteuil voisin de celui d'Eileen et toutes deux discutèrent encore de l'école et des cours comme la veille en se retrouvant. Lily voulut savoir où en était le tournoi de Quidditch et surjoua sa réaction outrée en apprenant que l'équipe qui menait en l'état actuel des choses était celle de Gryffondor.

- Il reste deux matches à jouer, précisa Eileen. Tout peut encore changer.

- Hmm, en attendant, c'est ton grand-père qui doit être à son affaire, ricana encore Lily en levant les yeux au ciel.

Eileen partit à rire avec elle lorsque des bruits semblables à des petits grattements détournèrent leur attention vers la fenêtre.

- Moon ! fit Eileen en allant ouvrir à sa chauve-souris, laquelle s'engouffra aussitôt dans le salon pour s'agripper à l'accoudoir de son fauteuil. Tu devais rester à l'école, s'exclama-t-elle encore avant de voir le parchemin accroché à sa patte et de le lui ôter.

- Elle aura eu envie de te revoir. Tu lui manquais peut-être…

- C'est en tout cas ce que semble dire le mot de grand-père, fit Eileen en se rasseyant, le message sous les yeux. C'était pourtant une bonne idée de la laisser avec lui au château pendant ces vacances mais apparemment, elle était tellement intenable qu'il a dû se résoudre à la laisser partir me retrouver.

- Ça ne m'étonne qu'à moitié, commenta encore Lily, ces petites bêtes-là sont plutôt têtues.

- Mais tu ne vas pas pouvoir venir avec moi lorsque j'irai chez Zoe, se lamenta Eileen à l'attention de Moon en la caressant. C'est bien pour ça que je voulais que tu restes là-bas…

- Ne t'en fais pas, fit sa mère, nous devrions bien réussir à nous en occuper pendant ton absence. Puis de cette façon, nous pourrons même nous écrire.

Elles en vinrent alors à discuter de son séjour à Oxford et convinrent que Lily la conduirait chez les Price dans la matinée de jeudi pour ensuite revenir la chercher en début de semaine suivante. Elles emprunteraient le réseau de cheminées jusqu'à un petit quartier sorcier dissimulé non loin du centre ville et feraient le reste du chemin à pieds si le temps était aussi agréable que ce qu'il promettait d'être ce jour-là.

- Bien… bailla ensuite Lily en s'étirant. Je vais essayer de me rendormir une petite heure ou deux sans quoi je serai une véritable limace à l'entraînement de ce matin. Tu ferais bien d'en faire autant, ma puce.

Elle se leva et récupéra la tasse d'Eileen en se penchant pour l'embrasser sur le front. Alors qu'elle traversait la pièce, celle-ci l'arrêta :

- Maman ? Si tu es d'accord, j'aimerais pouvoir aller dans le laboratoire de Papa. Ce serait… pour préparer une potion.

- Une potion de sommeil, la devança sa mère avec une connaissance manifeste des faits.

Eileen acquiesça en s'efforçant de prendre la chose d'une manière détachée.

- Alors c'était donc ça, continua Lily d'une petite voix désolée, tu as fait un autre mauvais rêve. (Elle la contempla un moment avant de reprendre). Je croyais que c'était de l'histoire ancienne. Ton père m'avait dit…

- Oui, coupa court Eileen, je ne faisais plus de cauchemar à Poudlard, mais comme aux vacances de Noël, ça me reprend de temps en temps quand je n'y suis plus. Ça n'est pas très important, ce qui compte c'est que ce soit en bonne voie de guérison.

Eileen croisa les doigts pour que sa mère se satisfasse de cette justification. Le visage parsemé de tâches de rousseur resta un temps préoccupé avant qu'un faible sourire ne l'éclaire à nouveau lorsque l'autorisation d'utiliser le laboratoire d'Ellis fut accordée.

- À condition que tu promettes de ne pas faire exploser la maison. Ton père et moi y tenons un peu quand même…

Les journées qui suivirent se déroulèrent tranquillement et les nuits aussi. Eileen s'avança le plus possible dans ses devoirs de manière à en être débarrassée avant de rejoindre Zoe. Ses parents lui ménagèrent aussi quelques sorties dont une longue, sur le chemin de Traverse, soi disant prévue pour qu'elle puisse se ravitailler en fournitures scolaires. Mais en voyant l'insistance avec laquelle sa mère tenait à connaître son avis sur à peu près tout ce qui leur passait devant les yeux, livres, vêtements et autres accessoires en tous genres, Eileen devina sans mal que son anniversaire, le mois prochain, ne devait pas y être pour rien.

Elle profita aussi agréablement de ses quelques jours chez Zoe. Toute la famille se montra charmante avec elle et très enthousiaste de faire la connaissance d'une « véritable sorcière » comme ne se priva pas de faire remarquer le petit frère de Zoe. Ensemble, ils passèrent de longs moments à flâner en ville parmi les formes harmonieuses des bâtiments ou à longer les bords florissants de l'Isis. Eileen apprécia tout particulièrement leur promenade dans les jardins de l'Université de Christ Church.

Les fillettes terminaient souvent leurs journées en explorant la librairie des parents de Zoe, ainsi qu'elle-même s'était toujours plu à le faire. Eileen s'étonna de découvrir que certains ouvrages avaient acquis un statut précieux dans le monde moldu à présent que les livres ne constituaient plus le support principal de communication, remplacés depuis longtemps par les données informatiques. À tel point que la petite librairie en venait à prendre des airs de musée.

Et les vacances filèrent en fin de compte bien plus vite que ce qu'Eileen aurait cru même si elle eut un peu de mal à contenir son excitation en retournant à Poudlard.

- J'ai eu peur que tu ne reviennes pas, avoua-t-elle en retrouvant son ange gardien le premier soir.

- J'avais promis que je serai là. J'espère que tes nuits n'ont pas été trop éprouvantes.

- Non, expliqua-t-elle en lui parlant de la potion de son père.

Le garçon hocha la tête comme s'il trouvait l'idée absolument remarquable mais n'alla pas jusqu'à lui demander pourquoi elle ne continuait simplement pas à prendre ladite potion à l'école. Eileen chercha également à détourner le sujet au plus vite et lui rappela l'autre promesse faite avant son départ. S'il désapprouva encore la chose dans un premier temps, après deux ou trois entrevues, le garçon se résolut enfin à lui demander sérieusement :

- Es-tu vraiment certaine de vouloir connaître mon histoire et découvrir ce que je suis ?

- J'ai envie de savoir QUI tu es, répondit fermement Eileen. Oui.