Euh... désolée ? J'aurais dû poster ce chapitre il y a une éternité, mais une panne d'inspiration... ben c'est pas vraiment cool ! Mais, bref il est enfin là, et encore une fois, toutes mes excuses...

Bonne lecture !

Un grand merci à Luna Maladict et Oohfemmeluxieuse qui suivent fidèlement cette histoire et bienvenue à Ela, que je remercie pour sa review ^^ j'espère que la suite vous plaira !


- VI -

"Il faut être perdu, il faut avoir perdu le monde, pour se trouver soi-même" Henry David Thoreau

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Domaine du Loch Valley - 14 août 1996

"Merlin, est-ce que tous les garçons sont aveugles ?"

Hermione, qui était en train d'éplucher un nombre incalculable de pommes de terre pour le repas du midi dans la cuisine - à l'aide de la magie-, se retourna à l'arrivée légèrement bruyante de Ginny.

"De quoi est-ce que tu parles ?" demanda Hermione en souriant face au caractère parfois emporté de son amie.

"Harry... Il... Il ne voit rien ! Lui faire les yeux doux et lui frôler accidentellement la main n'est apparemment pas suffisant..." répondit la jeune rousse en fronçant les sourcils et en se rongeant les ongles.

"Je t'assure qu'il en est tout à fait conscient ! Je le retrouve souvent un peu rouge et bégayant après l'une de tes tentatives désespérées pour qu'il te remarque... Tentatives tellement discrètes que tout le monde est au courant de ce que tu essayes de faire, même Ron pour te dire ! Alors crois-moi, il le sait..." avoua Hermione en attrapant deux tasses et la boîte de thé dans un placard.

"Peut-être que je ne lui plais pas... Après tout, je n'ai jamais rien vu de sa part qui..." commença Ginny.

"Je ne le jurerais pas à ta place... Tu n'as pas vu le regard presque meurtrier qu'il a lancé à Dean dans le train au retour de l'école ! Le voir flirter avec toi aussi ouvertement ne lui a pas vraiment plu, j'en suis sûre..." s'exclama la brune en versant de l'eau bouillante dans les tasses.

Ginny, visiblement ravie d'avoir rendue involontairement Harry jaloux, sembla retrouver le sourire et prit place sur une chaise de la table de la cuisine, prenant le thé qu'Hermione lui tendait.

"Et bien ! S'il continue à faire semblant qu'il ne se passe rien, je lui sauterais dessus ! Littéralement ! On verra bien ce qu'il va dire après ça..."

"Je te reconnais bien là Ginny ! Je plains Harry le jour où ça arrivera. Le fait d'avoir quasiment été élevé par six frères n'a pas vraiment fait de toi... Tiens ! Quand on parle d'eux..."

Fred et Georges, l'air boudeur et le pas trainant, venaient d'entrer dans la cuisine.

"Qu'est-ce qui vous arrive ?" demanda Ginny, avant de se faire voler sa tasse de thé par Georges.

"Maman nous a... elle nous a... Par les culottes de Merlin, j'arrive même pas à le dire !" lança Fred avant de s'avachir sur une chaise aux côtés d'Hermione, complètement dépité.

"Soyons réalistes, mon frère..." commença Georges, sous les protestations de Ginny pour récupérer sa tasse. "Maman nous a puni."

Ginny arrêta subitement ses gesticulations pour éclater de rire, bientôt suivi par son amie.

"Qu'est-ce que vous avez encore fait ?" rit Hermione en plaçant sa tasse vide dans l'évier.

"Et bien... Nous nous promenions, tout à fait innocemment dans le couloir du troisième étage... et nous sommes, vraiment par hasard, arrivés devant la porte de la chambre de notre princesse endormie quand..." avoua Georges.

"La chambre de Malefoy ?" demanda Hermione, moins souriante.

"Et ensuite ?" répliqua Ginny, visiblement attentive et ne prêtant pas attention au regard peu amène de la jeune brune.

"Il se trouve que nous avions, parfaite coïncidence encore une fois, le prototype d'un nouveau Feuxfous Fuseboum dans la poche et..." débuta Fred avant de se faire interrompre par sa sœur.

"Laisse-moi deviner... Maman est arrivée au moment où vous alliez mettre le feu d'artifice dans la chambre."

"Bingo, petite sœur ! J'ai bien cru qu'on allait mourir sous les coups de torchon, hein Georges ?" s'exclama Fred, sous les approbations de son frère. "Parce que, je cite : il ne faut pas embêter ce pauvre enfant, après tout ce qu'il a traversé."

"Mettez donc un gosse en mal d'amour sur le chemin d'une mère Weasley, et plus rien ne compte !" s'écria le second jumeau.

"Elle n'a pas vraiment tord... Il fera moins le fier une fois réveillé et quand il se rendra compte où il est et surtout avec qui, sans qu'on en rajoute. Quoique... après ce qu'il s'est passé l'année dernière, ça n'aurait été que justice." avoua Hermione avec un sourire en coin.

Tout le monde gardait en mémoire l'affreuse année qu'ils venaient de subir sous le joug d'Ombrage et de sa brigade inquisitoriale. Malefoy, leader de la bande, avait plus qu'abuser de ce statut pour en faire voir de toutes les couleurs aux élèves qu'il ne jugeait pas dignes selon lui, les Gryffondor en tête.

"Ce n'est pas les occasions qui vont manquer à l'avenir, n'est-ce pas ?" demanda Ginny à ses deux grands frères.

"Tu as tout compris..." répondit Fred d'un air conspirateur. "Et cette fois, Maman ne sera pas dans les parages... Mais pour l'heure, au travail mon cher Georges !"

Et ce fut sous les yeux ébahis des deux jeunes filles que les jumeaux entreprirent de finir d'éplucher les pommes de terre, sans magie mais à l'aide d'un simple couteau. Georges, face à l'évier, se retourna après avoir senti les questions muettes des deux adolescentes.

"Elle nous a pris nos baguettes..." dit-il, penaud.

Pendant que Ginny se moquait ouvertement d'eux, Hermione se plaça devant la baie vitrée de la cuisine, faisant face à la mer. Le vert des collines et le gris des nuages dominaient dans le paysage désert, et une fine brume stagnait au-dessus du sol. Le temps restait le même, morne et terne, jour après jour, et semblait refléter l'humeur des habitants du Loch Valley.

Elle baissa le regard et aperçut, assis sur les rochers qui bordaient l'océan, la fine silhouette d'Harry. Les barrières de protection du manoir s'étendaient à quelques centaines de mètres à la ronde, ce qui était un avantage pour ceux qui devaient rester en permanence. La demeure était gigantesque mais elle abritait beaucoup de monde et il n'était pas rare de voir une personne se promener dans les jardins ou au bord de mer, seule, afin d'échapper pour quelques minutes à l'ambiance parfois étouffante.

Elle continua de fixer son ami, voyant le vent ébouriffer ses cheveux. De là, elle pouvait presque sentir l'immense poids qui s'abattait sur ses épaules. La veille, Harry les avait conviés dans la chambre des garçons, Ron, Ginny, Neville, Luna et elle-même. Alors il avait parlé, parler sans s'arrêter, en précisant qu'il ne voulait pas être interrompu. Et eux avaient su. La prophétie, celle qui liait le Seigneur des Ténèbres au Survivant, celle qui condamnait à mort l'un ou l'autre, celle qu'ils avaient cherché à protéger au Ministère, celle qui avait fait pour victimes James et Lily Potter.

Hermione avait vu les visages se décomposer au fil de son discours, et le froid parcourir son corps. Dumbledore pensait que l'amour était la clé, seul pouvoir qui pourrait vaincre Voldemort. Aucun d'eux n'y croyait réellement. Comment un sentiment pourrait faire face au plus puissant des sortilèges d'un Mage Noir ? Rien de tout cela n'était expliqué dans un livre malheureusement...

Après la révélation d'Harry, un lourd silence avait suivi. Luna avait été on ne peut plus sérieuse, Neville n'avait pas tremblé et Ron n'avait eu aucune blague douteuse à sortir. Ils venaient définitivement de réaliser l'enjeu de cette guerre et le rôle de leur ami dans celle-ci. Puis Ron s'était levé et s'était approché d'Harry, lui disant que peu importe les épreuves, il ne les affronterait jamais seul, que leur amitié était plus forte que tous les obstacles qui pourraient se dresser sur leur chemin. Hermione ne put s'empêcher de pleurer en voyant ses deux meilleurs amis s'enlacer, bientôt rejoints par le reste des adolescents. Quelques instant après, Molly était venus les chercher pour le repas et les avait tous retrouvés dans une étreinte collective, pleurant et riant à la fois.

Hermione se retira de ses souvenirs quand elle vit Harry marcher en direction du manoir, ombre sombre traversant le blanc du brouillard. Son cœur se serra à la pensée de tout ce qu'il devait endurer. Il avait subi en seize ans de vie plus de choses qu'un vieillard qui estimait en avoir vu beaucoup dans sa propre existence, et maintenant, une guerre battait son plein et on lui demandait d'y jouer un rôle majeur. La perte de son parrain avait été un coup dur pour tout le monde mais Harry le vivait très mal, même s'il n'en montrait rien. Hermione le voyait souvent, les yeux dans le vague dans un moment d'absence. Elle savait qu'il pensait à Sirius.

"Eh les gars, vous savez pourquoi Maman est en pétard ? Elle m'a interdit d'aller au troisième étage alors que... Mais qu'est-ce que vous foutez avec ça ?"

Hermione se retourna vivement pour voir Ron, qui venait d'arriver dans la cuisine, l'ai ahuri devant ses deux grands frères qui venaient d'entamer une bataille d'épluchures de pommes de terres, sous les éclats de rires de Ginny.

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Dix minutes plus tard.

Bien-être. Voilà ce que Drago ressentait quand il reprit enfin conscience après plus d'un jour et demi de sommeil. Installé confortablement entre un moelleux matelas et une lourde couverture, seuls les tiraillements de ses muscles et ses membres endoloris lui permettaient de conclure qu'il était encore en vie. La mort ne pouvait pas être aussi douloureuse.

Après avoir savouré encore quelques minutes le confort de son lit, il ouvrit enfin les paupières, pour ne voir que le tissu violet du plafond de son lit à baldaquin. Et c'est comme si cette vision le ramena subitement à la réalité. Il se releva un peu trop violemment, grimaçant sous l'effet de la douleur, et lança un simple regard autour de lui. La pièce était petite mais douillette, seuls quelques meubles la remplissaient. Un bureau, une armoire, une commode ainsi qu'une petite table de chevet où se trouvaient plusieurs potions à usage médical ainsi que des baumes et des pansements.

La panique commença à le gagner. Il sortit du lit et remarqua des vêtements propres et pliés sur la chaise près de l'armoire. Il s'habilla avec hâte, ratant quelques boutons de sa chemise et mettant ses chaussettes à l'envers, puis il se dirigea rapidement vers une des fenêtres de la chambre. Mais rien, il ne reconnaissait rien. Des collines à perte de vue et lac pour seul paysage.

Drago se sentait complètement perdu. Il se souvenait de la bataille dans le magasin de Mme Guipure, de l'Ordre du Phénix, du Mangemort déguisé en clochard, de Blaise qui... Le jeune homme se figea à la pensée de son ami, le cœur battant plus vite. Son meilleur ami, allongé et inconscient sur le sol, blessé et lui, sur le point de recevoir le sortilège mortel.

Sans plus réfléchir, il se dirigea vers l'unique porte de la pièce. Il remercia le ciel quand celle-ci s'ouvrit, il n'était donc pas prisonnier. Il marcha dans le couloir sans faire attention à ce qui l'entourait.

"Tiens, bonjour mon garçon ! Tu es enfin réveillé." s'exclama une voix derrière lui.

Drago sursauta et se retourna au son de cette voix qu'il ne connaissait pas. Devant lui se tenait une femme, la quarantaine, grande avec une masse de cheveux bruns qu'il était persuadé d'avoir déjà vu quelque part. Son premier réflexe fut de brandir sa baguette face à cette inconnue mais évidemment, elle ne se trouvait pas sur lui et il se gifla mentalement de ne pas avoir regardé dans la chambre avant de partir.

"Qui êtes-vous ? Et où est-ce que je suis ?" rétorqua l'adolescent d'une voix glaciale, sur le qui-vive.

"Oh ça je ne peux pas te le dire, je ne suis pas le... Quel est le mot déjà ? Ah oui, le Gardien... Je suis Judith. Judith Granger. Je crois que tu connais ma fille et ses amis, non ?" dit la femme en lui tendant la main.

Sous le choc, Drago recula de plusieurs pas en titubant, les yeux exorbités.

"C'est quoi cette connerie ?" marmonna-t-il.

Alors il se mit à courir dans le couloir, plantant Mrs Granger, toujours la main levée. Une seule explication était possible, il se trouvait dans une sorte de repère de l'Ordre, mais ce qu'il ne savait pas, c'était le pourquoi. Il finit par arriver dans un cul de sac, face à une porte à double battant. Il allait faire demi-tour quand il entendit deux voix. Des voix qu'il reconnaissait parfaitement, alors sans hésitation, il entra dans la pièce.

Blaise et Severus Rogue étaient assis dans de luxueux fauteuils en cuir, dans ce qu'il semblait être un petit salon, tournant la tête à l'arrivée fracassante du nouveau venu.

"Eh t'es enfin debout vieux ! Je suis réveillé depuis hier soir, espèce de feignasse !" plaisanta Blaise en étreignant rapidement son ami.

Drago ne répondit pas à l'étreinte, toujours sonné. Il regarda son ami et vit, hormis le bandage qui entourait sa main brûlée, qu'il avait plutôt l'air en grande forme. Des dizaines de questions lui traversaient l'esprit mais aucune ne parvenaient à franchir sa bouche. Il ne faisait que fixer Blaise et son parrain, tour à tour.

"Assied toi Drago." proposa gentiment Severus, voyant son filleul totalement perdu.

L'intéressé s'exécuta, prenant place dans un troisième fauteuil, près de la cheminée où brûlait un feu.

"Qu'est-ce qui se passe ?" demanda Drago. Il avait des questions plus constructives en tête mais celle-ci permettait un large choix de réponses.

"Tu te trouves dans le repère principal de la Résistance contre Voldemort, le quartier général de l'Ordre du Phénix." répondit calmement Severus.

"Mais qu'est-ce que je fous là ? Et que... Severus, tu es un Mangemort, pourquoi..." commença Drago avant de s'arrêter en voyant son parrain lever la main pour l'interrompre.

"Je suis un Mangemort, certes, mais un espion également tu le sais. Sauf que ma vraie loyauté va vers Dumbledore, et cela depuis des années. Je collecte des informations pour l'Ordre. Et la raison pour laquelle tu trouves ici est que... j'étais là, Drago, le soir où ton père t'as presque tué. Et je sais pourquoi il l'a fait. En sachant tout cela, il était hors de question pour moi de te laisser là-bas, sous l'influence et la violence de Lucius. Tu ne veux pas devenir Mangemort et je ne peux être que fier de toi, et le seul moyen de te protéger était de te faire venir ici."

Drago se laissa tomber en arrière, contre le dossier de son fauteuil. Il comprenait maintenant comment il était arrivé jusque dans sa chambre ce fameux soir et qui l'avait soigné. Son parrain, son mentor, l'avait sauvé des griffes de son père et il ne pouvait que l'en remercier.

"Ne crois pas que je vais me battre à vos côtés pour autant." dit Drago d'un ton froid.

"Ce n'est pas ce que je te demande Drago, rassure toi. Je veux juste que tu restes en vie." répondit Severus si sincèrement que cela apaisa le jeune homme.

"Quel est ton rôle dans tout ça, Blaise ?" questionna-t-il en se retournant vers celui-ci, qui était retourné s'assoir.

"Et bien... Comment dire... Je suis en contact avec l'Ordre depuis la fin de notre quatrième année, depuis le retour de Voldemort, précisément. Tu sais que je n'adhère pas à ses principes, mais ce que tu ne sais pas c'est qu'ils me répugnent totalement. Les nés-moldus, les cracmols ne méritent pas le statut de sous race que leur donne les Sang-Pur... Alors, moi aussi, je suis une sorte d'espion, écoutant les bruits et rumeurs qui circulaient dans la salle commune de Serpentard et les transmettaient à Dumbledore quand celles-ci étaient importantes." dit finalement Blaise, hésitant et appréhendant la réaction de son meilleur ami.

"Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ?" demanda le jeune blond, qui avait sensiblement pâlit.

"Je vois ta réaction d'ici Drago. Et puis je devais garder le secret, je devais continuer à jouer le parfait petit Serpentard et puis... j'avais peur que cela brise notre amitié, que tu comprennes pas le fait que je me battes pour une cause qui n'est pas la tienne."

Drago se leva et se dirigea vers la cheminée, tournant le dos à ses deux interlocuteurs. Son monde venait de chavirer définitivement, et ses convictions s'effritaient petit à petit. Il se souvenait de l'année dernière, où lui et Blaise affichaient fièrement leur badge de membres de la brigade inquisitoriale, injuriant Potter et sa clique à chaque occasion. Tout cela n'était que faux-semblant donc... Mais c'était son meilleur ami, sa famille, celle qu'il avait choisie.

"Je ne t'en veux pas, Blaise. Je respecte tes choix, et pour rien au monde je ferais quelque chose qui pourrait nous séparer..." lança Drago, mal à l'aise de dévoiler ainsi ses sentiments.

Blaise, visiblement rassuré, relâcha la pression sur ses épaules et lui répondit par un grand sourire. Drago retourna s'assoir et lança un regard inquiet à Severus, qui n'avait pas bougé.

"Comment ça va se passer maintenant ?" demanda Drago.

"Tu n'as plus à t'en faire pour ton père désormais, ni pour les Mangemorts, ni pour Voldemort d'ailleurs. Parce qu'aux yeux du monde, tu es mort. Blaise également. L'attaque de la boutique par l'Ordre n'était qu'une mise en scène, c'était la seule façon de te protéger. Blaise devait t'emmener sur le Chemin de traverse, où nous savions qu'un Mangemort sous couverture y était posté. Alors les membres de l'Ordre, Lupin en tête, n'avait qu'à engager un combat pour rameuter les Mangemorts, te lancer un simple sortilège de coma temporaire... Une illusion permettant de colorer le rayon du sort en vert, le faisant passer pour mortel, et toutes les personnes extérieures pensaient assistés à votre mise à mort. L'Ordre a donc transplané avec vos corps et le tour était joué." répondit le professeur de potions, en lui donnant un exemplaire de la Gazette, datant du matin même.

Drago s'empara du journal et ne put que voir l'article qui prenait toute la première page. Deux photos, une de Blaise et une autre de lui, sous lesquelles on pouvait lire le titre imprimé en gros caractère : Les héritiers Malefoy et Zabini tués dans une embuscade sur le Chemin de traverse. Puis il se retourna vers son ami, venant de réaliser quelque chose.

"Pansy ?"

"Elle sera forcément au courant de cet article. Si n'est pas encore le cas, ce n'est qu'une question d'heures." répondit tristement Blaise.

"Il faut qu'elle sache qu'on est vivants !" s'exclama Drago en balançant le journal dans la cheminée.

"Je cherche un moyen d'entrer en contact avec elle, sans la mettre en danger pour autant. Si elle est au courant que vous êtes sous la protection de l'Ordre, les Mangemorts pourraient s'en prendre à elle. J'en discuterais avec Dumbledore à la réunion de ce soir." lança Severus en relevant et en lissant ses robes noires.

Un silence suivit, lourd et pesant. Drago n'osait imaginer la réaction de sa meilleure amie si elle en venait à apprendre leur mort. Il fallait faire quelque chose et rapidement.

"Viens, tu dois être mort de faim, ça va être l'heure du repas." lui dit Blaise en se levant également.

Drago n'avait jusque-là pas remarqué les assauts bruyants de son estomac avant que Blaise n'en fasse la remarque. Il le suivit donc, dans les couloirs, regardant cette fois avec plus d'attention les portraits qui ornaient les murs.

"C'est quoi cette maison ?" demanda le jeune blond, alors qu'ils descendaient les escaliers.

"C'est le manoir des Prince, la maison d'enfance de la mère du Professeur Rogue. C'est un endroit idéal qui bénéficie des protections les plus puissantes. Impossible de nous localier ici. J'ai définitivement emménagé ici depuis... notre fausse mort. Oh ! J'allais oublier... Je pense que tu vas avoir besoin de ça, pour affronter cet environnement hostile." répliqua-t-il dans un sourire.

Blaise fouilla un instant dans les poches intérieures de sa robes et en sortir une baguette. Trente centimètres, en aubépine et contenant un crin de licorne... la sienne. Drago la prit et ressentit aussitôt le fourmillement familier de la magie qui circulait dans sa main. Il avait presque l'impression de retrouver un membre qu'on lui aurait arraché.

"Tes parents vont apprendre ta mort également." lui dit Drago en rangeant sa baguette dans la poche de son pantalon.

"Mon beau-père se fout complètement de moi, tu le sais. Il n'y a que la fortune de ma mère qui l'intéresse, comme tous les autres d'ailleurs. Et elle... je ne sais pas. Elle ne m'a jamais vraiment témoigné d'attention alors qui sait ce qu'elle va en penser. Mais je ne regrette pas."

Ils venaient d'arriver au rez-de-chaussée et se dirigèrent vers la cuisine, selon Blaise. Quelques pas plus tard, ils entendirent des cris de protestations venant de la pièce qu'ils cherchaient à atteindre. Blaise, curieux, ouvrit la grande porte et tous deux découvrirent un véritable capharnaüm. Il y avait de la nourriture partout, sur le sol, les murs... Drago vit une femme rousse, petite et replète, sans doute la mère Weasley, s'époumoner contre les jumeaux, eux aussi recouverts de victuailles et préférant regarder leur chaussures plutôt que d'affronter leur dragon de mère. Un peu plus loin, au fond de la cuisine, Granger et les deux derniers enfants Weasley s'étaient cachés derrière une table, afin d'échapper au carnage des deux responsables.

A l'arrivée des deux garçons, tout le monde se retourna vers Drago, sauf Wealsey Mère qui n'avait rien remarqué et qui s'affairait à tout nettoyer. Il voyait leur regard ; sérieux pour Granger, mécontent pour Weasley, et souriant pour les jumeaux, ce qui n'annonçait rien de bon pour lui. Le jeune homme regarda son ami, et soupira. Cette cohabitation sera loin d'être facile.


J'espère que c'est toujours aussi crédible... A la prochaine !