C'est au tour de la Wicked Witch de donner du fil à retordre à notre cher Dark One. Et ils ne seront pas seuls dans ce chapitre. On va revoir un ancien perso de OUAT ainsi qu'une des dix femmes. Bonne lecture!
Chapitre 6 : Zelena
- Je ne me souvenais pas d'avoir donner la permission pour recevoir des invités, dit Rumple en entrant dans son salon.
Zelena était vêtue d'une robe en velours grenat très moulante et était très souriante. Elle avait apprêté sa table en bois massif avec de délicieuses attentions, allumant même quelques bougies. Un merveilleux parfum embaumait toute la pièce.
- C'est pour toi, dit-elle avec fierté. Tourte à la viande. Comme celles que les fileuses te faisaient quand tu étais enfant.
Il s'approcha lentement en faisant danser ses bottes. Il réfléchissait à ce qu'il allait dire. A cette époque-ci, Zelena était pleine de bonnes intentions. Elle voulait devenir la meilleure pour lancer le sort noir même si elle ignorait ce que cette malédiction allait faire. Mais il ne le voulait pas.
- Je ne peux pas rester, annonça-t-il sans la regarder. J'ai une leçon à donner.
- Mais… mais on vient de terminer la leçon, répliqua-t-elle, visiblement déçue.
- Pas avec toi, dearie. Avec Regina.
Elle était jalouse. Cela se voyait très bien. Sa respiration était courte, ses dents était serrées et elle peinait à déglutir.
- Tu continues à la former ?
- Tu croyais que j'allais arrêter ?
- Attends ! dit-elle en lui saisissant le bras et lui faisant face alors qu'il s'apprêtait à partir. Tu n'as pas besoin de Regina. Je vais lancer ton sort. Elle n'est pas aussi puissante que moi, et de loin. Elle ne te mérite pas ! cria-t-elle en pleure.
- Prends garde Zelena ! calma-t-il en haussant le ton. Qu'est-ce que ton père avait l'habitude de dire ?
- Peu importe ce que tu ressens à l'intérieur, tu dois toujours faire bonne figure.
- Hum. Tu devrais appliquer ce conseil. Ton « intérieur » commence à se voir.
Paniquée, elle s'approcha du miroir en se tenant le cou. Elle ôta sa main et prit peur.
- Tu deviens verte, dearie. La jalousie fait cela.
Il disparut en la laissant réfléchir. Il savait que cette approche allait être infructueuse car la dernière fois, elle avait raté le test. Il n'y avait d'ailleurs aucune raison pour qu'elle le réussisse cette fois-ci puisqu'il lui avait dit exactement la même chose. Mais il devait trouver un moyen de tourner sa jalousie en fierté. Zelena n'était pas si mauvaise que cela. Elle voulait simplement être reconnue et aimée. Il pouvait certes reconnaître ses talents, mais sûrement pas l'aimer. Il passa la soirée dans l'ancienne chambre de Belle à fixer le mur. Il avait besoin d'une idée.
- Belle, que puis-je faire pour aider Zelena ?
Rumple avait pris l'apparence de Regina et était assis devant son miroir à bosser sa chevelure abondante. Il portait la chemise de nuit de la reine, un petit sourire aux lèvres et devait retenir un fou-rire naissant. Il savait également que Zelena allait tenter de l'assassiner pour que son choix devienne plus simple. Il la vit approcher et la laissa menacer la fausse Regina. De rage, la rousse lui planta une lame de rasoir dans le cou. Il reprit son apparence et ricana.
- Surprise, dearie ! Comme je le dis toujours, la jalousie pousse les gens à faire… des choses folles, dit-il en agitant ses doigts vers la pauvre petite sorcière qui avait pâli.
- Tu m'as piégée, constata-t-elle avec tristesse alors qu'il s'éloignait de quelques pas.
- Considère cela comme un test… un que tu as échoué.
- Mais j'essayais juste de rendre ta décision plus facile ! Te montrer que je suis plus puissante. Que c'est moi qui vais lancer ta malédiction.
- Eh bien, j'apprécie ton effort mais j'ai bien peur que tu ne viennes de te disqualifier.
- Quoi ? dit-elle médusée. Pourquoi ?
- Parce que vois-tu, lancer la malédiction a un prix. Un prix très élevé. Tu dois abandonner la chose que tu aimes le plus.
- Je peux le faire, dit-elle avec un sourire radieux.
Elle cherchait vraiment à lui plaire. Elle voulait être sa petite protégée. Elle le regardait comme une fillette devant le stand du marchand de friandises. Rumple devait bien admettre que ses yeux bleu glace et sa chevelure rousse étaient très séduisants. Elle avait aussi un très beau corps, bien proportionné et élancé. Mais à quoi était-il en train de penser ? Il avait envie de se donner une claque. Il devait repenser à sa mission. Comment pouvait-il se faire pardonner ?
- C'est le problème, dearie. Ce que tu aimes le plus… c'est moi, dit-il en tournant son pouce contre sa poitrine.
- Tu crois que je t'aime ? dit-elle, embarrassée.
Ses joues étaient bien plus roses que toute à l'heure.
- Je suis perspicace.
- Tu es fou !
- Là n'est pas la question. Mais cela ne me dérange pas. Je fais cet effet à toutes les femmes, ajouta-t-il avec son sourire qui se voulait charmeur. Tu m'aimes… et ça ma chère… ça te rends trop dangereuse.
- Donc Regina…
- A le travail. Mais ne soit pas jalouse ! dit-il en ricanant.
Elle le fixa de son regard noir. Ses poings étaient serrés tout comme ses dents. Elle était un peu plus verte qu'avant cet aveu.
- J'ai une tâche plus importante encore à confier à quelqu'un, admit-il en baissant la voix.
- Je le ferai ! promit-elle en retrouvant son sourire.
- Es-tu sûre d'être prête à changer à jamais ?
- Oui, bien sûr ! s'enthousiasma-t-elle.
- Alors passons un marché, tu veux bien ?
Il s'approcha d'elle et lui tourna autour en la sondant. C'était vraiment une jolie femme. Elle avait les hanches et la poitrine de Cora. Il sourit en repensant à d'agréables souvenirs.
- Je t'offre la possibilité d'être désirée.
- Désirée ? Je ne comprends pas. Et comment vais-je être changée ?
- Lorsque tu seras enfin désirée, toutes tes frustrations et tes déceptions s'envoleront. Ton cœur se remplira d'amour, dit-il en se mettant la main sur la poitrine. Tu seras reconnue à ta juste valeur… Par une personne qui est chère à ton cœur. Vous serez ensemble… pour toujours, expliqua-t-il en inclinant la tête.
- Oui ! cria-t-elle joyeusement. Oui, oui, oui !
Elle lui sauta dessus et ils tombèrent sur le divan qui était juste derrière lui. Elle l'embrassa à pleine bouche et le serra contre elle. Il sentit sa langue toucher la sienne. Pris de panique, il tenta de la repousser tant bien que mal.
- Mais qu'est-ce que tu fais ? demanda le sorcier sous le choc. Lâche-moi !
- Je… je croyais que tu… tu voulais m'épouser, articula-t-elle difficilement en baissant la voix.
La jeune sorcière était rouge de honte. Elle tourna à droite, puis à gauche. Elle mit sa main à sa bouche se demandant comment elle avait osé l'embrasser pareillement.
- Je parlais de ta mère, précisa-t-il en se redressant.
Il réajusta sa petite écharpe et effaça une trace de rouge à lèvres au coin de sa bouche. Ils restèrent silencieux pendant de longues secondes qui semblaient être des heures. Il toussa, brisant le silence, et reprit la conversation.
- Je vais reformuler le marché que je te propose. Je t'emmène voir ta mère et toi, tu me pardonnes d'avoir choisi Regina pour lancer le sort noir. Marché conclu ?
- Et si elle me rejette ?
- Ça tu vois… c'est à toi de faire en sorte qu'elle t'accepte.
- Non.
- Plait-il ?
- Tu vas m'aider, insista-t-elle. Cora doit m'aimer.
Rumple jeta un rapide coup d'œil aux pieds de la jeune sorcière. Il savait de par son expérience qu'elle portait les pantoufles que le magicien d'Oz lui avait données. Ses chaussures permettaient à sa propriétaire de se rendre où elle le souhaitait… même dans un monde sans magie. Il se demandait s'il ne voulait pas lui demander d'aller rejoindre Bealfire plutôt que de partir au Pays des Merveilles et perdre son temps avec Cora qui allait certainement lui faire payer cher ce qu'il lui avait fait subir. Il réfléchit également aux conséquences. Que se passerait-il si le magicien de Camelot apprenait qu'il avait pris un raccourci ? Était-il capable de tuer son petit garçon depuis ce monde-ci ? Une personne qui avait créé le Dark One devait probablement être capable d'ouvrir des portes vers n'importe quel monde. Non, tricher était trop risqué. Jamais il ne mettrait la vie de Bae en danger. Il avait déjà fait assez de dégâts.
- Très bien, dit-il en se levant. Je vais chercher un ami. On va avoir besoin de lui pour aller la voir.
Il demanda à Jefferson de les emmener aux Pays des Merveilles pour des retrouvailles éplorées. Il dut donner plus d'or qu'il ne pensait pour satisfaire l'appétit gourmand du voyageur.
- Rappelez-vous : deux personnes entrent, deux personnes sortent. C'est ainsi que le chapeau fonctionne, expliqua-t-il avant que le couple improbable ne franchisse la porte.
Ils marchèrent sur un chemin sinueux au milieu de hautes herbes. Il lui expliqua qu'il ne fallait rien manger car certains ingrédients vous réduisaient à la taille d'insectes alors que d'autres vous changeaient en géants.
- Comment est-elle ? Comment est ma mère ?
- Elle est… pleine de surprises. Elle maîtrise très bien ses pouvoirs et sait s'en servir pour obtenir tout ce qu'elle veut. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'elle est reine.
- Penses-tu qu'elle va m'aimer, demanda Zelena en tirant sur sa robe.
- Tu as de quoi la rendre fière, dearie. Tu as de grands pouvoirs et grâce à mes leçons… tu sais t'en servir. Mais ne te fais pas trop d'illusions. Cora n'aime pas… la concurrence.
- Qui va-là ? demanda un garde devant l'entrée du labyrinthe menant au palais de la Reine de Cœurs.
- Dis à ta reine que Rumplestiltskin à un cadeau pour elle.
Le garde s'en alla et Zelena sembla choquée.
- Un cadeau ? Mais… mais je ne suis pas un objet ! Je suis une personne.
- Ne t'inquiète pas, dearie. C'était juste pour attirer son attention. Elle ne peut rien me refuser.
- Comment en es-tu si sûr ?
- Il n'y a pas qu'à toi que je fais de l'effet, avoua-t-il en ricanant.
Ils furent emmenés au centre du labyrinthe, devant l'estrade où se trouvait son trône monumental. Les gardes firent quelques pas militaires en agitant leurs hallebardes. Tout était très cérémonieux, pour impressionner.
- Très bel accueil, ma reine, dit Rumple en frappant dans ses mains une fois que les gardes se retirèrent.
- Que venez-vous faire au Pays des Merveilles, demanda le conseiller de la Reine.
- Cora, tu n'as pas besoin de te cacher derrière ce masque ridicule. Cela ne te ressemble pas.
Elle se leva gracieusement, tenant son masque en forme de cœur d'une main et sa lourde robe de l'autre. Elle descendit lentement les marches recouvertes d'un tapis rouge jusqu'à son hôte. Lorsqu'elle se trouva à quelques centimètres de lui, elle ôta son masque et l'embrassa comme au bon vieux temps, glissant sa main derrière sa nuque. Rumple fut un peu surpris mais ne la repoussa pas. Ce baiser ne lui procura aucun plaisir. C'était même plutôt l'inverse. Il avait très envie de s'essuyer la bouche mais ne bougea pas. Il ne voulait pas s'attirer d'ennui car Cora pouvait être très caractérielle.
- Que viens-tu faire ici ? demanda-t-elle en s'éloignant un peu.
Il sentit qu'elle était glaciale. Son regard s'était durci et ses dents étaient serrées. Cora n'avait plus son cœur mais elle semblait avoir compris que Rumple avait changé depuis la fameuse nuit où elle avait choisi le pouvoir à l'amour.
- Je suis venu en ami, dit-il calmement. Je voulais que tu rencontres quelqu'un.
Il fit un pas de côté et Zelena se trouva face à sa mère qui la dévisagea froidement. La pauvre petite semblait être impressionnée et terrifiée. Elle jouait nerveusement avec ses doigts et ne tenait plus en place.
- Qui est-ce ? demanda sèchement la reine.
- Tu ne la reconnais pas ? Regarde plus attentivement, insista-t-il.
Zelena trépignait d'impatience. Elle avait enfin devant elle sa mère. Celle qui l'avait abandonnée bébé dans les bois. Elle avait passé tant de nuits à essayer de l'imaginer et en ce jour, elle se tenait là, juste devant elle. Elle était partagée entre la joie, la tristesse et la colère. La jeune sorcière avait tellement de questions à lui poser qu'elle ne savait pas par où commencer. Le poids du regard de sa mère lui serrait la gorge à chaque seconde écoulée.
- Je suis ta première née, dit-elle finalement entre deux respirations.
- Vraiment ?
- Oui, maman c'est bien moi. Zelena, annonça-t-elle avec un sourire lumineux.
Les deux femmes restèrent figées quelques secondes avant de se prendre dans les bras l'une l'autre en se souriant. La rouquine se mit à pleurer alors que sa mère semblait plutôt embarrassée en posant lentement ses bras dans le dos de sa fille. Rumple observait la scène à distance respectable, les bras croisés.
- Tu peux être fière de ta progéniture… C'est une très grande magicienne, complimenta le sorcier en gesticulant.
- Tu es la digne fille de ta mère. Je suis fière de toi, confia la Reine à sa fille avec un large sourire accentué par un rouge à lèvres rouge vif.
- Tu ne me rejettes pas ? dit la jeune fille aux joues humides et au nez rose.
- Mais non mon enfant. Pas du tout. Je pense qu'on a plein de choses à se raconter, répondit Cora en repoussant une mèche de ses cheveux.
- Je ne voudrais pas interrompre ce moment si émouvant… mais rappelle-toi très chère Zelena que nous avons passé un marché, annonça-t-il.
- Que lui as-tu promis ? s'inquiéta Cora.
- De le pardonner.
Cora partit dans un énorme fou-rire, basculant sa tête en arrière. Elle riait tellement que les larmes se mirent à couler sans discontinuer.
- Personne ne le peut, rappela la Reine dont le visage rougissait à vue d'œil. Allons voir ta sœur.
Cora mit sa main sur l'épaule de Zelena et l'invita à la suivre.
- Où allez-vous ? demanda Rumple qui commençait à stresser.
Il ne savait pas depuis combien de temps il était sur le « cas Zelena » et il n'avait toujours pas obtenu son pardon. Il lui restait encore quatre femmes et sans doute cinq ou six pétales. Le temps pressait.
- Nous allons dans la Forêt Enchantée. Il est temps que la famille soit réunie, avisa Cora.
- Ne partez pas ! implora-t-il. Si vous partez, je ne pourrai pas quitter le Pays des Merveilles.
- Tu te feras de nouveaux ennemis, ricana Cora avant de regarder sa fille. Allons trouver Regina. Elle sera heureuse de savoir qu'elle a une sœur.
- Zelena, je t'ai donné ce que tu voulais. Maintenant, tu dois honorer ta partie du contrat, rappela Rumple.
- Je n'ai rien signé, répliqua-t-elle avec dédain.
- Les contrats oraux sont aussi valables que les contrats écrits, dearie, apprit-il.
- Pourquoi pardonnerai-je l'homme qui m'a dépréciée ? demanda-t-elle avec haine en écarquillant ses yeux bleus. Tu n'avais qu'à me choisir ! Tu sais que je suis meilleure que Regina. C'est toi qui as créé la Wicked Witch et tu sais quoi ? Wicked always wins !
Après ses mots, Rumple resta interdit. Il déglutit avec peine et son cœur se mit à battre plus rapidement. Une goute de sueur glissa de son front le long de sa tempe. Il fixait les sorcières qui ricanaient en tordant leurs corps dans leurs longues robes. Il semblait être devenu le spectateur d'une mauvaise pièce de théâtre.
- Maintenant, c'est trop tard ! lui lança Zelena pour enfoncer le clou.
- D'accord ! D'accord ! Tu… tu es bien meilleure que Regina… je l'avoue…, bégaya-t-il en secouant la tête. Et tu… tu lanceras le sort noir.
Un sourire sadique apparut sur le visage de la rouquine. Cora, quand à elle, semblait fière de sa progéniture. Elle avait fait plier le Dark One sans grande difficulté !
- On n'en a pas fini, menaça la jeune sorcière. Mais oui, je te pardonne de ne pas m'avoir choisie.
Arrivé dans son salon, Rumple paniqua. Pourquoi avait-il dit qu'elle lancerait le sort noir ? Il s'en voulait terriblement. Si Zelena le lançait, il ne retrouverait jamais Baelfire. La Wicked Witch allait réduire son cœur en poussière. Comment pouvait-il changer les événements ? Il espéra qu'elle sacrifierait sa mère ou sa sœur ce qui serait moins dommageable. Toutefois, il préférait ne pas trop compter sur le destin. Il présumait que son prochain défi lui permettrait de tout arranger. Il souhaitait trouver le nom de Cora ou Regina dans l'enveloppe et espérait que le prochain voyage temporel se passe avant le « cas Zelena ». Mais en voyant le nom sur le papier, il fut surpris.
- Pourquoi pardonner à une morte ? Je m'attends au pire… Espérons que Hook soit de la partie, se réjouit-il avec son petit rire de psychopathe. Un peu d'amusement avant les épreuves difficiles !
« Milah »
Et voilà, en une phrase, Rumple a rendu le futur incertain. Ce chapitre, vous a-t-il plu? Merci de me laisser un petit commentaire :)
