Bonsoir à toutes et à tous ! Comme promis, voici un nouveau chapitre. J'avais dit qu'il arriverait avant la fin de la semaine : nous sommes encore dimanche, et, à mon horloge, il est 23h09. Donc, la semaine n'est pas finie. CQFD. (j'ai réussi... waaaaahouuuuu! *sauts de joie*)
Ahem. Sinon, j'espère que ce chapitre vous plaira. Et j'ai une très bonne nouvelle : le prochain sera vraisemblablement posté demain. Pour les suivants, par contre, il faudra attendre un ptit peu : les études, on plaisante pas avec. ^^ Merci à toutes et tous de me suivre, encore et toujours : ce chapitre est pour vous, qui me lisez et/ou me reviewez.
Au passage, je vous souhaite à toutes et à tous une trèèèèès BONNE ANNÉE 2012 (j'avais oublié les voeux d'usage, pardonnez-moi...) !
Bonne lecture ! =)
Réponses aux reviews : chose promise, chose due...
HaruKuro : je suis ravie de te retrouver, fidèle au poste ! Ta review m'a vraiment fait plaisir. J'ai adoré le passage où tu t'énerves sur Yuan... ahem... à mon avis, t'as pas fini d'en baver, d'autant plus que Sarah non plus n'y va pas de main morte... Bref, je te souhaite bon courage pour ce chapitre, mais j'espère qu'il te plaira quand même. L'enquête se poursuit après une soirée bien arrosée... mais je n'en dis pas plus! À bientôt et merci encore ! =)
Chou : coucou ! ça m'avait manqué, tes reviews pas-à-pas, j'avoue! J'espère que tu ne m'en veux pas trop pour cette looongue absence. Tu t'es pas trop ennuyé sans moi, au moins? En ce qui concerne tes commentaires : eh oui, Mycroft! Encore et toujours. Il sera plus présent dans les chapitres qui vont venir. - Floral Street : ça doit te rappeler quelque chose, non? ;) - Sarah : une patience d'ange, en effet. Pour ce qui est d'abuser de John... heu... je te laisse lire ce chapitre. - Le vin : le proverbe que tu as cité doit rentrer dans mon top ten. En plus, j'ai beaucoup le vin (mais sans en abuser, hein, faut pas rigoler avec ça... ^^). - Se saouler : je ne sais pas vraiment comment Sherlock a fait pour boire tout ça, sans tomber malade sérieusement ou être dans le coma... on va dire que c'est un homme exceptionnel. Quant à John, je ne sais pas si Sarah le saoule intentionnellement (un peu, quand même...), mais en tout cas, l'alcool lui fait du bien. Prudence! - Yuan : pour la mauvaise surprise de John, le lendemain... je te laisse voir. ;) - Bouteille qui roule : c'est justement l'idée. La bouteille à moitié vide roule, en fout partout (sympa l'odeur le lendemain) et finit par buter contre le tapis. Charmant. - Non : Sherlock n'a pas vraiment dit "non" à Yuan... juste "pas ce soir". Ce qui, techniquement, n'est qu'un demi refus... (niark! je suis méchante... ^^) - Whitechapel : j'adore le nom de ce quartier. En plus, pour moi, il restera toujours synonyme de Jack l'Eventreur, et donc, de mystères et de ténèbres... - Pour tes suppositions : pour le Dragon... est-ce Yuan? Je ne sais pas. Et même si je savais, je te le dirais pas. Là. Non mais. (looool...) J'espère en tout cas que ce chapitre va te plaire, d'autant plus que j'ai respecté ma promesse, et que j'en promets un autre pour demain. Alors, heureuse ? Merci pour tout ; je suis heureuse que tu me suives toujours. Plein de bizzzz =)
Clina9 : salut toi ! Moi aussi je suis contente de te retrouver, et de voir que tu as apprécié mon GRAND retour. ;) Pour ce qui est de Sarah et de John : je sens que tu vas bientôt me maudire... tant pis, j'ai l'habitude, mais il ne faudra pas me taper. ^^ Pour Sherlock : je crois que le départ de John l'a trop remué pour qu'il puisse réfléchir de façon cohérente. Même s'il en était capable, cependant, il est, à mon avis, trop socialement inadapté pour pouvoir savoir comme récupérer celui qu'il aime. Je l'imagine plutôt du genre à ne rien faire, à déprimer tout seul, en se rongeant les sangs. J'espère que le chapitre qui vient sera à la hauteur de tes espérances. Bonne lecture, et mille mercis ! =)
Jessica630 : hello! je suis contente de te "revoir"! Merci pour ta review. Je dois malheureusement te prévenir : les choses ne vont effectivement pas s'arranger dans ce chapitre... mais chuuut... je te laisse lire et découvrir. À bientôt ! =)
Eiffel-FL: coucou! merci pour ton ptit mot ; c'était agréable de te lire à nouveau. Ecrire sur ce site m'a pas mal manqué ces derniers mois. ^^ Très bonne année à toi aussi, remplie de... tout ce qu'on souhaite habituellement (le trio gagnant: amour-amitié-joie ^^). Tu n'as pas apprécié le comportement de Sarah et Yuan... ahem. Ben... je te laisse lire la suite, hein, et décider après si tu m'éviscères ou me décapites... (au passage : moi, je l'aime bien, Yuan. C'est un personnage assez ambigu, comme je vais essayer de le montrer dans de prochains chapitres. J'aimerais en faire quelque chose d'autre que "le vilain ex qui fait de l'ombre à John"...). J'espère que cette suite te plaira. Bizoux =)
Dupond et Dupont : hello! Merci pour ta review : j'ai été super contente de voir que j'aidais une pauvre victime des études à surmonter le stress de ses exas! (je suis dans le même cas...) ^^ Voici la suite, j'espère qu'elle te plaira. Bonne lecture ! =)
Glasgow : saluuut! Comment vas-tu? C'est agréable de te retrouver, après tout ce temps. Comme tu as pu le constater, l'alcool n'aide pas vraiment nos deux compères à régler la situation... et c'est pas fini. Sherlock va vraiment mal tourner... (oups... une info en exclusivité... ^^) J'espère que la suite n'a pas trop tardé à ton goût (le prochain chapitre sera pour demain... ^^). J'espère également que tu apprécieras. À très bientôt, et encore merci ! =)
Le Lóng et la Tamise.
- 221b Baker Street, 6h34 -
'The phone rang'.
Affalé sur le canapé, Sherlock émergea avec peine. Décrocha.
- Sh… Sherlock Holmes.
- C'est Lestrade.
- Ah.
Il passa une main incertaine dans ses cheveux décoiffés, poussa du pied un cadavre de bouteille.
- Je vous réveille ?
- Non.
Monosyllabes de mise : pas la force d'articuler.
- On a retrouvé un corps dans la Tamise. En dessous de Waterloo Bridge. J'ai besoin de vous.
- Lien avec l'affaire en cours ?
- Visiblement pas.
- Pas deux lièvres à la fois.
- La mort de Meredith Trumann n'est pas vraiment une affaire officielle du Yard…
- Ok. Je viens.
- Amenez John ; Anderson n'a pu faire qu'une rapide expertise. On aurait besoin d'un autre avis.
Silence.
- Je viens. Seul.
'Dial tone'.
O°O°O°O°O°O°O
- Tabac, sur Marlylebone Road, 6h51 -
- Cigarettes.
- Quelle marque ?
- N'importe laquelle.
La buraliste haussa les épaules, attrapa un paquet – le plus cher – et le fit glisser sur le comptoir. Sherlock l'attrapa. Paya. Fit demi-tour.
Des taxis se pressaient paresseusement dans la rue ; il en héla un qui s'arrêta.
- Waterloo Bridge.
Un texto le fit sursauter.
'Bip'. J'ai les résultats des analyses toxicologiques Meredith Trumann. Vous passez à Bart's aujourd'hui ? Molly =)
Soupir. Il n'avait pas envie d'être gentil.
Non. Résultats ? SH 'Send'.
'Bip'. De la cocaïne, en faible dose. À mon avis, la consommation remonte à plus de vingt-quatre heures avant la mort. Molly =)
Le taxi s'arrêta devant la longue silhouette du Waterloo Bridge.
O°O°O°O°O°O°O
- Chez Sarah, 7h15 -
La lumière filtrait faiblement à travers les nuages. Octobre tirait sur sa fin et déjà, la brume de novembre arrivait, apportant son cortège de grippes et autres angines. Sarah, adossée à la rambarde de son balcon, sirotait du café. John dormait sur le sofa, dans le salon. Frissonnante, la jeune femme rentra dans l'appartement, alla poser la tasse vide dans l'évier de la cuisine. S'approcha du médecin :
- John… John…
Il avait les sourcils froncés, un pli volontaire au coin de la bouche. Elle sourit. Il était beau. D'un geste timide, elle effleura ses cheveux :
- John… réveille-toi.
Il grogna. Ouvrit les yeux. Sursauta, en la voyant si proche. Puis éclata de rire :
- Oh… ! Excuse-moi, tu m'as fait peur.
- Je suis si affreuse au réveil ?
- Ah… non, ce n'est pas ce que je voulais dire…
- Je sais.
Elle se redressa il l'imita, en repoussant la couette.
- Je pars à la clinique, fit-elle.
Coup d'œil à l'horloge murale.
- Mince ! Je n'y serai jamais pour la demi…
- Ne t'inquiète pas. Vue la soirée que tu as passée, tu peux bien arriver en retard…
Se désignant du doigt, elle eut un petit rire :
- La patronne ne t'en tiendra pas rigueur. Tu peux prendre une douche, si tu veux.
John se leva, un peu mal à l'aise :
- M… merci. Tu as été vraiment merveilleuse. Surtout après…
Ce qui s'est passé entre nous. J'ai choisi Sherlock.
- C'est rien, vraiment. Je suis heureuse de t'aider.
Elle ouvrit la porte de l'entrée ; il la suivit, reconnaissant.
- Je t'ai laissé un double des clés sur la table de la cuisine. Fais attention à la deuxième serrure : elle coince un peu.
- D'accord.
Et là, avant qu'il ait pu faire un geste, Sarah pencha sa tête vers la sienne. L'embrassa. C'était doux. Il eut à peine le temps de sentir une langue câline caresser ses lèvres : déjà, la jeune femme se reculait, le laissant estomaqué.
- On se voit à la clinique.
La porte se referma sur un John stupéfait.
O°O°O°O°O°O°O
- Waterloo Bridge, 7h55 -
Lestrade s'appuya à la balustrade de métal :
- Quelque chose de nouveau, en bas ?
- Rien, inspecteur ! Votre plongeur est remonté bredouille…
Il pesta entre ses dents ; maudite soit la Tamise et les criminels trop zélés ! Enfin… il ne servait à rien de retenir l'équipe :
- C'est bon, vous pouvez rentrer ! On se débrouille.
- Comme vous voulez, inspecteur, lui répondit le capitaine du petit rafiot crasseux qui tanguait sur le fleuve.
Le bateau s'éloigna dans la brume, pour rejoindre l'amarrage le plus proche. Lestrade maugréa, s'accroupit aux côtés d'Anderson, penché au-dessus du cadavre :
- Et vous, rien de nouveau ?
Haussement d'épaules impuissant :
- On en saura plus au labo. Pour l'instant, je ne peux rien ajouter à ce que vous savez déjà.
Long soupir. Le légiste sentait la tension de son supérieur : il y avait eu beaucoup d'affaires, ces derniers temps, beaucoup trop. Trop d'échec, également : il avait mal encaissé le refus de ce directeur d'usine chimique – Mr. Kinglsey Kleber ! Celui-là, il aurait pus se montrer un peu reconnaissant ; le Yard lui a quand même sauvé les miches ! – et c'était mauvais pour le moral. Lestrade était exténué. Anderson risqua un coup d'œil à l'inspecteur :
- On pourrait peut-être… remballer le corps, le mettre dans l'ambulance, et rentrer. C'est pas très bon de rester sur ce pont, en plein fog…
- On l'attend.
Sally leva la tête du dossier qu'elle remplissait, emmitouflée dans son long manteau. Elle fronça les sourcils :
- Chef… ça fait presque une heure et demi. Il ne viendra pas.
Lestrade serra les dents, se releva. Regard noir.
- Il viendra.
- On n'a pas b…
- On a besoin de lui. Comme d'habitude.
Cette même amertume qui le prenait là, dans la gorge, juste sous la pomme d'Adam ; qui l'attrapait comme un chat sauvage et refusait de le lâcher. Lestrade se détourna ; il avait honte de s'accrocher autant à…
Au loin, dans le fog qui tourbillonnait autour du pont, une haute silhouette se découpait. Un point rouge brillait, au niveau de la bouche.
- Sherlock Holmes, grogna l'inspecteur.
O°O°O°O°O°O°O
- Waterloo Bridge, 8h03 -
- Vous êtes en retard.
- Trafic.
- Une heure trente qu'on vous attend !
Silence.
Lestrade soupira. Im-bu-va-ble. Holmes était encore plus agaçant que d'ordinaire. Accroupi sur le cadavre, il observait. Comme toujours ! Il attend pour lancer le nonos à la police… il sait qu'on est collé à ses basques, parce qu'on n'a rien, rien de rien ! L'inspecteur soupira. Se passa la main devant les yeux. Il avait eu une mauvaise nuit, ce qui n'arrangeait pas son humeur. Il essaya de se concentrer sur autre chose en observant Sherlock. L'homme semblait plus émacié que jamais, le teint gris, les yeux cernés ; sa bouche n'était qu'un pli sombre et tendu. Entre ses doigts, une cigarette.
- Vous avez repris ?
- Hm ?
Le détective ne lâchait pas le cadavre des yeux.
- La cigarette. Je croyais que les patchs, c'était mieux.
- Envie de changement.
L'inspecteur fronça les sourcils : Sherlock était d'ordinaire peu loquace lorsqu'il réfléchissait, mais là, c'était étrange. Laconique, sans énergie, fade. Il n'avait décoché aucune pique à Anderson lorsque ce dernier s'était moqué de sa mine de déterré, et était passé devant Sally comme si elle n'existait pas, sans relever son sourire moqueur. Quelque chose cloche.
Lestrade se racla la gorge. Sherlock venait de jeter son mégot, pour sortir une nouvelle cigarette : le paquet était déjà à moitié vide.
- John a eu un empêchement ?
- John n'était pas à Baker Street.
Incompréhension :
- Il… il a dormi ailleurs ?
- Vraisemblablement.
Le détective se tenait immobile, accroupi, la cigarette entre les lèvres. Fumant et réfléchissant. Il se sentait trop nauséeux pour que les questions l'agacent vraiment ; mais trop fatigué pour les faire cesser. Lestrade, sans s'en rendre compte, enfonçait le clou :
- Je ne vois pas le problème. Vous auriez quand même pu l'appeler. Ça n'aurait pas été la première fois. Il n'a pas une petite amie… Sarah, non ?
- Non.
L'inspecteur cligna de l'œil, dévisageant Sherlock qui restait imperturbable. Le détective mâchonnait sa clope, en tirait de longues bouffées ; la fumée s'élevait en volutes paresseuses au-dessus de sa tête. Il n'avait rien dit à Lestrade, bien sûr ; mieux pour le travail, plus facile ; cette décision avait été la sienne… la nôtre. Cependant, poussé par le mutisme de Holmes, un soupçon se fraya un chemin dans l'esprit de l'inspecteur :
- Ah. Vous… vous voulez en parler… ?
- Non.
La réponse claqua sèchement, tandis ce que Sherlock se relevait en dépliant ses longs membres. Il croisa les bras, baissa la tête. Froid. Le vent s'était levé, dissipant lentement le fog gris qui faisait disparaître le Waterloo Bridge. Sherlock tira sur sa cigarette :
- Homme, de type hispanique. Entre quarante et quarante-cinq ans. Soigné, mais pas trop. Probablement habitué à travailler de ses mains, comme le montrent certains cales et petites coupures sur ses doigts. Poudre blanche suspecte sous les ongles – vous devriez l'analyser, en espérant que l'eau ne l'a pas trop endommagée. Cocaïne ? Un dealer ? Difficile à dire. Trace rouge étrange, dans le cou…
Andersen s'avança :
- C'est une…
- … morsure d'araignée, je sais, répliqua Sherlock d'une façon étonnement morne. En l'absence de toutes autres indices, je dirais que c'est ce qui a causé sa mort. Aucune trace de lutte, ou de blessure. Alors…
Soupir. Son esprit avançait au ralenti. Il commençait à avoir mal au crâne. L'alcool. Lestrade attendait, sourcils froncés : quelque chose ne va pas ; il ne cherche même pas à parader.
- … un dealer de coke qui se fait tuer par une araignée ? Il faut chercher plus loin.
Il s'accroupit à nouveau, scrutant le bas du pantalon de l'homme. Le releva, dévoilant la cheville droite. Sifflement méprisant.
- Andersen, vous êtes un imbécile.
Là, dans la chair…
- Mais je… j'attendais d'être au Yard pour un examen plus poussé. Si vous n'aviez pas été en retard, ce serait déjà f…
- Crétin ! cracha Sherlock en jetant son mégot fumant. Votre mère doit se retourner dans sa tombe...!
Ton froid, cassant. Cruel. Ce n'était pas les sarcasmes habituels, spirituels et piquants. Lestrade eut un mouvement d'apaisement :
- Expliquez-vous, et cessez d'importuner mon équipe.
Moue méprisante :
- Simple. Traces de corde sur la cheville : on voit nettement la brûlure laissée sur la peau par le frottement. Il y a sûrement des particules. Faites des analyses ; ça, ça doit être à votre portée.
Il se releva :
- Nous avons donc un avantage sur le meurtrier.
- Il a lesté le cadavre pour le faire disparaître… commença Lestrade.
- … et il ne s'attendra pas à ce que nous l'ayons repêché.
- Une chance que la corde ait cédé.
- Hm.
Sherlock ouvrit son paquet de cigarettes : vide. Avec un grognement, il le balança par-dessus la balustrade du pont.
- Je rentre. Autopsiez le corps ; analyser la poudre. Quand vous aurez les résultats, prévenez-moi. Je dois me concentrer… sur une autre affaire.
Quinte de toux. Lestrade lui attrapa le bras :
- Vous ferriez mieux de vous reposer. Vous avez une mine terrible.
- Inutile. J'ai du nouveau.
- Meredith Trumann ?
Nouvelle toux.
- O… oui. Les analyses de Bart's ont révélé des traces de cocaïne dans son sang.
- Vous pensez que les deux affaires sont liées ?
- Peut-être. Trop tôt pour le dire. Je vais chercher.
Le détective se dégagea de l'emprise de l'inspecteur, fit quelques pas :
- Pour la morsure… prévenez-moi vite. J'ai un contacts qui pourrait servir…
Acquiescement.
- Je vous fais raccompagner ?
- Non.
Et Sherlock disparut dans le fog qui s'envolait.
O°O°O°O°O°O°O
- Métro de Londres, 8h47 -
Je passe à Baker Street. Il faut que je parle à Sherlock. Je viens à la clinique après. John. 'Send'.
John passa le portillon automatique, s'engageant dans les couloirs du métro. Un sentiment d'urgence l'oppressait et il n'aimait pas ça. Comme avant un combat qui va mal tourner. Poids, dans la poitrine. Il devait voir Sherlock ; il fallait qu'il s'explique, qu'il fasse cesser cette dispute absurde… même si ce n'est pas ma faute ! Qui sait quelle réaction stupide aurait pu avoir son idiot de colocataire ? Sa rage du soir précédent s'était envolée ; ne restait que la crainte. Le baiser de Sarah avait tout déclenché. J'ai fait exactement ce que je lui ai reproché. J'ai flirté avec quelqu'un d'autre, et, le moment venu, je n'ai pas su… Il attendait sur le quai. 8h50. Sherlock devait encore traîner en pyjama, à moins qu'il ne se soit même pas levé. Pourtant, ce n'était pas désagréable : Sarah est jolie, n'est-ce pas, John ? lui susurra une voix doucereuse. Et puis, tu as bien le droit de t'amuser un peu, non ? Il n'y a pas mort d'homme ; ce n'était qu'un simple baiser…
Le métro arriva ; il monta. Peut-être, mais je n'aime pas agir comme ça. Autant rétablir les choses. Immédiatement. Coincé entre une mère de famille chargée de paquets et un homme d'affaires guindé, John soupira. Tout allait s'arranger. C'était promis.
O°O°O°O°O°O°O
- Tabac, sur Marlylebone Road, 8h53 -
- Encore vous ?
- Quatre paquets.
- Même marque que ce matin ?
- Hm.
- Gros fumeur, hein ?
Sherlock empocha sa monnaie, attrapa le sac plastique que lui tendait le buraliste, et s'en fut sans dire un mot. Encore deux minutes et il pourrait s'affaler sur son canapé, fumer, réfléchir. Ou boire. Même les enquêtes perdaient leur intérêt : il avait du se faire violence pour répondre aux attentes de Lestrade, ce matin. John n'a pas appelé.
'Bip'. Hello, darling ! Je viens aux nouvelles. Johnny-boy est revenu ? M
Même Moriarty avait perdu son attrait. Il ferma l'appareil, qui vibra à nouveau :
'Bip'. Arrête de fumer. MH
Là, c'était franchement rageant.
Encore chez le dentiste ? À moins qu'une énorme viennoiserie à la crème ne t'empêche de téléphoner ? SH 'Send'.
'Bip'. Idiot. Tu vas continuer ce manège longtemps ? Un paquet en une matinée… MH
Et alors ? Retourne donc à tes secrets d'état. SH 'Send'.
'Bip'. La prochaine étape, ce sera quoi ? La drogue ? MH
Peut-être bien. SH 'Send'.
Il fourra le Blackberry dans sa poche, bien décidé à ne pas répondre aux sonneries incessantes. Lentement, il gravit le perron du 221b.
O°O°O°O°O°O°O
- 221b Baker Street, 9h17 -
'The phone rang – Gabriel Lestrade is calling you'.
- Sherlock Holmes.
- Ah, enfin ! Vous ne répondez plus à vos textos ?
- Plus depuis que Mycroft me harcèle.
- Je vois. Heum… on est au Yard. Andersen a déshabillé le cadavre et…
- Inutile de me faire un rapport sur les activités de cet imbécile.
- … nous avons trouvé une marque. Un tatouage. Sur l'épaule droite. Je vous ai envoyé une photo.
- Très bien.
- J'ai pensé que… c'était important.
- Hm.
- Et pour l'araignée ?
- L'analyse a été rapide. Pour l'instant, on sait qu'il s'agit de robustoxine, un peptide neurotoxique très dangereux, présent dans le venin d'une sorte de mygale australienne. Atrax robustus, si j'ai bonne mémoire. L'antidote doit être administré dans l'heure. Ça vous aide ?
- Oui.
Silence.
- Et… et pour John… ?
'Dial tone'. Sherlock se renversa sur le canapé. Cigarette. Il pianota sur son smartphone : l'image envoyée par Lestrade s'afficha. Un minuscule dragon noir. Fronçant les sourcils, il sortit de sa poche le pendentif d'argent, retrouvé chez Meredith Trumann : les deux reptiles étaient trop semblables pour conclure à un hasard. Un lien… lequel ? Sa tête cognait, douloureusement. Il tenta de faire le point.
Victime n°1. Meredith Trumann. Retrouvée morte dans sa baignoire. Electrocution avec un grille-pain. Indices : pendentif en forme de dragon, grains de pollen – pivoine, variété Irwin Altman –, traces de cocaïne dans le sang. Travaillait comme chimiste à Royal Chemical Industry. Relations conflictuelles avec Kinglsey Kleber, son patron – harcèlement sexuel probable. Divorcé, fille unique morte d'une crise d'asthme fulgurante. Fille : dix-huit ans, première année à l'université.
Piste ? Autant essayer ça.
Trouvez-moi des infos sur la fille de Meredith Trumann. SH 'Send'.
'Bip'. Pourquoi ? Lestrade
Intuition. SH 'Send'.
Soupir. Cigarette. La porte de l'entrée s'ouvrit ; il ne s'en préoccupa pas.
Victime n°2. Homme. Retrouvé mort sous le Waterloo Bridge. Corps délivré de son leste. Morsure d'araignée – Atrax robustus. Indices : dragon tatoué, traces probables de cocaïne sous les ongles.
Cocaïne… Le lien entre les deux meurtres : ça et le dragon. Il y avait aussi la mygale : tuer de cette façon était étrange. Il devait en savoir plus, et pour cela, rien de mieux que de faire appel à un spécialiste.
J'ai besoin de ton aide. Une histoire d'araignée. SH 'Send.
Des pas, dans le couloir. La porte de l'appartement s'ouvrit. John s'arrêta, la main sur la poignée.
O°O°O°O°O°O°O
- 221b Baker Street, 9h21 -
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je suis rentré.
Une bouffée de chaleur saisit Sherlock. John était là, devant lui, avec un sourire hésitant. Il accrocha son blouson à la patère.
- Tu… tu as une mine affreuse.
Les mains du détective tremblèrent.
- C'est tout ?
- Quoi ?
John se retourna, sans savoir comment réagir.
- Tu reviens là, frais comme une rose… comme si de rien n'était… et la seule chose que tu trouves à dire, c'est « tu as une mine affreuse » ?
- Eh bien, je…
Le regard de John se posa sur les bouteilles qui gisaient, un peu partout dans le salon. Il comprit :
- Tu as bu.
Mimique méprisante.
- Si peu.
Sherlock alluma une cigarette, fumant avec une attitude qu'il voulait négligente.
- Et toi, alors ? Tu as bonne mine. Tu as passé la nuit avec elle ? C'était comment ?
- Tu… tu fumes, en plus ?
Un nuage nauséabond lui répondit :
- Tu t'améliores ! railla le détective. Une autre observation pertinente ? Alors, tu as couché ? Tu as minaudé ?
Le sang de John ne fit qu'un tour :
- J'étais venu pour m'excuser, figure-toi ! s'écria-t-il. J'ai réfléchi toute la nuit, et…
- Ah ! Tu as eu le temps de réfléchir ? Sarah doit être moins bonne au lit que moi. Avec moi, tu n'aurais pas…
- On n'a PAS couché ensemble ! On a dîné, on a discuté et puis… et puis c'est tout ! Alors que toi… toi…
Il s'avança dans la pièce :
- Non mais regarde ! Tu as VRAIMENT bu tout ça ? Et arrête avec cette cigarette, ça devient agaçant.
- Je ne suis pas un gosse.
- Ah oui ? fit John en ramassant la bouteille de saké.
Il la renifla, dégoûté. Sherlock s'en voulut, se mordit la lèvre. Il ne savait pas que dire, que faire : comment montrer ses regrets à la personne que l'on aime ? Comment dire qu'on n'a qu'une envie, sans elle : crever ? Comment… ? L'écran de son ordinateur, ouvert sur la table basse du salon, le dispensa de toute réponse.
'Science of Deduction. New message.'
Je viens de trouver ton site. Joli. Ton médecin est rentré ? Je passe à Baker Street pour qu'on discute ? Y
Le regard de John passait de l'écran à Sherlock, de Sherlock à l'écran. L'initiale ne pouvait être interprétée autrement. Incrédule, il pointa un doigt accusateur :
- Alors c'est ça ? C'est ça ? Tu n'attendais qu'une chose en fait : que je tourne les talons pour t'envoyer en l'air ! Et en plus, il savait que j'étais absent ! Je suppose que tu ne lui as épargné les détails…
Sherlock lui attrapa le bras, le cœur glacé :
- Ce… c'est pas ça. J'ai besoin de lui pour…
- … pour t'envoyer en l'air ? cria le médecin en se dégageant violemment.
- Non, c'est en lien avec l'affai…
- Epargne ta salive, cracha froidement John. J'en sais assez.
Trois enjambées, il fut près de la porte. Attrapa son blouson, l'enfila.
- Je te souhaite bien du bonheur, Sherlock.
Il ouvrit la porte à la volée, faisant sursauter madame Hudson qui, visiblement, s'apprêtait à frapper :
- Et, si jamais ça t'intéresse, je n'ai pas couché avec Sarah. Elle m'a embrassé. Mais je crois que maintenant, je ne vais pas me gêner pour aller plus loin. Bonne journée, madame Hudson.
Voili, voilou... c'est tout pour aujourd'hui ! Qu'en avez-vous pensé...? En tout cas, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre, et que vous n'avez pas trop envie de crucifier l'auteure... La suite viendra demain, promis-juré. Après, il vous faudra patienter quelques temps, j'en ai peur.
Quelques indices ? En quatre mots : université, atrax robustus, frère, baiser.
Sur ce, ma couette m'appelle ! Bonne nuit et à bientôt ! =)
