Bonjour à tous, nous revoilà en ce Lundi quelque peu frisquet !

Comme d'habitude nous vous présentons un nouveau chapitre qui nous espérons tous les deux vous plaira autant que les précédents. Bien entendu encore une fois nous vous remercions chaleureusement de l'accueil que vous nous réservez chaque semaine, c'est très gratifiant de savoir que vous prenez du plaisir à lire ce que nous avons pris plaisir à écrire !

Allez sans plus de cérémonies nous passons aux remerciements personnels comme chaque semaine !

Solealuna : Toi un peu folle? Non... on ne parle pas de la même personne ? :p On est contents que l'Esplanie t'ai plu, et espérons que la prochaine partie de ce chapitre te plaira tout autant ! Merci pour tes commentaires réguliers !

Saluki8 : Merci beaucoup ! La mort simulée nous est venu tout de suite et c'est toute la trame de ce chapitre, alors nous sommes heureux que ça te plaise.

Sandtoul : Jamais de non pour les épinards :p Hé non tous nos chapitres sont reliés même si ça ne se voit pas toujours tout de suite. Mais tout est relié... Pour le reste on n'en dit pas plus, on te laisse découvrir en espérant que ça te plaise ! Merci !

Audrey 1986 : Merci !

Ewilan : Merci beaucoup ! On a beaucoup réfléchi pour que la fausse mort de Johanna paraisse crédible, alors c'est vraiment bien que ça te plaise. Pour le POV Ryan on te laisse découvrir mais sache que tu n'es pas au bout de tes surprises avec nos changements de points de vue :p

Manooon : Pas de soucis, les oublis arrivent, le principal est que ça te plaise toujours :) ! Merci beaucoup !

Oriane : Merci ! Voici la suite !

SeriesAddict76 : Hey ! Merci beaucoup mais nous sommes deux derrière cette fiction ^^ (Sarah d'Emeraude et Gillesinlove d'où le Peudo Emeraudeinlove !) Nous espérons que la suite te plaira autant !

Castlefan : Merci beaucoup ! Que de compliments.. Nous aimons tous les deux beaucoup G. Musso, d'où l'idée du blog !

Pandora60 : Toujours un réel plaisir de lire tes pavés, ça ne change pas ! Les reviews construites telle les tiennes sont réellement valorisants pour nous, alors n'hésite pas ! Pour les points de vue nous essayons de varier le plus possible pour que ce soit aussi une technique un peu "inédite" sur ce site. Quant à l'histoire c'est avec le sourire qu'on constate que ça plaît aux lecteurs malgré notre idée un peu farfelue (on fait revenir les morts après tout :p). Pour le 6x02 & 6x03 nous avons vraiment adoré tous les deux, Marlowe commence fort avec cette saison et d'après ce que j'entends du 4 il ne faiblit pas ! On va regarder ça ce soir après l'épisode de france 2. Allez, en espérant que ce chapitre te plaira toujours ! Merci !

Tuigui : Merci beaucoup ! Contents que ce soit réaliste et que ça te plaise !

Lily Pierce : Le disque n'est jamais rayé pour des compliments :p ... Notre idée du retour de Johanna autant que d'inclure des personnages inventés tels que Nicole était vraiment dessinée depuis le départ dans notre esprit et comme pour toujours entre nous nous n'avons qu'à en parler quelques instants pour nous mettre d'accord et le coucher sur papier. Ce que nous constatons au fil des semaines et qui nous ravit vraiment c'est que notre partenariat plaît, ce qui risque très fortement d'ailleurs de donner naissance à d'autres écrits de nous deux... Nous tentons pour ce qui est de l'action d'en mettre à chaque chapitre étant donné que nous écrivons des chapitres assez conséquents (d'ailleurs celui-là est très long) et à une semaine d'intervalle, de plus c'est toujours plus plaisant de ne pas s'ennuyer en attendant la semaine d'après ! Un gros merci à toi.

DrWeaver : Merci beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup !

NonnaSo : Alors nous écrivions le chapitre 13 ce week end ! :) On est tous un peu Esplanie au fond, donc rajouter un peti moment de la sorte était un peu une petite obligation de notre part. Pour les POV différents, on garde la surprise ! Quant à G. Musso comme dit plus haut dans un autre commentaire nous sommes fans tous les deux et la référence était presque obligatoire. Merci à toi pour ta review!

Adrian009 : Merci beaucoup ! Voilà la suite !


Sans laisser de traces…

Chapitre 7, Richard Castle.

Après le récit de Johanna une atmosphère étrange était retombée sur l'assemblée que nous formions avec les gars et Lanie. Chacun semblait digérer plus ou moins lentement les paroles de notre invitée et maintenant que la boucle était finalement bouclée autour de cette affaire sordide dans laquelle nous étions tous impliqués, une sorte de plénitude nous envahissait. Nous comprenions à présent pourquoi elle réapparaissait à l'annonce de l'enlèvement de sa fille qui était sans aucun doute à présent commandité par Bracken en personne, et plus important encore nous avions connaissance des épreuves qu'elle avait enduré pour assurer à sa fille et son mari la paix qu'ils méritaient. Si au premier abord j'avais été surpris qu'elle n'ait jamais tenté de reprendre contact avec Jim ou même Kate lors des passes difficiles de leurs vies respectives je percevais à présent les enjeux et surtout les conséquences que cela aurait pu avoir. Si Bracken avait été amené à découvrir que Johanna n'était pas morte comme il le pensait, la vie de Kate aurait été bien plus en danger qu'à présent alors qu'elle se trouvait déjà dans une position délicate.

Johanna nous avait confié que la priorité de Bracken selon elle n'était pas de tuer Kate, ce qui aurait pu à long terme se montrer problématique pour son image, mais de la faire disparaître de la circulation le temps que sa candidature soit bien en place et qu'il s'assure une bonne place dans les sondages. Ainsi, elle ne lui poserait pas de problèmes en ressortant de vieux dossiers, au cas où elle aurait été assez maline pour faire le lien entre sa mutation et lui ou même en apprenant sa candidature au poste de gouverneur de l'état de New York. Néanmoins Bracken avait négligé l'élément Nicole lorsqu'il avait établi sa stratégie. Mais il tenait trop à montrer réelle patte blanche selon Johanna, il ne prendrait selon elle pas le risque d'avoir du sang sur les mains à ce moment crucial de sa vie et je commençais à approuver sa version et penser comme elle en réfléchissant à ses actions passées. Après tout il n'avait pas été capable de tuer lui-même cette avocate trop curieuse et pour tenter d'assassiner sa fille il avait fait preuve de beaucoup d'imagination et utilisé beaucoup d'hommes. Mais jamais il n'avait mouillé sa chemise en s'approchant trop près de l'affaire qu'il dirigeait des coulisses. C'était d'ailleurs pour cela qu'il avait été si dur à atteindre et à trouver. Il réservait son visage machiavélique pour les coulisses où tel un marionnettiste il dirigeait son pantin afin de montrer toujours son bon visage sur la scène.

En apprenant que Kate ne risquait sûrement pas la mort un immense poids s'était envolé de mon cœur et j'avais enfin pu respirer normalement après des jours entiers sans sommeil en me nourrissant du strict minimum. Je m'étais senti tellement coupable, c'était à cause de cette télécommande que j'avais placée sur le canapé qu'elle avait quitté l'appartement, c'était à cause de moi si elle était sortie sans son arme et c'était moi qui n'avait pas été à même de la retenir au loft. Lorsque je ne l'avais pas vu rentrer j'avais d'abord pensé à un jogging plus long, après tout même si elle avait ses habitudes elle aimait improviser quelques fois, cependant lorsqu'au bout de 3 heures je n'avais eu aucune nouvelle j'avais aussitôt appelé Esposito pour le prévenir. Depuis l'enquête stagnait quelque peu, personne n'avait rien vu bien évidemment et le portier n'avait rien remarqué de suspect en dehors de l'énervement manifeste de ma fiancée en quittant l'immeuble.

L'inquiétude me rongeait toujours malgré tout, je ne pouvais qu'imaginer ce que ce salaud lui avait fait. Et un écrivain avait dans ces cas là beaucoup trop d'imagination. Je n'avais pas pu compter sur mon neurone pour qu'il se mette en fonction "syndrome de la page blanche", non au contraire mon imagination était plus que fertile et j'entrevoyais une multitudes de scenarii qui me donnaient tous la chair de poule. Finalement écrire des policiers n'était peut être pas une si bonne idée, peut être devrais-je opter pour des romans passionnels. Il devait l'avoir enfermée quelque part pendant quelques temps, histoire de se placer en tant que favori dans les votes des électeurs et le tour serait joué. Beckett n'aurait plus aucune chance d'ébranler la confiance du peuple en son dirigeant fraîchement arrivé. Malgré cela j'ébauchais des dizaines de scénarios possibles et imaginables, passant d'une cave humide et glauque à un appartement confiné en plein quartier chic de New York.

- Richard ? dit Johanna m'interrompant dans mes pensées, semblant avoir remarqué la crispation de mes doigts sur mes genoux à l'évocation de ces possibilités.

- Oui ?

- Que diriez-vous de nous faire des cafés ? Je crois qu'on en a tous besoin après ça.

Je relevais les yeux vers mes collègues qui semblaient autant ébranlés que moi, cherchant plus que probablement une façon de faire tomber Bracken une bonne fois pour toute. Lanie elle semblait plus que préoccupée par son amie. Je connaissais l'amitié qui liait les deux femmes et ce qu'elles avaient vécu à l'université toutes les deux, aussi je comprenais bien sa grande inquiétude.

- Lanie, l'interrompis-je ne souhaitant pas qu'elle sombre dans de trop noires pensées où tout espoir serait perdu pour Kate. Tu veux un thé ou un chocolat chaud ?

Je me rappelais qu'un matin en arrivant sur une scène de crime elle m'avait quelque peu rudoyé en voyant que j'apportais toujours son café à Kate, mais qu'elle en tant que médecin légiste était la première sur les lieux et qu'un thé car elle n'aimait pas le café ne serait pas superflu, d'où ma question.

- Un chocolat merci, répondit-elle en sortant de sa torpeur.

J'acquiesçais de la tête et me levais pour me diriger vers ma cuisine. Je mettais l'eau à chauffer dans la cafetière et sortais 5 mugs pour mes invités avant de sursauter lorsqu'une main se posa sur mon épaule. Faisant volte-face lentement je découvris Johanna. Tout comme sa fille lorsqu'elle était contrariée ou préoccupée, une barre d'anxiété parcourait son front, ses sourcils étaient légèrement froncés et sa lèvre inférieure torturée entre ses dents blanches.

- Johanna ? demandais-je pour l'inciter à me poser la question qui semblait brûler ses lèvres.

- J'aurais quelque chose à vous demander Richard, mais pour cela il fallait que nous soyons seuls.

Comprenant que le sujet abordé s'avérait être important pour que l'intimité soit capitale je posais le mug que je tenais entre mes doigts sur le comptoir et lui accordais toute mon attention.

- Je vous écoute.

Elle soupira avant de prendre la parole.

- J'aimerais… vous savez, vu que vous êtes le fiancé de ma fille c'est en toute logique je pense que vous avez déjà rencontré mon…

Elle s'arrêta quelques instants, butant sur le mot ce que je pouvais totalement comprendre. Après tant d'années de séparation il était normal qu'elle se demande s'il était encore légitime de le nommer ainsi.

- Votre mari ? suggérais-je d'une voix posée.

Elle hocha la tête.

- Oui, Jim. Je… je voudrais que vous me parliez de lui. Je voudrais savoir comment il va. Après ma disparition j'ai pu suivre ma fille et mon mari à travers les informations que me donnait le capitaine Montgomery. Cependant à la mort de ce dernier je n'ai plus eu de nouvelles qu'à travers les coupures de presse parlant de Katie, étant donné qu'elle est une policière hors pair et qu'elle est la muse du célèbre Richard Castle.

Je souris à la citation qu'elle avait sûrement du tirer d'un journal quelconque.

- Ces deux éléments me permettaient donc de garder un œil sur Kate, il y avait toujours un article relatif à elle ou à votre partenariat improbable ce qui m'arrangeait fortement. Cependant je n'ai plus eu de nouvelles de Jim, et….

Elle se stoppa une nouvelle fois, semblant lutter pour reprendre le dessus sur les émotions qui la submergeaient.

- Il me manque. Lorsque j'avais des photos d'eux et que Roy me parlait de la famille que j'avais laissée derrière moi j'avais un peu l'impression d'évoluer et de vieillir à leur côté. Maintenant….

Je ne pouvais pas imaginer à quel point elle avait pu souffrir, être séparée ainsi de l'amour de sa vie. Même si je connaissais cette horreur depuis quelques jours avec la disparition de ma fiancée. Regardant Johanna, je me disais qu'elle avait un courage dont je ne pensais pas pouvoir faire preuve. Bien que lorsque l'on aimait quelqu'un, on était soudainement prêt à tout, y compris l'impensable pour il ou elle.

- Jim va très bien Johanna. Il n'est pas rare qu'il vienne ici nous rendre visite, il est venu pendant le déménagement. Kate est très proche de lui vous savez. Ils ont toujours été là l'un pour l'autre.

En disant cela je pensais à la solitude dans laquelle elle devait vivre depuis presque 15 ans.

- Oui c'était mon souhait qu'ils restent l'un près de l'autre. Pourtant quand Roy m'a dit pour Jim et la boisson, j'ai pensé que Katie allait le perdre lui aussi.

- Johanna, s'il y a bien une chose que vous devez savoir à propos de votre fille c'est qu'elle n'est pas du genre à abandonner. Et plus le défi semble élevé et plus elle trouve des ressources insoupçonnées. C'est une battante, une passionnée, totalement obstinée et têtue. Je pourrais vous parler d'elle pendant des heures et des heures vous savez, fis-je me rendant compte de mon élan verbal.

- Et j'adorerai vous écouter Richard. Cependant, je pense qu'il serait préférable que nous retournions avec vos collègues. Est-ce que je peux vous aider avec ceci, fit-elle en désignant les tasses.

- Non je vais m'occuper des tasses, par contre je vous laisse apporter les sucres et le lait, si vous le souhaitez. J'arrive tout de suite avec les boissons.

- Très bien.

- Et Richard?

- Oui, répondis-je en levant la tête.

- Merci.

- Toujours, fis-je en souriant.

Décidément plus le temps passait et plus j'avais l'impression de me retrouver avec une partie de Kate.

Je retournais à la préparation de nos boissons et apportais le plateau au salon, commençant par servir ses dames avant de donner leurs tasses aux gars.

- Maintenant que vous savez tout, dit Johanna, il va falloir échafauder un plan. Avant de nous en prendre à Bracken, nous devons être certains de nos allégations à son égard.

J'entendis Ryan dire à Espo "creepy". Visiblement Johanna avait également entendu les deux gars, car elle se tourna vers eux en demandant étonnée.

- Qu'y a-t-il messieurs?

Les deux compères se regardèrent semblant presque gênés d'avoir été pris en flagrant délit par Johanna. Elle leur avait fait le même effet que lorsque Kate les rappelait à l'ordre ou les invitait à "partager avec la classe", bien que cette formule-ci m'était plutôt traditionnellement réservée. Ryan et Esposito échangèrent un nouveau regard, tentant de déterminer qui allait prendre la parole. Ce fût finalement Ryan qui répondit à la question.

- C'est rien, c'est juste que vous nous faîtes tellement penser à votre fille dans votre façon de... d'être.

Johanna leur rendit un sourire tendre, qui ressemblait à celui d'une mère pour ses enfants ou encore pour les amis proches de ses enfants. Le lien qui s'était tissé entre nous tous en peu de temps était impressionnant. Johanna s'était imposée comme un leader naturel et charismatique tout comme sa fille auprès de nous. Cela avait quelque chose de confortable pour nous tous, car ça nous rappelait sans doute ce que nous pouvions connaître avec Kate au quotidien même si cette dernière n'était pas présente.

- Richard vous pensez qu'il nous serait possible de rencontrer la fille de Bracken, demanda Johanna en reprenant la parole concernant l'affaire. D'après ce que vous m'avez dit elle est plutôt de notre côté ?

Je haussais les épaules.

- Je ne le sais pas. Elle est venue au commissariat pour avertir Kate, mais j'ignore si elle voudra ou pourra même faire quelque chose pour nous.

- Et bien, la meilleure façon de le savoir est d'aller le vérifier proposa Lanie.

- Oui mais nous ne pouvons pas nous permettre de croiser le chemin de Bracken. Il serait beaucoup trop sur ses gardes, répondit Esposito.

- Je peux téléphoner à son service de sécurité pour le localiser, on l'a déjà fait l'année dernière quand il collectait des fonds, fit son collègue et ami.

- Très bien. Kevin si vous pouvez vous occuper de ça, ainsi nous pourrons envisager la suite des opérations, ordonna Johanna.

Les gars avaient raison, c'était incroyable la similitude entre mère et fille. C'était comme si cela faisait partie de leur patrimoine génétique à toutes les deux. Kevin s'était tout de suite levé pour passer son coup de fil en toute tranquillité. Il était très nerveux et faisait les cent pas dans le coin cuisine, tête baissée, se mordillant un ongle en attendant d'avoir une réponse. L'assemblée que nous formions resta très silencieuse, comme à l'attente d'un verdict. Dès qu'il raccrocha, tous nos regards se concentrèrent sur lui et je fus le premier à prendre la parole :

- Alors?

- Bracken doit assister à une conférence demain à partir de 14 heures au Sherry Netherland. Il sera absent pendant au moins trois heures.

- C'est donc la fenêtre pendant laquelle nous devons aller à la résidence des Bracken pour voir Nicole, dit Esposito.

Cette décision sembla faire l'unanimité entre chacun de nous. Ce n'était pas grand-chose, mais pourtant j'avais le sentiment qu'enfin j'avais une chose à laquelle je pouvais me raccrocher. Kate me reprochait parfois ça, de me raccorder à des brindilles mais pour faire un feu il ne fallait pas seulement une bûche mais aussi du petit bois sec pour qu'il puisse démarrer. Donc à mes yeux, les branches aussi petites soient-elles étaient importantes.

Du coin de l'œil, je vis que Lanie se démenait pour retenir une valse de bâillements. Nous étions tous fatigués, c'est pourquoi je proposais :

- Nous devons nous reposer pour demain.

Cette suggestion sembla ravir tout le monde. Chacun m'aida à ramener les affaires à la cuisine, puis vint le temps de partir. Kevin qui était le chauffeur dit en se tournant vers maman Beckett :

- Johanna si vous voulez je peux vous déposer. Je ramène déjà Lanie et Javier.

- Oui c'est très aimable à vous Kevin répondit-elle en prenant son sac qu'elle avait posé dans l'entrée, j'ai retenu un hôtel dans le quartier de SoHo.

Entendant ceci je m'interposais aussitôt.

- Non Johanna, vous n'irez nulle part. Vous êtes ici chez votre fille, chez vous. Nous avons une chambre d'amis à l'étage et elle est prête pour vous.

- Mais Richard...

- Il n'y a pas de mais, vous restez ici. Je serai ravi de vous avoir et je suis persuadé que nous avons des tas de choses à nous raconter.

Voyant que j'insistais elle ne discuta pas longtemps, échangeant un regard entendu avec les trois comparses. Sur ce nous nous saluâmes tous les cinq et c'est ainsi que Lanie, Esposito et Ryan quittèrent le loft. Tout d'un coup l'ambiance retomba, l'appartement était soudainement très silencieux et aucun de nous ne semblait très à l'aise avec la situation. Pour éviter qu'un malaise ne s'installe, je dis :

- Johanna, je vais vous montrer votre chambre et si vous le souhaitez vous pourrez prendre une douche avant le dîner.

- Oui merci Richard c'est parfait.

Sur ce je passais devant elle, l'enjoignant à me suivre à l'étage. Je lui montrais d'abord la chambre d'amis, puis sortais le nécessaire pour qu'elle puisse faire sa toilette et lui indiquais la salle de bain qu'elle pouvait utiliser. Je pris congés d'elle et redescendis dans la cuisine.

Voilà plusieurs jours que je n'avais pas été en mesure d'ingérer un repas complet. J'étais si nerveux, anxieux et tendu que j'avais préféré me contenter du strict minimum, ingérant des litres de café et mangeant beaucoup de fruits et quelques yaourts. Ce soir j'allais devoir faire un effort, et c'était en cela une très bonne chose que j'ai une invitée, car cela m'obligerait à dîner dignement.

Ainsi, j'ouvrais la porte du réfrigérateur, sondant son contenu dans le but de concocter un met pour le dîner. Je ne savais pas quels étaient ses goûts, c'est pourquoi je me lançais dans quelque chose de plutôt simple. Je sortais tout ce dont j'avais besoin : des oignons, du vin blanc, des lardons, de la crème fraîche, des œufs et des pâtes pour préparer une carbonara. Je me garderai de dire à mon invité combien de fois j'avais préparé les pâtes assaisonnées de la sorte pour sa fille et moi en plein milieu de la nuit après de nombreuses joutes corporelles et pour calmer notre ventre qui se manifestait.

Après avoir déglacé les oignons dans le vin blanc, je les faisais revenir tout doucement. Ensuite, une fois que ceux-ci étaient bien ramollis j'arrêtais le feu. Dans une casserole d'eau bouillante, je plongeais les lardons dedans, cela permettait de les dessaler. Quand tout ceci fut parfait, je mettais une autre casserole bien plus grande avec de l'eau à chauffer. Pendant ce temps, je me tournais ouvrant la cave à vins. Mes yeux tombèrent instantanément sur une réserve spéciale de Chianti, ce qui irait à merveille avec le plat. La bouteille était très légèrement rafraîchie, ainsi je l'ouvrais et déversais le vin dans une carafe à décanter afin qu'il s'aère et puisse avoir tout son arôme lorsque nous le dégusterions. L'eau étant portée à présent à ébullition, je versais les pâtes dans la casserole et regardais l'heure sur mon téléphone. La poignée de minutes menant à la cuisson me sembla passer à toute allure, ainsi j'égouttais les pâtes dans une passoire et prenais soin de les couvrir afin qu'elles ne refroidissent pas trop vite.

A peine quelques minutes plus tard, Johanna redescendit de l'étage et vint tout de suite me rejoindre côté cuisine. Elle semblait très naturelle et malgré une scène pourtant totalement inédite, je n'éprouvais pas de sensation d'étrangeté. Certainement que ma passion pour les théories improbables rendait mon esprit plus ouvert à ce genre d'éventualité. D'ailleurs, je me demandais comment allait réagir Kate en apprenant que sa mère qu'elle avait pleuré pendant près de quinze ans était en fait vivante. Car il fallait l'avouer, Kate était plutôt la rationnelle-légale et maniaque du contrôle de la bande. Très vite Johanna me sortit de mes pensées profondes.

- Ca sent délicieusement bon Richard, j'ai eu des senteurs jusqu'à l'étage.

- Que diriez-vous d'un verre de vin le temps que tout ceci soit prêt? proposais-je en me tournant vers elle.

Elle sourit.

- En voilà une très bonne idée, mais avant cela laissez-moi mettre la table au moins. J'ai horreur de ne rien faire.

J'esquissais un rictus devant ce nouveau trait commun entre ma fiancée et sa maman.

- Non laissez, je vais servir directement dans les bols cela sera plus simple.

Ainsi, je sortais deux verres à pied et nous servais en vin qui avait eu du temps pour s'aérer. Après avoir trinqué avec mon invitée je retournais à mon plat et mélangeais les pâtes cuites avec les oignons revenus et les lardons. J'ajoutais ensuite quelques cuillers à soupe de crème fraîche mélangeant soigneusement le tout. Puis je servais dans les bols pour rajouter au dernier moment un jaune d'œuf que je laissais délibérément dans une demi coquille vide avant de poser les bols sur le comptoir du bar. En posant nos assiettes je me rendais compte que j'avais oubliais un détail, alors je retournais vers le réfrigérateur pour prendre un pot de parmesan râpé que je plaçais entre nos deux assiettes avec une cuiller propre dessus.

- Et bien bon appétit, lançais-je à ma convive.

- Bon appétit à vous aussi.

Le repas se fit dans le calme, il n'était jamais aisé et encore moins élégant de parler en mangeant. Néanmoins, j'appréciais de ne pas être seul. La disparition de Kate me minait toujours autant, mais c'était comme si je ne portais plus tout seul ce fardeau. D'avoir passé une partie de la journée tous ensemble, me rappelait combien nous étions nombreux à vouloir la faire revenir au plus vite. Pendant le repas j'avais posé mon téléphone sur le comptoir au cas où un appel viendrait, afin de le prendre le plus rapidement possible.

- C'était délicieux Richard. J'imagine que ma Katie profite bien de vos petits plats ?

Je hochais la tête avant de répondre.

- Oui, mais vous savez elle cuisine elle aussi très bien.

- Comme quoi rien n'est jamais définitif, fit Johanna en souriant.

Elle avait évidemment piqué ma curiosité avec cette phrase. J'étais toujours avide d'apprendre des choses sur ma fiancée, par le biais d'anecdotes. Cette envie de la connaître ne s'était pas tarie alors que nous nous étions mis ensemble. Je repensais au petit bonhomme que j'avais trouvé dans son tiroir au poste et au moment unique où elle m'avait relaté l'histoire qu'il y avait derrière. Depuis qu'elle me connaissait elle avait bien compris que je considérais toujours qu'il y avait une histoire pour expliquer tout. Mais cette fois-ci, il semblait que ça soit Johanna qui allait nourrir ma curiosité. Voyant que nos verres de vin étaient vides, je nous resservais tout en lui disant :

- Qu'entendez-vous par là?

- Et bien quand j'étais encore à la maison, j'aimais beaucoup cuisiner. Katie a toujours été une bonne convive à table. Et elle voulait que je lui apprenne, mais elle n'avait absolument aucune patience et quand il fallait choisir entre un cours de cuisine et une virée à moto, elle choisissait toujours son bolide. Et vous voyez...

Mon téléphone vibrant sur le comptoir capta notre attention à tous les deux, et je la vis vaciller lorsque l'écran annonça mon interlocuteur "Jim Beckett". Je m'excusais d'un signe de la tête et allais prendre la communication côté salon pour ne pas troubler encore plus mon invitée.

- Allo ? Oui bonsoir Jim.

- Bonsoir mon garçon. Fit la voix visiblement fatiguée de mon interlocuteur. Des nouvelles?

- Non pas pour le moment, mais nous remontons une piste. Vous tenez le choc?

- Oui et vous?

Je savais que ses paroles ne reflétaient pas réellement son état et son ton épuisé me le confirmait cependant je ne fis aucune remarque.

- C'est difficile mais je crois en elle répondis-je.

- Rick vous savez je suis persuadé que là où elle est elle peut ressentir cette foi que vous avez en elle. Ne l'abandonnez pas.

- Jamais Jim, jamais fis-je d'une voix forte et ferme. Je vous tiens au courant dès que nous avons du nouveau.

- Merci mon garçon.

Et il raccrocha et je retournais prestement auprès de Johanna. Je vis que ses yeux étaient humides, elle n'avait pu retenir quelques larmes au moment de cet appel. Ainsi, je posais ma main sur la sienne en lui disant :

- Vous allez le retrouver bientôt.

- Mais s'il ne veut pas de moi?

Elle montrait ici les premiers signes de doute depuis qu'elle était arrivée au loft. Ainsi, une peur la hantait, celle d'être rejetée par les siens.

- Je suis fatiguée, je vais aller me coucher si cela ne vous dérange pas.

- Non je comprends Johanna. Dormez bien et n'hésitez pas si vous avez besoin, je suis juste là en bas.

- Merci Richard. Vous êtes un homme bon.

Et sur ce elle prit congés, je savais bien que c'était plus le choc émotionnel que la fatigue physique qui avait suscité son départ précipité. Je débarrassais nos bols, nos verres et nettoyais tout ce qui m'avait servi pour préparer le dîner. Une fois ceci fait j'avais le goût pour un nouveau café, mais une douche serait sans doute salutaire. Et elle tint toutes ses promesses. Changé je revenais à la cuisine et me préparais un breuvage. Muni de ma tasse, je m'installais à mon bureau et allumais mon ordinateur. Je savais que tenter de m'endormir maintenant serait totalement illusoire, ainsi j'ouvrais le document texte contenant mon dernier chapitre entamé. Rapidement tout en buvant mon café je relisais ce que j'avais écrit la fois précédente, pour me remettre dans le contexte et une fois ceci fait je laissais mes doigts effleurer le clavier, formant des mots et puis des phrases. Je n'étais pas certain de ce que je ferai de cet écrit, mais pendant que j'écrivais j'étais dans une bulle où il m'était possible de faire abstraction du monde autour de moi. A part être avec Kate, rien ne me procurait une telle sensation. C'est pourquoi j'écrivis presque sans relâche pendant quasiment trois heures.

Quand la fatigue sembla enfin se présenter, je sauvegardais une dernière fois avant d'éteindre et m'écroulais sur le lit sans même rentrer dedans. Il me paraissait incroyablement trop grand et beaucoup trop froid depuis qu'elle n'était pas là. Mais ce soir, l'épuisement l'avait emporté sur la tristesse. Et je savais qu'il fallait être en forme pour demain. C'était le mouvement que j'attendais depuis plusieurs jours et il était enfin là.

Au matin se furent de délicieuses odeurs qui éveillèrent mes sens. Je devinais le parfum du café tout juste passé et celui de gaufres. Je passais rapidement dans ma salle de bains pour vérifier mon allure, et rejoignais ensuite la pièce commune. Johanna était dans la cuisine et avait préparé de nombreux mets. A cet instant j'eus comme un flashback dans le passé, revoyant Kate dans cette cuisine préparant un somptueux petit déjeuner lorsqu'elle était restée au loft suite à l'explosion de son appartement. A l'époque nous n'étions pas ensemble, mais depuis il y avait eu de nombreux et merveilleux petits déjeuners.

- Richard, j'espère que cela ne vous gêne pas, mais je voulais vous remercier pour votre gentillesse et votre hospitalité.

- Je vous l'ai dit hier, c'est normal.

Il y avait des gaufres, des œufs brouillés, du bacon, des oranges pressées, une salade de fruits frais. Je ne savais plus où donner de la tête tellement le comptoir était rempli de vivres. La matinée passa très rapidement, le doute de Johanna ayant semblé s'évanouir avec la nuit. Nous étions prêts pour 14 heures et notre mission chez Bracken. Par sécurité, nous avions décidé qu'il était préférable qu'elle reste au loft en compagnie de Lanie, pendant que les gars et moi allions chez le Sénateur. Nous ne mîmes qu'une demi-heure pour atteindre sa propriété et étions à 14 heures pile devant sa porte. Je sonnais et attendis quelques minutes que l'on vienne me répondre. Un grand brun musclé vint ouvrir, il devait faire partie du service de sécurité de Bracken.

- Bonjour, que puis-je pour vous?

- Bonjour, j'aimerai parler à Nicole Bracken s'il vous plaît. Ma fille et elle étaient en classe ensemble et elle voudrait lui rendre un collier que Nicole lui avait prêté il y a quelques temps.

L'homme sembla avaler mon mensonge, me répondant presque désolé.

- Mademoiselle Bracken n'est pas ici aujourd'hui. Vous m'en voyez navré, mais souhaitez-vous que je lui fasse parvenir un message ou que je lui redonne ce que vous avez à lui rendre ?

- Non merci, ça ne sera pas nécessaire, je repasserais avec ma fille. Passez une bonne journée.

- Vous aussi messieurs.

Et sur ce il referma la porte. J'ignorais exactement qui il était mais il m'était déjà beaucoup plus sympathique que son employeur, ce qui n'était pas réellement très difficile. Finalement, nous avions été sans doute trop présomptueux en débarquant ici et pensant trouver Nicole. C'est donc bredouilles que nous fîmes marche arrière pour regagner la voiture que nous avions laissée devant le portail. Mais en route, j'eus l'impression d'entendre du bruit.

- Les gars on dirait qu'il y a quelqu'un.

- Castle arrête de nous jouer les Jeanne d'Arc, me rabroua Esposito.

Je ne relevais pas cette pointe d'agressivité, nous étions tous tendus par cette affaire et chacun se libérait comme il le pouvait. Javier était très attaché à Kate, inutile d'avoir un diplôme de psychologie pour savoir ça. Mais son côté viril l'empêchait souvent de mettre des mots sur ses sentiments. Heureusement, il n'était pas seul dans cette épreuve et avait pu compter sur Lanie pour l'épauler. Dans ces moments-là, nos proches étaient de véritables sauveurs.

Mais soudainement le bruit que j'avais perçu se répéta et se fit plus net. Cette fois-ci le latino sembla y prêter attention et tous trois cherchâmes à identifier sa provenance. Après cinq minutes de recherche, nous nous retrouvâmes devant un soupirail de la maison, donnant probablement accès aux sous-sols. En nous approchant, le bruit s'était fait beaucoup plus distinct et nous avions pu authentifier une voix humaine. Je m'étais mis à plat ventre devant les barreaux et signalais notre présente à notre mystérieux interlocuteur.

- Il y a quelqu'un ici?

- Monsieur Castle? Interrogea une petite voix.

- Oui. Nicole?

- Oui c'est moi.

Son ton soulagé me fit réagir.

- Mais que fais-tu ici?

- Mon père m'a enfermé quand il a appris que j'étais venue voir le lieutenant Beckett au poste.

- L'enfoiré, dis-je les dents serrées. Ecoute Nicole, on va te sortir de là. Ne t'inquiète pas.

Je me relevais pour faire un compte rendu aux gars qui avaient déjà tout saisi. Espo partit en courant jusqu'à la voiture pour aller chercher du matériel. Il ne fallait pas que nous perdions du temps et secourir Nicole était notre priorité du moment. Avec les outils ramenés de la voiture, nous entreprîmes de scier les barreaux. Cela n'était pas de tout repos, mais étant trois nous pouvions tout à fait nous relayer dans la tâche. Moins de vingt minutes plus tard, nous avions accès au sous-sol. Ryan et Esposito se baissèrent pour tendre leurs mains à Nicole afin de la sortir de là. Nous ne lui laissâmes pas trop le temps de se familiariser avec la lumière du jour et courûmes vers la voiture. Il fallait quitter la propriété au plus vite et aller la mettre en sécurité. Ce n'est qu'une fois que la voiture fut retournée sur la route principale que la tension se libéra un peu. C'est la jeune adolescente qui prit la parole en premier :

- Monsieur Castle, que faites-vous là? Il est arrivé quelque chose au lieutenant Beckett?

- Oui Nicole, elle a disparu depuis cinq jours maintenant.

- Oh mon Dieu, non.

Elle semblait littéralement effondrée d'apprendre ceci me confirmant une nouvelle fois que même si les gênes étaient souvent puissants on n'était pas inévitablement comme nos géniteurs.

- On s'est dits que peut être tu pourrais nous aider à la retrouver.

- J'aimerai tellement, mais mon père m'a enfermé dans la cave. Il était très en colère que je sois venue vous trouver. Mais si je peux faire quelque chose pour vous, vous pouvez compter sur moi.

- Merci Nicole. D'abord, on va te mettre en lieu sûr et puis tu vas prendre une bonne douche et manger un bon repas.

Elle acquiesça tout en souriant. Ryan qui conduisait la voiture nous ramena au loft où nous retrouvâmes Johanna. J'avais sorti des affaires appartenant à Alexis pour que Nicole puisse se changer après s'être lavée. Entre temps je lui avais préparé un repas car elle semblait ne pas avoir mangé depuis plusieurs jours. Je ne pouvais concevoir le fait que des parents puissent traiter leur enfant de la sorte. Elle dévora le plat sous nos regards attendris. Même si pour le moment Kate restait disparue, nous avions pu sauver une vie aujourd'hui. Quand elle eut finit elle demanda :

- Alors qu'allons-nous faire?

- Pour le moment Lanie, dis-je en désignant la jeune femme, va t'ausculter pour voir si tout va bien pour toi et après nous verrons quelles sont nos prochaines étapes.

- Mais je vais bien, protesta-t-elle.

- Pas de mais qui vaille jeune fille, tu viens avec moi, dit Lanie autoritaire.

Elle alla donc avec Nicole à l'étage afin d'avoir le plus d'intimité possible. Pendant ce temps-là nous étions dans le salon en train de réfléchir à notre prochaine tentative. Vingt minutes plus tard Lanie et Nicole nous rejoignirent dans le salon et je n'eus besoin que d'un signe de tête pour comprendre que tout allait bien pour la jeune fille. J'étais rassuré.

Nous passâmes l'heure qui suivit à lui raconter les grandes lignes de l'histoire qui unissait Beckett mère et fille à son père. Alors que je ne pensais pas cela possible elle sembla manifester encore plus de ressentiment envers son paternel. Alors que nous réfléchissions maintenant tous les six au stratagème, Nicole s'éclaircit la gorge avant de dire :

- Je pourrais très bien lui envoyer un message en lui disant que s'il ne se présentait pas seul alors j'irai tout dire à la presse. A l'heure qu'il est il ne devrait pas tarder à s'apercevoir de mon absence et je parie que ça va le mettre sérieusement en rogne.

- C'est une brillante idée cela, dis-je retrouvant soudainement l'espoir que j'avais un peu perdu.

- Attendons demain matin qu'il ait bien pris connaissance de ta disparition avant de nous manifester, suggéra Espo.

- En attendant il faut aller acheter un téléphone prépayé. Ils sont intraçables, si jamais ton père se décidait à tenter de te retrouver, intervint Johanna qui fixait discrètement la fille de son pire ennemi depuis le début.

- Et décider d'un endroit où peut se faire la rencontre. Il doit déjà savoir que Castle habite ici et il se méfierait trop, dit Ryan avec justesse.

- Oui mais où? Fis-je en ayant une pointe de tristesse à l'idée que notre plan ne soit pas si parfait que nous l'imaginions.

Mais la mère de ma fiancée me fit retrouver l'espoir.

- La ruelle où il pense que je suis morte, lâcha Johanna avec un petit sourire.

Son désir de vengeance était plus que manifeste. Et si elle n'avait pas insisté pour faire partie de notre convoi tout à l'heure, je savais qu'il serait difficile de la convaincre concernant la rencontre avec Bracken. Elle avait probablement attendu un instant comme celui-ci depuis ce jour là. C'est euphoriques que les gars allèrent acheter un téléphone prépayé pour que Nicole envoie son message le lendemain. Nous dînâmes ce soir tous au loft. Nicole resta avec Johanna et moi, empruntant la chambre d'Alexis.

Au petit matin, les gars et Lanie étaient de retour pour prendre le petit déjeuner. Ils avaient apporté plein de viennoiseries pour notre réunion du matin. Après les avoir dégusté autour de boissons nous décidâmes du texte qu'allait envoyer Nicole à son père. Une fois ceci fait, nous restâmes tous dans le silence et l'attente. La réponse ne tarda pas à arriver, Bracken avait mordu à l'hameçon et serait dans la ruelle ce soir à 22h30.

Grâce à Nicole, nous en avions appris beaucoup plus sur notre ennemi. Notamment le fait qu'il ne faisait pas appel aux hommes de son équipe pour les affaires plus personnelles. C'était une très bonne chose pour nous. De toute façon, Nicole avait bien précisé qu'il devait venir seul. Mais ce n'était pas elle qui se présenterait au rendez-vous.

Toute la journée se déroula avec l'élaboration de notre plan et quand vint le soir, Nicole resta au loft avec les gars et Lanie, pendant que Johanna et moi allions au rendez-vous. Par sécurité j'avais récupéré dans mon bureau avant de partir le glock appartenant à Kate. Nous avions un peu d'avance sur les lieux, mais cela nous laissa le temps de nous installer. A 22h28 une voiture approcha et se stationna non loin de là où nous étions. Je vis un homme en sortir et venir vers nous. J'attendais qu'il s'arrête pour sortir du renfoncement dans lequel nous nous étions mis.

- Allez Nicole petite garce sors de ta cachette.

Pas étonnant que sa fille ait autant de ressentiment à son égard. Cet homme était décidément dépourvu de cœur. Seul le pouvoir semblait capable de le faire jouir, mais je me promettais de tout mettre en œuvre afin qu'il ne connaisse pas ce bonheur prochainement. Alors qu'il s'était immobilisé dans la ruelle, je sortais de ma cachette :

- Où est Kate?

- Monsieur Castle! fit-il d'une voix arrogante qui m'insupportait. Quel plaisir de vous revoir.

- Gardez vos balivernes pour vous Bracken, où est Kate? Je retiens Nicole.

- Gardez-là je n'en ai rien à faire lâcha-t-il d'un ton complètement détaché. Mais je ne savais pas que vous faisiez dans les mineures Monsieur Castle. Décidément la disparition de votre amie vous a réellement désorienté.

La ruelle était très sombre, mais je pouvais deviner un sourire dominateur et narquois sur ses lèvres. Je n'avais qu'une envie, c'était de lui faire ravaler son carnet de naissance. Mais pour le moment j'essayais tant bien que mal de garder le contrôle sur moi, même si c'est de la rage qui coulait dans mes veines en ce moment.

- Je dois reconnaître que vous avez été rusé Monsieur Castle. Vous servir de ma fille pour me faire venir ici dans cette ruelle sordide. Mais je dois avouer que j'aime votre sens de l'histoire. Me donner rendez-vous à l'endroit où s'est éteinte la mère de votre petite amie. Si j'étais romantique je serai charmé.

- C'est ce que vous pensez Bracken, dit Johanna en sortant de sa cachette avec j'en étais sûr un contentement extrême.

Trop pris dans ma conversation avec cette ordure je ne l'avais pas entendu approcher. Le visage de notre interlocuteur sembla se tordre de stupéfaction en comprenant qui lui avait parlé il y a quelques secondes.

- Vous mais comment est-ce possible? Je vous croyais...?

- Morte, finit-elle. Croyez-moi cela aurait été préférable pour vous Bracken.

- Allez Bracken, où avez-vous caché Kate? Repris-je de plus en plus furieux d'attendre après lui.

Se remettant de sa surprise momentanément il fixa de nouveau son regard d'acier sur moi.

- Vous ne la trouverez que quand je l'aurai décidé Monsieur Castle. J'apprécie sa compagnie vous savez.

Malgré l'obscurité je le vis se saisir d'un objet que je devinais être une arme. Souhaitant endormir ma vigilance il continua.

- C'est un joli petit lot que vous avez là. En tout cas elle est aussi déchaînée au lit que pour la justice, finit-il par un rire moqueur.

C'en était trop je ne pouvais pas entendre ce salopard ternir l'image de ma déesse. De rage j'extirpais le glock de ma ceinture et faisais feu sans réfléchir plus de quelques secondes. Il s'écroulait dans les secondes suivant la détonation et c'est à cet instant que je repris mon souffle. Aussitôt Johanna et moi nous précipitâmes vers lui, son corps était inerte.
C'est soudainement que je m'effondrais, les répercussions de mon acte me frappant de plein fouet et la gravité de mon geste sonnant à mes oreilles. Ainsi, je m'avachissais littéralement à côté de lui, prenant ma tête dans les mains et pleurant à chaudes larmes. C'est la main de Johanna sur mon bras qui me força à me sortir de la torpeur dans laquelle j'étais plongé.

- Mais qu'est-ce que j'ai fait? Gémis-je faiblement malgré les larmes qui m'envahissaient.

- Ca va aller Richard, ça va aller, me rassura doucement la mère de Kate.

- Mais… mais il est mort ! Comment va-t-on retrouver Kate maintenant? Je voulais seulement le blesser, et par-dessus tout le faire taire... Mais je ne voulais pas le tuer.

- Je sais Richard, mais croyez-moi j'aurai fait la même chose que vous à votre place ou si j'avais eu une arme. En plus il était armé lui aussi, donc je préfère largement que ça soit lui au sol et non vous, me parvint la voix ferme de Johanna.

Elle avait raison, si je n'avais pas fait feu je serai certainement le corps inerte dans cette rue. Ainsi, je me ressaisissais au prix de longues secondes et sortais mon téléphone pour appeler Lanie.

- Lanie, il faudrait que tu viennes. Il y a eu des coups de feu.

- Oh mon Dieu, Rick tu vas bien? Et Johanna?

- Oui on va bien tous les deux. Viens vite, fis-je en ayant peur de voir surgir des témoins non désirés.

- On arrive tout de suite.

Lanie ne nous serait pas de trop pour traiter la question du corps du Sénateur. Cela avait toujours été une blague entre nous, que le jour venu elle nous aiderait à cacher un corps, mais aujourd'hui c'était la réalité. Johanna n'avait pas beaucoup parlé depuis tout à l'heure, mais je la sentais quelque part soulagée. A partir de maintenant, elle pourrait vivre dans la lumière. Même si pour le moment nous n'avions pas encore retrouvé Kate, elle retrouvait son ancienne vie. Lanie et Esposito arrivèrent très vite. La légiste qui était aussi la meilleure amie de ma fiancée se jeta dans mes bras, probablement soulagée que ce monstre ne fasse plus partie de ce monde. Espo quant à lui me dit :

- Merci de nous en avoir débarrassé bro, si je l'avais eu dans le viseur je ne l'aurai pas raté.

Ces propos me rassuraient, aucun d'eux ne m'avaient reproché d'avoir tiré sur Bracken avant qu'il ne révèle l'endroit où il avait caché Kate. Son discours de tout à l'heure m'avait confirmé qu'elle était en vie.

- Avant de l'emmener il faudrait le fouiller dit Lanie. Javi tu peux le faire?

Son petit ami de détective s'exécuta, trouvant l'arme que Bracken était sur le point de sortir tout à l'heure. Il trouva également plusieurs trousseaux de clés. L'un appartenait sans doute à leur propriété, mais nous nous interrogeâmes sur le second. Et notre questionnement s'accentua lorsque nous vîmes quatre petites clés attachées à ce même trousseau. D'expérience, nous reconnûmes tous des clefs de menottes. Il n'était pas impossible que ce second jeu de clés ouvre les portes du lieu où Kate était retenue prisonnière. Sans rien dire il s'empara de ces clés, qui pourraient nous être utiles par la suite.

- Que fait-on de lui? demanda Esposito à Lanie.

- On va l'emmener au crématorium, c'est le moyen le plus efficace pour se débarrasser de son corps sans laisser de traces. Je connais le garde, il ne posera pas de question.

- Oui parce qu'il sera trop occupé à reluquer ta poitrine, lança Esposito visiblement agacé.

- Javier Esposito, crois-tu vraiment que ça soit le moment de me faire une crise de jalousie?

Cette mini scène de couple eut le mérite de détendre l'atmosphère et Johanna et moi nous nous regardâmes de manière complice. Une fois que les deux amoureux eurent fini leur mise au point, nous plaçâmes le corps de Bracken dans un sac mortuaire qui était dans le coffre de la voiture de Lanie et le mîmes dedans une fois rempli. Notre passage au crématorium fut rapide grâce au laisser passer de Lanie, ce qui fait qu'une heure après nous étions de retour au loft.

Une fois sur place Johanna et moi racontâmes notre rendez-vous aux autres. Nicole ne semblait pas du tout affectée par la mort de son paternel, bien au contraire même. Je m'étais gardé de relater les commentaires sarcastiques qu'il avait fait à son égard, il était inutile de blesser cette jeune fille plus qu'elle ne l'était déjà. Je parlais ensuite des clés que nous avions trouvé, sans savoir quelles portes elles ouvraient.

- Nous nous ne le savons pas, mais je connais une personne qui le sait, dit Nicole.

Nous nous retournâmes tous d'un seul mouvement vers elle. Et devant notre question à peine formulée elle poursuivit sa phrase :

- Ma mère sait tout. C'est elle la première complice de mon père.

- Mais jamais elle nous dira où est cachée Kate, dit Esposito.

- Ca dépend quels sont vos arguments, continua la jeune fille avec un petit sourire en coin.

- Vas-y continue Nicole, dis-je intéressé et pendu à ses lèvres.

Elle s'était peut être droguée, mais pour le moment les substances qu'elle avait ingérées n'avaient pas altéré ses capacités cérébrales. Et elle était au moins aussi déterminée que nous à retrouver Kate vivante. C'était comme si cette jeune fille essayait de se racheter des péchés commis par son père. Une vie ne lui suffirait pas pour cela, mais j'appréciais tout ce qu'elle faisait pour nous.

- Contrairement à mon père, ma mère a peut-être encore un peu d'humanité en elle. Si vous menacez de vous en prendre à moi, elle vous révélera où se trouve le lieutenant Beckett.

Elle était tout aussi machiavélique que son paternel, mais heureusement pour nous elle jouait dans notre camp. Son idée me paraissait brillante, c'est pourquoi l'encourageais.

- A quoi tu penses précisément?

- Nous pourrions vous et moi rendre visite à ma mère demain à la priorité. Vous me tiendrez en joue avec une arme non chargée échangeant ce qu'elle sait contre ma vie.

- Et tu penses réellement qu'elle est au courant? demanda Johanna.

- Oui aussi surprenant que cela puisse paraître mon père avait trouvé en elle une confidente. Et elle était au courant du stratagème de Washington, c'est même elle qui a plus ou moins soufflé l'idée à mon père. Donc je suis persuadée qu'elle sera au courant pour le lieu de détention.

J'entendis Esposito dire à Ryan "tu vois quand je te dis que ce sont les femmes les pires" et les deux compères ricanèrent comme des enfants. Lanie qui n'était pas de cet avis, frappa son petit ami sur le torse pour le reprendre.

Il était tard et nous avions à faire le lendemain. C'est ainsi que le loft se transforma en aire de camping sauvage. Et cette nuit je dormais profondément, ma fiancée était toujours portée disparue mais j'avais débarrassé le monde d'une belle ordure.

Le lendemain, tout le monde était sur le pont vers 9h30 et nous décidâmes de tous nous rendre à la propriété des Bracken. Ainsi, il nous serait plus facile de partir ensemble pour aller chercher Kate sans perdre le temps d'un nouveau retour au loft. Néanmoins je descendais seul d'une des voitures avec Nicole. Elle me fit emprunter un escalier extérieur qui nous permettrait d'éviter le contrôle à l'entrée. Et nous arrivâmes directement dans sa chambre. Comme convenu je la tenais en joue avec le glock de Kate que j'avais déchargé au préalable et nous nous dirigeâmes dans la maison. Comme elle l'avait suggéré la veille en élaborant le plan, sa mère était à l'étage dans un bureau. Lorsque sa fille passa la porte je vus sur ses traits l'angoisse.

- Nicole! dit-elle en se levant soudainement.

- Pas si vite vous lui dis-je en lui signifiant mon arme ayant pour effet de la faire se figer.

- Que voulez-vous? me demanda-t-elle.

- Où est Kate Beckett?

- Allez au diable.

- Je crois que vous ne m'avez pas très bien compris Madame. Vous me dîtes où se trouve Katherine Beckett et votre fille aura la vie sauve. Si vous ne coopérez pas, je serai dans l'obligation de me servir de cette arme.

Elle leva un sourcil.

- Vous ne le feriez pas. Vous n'êtes qu'un écrivain.

- Vous savez peut être qui je suis Madame, "mais vous n'avez strictement aucune idée de ce que je suis capable de faire ni jusqu'où je peux aller1". Et croyez-moi, ce n'est pas quelque chose que vous voulez savoir.

Mon ton avait du être suffisamment menaçant car elle tendit les mains vers moi, me faisant signe de baisser mon arme et me dit :

- Très bien je vais vous le dire, mais d'abord relâchez ma fille.

- Je ne crois pas que vous soyez en mesure de discuter avec moi Madame Bracken. Où est-elle?

- Dans la forêt de Yulan, dans notre cabane. Je vais vous donner les coordonnées GPS. Laissez ma fille à présent...

- Les coordonnées GPS d'abord, exigeais-je toujours aussi ferme.

Elle se saisit d'un papier sur son bureau et nota les coordonnées dessus et me le tendit. Je m'avançais tenant toujours Nicole contre moi et saisissais le papier. Voyant qu'elle avait respecté sa partie du marché je desserrais mon étreinte autour de sa fille. Nicole se tourna aussitôt vers moi et me dit avec un petit sourire :

- Je crois que je préfère venir avec vous Monsieur Castle.

Devant l'effroi de sa mère comprenant qu'elle était depuis le départ de mèche avec moi elle lui lança :

- Echec et mat, maman…

Sur ce nous quittâmes rapidement la propriété par la même porte que nous avions emprunté tout à l'heure, trop pressé pour ma part de trouver Kate. Dieu seul savait dans quel état elle pouvait être à présent. En nous voyant arriver Johanna, Lanie et les gars étaient sortis des voitures et je tendais le papier avec les coordonnées GPS à Ryan.

- Elle est dans une cabane dans la forêt de Yulan, dis-je en ouvrant la portière passager.

- Mais qu'est-ce qu'on fait encore là? s'écria Johanna en me suivant.


1 Réplique de KB à Bracken, épisode 1 saison 5.