Bonjour ou bonsoir ! La fin de cette mini-fiction approche à grands pas :-)

Encore merci Swangranger et Dame Lylith pour votre fidélité et vos reviews, ainsi qu'aux lecteurs anonymes de passage sur mon histoire ;-)

Bonne lecture !

Disclaimer : l'Univers HP ne m'appartient pas

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7. Quand la réalité nous rattrape.

La soirée avait été un véritable succès, c'était le moins que l'on puisse dire. Hermione avait serré des dizaines de mains, rencontré des tas de personnes influentes et même reçu quelques propositions d'emploi. Elle avait gardé toutes les cartes de visite qu'elle avait reçues, promettant de reprendre contact à la fin de son contrat chez Rusard Entreprises. Et surtout, il y avait eu ce baiser inoubliable avec Malfoy – d'ailleurs, elle en tremblait encore. Hermione avait hâte de le rejoindre dans son bureau pour renouveler l'expérience.

De bonne humeur, elle poussa la porte d'entrée du bâtiment le lendemain matin presque en sifflant. Les jumelles Patil se tenaient près du bureau de l'entrée, la mine sombre.

- Padma ? Parvati ? Vous en faites une tête ! Que se passe-t-il ?

Les deux jeunes femmes se regardèrent, profondément embêtées.

- Tu n'es pas au courant, Hermione ? lui demanda Parvati, en se mordant la lèvre.

- Au courant de quoi ?

Padma saisit un journal sur le bureau et le lui tendit.

- Tous les journaux de ce matin ne parlent que de ça, murmura-t-elle.

Mais Hermione ne l'entendit pas, trop absorbée dans sa lecture.

« SCANDALE CHEZ LES MALFOY : LUCIUS EMPLOIE DE JEUNES ESCLAVES EN ASIE.

Draco cachait-il les sombres secrets de son père ? »

- Il y en a un tas d'autres dans le même genre, précisa Parvati.

- Il faut que je voie Malfoy, tout de suite, déclara Hermione en voulant s'en aller, mais les jumelles la suivirent dans le couloir.

- Mais... il n'est plus là, Hermione, murmura Padma. Il est parti.

La brune stoppa net.

- Quoi ?!

- Draco a donné sa démission ce matin-même. Mr Rusard lui avait pourtant dit qu'il se fichait de ces mensonges, mais il n'a rien voulu entendre.

- Il est... parti ? répéta Hermione, hébétée.

- Nous sommes vraiment désolées, Hermione.

- Il est parti, dit à nouveau la jeune femme d'une voix faible, avant de laisser les jumelles et de courir se réfugier dans son propre bureau.

Lorsqu'elle fut à l'abri des regards indiscrets, la porte bien fermée à clé, la jeune femme s'autorisa à verser une larme de colère. Draco avait tout quitté sans la prévenir alors qu'ils avaient été si proches, la veille, pendant la soirée. Comment avait-il pu faire une chose pareille ? Et pourquoi ne l'avait-il pas prévenue ?

Avec répugnance, elle alluma son ordinateur portable et consulta en ligne la version numérique des principaux journaux londoniens : ils affichaient tous à la une, sans exception, le scandale qui venait d'entacher la réputation de la famille Malfoy. Hermione poussa une exclamation lorsqu'elle vit sur son écran la photo de Draco et elle au restaurant, qui avait été prise par le paparazzi, juste avant l'incendie.

« Malfoy Jr et sa dernière conquête, Hermione Granger », disait la légende sous la photo.

Furieuse, elle tapa rageusement du poing sur le bureau, avant de se ressaisir.

- Arrête de t'apitoyer sur ton sort, s'ordonna-t-elle. Malfoy a peut-être agi comme un crétin en prenant la fuite sans te prévenir, mais il a besoin de ton aide !

En dépit de la situation catastrophique, elle ne put s'empêcher de sourire : elle continuait à l'appeler « Malfoy ». Malgré leur baiser. Malgré leur nouvelle complicité. Malgré leur intimité de la veille. Hermione se promit de l'appeler dorénavant par son prénom. Enfin, quand elle aurait réussi à lui mettre la main dessus, car elle n'avait pas son numéro de téléphone et elle n'osait pas se présenter à son appartement sans l'appeler avant.

- Je ne te laisserai pas tomber, Draco, murmura-t-elle avec conviction tout en composant un message sur son téléphone portable. On ne se débarrasse pas d'Hermione Granger aussi facilement !

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- Si j'avais su que tes mains étaient aussi douces, je t'aurais épousée avant, soupira Blaise avec une satisfaction non dissimulée.

- Alors il n'y a que mon corps qui t'intéresse ? répondit Ginny, un sourcil relevé.

Elle était assise sur le lit, à califourchon sur le dos de son « mari », et elle le massait avec de l'huile pour le corps.

- Ne dis pas n'importe quoi, rigola le jeune homme.

Tout en parlant, il s'était rapidement retourné pour se retrouver sous elle, face à face.

- Tu es aussi tellement drôle et intelligente.

Lentement, il glissa le bras autour de la jeune femme pour l'attirer vers lui, puis il l'embrassa.

- Tu ne crois pas qu'on devrait... dire la vérité à Hermione et Draco ? murmura Ginny. Cette situation me met mal à l'aise.

- Moi, ce qui me met mal à l'aise, c'est que tu évoques nos meilleurs amis alors qu'on est pratiquement nus... quoique non, en fait, un plan à quatre ne serait pas pour me déplaire... aie ! Je plaisante !

Sa chère « épouse » venait de l'assommer avec un énorme oreiller.

- Je pense qu'Hermione se doute de quelque chose, expliqua la rousse. Elle n'arrête pas de me lancer de drôles de regards, comme si elle savait que je ressentais quelque chose pour toi. Et comme nous avons décidé de rester discrets pour le moment, je crois qu'elle pense que mes sentiments sont à sens unique et qu'elle a peur que tu me fasses du mal.

- Vous, les filles, vous avez une sacré imagination, répondit Blaise en l'embrassant dans le cou.

- Arrête, je suis sérieuse, je... Mmmm.

- Tu disais ? demande-t-il sans cesser de l'embrasser, cette fois près de l'oreille.

- Continue... je... mmmm... je disais que... on devrait... tout leur... tout leur dire.

Blaise redevint alors sérieux.

- Si tu veux qu'on leur annonce qu'on est vraiment ensemble, alors on le fera, déclara-t-il, mais je te rappelle que c'était ton idée, toute cette comédie.

- Je sais.

- Tu avais peur qu'ils pensent que notre relation mettrait toute la campagne en péril...

- Je sais, répéta-t-elle. Mais j'en ai assez de devoir me cacher et de mentir à tout le monde.

- Forcément, quand on sort avec un type qui a mon physique, on a envie que ça se sache, plaisanta-t-il en lui faisant un clin d'oeil.

- Les gens pensent que nous sommes mariés, lui rappela-t-elle. Ils savent déjà que je suis celle qui à su « enchaîner l'indomptable », récita-t-elle, répétant ce qu'elle avait lu dans un des journaux qui avaient commenté leur mariage.

- Montre-moi comment tu me domptes, la provoqua Blaise, un sourire charmeur sur les lèvres.

Ginny s'apprêtait à répondre lorsque son téléphone portable sonna.

- Non, ne réponds pas, bouda Blaise comme elle se levait du lit.

- C'est peut-être important, répondit-elle, avant de froncer les sourcils. C'est un message d'Hermione, elle me demande le numéro de Draco, elle dit que c'est urgent.

Il poussa une exclamation faussement choquée.

- Nous cacheraient-ils quelque chose, eux-aussi ?

- Arrête, ce n'est pas drôle. Je vais appeler Hermione.

- Mais Gin', on était sur le point de...

- De rien du tout, on l'a déjà fait quatre fois, aujourd'hui !

- Justement, ma moyenne est en train de chuter à cause de toi !

Elle leva les yeux au ciel.

- Très bien, laisse-moi passer cet appel et ensuite, je suis toute à toi.

Blaise lui lança un regard brûlant, avant de se lever et de quitter la chambre pour la laisser discuter tranquillement avec son amie.

- J'y compte bien, répondit-il lorsqu'il fut sur le seuil de la porte, avant de lui faire un clin d'œil.

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- Merci de m'avoir proposé de passer, lança Hermione en entrant dans la grande maison de Blaise. Je crois que je vais devenir folle !

- Relax, tout va bien, Hermione. La soirée a été un succès non ?

- Hey, Hermione, ça va ? l'interrompit Blaise. Ne restez pas là, mesdemoiselles, je suis en train de vous préparer des cocktails dans le salon.

- J'aurais bien besoin d'un verre, admit-elle en suivant le jeune couple jusqu'au salon.

- Que se passe-t-il ? Pourquoi voulais-tu le numéro de Malf... de Draco ? se reprit Ginny.

- Regardez ce que j'ai trouvé en venant.

Hermione leur tendit un journal.

- Le Terrier ? renifla Blaise avec mépris. Qui lit encore ce torchon ?

Sa « femme » lui lança un regard noir.

- Je te rappelle que mon frère travaille pour ce « torchon ».

- Désolé, grimaça-t-il, j'avais oublié.

- Regarde le nom sous l'article, précisa Hermione à voix basse.

La rousse resta muette après la lecture du passage qu'elle venait de lui montrer.

- Je vais le tuer, Hermione ! Je te le jure !

- Quoi, encore ? intervint Blaise en attrapant le journal.

Quelques secondes plus tard, son expression était la même que celle de sa femme.

« LE VRAI VISAGE DES MALFOY ENFIN REVELE AU GRAND JOUR !

Dossier spécial Draco Malfoy : sur les traces d'un père esclavagiste

Par Ron Weasley »

- Il y en a encore plein d'autres, expliqua Hermione d'un ton las. C'est à la une de tous les journaux de ce matin.

- Je ne pensais pas que mon frère tomberait si bas, dit sombrement Ginny, qui se sentit soudain prise de compassion pour Draco. Répéter ce genre de calomnies juste pour l'argent, c'est dégueulasse !

- Tout n'est pas faux : Lucius emploie effectivement de très jeunes enfants en Asie en les payant une misère. C'est Draco qui me l'avait dit, expliqua-t-elle, en réponse à leur interrogation muette.

- Pourquoi voulais-tu son numéro ? demanda soudain son amie. Tu ne l'as pas vu au bureau, ce matin ?

Hermione les regarda l'un après l'autre.

- Il... il a donné sa démission, avoua-t-elle d'une voix faible.

- Quoi ? C'est pas possible, Drake ne ferait jamais...

Sa « femme » posa la main sur son bras pour le faire taire : Hermione était au bord des larmes.

- Je suis bête, j'ai oublié les glaçons ! s'écria-t-il soudain. Je vais en chercher, je reviens.

D'un signe de tête, Ginny le remercia de leur laisser un peu d'intimité entre filles.

- Hermione, ça va ?

Elle secoua la tête, les lèvres, tremblantes, avant d'éclater en sanglots.

- Allez, Hermione, tout va s'arranger, murmura la rousse en serrant son amie dans ses bras.

- Il est parti, Gin' ! Il aurait pu se débrouiller pour avoir mon numéro s'il voulait me joindre... il n'avait plus envie de me revoir, il est passé à autre chose !

- Voyons, ne te mets pas dans des états pareils ! Je suis sure qu'il est encore trop bouleversé par cette histoire. Malfoy reviendra, ce n'est pas son genre de prendre la fuite.

Mais Hermione s'entêta.

- Il est parti sans me dire au revoir, il se fiche de... de mon amitié, répondit-elle en frottant les yeux avec son mouchoir.

La rousse lui lança un regard pénétrant.

- Tu tenais tant que ça à lui ? demanda-t-elle à voix basse.

Les épaules d'Hermione se figèrent.

- Je ne... je ne tiens pas à lui, c'est juste que... je comptais sur lui pour la campagne ! s'exclama-t-elle, espérant que Ginny tombe dans le panneau, mais celle-ci n'était pas dupe.

- On va le faire changer d'avis, lui promit gentiment son amie en lui tapotant sur le bras.

- Mais je ne veux pas le faire changer d'avis ! la contredit Hermione. Et je ne vais pas non plus lui imposer mon amitié, puisqu'il n'en veut plus. Tant pis, qu'il aille se faire voir !

Son amour-propre était en train de prendre le pas sur sa tristesse : c'était plus facile d'en vouloir à Malfoy pour son abandon, que de ressentir la douleur de son absence.

- Hermione...

- Je voulais également vous prévenir que Rusard est à la recherche d'un remplaçant, du moins pour cette campagne de pub-ci, poursuivit son amie, imperturbable.

- Déjà ?!

- Rusard ne peut pas se permettre d'attendre, il a investi énormément d'argent dans cette campagne.

La brune jeta un bref coup d'oeil à Zabini, qui revenait avec des glaçons.

- Si vous voulez vraiment me rendre service, essayez de faire en sorte que votre mariage soit crédible : nous avons déjà assez de problèmes avec le scandale Malfoy.

Hermione était remontée à bloc et retrouvait déjà son entrain habituel.

- Tu sais, nous..., commença son amie, mais Blaise la coupa.

- Nous jouerons le jeu, tu peux compter sur Ginny et moi.

- Merci beaucoup, ça me fait plaisir de pouvoir compter sur vous deux... tout le monde n'a pas oublié ses responsabilités professionnelles, ça fait plaisir, déclara-t-elle avec amertume.

- Hermione...

- Est-ce que tu veux toujours son numéro ? intervint Blaise.

- Oui... merci, répondit Hermione après avoir enregistré le numéro dans les contacts de son téléphone portable.

- Tu vas l'appeler ? l'interrogea Ginny avec intérêt.

- Je ne sais pas encore, mais je me sens déjà beaucoup mieux. Merci, Ginny. Salut, Blaise. Ne me raccompagnez pas, je connais la sortie.

Et elle s'éclipsa aussi rapidement qu'elle était venue, tandis que le couple échangea un coup d'oeil entendu.

- Je crois, dit lentement Ginny, que le moment est venu de rendre une petite visite à ton ami Malfoy.

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Alors qu'il lui avait semblé vivre un rêve la veille lorsqu'il dansait avec Hermione, puis lorsqu'ils s'étaient embrassés et avaient presque couché ensemble, la journée du lendemain était en train de tourner au cauchemar pour Draco Malfoy. Tous les journaux du pays affichaient à la une les choquantes révélations dont son père faisait l'objet. Dans la plupart de ces articles, il était traîné dans la boue au même titre que son père. On l'accusait de complicité, dans le meilleur des cas, voire même d'être à l'origine des scandaleuses pratiques de Malfoy Senior et de l'avoir dénoncé pour voler sa place de PDG au sein de la MalCorp. Pire encore, Hermione était mêlée au scandale car elle était désignée comme sa « dernière conquête ».

La première réaction de Draco avait été de démissionner. Rusard n'avait pas voulu en entendre parler car il n'accordait aucun crédit aux racontars des journalistes, mais le jeune homme avait insisté, lui tendant fermement sa lettre de démission.

Draco n'avait pas voulu entrainer qui que ce soit dans sa chute, ni son patron, ni Hermione. C'est pour cette raison qu'il avait du faire un effort surhumain pour ignorer la jeune femme et faire en sorte qu'elle le déteste, pour son propre bien. Les journaux à scandale pouvaient être blessants, et il était hors de question que ses problèmes rejaillissent sur Hermione !

Le plan de Draco suivait son cours, mais il ne tarda pas à être perturbé par un coup de sonnette impromptu à sa porte.

- Blaise ? s'étonna-t-il en voyant son ami à la porte de son appartement ? Et Weas... Ginny ? se reprit-il.

Son expression s'assombrit.

- Vous avez lu les journaux, pas vrai ?

Blaise soupira, tandis qu'il forçait le passage pour entrer dans l'appartement, sa main serrée dans celle de Ginny.

- Tu as vraiment foiré, mec, prévint-il son ami, sans se soucier de son air réprobateur.

Comprenant qu'il n'arriverait pas à se débarrasser de Blaise avant que celui-ci ne lui ai dit ce qu'il avait à lui dire, Draco ferma la porte et invita les deux indésirables à le suivre jusqu'au salon.

- Ecoute, commença le blond, je te remercie de t'inquiéter pour moi mais...

- Est-ce que tu te rends compte du mal que tu fais à Hermione ? lui demanda brusquement Ginny, lui coupant la parole au passage.

Les yeux de Draco s'élargirent, et il rougit.

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.

- Je suis certaine du contraire !

- Blaise, est-ce que tu peux me dire à quoi rime tout cela ?

Ginny lança au blond un regard indigné, furieuse qu'il l'ignore.

- Drake, on fait tout cela pour toi, fais-nous confiance.

- Le mariage t'a complètement retourné le cerveau, ma parole ! s'énerva Draco. Je n'ai pas blessé Granger, pour la bonne et simple raison que nous n'étions que de simples collègues de bureau ! J'ai démissionné, nous ne sommes donc plus collègues, point barre !

- Mais...

- Il n'y a pas de mais ! Tout est très clair ! Alors si ta charmante femme et toi n'avez rien d'autre à me dire, vous connaissez la sortie !

Impassible, Zabini se leva et quitta la pièce sans même dire au revoir à son ami.

- Tu sais, murmura Ginny en se levant, je n'ai jamais compris comment Hermione te supportait. Pour moi, tu étais toujours cet insupportable gamin capricieux qui n'en fait qu'à sa tête. J'ai voulu croire que tu avais changé, parce qu'Hermione semblait t'avoir donné une seconde chance, mais tu ne la méritais pas !

Sans rien ajouter d'autre, la rousse laissa Malfoy seul et partit rejoindre Blaise près de la porte d'entrée.

- Cela lui passera, Gin', je le connais, prédit Blaise, mais sa fausse épouse secoua vivement la tête.

- Hermione ne l'attendra pas, et elle aurait tort de le faire. Malfoy a tout gâché !

Il l'embrassa sur le front.

- Je sais, Gin'. Allez viens, on rentre à la maison. Nous n'avons plus rien à faire ici, murmura-t-il, avant de refermer la porte en silence.

De l'autre côté du mur, Draco regardait le fond de son verre, indécis : avait-il fait une erreur en ignorant subitement Hermione ? Ou s'agissait-il de la meilleure chose à faire, même si c'était difficile ? Sans s'en rendre compte, il sombra dans le sommeil, avait d'être réveillé un peu plus tard par un coup de sonnette

- Non mais c'est pas vrai ! s'exclama-t-il tout haut, avant d'aller ouvrir. On ne peut plus déprimer en paix ?!

- Bonjour, Draco. Est-ce que je peux entrer ?

- Pansy ?!

- Tu as une mine épouvantable, déclara-t-elle brusquement en le repoussant vers l'intérieur. Viens, allons discuter dans le salon.

- Pansy, aux dernières nouvelles, nous sommes dans MON appartement, non ?

- Il faut bien que quelqu'un se bouge les fesses ! répliqua-t-elle en se servant un verre de vodka. On dirait quelqu'un qui n'aurait pas dormi une nuit complète depuis des mois, et qui aurait zappé la douche quotidienne par la même occasion !

- Tu exagères, Pans', je me suis lavé hier... et je dormais, avant que tu ne me réveilles !

- En tout cas, quelque chose te perturbe, c'est certain ! Tu ressembles à un zombie ! Ne me dis pas que c'est à cause de ces stupides journaux ?!

- Fiche-moi la paix, Pansy, je n'ai pas envie d'en parler !

- Et moi je te dis que nous allons en parler !

- Non ! Si j'ai envoyé Blaise sur les roses, je ne vois pas pourquoi tu ne subirais pas le même traitement !

- Parce que je suis une fille.

- Je ne vois pas en quoi cela change quelque chose...

- En tant que fille, je suis mieux placée que lui pour donner des conseils sentimentaux, crois-moi...

Les joues de Draco se colorèrent.

- Quels conseils sentimentaux ?

Pansy eut un sourire en coin.

- Draco, ne me prends pas pour une imbécile ! Je sais que tu souffres de ne plus parler à Hermione, et c'est pareil de son côté.

Il lui jeta un regard surpris.

- Comment sais-tu ce qu'Hermione ressent ?

- Je te le dirai si tu promets de répondre à mes questions ensuite...

- Pansy !

- ¨Promets-moi, Draco...

- D'accord, c'est bon, je répondrai à tes foutues questions, grommela-t-il. Tu m'expliques, maintenant ?

Elle acquiesça mais prit son temps pour lui répondre, désireuse de ménager ses effets.

- Je sais de source sure qu'Hermione est dévastée par ce qu'il t'arrive.

- Mais encore...

- Hé bien elle a... elle a appelé Potter ce matin, car elle était furieuse contre Weasley à cause de l'article qu'il a écrit sur toi.

- Lui ou un autre... ce n'est qu'un article parmi des dizaines d'autres, répondit Draco en haussant les épaules.

- Mais tu ne comprends donc rien, espèce d'imbécile ! s'énerva Pansy ! Hermione t'aime, et tout ce qui te touche l'atteint également ! Il parait qu'elle a passé un de ces savons à Weasley... j'aurais bien aimé être une petite souris pour voir ça !

La suite de son discours n'atteignit même pas les oreilles de Malfoy : tout ce qu'il avait retenu, c'était son « Hermione t'aime ». Il devait absolument savoir comment Pansy l'avait appris, et si elle était certaine que c'était bien la vérité.

- Qui t'a raconté tout ça ?

- Quoi ?!

- Le coup de téléphone à Potter, les sentiments d'Hermione,... qui est ton informateur ?

Les joues de la jeune femme virèrent au cramoisi.

- Cela n'a pas d'importance, Draco ! Ce qui compte, c'est que tu ailles voir Hermione, tout de suite !

- Sans avoir la certitude que ce ne sont pas des salades, je ne ferai rien du tout.

- Ce que les hommes peuvent être butés, rumina-t-elle. C'est Harry qui m'a raconté tout ça, puisque tu veux tout savoir !

- Potter ? Depuis quand te confie-t-il des choses aussi personnelles ? Et pourquoi l'as-tu appelé par son prénom ? lui demanda-t-il, avant que la lumière ne se fasse dans son esprit. Toi... et Potter ?!

- Pas la peine d'en faire tout un plat, répondit Pansy, sur la défensive. Toi, et Granger ? ajouta-t-elle sur le même ton.

- Je n'ai rien dit, ça va, je me tais, répliqua Draco.

Il se rua ensuite vers la porte, avant de faire demi-tour et de plaquer un baiser sonore sur la joue de sa meilleure amie.

- C'était pour quoi, ça ?

- Pour te remercier de me forcer à voir la vérité en face, même quand j'agis comme un crétin.

Elle lui adressa un sourire ravi.

- Allez Romeo, ne perds pas de temps, vas-y !

Et, sans se soucier de son apparence négligée, ni du fait qu'il n'avait préparé ni discours d'excuse ni bouquet de fleurs, Draco partit à la recherche d'Hermione, prêt à tout pour qu'elle lui pardonne.

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- Malfoy ? s'exclama Neville après avoir ouvert la porte, stupéfait. Qu'est-ce que tu fais chez moi ? Et pourquoi fais-tu une tête pareille ?

- Salut Londubat, désolé mais il faut absolument que je retrouve Hermione, expliqua-t-il en entrant comme une furie, repoussant le pompier sur le côté pour pénétrer dans son appartement.

- Hermione ? répéta Neville, les sourcils froncés.

- Elle n'est pas là, Draco, dit Luna, qui venait de les rejoindre dans le salon.

- S'il te plait, Luna, dis-moi où elle est.

La blonde sembla hésiter, mais elle finit par céder : son amie lui avait semblé trop malheureuse avant son départ pour ne pas tenter de recoller les morceaux entre eux.

- Hermione est partie chez ses parents, elle a obtenu quelques jours de congé.

- Merci, Luna. Merci beaucoup.

Alors qu'il s'en allait, elle l'interpella.

- Mais... où vas-tu ?

- Chez ses parents, à Hampstead.

Luna sourit doucement, notant qu'il avait retenu son ancienne adresse.

- Ses parents ont déménagé il y a quelques années. Ils vivent à présent à Leeds.

- Tiens, écris-moi son adresse sur ce bout de papier, s'il te plait.

- Mais Draco, c'est à presque quatre heures de voiture !

- ça n'a aucune importance !

- Si Hermione refuse de te voir, tu auras parcouru tout ce chemin pour rien !

- Je m'en fiche, l'important, c'est que je fasse tout pour qu'elle me pardonne.

La jeune femme soupira, inscrivit l'adresse demandée, et lui tendit le morceau de papier.

- J'espère que tu obtiendras ce que tu veux, Draco. Bonne chance

- Merci, Luna. Neville, ajouta-t-il en saluant le jeune homme, qui le regarda, éberlué.

- Depuis quand Malfoy est-il devenu aussi civilisé à notre égard ? demanda-t-il à sa petite amie en refermant la porte.

Un éclair de malice apparut sur le visage de Luna.

- Depuis qu'une certaine personne aux cheveux châtains lui a complètement retourné l'esprit, répondit-elle en souriant.