Réponses aux commentaires

Melior : Oui, je pense aussi qu'elle a dû avoir un sacré choc, en effet. surtout si l'on prend en compte l'étendue de sa rancoeur envers notre prince des forêts. Je te remercie de ton commentaire, Melior, et t'invite à lire se chapitre afin d'avoir la réponse à ton autre déclaration au sujet de l'entrevue avec les loups. A très bientôt.

Titbrune89 : Oui, j'ai cru comprendre que peu de fictions voyaient le personnage principal partir avec Merry et Pippin, mais je devais avour que, puisque l'on connaissait pratiquement tout ce qui se passait du côté des autres compagnons, il m'a parut plus intéressant de décrire les aventures d'Arya dans la forêt de Fangorn. Cela change et on ne retrouve pas la description du film sur tout un chapitre que l'on connaît déjà. Bref, je trouvais cela beaucoup plus accrocheur.

Quant à l'idée de la meute de loups sauvages, je me suis dit que, puisqu'il y avait des Wargs (des loups maléfiques), il devait bien y en avoir d'autres qui ne seraient pas maléfiques, histoire de contrebalancer un peu les choses. Alors je me suis mis à penser à des loups sauvages ayant élu domicile dans Fangorn. Mais attention, pas une petite meute. Une Grande avec un G majuscule. Bien évidemment, je suppose qu'il y aura d'autres meutes, c'est à voir.

Pour le passage avec Sylvebarbe, attention, je crains que tu l'ais interpréter un peu différemment que ce que je pense. Sylvebarbe n'explique en aucun cas que Legolas ait agit ainsi parce que c'était le destin. D'ailleurs, je n'ai pas donné énormément de détail sur toute la scène, mais crois moi, Legolas n'a pas agi contre Arya, bien au contraire. Tu comprendras par la suite. =) C'était un peu le but de laisser cette histoire dans le flou, mais la vérité sera bientôt découverte à ce sujet.

Pour ce qui est du romantique, je dois avouer que la fic de base était un peu trop guimauve et je m'en suis rendu compte avec horreur, je l'avoue. Le guimauve a plus tendance à m'écoeurer à présent. Alors en la réécrivant, j'ai bien fait attention à bien faire évoluer les choses petit à petit avec plus de naturel et en donnant plus de caractère et de fougue à Arya. La précédente version d'Arya était un peu fade et effacée, alors j'ai voulu une héroïne fougueuse et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds par qui que ce soit, sans pour autant la rendre invincible et totalement froide. Ce n'était pas le but, mais juste un peu sardonique sur les bords, lui donnant des opinions pas toujours justes mais qu'elle se fonde elle-même au fur et à mesure de l'histoire.

Et, tout comme toi je vais conclure ce pavé de réponse à ton commentaire en te disant que, quand j'ai vu le film pour la première fois, j'ai vraiment failli m'endormir pendant que Sylvebarbe faisait son poème. C'était juste une toute petite parenthèse sur laquelle j'ai voulu jouer dans cette histoire.

Je suis bien évidemment ravie que l'histoire te plaise jusque là, et te souhaite une bonne lecture pour ce chapitre ci.

Cecile : Je suis heureuse que l'histoire te convienne et aussi de constater que mon effort sur l'orthographe a bien été noté. xD Il est vrai qu'il n'est pas agréable de lire un texte bourré de fautes qui le rend parfois incompréhensible. Pour ma part, j'estime qu'un texte pleins de fautes est un manque de respect envers la personne qui le lit. Ce n'est que mon point de vue, certes, mais je ne suis pas sûre qu'il soit mauvais. Je te remercie donc de suivre cette histoire et te souhaite une bonne lecture pour ce chapitre là.


Et bien entendu, JOYEUX NOËL A TOUS ET BONNE FÊTES DE FIN D'ANNÉE ! =)


~Chapitre 7~

Fille des loups

La fatigue me fit perdre un peu de ma discrétion car, en faisant un pas de plus, une brindille craqua. Un subtile grognement se fit entendre dans mon dos. Du coin de l'œil, je captai un mouvement fluide et rapide. Lentement, je me retournai, consciente que le moindre geste brusque risquait de déclencher les hostilités. Après tout... on m'avait prise en chasse...

Je n'étais pas stupide, je savais que ma vie ne tenait qu'à un fil... qui risquait de céder à tout moment. La situation était donc, je ne le cache pas, critique. J'étais déjà en train de calculer mes chances d'atteindre l'arbre le plus proche et d'y grimper avant que le loup ne m'attaque. C'était rare d'ailleurs qu'ils chassent en solitaires. D'habitude c'était un travail de meute.

J'entendis un hurlement venant du nord et le loup sembla se désintéresser de moi un moment. Puis, il disparu, se dirigeant vers le nord, allant sans doute retrouver celui qui l'avait appelé. Je soupirai de soulagement. La mort avait été proche. Pour qu'un loup renonce à sa chasse, surtout quand sa proie ne pouvait s'échapper, il fallait que ce soit grave.

Je pesais un moment le pour et le contre. Devais-je le suivre, ou bien grimper dans l'arbre pour prendre un peu de repos ? Après un moment de réflexion, je décidai que, fatiguée et incapable de marcher sans faire de bruit, j'étais plus à même de me faire tuer qu'autre chose. Alors, après avoir utilisé mes dernières forces pour monter dans l'arbre et m'être bien installée dans ses branches, suffisamment haut pour ne pas être en danger, je m'endormis.

Je sus que je rêvais dés le première instant. Je voyais la meute de loup. Une louve semblait prête à mettre bas. Mais il semblait y avoir un problème. Quelque chose n'allait pas. Comme si la portée ne parvenait pas à sortir. Les hurlements des loups semblaient de plus en plus désespérés. Je sentais leur peur, leur détresse, mais je n'étais que simple spectatrice, incapable de faire quoi que ce soit. De toute façon... ils ne m'auraient jamais laissée approcher...

Je me réveillai à l'aube, prête à repartir à leur recherche. Il me fallait me diriger un peu plus au nord, si je me fiais au hurlement entendu la nuit dernière. Si ce que j'avais vu en rêve était vrai, la meute ne pourrait pas bouger. Pas tant que le louve n'aurait pas mis bas et que les petits soient capable de suivre la meute.

Je marchai donc pendant un bon moment, évitant les racines qui sortaient du sol, semblant vouloir faire un petit croche pieds ici et là. Des branches basses m'éraflaient parfois les joues, si bien que je sentis quelques gouttes poisseuses couler sur ma joue. Essuyant cette dernière, je remarquai qu'il s'agissait de gouttes de sang provenant d'un coupure au niveau de ma pommette.

Ce n'était cependant pas le moment de m'en inquiéter. J'avais une meute de loups sauvages à trouver, et peu de temps pour cela. Il me fallait me hâter. Mais surtout ne pas oublier d'être prudente. Alors, je repris ma route, essayant d'entendre le moindre son me permettant de découvrir où la meute se trouvait.

Un grognement me parvins, derrière moi. C'était la deuxième fois que je me retrouvais avec un prédateur dans mon dos. Ça devenait une habitude que je serais ravie de briser. Cela devenait malsain. Alors, avec lenteur, je me retournai pour faire face au loup qui me fixait avec un regard menaçant.

- Je viens en paix, dis-je, levant mes mains, loin de mes armes, pour montrer mes intentions pacifiques.

Qui me dis que vous n'allez pas attaquer dés que vous en aurez l'occasion, entendis-je dans ma tête.

- Je vous promets que je ne suis pas là pour vous faire du mal, répondis-je.

Le loup sembla surpris. il me regarda une nouvelle fois, cette fois avec un regard plein de suspicion, avant de me tourner autour, me rappelant une nouvelle fois que j'étais la proie, et lui le prédateur. Je m'efforçais de ne pas bouger, le laissant faire son inspection.

Comment arrives-tu à m'entendre ?

Je fronçai les sourcils. Pourquoi ne l'entendrai-je pas ?

- Y a-t-il un raison pour laquelle je devrais ne pas vous entendre ? demandai-je, perplexe.

Les mortels ont perdus leur capacité à nous comprendre...renifla-il.

- Je ne suis pas une mortelle, répondis-je en mettant en évidence mes oreilles pointues. Sylvebarbe me nomme la Dame de Fangorn, me présentai-je.

Sylvebarbe... Il vous fait confiance ?

Je sentis l'espoir dans sa voix. Faible, mais tout de même présent. Peut-être était-ce là le côté à creuser.

- Oui, avouai-je avec douceur.

Je sais qui vous êtes... fit-il en se fermant.

- Et qui suis-je ?

Vous êtes celle qui fut la disciple de Saroumane le Blanc, traître à son ordre ! cracha-t-il.

- Saroumane ne fut pas toujours ainsi, me défendis-je. Je fus son apprentie, c'est vrai. Mais je suis aussi la fille d'Elrond de Foncombe et petite-fille de la Dame de la Lothlorien.

Vous n'êtes pas la fille d'Elrond, répondit-il.

Je fronçai les sourcils, sans comprendre. Était-ce encore une autre surprise sur ma propre personne ? Je n'étais pas la fille d'Elrond ? Ça c'était un choc. Si même cela était faux, alors c'était toute mon existence qui n'était que mensonge.

- Si cela est vrai... alors qui suis-je ? lui demandai-je, sans aucune violence.

Vous semblez dépourvue d'intention funeste, conclut le loup. Que cherchez-vous ?

- Je cherche votre aide contre Saroumane et sa marque néfaste, répondis-je avec sincérité.

Vous venez au mauvais moment, et vous n'avez rien qui puisse faire pencher la balance en votre faveur. L'Alpha n'acceptera jamais de vous écouter sans aucune imprégnation...

- Alors laissez-moi au moins vous aider avec votre louve, demandai-je.

La douleur refit surface en lui, se voyant clairement dans ses grands yeux... bleus. Les seuls loups qui avaient les yeux bleus étaient les Omégas. J'avais de la chance. J'étais tombée sur un Oméga qui m'avait écouté, ce qui n'aurait pas été le cas avec un autre loup.

Comment savez vous... fit-il avant que sa voix ne se brise.

- J'ai eu une vision. J'ai sentis sa douleur et votre appel au secours. Laissez-moi vous aider... le suppliai-je.

Il me fixa un moment, dans un silence total. Avais-je échoué ? Allait-il repartir en me laissant seule, mais tout de même en vie ? Je m'obligeai à rester immobile. Mais mon expression ne pouvait être que suppliante. J'étais sûre de pouvoir sauver cette louve. Si je ne l'aidais pas, elle mourrait certainement. Il dut sans doute le comprendre.

Suivez-moi...

Il me tourna le dos, commençant à marcher en direction de leur repère. Je le suivis donc, sans mouvements brusques, pour lui montrer qu'il pouvait vraiment me faire confiance. Je sentis au bout d'un moment plusieurs paires d'yeux me lorgner comme un vulgaire bout de viande. Je me forçai à ne pas m'en préoccuper, bien que j'en frissonnai presque de la tête aux pieds.

Un loup nous tomba dessus, crocs sortis, prêt à me déchiqueter. je ne fis aucun geste défensif, sachant que cela déclencherait automatiquement un affrontement que j'essayais par dessus tout d'éviter. Je restai derrière l'Oméga qui fixa l'autre loup sans hostilité, aucune.

Laisse-nous passer Cliff, fit le loup blanc.

Tu amènes une intruse ici, Storm. Tu sais que c'est interdit... grogna l'autre.

Elle est sans doute le seul espoir de sauver la compagne de notre alpha ! fit l'autre, commençant à s'impatienter.

Le dénommer Cliff braqua ses yeux ors sur moi et me scruta pendant ce qui me sembla un temps interminable. Il renifla au bout d'un moment, mais ne sembla n'avoir rien à redire, s'écartant cependant avec méfiance.

Storm continua sa route, moi sur ses pas, et Cliff juste derrière moi, me promettant que je serais son dessert si jamais je faisais ne serait qu'un geste hostile. Autant pour la confiance. Je n'avais jamais eu autant l'impression d'être un repas sur pattes jusqu'à présent. Ce n'était pas une expérience très agréable, comme vous pouvez vous en douter. Mais je devais aller jusqu'au bout.

En chemin, plusieurs loups se joignirent à l'escorte. Ce n'était pas pour ma protection, je n'était pas assez idiote pour le croire. C'était pour être sûr que je ne menacerait personne et que si jamais je le faisais ils me réduiraient en morceau de viande en quelques secondes.

Nous arrivâmes, après une longue marche, à leur tanière qui me sembla immense, mais vu le gabarit de ces loups, cela ne m'étonnait pas vraiment. Storm s'arrêta, arrivant devant un loup encore plus imposant avec un pelage noir aux reflets bleus. Un de ses yeux était blanc opaque, ce que je devinais être causé par un coup de griffe reçu longtemps auparavant. Le loup était borgne et son œil valide était également d'une couleur or.

As-tu perdu l'esprit, Storm? s'écria ce qui me semblait être l'alpha de la meute.

Rain, elle peut sauver ta compagne, répondit-il.

Crois-tu vraiment que je vais laisser une intruse approcher ma femelle ?! fit-il en colère.

- Dans ce cas elle est perdue, soupirai-je. Si elle n'arrive pas à mettre bas, elle et la portée mourront. Laissez-moi vous venir en aide, je vous en supplie. Je ressens sa douleur...

Ce n'était pas un mensonge. Plus le temps passait, plus la douleur augmentait, me vrillant le ventre. Les larmes me brouillèrent la vision suite à un autre pique de douleur, m'envoyant au sol, pliée en deux, laissant échapper un cri de souffrance au même moment que le hurlement de la louve.

Si elle sens sa souffrance, ce n'est pas un hasard, déclara Storm. Elle l'a même vue en rêve...

Rain me fixa, le doute, la peur, la douleur, la rage, formant un tourbillon en lui. Il ne savait pas quoi décider, je le voyais dans son regard, cependant le temps était compté. S'il n'agissait pas vite, il serait trop tard. Un nouveau spasme de douleur me vrilla à tel point que j'en pleurait.

Très bien, laissez-la faire, accepta Rain tandis que j'essayais de me remettre sur mes jambes, vacillant et perdant l'équilibre.

Ce fut Storm qui m'empêcha de rencontrer le sol terreux. Il me soutint durant tout mon trajet jusqu'à la compagne de Rain dont la souffrance me frappa encore plus puissamment, me mettant à genoux une fois de plus. Storm passa sa tête sous mon bras pour m'aider à me relever.

- Merci... Storm... haletai-je sous l'effet de la douleur.

Vous pouvez continuer ? s'enquit-il, inquiet.

Je hochai la tête et avançai, m'approchant de la louve qui gisait au sol. Elle grogna un moment en me voyant, avant de se calmer tout de suite, une lueur de compréhension traversant son regard. Elle me laissa approcher sans hostilités.

Je me plaçai près de son ventre, puis y posai mes mains. Je sentais la vie qui se débattait en elle. Je sentais également la mort. L'un des petits avait déjà perdu la vie. J'en fis part à Storm qui inclina la tête, signifiant qu'il avait comprit et alla sans doute transmettre le message à son alpha.

- Détends-toi, murmurai-je à la louve. Te crisper ne fait qu'aggraver les choses. Je vais t'aider, mais il faut à tout prix que tu te détendes, insistai-je afin qu'elle comprenne bien l'importance.

Dans ses yeux brillait une vive intelligence et la lueur de la compréhension. Sous mes doigts, je sentis ses muscles se décontracter. C'était déjà une bonne chose. Il me fallait, avec ma magie, positionner les petits à l'intérieur de son ventre, de façon à ce qu'elle puisse les expulser. Je me concentrai, priant pour que j'arrive à contrôler mes dons et ne la blesse pas. Je perçus sans vraiment y faire attention, la pierre sur mon front se mettre à luire alors que je fixai mon esprit sur la tâche que je m'étais fixée.

- Bien... maintenant, pousse ma belle, lui dis-je, me dirigeant vers ses pattes arrières.

Le premier des petits sorti. C'était celui qui était mort. Je le tirai pour le sortir de là et aider la louve afin qu'elle ne s'épuise pas trop. Je lui enjoignais encore de pousser, m'apprêtant à réceptionner le suivant. Je l'attrapai également par les pattes avant et le tirais hors du corps de sa mère. Je le déposais à côté de moi, attendant le suivant. Quand je l'attrapai pour le sortir, je sentis ses crocs se refermer sur mon bras. Je serrais mes dents et, refusant de le lâcher, le tirai de toutes mes forces, basculant en arrière à côté du précédent louveteau, tombant sur le dos, le nouveau-né sur moi.

- Enfin terminé, soupirai-je, épuisée avant de caresser la tête du louveteau ayant élu domicile sur mon ventre.

Puis, remarquant la morsure, j'examinai mon bras. Cette morsure était étrange. Elle n'était plus douloureuse et semblait déjà se refermer, laissant une simple marque pale et luminescente. Qu'est-ce que c'était que ça ? L'autre louveteau essayai déjà de se lever, tremblant sur ses pattes à tel point que je trouvais cela attendrissant.

Je me redressai, faisant rouler mon squatteur de ventre sur le côté, afin d'aider le louveteau à aller jusqu'à sa mère qui semblait se reposer. Elle respirait régulièrement et semblait apaisée. Bien, au moins le pire avait été évité. En tournant mon regard vers le nouveau-né qui n'avait pas survécu, je sentis les larmes affluer.

Je me dirigeai vers lui et le pris dans mes bras, me dirigeant ensuite vers la sortie de la tanière. Les loups se tenaient tous là, m'attendant apparemment. Je m'agenouillai, la tristesse me prenant le cœur et déposai le corps du nouveau-né avec douceur, caressant sa fourrure toute douce.

- Celui-ci n'a pas survécu. Il était mort quand je suis arrivée, murmurai-je, une larme roulant sur ma joue. J'accorde de l'importance à la vie des créatures vivantes de cette forêt. Perdre ne serait-ce que l'une d'elle me cause un effroyable chagrin.

Nous avons senti ton dévouement, Dame de Fangorn, intervint alors Rain en venant me faire face. Tu as sauvé ma compagne et les deux autres nouveaux-nés.

- J'aurais tant aimer sauver également ce petit... Je suis navrée...

Rain vint fourrer sa truffe au creux de mon coup avant de renifler du côté de mon avant-bras, remarquant sans doute la morsure qui ne laissait plus qu'une marque pâle reflétant la lumière de la lune. Il releva la tête et me fixa avec une expression de surprise.

Tu es imprégnée. Le louveteau t'a marquée comme sa maîtresse, déclara Rain. Tu es l'une des nôtres.

- Je... vraiment ? m'étonnai-je.

La marque sur ton bras le prouve.

- J'étais venue chercher votre aide pour lutter contre Saroumane et la menace grandissante du Mordor, avouai-je.

Il nous faudra un peu de temps et de préparation, mais nous répondrons à ton appel. Tu peux emporter ton compagnon avec toi... termina-t-il, bien que peiné de laisser ainsi partir un de ses petits.

- Je vous promets de prendre soin de lui et de le protéger, promis-je en posant ma main sur sa tête pour gratter ses oreilles.

Je place ma confiance en toi, Fille des loups.

Je n'étais peut-être pas accoutumée à leur façon de vivre. Mais je devinais que ce nouveau nom était un titre honorifique, et cela me faisait chaud au cœur. J'inclinais alors la tête en fermant les yeux, avant de retourner dans la tanière où la louve faisait la toilette de ses deux petits. Je n'osais même pas lui avouer ce que je venais faire. Mais apparemment, elle le savait déjà.

Je suis Star, se présenta-t-elle. Je te remercie de ton aide et te demande de prendre soin de mon petit...

- Je t'en fais la promesse, Star...

L'imprégnation n'a pas eu lieu depuis des siècles. Nous avons perdu l'habitude de ce lien. Mais nous savons que tu ne peux dorénavant plus te séparer de lui... Protège-le jusqu'à ce qu'il soit fort et robuste, et les rôles s'inverseront...

- A-t-il un nom ? finis-je par demander, la gorge nouée par l'émotion.

Je savais que, si j'avais été à sa place, j'aurais été anéantie de voir mon enfant, à peine né, m'être enlevée. Je me sentais horrible de lui imposer cela. Comme si elle n'avait déjà pas assez souffert !

Ne te sens pas coupable, Fille de loups. C'est un honneur de voir un de mes petits choisi.

il me sembla bien la voir sourire. Je n'arriverais décidément jamais à comprendre l'esprit des loups. Star laissa échappé un petit rire ressemblant à un grognement de gorge. Tant mieux si je l'amusais, au moins je me sentais un peu moins coupable. Je me rendis compte alors qu'elle n'avait pas répondu à ma question.

- Comment s'appelle-t-il ? demandai-je.

A toi de le nommer, et de trouver un nom qui lui conviendra.

J'inclinais la tête en signe de compréhension avant qu'elle ne pousse son louveteau du museau vers moi. Il avança vers moi, tenant à peine sur ses jambes. Il mettrait peu de temps à grandir et devenir fort. Ces loups grandissaient à une vitesse effarante. Ils étaient cependant plus beaux et grands que les Wargs. Leur museau était plus long et fin, leurs oreilles pointues et leurs yeux dépourvus de malveillance.

Je rattrapai le louveteau et le soulevai dans mes bras, consciente que dans quelques semaines, je ne serais plus capable de le faire, et que dans quelques mois, il aurait atteint sa taille adulte, bien que ses muscles continueraient de se développer.

Je sortis enfin de la tanière, mon nouvel ami dans mes bras, pour apercevoir les loups placés de sorte à me laisser passer dans une espèce d'allée d'honneur. Lorsque je passai, chacun d'entre eux baissa la tête en signe de soumission. Cela me surprenait, et m'effrayait à la fois. Je ne savais pas trop quoi faire. Est-ce qu'à présent j'étais leur meneuse ?

- A bientôt, ma meute, soufflai-je alors et j'entendis les loups hurler en cœur.

Je comprenais le sens de ce hurlement. Ils me souhaitaient un bon départ et bonne chance. Je me retournai après quelque mètres pour voir Storm et Rain qui, le regard plein de gratitude, inclinèrent la tête une dernière fois. C'était fini, je devais partir. ils répondraient à mon appel lorsque j'aurais besoin d'eux. Car j'étais à présent l'une des leurs.

Tandis que je marchais, mon petit ami à fourrure s'amusait à me lécher le visage. Cela me chatouillait et me faisait rire.

- Tu sais, mon visage est propre, rigolai-je.

Le louveteau pencha la tête de côté avant de recommencer. Je ne protestai pas, le laissant faire à sa guise. De toute façon il ne semblait pas comprendre... ou bien ne voulait-il pas ? Apparemment j'avais affaire à un petit fripon. Peut-être pourrais-je me servir de cet aspect de sa personnalité pour lui trouver un nom. Je n'avais cependant aucune idée pour le moment. Soudain, une idée me vint. Je fixai le louveteau dans les yeux, ses magnifiques yeux or et son étrange fourrure grise avec des rayures plus claires et d'autres noires.

- Et si je t'appelais Wolf ? proposai-je.

Le louveteau sembla comprendre ce mot et, dans ses yeux, je sus qu'il avait accepté ce mot comme son nom. Un sourire étira alors mes lèvres, tandis qu'un sentiment de joie, de bonheur et de plénitude m'envahissait. Ce louveteau faisait partie de moi, je le sentais. C'était à la fois perturbant, et fascinant.

- Ma Dame, vous êtes de retour, me sortit de mes pensées la voix de Sylvebarbe.

- Oui, mon ami, et en un seul morceau, répondis-je.

- Les loups ont donc accepté de vous venir en aide, comprit-il.

- Quand l'heure sera venue, acquiesçai-je.

Sylvebarbe hocha la tête avant de me soulever pour me poser sur ses branches, prêt à me ramener auprès de Gandalf et des Hobbits qui devaient sans doute se faire un sang d'encre. Je n'étais partie que deux jours, mais cela ne changeait rien. Sylvebarbe mettrait une bonne partie de la nuit à me ramener au campement. Je serai là-bas à l'aube, pour l'heure, j'avais besoin de sommeil. Serrant Wolf dans mes bras, je m'endormis en appui contre les branches de Sylvebarbe.

Quand Sylvebarbe m'appela pour me réveiller, l'aube venait de se lever. Nous étions arrivés au campement et Gandalf dormait encore, les Hobbits serrés contre lui. Je laissai Sylvebarbe me poser à terre avant de laisser Fangs se dégourdir les pattes. Je savais qu'il aurait besoin de se nourrir, ce qui impliquait la chasse.

- Va, mais ne t'éloignes pas trop, lui dis-je avant qu'il ne couines et parte gambader plus loin.

Je m'assis près de mes amis et attendit patiemment qu'ils se réveillent. Ce fut sans surprise Gandalf qui ouvrit les yeux le premier. Il se redressa et me fixa un moment, avant de soupirer de soulagement.

- Vous êtes saine et sauve, fit-il complètement soulagé.

- Oui, et les loups viendront à notre secours quand le besoin se fera ressentir.

- Comment avez-vous... commença-t-il avant que Wolf ne revienne, sa fourrure couverte de sang et ses yeux étincelant d'excitation.

- Toi, tu vas avoir besoin d'un bain mon gars, lui dis-je d'un ton pince sans rire.

- Alors vous avec survécu à l'imprégnation, déclara-t-il. Cela ne s'est pas produit depuis des siècles...

- J'en ai conscience. Les loups m'ont accueillie parmi la meute, m'appelant "Fille de loups", lui expliquai-je.

Gandalf m'observa un moment avant de hocher la tête, satisfait et serein. C'était au moins une chose dont il n'aurait plus à s'inquiéter. Maintenant, je n'avais plus qu'à attendre ces directives, ce qu'il avait l'intention de faire à présent...

- Nous allons devoir partir, commença Gandalf.

Je m'apprêtai à réveiller les Hobbits, mais il m'en empêcha. Je ne compris tout d'abord pas pourquoi. Nous n'allions tout de même pas laisser Merry et Pippin seuls ici. Les pauvres paniqueraient à coup sûr et c'était la dernière chose que je voulais qu'ils fassent.

- Ils vont rester ici, avec Sylvebarbe, mais nous, d'autres affaires nous attendent, fit-il, vague.

- Des affaires ? relevai-je, perplexe, alors que Fangs prenait mes genoux pour son lit.

- Vous comprendrez en chemin, éluda-t-il en se levant, attrapant sa cape et son bâton, avant de prendre sous le bras son ancienne cape grise.

Je ne comprenais pas l'utilité de sa vieille cape, mais ne pipai mot. Je comprendrai le temps voulu. Pour l'heure, je me contenterais de le suivre. je me levai à mon tour, lançant un dernier regard aux petits-hommes avant de suivre Gandalf, Wolf à mes talons, s'amusant à s'agripper à mes jambes, jouant comme un petit fou. Il manqua de me faire tomber par trois fois avant que je lui ordonne d'arrêter. Il se tint alors obéissant et sage comme une image. Un parfait compagnon à fourrure.

A Suivre...