On restait plantés là, comme deux imbéciles. Il avait un petit sourire que je qualifierais comme étant narquois. Je compris avec un seconde de retard : j'avais les cheveux qui ne ressemblaient à rien, mes lunettes et mon appareil dentaire. Je me détournai et arrachai vivement mes lunettes de ma figure. Je ne pouvais malheureusement pas enlever ce stupide appareil, le dentiste à dit que si je l'enlevais pendant la nuit, il faudrait recommencer le compte à rebours des trois années à supporter ce machin de métal. Bien sûr, après réflexion, j'ai compris qu'il disait ça pour me faire peur et ainsi être sûre que je ne l'ôterais pas (quand j'étais petite, il disait qu'un méchant monstre allait me manger si je ne me brosse pas les dents pendant trois minutes entières et ce trois fois par jour, c'est tout dire), mais je préfère ne pas courir le risque. J'attrapai une brosse et entamai la difficile tâche de démêler ma crinière. J'avais la chair de poule. C'est fou comme il faisait froid ici. Bien sûr, il n'y a pas si longtemps je mourrais de chaud, mais maintenant, j'avais la peau glacée. Je brossai furieusement mes cheveux. Seth me regardait et semblait bien s'amuser de mes efforts pour démêler ma chevelure.

-Ne ris pas, ce n'est pas drôle.

-Crois-moi, ça l'est.

-Non. Et qu'est-ce que tu fais ici?

-Je te l'ai dis, j'avais envie de te voir.

Je ne répondis pas, parce que je venais de m'arrachai la moitié de mes cheveux. Du moins, c'est l'impression que j'avais.

-Aïe!

Seth soupira, mais je le soupçonnai de rire dans sa barbe. Je le fusillai du regard, mais mes lèvres s'étirèrent involontairement en un sourire tellement la situation paraissait absurde. Je laissai tomber ma brosse à cheveux, mais Seth me la prit des mains avant. Je le questionnai du regard et il me fit signe de m'assoir. J'ai obéis, perplexe et il passa doucement la brosse dans mes cheveux.

-Tu crois réussir mieux que moi?

-Pourquoi pas, ça n'a pas l'air si compliqué.

-Si tu le dit.

Il ne savait tellement pas dans quoi il s'embarquait. Il passa doucement la brosse dans mes cheveux et me demandait à tous les dix secondes s'il me faisait mal.

-C'est impossible que tu me fasses mal, tu ne démêles même pas les cheveux tellement tu le fait doucement. Je me débrouillerai mieux sans toi.

Je lui arrachai la brosse des mains en lui tirant la langue comme une gamine et il rigola. Je m'effondrai sur mon lit en me demandant comment tout a pu changer si rapidement. Hier, j'étais encore timide et craintive et cette nuit, je me retrouve à être audacieuse et spontanée. Il ya un truc de magique là-dedans. J'aimais me sentir extravertie et pleines d'assurance, c'était une partie de moi que je ne montrais uniquement devant mes amis ou ma famille. J'aimais l'être devant Seth. Je me redressai, prise par une quinte de toux. Génial. J'étais rendue à la partie « tousse jusqu'à cracher ton poumon » après « température interne qui déraille ».

-Ça va?

-Ouais, je ne vais pas mourir c'est juste une grippe.

Il haussa les épaules et je remarquai un truc. Il ne portait qu'un short qui était visiblement découper dans un jeans. Aucun tee-shirt ou chaussures.

-Tu n'as pas froid comme ça?

Il me regardait comme s'il ne comprenait pas ma question. Et moi, je ne comprenais pas ce qu'il ne comprenait pas.

-Non, je suis correct.

J'haussai les sourcils mais ne dit rien. Il vient s'assoir à côté de moi et je fus repris d'une quinte de toux.

-Pourquoi tu fais ça?

J'avais la voix rauque. Seth paraissait perdu par ma question. Je changeai de position et m'assit en tailleur. Il me regardait, curieux, et moi j'étais très sérieuse.

-Pourquoi tu sembles avoir eu une soudaine révélation. Tu as décidé de te rappeler de mon existence d'un coup ou bien ça c'est fait progressivement? Parce qu'on devait avoir onze ans la dernière fois qu'on c'est parler.

Il se passa la main dans ses cheveux (j'aurais aimé imiter son geste, mais ça m'est impossible dans l'immédiat) et soupira. Il ne semblait pas savoir quoi dire. Je le regardai, complètement neutre. Je voulais juste savoir et comprendre. Je détestais ne pas comprendre.

-C'est compliqué, Stella.

-Je crois être capable de comprendre.

-Je ne t'ai pas parlé avant parce que je suis un idiot.

-C'est assez facile à comprendre finalement.

Il rit et je souris. Il ne m'avait pas vraiment dit ce que je voulais savoir, mais ça pouvais attendre. Surtout que j'entendais ma mère s'agiter et elle allait bientôt se réveiller. Seth dû l'entendre également car il se leva et me fit un sourire contrit avant d'enjamber la fenêtre et sauter. Je restai interdite un moment avant de me précipiter à la fenêtre. Il était là, sans une égratignure, du moins, c'est ce que je déduis de son sourire. Il me fit un signe de la main avant de partir, pile au moment où ma mère entra dans ma chambre. Je me retournai rapidement avec, j'en suis certaine, un air louche.

-Stella?

-Ouais?

-Que fais-tu debout, tu as besoin de te reposer?

-Je sais mais j'avais chaud alors je suis allé ouvrir la fenêtre.

Habituellement, j'étais très douée pour mentir, mais dans mes oreilles, mon mensonge sonnait affreusement faux. Ma mère ne s'en aperçut pas.

-Referme-là, tu as la chair de poule. La fièvre a surement retombé depuis hier.

Je regardais mon réveille-matin et constata avec étonnement qu'il était déjà six heure du matin. Je me recouchai dans mon lit, bien emmitouflée dans mes couvertures. Ma mère déclara que la fièvre avait baissée et me laissa manquer l'école pour aujourd'hui (le contraire aurait été cruel). Après ma mère, ce fut mon frère qui vient me voir. Il s'assit sur le lit de Stacy et je manquai de m'étouffer de rire. Cory portait un masque de chirurgien, c'était à la fois hilarant, exagéré et légèrement vexant.

-Pourquoi tu portes ça?

Il marmonna quelque chose d'incompréhensible à cause de son masque.

-Si t'enlevais ton machin, je vais mieux comprendre. Pourquoi tu portes ça de toute façon?

Il ne l'enleva pas, mais fit un long monologue dont je ne compris pas un traitre mot. Ce qu'il ne semblait pas ce rendre compte puisqu'à la fin, tout content de lui, il me tapota la tête et repartie. Mon frère est un cas désespéré. La journée passa trèèèès lentement. Val et Brandy m'appelait pendant leurs pauses, mais j'aurais préférée être avec elles. J'ai descendue dans le salon, j'étais fatiguée de voir les murs de ma chambre. Alors, sur un fauteuil, bien callée dans mes couvertures, ma boîte de mouchoir à proximité et un bon chocolat chaud en main, j'étais prête à affronter ma grippe. Je regardais distraitement la télé, mais je toussai à chaque deux minutes ce qui me déconcentrait. La porte d'entrée s'ouvrit et je découvris ma sœur qui marchait à grands pas.

-Hey, tu ne devais pas être chez ton amie?

-Ouais, mais j'ai oubliée un truc.

Elle disparue et l'étage et revient un peu plus tard avec un tee-shirt. Pas n'importe quel, son « porte-bonheur ». Je le savais, car ça faisait des années qu'elle le portait et, même s'il est maintenant trop petit, elle le traînait avec elle lorsqu'elle avait besoin de chance. Il était affreux (magenta avec un S en paillette dessus), mais bon. Elle s'arrêta prêt de moi et m'observa.

-Tu fais quelque chose ce soir?

-Bof, je vais surement regarder un film.

-Tant mieux, tu es affreuse.

-Stace?

-Ouais?

-Je suis grippée. C'est normal que je ne sois pas à mon avantage.

Elle soupira dramatiquement et partie. Pendant que je me motivais à me lever pour me faire à manger, mon téléphone sonna. Je cherchai mon téléphone parmi mes couvertures et je décrochai au bout de la quatrième sonnerie.

-Allo?

-Salut.

Seth. Ça ne m'étonnait plus. On se rappelle qu'il est rentré dans ma chambre en pleine nuit. Après ce coup-là (dont je reste sur le choc) il m'en faudrait beaucoup de sa part pour m'étonner.

-Comment ça va?

-Ça va...

Je ne continuai pas, car je me mis à tousser. Je devais être rouge à la fin. J'entendais Seth rire au téléphone.

-Je vois ça...

-Je t'assure que ça va.

-Je le savais déjà, ce n'était que par politesse. C'était nul au lycée aujourd'hui.

-Comme toujours.

-Surtout parce que tu n'étais pas là.

Si je serais une spectatrice de la scène et que j'entendais Seth dire ça, je trouverais ça guimauve et clichée. Présentement, étant la personne à qui cette phrase est adressai, je rougie et me retiens de glousser (si je ne serais pas moi, je me jugerais).

-Je suis sûre que j'aurais rendue le cours de math plus passionnant en étant présente. Malheureusement, Val a dû parler à une chaise vide pendant une heure.

Seth rit encore. Je ne me savais pas si drôle. J'aimais le rire de Seth, il me donnait envie de rire à mon tour. Malheureusement, mon rire fut interrompu par une quinte de toux, ce qui le fit rigoler encore plus « parce que c'était hilarant que je pouvais pas dire trois mots sans tousser » (ce sont ses mots, car je ne trouvais rien d'hilarant là-dedans).

-C'est mauvais pour le karma de rire du malheur des autres. Et, en passant, j'ai dit toute une phrase sans tousser.

-Voyons Stella, je ne te souhaiterais jamais de malheur. J'aime bien mieux te voir en santé et heureuse. Je te taquine.

Il s'efforçait de ne pas rire, ça se voyait.

-Comment fais-tu pour rire autant. Surtout qu'il n'y a pas vraiment de raison excepté ma super aptitude à rendre un éternuement hilarant.

-Parce que, présentement, en te parlant, je suis heureux.

C'est instant aurait pu être parfait si je n'aurais pas regardé pas la fenêtre. Car, si je n'aurais pas regardé par la fenêtre, je n'aurai pas vu deux iris rouges qui se distinguait de la noirceur et qui me fixait. Ces même iris que j'avais vus avant que les loups arrivent.

-Seth?

-Ouais?

-Je crois que quelqu'un m'observe.

Je parlais d'une voix calme et posée, mais, à l'intérieur de moi, je paniquais. Je n'étais ni peureuse, ni courageuse, mais je n'aimais pas ça. Vraiment pas.

-Quoi!Qui pourrait...

Il se coupa et, lorsqu'il reprit la parole, sa voix semblait glaciale et j'avais l'impression qu'il était près à tuer quelqu'un.

-Stella, as-t-il les yeux rouges?

-Oui, comment...

Mais il avait déjà raccroché après ma réponse. Au loin, j'entendis un hurlement de loup et les yeux (et j'espérais que le corps qui y était rattaché aussi) ont disparus.