Note : Bonjour bonsoir À tout le monde ! Voici, avec un petit peu de retard, le nouveau chapitre ! En espérant que vous apprécierez, on voux souhaite une excellente lecture !


Katsuki

En premier, il avait remarqué l'air fermé du garçon face à son agressivité soudaine. Les lèvres de Todoroki étaient restées serrées entre elles, comme s'il se retenait de dire quelque chose ou encore d'ajouter une autre remarque par rapport à sa manière de faire. Du moins, c'est ainsi que l'explosif interprétait les expressions figées de son interlocuteur.

Le geste de Katsuki était aberrant et semblait avoir plus que surpris double-face qui le regardait avec un air ahuri lorsque la chaise bascula par la fenêtre. Cette réaction excessive était définitivement effrayante, et n'importe qui aurait réagi comme venait de le faire Shoto... Soit le traiter de taré. Katsuki ne souleva même pas cette remarque, fronçant davantage les sourcils lorsqu'il laissa son instinct parler à sa place. Au moment où Bakugo souleva qu'il supposait que Shoto craignait de s'asseoir sur son lit par peur, la réaction de l'invité fut sans appel. Elle fut si intense qu'il en resta pantois sur l'instant, les lèvres légèrement entrouvertes, buvant son flot de paroles. Cette colère n'était pas commune de la part de son interlocuteur, voire irréaliste pour le blond. Ce nuage de mots avait un sens si lourd que même si Bakugo s'efforçait de ne pas les entendre, il l'atteignait tout de même de plein fouet. La stupéfaction l'empêcha de parler et il ferma définitivement la bouche lorsque la voix de l'autre dérailla sur une révélation. Todoroki ne termina pas sa phrase, la bloquant dans sa gorge apparemment nouée sous l'émotion trop forte qu'il devait ressentir. Si Katsuki restait étrangement muet, son intérieur regrettait d'avoir posé cette question en particulier. Les interrogations avaient fait plus de dégâts que prévu.

Avoir marqué la différence entre leurs vies de famille avait eu le don de lui rappeler la conversation qu'il avait entendue à la dérobée entre Deku et Shoto avant leur match au tournoi. *Ce n'est pas le sens que je voulais donner à tout ça.* Qu'il aurait pu dire. Mais ses mots restèrent des pensées frustrées. "Ça" représentant la peur que Shoto ressentait, le mal-être par rapport à cet univers apparemment nouveau et malaisant. Bon d'accord, il avait merdé sur le coup, sa propre expression et son propre comportement négatif avaient peut-être poussé Shoto à exploser et à voir sa phrase comme une ultime agression personnelle. Il n'avait pas apprécié qu'il "joue ainsi" avec lui. L'explosif était loin d'être accueillant et il n'avait pris aucune mesure pour qu'il se sente à l'aise. Mais être un hôte bienveillant, c'était vraiment trop en demander à Katsuki. Et alors que le bicolore allait se calmer dehors en s'efforçant de ne pas s'abandonner à sa colère, il continua à regarder la porte sans rien dire. C'était plus simple de ne rien dire... De laisser le silence faire son travail... Plutôt que de courber l'échine et s'excuser en toute humilité... Il n'était pas près de faire ça, de se rabaisser à le faire.

Il se rassit sur son lit, se laissant tomber lourdement dessus. Il entendit quelques lattes craquer un peu sans toutefois se casser.

Il colla son dos en tête de lit en embarquant ses feuilles de cours. Quelques minutes après, la porte s'ouvrit sur un visage polaire et fermé. Le blond le regarda un court moment puis s'efforça de se concentrer sur le travail à faire. Si Todoroki était de dos, Katsuki eut tout le loisir de remarquer qu'il s'était installé le plus loin possible de lui et qu'il ne trouvait pas la place confortable. Il mit quelques secondes avant de s'immobiliser et de se plonger dans le travail à faire. Il se passa bien une demi-heure alors qu'un silence lourd régnait et qu'aucun réel échange n'ait eu lieu.

Il était six heures quarante cinq lorsqu'il entendit la voix forte de sa mère gueuler dans le couloir en bas. Non seulement sa voix lui faisait déjà mal au crâne mais en plus il aurait parié que même la maison s'était mise à trembler. Sa rage était bien réelle. Sinon elle n'aurait jamais gueulé aussi fort en sachant un invité présent dans la maison… Elle était putain de remontée la vieille. Il pesta en posant un pied sur le sol de sa chambre sans regarder l'impassible au bout de son lit puis il commença à descendre les escaliers en chaussettes avant de voir sa mère remonter quelques escaliers comme une furie pour venir vers lui.

"Katsuki !? Pourquoi il y a ta putain de chaise de bureau dans le jardin ?!

- J'ai voulu jeter double-face par la fenêtre mais j'ai préféré jeter la chaise !

- Double quoi ?"

Elle eut une seconde d'hésitation, fronçant les sourcils avant de comprendre et de faire le rapprochement. Elle savait pertinemment comment son gamin appelait le fils Todoroki, mais cela ne lui était pas venu à l'esprit tout de suite. Elle resta quelques secondes silencieuse avant de monter quelques escaliers. Elle le frappa à l'arrière du crâne sans aucune délicatesse en lui demandant de la fermer d'une voix ferme. La mère de famille grondait de colère alors que son fils râlait en se frottant l'arrière du crâne.

" Katsuki, va me chercher cette chaise, t'as exactement trente secondes pour la ramener dans ta chambre. Et t'y vas pas en chaussettes ! C'est BIEN clair ?

- Arrête de me faire chier et arrête de gueuler ! Tu vas me rendre sourd ! "

Le blond évita de justesse un énième coup derrière la tête, filant dans l'escalier pour aller chercher la chaise, malheureuse victime du jour. Il la traîna lentement jusqu'à la chambre avec un bouquant pas possible histoire de marquer sa désapprobation. Son père qui venait seulement d'arriver lui demanda sans élever le ton de sa voix de lever la chaise au lieu de laisser les pieds de celle-ci buter contre chaque marche de l'escalier.

Pendant ce temps, Mitsuki était arrivée jusqu'à la chambre. Elle trouva la porte entre-ouverte et elle la poussa délicatement, cherchant des yeux le garçon. Son regard tomba tout de suite sur lui, elle remarqua immédiatement le visage glacial qu'avait Shoto Todoroki. Elle sentait aussi qu'il n'était pas au mieux de sa forme.

Elle ne s'étonna pas du fait que son fils n'ait pas trouvé utile de lui dire qu'il était en binôme avec ce garçon en particulier et elle comprenait pourquoi. Aaah... La rivalité couplée à cette supposée défaite de son fils lors du tournoi. Son ego avait été clairement blessé par ce qui s'était produit.

Enfin, ce n'était pas le sujet. Elle n'appréciait clairement pas l'ambiance que son gamin avait amenée dans cette pièce et elle comptait bien remettre les pendules à l'heure de celui-ci plus tard. C'était sa maison, son toit, et ça ternissait l'image de sa famille. Elle ne voulait pas que Shoto Todoroki se sente si mal en quittant la maison. Elle savait que son fils était chiant et insupportable... Et, même si elle l'aimait, il y avait des fois où elle ne savait plus quoi faire avec lui. Son aura changea et un sourire doux s'étira sur ses lèvres. Elle toqua doucement contre la porte alors qu'elle captait enfin l'attention du bicolore.

" Son savoir vivre est limité, désolée pour ça. Je suis contente de t'accueillir ici Todoroki-kun. Viens avec moi dans le salon, on va te faire oublier cette mauvaise ambiance. Allez viens. De toute façon, c'est l'heure de prendre une pause je crois ! Les apéritifs t'aideront à oublier cet emmerdeur ! "

Le raclement de la chaise devenait de plus en plus bruyant alors qu'il arrivait dans le dos de sa mère en lui gueulant un "tu sais que je t'entends" effronté. Le visage doux de sa mère se métamorphosa alors qu'elle s'approchait dangereusement de son fils qui venait de la contourner astucieusement. Il avait remis brutalement la chaise près du bureau sans regarder Todoroki.

" Tu crois qu'on passe pour quoi là ?" Siffla t-elle en colère.

- J'en ai rien à carrer. Il me fait chier. Toi avec.

- Parfait ! T'as qu'à rester ici, en haut, tout seul. J'veux pas te voir descendre."

Elle fit un mouvement de tête à Shoto alors que son fils pestait et refermait la porte derrière eux. Katsuki avait ressenti une pointe de tristesse en l'entendant le mettre à part mais il n'en laissa rien paraître, laissant plutôt sa colère s'exprimer en premier.

Mitsuki échangea quelques mots avec son mari lorsqu'elle arriva dans le salon, elle proposa à Shoto de s'asseoir où il voulait dans le salon puis disparut dans la cuisine un peu plus loin. Elle revint chargée d'apéritifs en tout genre. Des chips de nori, des fèves de sojas grillées, des crackers aux oignons, des chips aux patates douces, aux pieuvres, aux wasabis. Elle avait ramené le placard entier et elle tenait sous le coude quelques récipients pour mettre les apéritifs dedans. Elle les déposa sur la table du salon, adressant un sourire chaleureux au jeune Todoroki.

"Prends ce dont tu as envie, je ne sais pas vers où vont tes préférences. J'espère que tu aimes ce genre de salés surtout !"

Elle patienta lors de son choix alors que son mari entrait dans la pièce en remontant les lunettes sur son nez. Il lui demanda :

"Tu veux boire quelque chose ? " L'homme marqua une pause avant de reprendre après que Shoto ait fait un choix. "Vraiment impressionnant ce que tu as fait au tournoi, ta maîtrise de la glace, c'était quelque chose !

"Oui c'est vrai, c'était impressionnant ! Tu ne fais pas partie de la seconde A pour rien. C'est quoi ton ambition pour la suite ?" Surenchérit la jeune femme.

Elle avait bien envie de lui faire visiter toute la maison mais elle se demanda si cela n'avait pas été fait. Elle se doutait bien que celle du jeune homme était sûrement plus vaste, mais elle n'apporterait aucun sujet de comparaison par rapport à la maison de Todoroki. Elle oublia cette idée un court instant suivant le fil de la conversation.

Shoto

L'ambiance était clairement pourrie entre les deux jeunes hommes. Un froid polaire s'était installé alors que Shoto faisait en sorte d'oublier la présence plus que désagréable du blond, bien décidé à finir ce projet et ne plus jamais poser les pieds ici après tout ce qu'il s'était passé. Il ne pensa même pas à être intéressé par la rencontre du reste de la famille Bakugo, clairement dégoûté par le fils unique de cette dernière...

Quand il se positionna pour travailler le plus loin possible de son camarade, il remarqua que l'autre se taisait, n'ajoutant rien de plus après sa crise de rage retenue. Tant mieux, ils n'avaient plus rien à se dire... Heureusement, il n'en rajoutait pas une couche après sa remarque cassante sur sa peur des nouveautés. D'ailleurs, à cause du comportement du blond cendré, on pouvait dire que la communication entre eux était totalement rompue. Il était beau le travail de groupe, hein ?

Chacun bossait de son côté, sans gestes ni paroles échangés pendant un certain temps, qui parut long pour le bicolore. Il savait qu'ils allaient devoir mettre tout en commun par la suite mais il n'était pas encore prêt de lui parler sans être sec et sarcastique à son tour.

C'est alors qu'une voix inconnue féminine hurla le prénom de Bakugo à l'étage du dessous, coupant sa concentration brutalement. Il vit du coin de l'oeil le garçon de seconde se lever pour aller rejoindre ce qu'il devina être sa mère et entendit toute la conversation entre les deux, tellement ils argumentaient fort. Évidemment, le fait de jeter une chaise par la fenêtre allait forcément lui retomber dessus à un moment, c'était logique.

Il essaya par la suite de se reconcentrer sur sa prise de note, sa mine froide ne changeant pas d'un cil. Il était tellement plongé dans son dossier qu'il en oublia presque son entourage. Ceci expliqua pourquoi il sursauta lorsqu'il entendit une voix douce lui adresser la parole, le visage de la mère entrant dans son champs de vision de manière discrète. Il ne sut pas quoi répondre à ses excuses quant au comportement de son fils. Il ne trouva rien de mieux que de hocher doucement la tête à sa remarque, sentant le stress remonter dans sa gorge malgré la présence avenante de la femme qui ressemblait vraiment à son enfant. Physiquement du moins. Il n'en montra cependant rien à la mère, essayant de montrer une image respectueuse de lui-même, comme il s'était juré de le faire avant de venir dans cette maison. Mais au vu de sa remarque, il semblait qu'elle avait déjà remarqué son humeur. L'instinct maternel était fort pour ce genre de choses à ce qu'il paraissait.

Quand elle lui proposa de descendre avec elle en insultant presque Katsuki, il hésita au début sur la démarche à faire. Il ne voulait pas refuser sa proposition au risque de paraître rude et elle touchait juste quand elle disait qu'une pause était nécessaire. Alors qu'il se levait du lit, sentant les courbatures dues à sa position le tirer, il fut témoin en direct du passage de savon que la mère de Katsuki à son fils qui changea du tout au tout dans son comportement avec celui-ci. Il ne fit cependant rien pour s'interposer, ayant encore une dent contre l'ado aux yeux rouges. Il suivit la mère qui ordonna à Bakugo de rester dans sa chambre s'il était aussi insupporté par leur présence et descendit les escaliers à la suite de la jeune femme, silencieux.

Lorsqu'ils arrivèrent dans ce qu'il semblait être leur salon, elle lui proposa de s'asseoir où il le souhaitait. Il exécuta sa demande sans broncher en s'asseyant sur une chaise en bois au hasard de la table. Il regarda autour de lui et entortilla ses doigts sous la table, incertain. Il fallait dire qu'il y avait un sacré écart entre l'attitude des parents et du blond, ce qui le prit au dépourvu sur le moment. Même si la mère semblait avoir un caractère bien trempé, elle possédait apparemment également une douceur intérieure qui la radoucissait. Et de ce qu'avait vu Shoto de son père, il semblait être quelqu'un de très calme, encore plus que lui.

Celle-ci ramena tout le contenu des placards en les positionnant devant lui, l'invita à choisir ce qui lui plaisait en espérant qu'il aimait au moins un des apéritifs. À cela, il lui répondit avec un sourire très discret :

« Ne vous inquiétez pas, madame, je ne suis pas difficile pour la nourriture. » Il se servit un paquet de chips aux wasabis sous le regard bienveillant de la femme, mit le contenu dans un des bols qu'elle avait ramené et commença à manger.

Lorsque le père proposa de boire quelque chose, il demanda une limonade avec un goût fruité en le remerciant humblement. Petit à petit, il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait se décrisper, oubliant presque totalement la précédente dispute avec Bakugo. Peut-être était-ce cette chaleureuse ambiance familiale qui lui faisait du bien ? Sur le coup, Shoto se prit presqu'à jalouser le blond explosif à l'étage pour avoir cette chance d'avoir des parents aussi aimants et sans histoire. Il discuta avec les deux parents en répondant aux questions du père par rapport au Tournoi et se surprit même à rire à une des blagues que la mère lui fit à un moment.

Il finit assez rapidement son paquet de chips, demanda où se trouvait la poubelle et aida à ranger le reste à nouveau dans les placards de la cuisine. Une fois fini, il se tourna vers le père et la mère et annonça d'une voix aimable :

« Je tenais à vous remercier de m'avoir procuré des chaussons et de m'accueillir chez vous. Votre maison est très jolie. » Il complimenta le peu qu'il en avait vu, faisant ainsi tiquer la génitrice de Bakugo. Elle haussa un sourcil et lui dit :

« Mon idiot de fils t'a ramené dans sa chambre sans même te présenter la maison ? Il va vraiment passer un sale quart d'heure... Je peux te faire visiter, si tu le souhaites. Du moins, l'intérieur. Malheureusement, il fait trop sombre dehors pour que tu puisses voir quoique ce soit du jardin. »

Il courba sa tête en répondant immédiatement un « J'en serai honoré, madame... », ravi intérieurement de pouvoir satisfaire la curiosité qu'il avait ressentie en entrant dans l'habitat des Bakugo, quelques heures plus tôt. La femme blonde rit de bon coeur à cela en affirmant qu'il n'y avait pas de besoin d'être aussi formel, même si elle devina que sa position de riche dans la société devait influencer sur son comportement et ses manières avec autrui.

C'est avec leur commun accord qu'ils firent le tour de la maison, la trentenaire commentant chaque pièce qu'elle présentait. Au rez de chaussée se trouvaient en gros la cuisine, un salon plutôt spacieux ainsi que l'accès à la pièce à débarras et à une cave aménagée. Cave qui, soit dit en passant, semblait vraiment cosy. Quand la femme lui montra fièrement ses conserves faites maison qui avaient l'air très bonnes rien qu'au regard, Todoroki ne put s'empêcher de la complimenter sur les efforts qu'ils avaient à produire quelque chose bien à eux. Il avoua en souriant de manière un peu gênée qu'il n'était pas du genre à avoir la patience de faire ce genre de chose, ne sachant pas du tout cuisiner de base. Elle lui montra également la petite salle d'entraînement de son fils qui se trouvait près de cette pièce.

Le feeling entre la mère de Katsuki et du jeune homme était vraiment bon. Cela permit à la visite entière d'être très agréable, également quand ils visitèrent ensemble le premier étage où se trouvaient essentiellement les chambres et une bibliothèque.

Cela se passa si bien que Shoto remarqua l'heure tardive quand ils eurent fini : sept heure trente. Il était largement l'heure de dîner même s'il garda cette pensée pour lui, ne voulant pas profiter trop de ses hôtes. Pourtant, comme s'ils étaient connectés mentalement, la mère se retourna vers lui alors qu'ils arrivaient près de la chambre de Katsuki pour lui proposer gentiment de dîner avec lui, au vu de l'heure qu'il était.