Hello ! Voici un nouveau chapitre un peu plus long que d'habitude :)
Le lendemain matin, je vis Sherlock sur le divan, d'où il n'avait pas bougé de la nuit. J'allais dans la cuisine me préparer un thé à la cardamone, quand tout à coup je le vis bondir du canapé. Il descendit les escaliers et remonta quelques minutes plus tard avec un tableau blanc. Sherlock commença à scotcher les photos des victimes, d'abords la jeune femme, le maître chien puis l'autre dame dont on connaissait toujours pas le nom. Ensuite il accrocha l'indice qu'il avait volé sur le premier lieu du crime, le talisman, puis les photos de l'objet trouvé dans la gorge du cadavre du maître-chien et de l'endroit où avaient été sectionnés les poumons. Puis il contempla l'ensemble, immobile. Il avait l'air de soupçonner déjà quelqu'un, mais aussi d'en avoir peur. Mais voyons les choses en face, est ce que quelqu'un aurait déjà vue Sherlock Holmes avoir peur ? … N'est-ce-pas..? J'étudiai son visage en détail pour essayer de déduire ce qu'il pensait, mais se sentant observé, il se tourna vers moi :
« John, dit il, qu'est ce que t'en déduit ?
―Je n'en sais absolument rien. Vas-y, expliques-moi.
—Non, essayes de réfléchir.
―Ecoute, tout le monde n'est pas comme toi, tout le monde ne vois pas ce que toi tu vois. Et je suis un bel exemple de « médiocrité cérébral humaine », alors expliques-moi.
—Bon si tu insistes… » Il avala une goulée d'air et commença son explication : « Tous les meurtres ont eut lieu dans un endroit isolé, sûrement pour pouvoir mutiler les victimes tranquillement…je les comprends ! Être dérangé pendant les moments intéressants ça doit…
―Sherlock !
―Heu, oui, désolé. Donc ils, ou elles d'ailleurs, tuent des personnes au hasard qu'ils, qu'elles croisent et…
—Comment tu peux savoir qu'ils tuent au hasard ?
—C'est simple ! Les victimes n'ont aucuns points en communs sauf le fait qu'elles se retrouvent toutes dans la morgue. De plus, les victimes étaient toutes en plein travail ! C'est un mauvais moment pour tuer, il peut y avoir des témoins, même dans une rue prétendue déserte ! Conclusion : sois le tueur est fou, soit il/elle cherche à attirer l'attention, sois il/elle ne mesure pas la gravité de son geste.
―Comment ne peut-il pas mesurer la gravité de son geste, comme tu dis ? Et pourquoi tu insiste sur le « elle » ?
—Attends tu va comprendre ! Je penche pour la deuxième ET la troisième option. Il n'est pas fou, car les meurtres ne reflètent aucunes folies. Il veut attirer mon attention, c'est certains, mais les meurtres, certes d'une grande violence, traduisent un manque de technique évident. Alors jamais il n'aurait imaginé un tel scénario pour éviter de se faire repéré ! Donc, le tueur est engagé par quelqu'un d'intelligent. Probablement une femme, à cause du souci du détail, comme les plumes, l'hameçon ou autre inscriptions sur les lieux des meurtres. Mais pourquoi aurait-elle mit autant de temps à faire toutes ces décorations ? Comme l'avait fait remarquer très justement notre cher inspecteur, j'ai honte à le dire, cela fait peut être parti d'un rituel, vôdou en l'occurrence. Je le sais grâce à l'hameçon et au contenu du sachet. Maintenant tout est clair n'est-ce pas ? Le tueur fait parti d'une secte vôdou, il est engagé par la supposée prêtresse de cette secte, qui tue pour attirer mon attention.
—Mais d'où tu peux savoir qu'il s'agit d'une secte ? Demandais-je encore, suspicieux et admiratif en même temps par tant d'intelligence.
―Parce que je connais les célèbres sectes de Londres, mais aussi les moins connues ! Me répondit-il d'un air satisfait. Le nom de la secte dont on parle était écrit parmi les inscriptions par terre. Une personne n'ayant pas suffisamment de connaissance sur cette secte n'aurait pas pu déchiffrer l'inscription, mais moi, oui ! Au fait, ne parle pas de tout ça à Lestrade !
—Pourquoi ?
―J'aime bien avoir une longueur d'avance sur lui ! »s'écria Sherlock avec une moue jubilatoire.
Quelques instants plus tard, des pas rapides résonnèrent dans l'escalier, et le policier dont nous parlions émergea dans la pièce. Il n'eu pas le temps d'ouvrir la bouche, Sherlock s'en chargea à sa place :
« Où ?
—Dans une décharge, à l'East End! »
Encore une fois, nous sortîmes en trombe et sautâmes dans un taxi. Dans l'habitacle, le silence s'installa, car Greg savait que, quoi qu'il dirait, Sherlock lui dirait de se la fermer, sous prétexte qu'il sait déjà, ou que le policier le dérange dans ses réflexions. Et moi, j'avais appris à me taire. Quand nous fûmes arrivés, Sherlock, en bon gamin, refusa de descendre.
« Qu'es ce que tu as encore ? Soupirais-je.
―Quoi ! Tu ne l'as pas vu ? me répondit-il d'un air outré.
—Qui ? … ho ! D'accord, tu a vu Anderson, et alors ?
―Quoi !? ET ALORS ! Tu sais très bien que je déteste me retrouver avec un imbécile à côté de moi ! Si je n'arrive plus à réfléchir, tu t'imagines je ne pourrais pas résoudre cette enquête et, de ce fait, ne pas pouvoir narguer une fois de plus mon frère et Lestrade !
—SHERLOCK ! Arrête de te focaliser sur lui, tu n'as qu'a lui demander de se tourner comme ça tu ne le verras plus…
―Ce ne servirait a rien, je sentirais encore sa présence et… »
Ho, qu'il m'exaspère ! Calmes-toi, John ! Calmes-toi ! J'en eus tellement marre, je l'empoignai par son col, le tira hors du taxi et le balança par terre. Je me détourai de lui, ne faisant pas attention à ses insultes et à ses bougonnements. Mais bien sûr, toute cette agitation avait attiré les policiers qui faisais semblant de s'intéresser au cadavre, et Anderson faisait parti du lot. Heureusement, Lestrade lui coupa la route en lui disant de retourner de la où il venait, empêchant par cette action le cataclysme. Puis l'inspecteur murmura quelques mots au sergent Donovan, et s'éloigna. Sally se dirigea vers nous et dit d'une voix lasse : « Venez, le cadavre est par là. »
«Vous avez une idée de l'identité de la victime? Demandais-je à Donovan en ayant toujours un œil sur Sherlock qui lui restait fixé sur Anderson.
—Oui, c'est Petty Carlson, un agent du FBI, et…
―Sur quoi enquêtait-elle, l'interrompit mon ami, non ne dites rien ! Elle enquêtait sur les trois autres meurtres. Mais qu'est ce qu'un agent du FBI faisait… Non ! Vous avez demandé au FBI de venir enquêter ! Et moi alors, je sers à quoi ?!
—Sherlock, s'exclama Lestrade qui était revenu parmi nous avec Anderson, on avait besoin de renfort se jour là, il y avait un manque de personnel. On dirait que tous les criminels de Londres se sont donné le mot pour attaquer tous en même temps !
―Oui, et en plus, on voulait se passer de tes servic… dit Anderson en prenant part à la conversation.
—BON. BREF. Sally, emmènes ces messieurs voir le nouveau cadavre, clôtura l'inspecteur en jetant un regard noir au légiste, et vous, Anderson, venez un peu par là que je vous explique deux trois choses. »
Lestrade s'éloigna avec l'homme en blouse de travail, pendant que le sergent nous guida à travers les policiers agglutinés autour du ruban jaune.
« Voilà, c'est ici », fit Donovan en désignant un corps gisant sur le sol.
Nous nous approchâmes du cadavre, découvrant avec surprise l'état de la morte. Elle était relativement jeune, la trentaine, ses cheveux était châtain et elle aurait pu être plutôt jolie sans ces deux yeux fixant le vide. Ils étaient effrayants, grand ouverts dans un accès de terreur, d'un bleu clair devenu voilé à cause de la mort, avec au milieu deux minuscules pupilles devenues des points. Les lèvres pâles étaient entrouvertes, laissant apparaître des dents serrées. Je glissai mon regard vers le cou qui formait un angle improbable avec le reste du corps. Il portait des traces de strangulation. La chemise de la victime qui aurait dû être rose pastel était déchirée au niveau des manches. Les bras et le vêtement étaient tâchés par le sang qui avait giclé du milieu du bras. Quand au reste du corps, il paraissait normal, mis à part la couleur irréelle de la peau, qui était presque translucide. Le détective se pencha sur la victime, laissant son regard dériver sur chaque parcelle du corps. Sherlock sortit de sa veste une loupe et une pince à épiler, puis, se focalisant sur une certaine partie du cadavre, fit apparaître dans sa main une seringue et une petite éprouvette. Il planta la seringue dans une veine, essaya de tirer sur le piston, mais celui-ci resta coincé, refusant de bouger. Perplexe, il retira la seringue de la veine et tira sur le piston, qui cette fois s'écarta de la bague avec succès. Il me jeta un regard incrédule et replanta l'objet cylindrique dans la peau. Refit jouer le piston. Força. Mais il ne se passa rien.
« Bon… visiblement, les veines sont "sous vide", il n'y a plus une goutte de sang dedans, fit Sherlock, c'est étrange. On a littéralement vidé le corps de son sang. Certainement à l'aide de perfusion, comme l'indique les minuscules trous au milieu des deux bras, sur la veine cubitale. Ce qui explique les taches sur la chemise et les épaules : au moment de retirer les perfusions, le sang qui restait s'est échappé des tubes.
—Mais enfin, pourquoi les assassins ont vidé leur victime de son sang ?! Ça n'a pas de sens ! M'exclamai-je.
—Je n'en sais rien… les meurtriers semble n'avoir aucune logique… » murmura mon ami en se relevant.
Il se plongea dans ses réflexions durant de longues minutes, puis tourna la tête dans ma direction d'un air résolut et me dit :
« Je dois retourner voir mon frère à l'hôpital. Pendant ce temps, profites en pour aller chercher à Bart's le rapport de l'autopsie du troisièmes cadavre, tu sais, la femme aux membres arrachés…
—Oui, c'est bon, je pense que j'ai compris », lui répondis-je avec une moue dégoutée.
xxXxx
Je passai la porte de la morgue et me mit à la recherche de Molly, que je trouvai devant la machine à café. Je la saluai et lui demanda le fameux rapport d'autopsie.
« Venez, suivez moi. Je dois l'avoir laisser dans la salle où j'ai autopsié cette pauvre femme. »
Je la suivi dans les longs couloirs immaculés de la morgue. Bizarrement, on ne percevait pas dans les couloirs l'odeur désagréable des cadavres en décomposition, seulement l'entêtant parfum de javel. Arrivée à une porte, elle la déverrouilla, me fit signe d'entrer et la referma derrière elle. Molly s'avança dans la pièce éclairée d'une lumière crue vers les tables de dissection. Je ne pus retenir un frisson en constatant que sur l'une d'elles était posée une forme sous un drap. Trop petite pour que le corps soit entier, constatais-je avec dégout. La jeune femme me tira de mes réflexions en me tendant un dossier.
« Voilà, tout est là dedans. J'espère que votre ami sera content… vous voulez que je vous explique un peu les grandes lignes ?
―Heu, oui d'accord, mais ce ne serais pas mieux autours d'un café ? C'est moi qui offre, lui dis-je avec un sourire.
—Ho, si vous voulez, répondit-elle en me rendant mon sourire. Mais je dois vous prévenir, le café de l'hôpital est infecte !gloussa-t-elle.
―Dans ce cas, il y a bar pas mal juste à côté de chez nous, le speedy's coffe. C'est pas loin de Bart's et comme ça, je pourrai en profiter pour guetter le retour de mon cher coloc'.
―D'accord, j'ai bien droit à une pause ! »s'exclama Molly, à qui les derniers mots eu finis de la convaincre.
Nous nous dirigeâmes vers la sortie et prîmes un taxi. Quelques minutes plus tard, nous étions assis sur une chaise, avec chacun un café devant nous.
« Donc, dites-moi ce que vous avez découvert de beau, fis-je après que le serveur se soit éloigné.
—Ho, rien de très différent à ce que vous savez. Mais le plus étonnant est que les membres de la victime ont été découpés à l'aide d'un instrument plutôt primaire, un couteau en pierre ou quelque chose comme ça. C'est étrange parce que ce n'est pas le moyen le plus rapide et le plus pratique pour découper un corps ! Mais pourtant, la découpe est assez propre pour un instrument de ce genre, l'assassin doit être expérimenté… ou alors il avait beaucoup de temps… mais ce n'est pas à moi de tirer des conclusions », termina-t-elle avec un petit sourire, triste me sembla-t-il.
Pour lui changer les idées, je déviai un peu la conversation :
« Ce doit être dur pour vous de découper tous les jours des macchabés, vous devez en faire des cauchemars à la longue, non ?
―Ho, pas trop, dit-elle en riant, à force, on s'habitue… Et même le plus abimé des cadavres ne nous fait plus chaud ni froids !
―Quand même, il doit y avoir des fois où vous regrettez ce boulot !
—Je ne m'en rappelle pas, alors, répondit-elle toujours souriante, et vous ? En Afghanistan, il devait y avoir des scènes affreuses aussi, non ? »
Tandis que je lui parlais de la guerre, et des anecdotes amusantes vécus là-bas, son sourire devenait de plus en plus franc, et de plus en plus éclatant, me surpris-je à penser. Son rire était cristallin et je me demandais comment Sherlock pouvait passer à côté. Décidément, ce type était vraiment insensible. Il l'avait quasiment à ses pieds, et si j'étais à sa place j'aurais déjà sauté sur l'occasion depuis longtemps ! Cela faisait presque une heure que nous parlions, le soir approchant à grand pas, et l'Insensible n'étant toujours revenu, nous décidâmes de commander à manger. Ce fut la première fois qu'une personne réussi à me faire oublier complètement Sherlock. Molly était décidément quelqu'un de très charmant, et inconsciemment, je voulais la faire rire le plus possible.
Au milieu du repas, lorsque le vin commençait à me détendre, je laissai glisser mon regard malgré moi sur sa bouche qui parlait avec animation, puis sur son cou, ses épaules rondes et frêles, m'arrêtant sur son léger décolleté et la forme de ses seins à travers le tissu. Je dus me faire violence pour me forcer à remonter mon regard sur ses yeux. Ses yeux. Ils auraient pu me paraître banals, bruns, mais en cet instant ils avaient cet éclat magnifique, qui les rendais uniques. Mon pauvre John ! Tu es amoureux ou quoi ? Moi, amoureux ? De Molly ? Je ne savais plus trop quoi penser. De toute façon, ce n'est pas toi qu'elle aime… songeais-je soudain sombre. Sherlock… toujours Sherlock… je vais finir par devenir jaloux, si ce n'est pas déjà le cas !
La jeune femme assise en face de moi dû remarquer mon trouble, car elle s'interrompit pour me demander si tout allais bien. Je la rassurai en lui mentant que je me faisais du souci pour mon ami, qui ne revenait pas. Mais à l'intérieur de moi je me disais qu'il pouvait rester où il était pendant dix ans si ça lui chantait, pourvu qu'il ne vienne pas gâcher ma soirée ! Je reportais mon attention sur Molly, qui me racontait ses dernières vacances en France avec emphase. Je ne prêtais qu'une oreille distraite à ses paroles, me concentrant surtout à détailler son visage malicieux. Mon dieu, qu'elle est jolie ! C'est pas vrai, pourquoi ça n'arrive qu'à moi de tomber amoureux des personnes déjà prises ! Je ne pouvais pas trop en vouloir à mon ami, ce n'est pas lui qui l'avait séduite, elle qui faisait tout pour attirer son attention. Lui, au contraire, faisait tout pour la repousser. Et je priais pour qu'il continue !
La jeune femme interrompit mes réflexions pour me demander quand est-que Sherlock revenait. Car déjà trois heures étaient passées, et toujours pas de détective en vue, de plus, l'obscurité commençait à envahir les rues de Londres. Je lui répondis que je ne savais pas, et qu'elle pouvait rentrer chez elle si elle le désirait. Ce à quoi Molly me répondit qu'elle pouvait attendre un peu, et qu'elle appréciait ma compagnie, le tout enveloppé d'un sourire charmeur. Je lui rendis son sourire en relançant la conversation. Au bout d'un moment, elle vint à me demander si j'avais une petite amie.
« Non, c'est le calme plat en ce moment, répondis-je avec un petit rire.
—Un petit copain alors ? dit-elle avec un sourire malicieux.
―Quoi ? Non ! Non, je ne suis pas … gay !m'exclamais-je en rougissant, pourquoi dites vous ça ?
Elle éclata de rire en voyant ma tête
—Ho, je ne vais pas vous le cacher ! On s'est tous demandé ce qui se passe entre vous et Sherlock !
―Hé bien je vous le dis, il ne se passe absolument rien entre lui et moi ! Je n'ai pas de petite amie, ni de petit copain ! »
Elle continuait à glousser doucement et moi à rougir, toujours très gêné. Puis elle reprit son calme et me demanda d'une voix presque langoureuse :
« Et… avez-vous… des vues sur quelqu'un ? »
J'allais ouvrir la bouche pour lui répondre, mais quelque chose derrière la vitre attira mon attention, et je ne pus retenir un sursaut et un petit cri en voyant Sherlock les mains et le visage collés à la vitre, en me regardant d'un air furieux. Alors que Molly regarda à son tour derrière la vitre, Sherlock disparu dans la nuit aussi rapidement qu'il était arrivé. Troublé, je bafouillai quelques excuses à mon invitée. Quelques secondes plus tard, je sentis vibrer mon téléphone dans ma poche, le sortis et lu le message qui y était affiché :
De : Sherlock
A : Moi
« Viens immédiatement à la maison. »
Je lui répondis le plus discrètement possible :
De : Moi
A : Sherlock
« Pourquoi, t'as pas vu que j'étais occupé ? »
De : Sherlock
A : Moi
« Viens. Immédiatement. A. La. Maison. John. »
Partagé entre le fait de vouloir rester encore un peu avec Molly et d'obéir aux messages impératifs de Sherlock, j'attendis encore un peu. Bizarrement, j'avais la très nette impression que quoi que je fasse, j'allais passer un sale quart d'heure.
De : Sherlock
A : Moi
« Tout de suite John. Ne m'oblige pas à venir te chercher. Tu sais que j'en suis capable. »
Je décidai de laisser passer, et de faire comme si de rien n'était en posant encore d'autre question à Molly. Ceci, je me rendis compte un peu tard, étant une très mauvaise solution. En effet, quelques minutes après le dernier message, le psycho… le sociopathe, passa la porte du bar et fonça vers moi à grande enjambées, tel un père se précipitant vers son fils pour le punir. Avant que je n'ais pu dire quoi que ce soit, il m'empoigna par le pull et jeta par terre. Sous les yeux ébahis des clients et de Molly, il me reprit par le col et me traîna sur le sol tandis que j'essayais de me relever. Arrivés dans notre salon, il me poussa sans ménagement dans le canapé. Je restai sans voix devant lui, toutes les injures du monde ne suffisant pas. Il me lança d'un air désinvolte :
«Tu vois ? Je t'avais prévenu…
—Mais… mais… pourquoi t'as fais ça ?! T'es malade ! Devant Molly et tous les autres ! Sherlock répond moi ! Pourquoi t'as fais ça ?!
Calmes toi, John…
―Non ! Je me calme pas ! Réponds à ma question ! »
Il poussa un gros soupir, et daigna me répondre après quelques secondes.
« T'as pas le droit de rester avec elle.
—Quoi ?! Qui ça, elle ? Molly ?! Et pourquoi ?!
―Parce qu'elle m'appartient. » :
A ses mots, je le regardai avec ahurissement, écarquillant les yeux au maximum. Mais qu'est-ce qu'il me chantait ?! Ils ne sortaient pas ensemble que je sache ! Je fini par balbutier :
« P…pardon ?!
―Oui, tu as bien entendu : elle m'appartient. »
Il s'approcha lentement du canapé, ne me quittant pas des yeux. On aurait dit un tigre près à se jeter sur sa proie.
« Et toi aussi tu m'appartient. Vous m'appartenez tous les deux. Mais ça ne veux pas dire que vous pouvez être ensemble. En tant que détenteur de vos personnes, je me donne le droit de vous refuser certaine chose. Compris ? »
Je tentai de reprendre mon calme, me pinçant l'arrête du nez en soupirant. Mais où est-ce qu'il allait chercher tout ça !? Je devais vraiment être dérangé pour rester avec lui !
« Bon, écoutes moi bien Sherlock. Je ne t'appartiens pas, Molly ne t'appartient pas, personne ne t'appartient, ok ? Personne n'appartient à personne. C'est clair ? T'as vraiment un gros problème avec les relations humaines !
—Très clair mais ce que tu dis est faux. Vous m'appartenez.
―Bon sang, Sherlock, arrêtes de te comporter comme un gamin ! Ca suffit, oui ?! Si tu continus tu sais ce qui t'attend !
—Tu ne peux pas partir. »
Là, je commençais vraiment à perdre mon sang froid.
« Ha oui, et pourquoi ?!
―Parce tu tiens trop à la vie excitante que je t'apporte. Et à moi. Je le voie dans tes yeux. Tu ne survivrais pas une semaine dans une vie bien rangée et monotone, tu reviendrais ici en courant. »
C'en était trop ! Je le défiai encore quelques seconde du regard, puis me précipita dans ma chambre pour aller chercher mes affaires après lui avoir soufflé froidement :
« Sans moi, tu serais déjà mort mille fois à cause de ta désinvolture. On pari combien que c'est toi qui viendra venir me chercher en rampant ? Sauf que là je ne te suivrais pas. »
Je me dirigeai rapidement vers le couloir en ignorant mon « ami » qui me criait d'arrêter et de revenir. Je pense qu'il avait compris que je ne plaisantais pas. Malgré ma colère, je ressentais une pointe de fierté. Arrivé devant ma porte, un sentiment diffus de malaise m'envahis subitement, me faisant ralentir une infime seconde. Mais ce n'avait rien avoir avec Sherlock, c'était autre chose. Je posais ma main légèrement tremblante sur la poignée, la tourna, entrebâilla ma porte, et me figea. Toute colère avait disparu, laissant place à une horreur grandissante. Je tentai de crier mais aucun son ne parvenait à sortir de ma gorge. Je serrais à présent la poignée de toutes mes forces. Je remarquai vaguement Sherlock arriver à son tour. Puis murmurer les mêmes mots qu'à l'hôpital, frémissants de peur.
Voilà ! Et je coupe au moment le plus intéressant, évidement... u.u
Dites moi ce que vous en avez penser ! :D
