Coucou ! J'espère que tout va bien pour vous et que ceux qui ont la chance d'avoir des vacances en profitent bien !

Merci à tous pour vos reviews ! Je suis allée au cinéma lundi après avoir posté mon chapitre, et quand j'ai regardé mes mails sur mon téléphone en sortant et que j'ai vu tous vos gentils avis, ça m'a donné un sourire de fouuu sur toute la route héhé. En plus, vous avez tous aimé le coup de la carotte, alors que je n'avais même pas fait ça pour que ce soit drôle, vos réactions m'ont donc bien fait rire :)

Dans ce chapitre, la parade tant attendue par certain(e)s ;) Si vous voulez voir quelle robe j'imaginais pour Clarke, cherchez « Eliza Taylor Galia Lahav » sur Google Images, c'est la première tenue qui s'affiche.

Bonne lecture !


Chapitre 7 : La parade

« Soyez beaux »

Alors qu'elle se dirige avec sa styliste vers le chariot sur lequel ils paraderont, Clarke est extrêmement mal à l'aise. La longe robe noire qu'Héra a créé pour elle est un peu trop moulante à son goût. Le voilage qui recouvre son dos et qui descend jusqu'à ses hanches est un peu trop transparent à son goût, malgré quelques arabesques de tissu. Le décolleté est un peu trop plongeant à son goût. Elle est un peu trop maquillée à son goût. Quand elle s'est vue dans le miroir, elle a été surprise. C'était comme si elle avait une femme face à elle, plutôt qu'une jeune fille de 17 ans.

- C'est le but, lui avait dit Héra en souriant. Je te l'ai dit, tu dois être désirable.

Clarke avait grimacé, mais avait choisi de faire confiance à sa styliste. Mais, maintenant qu'elle avance au milieu de toutes les équipes de préparation et des autres tributs, elle n'est plus aussi sûre d'elle. Et où est Bellamy ?

- Claaaarke, tu es fantastique !, s'écrie Keenan, toute d'argent vêtue, qui l'attend près du chariot avec Marcus Kane.

Ce dernier, toujours aussi bavard, confirme d'un simple hochement de tête. Voilà qui va la rassurer…

Héra arrange les derniers détails, quelques mèches de cheveux, les plis de sa robe. Elle replace correctement ses fines bretelles et le voile noir qui traine négligemment derrière la jeune fille. Sous ses mains rassurantes et devant son sourire encourageant, Clarke se calme un peu.

- Et voilà notre second tribut !, lance Keenan, toujours aussi enjouée et visiblement ravie des jeunes qu'elle a « décroché » cette année.

Clarke tourne la tête et, immédiatement, elle envie Bellamy. Sa chemise n'est pas fermée jusqu'en haut, dévoilant une partie de son torse. Mais au moins, son costume est correctement taillé et ne lui colle pas au corps. Lui aussi a l'air beaucoup plus vieux que d'habitude. Et surtout, il est très beau.

- Mon dieu, mais vous êtes absolument magnifiques, s'extasie Keenan. Et ce noir soutenu qui rappelle le charbon de chez eux, sans qu'ils soient ridiculement déguisés en mineurs, c'est parfait.

Là-dessus, Clarke ne peut que rejoindre l'hôtesse.

- Ulysse, Héra, vous avez fait un travail merveilleux, continue-t-elle.

- Vraiment, ça vous plaît ?, s'enquit Ulysse, amusé que tant de simplicité convienne à Keenan.

- Oui oui oui, absolument, radicalement !

Le couple de stylistes la remercie en souriant. Clarke sent le regard de Bellamy posé sur elle, mais il ne commente pas sa tenue. Et c'est tant mieux. Devant eux, les onze duos de tributs commencent à grimper dans leurs chars. Clarke remarque Zoran et Charlotte, les deux jeunes enfants du district onze, perdus et apeurés. Ca lui fend le cœur. Mais elle n'a pas le temps d'y penser plus longtemps, car Marcus Kane leur fait signe de s'approcher de lui.

- Quelques consignes pour la parade, annonce-t-il.

Clarke est toujours aussi surprise de l'entendre leur parler.

- Si vous voulez trouver des sponsors, il faut que vous plaisiez aux gens, c'est indispensable. Il faut que vous vous teniez bien droits et surtout que vous souriez au public, que vous leur adressiez des signes, mais sans trop en faire. N'ayez pas l'air de les draguer, soyez juste beaux.

« Soyez beaux » est vraiment un drôle de conseil, pense Clarke.

- Autre chose. Je veux que vous restiez proches, mais sans jamais vous toucher. N'hésitez pas à vous regarder, mais dès que vos regards se croisent, détournez-vous, comme si vous étiez gênés. Ca ne devrait pas être très compliqué pour vous, c'est ce que vous faites la moitié du temps.

La jeune fille esquisse une moue dubitative, sans vraiment comprendre sa remarque.

- Et c'est quoi le but de tout ça ?, veut savoir Bellamy.

- Je vous expliquerai plus tard. En attendant, faites ce que je vous dis.

Clarke croise le regard agacé de Bellamy. Finalement, ils préféraient quand Marcus ne parlait pas.


Bellamy aide Clarke à monter dans leur chariot, le dernier de la file, avant de l'y rejoindre. Tout ce cérémonial, toute cette « tactique » que Marcus semble tenter de mettre en place ne lui plaît pas vraiment. Mais il sait que s'il veut avoir la moindre chance de gagner et de retrouver sa sœur, il doit se plier aux règles et écouter son mentor. À côté de lui, Clarke gigote, ajuste sa robe. Elle s'arrête quand elle croise le regard de Bellamy et baisse les yeux.

- Je déteste ma tenue, dit-elle simplement, les joues rosies.

- Pourquoi ? Elle est très bien. Tu aurais pu te retrouver avec une robe en fils électriques, comme la tribut du district trois.

La jeune fille esquisse un rapide sourire à sa remarque. Mais Bellamy voit bien qu'elle est gênée.

- Je ne me sens pas moi dedans, explique-t-elle à voix basse. Quand je pense que ma mère va me voir habillée comme ça…

- De toute façon, je pense que tu ne te sentiras pas toi durant tous les Jeux, répond Bellamy. Mais c'est vrai qu'on est bien loin de la petite Princesse… On dirait plutôt la méchante reine.

- La méchante reine ?

- Mais oui, comme dans les contes de fées.

- Tu lis des contes de fées, toi ?

- J'en lisais à ma sœur, quand elle était petite.

- Oh, je vois.

- En tout cas, ne te tracasse pas. Tu es très belle comme ça. Pour ce soir, c'est tout ce qui compte.

Clarke ouvre la bouche pour lui répondre, mais la musique d'ouverture se fait entendre, à travers tout le Capitole. La cérémonie va commencer. L'un derrière l'autre, les douze chariots vont défiler dans les rues, au milieu des habitants, durant une vingtaine de minutes, jusqu'au Grand Cirque. Là-bas, les tributs seront accueillis par le président Wallace.

Les grandes portes s'ouvrent face à eux et, un à un, les chariots sortent, sous les acclamations et les applaudissements de la foule. Comme toujours, les tributs des districts un, deux et quatre sont particulièrement plébiscités. Le futur gagnant est souvent l'un d'entre eux. Sort ensuite le cinq, puis le six, et très vite, le neuf, et enfin, le onze. Alors que leur chariot s'élance, tiré par deux chevaux qui savent visiblement où ils doivent aller, Clarke et Bellamy échangent un dernier regard.

- N'oublie pas de sourire, Princesse, glisse le jeune homme à sa partenaire de galère.

Elle lui répond en dévoilant une rangée de dents éclatantes. Elle est effectivement très belle et va forcément faire des ravages.

- C'est parti, dit-elle avec une voix qu'elle veut assurée.

Autour d'eux, le vacarme est assourdissant. Les gens les ont à peine vus qu'ils scandent déjà leurs noms, trouvés dans les programmes de la cérémonie. « Clarke ! Bellamy », hurle la foule de manière diffuse. Les deux tributs répondent aux cris par des signes de main, des sourires. Bellamy jette un coup d'œil à la jeune fille à sa gauche, qui lance un baiser au public. Comme si elle avait senti son regard posé sur elle, Clarke tourne la tête vers lui. Et immédiatement, comme Marcus leur a demandé, ils se détournent, pour mieux reporter leur attention vers la foule.

De grands écrans géants installés partout aux abords des rues retransmettent, en gros plan, le moindre de leur geste, le moindre sourire, le moindre mouvement de tête ou de la main, le moindre regard échangé. Bellamy doit reconnaître que l'image qu'ils renvoient est assez impressionnante. Ils ont l'air plus vieux, plus beaux et plus menaçants que d'habitude. Et c'est ce qui semble plaire au public. Alors il se prend au jeu, remercie d'un sourire les gens qui leur envoient des fleurs, croise le regard de Clarke, adresse un signe de la main. Des gestes simples, mais qui sont un pas vers une possible victoire et des retrouvailles avec Octavia.

La parade passe à toute allure et, très vite, leur chariot fait son entrée dans le Grand Cirque, dont il fait le tour, toujours en queue de la file. Finalement, les douze attelages s'arrêtent côte à côte, face à la majestueuse maison du président Wallace. Ce dernier se tient sur un grand balcon.

Dante Wallace n'est plus tout jeune. Son crâne est partiellement dégarni, malgré quelques cheveux blancs encore présents. Sa peau est extrêmement ridée. Ca a toujours étonné Bellamy de voir que le président ne se pliait pas à la mode absurde du Capitole, où les gens cherchaient toujours à paraître plus jeunes. Il porte un costume rouge et or, royal, mais sobre, comparé à ceux des gens qui l'entourent.

Le président adresse un discours solennel aux 24 tributs qui lui font face. Rien de très original par rapport aux années précédentes. « Soyez fiers de défendre l'honneur de votre district » et autres banalités. Comme d'habitude. L'hymne national de Panem s'élève finalement. Les douze chariots font un tour d'honneur dans le Grand Cirque, puis se dirigent vers un immense bâtiment noir et vert, doté d'une tour. Le centre d'entraînement.

Une fois que les portes du centre se sont refermées derrière eux, les chevaux vont, d'eux-mêmes, se ranger dans les espaces prévus pour chaque district. Bellamy saute de leur chariot et tend la main à Clarke pour l'aider à descendre. Elle le gratifie d'un sourire, alors qu'elle tente de ne pas abimer sa robe.

Ils voient alors débouler un sacré convoi. En tête, uune Keenan surexcitée. Derrière elle, les six préparateurs, tout aussi enjoués. Ensuite, Héra et Ulysse, qui avancent calmement mais avec un air victorieux sur le visage. Et enfin, Marcus, toujours aussi inexpressif, qui ferme la marche.

- Magiques ! Exceptionnels ! Magnifiques ! Vous étiez tellement beaux, oh, comme je suis fière de vous !

Keenan semble sur le point d'exploser de bonheur. Bellamy lui dépose une petite tape amicale sur l'épaule. Il n'a jamais vu quelqu'un d'aussi enjoué, ça l'amuse presque.

- Les commentateurs vous ont adorés, le public aussi !, continue leur hôtesse. Je cite : « C'est la preuve que certains n'ont pas besoin d'en faire des tonnes pour être beaux. »

Bellamy échange un regard avec Clarke et elle semble comprendre ce qu'il a en tête. Ils sont pourtant quand même sacrément maquillés. Elle lève les yeux au ciel, légèrement désabusée, mais paraît elle aussi s'amuser de la réaction de Keenan.

- Il faut dire que vous passiez après plusieurs districts qui n'avaient aucun charisme. Du sept au onze, quelle horreur. Ca vous a rendus d'autant plus beaux.

Autour de Keenan, les six préparateurs piaillent de joie. Aspasie en secoue son palmier vert de contentement.

- Verdict ?, demande Bellamy à Ulysse et Héra, qui sont bien plus calmes que les autres et qui seront aussi plus objectifs.

- Keenan a bien résumé, sourit son styliste. Sans en faire des tonnes, sans costume à plumes et à paillettes, vous avez su plaire au public. C'était ce qu'on désirait.

- Et vous Marcus, qu'est-ce que vous en avez pensé ?, risque Clarke à l'adresse de leur mentor.

- Bien. Sans fioriture. Ravi que vous m'ayez écouté. On discutera de la suite de notre tactique plus tard.

Ou comment plomber l'ambiance en dix secondes.

- Trêve de bavardages, venez, nous allons découvrir vos appartements !, s'exclame Keenan, toujours aussi joyeuse, en passant le bras droit autour de la taille de Bellamy et le gauche autour de celle de Clarke.

Elle les entraîne vers un ascenseur, qu'elle appelle en appuyant sur un gros bouton doré.

- Chaque district est logé à un étage de la tour, explique-t-elle. Vous venez du district douze, vous êtes donc au douzième étage. Et vous avez même une terrasse sur le toit ! Vous allez voir, la vue est imprenable !

Ils entrent dans l'ascenseur, accompagnés de Marcus, Ulysse et Héra. Bellamy est rassuré par la présence du couple de stylistes, moins agaçants que Keenan, mais plus causants que leur mentor. La cabine, toute de verre, s'élève à une vitesse impressionnante, à tel point que Bellamy manque presque de perdre l'équilibre. Pendant toute la montée, Keenan leur répète à quel point ils ont été magnifiques et comme le public a été convaincu, les femmes craquant sur Bellamy et les hommes fondant devant Clarke.

Ils arrivent à destination et pénètrent dans la pièce la plus impressionnante que Bellamy n'a jamais vue. Plus grand encore que ce qu'il a aperçu de la maison des Griffin, plus luxueux que le train qui les a emmené au Capitole. Tout est coloré, un peu trop au goût du jeune homme. Il y a des gadgets partout, des écrans de télévision gigantesques, du mobilier impressionnant. Clarke et Bellamy découvrent tout ça avec des yeux ronds, sous les regards amusés de Keenan, Héra et Ulysse, et celui lassé de Marcus. Leur hôtesse les guide ensuite vers leurs chambres respectives, qui se font face.

- Allez-vous laver, vous démaquiller et vous changer. Et ne trainez pas pour venir manger, Marcus tient absolument à discuter de votre tactique pour la suite.

Les deux tributs hochent la tête et se dirigent vers leurs chambres.

- À tout à l'heure, Princesse, glisse Bellamy à Clarke avec un sourire, en jetant un dernier regard pour la magnifique robe que porte la jeune fille.

Si Nathan le voyait et l'entendait, il se roulerait par terre en riant comme un dingue…


Une fois qu'elle a ôté tout le maquillage qui lui recouvre le visage et qu'elle a pris une bonne douche, Clarke fouille dans l'immense dressing de sa chambre et enfile un pantalon bleu marine et un pull blanc, fait de la laine la plus douce qu'elle n'a jamais vue. Elle se dirige ensuite vers la salle à manger, où Bellamy, Keenan, Héra et Ulysse sont déjà installés. Leur hôtesse commente encore la cérémonie d'ouverture.

- Je pense qu'elle ne va jamais s'en remettre, lui chuchote Bellamy, alors qu'elle s'assoit à ses côtés.

Clarke ne peut s'empêcher de sourire, mais baisse aussitôt les yeux en sentant le regard d'Héra posé sur elle. Autour d'eux, le personnel de maison s'active en silence pour leur servir à manger.

- En tout cas, cette belle entrée en la matière va vraiment nous aider pour la suite, affirme Keenan. Marcus a déjà récolté quelques promesses de sponsoring, c'est fantastique, non ?

- Marcus a fait ça ?, demande Bellamy en arquant un sourcil, surpris.

- Oui oui oui, aussi étonnant que ça puisse paraître, pendant la parade, il avait déjà commencé à solliciter quelques sponsors potentiels.

- Je croyais qu'il ne s'occupait jamais de ses tributs, les autres années…, avance Clarke.

- Ne vous occupez pas de ce qu'il se passait les autres années, déclare Marcus en entrant dans la pièce, provoquant un silence gêné.

Il s'installe à côté de Bellamy, face à Keenan, et remplit son assiette de viande et de pommes de terre. Il nappe consciencieusement le tout de sauce, sans se préoccuper du malaise que son arrivée impromptue a provoqué.

- Bon, parlons peu, mais parlons bien, reprend-t-il après avoir englouti une partie de son assiette. On a une tactique à mettre en place. J'ai décidé que j'allais vous conseiller ensemble et que vous alliez travailler en duo. Si l'un de vous deux n'est pas d'accord avec ça, tant pis pour lui, il fait avec ou il se débrouille tout seul.

- Oh, quand même, Marcus…, intervient Keenan, l'air offusquée.

Kane l'interrompt d'un geste désinvolte de la main, tandis que Clarke et Bellamy échangent un regard entendu.

- Ca nous va, répond Clarke pour les deux tributs.

- Parfait. On reviendra là dessus plus tard. Avant ça, je veux savoir ce que vous valez. Clarke, qu'est-ce que tu sais faire ?

La jeune fille reste silencieuse un moment, à la recherche d'une compétence qu'elle pourrait utiliser dans l'arène. Ce n'est pas la peinture qui va l'aider…

- J'ai de bonnes connaissances médicales, tente-t-elle, alors qu'Héra l'encourage avec un sourire.

- Ca ne te servira pas pour tuer un autre môme, mais ça te sera utile. Ensuite ?

Rien, veut-elle répondre. Elle ne voit rien.

- Je ne sais pas vraiment…

- Tu es super rapide !, intervient Bellamy.

Clarke tourne la tête vers lui, sans comprendre.

- Mais si, continue le jeune homme. Pendant nos cours de sport, tu dépassais tout le monde à une vitesse folle. Et tu es agile, tu t'en sortais vraiment bien sur les parcours d'obstacles.

Marcus hoche la tête.

- Bien. Encore une fois, ce n'est pas avec ça que tu vas tuer quelqu'un, mais ça te servira. Tu seras plutôt dans une stratégie de repli. À l'entraînement, demain et tout ce début de semaine, il faudra tout de même que tu travailles avec une arme. Un couteau, une lance, quelque chose comme ça.

- Bellamy pourra m'aider alors, c'est un expert avec une lance.

Le regard de Marcus semble s'illuminer. Toutes proportions gardées, bien sûr, ça reste Marcus Kane.

- Vraiment ?

- Je ne suis pas vraiment un expert, souffle Bellamy en levant les yeux au ciel. Disons que je m'en sors plutôt bien.

- Il chassait hors du district, explique Clarke.

- Mais c'est très bien ça, c'est très bien.

Marcus nettoie la sauce de son assiette avec un peu de pain au pavot, l'air pensif, avant de reprendre la parole.

- Consignes pour demain : vous ne parlez à personne, vous restez à deux, dans votre coin. Et avancez discrètement, ne montrez pas vos talents aux autres tributs. Pensez à apprendre à faire du feu, à poser des pièges, des choses qui paraissent des détails, mais qui seront indispensables à votre survie. Clarke, tu montreras deux/trois petits trucs à Bellamy pour qu'il puisse s'en sortir en cas de blessure. Bellamy, je veux que tu apprennes à Clarke comment manier une arme. Elle ne deviendra pas une spécialiste du combat, mais si au moins elle sait tenir la lance dans le bon sens, ce sera toujours ça de pris.

Clarke est piquée au vif par cette dernière remarque, qu'elle trouve très condescendante. Elle s'apprête à ouvrir la bouche pour répliquer, mais elle sent la main de Bellamy exercer une pression sur son poignet, sous la table. « Ne réponds rien et calme-toi », semble dire son regard. Alors elle souffle un coup et ravale la remarque cinglante qu'elle allait lui balancer. Marcus, qui n'a rien raté de leur échange silencieux, lâche un ricanement froid.

- Il a tout compris, lui.

Sur ce, il se lève.

- Profitez de la rediffusion de la parade sans moi.

- Mais Marcus, on doit la regarder ensemble, s'écrit Keenan d'une voix stridente, celle qu'elle prend quand elle a une petite montée de stress. Ce n'est pas comme ça que c'est prévu, non non non, absolument pas, radicalement pas.

Le mentor ne l'écoute pas et quitte la pièce, alors qu'Héra et Ulysse s'amusent de le voir ainsi faire tourner Keenan en bourrique. Clarke, elle, jette un coup d'œil à Bellamy et devine tout de suite qu'il partage ses pensées. Entre Marcus et Keenan, ils ne sont pas sortis de l'auberge.


Lincoln regarde la Grand-Place se vider, alors que l'écran géant vient de s'éteindre, une fois la parade de la cérémonie d'ouverture terminée. Contrairement aux autres années, les deux commentateurs étaient très enthousiastes en voyant les tributs du district douze.

- Il était beau, n'est-ce pas ?, lui demande Octavia.

- Très beau. Ce n'est pas ton frère pour rien.

Sa petite amie lui adresse un faible sourire. Le premier depuis que Bellamy a été moissonné.

- Il était carrément canon, affirme Raven. Et la foule les a adoré, ça se voyait.

Lincoln voit John lever les yeux au ciel. C'est une sorte de tic, chez lui. Il lève les yeux au ciel et il souffle.

- J'espère que ça aidera Bellamy à attirer des sponsors, lâche Monty.

Les Pacificateurs leur font signer de quitter la place, leur indiquant qu'ils n'ont plus rien à faire là maintenant que la diffusion est terminée. John, après avoir levé une nouvelle fois les yeux au ciel, et Monty les saluent et se dirigent vers leurs maisons respectives, situées non loin du centre-ville. Nathan, Jasper, Raven, Octavia et Lincoln, eux, se mettent ensemble en route vers la Veine. Alors qu'ils s'éloignent, Lincoln remarque du coin de l'œil Abby Griffin, qui discute avec une journaliste des équipes du Capitole. Elle a l'air amorphe, sans vie.

- Je suis sûr que Bellamy a déjà plein de fans au Capitole !, s'exclame Jasper, interrompant sa contemplation.

- Si ses célèbres tâches de rousseur font leur effet, je n'en doute pas… ajoute Nathan.

Lui aussi esquisse son premier sourire depuis la veille. Raven lâche un petit rire à cette remarque, tandis que Jasper lui fait un clin d'œil. La parade les a remotivés. C'était comme si entendre tant de compliments adressés à leur ami les avait aidé à croire en une possible victoire. Raven les quitte la première pour retourner chez elle, bientôt suivie par Jasper. Alors qu'ils arrivent devant chez les Blake, Nathan s'arrête un instant.

- Je passe vous prendre demain pour aller à l'école ?, propose-t-il.

- C'est gentil Nathan, lui répond Octavia. Ca me ferait plaisir, merci.

Le meilleur ami de Bellamy dépose un baiser sur la joue d'Octavia et serre la main de Lincoln, avant de s'éloigner. La jeune fille ouvre la porte de la maison et se dirige vers le lit de son frère, dans lequel elle s'affale. Lincoln la rejoint et s'assied à côté d'elle.

- Tu devrais rentrer chez toi, lui souffle Octavia. Je suis sûre que ton père n'appréciera pas que tu ne sois jamais à la maison.

- Mon père comprend. Il sait que ma place est ici.

Du haut de ses 16 ans, Lincoln a le sentiment qu'il doit prendre ses responsabilités. Et cela veut dire prendre soin d'Octavia. La jeune fille change de position, pour poser sa tête sur les cuisses de Lincoln. Il la contemple un moment, en caressant machinalement ses cheveux bruns. Il voit bien que la tristesse ne quitte pas son regard. Il se demande si cela arrivera un jour.

- Merci Lincoln, murmure Octavia au bout de quelques minutes.

- De quoi ?

- D'être là. De me soutenir. De m'aimer.

Le jeune homme sent son cœur se serrer. Il se penche pour embrasser doucement sa petite amie.

- Depuis toujours et pour toujours, Octavia.


Et voilà, avec, en prime, une petite touche de Linctavia :)

Dans la suite de la sobriété des costumes, j'ai voulu que Clarke et Bellamy fassent une parade qui ne soit pas trop extravagante. J'espère que vous avez tout de même aimé ! Dante Wallace comme président, qu'est-ce que vous en pensez ? Cage apparaîtra bientôt, dans quel rôle à votre avis ?

Merci aux reviewers guest, lila, bel Ocane, Freya (ton enthousiasme me fait trop plaisir ! Et effectivement, pas de bisous tout de suite, il est beaucoup trop tôt ;)), lili (tes compliments m'ont vraiment touchée, merciiii !), Bouhouhou (bienvenuuue !), samla (je pense qu'on arrive tous à imaginer Bellamy sexy ahah) et katniss ! Merci aussi à ma petite Pandora, ton texto m'a fait ultra plaisir !

Dans le prochain chapitre, le début de l'entraînement, avec un Bellamy énervé et une petite discussion entre Clarke et Bellamy… (Bonjour le teasing !)

Passez un bon week-end, je vous embrasse :)

Estelle