Disclaimer : Bien entendu, Joanne Kathleen Rowling est la maman de Harry Potter et de tout l'univers magique qui lui est associé. Merci à elle d'autoriser les fanfictions sur son œuvre
Attention : Rated T pour le langage et les scènes violentes.
RAR :
Lupa : Hello ! Merci beaucoup pour ta super review ! Bonne année à toi aussi;) Tout plein de trucs cool ^^ Merci pour tous tes compliments:) Tu n'as pas idée à quel point ça me fait plaisir ! Comme le veut ma formule consacrée, Draco est un vrai boulet ! Sérieux, ce mec cumule (faut dire qu'il est pas aidé entre ses gènes Black et Malefoy, mais quand même ^^). Maellyn est ultra choupette avec lui (et elle prend certainement exemple sur Narcissa, ça c'est sûr). Je te laisse avec la suite;) Bonne lecture !
Merci à lune patronus (x2), Lyrumbra, Lupa, AndouilleEtSushi, Almayen(x2) et Lupa pour leur(s) review(s). J'ai été super gâtée ! Vous ne savez pas à quel point vous m'avez fait plaisir !
Bonjour à toutes et à tous !
Comment va la vie de votre existence ? Bien ou pas ?
De mon côté, ça va:) J'ai pas mal de boulot (genre des copies – quelle idée aussi de donner des contrôles à mes pioupious – et des réunions et bref...) et j'ai eu un creux (un gouffre) dans ma productivité, mais qu'à cela ne tienne ! J'ai repris la main et...
J'AI FINI MON UA ! Oh yeah !
Il s'appelle There Will Be Time... et il pèse non loin de 81 000 mots (en comptant les bonus). Autant vous dire que OS il ne restera point. Je me tâte pour la date de la mise en ligne, mais incessamment sous peu (qu'en plus j'ai fait une superbe cover alors ^^).
Autrement, j'avance gentiment sur le chapitre 27 (j'aime quand il ne se passe rien dans le canon mais que le chapitre prend des airs de monstre au bout de seulement deux scènes).
Et aussi, d'après mon très beau tableur (#profdemaths) j'ai écrit 352 252 mots en 2017, ce qui n'est pas si loin de mon objectif 365k en 365 jours et je ne suis pas peu fière de moi XD (si vous enlevez les 80k de TWBT, vous avez donc un peu plus de 270k qui vous attendent sur BS, et c'est loin d'être fini).
Bon allez, j'arrête un peu de racconter ma vie (au demeurant pas méga intéressant en plus) et je vous laisse avec la suite spécial Noël (j'aurais pu avoir un meilleur timing, mais aussi un bien pire...) que j'aime beaucoup pour le coup. J'ai eu l'occasion de me casser les dents sur la chronologie de Rowling, mais j'ai plutôt bien géré le truc je trouve.
Bonne lecture !
Un grand merci à Sundae Vanille pour la relecture et les retours ! Et je ne le dis peut-être pas assez, mais sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
Black Sunset
Partie III : Dark Matter.
Chapitre 7
Dark Matter : a term used to describe matter in the universe that cannot be seen, but can be detected by its gravitational effects on other bodies.
Secret : n. a piece of information that is generally known or is not known by someone else and should not be told to others.
Mardi 8 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
Le bruit soudain des dizaines de chouettes et autres hiboux qui venaient déposer leur courrier m'arracha un sursaut et je faillis renverser une partie de mon thé sur moi. Cela faisait plus de trois mois que j'étais arrivée à Poudlard, et je ne m'étais toujours pas habituée au soudain vacarme.
Comme presque chaque matin depuis un mois, un hibou particulièrement massif déposa un lourd colis devant Crystal et elle eut un sourire satisfait en l'ouvrant. Il s'agissait encore de nouvelles amulettes que fabriquaient sa grand-mère, et j'étais surprise que la totalité de Poudlard n'en porte pas encore une, voir même plusieurs. J'avais l'impression que Crystal en vendait des dizaines par jour, et que le nombre de personnes qui venaient lui passer commande ne cessait d'augmenter.
Il était fort probable que ces talismans africains ne pouvaient rien faire contre le monstre lâché dans le château, seulement, beaucoup de mes camarades ne partageaient pas mes doutes.
Depuis dix jours, elle proposait même des bracelets tressés de différentes pierres aux divers pouvoirs, et Deloris avait bien failli lui en acheter un, au prétexte qu'elle les trouvait jolis, avant de se reprendre.
Si elle était surprise avec un tel artefact alors qu'elle était une Sang-Pur, elle n'avait pas fini d'entendre des plaisanteries à ce sujet, ce dont pouvait témoigner Londubat.
Une chose était sûre, Crystal savait tirer partie de la situation, et semblait avoir un don pour convaincre n'importe qui qu'il avait besoin d'être protégé.
Un peu plus loin à notre table, Draco déballait, comme chaque matin, son paquet de sucreries que Lucius continuait à lui envoyer malgré les sermons de Nani.
- Ma mère organise une fête pour la nouvelle année, s'extasia Deloris. Crystal, Alya, vous avez intérêt à venir !
- Cela ne sera pas possible pour moi, répondit Crystal. Je retourne en Afrique du Sud pour les vacances de Noël.
Deloris eut une moue contrariée avant de se tourner vers moi.
- Si ma tante est d'accord, bien sûr que je viendrais.
- Je vais dire à ma mère d'envoyer une invitation aux Malefoy. Oh, et une aux Rowle aussi... Tu ne crois quand même pas que Christopher va passer Noël à Durmstrang, si ?
Je haussai les épaules et fis de mon mieux pour ignorer l'étrange pincement qui me serrait le cœur à chaque fois que je pensais à mon meilleur ami. Ni moi, ni mes amis, n'avions reçu de nouvelles depuis qu'il était parti de Poudlard. J'avais finalement demandé à Nani de se renseigner auprès des Rowle, et elle m'avait expliquée que les élèves de Durstrang n'avaient accès aux hiboux de l'école qu'en cas de comportement exemplaire ou d'excellents résultats, ce que Christopher était loin de d'obtenir.
Pour une fois, même Hadrian avait semblé sceptique.
Christopher est loin d'être un idiot... Je pense plutôt que le directeur de Dursmtrang a des consignes spéciales de la part de son père. Peut-être s'est-il imaginé que nous avions eu une mauvaise influence sur son fils ?
Je soupirai. Christopher me manquait de plus en plus, ne pas avoir de nouvelles était plus inquiétant à mesure que le temps s'écoulait, et j'espérais vraiment que ses parents accepteraient l'invitation de Lady Yaxley, sans trop vraiment croire que Christopher serait avec eux.
Après le petit-déjeuner, Draco m'intercepta au moment où nous retournions à la salle commune pour récupérer nos sacs avant le cours de Botanique.
- Nous ne rentrons pas à Noël...
Je le dévisageai, surprise, et il me tendit la lettre de Nani.
Mes chers enfants,
J'espère que vous continuez à travailler sérieusement et que toute cette histoire de Chambre des Secrets ne vous inquiète pas trop. Lucius a pris les choses en main au Conseil d'Administration et compte faire voter des mesures pour assurer votre sécurité.
J'ai toutefois une mauvaise nouvelle à vous annoncer : la santé de votre grande tante Cassiopea est au plus mal. Elle a contracté la Dragoncelle et je ne peux quitter son chevet à Sainte Mangouste un seul instant, de peur qu'elle ne s'éteigne dans la solitude. Je crains que vous ne soyez obligés de passer les vacances de Noël à Poudlard, puisque le travail de Lucius le retient au Ministère jusque tard dans la nuit.
J'espère pouvoir vous faire rentrer si la situation s'améliore, mais tante Cassiopea a toujours souhaité mener ses combats jusqu'au bout, et elle pourrait bien être tentée de se raccrocher le plus longtemps à la vie.
Je suis sincèrement désolée d'être obligée de vous imposer cela, puisque Noël est une fête de famille et que nous aurions dû être réunis à cette occasion.
Vous me manquez énormément,
Je vous embrasse,
N. M.
- Oh non, marmonnai-je.
J'attendais les vacances avec impatience depuis déjà deux semaines. J'avais hâte de retrouver Nani, le Manoir et de pouvoir passer les vacances à être dorlotée par ma marraine. Même la perspective de devoir supporter oncle Lucius ne m'inquiétait pas.
La nouvelle me donna envie de pleurer et je serrai les paupières pour retenir mes larmes.
- C'est injuste... Je ne vois pas ce qui nous empêche de rentrer au Manoir quand même. Nous ne sommes plus des bébés.
- Nani n'a jamais aimé nous laisser seuls, répondis-je dans un murmure.
- Nous ne sommes jamais seuls au Manoir. Il y a une dizaine d'Elfes !
- Ils ne sont que cinq, et Tabby et Patty sont de plus en plus vieux.
- Et alors ? Je vais lui écrire une lettre pour lui demander de changer d'avis. Il est hors de question que je passe Noël ici comme si j'étais un orphelin !
Je me sentis blêmir malgré moi, incapable de ne pas me sentir visée par la fin de sa phrase.
J'étais orpheline.
Que mes parents soient encore vivants à Azkaban ne changeait rien à ça. Si Nani décidait un jour de ne plus s'occuper de moi, je n'avais nulle part où aller. Les Lestrange ne s'étaient jamais intéressés à moi, comme si je portais malheur, et la seule autre Black à être encore vivante était Androméda, la sœur de Nani, que je n'avais aperçu qu'une fois ou deux sur le Chemin de Traverse.
Il s'aperçut une seconde trop tard de ce qu'il venait de dire et pâlit, avant de rougir.
- Je suis désolé, Aly... Je...
Je relevai le menton et rejetai les épaules en arrière.
- Tu devrais apprendre à réfléchir avant de parler, Malefoy, grognai-je. Un jour, quelqu'un va te balancer son poing dans la figure et je t'assure que je serais là pour le féliciter !
Je tournai les talons sans un regard en arrière.
Jeudi 10 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
- Petite, il faut que je te raconte une histoire. Je suis sûre qu'elle va te remonter le moral.
A ma droite, Deloris se redressa aussitôt, à l'affût de quelque chose de nouveau, et je vis Crystal tendre l'oreille aussi discrètement que possible.
Pansy s'installa sur le bras du canapé où nous nous étions installées pour terminer la soirée, tandis que Sven et Hadrian disputaient une partie d'échecs à même le sol. Pour tout ce que j'avais suivi, Sven était en train de perdre très largement.
- Qui te dit que j'ai besoin qu'on me remonte le moral ?
Elle haussa un sourcil.
- Pitié, Lestrange. Draco et toi vous faites la tête, ce qui n'est jamais que la millième fois depuis que vous êtes en âge de parler.
- Et alors ?
- Je pense personnellement que cela ne peut que lui faire du bien. Tu es la seule personne dans ce château capable de le faire culpabiliser. Bref... On a eu un accident en potion aujourd'hui.
- Et c'est censé me remonter le moral ?
- Deux secondes ! Donc, quelqu'un – un Gryffondor, j'en suis convaincue, parce qu'un Serpentard aurait utilisé un ingrédient de potion pour ne pas laisser de traces, nous ne sommes pas stupides – a fait exploser le chaudron de Gregory... Devine qui a reçu de la potion d'Enflure plein la figure ?
- Draco ?
Le sourire de Pansy s'élargit et elle commença à me raconter dans le détail comment le nez de mon cousin avait enflé jusqu'à avoir la taille d'un Souaffle, alors que les yeux de Gregory avait atteint la taille d'une assiette avant que Rogue n'ait eu le temps de lui administrer un antidote.
- La moitié de la classe a été plus ou moins touchée. Une chance que Daphné, Millicent et moi nous tenons toujours à distance de Greg et de Londubat. Ils ratent si souvent leurs potions qu'on devrait leur interdire d'approcher un chaudron...
J'essuyais rapidement mes larmes de rire et cherchai Draco des yeux, certaine de le trouver d'une humeur maussade dans un coin.
La perspective de pouvoir me moquer de lui tant que je le pouvais encore me donna presque envie de lui adresser la parole à nouveau, ce que Pansy devait sûrement savoir.
Comme elle me l'avait si bien rappelé, ce n'était pas la première fois que nous nous faisions la tête, et elle s'était souvent arrangée pour nous réconcilier, n'hésitant pas à nous enfermer dans un placard jusqu'à ce que nous nous excusions l'un l'autre deux années de cela.
- C'est tellement dommage que je n'ai pas pu prendre une photo, soupira Pansy d'un air rêveur. Il n'aurait rien pu me refuser avant longtemps. Rien d'excitant de votre côté ?
Je n'avais rien à ajouter et laissai donc Deloris expliquer en détails notre journée. Le cours de vol avait été une longue torture dans ce froid glacial, j'avais tout juste réussi à maintenir le Wingardium Leviosa une petite minute en sortilège, Lockhart nous avait fait subir un de ses stupides tests où aucune question n'avait vraiment rapport avec la Défense contre les Forces du Mal, et avait évoqué un projet pour la fin de l'année. Les dons d'actrices de Deloris lui avait donné l'idée de monter une pièce de théâtre pour faire revivre un de ses livres.
J'étais à deux doigts d'envoyer une lettre à oncle Lucius pour qu'il fasse intervenir le Conseil d'Administration.
Heureusement, nous avions eu Métamorphose. J'avais reçu un O à mon dernier devoir, le professeur McGonagall m'avait indiquée le nom de nouveaux ouvrages afin que je puisse approfondir certains points de théorie, et elle m'avait laissée entendre qu'elle serait ravie de me donner quelques cours particuliers pendant les vacances de Noël.
C'était la seule chose qui me donnait envie d'être en vacances désormais. Nani avait refusé de changer d'avis malgré ma lettre et celle de Draco, tante Cassiopea ne semblait pas vouloir mourir avant la fin du trimestre, et tous mes amis rentraient chez eux.
D'après ce que j'avais compris, Draco, Vincent, Gregory et moi étions les seuls à rester à Serpentard.
- Sans vouloir te donner de conseils, tu ferais mieux de te réconcilier avec Draco avant le début des vacances, me souffla Pansy avant de rejoindre ses amis.
...
Dimanche 13 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
Il faisait un froid glacial dans la volière : la neige tombait à gros flocons depuis deux jours maintenant, le parc était recouvert de près d'un mètre de poudreuse, et je gardais mes gants en peau de dragon quand je devais traverser les couloirs du château.
Pourtant, la lettre entre mes doigts me donnait l'impression de me brûler la peau.
Je n'avais pas envoyé de lettres à Christopher depuis son départ de peur de lui attirer de nouveaux ennuis – une jeune fille ne devait envoyer une lettre à un garçon qu'en utilisant le hiboux de ses parents avant ses quatorze ans, ce qui obligeait à demander l'autorisation en premier lieu – mais l'absence de nouvelles devenait insupportable...
Et Christopher allait fêter ses douze ans dans deux jours ! Il était hors de question que j'ignore cette date à cause des règles de bienséance. Il s'agissait de mon meilleur ami. Qu'il ait été exilé de l'autre côté de la Manche ne changeait rien à cela.
C'était du reste le joli discours que j'avais répété à Deloris quand elle m'avait surprise en train de rédiger ma lettre à la bibliothèque.
Mon amie n'avait pas eu besoin de me dire à quel point elle désapprouvait mon idée – son regard vert avait parlé pour elle – et maintenant, ma fierté m'interdisait de renoncer.
Un long moment passa encore, durant lequel je fixai le nom de mon meilleur ami sur l'enveloppe. Dans le pire des cas, oncle Lucius allait en entendre parler – Thorfin Rowle n'était pas le seul à connaître le directeur de Durmstrang – et il ne manquerait pas de me faire une très longue leçon de morale – ce à quoi je commençais à être habituée – mais Nani comprendrait.
Chris serait sans doute privé encore plus longtemps des privilèges de Durmstrang, mais je doutais sincèrement que ses parents aient prévu de lui permettre d'envoyer du courrier avant ses dix-sept ans...
Le hibou devant moi fit claquer son bec avec humeur et je me décidai à lui donner ma lettre.
- Christopher Rowle, à Durmstrang. Essaye de la lui donner quand il sera seul, d'accord ?
Il me sembla que le hibou eut un soupir résigné avant de s'envoler – les conditions climatiques étaient particulièrement rudes et je doutais sincèrement que Chris la reçoive à temps–.
Tandis qu'il disparaissait dans le ciel blanc, je ne pus m'empêcher de penser au pire : et si je ne revoyais plus jamais Christopher ?
Euphémia et Thorfinn Rowle n'étaient pas connus pour leur demi-mesure – surtout Euphémia – et ils étaient sans aucun doute possible capable du pire...
Mes yeux commencèrent à me brûler, tandis qu'un frisson secouait mon corps, et je serrai les dents pour ne pas laisser gagner les larmes.
Je ne pleurais pas ou, du reste, pas dans un endroit où je pouvais être aussi facilement surprise dans un de mes moments de faiblesse.
Quand je me retournai, j'eus presque un haut le cœur en découvrant Neville Londubat.
De toutes les personnes que comptait le château, il fallait que je tombe sur lui !
- On se promène seul, Londubat ? Grognai-je en relevant le menton. Avec le monstre qui rôde, c'est particulièrement stupide de ta part.
Il sursauta, comme si je venais de lui asséner un claque retentissante mais, à ma grande surprise, ne détourna pas le regard.
Au contraire, son expression s'assombrit et il serra les points si forts que ses jointures ne tardèrent pas à blanchir.
Je fis de mon mieux pour lui lancer un regard glacial avant de faire un pas en avant – juste un seul, pour tester le terrain et ne pas prendre le risque de terminer à l'infirmerie –.
Comme il resta de marbre, je filai vers la sortie, essayant de me convaincre que je n'avais pas eu le choix, que c'était ce que l'on attendait de moi, et que, de toute façon, il valait mieux que Londubat reste loin de moi.
Ma famille et la sienne étaient à baguettes tirées depuis que mes parents avaient envoyé les siens à Sainte Mangouste.
Et tout le monde attendait que je me montre à la hauteur de leur héritage.
...
Jeudi 17 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
Un attroupement s'était formé devant le tableau d'affichage dans la salle commune et Crystal utilisa sa haute taille pour essayer de découvrir ce dont il s'agissait. La dernière fois, ce n'était que les dates des weekends à Pré-au-Lard, un endroit où nous n'aurions pas le droit de nous rendre avant la troisième année.
Elle revint vers nous au bout d'une petite minute.
- Ils ont ouvert un club de duel, annonça-t-elle. La première séance est ce soir, à vingt heures.
- Vous pensez que Flitwick sera là ? C'est un ancien champion de duel ! J'ai assisté un jour à un Gala de duel en France. C'était vraiment impressionnant !
L'enthousiasme de Deloris se conclut par la décision qu'ils devaient absolument s'y rendre le soir même.
- Ça ne peut pas faire de mal de savoir se défendre, approuva Crystal.
Je n'avais rien à dire contre cela. Notre mésaventure en début d'année avait prouvé que nous n'étions pas à l'abri, même à Poudlard, et le monstre qui rodait dans le château donnait envie de mettre toutes les chances de notre côté...
Même s'il était évident que nous, premières années, ne serions pas à même de nous défendre si nous croisions la route de la bête de Serpentard. Jusqu'ici, Dumbledore avait échoué à réanimer Miss Teigne et Crivey, et il était le plus grand sorcier du siècle.
Le soir venu, nous pûmes seulement constater que la majorité des élèves avaient eu le même raisonnement que nous : une foule compacte se pressait autour d'une estrade.
Et sur l'estrade, Lockhart paradait dans une robe violette, sa baguette à la main, tandis que Rogue se tenait, stoïque, aussi loin de lui que possible.
- Morgane toute puissante...
Ma remarque fut reprise par Sven et Hadrian.
- Oh non, se plaignit Deloris. Non, ça ce n'est pas une bonne idée !
- Je croyais que tu l'adorais ? m'étonnai-je.
- Oui, quand je dois lui arracher des points pour Serpentard ! Mais c'est le dernier choix que j'ai en tête si je veux apprendre à défendre ma vie !
Je n'eus pas le temps de lui faire remarquer l'ironie de la situation. Lockhart agita la main pour demander le silence, et les discussions cessèrent.
- Approchez-vous, approchez-vous ! Tout le monde me voit ? Tout le monde m'entend ? Parfait ! Le professeur Dumbledore m'a donné l'autorisation d'ouvrir ce petit club de duel pour vous enseigner des méthodes de défense au cas où vous auriez besoin de faire face à une agression quelconque, comme cela m'est arrivé d'innombrables fois. Pour plus amples détails, je vous renvoie à la collection complète de mes livres. Je vais maintenant vous présenter mon assistant, le professeur Rogue, poursuivit Lockhart avec un sourire éclatant. Il m'a dit qu'il avait lui même quelques notions en matière de duel et il a très sportivement accepté de me servir de partenaire pour vous faire une petite démonstration en guise de préambule. Mais ne vous inquiétez pas, votre maître des potions sera toujours en état de vous faire cours quand j'en aurai fini avec lui. Aucun danger !
- Si Rogue n'en profite pas pour le tuer par accident, je crois que je ne vais jamais le lui pardonner, commenta Sven.
Ce fut comme si Rogue venait de l'entendre car un rictus étrange déforma ses lèves, assorti à un regard dangereux, et il fut évident qu'il n'avait accepté d'assister Lockhart que dans le but de lui faire regretter d'avoir jamais accepté d'être professeur de Défense contre les Forces du Mal.
Lockhart et Rogue se placèrent face à face et se saluèrent. Lockhart s'inclina en faisant de grands moulinets avec ses mains, tandis que Rogue se contentait d'un signe de tête agacé. Ils levèrent alors leurs baguettes magiques comme des épées.
- Comme vous le voyez, nous tenons nos baguettes dans la position de combat réglementaire, dit Lockhart à la foule des spectateurs silencieux. Lorsque nous aurons compté trois, nous jetterons le premier sort. Bien entendu, ni l'un ni l'autre ne cherchera à tuer l'adversaire. Un... Deux... Trois...
Tous deux brandirent leur baguette par-dessus leur épaule.
- Expelliarmus ! s'écria Rogue.
Il y eut un éclair aveuglant de lumière rouge et Lockhart fut soulevé du sol puis violemment projeté en bas de l'estrade contre le mur du fond. Le dos contre la pierre, il glissa lentement et s'affala par terre.
A l'image d'une bonne partie de mes camarades, je ne pus retenir des applaudissements appréciateurs pour Rogue.
Les quelques notions du directeur de ma maison en matière de Duel semblaient dépasser de loin celles de Lockhart.
Notre professeur de Défense contre les Forces du Mal se releva tant bien que mal, avant de passer une main à travers ses mèches blondes pour les replacer, sans vraiment réussir à rattraper son brushing.
- Et voilà, excellente démonstration ! dit-il en remontant sur l'estrade d'un pas mal assuré. Il s'agit là d'un Sortilège de Désarmement. Comme vous le voyez, j'ai perdu ma baguette—ah, merci beaucoup, Miss Brown. C'était une excellente idée de leur montrer ça, professeur Rogue, mais sans vouloir vous offenser, j'avais tout de suite deviné ce que vous aviez en tête, c'était évident. Et si j'avais voulu vous en empêcher, je n'aurais eu aucun mal à le faire. Mais j'ai pensé que cette petite démonstration serait très instructive.
Rogue salua sa réplique par un regard purement assassin et Lockhart eut un mouvement de recul prudent.
- Je crois qu'il a enfin compris, souffla Crystal.
J'eus un sourire en coin appréciateur. Draco m'avait raconté assez de choses sur Rogue pendant sa première année pour que je comprenne à quel point il pouvait se révéler dangereux. Après une telle démonstration de force, j'étais curieuse de savoir à quelle occasion il avait appris les duels.
- Le spectacle est terminé ! s'exclama Lockhart. A vous de jouer, maintenant ! Je vais passer parmi vous pour vous mettre deux par deux. Professeur Rogue, si vous voulez bien m'aider...
Rogue plaça aussitôt Potter et Draco ensemble et mon estime pour lui chuta aussitôt.
Comment pouvait-il penser que cela était ne serait-ce que le début d'une bonne idée ?
- Miss Lestrange, avec Miss Malhorne. Et tâchez de ne rien faire exploser.
Je levai les yeux au ciel. Étonnamment, je ne semblais avoir des difficultés qu'avec les sortilèges purs. Ogden, la préfète de cinquième année, nous avait appris quelques maléfices en début d'année, et j'avais su les maîtriser très rapidement.
Crystal me toisa avec un regard calculateur que je ne lui connaissais pas, et me salua aussi sèchement que Rogue avait salué Lockhart. Elle ne semblait pas décidée à me faire de cadeaux et ce n'était peut-être pas plus mal.
- Cantis ! lança-t-elle au même moment où je me décidais pour Tarantallegra.
Elle esquiva le mien avec une étonnante agilité et je me jetai au sol pour ne pas être touchée.
- Hou, là, là ! s'exclama Lockhart en observant le résultat des affrontements. Je crois que je ferais mieux de vous apprendre à neutraliser les mauvais sorts. Prenons deux volontaires, Londubat et Finch-Fletchley, par exemple...
- Très mauvaise idée, professeur Lockhart, coupa Rogue. Londubat sème la désolation chaque fois qu'il essaye de jeter le moindre sort. Il ne resterait plus grand-chose de Finch-Fletchley après ça ! Pourquoi pas Malefoy et Potter ? proposa Rogue avec un sourire perfide.
- Excellente idée ! approuva Lockhart. Venez là, tous les deux.
Je restai immobile, les yeux fixés sur mon cousin, attendant la suite sans trop grand espoir. Rogue semblait lui avoir donné un avis à son goût, ce que Lockhart ne semblait pas capable de faire avec Potter. Je ne serais pas surprise qu'un des deux termine à l'infirmerie, et ce n'était pas exclu qu'il s'agisse de Draco.
- Trois... Deux... Un... Allez-y ! s'écria-t-il.
Malefoy leva aussitôt sa baguette magique et s'exclama :
- Serpensortia !
L'extrémité de sa baguette explosa et un long serpent noir tomba sur le sol. Il se dressa, prêt à mordre. Il y eut un mouvement de recul dans la foule, et plusieurs élèves eurent un cri de terreur.
- Ne bougez pas, Potter, dit tranquillement Rogue. Je vais vous en débarrasser...
- Je m'en occupe, dit Lockhart.
Je reculai prudemment, comme une majorité des Serpentards et des Serdaigles. Vu les performances de Lockhart ce soir, il semblait bien capable d'envoyer le serpent dans la foule...
Ce qui ne manqua pas de se produire. Après avoir été projeté dans les airs sur plusieurs mètres, le reptile s'écrasa dans un grand bruit juste à côté d'un Poufsouffle.
De ce que je pus en voir, il semblait furieux.
Un silence de mort s'était installé dans la Grande Salle, et personne ne put louper l'étrange hissement qui échappa à Potter.
Il y eut un moment de flottement et j'essayai de voir ce qu'il pouvait bien se passer au pied de l'estrade, maudissant ma petite taille en silence.
- A quoi tu joues ? lança quelqu'un.
Le garçon de Poufsouffle qui se trouvait près du serpent s'enfuit à toutes jambes, déclenchant les premiers chuchotements étonnés. Le temps que Rogue fasse disparaître le serpent, Potter avait quitté la pièce en compagnie de ses deux acolytes, et Draco avait rejoins ses amis.
- Bien, la séance est terminée ! s'exclama Lockhart. Je vous tiendrais au courant pour la prochaine réunion !
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je à Crystal, espérant qu'elle ait pu en voir plus que moi.
Elle resta pensive quelques secondes.
- Je ne suis pas certaine... Le serpent semblait sur le point de s'en prendre à quelqu'un, Potter a fait cet étrange son, et il s'est aussitôt calmé. Peut-être a-t-il un don avec eux ? C'est un pouvoir répandu en Afrique.
- Ça n'en est pas un ici, intervint Théo.
Je tournai la tête vers lui. Je n'avais même pas réalisé qu'il se trouvait près de nous.
- Potter est Fouchelangue ?
La capacité de parler aux serpents était plus rare encore que celle de naître Métamorphomage.
- Il semblerait... Peut-être que Draco a eu raison de le soupçonner d'être l'héritier depuis le départ.
Deloris préféra rester avec Hadrian et Sven plutôt que de retourner aussitôt dans la salle commune, au risque de s'attirer les foudres de Rogue et des préfets. Elle semblait décidée à obtenir un récit détaillé de ce qu'il venait de se passer.
- Je ne pense pas que Potter ait rouvert la Chambre des Secrets, me confia Crystal en chemin. Il n'a pas utilisé son pouvoir pour attaquer ce garçon.
- Il voulait peut-être éviter de le tuer en public ?
- S'il n'avait rien fait, le serpent aurait attaqué, personne ne lui aurait reproché quoique ce soit. Ça aurait été la faute de Lockhart.
- Potter est un Gryffondor. Ils ne sont pas connus pour réfléchir beaucoup avant d'agir.
Vendredi 18 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
Les événements du club de duel avaient fait le tour de l'école durant la nuit et Potter était officiellement devenu l'héritier de Serpentard. Il fallait dire que les coïncidences s'accumulaient contre lui : on l'avait retrouvé sur le lieu de la première attaque, la première victime était une personne qui l'avait notoirement importuné, et maintenant, il avait le pouvoir de parler aux serpents, une capacité que Salazar Serpentard possédait lui aussi.
Je ne savais pas trop quoi penser de toute cette histoire. La possibilité que Potter soit l'héritier laissait de trop nombreuses questions sans réponse : que faisait-il à Gryffondor ? Pourquoi cette haine soudaine des nés-moldus alors qu'il était toujours vu avec Granger ? Comment avait-il trouvé la Chambre des Secrets ? Pourquoi avait-il défendu Finch-Fletchey la veille ?
D'un autre côté, qui cela pouvait-il être d'autre ? Draco avait apparemment reçu la réponse de Lucius sur la question, mais comme je ne voulais toujours pas lui reparler, et que Pansy avait refusé de me répondre, je ne savais pas ce qu'il avait bien pu lui raconter.
Rien qui ne pouvait innocenter Potter dans tous les cas.
J'espérais recevoir une lettre de Nani m'annonçant la mort de Cassiopea au moment du courrier, mais aucun hibou ne se posa devant moi et aucun mot ne semblait accompagner le paquet de sucreries quotidiennes de Draco. J'étais vouée à passer mes vacances à Poudlard, et je n'avais même pas un cours de Métamorphose pour bien terminer la semaine. Le programme du vendredi se composait d'un double cours de potion avec les Gryffondors et d'une heure de Sortilèges.
- Finalement, tu sais qui reste à Poudlard pendant les vacances ? demandai-je à Deloris.
- Oui. Crabbe, Goyle, toi et ton cousin, quelques septièmes années qui veulent réviser leur ASPICS... A Gryffondor, Potter, Granger et tous les Weasley. Randle, Carmichael, Chambers et Hilliard à Serdaigle, mais je crois que d'autres restent aussi. Et j'ai oublié les noms de ceux de Poufsouffle, mais ils sont une petite dizaine. Granger est la seule Sang-de-Bourbe à rester, ce n'est pas son idée la plus brillante.
- Elle est amie avec Potter.
- Et après ?
Je décidai de ne pas insister. Quasiment aucun nom parmi ceux qu'elle venait de me citer ne m'était familier, et si je ne pardonnais pas à Draco son manque de délicatesse, j'allais passer deux très longues semaines.
La potion du jour visait à éliminer les mauvaises herbes, et le professeur Chourave en avait semble-t-il besoin pour soigner ses précieuses Mandragores. Weasley rata tant et si bien sa potion qu'elle manqua de faire fondre son chaudron et la vapeur toxique qui se dégageait du liquide bouillonnant obligea Rogue à nous faire sortir dans le couloir le temps qu'il rende l'air du cachot respirable à nouveau.
- Rarement je n'ai eu une élève au niveau aussi désastreux ! Je pensais avoir touché le fond avec Londubat, mais il faut croire que les Gryffondors s'évertuent à me surprendre chaque année un peu plus ! Votre absence totale d'attention coûtera quinze points à votre maison, et vous me copierez la recette de cette potion trente fois pour la rentrée !
En règle générale, Weasley devenait aussi rouge que sa cravate quand Rogue crachait son venin sur elle, mais elle resta sans réaction, le regard vide et l'air particulièrement prostrée, comme si elle était soudainement devenue somnambule.
- Tu m'étonnes qu'elle n'ait aucune amie, me souffla Deloris. Elle fiche carrément les jetons !
Au déjeuner, les spéculations allaient bon train quand à la date de la prochaine attaque, dont la victime serait assurément Finch-Fletchey.
- C'est toi, Crystal Malhorne ?
Deux garçons de Poufsouffle se tenaient derrière elle, l'un costaud, l'autre ayant une épaisse tignasse brune sur le crâne.
- Ça dépend qui la demande, répondis Crystal avec froideur.
Les deux Poufsouffles échangèrent un regard hésitant, et le plus large des deux reprit finalement.
- Il nous faudrait une amulette de protection pour Justin Finch-Fletchey.
Elle pencha la tête sur le côté.
- Je ne suis pas sûre de pouvoir faire grand chose pour lui. Il a l'air d'être marqué par le mauvais œil.
- On est prêt à payer ce qu'il faudra, assura aussitôt le petit brun.
Crystal hésita.
- Je vais en parler à ma grand-mère, voir ce qu'elle peut faire, mais ça va lui coûter cher. Je rapporterai ça à la rentrée. En attendant, je veux une avance de cinq Gallions.
Ils lui tendirent aussitôt les pièces.
- Obtenez-moi sa date et son lieu de naissance avant ce soir.
- Ça sera fait. Merci beaucoup.
Ils retournèrent à leur table et Crystal empocha son gain sans cacher son sourire satisfait. Si j'avais un jour eu des doutes sur l'efficacité de ses amulettes, j'étais désormais convaincue que, comme les autres, ce n'étaient que des attrape-nigauds. Malhorne semblait avoir un don pour les affaires.
- Soit la peur plombe le commerce, soit elle le fait bondir. Il n'y a pas d'entre deux.
Crystal n'eut toutefois pas de chance avec Finch-Fletchey. Moins d'une heure plus tard, alors que nous étions en plein cours de Sortilèges – une leçon théorique pour une fois, durant laquelle je pus récolter plus de points que Deloris – un cri vint troubler le silence studieux de la classe.
- ATTAQUE ! ATTAQUE ! NOUVELLE ATTAQUE ! AUCUN VIVANT, AUCUN FANTÔME N'EST À L'ABRI ! SAUVE QUI PEUT ! ATTAAAAAQUE !
Flitwick se précipita aussitôt dans le couloir sans penser à nous dire de rester là où nous étions. Sans avoir besoin de se consulter, nous le suivîmes.
Une foule d'élèves était rassemblée deux couloirs plus loin, tous semblaient affolés, les professeurs hurlaient en demandant le silence, et il fallut l'intervention de McGonagall – qui produisit une détonation avec sa baguette magique – pour que tout le monde retrouve son calme.
- Retournez dans vos classes ! TOUS ! IMMEDIATEMENT !
Deloris et moi essayâmes de traîner à l'arrière, mais Flitwick nous repéra, et ce ne fut qu'au moment de regagner la salle de Sortilèges que nous apprîmes ce qu'il s'était passé par Jeremy Harper, puisqu'il avait réussi à se faufiler au premier rang quelques minutes plus tôt.
Justin Finch-Fletchley et Nick-Quasi-Sans-Tête avaient été attaqués par le monstre.
- Le fantôme aussi ?! m'écriai-je.
- Ouais. Apparemment, le monstre de Serpentard est capable de tuer les morts une deuxième fois...
...
Mardi 22 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
L'avantage d'être la seule de mon année à être restée à Poudlard, Weasley exceptée, était l'absence totale de distraction. Sans les bavardages incessants de Deloris, les commentaires ironiques d'Hadrian, les blagues douteuses de Sven et les critiques – souvent fondées – de Crystal, j'avais réussi à terminer tous mes devoirs en moins de deux jours, et j'avais déjà fini de lire un des livres que McGonagall m'avait conseillée.
Pour une fois, j'avais abandonné la bibliothèque et préférais rester dans mon dortoir. Les septièmes années qui étaient restés pour réviser – et ils étaient nombreux – semblaient tellement sur les nerfs qu'une espèce d'atmosphère lourde s'était abattue dans l'antre de Madame Pince.
Je savais qu'il neigeait sur le parc – le ciel enchanté de la Grande Salle était particulièrement blanc lors du déjeuner – et si nous avions été au Manoir, Draco et moi, nous aurions été dehors, pour au moins nous affronter dans une bataille de neige, sinon pour voler dans le blizzard, ce qui était le meilleur temps pour une sortie en balai – quoique puisse en penser Nani–.
Mais nous n'étions pas au Manoir, et Draco passait tout son temps dans la salle commune avec Crabbe et Goyle à enchaîner des batailles explosives ou à construire le plus haut château de cartes. Lucius lui envoyait chaque jour un colis de friandises plus gros que d'ordinaire – et qu'il réussissait à avaler avant le matin suivant – et même Nani s'était mise à faire la même chose avec moi – j'avais une jolie collections de sucreries et de gâteaux à laquelle j'avais à peine touché.
J'attendais que la grande tante Cassiopea accepte de mourir avant Noël sans plus vraiment y croire.
Vers le milieu de l'après-midi, je me décidai à lâcher mon livre de Métamorphose pour aller envoyer ma lettre à Deloris. Elle devait se douter que mes vacances ne seraient pas aussi réjouissantes que les siennes et semblait avoir décidé de m'écrire tous les jours, ce que je me devais de respecter, même si je n'avais pas grand chose à lui raconter.
Il faisait un froid polaire dans la volière et le hibou de l'école que je choisi me lança un regard courroucé quand je le réveillai pour accrocher ma lettre à sa patte.
- Désolée... Mais je suis sûre que Deloris te récompensera. En plus, ce n'est pas comme si tu devais voler jusqu'à Londres...
Il prit son temps avant de s'envoler, comme s'il espérait que je change d'avis. Deloris habitait près d'Edimbourg. Il y serait arrivé dans quelques heures...
Je repris le chemin de la salle commune, espérant qu'il était bientôt l'heure du dîner. Demain serait sûrement meilleur.
- Ah, Miss Lestrange, je vous cherchais, m'interpella le professeur McGonagall au détour d'un couloir.
J'eus le fol espoir que Nani ait passé un coup de cheminée pour nous annoncer la mort de Cassiopea – Morgane, je n'avais jamais autant souhaité la mort de quelqu'un–.
- Si vous n'avez rien à faire d'ici le repas, je peux vous prendre pour ce cours particulier dont je vous ai parlée.
Je ravalai ma déception derrière un sourire poli. Ce n'était pas un billet retour vers l'Angleterre, mais c'était mieux que d'attendre que le temps passe dans mon dortoir.
- Je comptais terminer le livre d'Ursula Legrand.
- Cela attendra. J'ai mieux en tête pour vous.
Je la suivis jusqu'à sa salle de classe.
- Comme vous le savez, le plus dur en Métamorphose n'est pas le sens direct, mais la Métamorphose réciproque...
Je ne pus que hocher la tête : je l'avais assez lu dans les différents livres, et les rares fois où je m'y étais risquée en classe, je n'avais guère réussi à inverser mes sortilèges.
- En règle générale, c'est une compétence que je ne commence à voir qu'avec mes quatrième années, et qui doit être maîtrisée pour les BUSE's. Mais puisque vous avez un véritable goût pour la matière, je vais être beaucoup plus exigeante avec vous.
Je retins une grimace : il m'avait semblé jusque là que c'était déjà le cas. McGonagall ne validait désormais mes Métamorphoses que lorsqu'elles avaient un minimum de détails depuis Halloween.
- Voici l'aiguille que vous m'aviez produite en début d'année. Je vous laisse tenter votre chance ?
Elle la déposa à ma place habituelle – trop près de son bureau comme n'arrêtait pas de s'en plaindre Deloris – et s'installa à son tour, plusieurs dizaines de rouleaux de parchemins devant elle.
Je sortis ma baguette et fis plusieurs essais sans le moindre résultat. J'avais lu qu'il fallait faire preuve de plus de souplesse – sans vraiment savoir à quoi il était fait référence – pour la Métamorphose réciproque. Certains auteurs disaient qu'il fallait agir sur le cœur de l'objet, d'autre sur son âme...
Personne ne semblait vraiment très précis sur la marche à suivre.
J'eus beau m'acharner pendant un long moment, je finis par abandonner.
- Je ne comprends pas, professeur. Je l'ai transformée, elle devrait être plus réceptive que cela, non ?
McGonagall me fit signe qu'elle m'avait entendue et ratura sèchement le parchemin qu'elle était en train de corriger.
- Cela n'a rien à voir avec le fait que vous ayez transformé cette allumette vous-même. Si c'était le cas, je serais bien embêtée quand je dois annuler tous les sortilèges de mes élèves.
- Vous êtes une experte...
- J'ai eu un excellent professeur.
- Qui ça ?
- Albus Dumbledore.
J'en perdis momentanément le contrôle sur ma mâchoire.
- Pour être tout à fait honnête avec vous, Miss Lestrange, je ne suis peut-être pas une sorcière aussi puissante que lui, mais je le surpasse en Métamorphose depuis un long moment. Cette aiguille maintenant... Personnellement, je présente le procédé de la façon suivante : vous devez accepter de retirer votre magie de l'objet. Sa nature est d'être une allumette. Vous ne devez pas essayer de transformer une aiguille en une allumette – ce que vous essayez de faire depuis que vous êtes là – mais de le ramener à son état originel. Vous devez annuler l'emprise magique que vous avez dessus.
Je faillis lui demander une autre explication, mais j'eus l'impression d'entendre un clic dans mon esprit – celui-là même que j'attendais encore en Sortilège – et j'arrêtai de m'acharner sur la structure de mon aiguille. A la place de projeter ma magie vers elle, j'essayai de l'attirer vers ma baguette.
Au départ, l'aiguille oscilla faiblement – manque typique d'agressivité – et je me fis plus intraitable. Ce n'était pas un choix que je laissais à ma magie. Il s'agissait d'un ordre.
Il y eu un léger soush et mon allumette fut de retour.
McGonagall haussa un sourcil, puis m'adressa un de ses rares sourires.
- Je savais que vous en étiez capable, Miss Lestrange. Vingt points pour Serpentard. Nous allons en rester là pour ce soir. Je vous ai gardé Le Mensuel de la Métamorphose. J'aimerais que vous réfléchissiez à l'article page vingt-quatre.
J'empochai mon allumette et récupérai le magazine sur son bureau.
- Merci, professeur.
- Merci à vous, Miss Lestrange. Je n'ai pas souvent la chance de croiser des élèves doués, et encore moins souvent des élèves qui se passionnent pour ma matière. Page vingt-quatre.
J'attendis tout juste d'être dans le couloir pour feuilleter le magazine.
Il ne s'agissait pas d'un article, mais d'une fiche d'inscription.
Grand Concours International de Métamorphose
…
Vendredi 25 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
- Lestrange ! Pour l'amour de Merlin, réveille-toi !
J'ouvris difficilement les yeux. Raellyn Hobday se tenait au-dessus de moi, l'air un peu moins sévère que d'ordinaire.
- Quoi ?
- C'est Noël. Et ton cousin n'a pas arrêté de harceler toutes les filles de la maison pour que l'on vienne te réveiller.
- Il est quelle heure ?
- Pas loin de dix heures. Tu as le sommeil lourd. Il a hurlé plusieurs fois depuis le bas des escaliers.
- Il s'est encore donné en spectacle ?
Elle eut un sourire amusé.
- Cette fois, c'est mignon. Apparemment, il ne veut pas ouvrir ses cadeaux sans toi... Il est levé depuis sept heures, nous enquiquine depuis huit, mais je crois qu'il a mérité cette petite vengeance.
Mon sourire tordu étira mes lèvres et elle quitta mon matelas.
- Dépêche-toi de nous rejoindre ou je crains qu'il ne termine enfermé dans son dortoir jusqu'à la fin des vacances.
- C'est tentant...
Elle eut un éclat de rire – sans doute le premier qui lui échappait en ma présence depuis le début de l'année – et quitta mon dortoir. Je me levai, passai rapidement à la salle de bain, enfilai ma robe de chambre et mes chaussons, puis finis par les rejoindre.
Je connaissais assez mon cousin pour savoir que sa comédie était sa façon de ranger sa baguette : Nani devait lui faire la guerre chaque année pour qu'il se lève à une heure raisonnable le matin de Noël et qu'il attende que tout le monde ait terminé son petit-déjeuner pour ouvrir ses cadeaux. Et c'était sans doute à peu près la même chose le jour de son anniversaire.
- Aly ! Enfin ! Dépêche-toi !
- Joyeux Noël, cousin.
- Oui, c'est ça, Joyeux Noël ! Cadeaux !
Je le rejoignis auprès du grand sapin installé dans la salle commune depuis le début du mois. Chacun avait participé à sa décoration, et si je m'étais contentée de métamorphoser une paire de chaussettes en une boule de Noël, d'autres, plus doués que moi en sortilèges, avaient rajouté une neige qui tombait en continue, des lumières qui clignotaient ou encore des fées qui semblaient comme douée de vie. Puisque tout le monde avait ouvert ses cadeaux, les deux piles – plus impressionnante que d'habitude, ce qui était une façon de nous dire à quel point Nani se sentait coupable de ne pas avoir pu nous faire rentrer pendant les vacances – étaient pour Draco et moi.
J'attrapai le premier paquet – rectangulaire et emballé dans un joli papier prune – et fis signe à mon cousin.
- Un... deux... trois !
Il déchira l'emballage du sien comme si sa vie en dépendait et découvrit un nécessaire pour entretenir son balai.
- Père pense toujours à tout !
Mon cadeau contenait trois épais grimoires de Métamorphose dont la vue tira une grimace à Draco.
- Je crois que ton intérêt pour cette matière est hors de contrôle.
- Dit celui qui a demandé des livres de potion l'année dernière ?
Ma réplique eut le mérite de lui couper le sifflet, et il garda ses commentaires concernant mes cadeaux pour lui. Outre les livres, Nani m'avait offert trois nouvelles robes d'hiver, un élégant bracelet en argent, une nouvelle paire de gants – la mienne n'ayant pas survécu à leur premier hiver écossais – plusieurs sets d'Ongles Magiques – et enfin, des bottines en peau de dragon, dont la couleur irisée variait entre le vert profond et l'argenté.
Je faillis les enfiler sur le champ, mais préféra les admirer sous tous leurs angles possible avant cela. J'avais toujours été fascinée par les dragons – l'influence de Draco très certainement, qui avait tous les jouets possibles sur le thème – et c'était le plus beau cadeau que Nani pouvait me faire.
- Je crois qu'elle t'aime plus que moi, bouda Draco.
Je levai les yeux au ciel. Nous savions tous les deux que ce n'était pas tout à fait vrai. Nani nous aimait sans condition tous les deux...
- Je suis sa filleule favorite.
- Sa seule filleule.
- Précisément.
Draco me surprit en me tendant un petit paquet qu'il semblait avoir emballé lui-même.
- Je ne t'ai rien acheté... soufflai-je.
- Je m'en fiche. Prends-le.
Je défis l'emballage avec précaution. Il s'agissait d'une chevalière que j'avais rarement vu quitté son doigt depuis que Lucius lui avait remis la veille de sa rentrée à Poudlard.
La chevalière des Malefoy.
Je possédais celle des Lestrange – que j'avais fixé sur ma baguette puisqu'elle était bien trop large pour mes doigts – et qui avait appartenu à mon père.
- C'est en attendant que j'arrive à convaincre maman de me donner celle des Black, m'expliqua-t-il dans un murmure. Tu n'es pas orpheline, Maellyn. Tu es ma petite sœur. Je suis désolé pour ce que je t'ai dit la dernière fois. Je ne le pensais pas comme ça.
- Merci...
Je ne pouvais pas en dire plus au risque que ma voix se mette à trembler et que je commence à pleurer devant tous les autres, même s'ils ne nous prêtaient aucune attention – en apparence –.
Je l'attirai dans mes bras et il resserra son étreinte sans hésiter.
- Si tu la perds, je te tue. Et il faudra que tu me la rendes pour les prochaines vacances, ou père va me tuer.
Il me libéra ensuite avec nonchalance, comme si tout cela n'avait aucune importance – ce qui était complètement faux mais l'important était que je le sache – et me montra l'horloge au-dessus de la cheminée.
- Tu ferais bien d'aller t'habiller, le dîner de Noël est pour bientôt, et la tradition veut que nous revêtions notre plus belle tenue.
- On va être les seuls à s'habiller.
- Je m'en fiche, c'est la tradition. Cette vieille bique de Cassiopea nous a assez gâchés Noël comme ça !
Je n'avais aucun argument contre cela, aussi rejoignis-je mon dortoir, les bras chargés de cadeaux. Il me fallut plus longtemps pour me préparer sans l'aide ni de Nani, ni de Dobby. Comme je n'avais pas noué mes cheveux la veille, mes boucles partaient dans tous les sens, et je me résignai à les attacher dans un chignon. J'enfilai une de mes nouvelles robes – la grise, rehaussée de pierres de cristal – ainsi que mes nouvelles bottines, qui m'allaient parfaitement, et qui était sans doute les plus confortable qu'il m'ait été donnée de porter.
Draco m'attendait déjà – il n'avait eu qu'à se changer dans une robe plus habillée – et il m'accompagna jusqu'à la Grande Salle.
- Vincent et Grégory avaient peur que l'on soit en retard pour le repas. Je crois qu'ils ont accepté de rester ici pendant les vacances parce qu'ils savent que personne ne leur dira d'arrêter de manger...
- C'est quand même gentil de leur part d'être restés avec toi.
Draco eut une moue boudeuse.
- Je déteste cette tante Cassiopea.
Comme depuis le début des vacances, une seule table était dressée au lieu des cinq habituelles. Je remarquai avec soulagement que Lockhart n'était pas là – sûrement était-il invité à une fête quelconque – et nous nous installâmes près des autres Serpentards, et le plus loin possible des Gryffondors.
Potter et les Weasley étaient tous affublés de pulls informes décorés de la première lettre de leur prénom, comme si leur mère craignait qu'ils oublient comment ils s'appelaient.
- Père m'a envoyé un article sur les Weasley, me confia Draco en suivant mon regard. Je te le ferais lire quand nous serons de retour dans la salle commune. Il est excellent !
La cuisine était au moins à la hauteur de ce à quoi nous étions habitués, lui et moi, et je me resservis deux fois. Après plusieurs jours sans appétit, j'étais soudainement affamée. Ma dispute avec Draco m'avait pesée plus que ce que je ne pensais.
Dumbledore chanta quelques cantiques entre le plat et les desserts, et même Draco les reprit du bout des lèvres.
A la fin du repas, je réalisai que ce Noël-ci n'était pas aussi catastrophique que ce à quoi je m'étais attendue. J'aurais préféré le passer avec Nani, mais j'avais au moins Draco, et c'était déjà plus que d'autres.
De retour dans la salle commune, je laissai Draco pour enfiler une tenue plus confortable que ma robe neuve, et quand je revins, mon cousin était en pleine discussion avec Vincent et Grégory sur la Chambre des Secrets. Je faillis les laisser entre eux, avant que la curiosité ne l'emporte.
J'avais l'impression que mon cousin en savait bien plus long que n'importe qui d'autre sur la question, et j'allais peut-être apprendre quelque chose d'intéressant.
De plus, Deloris ne me pardonnerait pas de laisser passer une occasion pareille.
Je me glissai donc sur la place libre à sa droite, mon livre ouvert sur mes genoux.
- Saint Potter, l'ami des Sang-de-Bourbe, dit lentement Draco. Encore un qui ne se conduit pas comme un vrai sorcier, sinon, il ne se traînerait pas tout le temps avec cette parvenue d'Hermione Granger. Une vraie Sang-de-Bourbe, celle-là. Quand on pense qu'il y a des gens qui considèrent Potter comme l'héritier de Serpentard !
Je fus surprise de l'entendre dire une chose pareille. Pour tout ce que Pansy avait bien voulu me dire, Draco faisait parti de ceux-là.
- Si seulement je savais qui c'est ! s'exclama alors Malefoy avec mauvaise humeur. Je pourrais l'aider.
Je relevai les yeux de ma prétendue lecture et le dévisageai, les sourcils haussés. J'étais certaine que si Nani apprenait qu'il avait tenu de telles paroles, il serait puni pour tout l'été. Les idées d'oncle Lucius étaient visiblement bien accrochées dans le crâne de mon cousin.
- Tu dois bien avoir une petite idée de qui est derrière tout ça ? demanda Gregory avec lenteur.
- Tu sais bien que non, Goyle, combien de fois faudra-t-il que je te le répète ? répliqua sèchement Draco. Et mon père ne veut rien me dire sur ce qui s'est passé la dernière fois que la Chambre des Secrets a été ouverte. Bien sûr, c'était il y a cinquante ans, donc avant qu'il soit élève ici, mais il connaît toute l'histoire. Seulement, il a peur que j'attire les soupçons si je sais trop de choses là-dessus. En tout cas, ce qui est sûr. c'est que la dernière fois que la Chambre a été ouverte, un Sang-de-Bourbe est mort. Alors il y aura sûrement un autre mort bientôt, simple question de temps... Et j'espère que ce sera Granger, ajouta-t-il d'un air réjoui.
Je fus au moins aussi déçue que Gregory. Je pensais réellement que Lucius en avait dit beaucoup plus à Draco sur la Chambre des Secrets, sans pouvoir lui reprocher de s'être retenu. Vu ses derniers exploits, il serait bien capable de trop parler à travers le château, ce qui ne tarderait pas à en faire un parfait candidat pour le titre de l'héritier de Serpentard.
Notre maison n'avait pas besoin d'une telle publicité.
Toutefois, savoir qu'un né-moldu était mort la dernière fois était un mauvais présage. L'héritier avait échoué deux fois déjà, combien de temps avant qu'il ne maîtrise pleinement les pouvoirs du monstre de la Chambre ?
- Est-ce que tu sais si la personne qui a ouvert la Chambre la dernière fois s'est fait prendre ? demanda Goyle.
- Oh oui, je ne connais pas son nom, mais on l'a renvoyé de l'école, assura Draco. Il doit encore être à Azkaban.
Je déglutis à la mention de la prison et un frisson remonta le long de ma colonne. Il me fallut quelques secondes pour éloigner mes pensées, celles que la réflexion de mon cousin au début du mois avait ramené à la surface.
- Mon père m'a dit de ne pas me faire remarquer et de laisser agir l'héritier de Serpentard. Il dit qu'il faut débarrasser l'école de la racaille des Sangs-de-Bourbe, mais que je ne dois pas m'en mêler. Il a suffisamment de soucis comme ça, en ce moment. Vous êtes au courant que le ministère de la Magie a fait une perquisition au manoir, la semaine dernière ?
La surprise faillit m'arracher une exclamation : je n'étais pas au courant de cette histoire et ce malgré les lettres de Nani. Avait-elle oublié de m'en parler ou n'était-elle simplement pas au courant ? Je savais qu'elle essayait de convaincre oncle Lucius de se débarrasser de tous les anciens artefacts ou du reste, de les enfermer dans le coffre de Gringotts, là où personne n'irait les chercher, sans rencontrer un grand succès.
- Eh oui, reprit Draco. Heureusement, ils n'ont quasiment rien trouvé. Mon père possède des choses très précieuses en matière de magie noire. Mais nous aussi, on a une chambre secrète, sous le parquet du grand salon...
Je lui lançai un regard noir en guise d'avertissement, auquel il répondit par une grimace. Draco se rendait-il compte parfois de ce qu'il racontait à Gregory et Vincent ? Nous n'avions découvert la salle secrète du grand salon que quelques années plus tôt, après avoir espionné mon oncle et ses amis lors d'une de leurs soirées. Ni lui, ni moi n'y étions jamais rentré, mais il ne fallait pas avoir ses ASPIC's pour savoir ce qu'elle contenait.
Soudainement, Crabbe et Groyle se relevèrent d'un bond, comme s'ils venaient d'être piqués par une bête, Vincent marmonna une excuse incompréhensible, et je crus une folle seconde que Vincent était devenu roux et Gregory brun. Je n'eus pas le temps de m'en assurer puisqu'ils avaient déjà disparu dans le couloir.
- Qu'est-ce qu'il leur arrive ? demandai-je.
Mon cousin haussa les épaules et me tendit l'article sur les Weasley.
- Aucune idée... Ils ont dû trop manger. Ça leur servira de leçon.
Je le parcourus rapidement. Arthur Weasley allait être l'objet d'une enquête concernant la voiture ensorcelée avec laquelle son fils et Potter étaient arrivés en début d'année.
- Père a bon espoir de le faire virer. Il faut quand même être stupide pour commettre le délit contre lequel il est censé lutter.
- Ou très malin. Qui ira faire une enquête si jamais on le dénonce ? Il ne va pas s'arrêter lui-même.
Ma remarque eut l'air de contrarier Draco au plus haut point – pouvoir imaginer que les Weasley puissent-être un minimum intelligents semblait au-dessus de ses forces – et il reprit son article.
- Peu importe... Tu veux faire une partie d'échecs ?
J'aurai préféré lui demander un peu plus de détails sur la Chambre des Secrets ou sur la perquisition du Manoir la semaine dernière, mais la perspective de passer un peu de temps seule avec lui me sembla être un meilleur moyen de passer Noël.
...
Dimanche 27 Décembre 1992, Poudlard, Ecosse, Royaume-Uni.
La neige entourait les environs de Poudlard sous un épais manteau blanc, le Lac Noir était entièrement gelé, à l'exception du trou que le calamar géant entretenait pour Merlin savait quelle raison. Juchée sur le Nimbus 2001 de Draco, j'admirai la vue unique que j'avais sur le parc et qui dépassait de loin ce que j'avais déjà pu voir au Manoir.
En hiver, les montagnes écossaises devenaient majestueuses et j'aurais aimé pouvoir les survoler... sauf que cela impliquait de quitter les protections de l'école, et de décrocher des heures de colles jusqu'à la fin de l'année, voire peut-être même de toute ma scolarité.
Après tout, je m'appelais Lestrange, pas Potter.
Bientôt, le soleil commença à descendre, le vent à forcir et je me décidai à rejoindre le sol, non sans pousser le balai de mon cousin pour tenter de tester ses limites.
J'étais proprement frigorifiée quand je regagnai le château et je n'eus pas la force de traverser les cachots glacés. La Grande Salle était ouverte, des feux brûlaient dans chacune des quatre immenses cheminées, et il y avait toujours de quoi grignoter à l'heure du thé.
Je me servis une généreuse part de brioche pour accompagner le chocolat chaud que j'avais trouvé dans un des pichets, quand les Weasley – tous, sauf le préfet et la fille – arrivèrent, les vêtements trempés et l'allure de ceux qui auraient fait une longue bataille de neige.
Naturellement, le silence ne fut plus qu'un vague souvenir en moins de quelques secondes, leurs vociférations amplifiées par l'immense pièce vide, et je fis de mon mieux pour les ignorer, ce qui s'avéra plutôt très compliqué.
- Hermione est toujours à l'infirmerie ?
- Oui... Pomfresh dit qu'elle ne sortira pas avant plusieurs semaines. Elle est furieuse à l'idée de louper autant de cours et on est chargé de lui ramener des livres à chaque fois qu'on va la voir.
L'information me prit par surprise entre deux gorgées et je faillis bien m'étouffer. Que faisait Granger à l'infirmerie ? D'après Draco, elle était la moins susceptible du trio à prendre des risques et je savais qu'elle était très douée dans toutes les matières, ce qui excluait une possible expérience qui aurait mal tourné...
A moins que tout cela soit liée à l'étrange mésaventure de Crabbe et Goyle le jour de Noël ? Après qu'ils aient quitté précipitamment la salle commune, personne ne les avait revus avant le lendemain. Ils avaient expliqué à Draco qu'ils ne se souvenaient plus vraiment de ce qu'il s'était passé, mais ils faisaient de bien piètres menteurs. Draco n'avait pas été dupe et il essayait de leur arracher des aveux depuis deux jours maintenant.
Selon lui, Potter et ses deux amis étaient derrière tout ça...
Il n'avait peut-être pas tort finalement...
- Ah, tu es là !
Je secouai la tête pour m'arracher à mes pensées. Draco venait d'apparaître dans le Grand Hall et se dirigeait vers mois à grand pas, un parchemin à la main.
Mon cœur s'accéléra subitement.
Je viens de recevoir une lettre de mère : tante Cassiopea est décédée, nous rentrons demain pour l'enterrement.
Je n'aurais pas dû être contente d'apprendre la mort de la dernière grande tante qui me restait du côté de ma mère, mais la perspective de passer quelques jours avec Nani malgré tout était la meilleure nouvelle que j'avais entendu depuis le début du mois de décembre. Je suivis aussitôt Draco aux cachots. Le froid n'avait plus d'importance, tout comme ma tasse de chocolat chaud et le morceau de brioche.
Nous rentrions à la maison.
Mardi 28 Décembre 1992, Cimetière Sorcier Greyfriars Kirkyard, Londres.
Le soleil brillait sur Londres et par conséquent, il faisait un froid glacial, qui semblait résister au sortilège que Nani avait pris soin de me jeter avant de quitter le Manoir. J'aurais aimé bouger pour me réchauffer, mais j'avais très tôt appris que, lors d'un enterrement, l'immobilité et le recueillement étaient de rigueur.
Alors je gardai les mains croisées devant moi, les yeux fixés sur le cercueil noir – ils étaient toujours noirs – et écoutai d'une oreille distraite le sermon en l'hommage de ma grande-tante, une femme que je ne connaissais guère au final. Elle faisait l'effort de venir à la fête de fin d'année qu'organisait Nani chaque vingt-sept décembre, saluait les invités avec réserve, grignotait quelques petits fours et repartait moins d'une heure après son arrivée.
J'avais sans doute plus lu son écriture au moment des vœux pour la nouvelle année qu'entendu le son de sa voix.
Résultat de son trop grand souci de discrétion, très peu de personnes s'étaient déplacées pour assister à son entrée dans le caveau des Black. Oncle Lucius avait fait un effort pour se libérer le temps de l'enterrement, Melania Black – la veuve du grand-oncle Acturus, décédé au printemps de l'année dernière –, et plusieurs familles parmi les Vingt-Huit Consacrées étaient représentées, ce qui ne faisait pas plus de trente personnes au total.
Ce qui était très loin de la foule présente à l'enterrement du grand-oncle Pollux. Toutefois, je me souvenais assez de celui de ma grande-tante Walburga pour savoir que ce n'était pas l'assistance la plus clairsemée que j'avais jamais vu.
Sauf que la mort de tante Walburga s'était passée quelques année seulement après la chute du Seigneur des Ténèbres, et le nom des Black était plus honni que jamais à cette époque. Depuis, la communauté était passée à autre chose et Nani n'était plus prise à parti quand elle était de sortie dans le monde sorcier.
Finalement, le Mage ouvrit les portes du caveau et je suivis Nani à l'intérieur, retenant ma respiration quand je dus passer les anciens charmes qui protégeaient l'endroit. Seuls les Black pouvaient y entrer, et Nani s'était plaint de devoir faire appel à Caractacus Burke pour la cérémonie, puisque aucun autre Mage ne pouvait terminer l'office.
A la vue des dizaines de bustes – ceux de mes grands-parents, Cygnus et Druella Black, à celui de Regulus, le cousin de Nani – un frisson secoua mon échine. Les rares éclats de lumière qui se reflétaient sur la pierre sombre donnaient parfois l'impression que l'un d'entre eux allait se mettre à parler.
Je me rapprochai de Draco, qui n'aimait pas plus que moi être là, et Burke se chargea de faire disparaître le cercueil de Cassiopea dans le mur. Une plaque élégamment gravée serait ajoutée lors du premier anniversaire de sa mort, et son buste l'année d'encore après.
Comme à chaque fois, Nani nous fit faire le tour du caveau et nous observèrent un moment de recueillement devant chacun des emplacements, un rituel qui prenait de plus en plus de temps.
Lorsque nous retrouvâmes l'extérieur, j'eus l'impression de pouvoir enfin respirer librement.
- Bien, je pense que nous n'allons pas revenir ici avant un long moment, me souffla Draco, tandis que nous attendions que Nani et oncle Lucius saluent tous ceux qui avaient fait le déplacement.
- Tu oublies ma mère.
Il me glissa un regard prudent. Notre dernière dispute était trop récente pour qu'il ait déjà oublié à quel point ce terrain-là était glissant.
- N'est-ce pas la tradition pour la femme de rejoindre le caveau du mari ?
Je haussai les épaules. C'était effectivement ce qui se faisait le plus souvent, mais d'après Nani, ma mère n'était pas très attachée à la famille de mon père... Et pour tout ce qu'ils avaient fait pour moi, je comprenais pourquoi.
- Je ne pense pas que Nani ait pour projet de la laisser partir en Russie...
- Dans tous les cas, j'espère que ce sera le plus tard possible, conclut-il.
- Moi aussi.
Tous ceux qui avaient séjourné à Azkaban évoquait la prison sorcière avec une sincère horreur sur le visage. Le pouvoir des Détraqueurs était, d'après dire, pire que ce que l'esprit humain était capable d'imaginer.
Et je savais qu'une part de moi était particulièrement satisfaite de savoir que ma mère le subissait depuis plus de onze ans.
…
J'aimerais remercier Cassiopea Black pour son décès en 1992. Sérieux, je savais pas pour quelle autre raison Draco serait resté à Poudlard cette année là alors qu'il y a un monstre qui rôde dans le château !
J'avoue que j'ai hâte d'avoir votre avis sur :
- Draco qui, si ses organes faisaient une course, verrait sa langue arriver gagnante et son cerveau bon dernier.
- Maellyn, qui commence à être en manque de son Christopher d'amour.
- La paire Lestrange/Malefoy qui sont quand même ultra choupis.
- Pansy, que j'aime toujours autant écrire.
Si vous voulez étendre sur les différents éléments du canon (avouez que je me suis appliquée) ou envoyer un câlin pour Neville (je suis pas toujours ultra sympa avec lui...) vous êtes aussi les bienvenu.e.s.
La review ne prend guère de temps et me motive beaucoup. Faites-vous plaisir !
On se dit à dans deux semaines !
Orlane.
Mis en ligne le 20/01/2018
